Pendant que vous faites vos semis… je regarde les oiseaux!
Je sais, je sais. Vous êtes probablement en train de faire l’inventaire de vos semences, de planifier vos semis de poivrons… Moi? Je procrastine royalement en regardant par la fenêtre les oiseaux dans mon jardin. Et vous savez quoi? Je ne regrette RIEN!
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, non, tous les oiseaux ne partent pas vers le sud. Plusieurs espèces restent ici toute l’année et affrontent nos -30°C avec un aplomb qui me fait honte de mes propres capacités.

Comment font-ils pour ne pas geler?
Leur secret? En gonflant leurs plumes, ils créent une couche d’air qui se réchauffe avec la chaleur de leur corps. C’est comme s’ils se mettaient un manteau d’hiver! Les mésanges maintiennent une température corporelle de 40 °C même à -20 °C dehors, mais pour y arriver, ça coûte cher! Elles doivent manger plus de 35% de leur poids corporel chaque jour pour avoir assez d’énergie!
Leurs pattes nues sur les branches glacées? Système d’échange de chaleur à contre-courant. Le sang chaud qui descend vers les orteils réchauffe le sang froid qui en remonte. Leurs pattes restent juste au-dessus du point de congélation pratiquement sans perte de chaleur corporelle. (Peu importe le nombre de bas que je mets, j’ai toujours les pieds froids… Je dois être un oiseau!)
Et l’eau? On pourrait penser qu’avec toute cette neige, ils n’ont qu’à en manger pour s’hydrater. Techniquement oui, mais faire fondre de la glace dans leur corps demande deux fois plus d’énergie que de réchauffer de l’eau liquide! Alors oui, ils se débrouillent avec la neige, mais trouver de l’eau liquide est beaucoup plus économique d’un point de vue énergétique. Heureusement, même quand il fait très froid, le soleil fait fondre quelques gouttes par-ci par-là.
Bon, assez de science. Je vous présente mes vedettes hivernales pendant que vos semis germent tranquillement (et pas les miens)!
Top 5 des oiseaux d’hiver à observer au jardin
1. Le junco ardoisé – Mon signe du printemps qui approche
Avouez qu’il est mignon, tout gonflé sur sa branche!
Chaque année, j’attends impatiemment les juncos ardoisés (Junco hyemalis). Pourquoi? Parce qu’avec la cabane à sucre, ce sont mes deux annonciateurs de printemps préférés! (D’ailleurs, j’ai déjà réservé mon brunch à la cabane cette année: j’ai hâte au printemps, il faut croire!)
Ces petits oiseaux gris avec leur ventre blanc ne font que passer chez moi. Je ne les vois que durant leur migration, à l’automne et au printemps. Il y en a bien quelques-uns qui passent l’hiver autour des mangeoires de mes voisins, mais quand je commence à en revoir en grande quantité, là je sais que le vrai printemps s’en vient!
Ce qui est magique? J’arrive avec mon auto dans mon entrée, et BOUM!, une trentaine de juncos s’envolent! Ils sont gris, donc ils sont invisibles sur du gravier, jusqu’à ce qu’ils décollent tous ensemble. Une véritable tornade de juncos! C’est là qu’on voit leur signature: quelques plumes blanches de chaque côté de leurs queues, qu’on n’aperçoit qu’en vol!
Et ils ne resteront pas longtemps dans le sud du Québec, ces coquins, car ils passent l’été un tout petit peu plus au nord. Ma surprise quand j’en ai vu des dizaines en plein été alors que j’étais dans les Laurentides! J’étais terrifiée à l’idée que ce soit déjà l’automne: mais non! C’est là qu’ils passent l’été!
2. La mésange à tête noire – celle qui me traite de «niaiseuse»
La mésange à tête noire (Poecile atricapillus) avec sa petite calotte noire, c’est l’oiseau qu’on reconnaît tous. Mais ce que j’adore? Son chant.
Durant les journées les plus douces de l’hiver, on entend partout ce petit «ti-touuu, ti-touuu». Et moi, ce que j’entends, c’est «niaiseuse, niaiseuse»! Et la deuxième partie du chant? Le «Chickadi-di-di»? Eh bien elles rient de m’avoir traitée de niaiseuse, manifestement! Les mésanges me jugent pour ma procrastination. «Niaiseuse, t’as pas encore fait tes semis! Hahahaha!» Elles n’ont pas tout à fait tort…
Fun fact: elles peuvent cacher jusqu’à 80,000 graines durant l’automne et se souviennent de l’emplacement de chacune. Leur hippocampe (la région du cerveau qui s’occupe de la mémoire) grossit à l’automne pour retenir l’information sur toutes ces cachettes!
3. Le cardinal rouge – regardez-le, cherchez-la
Le cardinal rouge (Cardinalis cardinalis) mâle est impossible à manquer avec son plumage rouge vif sur la neige. Mais la femelle? Brun olive à beige, avec quelques teintes rougeâtres localisées. Son masque est gris plutôt que noir. Elle est magnifique aussi, mais on la remarque beaucoup moins!
Pourquoi cette différence? À cause du dimorphisme sexuel classique chez les oiseaux: les mâles doivent être voyants pour attirer les femelles et défendre leur territoire des autres mâles. Les femelles, quant à elles, ont besoin de camouflage quand elles couvent.
