Une nouvelle maladie pourrait-elle réprimer la spongieuse?

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Tronc couvert de spongieuses. Photo: http://www.dufferincounty.ca

La spongieuse (Lymantria dispar), ou gypsy moth en anglais, est une chenille ravageuse des forêts et des feuillus. On appelle le papillon adulte «bombyx disparate» d’après son ancien nom latin Bombyx dispar

Distribution de la spongieuse. Vert: aire d’origine, bleu: aire d’introduction. Ill.: http://www.forestpests.org

La spongieuse est originaire d’Eurasie. Elle s’attaque surtout aux chênaies, mais aussi aux autres arbres. Elle pullule certaines années, défoliant les arbres de façon spectaculaire, surtout quand toute une forêt est dénudée de ses feuilles. Mais, au moins les forêts d’Europe et d’Asie ont eu des milliers d’années pour apprendre à résister à ses assauts et s’en tirent assez bien. Peu après la défoliation, de nouvelles feuilles poussent et, en général, la vie reprend son cours.

Forêt américaine ravagée par la spongieuse. Photo: University of Georgia

En Amérique, la situation est beaucoup plus sérieuse. La spongieuse n’est pas indigène et les forêts ne sont pas adaptées à sa présence. On la considère comme une des espèces les plus nuisibles jamais introduites au Nouveau Monde. Dans cet article, donc, une discussion sur un nouveau contrôle pour cet envahisseur indésirable.

Mais avant d’aborder cet aspect, regardons le cycle de vie de la spongieuse.

Une année dans la vie de la spongieuse

Bombyx disparate mâle. Photo: gov.bc.ca

Le papillon adulte, le bombyx disparate, apparaît à la fin de juillet ou en août. C’est un papillon de nuit tout à fait ordinaire, difficile à distinguer des autres espèces. Les mâles brunâtres aux antennes plumeuses volent principalement la nuit et s’accouplent avec plusieurs femelles. Ces dernières sont blanches avec des marques noires, ont des antennes fines et, malgré le fait qu’elles ont des ailes, ne volent pas.

2 femelles pondant des œufs. Photo: http://www.oakville.ca

Elles dégagent une phéromone puissante qui attire les mâles de loin. Les bombyx ne se nourrissent ni ne boivent et meurent après environ une semaine, mais pas avant que la femelle ait pondu environ 100 à 1000 œufs (500 en moyenne), généralement sur la partie inférieure d’un tronc d’arbre, mais parfois aussi sur des arbustes, des roches, des souches, des véhicules, le mobilier d’extérieur, des bâtiments et le bois de chauffage. Avant de mourir, elle recouvre ses œufs de poils qu’elle prélève de son abdomen. Beaucoup de prédateurs trouvent ces poils irritants et ainsi ils assurent une certaine protection. 

Les masses d’œufs ont une apparence spongieuse, étant recouvertes de poils brun clair ou chamois, d’où le nom commun «spongieuse». Les œufs hivernent là où ils sont pondus. Ils peuvent être tués par un froid intense (-9 °C suffisent si la température persiste une ou deux semaines, mais une température de -23 °C peut les tuer après seulement quelques heures). Dans les régions aux hivers froids, les œufs peuvent toutefois survivre sous la neige ou dans des endroits protégés, ce qui permet à la spongieuse de se maintenir même dans les régions aux climats les plus glaciaux. 

Les œufs éclosent au printemps, à peu près au moment où les premières feuilles apparaissent dans les arbres. 

Les très jeunes spongieuses sont difficiles à distinguer des autres chenilles forestières. Photo: onnurserycrops.com

Les larves ressemblent beaucoup aux autres chenilles forestières telles que les livrées (Malacosoma spp.), étant noirâtres et poilues, et donc il y a risque de confusion au début, d’autant plus que les livrées aussi sont des chenilles défoliatrices.

Spongieuse plus mature, avec 5 paires de points bleus et 6 paires de points rouges. Photo: WSDA

À mesure que les chenilles grandissent (elles ne mesurent que 3 mm de longueur au début, mais 6 cm ou même plus juste avant la pupaison), il devient plus facile de les distinguer. C’est que les chenilles de la spongieuse possèdent deux rangées de cinq points bleus surélevés près de la tête, suivies de six rangées de points rouges similaires sur la partie antérieure de leur corps.

Les excréments, certains blanchis par la présence de champignons, s’accumulent sous les spongieuses. Photo: Benoît St-Amant

Les chenilles produisent également beaucoup d’excréments noirs et grossièrement arrondis, souvent assez pour en recouvrir le sol forestier… et aussi les terrasses et les meubles de jardin. Vous pouvez même entendre les déjections tomber au sol comme de petites gouttes de pluie! En plus d’être ennuyeux et dégoûtants, ils peuvent être glissants, notamment après une pluie, et nécessitent beaucoup de nettoyage. Mais, pour donner aux excréments leur dû, aux moins ils fournissent la forêt en minéraux!

Pupes de spongieuse. Photo: fyi.extension.wisc.edu

Vers la mi-juin ou le début juillet, les chenilles quittent leur arbre et cherchent une cachette — dans les fissures de l’écorce, sous une écorce surélevée, sous des branches ou des feuilles, dans les fentes des roches, sur le sol, etc. — et se transforment en pupes. C’est aussi à cette étape que les humains les transportent les plus facilement, car elles sont souvent collées sur les véhicules, les meubles de jardin pliants et le bois de chauffage. 

Les pupes sont brunes et en forme de coquille, un peu poilues. 

Les adultes émergent après 14 à 17 jours… et un nouveau cycle commence. Il n’y a qu’une seule génération par année.

Une introduction néfaste

La spongieuse n’est pas indigène du Nouveau Monde. Elle y a été accidentellement introduite par l’entomologiste amateur français Étienne Léopold Trouvelot (1827–1895). Il en avait importé d’Europe en 1869 avec l’idée de la croiser avec le ver à soie ou bombyx du mûrier (Bombyx mori), un insecte qui nécessite un climat presque tropical pour survivre. Son idée était de développer un ver à soie hybride résistant au froid et d’ainsi lancer une industrie du ver à soie en Amérique. 

Mais ses efforts d’hybridation furent futiles, car les deux espèces ne sont pas aussi proches parentes qu’il le pensait. Aujourd’hui, on sait que le bombyx du mûrier appartient à la famille les Bombycidae et la spongieuse, à celle des Eribidae. C’était environ l’équivalent d’essayer de croiser un chien avec un phoque!

Pire, des bombyx disparates se sont rapidement échappés de sa résidence de Medford, près de Boston, dans le Massachusetts. Trouvelot prétendit avoir averti les autorités américaines (plusieurs sources affirment toutefois le contraire), mais peu importe: rien ne fut fait pour les contrôler et, au début, personne ne s’en est alarmé outre mesure. Toujours est-il que, 20 ans plus tard, en 1889, une terrible épidémie de spongieuses s’est produite, si vaste que des forêts entières autour de Boston ont été défoliées et que des millions de chenilles ont recouvert les maisons et les trottoirs. Ce fut donc un réveil brutal!

L’expansion de la spongieuse aux États-Unis de 1900 à 2007. Ill.:US Forest Service

Craignant la destruction des forêts dans toute l’Amérique du Nord, les autorités ont investi des milliards de dollars dans un effort pour contrôler l’ennemi. Alors qu’en Europe et en Asie la spongieuse avait de nombreux prédateurs et parasites qui la gardaient sous contrôle, en Amérique, la spongieuse ne connaissait aucun contrôle naturel sérieux. Même, les oiseaux nord-américains ne semblaient pas s’y intéresser au début (aujourd’hui, par contre, certains s’y sont adaptés) alors que les oiseaux eurasiatiques consomment goulument la spongieuse à toutes les étapes de sa vie: œuf, pupe, chenille et papillon.

Tout a été essayé: brûler de vastes bandes de forêts pour essayer d’encercler la spongieuse, campagnes d’écoliers, traitements aériens au DDT, etc., mais sans succès. La spongieuse a continué de s’étendre, avançant d’environ 21 km par année. Cela paraît peu, mais aujourd’hui, 150 ans plus tard, la spongieuse a envahi 22 états américains et 5 provinces canadiennes (Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince Édouard), couvrant un territoire de 950 000 km2, soit presque 1 fois et demie la superficie de la France.

