Pendant des années, j’ai cuisiné avec ce que je croyais être de l’huile d’olive. Un litre à cinq dollars, la marque maison, celle qu’on attrape sans trop réfléchir dans l’allée des condiments et qui sert de base à toutes les vinaigrettes. Ce que j’ai découvert lors de mon récent voyage en Espagne m’a fait réaliser que je passais à côté de quelque chose… Et maintenant je ne peux plus faire semblant! J’ai visité, en bonne touriste agroalimentaire, une exploitation d’olives familiale fondée en 2003 dans la province de Málaga: Aceites Molisur. Notre guide, Marien, parlait un français impeccable et elle connaissait très bien l’olive sous toutes ses formes (vous vous doutez bien que je lui ai posé 1001 questions!). Je suis repartie avec une bouteille d’huile d’olive dans mes bagages et une compréhension radicalement différente de cet ingrédient clé de la cuisine européenne. Et cette nouvelle compréhension commence par: je ne sais pas ce que j’achète à l’épicerie, mais ce... Lire la suite >
Mon conjoint et moi avons un problème bien documenté: on ne peut pas faire un voyage sans inclure au moins un jardin ou milieu naturel à l’itinéraire. Notre précédent voyage en Andalousie n’a pas fait exception! Selon les guides et informations touristiques, on devait faire le tour du petit jardin botanique historique La Concepción (à Malaga) en deux heures. Ça nous en a pris cinq. Ça résume assez bien la visite magnifique qu’on a faite! Tel que promis dans mon dernier article: sitôt revenue, je me suis mise à mon clavier pour vous raconter mes découvertes (tout en massant mes mollets endoloris, et en regrettant déjà la «routine sangria» qui s’était imposée!) Un jardin né d’un voyage de noces La Concepción, c’est l’histoire d’un coup de foudre horticole. En 1855, le marquis Jorge Loring et son épouse Amalia Heredia rentrent de leur voyage de noces à travers l’Europe, la tête pleine des jardins extraordinaires qu’ils ont visités. Leur nouveau projet?... Lire la suite >
Chaque année, quand la neige finit par nous laisser tranquilles, je me retrouve les bottes dans la boue au bord d’un ruisseau, les yeux au sol, à chercher les petites spirales vert tendre qui percent entre les tiges mortes des quenouilles. La cueillette des têtes de violon, c’est un de mes rituels de fin de printemps préférés. Audrey! Cette fougère est une espèce vulnérable au Québec! Tu vas abîmer les populations sauvages! Permettez que je me défende, parce que j’ai réfléchi à la question: est-ce que récolter de manière responsable le tiers des crosses sur des plants matures de matteuccie fougère-à-l’autruche (Matteuccia struthiopteris) qui poussent en énorme quantité à dix minutes de chez moi abîme davantage la nature qu’acheter un brocoli emballé dans le plastique et importé du Mexique? Honnêtement, j’en doute. Mon légume d’avril/mai le plus écologique, c’est bel et bien celui-là. OK, c’est plus écologique, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus du tout et que l’espèce disparaisse!... Lire la suite >
La semaine dernière, on a vu que le choc de transplantation est une épreuve que nos tomates, poivrons et aubergines traversent en grognant, mais dont elles se remettent généralement bien. Pour ces plantes-là, le repiquage est une étape obligée – on n’a pas vraiment le choix avec notre courte saison québécoise – et ça se passe plutôt bien. Mais il existe des plantes pour qui le problème est d’une tout autre nature. Ce n’est pas qu’elles souffrent un peu avant de s’en remettre. C’est que leur biologie même rend le repiquage inutile, voire catastrophique. Et si vous avez déjà récolté des carottes qui ressemblaient davantage à un enchevêtrement de tentacules qu’à des légumes, vous allez enfin comprendre pourquoi! La carotte, c’est la racine La carotte est ce qu’on appelle une plante à racine pivotante. Ce terme botanique désigne un système racinaire organisé autour d’une racine principale unique qui s’enfonce verticalement dans le sol, et sur laquelle se greffent des petites... Lire la suite >
Vous avez passé des semaines à chouchouter vos semis. Lumières bien réglées, arrosages minutieux, températures surveillées. Et là, vous transplantez vos petites tomates dans leurs godets définitifs ou pire, directement en pleine terre (mais pas tout de suite, hein!), et le lendemain matin, au lieu d’être épanouies et reconnaissantes, elles vous font la peur de votre vie. Bienvenue dans le monde du choc de transplantation! Ce moment merveilleux où votre plant vous fait comprendre, sans ménagement, qu’il n’apprécie pas vraiment les déménagements. Bonne nouvelle: ce n’est généralement pas grave du tout. Mauvaise nouvelle: c’est inévitable. Alors, autant comprendre ce qui se passe vraiment, non? Le vrai coupable: les poils absorbants Quand on pense aux racines, on visualise souvent ces grosses structures ramifiées, solides, qui ancrent la plante dans le sol. Mais l’absorption de l’eau et des nutriments, c’est surtout l’affaire des poils absorbants (ou poils racinaires) – de minuscules extensions microscopiques qui se trouvent tout au long des racines. Un... Lire la suite >