Les cardinaux ne migrent pas. Les couples qu’on voit aux mangeoires en hiver sont souvent les mêmes que ceux de l’été. Quand vous voyez un mâle éclatant, regardez bien – sa compagne n’est probablement pas loin. Les deux méritent votre attention!
4. Le geai bleu – magnifique et sans concession
Le geai bleu (Cyanocitta cristata) est magnifique avec son plumage bleu éclatant, ses ailes marquées de blanc et noir et sa crête pointue. Contrairement au cardinal, mâle et femelle sont identiques. Pourquoi? Parce qu’ils nichent dans des cavités d’arbres, la femelle n’a donc pas besoin de camouflage pour couver.
Ces oiseaux ont une réputation d’intimidateurs de mangeoire. Et c’est vrai! Ils sont très territoriaux, chassant les autres espèces: mésanges, chardonnerets, moineaux, cardinaux, tous leur cèdent la place!
Ils font partie de la famille des Corvidés (comme les corbeaux), ce qui explique leur intelligence. Ils peuvent imiter les cris de faucons pour faire peur aux autres oiseaux et garder la nourriture pour eux. C’est de la stratégie de survie!
Malgré ça, je ne peux m’empêcher de les trouver spectaculaires. Ce bleu vif contre le blanc de la neige, c’est à couper le souffle. J’ai donc résolu le problème d’intimidation… en ne mettant pas de mangeoire! Plus de raison de les trouver trop territoriaux!
5. Le pic chevelu – le tambourinaire de l’hiver
Le pic chevelu (Dryobates villosus) est un des pics les plus communs à voir en hiver. Il fait 23-24 cm de long, c’est quand même un assez grand oiseau!
Ce que j’adore en hiver? Les entendre tambouriner sur les arbres. Ce toc-toc-toc rapide et rythmé qui résonne dans le silence de la forêt enneigée. C’est méditatif.
À l’automne, ils creusent ou trouvent des cavités dans les arbres morts pour passer l’hiver bien au chaud. Ces petites chambres isolées protègent du vent et des intempéries, et la chaleur corporelle reste piégée à l’intérieur. C’est comme un mini-igloo naturel où la température peut être de plusieurs degrés plus chaude qu’à l’extérieur.
Bon, les semis peuvent attendre encore un peu…
Voilà mes cinq vedettes hivernales! Et si vous me cherchez, vous savez où me trouver: devant la fenêtre avec mon café, à procrastiner. L’hiver, c’est le meilleur moment pour l’observation des oiseaux: il n’y a pas de feuilles pour nous cacher la vue!
Les semis? Oui, oui, je vais m’y mettre. Bientôt. Peut-être. Avant que les juncos arrivent, de préférence… sous le chant mélodieux des mésanges qui n’ont pas fini de me traiter de «niaiseuse»! De toute façon, on m’a demandé de présenter mon catalogue de semences alors je vais devoir m’y mettre d’ici deux semaines!

Hi hi !
Hello !
Je me suis aussi posé des questions de ce bord là !
Merci beaucoup
Belle journée de Voyage
Biz
Dire que certains sortent pour voir un artiste comique sur scène…
Je reste chez moi, j’ouvre mon email et hop ! En plus de m’amuser par ces jeux de mots, japprends toujours qq chose.
Audrey, tu as une belle plume (non mais c’est tout à fait appoint avec le sujet XD). Merci pour ces textes !
Semis … 6 à 8 semaines avant de planter dehors donc pas avant avril pour moi &
Vacances sur la Costa Del Sol d’ici là 😉
Merci merci merci!
J’habite en campagne, par les matins de grand froid, les oiseaux si vaillants me donnent du courage pour sortir m’occuper de mes poneys..
Ah oui!! On adore ces oiseaux! Et j’adore ce « fun fact » sur les mésanges: C’est donc ben épatant!!! Merci!
Bonjour et merci pour ce charmant message! Juste comme je le lis, qu’est-ce que je vois apparaître à ma fenêtre… 4 ou 5 petites mésanges qui viennent me faire un charmant petit coucou. C’est ça qu’on appelle la synchronicité.
Audrey, tu me fais plaisir ce matin. C’est exactement ce que je fais!!! J’ai tous les oiseaux mentionnés en plus de 2 douzaines de superbes gros becs et trois sortes de pics. Ceux qui le peuvent vont aussi piquer du gras. Parfois les mésanges ou sittelles. Je ne vois plus le cardinal depuis fort longtemps. Merci pour les explications concernant leurs petites pattes. Je ne me passerais plus de ce grandiose spectacle gratuit!
audrey bionjour
pour voir encore plus de plumes, j ai installe des mangeoires pour oiseaux ,petits uniquement, a l aide de bouteilles de jus d oranges ,celles qui ont un gros goulot, remplies de tournesol et decoupees en T renverse au bas du recipient
et c est un veritable defilés avec he oui des heures de pointe!!!
Toc, toc, toc
Beaucoup de plaisir à lire vos commentaires.
Nos oiseaux des jardins sont magnifiques entre mésanges chardonnerets tarins des aulnes pinsons rouges- gorges.