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Guide d’entretien d’une plante inconnue 4: autres aspects

Vous revenez du magasin de plantes, détour imprévu mais agréable après une petite journée de magasinage. Sur un coup de tête, vous achetez une plante que vous n’avez jamais vue auparavant, mais qui vous plaît décidément beaucoup. Comble de malchance, elle n’est pas identifiée par le magasin. Comment alors connaître les soins à lui prodiguer?

Cet article est la suite des autres guides d’entretien d’une plante inconnue:

  1. Le type de plante et la lumière
  2. La couleur des feuilles et la lumière
  3. La question de l’arrosage

Préface

Le soin des plantes concerne principalement les besoins en lumière et en arrosage. Les autres considérations, comme le rempotage, le terreau à employer, l’engrais et les températures, sont beaucoup moins centrales. Avec les bonnes habitudes déjà acquises dans le cadre de l’entretien habituel des plantes connues, il y a peu d’erreurs majeures qu’on puisse faire.

Pour illustrer les objectifs de l’article, nous observerons cette nouvelle plante-mystère et nous en tirerons, selon les informations mentionnées dans l’article, certaines conclusions qui pourront aider à comprendre ses autres besoins.

Nous savons déjà qu’elle demande une lumière moyenne à vive et un arrosage lorsque le terreau commence à sécher. Photo par l’auteur

Réponses à l’exercice pratique (guide 3)

1) Les feuilles sont charnues et tomenteuses, les tiges sont épaisses, la plante est clairement succulente. On devrait l’arroser quand le terreau est asséché en profondeur.

Nom de la plante: Kalanchoe tomentosa.

2) Les feuilles sont un peu charnues, inflexibles. Les pétioles sont légèrement épais. On peut l’arroser quand le terreau commence à s’assécher.

Nom de la plante: Peperomia capareta (D’ailleurs, son petit système racinaire et des connaissances en identification de plantes rappellent que certaines peperomias sont des épiphytes : il est facile de causer la pourriture en les arrosant trop.)

3) Les feuilles sont minces et flexibles. Aucun organe apparent de conservation d’eau. On arrose quand le terreau commence à s’assécher, mais on observe intensément les premières semaines : il est possible qu’il faille garder le terreau légèrement humide en tout temps.

Nom de la plante : Hibiscus variegata

Maintenant, intéressons-nous aux autres aspects de l’entretien des plantes :

Terreau

Un article portant uniquement sur les terreaux viendra sous peu. Pour garder le tout plus simple, retenons que les terreaux «pour plantes d’intérieur» conviennent dans la majorité des cas. Un terreau plus léger, comme celui pour cactus et succulentes, est préféré par lesdits cactus et succulentes, de même que pour les plantes épiphytes et les plantes qui n’ont pas besoin d’être arrosées fréquemment. En ce qui concerne le besoin en terreau acide de certaines plantes, il n’y a vraiment aucun moyen de le savoir avant d’avoir bien identifié la plante, mais c’est rarement une condition sine qua non.

Rempotage

Le rempotage n’est pas souvent une question de vie ou de mort pour les plantes. On peut retenir les règles générales suivantes :

Pour plus d’informations, voici un guide sur la manière de rempoter une plante d’intérieur.

Et pour savoir quand le faire, voici les signes qu’il faut rempoter votre plante d’intérieur.

Fertilisation

Pour un article plus complet sur la fertilisation. Photo par Katie.

En règle générale, les plantes qui poussent vite ont besoin de plus d’engrais que celles qui poussent lentement. Les plantes issues de sols pauvres, comme les cactus et les épiphytes, ont besoin d’une fertilisation moins forte. De toute façon, il vaut mieux utiliser l’engrais avec parcimonie. À ce sujet, les plantes qu’on vient d’acheter ont rarement besoin d’engrais (elles sont fertilisées par le vendeur) et celles qu’on vient de rempoter non plus (il y a souvent de l’engrais dans les terreaux commerciaux).

Enfin, on ne fertilise qu’en période de croissance, ce qui dépend du pays d’origine des plantes… s’il n’est pas facile de connaître le pays d’origine de sa plante, la période de croissance l’est plus facilement, heureusement!