La pire année a été 1981, quand plus de 3,5 millions d’hectares furent dévastés aux États-Unis. Dans plusieurs régions, les chênes, la proie préférée de la spongieuse, sont désormais menacés d’extinction. Mais en Amérique, la spongieuse diversifie son régime beaucoup plus qu’en Europe, s’attaquant à plus de 300 espèces, à la fois décidues et conifères: aubépines, aulnes, bouleaux, cerisiers, charmes, épinettes (épicéas), érables, hêtres, mélèzes, pins, pommiers, pruches (tsugas), tilleuls, trembles et plus encore. Les arbres nord-américains ne semblent avoir aucune résistance contre ce nouvel ennemi.

Une façon unique de se déplacer

Amas de bombyx disparates sur un tronc, mâles et femelles. Plusieurs sont tombés au sol, morts, leur cycle terminé. Photo: Patrick Hodge, MNR

Ce qui est unique dans la conquête de la spongieuse de l’Amérique est que la femelle ne vole même pas. Le bombyx disparate femelle a bien des ailes, mais son corps est si rempli d’œufs que le vol lui est impossible. Elle se contente de pondre ses œufs près de l’emplacement où elle sort de sa pupe. Les mâles volent et d’ailleurs fécondent plusieurs femelles, mais ne transportent pas d’œufs. Aussi, les chenilles peuvent ramper et d’ailleurs quitteront volontiers un arbre pour envahir un arbre à proximité après avoir défolié le premier, mais leurs petites pattes ne leur permettent pas de faire les 21 km par année notés.

Les petites chenilles pendent d’un fil de soie (invisible dans cette photo) et sont transportées par le vent. Photo: Chris Seto, http://www.cbc.ca.

Leur dispersion a plutôt lieu peu après l’éclosion des œufs. Certaines des chenilles encore minuscules se déplacent au sommet des arbres, puis se suspendent des branches supérieures par de minces fils de soie. De là, elles peuvent être soufflées par le vent sur des distances considérables, en utilisant le fil comme parachute. Apparemment, c’est ainsi qu’elles ont traversé le lac Michigan pour atteindre le Wisconsin, à une distance d’au moins 80 km!

L’introduction de prédateurs et parasites

Guêpe prédatrice. Photo: USDA, Wikimedia Commons

Les autorités américaines et canadiennes ont assez rapidement songé à l’idée de libérer des prédateurs et des parasites naturels afin d’assurer un contrôle naturel. Des expéditions furent envoyées en Europe et en Asie à la recherche d’espèces potentiellement utiles. Au début, on libérait ces prédateurs sans trop penser aux risques secondaires de leur établissement dans une nouvelle aire, mais aujourd’hui, les contrôles sont plus sévères. 

Finalement, 2 guêpes et 2 mouches parasites introduites se sont bien établies (d’autres ont échoué) et aident à contrôler la population de spongieuses… un peu. Aussi, des virus spécifiques à la spongieuse ont été découverts et aussi introduits avec un certain succès. L’un d’entre eux, le virus à capsides multiples de la nucléopolyhédrose de la spongieuse (LdMNPV), souvent abrégé en NPV, n’est pas seulement bien adapté, mais est même utilisé comme insecticide sous le nom de Gypchek. Mais la spongieuse continue de proliférer malgré ces contrôles. 

Aussi, à partir de 1961, des essais avec le Btk (Bacillus thuringiensis kurstaki), une bactérie utilisée comme insecticide en remplacement du DDT, se sont avérés un succès, mais surtout pour contrôler les invasions en cours dans des endroits stratégiques: il faut l’appliquer par avion chaque fois, ce qui coûte très cher.

Enfin une maladie qui réussit… peut-être!

Spores du champignon de la spongieuse (Entophaga maimaiga). Photo: US Forest Service, Wikimedia Commons

Cependant, depuis quelques années, un autre pathogène, spécifique à la spongieuse (donc nuisible à aucune autre espèce de papillon) semble supplanter en efficacité tous les autres parasites et prédateurs: le champignon de la spongieuse (Entophaga maimaiga). (Maimaga est le nom commun japonais de la spongieuse.)

Bien qu’introduit pour la première fois du Japon en Amérique du Nord près de Boston en 1910 et 1911, le champignon ne s’est apparemment jamais établi et son introduction a été longtemps considérée comme un échec. D’autres introductions eurent lieu en 1985 et 1986 dans l’État de New York et en Virginie, sans plus de succès.

Cependant, en 1989, le champignon de la spongieuse est subitement réapparu près de Boston. Certains entomologistes croient qu’il s’agit d’une suite de l’introduction originale (1910/1911), bien que personne ne sache où le champignon a passé les quelque 75 années intermédiaires. L’idée est qu’il a profité de cette longue pause pour s’adapter au climat nord-américain, beaucoup plus sévère que celui du Japon.

Toujours est-il que, cette fois, le champignon de la spongieuse s’est répandu assez rapidement, gagnant une bonne partie du territoire de la spongieuse. Il est si efficace qu’il relègue les autres maladies et insectes pathogènes à des rôles très secondaires. Non, ce champignon n’éliminera certainement jamais la spongieuse, mais plusieurs entomologistes estiment que c’est peut-être l’agent pathogène qui finira par au moins garder la spongieuse sous contrôle. Déjà, dans les zones où ce champignon est maintenant trouvé, les populations de spongieuses n’atteignent plus des niveaux aussi élevés que par le passé. Est-ce enfin la solution? 

Le cycle de vie du champignon

Pour comprendre comment ce champignon contrôle la spongieuse, il peut être utile de connaître son cycle de vie.

Au début de la saison, après avoir hiverné au sol, les spores sont transportées par le vent vers les jeunes chenilles dans la canopée de l’arbre. Elles les infectent en pénétrant leur peau. L’effet n’est pas très visible, car les chenilles sont minuscules et cachées dans la cime des arbres. Elles meurent fixées sur les feuilles, hors de la vue.

Spongieuses mourantes, la tête en bas. Photo: Simisky, ag.umass.edu

Mais cela n’est que la première vague. Quelques semaines après la mort des jeunes chenilles, le champignon produit, à partir de leurs cadavres, d’autres spores qui sont transportées vers les chenilles plus grosses. Une fois infestées, ces dernières se rassemblent en groupes sur la partie inférieure du tronc de l’arbre hôte, toujours la tête en bas et les pattes avant dégagées. Elles cessent de manger et ne réagissent plus à leur environnement. Ces chenilles y meurent, deviennent caoutchouteuses, puis se ratatinent. Finalement, elles se couvrent de petits corps producteurs de spores, puis tombent au sol et se décomposent.

Ces grandes quantités de chenilles mourant toutes en même temps attirent beaucoup plus de regards et bien des propriétaires se demandent ce qu’il se passe. Là, vous le savez! 

Fait intéressant, les spores libérées par les chenilles mortes peuvent survivre dans le sol jusqu’à 12 ans, assurant un contrôle à long terme.

Mes propres expériences

Je n’ai personnellement rencontré des spongieuses que deux fois.

J’ai vu une femelle pondant des œufs. Photo: fyi.extension.wisc.edu

La première fois, c’était il y a environ 20 ans, quand j’ai trouvé un papillon femelle pondant une masse d’œufs à la base de mon pommier. Elle était très facile à voir, étant blanche alors que l’écorce était gris foncé. J’ai vite enlevé la mère et gratté avec une brosse pour enlever les œufs. Depuis, je n’ai jamais revu de spongieuses dans mon jardin. À ce moment, le champignon de la spongieuse n’était pas encore présent au Québec.

Spongieuses mortes et mourantes du champignon de la spongieuse. Photo: portal.ct.gov

La deuxième fois, c’était à Rosemère (au nord de Montréal), en juillet 2019, alors que je visitais un jardin privé. Le propriétaire m’a emmené dans un coin ombragé pour me montrer un phénomène étrange; une trentaine de chenilles sur un tronc d’arbre, toutes tournées la tête vers le bas. Elles n’étaient pas encore mortes, car certaines hochaient légèrement la tête. Elles n’ont pas réagi à notre présence, même lorsque nous les avons touchées (avec une branche!): de véritables chenilles zombies! 