Vous les regardez pousser avec fierté, vous les arrosez, vous les placez sous vos lumières comme des joyaux hérités de la famille. Vos semis poussent, tout va bien. Mais est-ce que vous leur rendez vraiment tous les services qu’ils méritent? Parce qu’il y a quelques petits gestes – rapides, gratuits, faciles – qu’on oublie souvent et qui font une vraie différence. Voici cinq rappels pour vous, histoire d’avoir les plus beaux, les plus forts, et les plus adaptés au moment de mettre à l’extérieur. 1. Brassez vos semis Ça a l’air bizarre dit comme ça, mais c’est du sérieux: brassez vos semis souvent. Passez votre main doucement dessus, agitez légèrement le plateau, ou installez un petit ventilateur qui souffle doucement. Voici pourquoi: à l’extérieur, le vent force les jeunes plants à se renforcer. Leurs tiges s’épaississent, leurs cellules se consolident, leurs racines s’ancrent solidement. Ce phénomène s’appelle la thigmomorphogenèse (oui, c’est un vrai mot, et non, ce n’est pas une... Lire la suite >
Chaque printemps, c’est le même scénario. Le bac à compost est plein à craquer de bel or noir… et mon jardin est à l’autre bout du terrain. Sans parler de ma serre, qui est, elle, à l’autre autre bout! Et devant le bac plein, pile entre mes deux destinations: moi, une pelle et une brouette… Avec une série d’allers-retours que je comptabilise mentalement comme ma séance d’entraînement du mois d’avril. Bon, ce n’est pas si dramatique. Mais quand même! Je pourrais mettre cette énergie ailleurs! Mais… et si le champignon pouvait faire la livraison à ma place? Des chercheurs finlandais et québécois viennent de publier des résultats qui me donnent envie de ranger ma pelle pour de bon. Le réseau souterrain dont tout le monde parle Si vous vous intéressez un peu à l’écologie végétale, vous avez sûrement déjà entendu parler du wood wide web: ce réseau mycorhizien souterrain qui connecte les racines des plantes via des filaments fongiques. Les... Lire la suite >
J’ai un rêve. Un rêve modeste, certes, mais un rêve quand même: une rangée de petites plantes mignonnes sur le comptoir de ma salle de bain. Pas des grandes, attention! Des petites. Des toutes petites. Une mini-jungle à côté de mon lavabo, comme sur les beaux comptes Instagram où tout est lumineux et verdoyant et où personne ne semble jamais avoir d’eau calcaire sur ses robinets. Le genre de petites plantes méditatives qu’on peut regarder en se brossant les dents, au lieu de stresser sur les tâches de la journée. Dans ma tête, c’est charmant. Dans ma réalité, c’est… un peu pathétique! J’ai bien mes petits pots. J’ai bien mes petites plantes. Sauf qu’elles font dur. Vraiment dur. Je ne sais pas comment vous dire ça autrement: mes plantes en petits pots ont l’air de vouloir mourir sans trop y arriver, et ce, depuis plusieurs années. Alors, comme la curiosité est mon principal défaut, j’ai fait ce que je fais... Lire la suite >
Cet hiver, je vous ai parlé des souris dans ma maison (d’ailleurs, AUCUNE souris depuis qu’on a bouché l’autoroute. Le Airbnb est officiellement fermé!), et je vous avais demandé de quel sujet vous aimeriez que je traite. Quelqu’un m’a suggéré de parler des apports positifs des animaux au potager. C’est exactement le bon moment pour en parler, parce que la plupart de nos petits alliés sont en train de se réveiller et de reprendre leurs rôles. Et bonne nouvelle: si vous avez bien investi dans votre jardin cet hiver, la nature est sur le point de vous redonner les intérêts! Faire crédit, c’est quoi? Vous connaissez sans doute les bénéfices des pollinisateurs, des crapauds mangeurs de limaces et des vers de terre qui enrichissent le sol. On en parle souvent en été, quand on les voit à l’œuvre. Mais ce qu’on oublie parfois, c’est que ces précieux alliés ont besoin de passer l’hiver quelque part. Et ce «quelque part», si... Lire la suite >
Soyons honnêtes. J’ai passé des années à voir la mention «pollinisation libre» et «hybride» sur des sachets de semences, à hocher la tête d’un air entendu, et à… passer à autre chose. L’expression semblait tellement évidente que je n’avais jamais pris la peine de vraiment la comprendre. Mes récentes démarches pour organiser mon catalogue et comprendre les sachets de semences m’ont permis de faire la lumière sur ces fameux termes. J’ai d’abord voulu l’inclure dans ces articles, mais j’ai ensuite décidé d’en faire un article bien détaillé parce que… ben, c’est pour ça que vous me suivez: vous faire BIEN expliquer le monde de la science, clairement et simplement. Il ne faudrait pas que je vous laisse tomber en condensant, surtout à propos de quelque chose que moi-même, je ne comprenais pas vraiment, ça serait un peu contre-productif, hein! F1: les hybrides Les semences hybrides F1 résultent d’un croisement contrôlé entre deux lignées parentales. La première génération est souvent spectaculaire... Lire la suite >