Températures

C’est vraiment l’origine de la plante, donc le climat de son habitat naturel, qui détermine les températures qu’elle pourra supporter. C’est donc très difficile de connaître les limites d’une plante sans l’avoir identifiée. Dans le doute, une température stable, entre 18 et 24 °C – comme on trouve dans nos intérieurs –, est peut-être la plus sécuritaire.

Propagation

Certaines plantes ont des manières de se multiplier qui sont manifestes, par exemple celles qui font des stolons (Saxifraga, Chlorophytum comosum) ou des bébés (les keikis des orchidées, les rejets des Haworthias). Sinon, la plupart des plantes se multiplient par bouture de tige, notamment les grimpantes qui sont souvent les plus faciles à reproduire. Certes, certaines se multiplient aussi grâce à une seule feuille (Peperomia, Saintpaulia, Echeverria et plusieurs autres succulentes), mais il n’y a pas vraiment de moyen de le savoir par la seule observation.

Enfin, ce ne sont pas du tout toutes les plantes qui sont faciles à propager dans des conditions normales d’habitation. Certaines demandent en effet une certaine chaleur et la plupart bénéficient d’une humidité accrue pour la période où elles font des racines. Ainsi, pour la propagation, un certain «essai et erreur» prévaut.

Toxicité

Photo par Brian Costelloe.

Il n’y a non plus aucun moyen de savoir si une plante est toxique ou non et, même pour les plantes connues, il faut faire très attention, car il peut y avoir des erreurs sur les listes ou dans les recherches. De plus, la plupart des informations concernent uniquement les humains, les chiens et les chats, mais pas les autres animaux. La sécurité est de mise!

Exemple appliqué : la plante-mystère

Voici un résumé de tout ce que l’observation de cette plante nous permet d’apprendre sur elle, même si on en ignore le nom.

Corrections

Maintenant que j’ai rédigé l’article, je peux avouer quelque chose : le nom de la plante ne m’était pas inconnu. Il s’agit en fait de Primulina dryas ‘Hisako’ (vendu sous le nom de Streptocarpus ‘Pretty Turtle’), une plante de la famille des Gesnériacées, de culture très proche des violettes africaines (Saintpaulia – qu’on reconnaît d’ailleurs chez la plante par la forme des feuilles et le type de croissance en rosette). J’ai donc pu faire une recherche des soins et corriger certains aspects.

Mon hypothèseCorrection
LumièreLumière vive pour les fleurs, tolère une lumière moyenne.On recommande en effet la lumière vive.
ArrosageQuand le terreau commence à s’assécher.Idem; la plante récupère d’ailleurs bien en cas de sécheresse brève.
HumiditéProfite d’une humidité accrue, mais tolère l’humidité de la maison.Idem.
RempotageSans particularité.Idem.
TerreauSans particularité.Idem. On aurait pu croire qu’elle ait besoin d’un terreau particulier, comme les violettes africaines, mais ce n’est pas le cas.
EngraisFertilisation douce pour commencerOn recommande le quart, voire même le huitième, de la dose recommandée.
Températures16-24 °CLa plante tolère une baisse de température jusqu’à 10 °C.
ToxicitéPrudenceLa plante n’est pas toxique.
Soins particuliersComme pour les violettes africaines, le feuillage est sujet aux taches foliaires s’il est mouillé, donc un arrosage prudent ou par le bas est recommandé.

Bon, ce n’était pas si mal!

Conclusion

Comme on remarque par l’exemple choisi pour cette série de guides, on peut déduire beaucoup de choses à partir de l’observation judicieuse d’une plante inconnue dont on ignore le nom. La plupart des considérations finales n’étaient d’ailleurs pas fausses : la recherche nous a seulement permis de préciser certains aspects, comme la température ou la fertilisation. Et les aspects les plus importants, soient la lumière et les besoins en arrosage (guides 1 à 3), sont plutôt faciles à déduire selon le type de plante, la couleur de ses feuilles et son degré de succulence.

Le scénario présenté en introduction à cet article – l’acquisition impulsive d’une plante non identifiée – n’est probablement pas inconnue des lecteurs et des lectrices de ce blogue. En effet, il serait bien audacieux d’affirmer que les plantes sont toujours bien identifiées dans les magasins, et encore plus les cultivars! Tout jardinier y gagne à développer une pratique plus réflexive pour bien s’occuper de ses amies vertes. Eh oui, même les jardiniers paresseux!

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