J’ai été confondu, n’ayant jamais entendu parler du champignon de la spongieuse, qui était alors fraîchement arrivé au Québec. C’est seulement après avoir fait des recherches sur Internet que je me suis rendu compte de ce qu’il se passait.

En Europe aussi

Introductions d’Entophaga maimaiga dans les Balkans. Photo: slideplayer.com

On trouve le champignon de la spongieuse (Entophaga maimaiga) en Europe aussi. Il fut introduit en Bulgarie en 1996 et plusieurs fois par la suite, et en Serbie entre 2011 et 2113. Maintenant, il semble gagner peu à peu les Balkans et il gagnera probablement le reste de l’Europe d’ici 20 ans. Les forestiers en sont très heureux, car la spongieuse, même si elle ne tue pas les forêts, les malmène.

Donc, si un jour vous trouvez une colonie de chenilles mourantes à la base d’un arbre, vous vous douterez que ce sont des spongieuses zombies infestées par le champignon Entophaga maimaiga.

Contrôler la spongieuse chez vous

Si vous avez des arbres chez vous, il est possible que la spongieuse s’y attaque un jour. Si oui, voici ce que vous pouvez faire.

À la fin de l’été ou à l’automne, recherchez les masses d’œufs spongieux sur les troncs d’arbres, les meubles, etc. et grattez avec une brosse pour les détruire. Portez des gants, car les poils sont irritants.

Au début du printemps, vous pouvez vaporiser les arbres potentiellement infestés avec de l’huile horticole (huile au stade dormant). Elle étouffe les œufs et les fait mourir. 

Application de colle Tanglefoot sur un tronc d’arbre. Photo: http://www.homedepot.com

Si vous voyez des chenilles sur vos arbres, vous pouvez les écraser ou les déposer dans de l’eau savonneuse. Encore, les poils sont irritants et peuvent même provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes, alors portez des gants. Ou vaporisez-les avec du Btk (Bacillus thuringiensis kurstaki), un insecticide biologique largement disponible. Une autre possibilité est de peindre une bande de colle autour du tronc (la marque Tanglefoot est couramment offerte en jardinerie) afin de les piéger dans leurs déplacements. 

Et si vous voyez des pupes, notamment sur les meubles de jardin ou l’équipement de camping, écrasez-les ou déposez-les dans de l’eau savonneuse. 

Enfin, si vous découvrez un groupe de chenilles poilues sur un tronc, immobiles sinon pour quelques hochements de tête, ne les ramassez pas et laissez même leurs corps ratatinés au sol quand ils y tombent. Ainsi, vous contribuerez à l’établissement de cette nouvelle méthode pour contrôler un vieil ennemi. 

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La spongieuse a-t-elle trouvé dans le champignon de la spongieuse un adversaire à sa taille? Seul le temps le dira, mais au minimum, ses élans destructifs risquent d’être sérieusement réduits.

Lectures complémentaires

https://www.canr.msu.edu/news/entomophaga_responsible_for_dead_gypsy_moth_caterpillars
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombyx_disparate

Un tour de passe-passe horticole: changer la couleur des fleurs

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Fleurs blanches teintes par des colorants alimentaires. Photo: activity-box.com

Voici un projet estival simple pour occuper vos enfants ou petits-enfants par une journée de pluie. Vous pouvez leur faire changer la couleur des fleurs! Et ils apprendront un peu sur la botanique en même temps.

Tout ce dont vous avez besoin, ce sont:

  • des fleurs blanches ou pâles fraîchement cueillies,
  • quelques verres,
  • de l’eau,
  • des ciseaux,
  • une cuillère,
  • du colorant alimentaire.

(Notez que les colorants alimentaires ne sont pas toxiques pour les plantes, mais que la plupart des teintures le sont.)

Le choix de fleurs vous appartient: marguerites, œillets, cosmos, tulipes, chrysanthèmes, lys, roses, etc. Prenez ce qui est disponible dans votre jardin, car presque toute fleur pourrait convenir.

Elles doivent toutefois être blanches ou de couleur pâle; l’effet des colorants n’apparaîtra pas d’une manière aussi évidente sur les fleurs de couleur plus foncée. 

Évitez aussi les fleurs vieillissantes ou fanées: les fleurs fraîchement épanouies sont les meilleurs sujets.

Étape par étape

Fleurs blanches fraîchement placées dans des solutions de colorant. Photo: http://www.momtastic.com

1. Récoltez des fleurs fraîches du jardin.

2. Dénudez-les de leurs feuilles inférieures (celles qui se trouveront sous l’eau).

3. Remplissez les verres aux trois quarts d’eau tiède.

4. Ajoutez environ 20 à 30 gouttes de colorant alimentaire (les enfants peuvent choisir la couleur) à l’eau et remuer.

5. Insérez la tige de la fleur dans le verre, puis recoupez l’extrémité de la tige sous l’eau. (La recoupe sous l’eau garantit que de l’eau colorée pénétra dans la tige coupée plutôt que des bulles d’air.)

6. Retirez le petit bout de tige flottant dans l’eau après cette taille.

7. Répétez avec d’autres couleurs. Les enfants peuvent aussi mélanger des colorants alimentaires pour créer leurs propres teintes originales.

8. Revenez dans quelques heures pour voir s’il y a une différence. Puis encore quelques heures plus tard. Avec certaines fleurs, le changement de couleur complet peut prendre près de 24 heures.

À la fin du projet, les enfants auront transformé les fleurs blanches en fleurs de différentes nuances. Montrez-leur maintenant comment les utiliser pour créer un joli bouquet, peut-être pour offrir en cadeau.

Comment cela fonctionne-t-il?

Ce que vous expliquerez aux enfants dépendra de leur âge — et de leur intérêt scientifique —, mais voici un éclaircissement adapté aux enfants de 12 ans et plus que vous pourriez simplifier au besoin.

L’eau montera dans un tube par action capillaire et plus il est étroit, plus haut elle montera. Le xylène des végétaux est très étroit! Ill.: http://www.metalroofing.org

Les fleurs perdent de l’eau par transpiration: leurs stomates (pores) ouverts permettent à l’eau de s’évaporer (disparaître dans l’air). Pour compenser, elles en absorbent plus. L’eau colorée du verre remontera alors la tige à travers de minuscules tubes appelés xylèmes. Elle remonte le xylème en raison de la cohésion: les molécules d’eau s’attirent les unes les autres et se déplaceront vers le haut de la tige, malgré la gravité qui tire vers le bas, transportant le colorant jusqu’aux fleurs. C’est ce qu’on appelle l’action capillaire. 

C’est un peu comme lorsqu’on suce une paille, ce qui tire l’eau d’un verre dans la bouche, sauf que c’est l’évaporation de la fleur au-dessus qui fait la «succion».

Rendue à la fleur, l’eau s’évapore, mais pas le colorant, ce qui change la couleur de la fleur.

Les fleurs absorbent-elles du colorant par leurs racines aussi?

C’est une question que les enfants risquent de vous poser. Donc, il faut avoir une réponse en tête!

L’eau colorée ne sera pas absorbée par les racines d’une plante et sa fleur alors ne changera pas de couleur. Photo: clipartpanda.com, montage: jardinierparesseux.com

Vous pouvez leur expliquer que, normalement, les plantes absorbent l’eau et les nutriments par leurs racines, mais que les racines agissent aussi comme des filtres afin d’éviter qu’elles absorbent des toxines. Ce rôle de barrière défensive fait que les racines n’absorbent que ce dont les plantes ont besoin pour pousser. Cela signifie que peu ou pas du colorant (même s’il n’est pas toxique) passera à travers les racines filtrantes et que donc, les fleurs ne changeront pas de couleur. 

La tige d’une fleur coupée, par contre, n’est pas conçue pour filtrer et donc rien n’empêche le colorant d’y monter.

Vous pourriez d’ailleurs en faire une deuxième expérience si vous voulez, faisant arroser des plantes à fleurs blanches ou pâles avec de l’eau colorée… mais il y a un risque que les enfants endommagent les racines en arrosant trop!

L’edelweiss: inspiré par une chanson!

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Edelweiss (Leontopodium alpinum). Photo: J&Konrad, flickr.com

EDELWEISS 
Leontopodium alpinum

Nom anglais: Edelweiss 
Dimensions: 10-40 cm × 20-40 cm 
Exposition: ☀️
Sol: bien drainé, légèrement humide à plutôt sec, jamais trop riche 
Floraison: juin-juillet 
Multiplication: division, semences 
Utilisations: plate-bande, bordure, massif, rocaille, muret, bac, jardin xérophyte, fleur coupée et séchée, plante médicinale 
Associations: œillets, petites graminées, joubarbes, gentianes 
Zones de rusticité: 3-7

Il y a plus d’une cinquantaine d’espèces de Leontopodium (le nom veut dire «patte de lion», car leurs bractées ressemblent à des griffes), distribuées un peu partout dans les zones alpines et arctiques de l’Ancien Monde, mais une seule est couramment cultivée: l’edelweiss alpin (L. alpinum), indigène des Alpes autrichiennes, bien sûr, mais aussi d’autres régions montagneuses en Europe. Edelweiss est le nom commun allemand et veut dire «noble blanc». 

Pour beaucoup d’entre nous, c’est le film La mélodie du bonheur, qui a inspiré notre intérêt pour l’edelweiss. Photo: abcnews.go.com

La plante a été popularisée par la chanson éponyme de la comédie musicale La mélodie du bonheur, écrite par Richard Rogers et Oscar Hammerstein II, ce qui fait que la plupart des gens connaissent davantage l’air de la chanson qu’ils n’ont vu la plante, laquelle demeure relativement rare dans nos jardins.

Elle n’est pas non plus l’emblème floral officiel de l’Autriche (ce rôle échoit à la gentiane alpine, Gentiana alpina)mais plutôt de la Suisse (on se demande si Rogers et Hammerstein ne se sont pas trompés en choisissant la fleur de leur chanson). 

Son nom botanique a récemment était modifié: on le considère désormais comme une sous-espèce de L. nivale, soit L. nivale alpinum. Cependant, le nom L. alpinum demeure le nom utilisé dans le commerce.

Inflorescence d’edelweiss. Photo: seedcorner.com

Il s’agit d’une plante formant une touffe de tiges dressées évasées portant des feuilles lancéolées couvertes de poils blancs. L’inflorescence se compose d’un bouquet de cinq à six petits capitules composés de petits fleurons blanc laineux en bouton, mais jaune crème à l’épanouissement. Ce qui attire l’attention est toutefois la collerette de bractées laineuses blanches qui entoure les capitules et les met en valeur. 

C’est une plante absolument superbe quand on la découvre lors d’une randonnée dans les Alpes, mais parfois décevante en culture, car les inflorescences deviennent grisâtres plutôt que blanches après une pluie et sont souvent souillées par des particules de terre. Pour les garder propres, couvrez le sol de gravier fin… et, tant qu’y être, de couleur foncée, ce qui fera ressortir davantage le beau gris argenté du feuillage et la blancheur étincelante des bractées. 

Edelweiss. Photo: http://www.jparkers.co.uk

Enfant, j’avais l’impression que l’edelweiss était une plante rare et de culture extrêmement difficile, presque impossible à cultiver en dehors des Alpes autrichiennes et suisses, mais en fait, c’est une plante de culture simple, réussissant dans presque toutes les conditions, conditions de rocaille, s’entend! Donc, plein soleil ou presque et sol parfaitement drainé. L’edelweiss tolère très bien la sècheresse une fois établi et ne craint pas le calcaire. La plante est souvent dite « de courte vie », mais c’est surtout lorsqu’on la cultive en plate-bande dans un sol riche et assez humide (eh oui, on peut le faire). Dans un milieu rappelant sa haute montagne natale, et surtout dans les régions aux étés frais, l’edelweiss peut vivre de nombreuses années et se ressèmera presque assurément (mais pas au point de devenir envahissant). 

On le multiplie le plus souvent par semis (faciles à réussir), mais la division est possible aussi. 

Cherchez des plants d’edelweiss dans les pépinières spécialisées dans les plantes alpines. Quant aux semences, plusieurs semenciers en offrent, même sur Amazon.

Variétés

Leontopodium alpinum ‘Everest’. Photo: Fleuroselect

Leontopodium alpinum ‘Everest’: variété naine. Fleurit parfois la première année à partir de semences. Gagnante d’un prix Fleuroselect. Floraison: juin-juillet. 7-8 cm x 8-10 cm. Zones 3-7. 

Leontopodium alpinum ‘Mignon’: plus compact que l’espèce. Floraison: juin-juillet. 10-20 cm x 20-30 cm. Zones 3-7.

Texte tiré du livre La Bible des vivaces, tome 3.

Pas de pesticides par temps chaud

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Ill.: planetpermaculture.wordpress.com, http://www.pngguru.com & clipart.me, montage: jardinierparesseux.com

La plupart des jardiniers comprennent facilement que l’application de pesticides par une journée de pluie ou de grand vent ne sera pas très efficace, mais la chaleur est également un facteur à considérer. Lors des journées de canicule, certains pesticides, y compris plusieurs pesticides biologiques, peuvent endommager la plante au moins autant que le ravageur.

Toujours lire l’étiquette

Que vous deviez lire une étiquette de tout pesticide avant de l’appliquer devrait être évident, mais les jardiniers qui utilisent régulièrement le même pesticide estiment souvent qu’ils le connaissent bien et sautent cette étape. Quand il fait très chaud, toutefois, sortez vos lunettes de lecture (ou une loupe: parfois, les caractères sont vraiment petits!) et relisez attentivement l’étiquette. Si le produit ne doit pas être appliqué par temps chaud, cette information y paraîtra. 

Vous constaterez que même les insecticides «sécuritaires», comme le savon insecticide, le neem et l’huile horticole, peuvent tuer ou endommager les plantes s’ils sont appliqués par un temps de canicule. La plupart des pesticides émulsionnables avertissent d’éviter de les appliquer à des températures supérieures à 32 °C.

Les poudres à saupoudrer et les poudres mouillables sont moins susceptibles de causer des dommages aux plantes à haute température que les huiles et les savons, mais quand même, lisez l’étiquette pour être certain!

Les dommages apparaissent le plus souvent sur les jeunes pousses et feuilles et les fleurs, moins sur les feuilles et les tiges matures, et peuvent comprendre des taches, des zones mortes, un retard de croissance, des fruits déformés ou même la mort des jeunes plants.

Bien sûr, les insectes et les maladies n’attendront pas que les températures baissent. Heureusement, vous pouvez appliquer les produits émulsifiables sensibles à la température tôt le matin ou le soir, lorsque les températures sont plus fraîches. Ou peut-être attendre quelques jours si la météo annonce l’arrivée d’un temps plus frais.

Vapeur à la dérive

Les dommages à la plante ne sont qu’un des facteurs à considérer. 

De nombreux produits pesticides sont volatils et seront transportés beaucoup plus loin par temps chaud qu’à des températures normales, atteignant ainsi des plantes non ciblées, des insectes bénéfiques ou même des poissons dans un étang voisin. Souvent, la température d’application limite pour ces produits est un peu plus basse: 30 °C. Habituellement aussi, l’étiquette des produits volatils avertira de ne pas les appliquer du tout par temps chaud, même pendant les heures plus fraîches, car ils peuvent encore se vaporiser des heures après l’application.

Herbicides aussi

Les informations ci-dessus s’appliquent non seulement aux insecticides, mais également aux herbicides.

Feuilles d’arbre endommagées par un herbicide appliqué à la pelouse. Photo: nfs.unl.edu

Un homme m’a récemment écrit que les feuilles inférieures de ses arbres étaient tordues, certaines avec des marges brunes, et il était convaincu qu’un insecte était impliqué, mais j’ai trouvé étrange que seules les feuilles inférieures soient endommagées. J’ai demandé s’il avait appliqué un herbicide sur la pelouse lors d’une récente vague de chaleur. Il a dit non, puis s’est souvenu d’avoir récemment offert une limonade à l’employé de l’entreprise d’entretien des pelouses qui «fertilisait» son gazon et qui souffrait manifestement par une journée très chaude. Il s’est avéré que l’employé avait appliqué un herbicide sur la pelouse cette journée-là et que ce produit avait dérivé jusqu’au feuillage des arbres.

Ces entreprises ne sont pas censées appliquer de tels produits par temps chaud ou venteux, mais force est de constater qu’elles le font. Si elles se présentent chez vous pendant une vague de chaleur, renvoyez-les chez eux et dites-leur de respecter les règlements gouvernementaux!

Remèdes maison

Il n’y a pas d’étiquette que vous pouvez vérifier pour les remèdes maison, mais bon nombre d’entre eux sont quand même assez inoffensifs, même contre l’ennemi qu’ils sont censés réprimer. Malgré cela, ils pourraient toujours causer quelques dommages. Je suggère de ne pas appliquer de remède maison à des températures supérieures à 30 °C, juste pour être certain.

Que voulez-vous? Chaleur et pesticides ne font tout simplement pas un bon mélange!

Mythe horticole: effeuiller les plantes de tomates fait mûrir les fruits

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Est-ce vrai que les tomates trop à l’ombre ne mûriront pas? Photo: http://www.denverpost.com

Mon père effeuillait toujours ses plants de tomates. Pas complètement, mais assez pour dégager les fruits cachés par la verdure, car il croyait que c’était une exposition directe au soleil qui faisait rougir les fruits. 

Aujourd’hui, nous savons que ce n’est pas vrai, mais beaucoup de jardiniers le pensent encore. D’ailleurs, si je me fie aux questions qui me sont posées, cette croyance est en pleine recrudescence. 

Évidemment, il paraît logique qu’effeuiller une plante puisse être utile. Après tout, n’est-ce pas le soleil qui donne la couleur rouge aux fruits? 

Les fruits de tomate mûrissent très bien à l’ombre; aucun soleil n’est nécessaire. Photo: anoregoncottage.com

En fait, pas du tout. Les tomates mûrissent quand elles sont prêtes à mûrir, voilà tout. Comme preuve, récoltez deux tomates vertes, mais presque mûres, et placez-en une dans un sac de papier opaque dans le garde-manger, donc complètement à l’ombre, et l’autre sur un rebord de fenêtre ensoleillé. Vous verrez que les deux mûriront en même temps et pourtant, celle enfermée dans le garde-manger n’aura reçu aucun rayon de soleil.

Fruit brûlé par une exposition subite au soleil. Photo: MAPAQ

Le pire, c’est que non seulement effeuiller les tomates n’aide pas du tout (cela n’accélère pas le mûrissement), c’est même carrément nuisible. Souvent, les fruits ombragés par le feuillage, puis subitement exposés au plein soleil, brûlent (on appelle cela une insolation), laissant une blessure qu’il faut supprimer et qui réduit la qualité du fruit.

Aussi, c’est le feuillage, en captant l’énergie solaire pour la convertir en sucres, qui donne aux tomates leur goût: si vous supprimez les feuilles, vos tomates seront moins sucrées! Et aussi, plus la plante porte de feuilles, plus elle produit de fruits! Donc, moins de feuilles, moins à manger!

Oui, vous pouvez supprimer les feuilles jaunes, brunies ou malades: elles ne donnent plus rien à la plante. Mais laissez les feuilles vertes intactes si vous voulez des tomates les plus savoureuses possible!

N.D.L.R. Adapté d’un billet originalement publié le 21 août 2015

Quand un oisillon tombe du nid

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Il arrive souvent qu’on trouve un oisillon au sol. Photo: Mandy Dickinson, nwf.org

Trouver un oisillon par terre est loin d’être un événement rare. Si votre jardin contient plusieurs arbres dans lesquels les oiseaux peuvent nicher, c’est quelque chose que vous allez sûrement rencontrer. Parfois, cela arrive plusieurs fois par été.

Mais que devriez-vous faire? Eh bien, tout d’abord, évaluez la situation. En commençant par… à quoi ressemble le jeune oiseau?

Oisillon plumé

Cet oisillon est bien plumé et se pratiquait probablement à voler quand vous l’avez trouvé. Il n’a pas besoin de votre aide. Photo: flickr.com

Si c’est un oisillon alerte et capable de sautiller, couvert de plumes et avec peu de duvet, vous n’avez probablement rien à faire. Il apprenait probablement à voler et s’est retrouvé au sol, tout simplement. Les parents sont probablement à proximité et, en fait, peuvent faire tout un chahut dans certains cas. Bien que leurs cris puissent sembler un appel de détresse, ils encouragent plutôt le petit à réessayer ses ailes.

Si vous le laissez tranquille, les parents viendront probablement le nourrir. Chez de nombreuses espèces, les oisillons passent quelques jours au sol ou dans les branches basses pendant qu’ils apprennent à voler efficacement. Tout est donc normal et aucune intervention n’est nécessaire. Vous pouvez poser le petit dans des branches basses si vous voulez: il sera un peu plus en sécurité qu’au sol. Mais ne le remettez pas dans son nid, même si vous savez où il est: cet oisillon a passé ce stade de sa vie et le nid n’est plus sa maison. Il ne fera que le quitter assez rapidement.

Vous voudrez peut-être garder un œil dessus pendant environ une heure, juste pour vous assurer que les parents en prennent soin. Sinon, tout ce que vous avez à faire est de garder votre chat à l’intérieur jusqu’à ce que le bébé décolle enfin.

Malheureusement, environ 80 % des oisillons confiés à un centre de réhabilitation étaient des jeunes en train d’apprendre à voler et n’avaient pas besoin d’aide. Ils ont essentiellement été kidnappés par des gens bienpensants. Ces oisillons n’auraient pas dus se retrouver là. Leur place était dans la nature!

Mais que faut-il faire si l’oisillon est blessé, avec par exemple, une aile qui reste déployée ou des traces de sang? Ou s’il a été attaqué par un chat? (Cela peut laisser des blessures qui peuvent paraître mineures, mais qui pourraient s’infecter.) Ou si le bébé est de toute évidence faible? Dans ce cas, vous pourriez envisager d’appeler votre service local de la faune pour savoir quels programmes autorisés de réhabilitation de la faune sont disponibles dans votre secteur.

Oisillon très jeune

Oisillon très jeune, loin de pouvoir voler. On peut remettre de tels oisillons dans leur nid. Photo: http://www.birdhousebuilder.com

Mais qu’en est-il si c’est un très petit oisillon: maigre, duveteux et sans plumes, bien trop jeune pour être seul? Il a probablement été poussé du nid par un coup de vent ou accidentellement par ses frangins. Un tel oiseau mourra si vous n’intervenez pas.

Essayez de localiser le nid, probablement dans l’arbre juste au-dessus du bébé. Si vous le pouvez et qu’il est facile d’accès (ne risquez pas votre propre vie en essayant de sauver un oisillon!), remettez le bébé dans le nid. Attention! Il est possible que les parents essaient de vous attaquer: ils ne comprendront pas que vous essayez d’aider. 

Oui, vous pouvez prendre l’oisillon dans votre main pour le déplacer. La croyance que la maman oiseau sera capable de sentir qu’un humain a manipulé son petit et le rejettera n’est qu’une légende urbaine.

S’il y a plus d’un oisillon au sol, il est probable que tout le nid soit tombé. Si vous pouvez le trouver et qu’il est intact, essayez de le remettre en place, le fixant à une branche avec de la corde, puis de placer les bébés à l’intérieur. S’il est en morceaux, préparez un nid de remplacement, par exemple un petit panier en osier, une passoire de cuisine ou un bol en plastique avec des trous au fond (pour que la pluie puisse s’en écouler), tapissez-le d’herbe sèche ou d’un chiffon, puis fixez-le à l’arbre. Ensuite, placez le ou les oisillons dedans.

Faites tout cela assez rapidement, car les oiseaux aussi jeunes sont très fragiles.

Maintenant, observez la situation. Si les parents ne se présentent pas, voilà le moment pour appeler le service de réhabilitation.

Bébés mobiles

Jeune faisan très actif et n’ayant aucunement besoin d’aide. Photo: http://www.birdhousebuilder.com

Et si l’oisillon était au sol et capable de courir, mais est toujours couvert de duvet?

Il s’agit probablement d’un oisillon «nidifuge», provenant d’une espèce comme la perdrix, le faisan, le canard ou le pluvier qui font leur nid au sol. Ces bébés sont debout et mobiles dans les minutes qui suivent l’éclosion et quittent rapidement le nid. D’ailleurs, ils se nourrissent d’eux-mêmes. Donc, en fait, il est peu probablement que cet oiseau ait besoin de votre aide. D’ailleurs, c’est peut-être votre présence qui sépare l’oisillon de ses parents. Alors, éloignez-vous et attendez de voir si les parents, qui sont peut-être cachés tout près, ne viennent pas récupérer leur petit. Habituellement, ils le font et la petite famille partira aussitôt. Ce n’est que s’il n’y a aucun signe des parents après deux heures que vous devriez envisager d’intervenir.

En attendant le service de réhabilitation

Placez l’oisillon dans une boîte. Photo: http://www.change.org

Donc, maman et papa oiseau ne se sont pas présentés et vous avez appelé le service de réhabilitation de la faune approprié? Dans ce cas, mettez le bébé oiseau dans une petite boîte avec un chiffon ou du papier au fond et gardez-le au chaud, au calme et à l’abri du vent et de la pluie. Ne le nourrissez pas. (Chaque espèce a son régime alimentaire préféré et peut être blessée si vous lui donnez la mauvaise denrée.)

Ce qu’il ne faut pas faire

N’apportez pas l’oisillon chez vous en pensant vous en occuper vous-même. D’ailleurs, dans presque tous les pays, élever un oiseau indigène est illégal. Et même si vous essayiez de l’élever, le petit ne survivrait probablement pas une fois libéré. Un rééducateur spécialisé, cependant, saura avec quoi le nourrir et comment en prendre soin, s’assurant qu’il apprenne par lui-même les bases de la survie avant de le libérer.

Ou…

Ou partez tout simplement et laissez dame Nature s’occuper de la situation. Elle est assez cruelle, cependant. Une estimation est que seulement 30% des oisillons survivent à leur première année. Les oisillons sont une source importante de nourriture pour un grand nombre d’animaux et même d’autres oiseaux: renards, faucons, couleuvres et bien d’autres. Certains doivent être sacrifiés pour que le cycle de la vie continue: c’est la loi de la nature!

Donc, laisser un oisillon tombé du nid se débrouiller seul n’est pas cruel, c’est naturel.

À chaque mois sa plante, août 2020: le cactus

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Qu’il s’agisse de leurs formes géométriques tendance ou de leur apparence austère et inapprochable, les cactus sont des plantes d’intérieur passionnantes qui font beaucoup d’effet et vous accompagnent pendant des décennies. Le retour de ce classique est surtout dû à ses deux atouts: sa réputation (malheureusement fausse) de n’avoir besoin d’aucun entretien et son apparence très originale. 

Origine du cactus

Distribution des cactus. Ill.: reddit.com

Les plantes à épines que nous appelons cactus (on peut aussi écrire «cactées»), de la famille des Cactacées, sont presque exclusivement originaires du Nouveau Monde, de la Patagonie au Canada, avec une forte concentration au Mexique. Ils poussent surtout dans les zones désertiques ou arides où ils se sont parfaitement adaptés aux conditions de sécheresse extrême et où ils poussent lentement, mais vigoureusement, sous des conditions qui tueraient la plupart des autres végétaux. 

Spécificités

Le nom de cactus vient du mot grec «kaktos» qui signifie «plante piquante». Tous les cactus sont des plantes succulentes, car leur chair est pleine de suc (le sens du terme «succulente»). Ainsi, les cactus ont la capacité de stocker l’eau dans leurs tiges épaisses. Ce réservoir d’eau interne leur permet de survivre durant les périodes les plus sèches. 

Si tous les cactus sont des succulentes, toutes les succulentes ne sont pas des cactus. Ainsi, les aloès, les agaves, les sédums, les crassulas, les joubarbes, etc. sont bien des succulentes et ont des tissus qui emmagasinent l’eau, comme les cactus, mais ils n’appartiennent pas aux Cactacées, mais plutôt à d’autres familles botaniques.

Dans la nature, les racines des cactus sont très longues et demeurent la plupart du temps près de la surface pour pouvoir capter autant d’eau que possible à la saison des pluies, seule période où les cactus peuvent pousser. (En d’autres saisons, ils restent au beau fixe.) En pot, avec leurs racines fortement comprimées, leurs besoins en arrosage vont augmenter d’un cran.

Notez qu’à de très rares exceptions près, les cactus n’ont pas de feuilles. Ils les ont perdues en s’adaptant aux conditions de grande aridité. Au lieu de le faire par les feuilles, ils réalisent la photosynthèse via leurs tiges vertes. La peau des cactus est recouverte d’une couche de cire qui minimise l’évaporation, ainsi ils peuvent conserver plus facilement l’eau.

Les cactus sont marqués de coussins duveteux appelés aréoles. Ils permettent de distinguer les cactus de toute autre plante. Photo: Steve Cook Polypompholyx

Ce qui distingue les cactus de toutes les autres plantes succulentes, c’est que leurs tiges portent des aréoles à l’endroit où les feuilles devraient réellement être. Celles-ci ressemblent à de petits coussinets cotonneux et sont généralement placées assez symétriquement sur les tiges. De ces aréoles poussent les épines, les poils (certains cactus sont couverts de poils!), les nouvelles tiges et, éventuellement, les fleurs. Aucune autre plante n’a d’aréoles et leur présence est le meilleur moyen de distinguer un cactus des autres plantes succulentes à tige charnue, comme les euphorbes.

Les cactus sont cultivés depuis des siècles, notamment comme plantes de plein air dans les climats doux. Dans les régions tempérées, par contre, on les cultive surtout comme plantes d’intérieur. Cela dit, tous les cactus ne sont pas d’origine tropicale. Il existe des cactus rustiques, certains tolérants au froid extrême (Opuntia fragilis croît jusque dans le nord de l’Alberta, Canada, presque au cercle arctique). Il n’en reste pas moins que la plupart des espèces de cactus sont mieux adaptées à l’intérieur de nos maisons qu’aux plates-bandes de climat tempéré.

Que rechercher lors de l’achat de cactus

Le choix de variétés de cactus est vaste.
  • Le prix est largement déterminé par la taille. Les petits cactus sont moins chers que les grands… surtout parce qu’ils coûtent moins cher à expédier! Certains cactus sont naturellement petits et le resteront toujours; d’autres se développeront considérablement avec le temps. Si vous voulez un petit cactus bon marché qui deviendra grand, un jeune cactus colonnaire (voir ci-dessous) ferait un bon choix.
  • L’âge est également un facteur de tarification. Les cactus qui mettent des années à atteindre une taille vendable coûteront beaucoup plus cher que les cactus à croissance rapide. Cela explique souvent pourquoi deux cactus de taille similaire peuvent avoir une importante différence de prix.
  • Vérifiez que le cactus est exempt de cochenilles farineuses tant sur la plante elle-même que sur ses racines. Ces petits insectes qui ressemblent à des boules d’ouate blanche sont les pires ennemies des cactus et les plus difficiles à combattre. Laissez les plantes infectées dans le magasin.
  • Surveillez également la présence de tétranyques (araignées rouges) qui ressemblent à des particules de poussière se déplaçant sur des toiles fines, les pucerons, les cochenilles à carapace et les thrips.
  • Assurez-vous aussi que la tige n’est pas endommagée et que le système racinaire est intact. Si la plante a été maintenue trop humide pendant longtemps, elle peut présenter un point mou décoloré à la base de sa tige, premier signe de pourriture causée par des champignons et des bactéries, une pourriture qui s’avérera assez rapidement fatale.
Fleurs d’immortelles collées sur des cactus. Photo: http://www.plantinterrarium.com
  • Regardez les fleurs de cactus avec suspicion. Souvent, ces fleurs sont simplement des fleurs d’immortelles (Xerochrysum bracteatum) collées sur la tige et la colle chaude utilisée endommage la plante. Les vraies fleurs de cactus seront attachées à la tige principale par une tige plus courte, généralement épineuse, et non par de la colle.
  • Si vous voulez un cactus qui fleurira facilement, demandez au commis de la jardinerie de vous aider à choisir. En général, du moins parmi les cactus désertiques, ce sont les cactus boules (voir ci-dessous) qui fleurissent le plus facilement dans nos demeures.
Cactus pulvérisés de peinture. Photo: pentagrambunny, reddit.com
  • Méfiez-vous également des plantes aux épines étrangement colorées. Le blanc, le jaune doré et le marron sont les couleurs normales des épines de cactus, mais pas le violet, le bleu, l’orange, le jaune fluorescent, etc. Plusieurs marchands peignent les cactus au pistolet pour stimuler la vente. Il va sans dire que cela nuit à la plante, l’empêchant de faire une photosynthèse adéquate. Laissez les plantes peintes au magasin!
Les cactus vendus en terrarium auront la vie très courte. Photo: succulentsnetwork.com
  • Évitez les cactus plantés dans un terrarium. Il est presque impossible d’arroser adéquatement un cactus dans un pot de verre sans trou de drainage, la situation des terrariums. En général, les cactus qu’on y cultive meurent lentement mais sûrement au cours des mois qui suivent l’achat.
  • Les cactus épineux peuvent être difficiles à manipuler. Demandez au commis de prendre et d’emballer votre plante à votre place.

Assortiment de cactus

Avec quelque 1 800 espèces, la gamme des cactus est très vaste et varie de minuscules spécimens arrondis à d’énormes candélabres ou à de larges «tonneaux» piquants, et de glabres à très hirsutes à férocement épineux. Souvent, les cactus sont vendus dans des plateaux mixtes, en particulier ceux de plus petite taille. Les espèces les plus couramment vendues se nomment EchinocactusFerocactusGymnocalyciumOpuntia et Mammillaria.

Souvent, on confond les cactus avec les euphorbes, pourtant d’une autre famille botanique. Ce sont les aréoles que portent les cactus qui permettent de les distinguer. Photo: mashtalegypt.com

Les euphorbes (Euphorbia spp.) succulentes ressemblent fortement aux cactus et sont assez souvent offertes dans les mêmes plateaux mixtes. Il est facile de les distinguer: les euphorbes ont des épines qui poussent directement de la tige verte, tandis que celles des cactus, elles, poussent à partir des aréoles, les petits coussinets cotonneux mentionnés ci-dessus. Et en plus, les euphorbes ont souvent de petites feuilles; les cactus en ont rarement. 

Cactus désertique ou cactus forestier?

Cactus désertiques. Photo: etsy.com.

La plupart des cactus viennent de régions désertiques, ou du moins sèches, et sont adaptés au soleil intense et aux conditions de grande aridité. Ceux-ci ont généralement des tiges bien épaisses et souvent une abondance d’épines ou de poils. Ils nécessiteront le plein soleil et un arrosage bien espacé à l’intérieur.

Cactus forestier. Photo: spokaneplantfarm.com

Un autre groupe de cactus vit dans les forêts à l’état sauvage. La plupart sont des épiphytes (ils poussent sur des branches d’arbres) et ont des tiges minces ou aplaties, peu ou pas d’épines et un port lâche. En culture, ils nécessitent moins de lumière et des arrosages plus réguliers. Il vaut mieux les traiter davantage comme des philodendrons ou des plantes-araignée que comme des cactus typiques.

Que de formes!

Les cactus peuvent être classifiés par genre, origine ou forme. Parmi les formes, on distingue surtout les groupes suivants: 

Cactus raquettes (Opuntia spp.)

• Cactus raquettes: Ils se composent d’articles plats plus ou moins ovales. Ils peuvent avoir de longues épines ou apparemment pas d’épines du tout. Attention cependant, car leurs aréoles apparemment inoffensives cachent de minuscules épines appelées glochides qui se détachent et pénètrent dans la peau (Opuntia). Cactus désertiques.

Cactus colonnaires (Cereus repandus). Photo: http://www.palmenmann.de

• Cactus colonnaires, appelés aussi cactus cierges et cactus candélabres: Port dressé et cylindrique. Souvent, ils forment une boule dans leur jeunesse, développant une vraie forme de colonne en mûrissant (PachycereusCereus et autres). Cactus désertiques.

Il y a un vaste choix de cactus boules (ici, différents Mammillaria). Plusieurs fleurissent jeunes et sont assez faciles à faire fleurir. Photo: http://www.uhlig-kakteen.de

 Cactus boules: Généralement petits et en forme de globe. Plusieurs forment de denses colonies, mais d’autres demeurent individuels. Ce sont les cactus d’intérieur les plus variés et les plus populaires (EchinocactusMammillariaRebutia et beaucoup d’autres). Cactus désertiques.

Les cactus gui (Rhipsalis spp.) poussent en épiphytes dans la nature. Photo: worldofsucculents.com

• Cactus retombants: À longues tiges arquées (AporocactusRhipsalis). Cactus désertiques ou forestiers.

Les cactus orchidées sont cultivés pour leurs fleurs. Ici Disocactus-ackermannii, anc. Epiphyllum ackermannii). Photo: worldofsucculents.com

• Cactus orchidées ou épicactus: Cactus épiphytes à tiges étalées, grimpantes ou retombantes, triangulaires ou plates, généralement sans épines. Cultivés pour leurs immenses fleurs saisonnières (EpiphyllumSelenicereus). Cactus forestiers.

Cactus de Noël (Schlumbergera truncata cv). Photo: Peter Coxhead, Wikimedia Commons

• Cactus de Noël et de Pâques: Tiges arquées, aplaties et sans épines portant des fleurs lumineuses à l’automne ou au printemps (Schlumbergera). Cactus forestiers.

Cactus cristé ((Mammillaria elongata‘Cristata’). Photo: mld-succulents.com

• Cactus cristés ou en crête de coq: Mutation rappelant les circonvolutions d’un cerveau (Mammillaria elongata ‘Cristata’ et plusieurs autres). Cactus désertiques.

Différents cultivars albinos de Gymnocalycium mihanovichii friedrichii. Photo: anaturalcuriostiy.org

• Cactus greffés: Deux espèces greffées l’une sur l’autre. Souvent, le cactus supérieur (généralement Gymnocalycium mihanovichii friedrichii cv), brillamment coloré (rouge, rose, orange, jaune, etc.) est en fait un albinos (sans chlorophylle) et ne peut pas pousser seul. Cactus désertiques.

Conseils de soins

Cactus sérieusement étiolés à cause d’un éclairage insuffisant, tristement une situation très courante. Photo: anskuhh s, houzz.com

On dit souvent que les cactus sont des plantes faciles à cultiver qui prospéreront n’importe où. Ce mythe est en bonne partie fondé sur leur capacité à «tenir» pendant des mois, parfois même des années, même dans les conditions les plus inappropriées. Même si le propriétaire est satisfait des résultats, puisque le cactus maltraité semble assez normal, la plante est souvent en train de mourir, vivant de ses réserves, mais ne montrant pas clairement sa détresse. Lorsque la mort arrive enfin, son propriétaire est souvent étonné, ne comprenant pas le pourquoi de cette déchéance.

Si vous considérez un cactus comme un produit jetable, une décoration temporaire conçue pour aller à la poubelle quand il cesse de bien paraître, vous pouvez le placer n’importe où, au soleil ou à l’ombre, à la chaleur ou au froid. Arrosez-le quand vous en avez envie ou pas du tout. Par contre, si telle est votre attitude, pourquoi ne pas acheter plutôt un cactus en plastique? Il durera plus longtemps et n’aura pas à subir une mort lente et agonisante.

Voici quelques conseils pour vraiment garder les cactus heureux et en bonne santé:

Les cactus désertiques doivent être placés près d’une fenêtre ensoleillée. Photo: http://www.westfargopioneer.com
  • Les cactus désertiques nécessitent généralement une lumière intense, voire le plein soleil. Les cactus forestiers, comme le cactus de Noël et le cactus orchidée, sont de meilleurs choix pour les situations de luminosité moyenne. D’ailleurs, une luminosité adéquate est la clé du succès: quand on leur donne un éclairage approprié, la plupart des cactus sont faciles à entretenir et peuvent vivre des décennies.
  • Un arrosage convenable est essentiel. Les cactus désertiques ne toléreront pas un arrosage excessif. Il faut les laisser sécher complètement avant de les arroser à nouveau. Donc, la négligence bénigne est le meilleur entretien. Si vous n’êtes pas certain si un cactus désertique a besoin d’arrosage, ce n’est probablement pas encore le bon moment! Pour le savoir, soulevez le pot: il sera considérablement plus léger lorsqu’il sera complètement sec. Ou utilisez un humidimètre, arrosant uniquement lorsque le cadran est bien dans la zone rouge (sèche). 
  • Pour les cactus forestiers, arrosez comme toute autre plante d’intérieur non succulente l’été, soit dès que le terreau est sec au toucher, mais un peu moins l’hiver. Il n’est pas nécessaire d’attendre que le terreau soit archisec.
  • Lorsque vous arrosez, faites-le abondamment, inondant la motte, mais sans laisser la plante reposer dans une soucoupe d’eau. Donner juste une cuillerée ou deux d’eau à la fois, une information pourtant offerte par plusieurs sites Web, est une grave erreur de culture qui provoque un stress persistant qui peut finir par tuer la plante. 
  • L’été, les cactus tolèrent très bien la température de nos demeures, climatisées ou non. Même un emplacement près d’une fenêtre très chaude ne les dérange pas, tant que la température ne reste pas longtemps au-dessus de 30 °C. (Les cactus peuvent tolérer 50 °C s’il le faut, mais alors, toute croissance cesse). Ils préfèrent davantage de fraîcheur l’hiver, mais peuvent quand même tolérer une pièce normalement chauffée à cette saison. Un hiver froid et sec, presque glacial, peut toutefois encourager certains cactus à fleurir.
  • On peut aussi placer les cactus en plein air l’été, sur la terrasse ou le balcon, tant qu’on les y acclimate graduellement au début.
  • Si vous vous absentez de la maison pendant un mois ou même deux, arrosez bien votre cactus et laissez-le à son emplacement habituel: il survivra. L’hiver, si vous baissez la température avant de partir, vous pouvez même laisser les cactus désertiques cinq ou six mois sans arrosage, ce qui en fait un excellent choix pour les retraités qui passent l’hiver dans le sud.
  • Si la plante doit être rempotée, utilisez un terreau relativement pauvre. Vous trouverez du terreau spécial pour cactus dans le commerce. Étant donné que les cactus ne tolèrent pas les terreaux constamment humides, le pot doit être muni d’un trou de drainage.
  • Évitez la culture en terrarium. Sans drainage et avec une aération insuffisante, les cactus y pourrissent plutôt que d’y prospérer.
  • Placez les variétés piquantes dans un endroit sûr s’il y a des enfants ou des animaux domestiques dans la maison. 

Conseils pratiques pour la présentation 

  • Un seul cactus ne suffit pas! Ces plantes sont plus attrayantes si plusieurs variétés sont présentées ensemble. 
  • Comme les cactus peuvent tolérer un entretien irrégulier, ce sont d’excellents choix pour les endroits souvent laissés à l’abandon (studio d’étudiant, bureau, etc.). 
  • Le cactus est un cadeau idéal du fait qu’il est proposé en diverses tailles, de mini cactus à de grands sujets. 
Jardin de cactus.
  • Les cactus paraissent très bien combinés dans un vase large et peu profond (jardin de cactus). Il faut toutefois que tous les «habitants» de ce biome aient les mêmes besoins en éclairage et en arrosage.
Un bon choix de pot mettra vos cactus en valeur.
  • Les cactus vont très bien tant dans les intérieurs classiques que modernes. Le look folklorique est très tendance, et pas besoin de se limiter à l’Amérique du Sud. Des pots artisanaux ornés de motifs folkloriques et colorés constituent une base joyeuse pour mettre le cactus, de nature plutôt austère, en valeur.  
  • Un thème estival ou vacancier convient bien à ces plantes (plage, Mexique, rocaille d’intérieur). 

Longue vie à votre cactus!

Cet article est adapté d’un communiqué de www.maplantemonbonheur.fr.
Sauf mention contraire, photos de www.maplantemonbonheur.fr
Styliste: Elize Eveleens, Klimprodukties.

5 façons d’améliorer l’apparence de votre patio

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Par Robert Baker de Outsidepursuits.com
Photo: Rhys Ludlow, Pixabay

Votre patio en pierres ou pavés a-t-il l’air fatigué et suranné? Avant d’inviter vos amis et voisins, faites-le briller avec ces 5 améliorations faciles.

1. Un peu de ménage

Enlevez tout mobilier d’extérieur ou autre objet mobile et examinez l’état de votre patio. S’il a plus de quelques années, il a probablement besoin d’un peu d’attention.

Les mauvaises herbes sont un problème courant. Elles poussent entre les pavés ou les fissures dans le ciment. Utilisez un vieux tournevis rouillé pour les déterrer. Si vous n’avez que quelques petites mauvaises herbes et que vous ne voulez pas endommager le mortier restant, il existe des herbicides biologiques à base de vinaigre ou d’acide citrique que vous pouvez appliquer à l’infestation.

Nettoyez soigneusement les fissures restantes, puis remplissez-les avec un mélange de 3 parties de sable pour 1 partie de ciment avec un peu d’eau. Tassez le mélange légèrement avec une truelle.

Nettoyage à haute pression peut rendre votre patio comme neuf. Photo: laveusepressionelc.com

Un nettoyeur à haute pression est un excellent investissement non seulement pour laver votre voiture, mais aussi pour nettoyer en profondeur la surface de votre patio. Un après-midi avec un nettoyeur haute pression peut rendre votre patio comme neuf.

Les taches carrément incrustées dans les patios en béton peuvent être disgracieuses, mais l’application d’une teinture acide pour béton peut revitaliser la surface de votre patio en colorant toute la zone d’une seule couleur avec des motifs tourbillonnants uniques. 

2. Repensez votre mobilier

Une fois votre patio débarrassé des mauvaises herbes et nettoyé, vous pouvez remettre vos meubles en place. Cependant, êtes-vous satisfait de ce que vous voyez? Le mobilier de votre patio détermine en grande partie son effet. Vous voulez donc un mobilier à la fois esthétique et pratique pour vos besoins.

Mobilier de jardin Wisteria Lane. Photo: http://www.outsidepursuits.com

Récemment, il y a eu de nombreuses innovations dans le mobilier d’extérieur qui signifient que vous pouvez vraiment transformer votre patio en salon extérieur en choisissant des meubles de patio que vous aimez et qui sont aussi beaux que tout ce qui se trouve dans votre salon. Les fauteuils et canapés de patio en osier, en rotin ou en plastique sont indispensables pour se détendre à l’extérieur.

Meubles de jardin robustes, durables… et attrayants! Photo: http://www.outsidepursuits.com

Avec une table et des chaises d’extérieur, vous pouvez créer une expérience culinaire en plein air à la maison. Et avec les haut-parleurs Bluetooth conçus pour une utilisation extérieure, vous pouvez organiser des fêtes fantastiques dans votre jardin! 

Si vous appréciez votre temps libre et aimez vous détendre avec un bon livre, pourquoi ne pas investir dans un hamac? Vous n’avez pas besoin d’une paire d’arbres pour accrocher un hamac moderne, car beaucoup viennent avec un cadre assorti.

3. S’il fait chaud dans la cuisine…

Cusine en plein air. Photo: bahlerbrothers.com

Certaines personnes aiment tellement rester sur leur patio qu’elles ont déplacé leur cuisine à l’extérieur. Avec autant d’entreprises qui fabriquent maintenant des équipements de restauration de haute qualité conçus pour résister aux éléments, il n’y a rien que vous ne puissiez acheter pour rendre votre cuisine extérieure aussi efficace que votre cuisine intérieure.

Les cuisines de patio sont particulièrement utiles si vous souhaitez recevoir à l’extérieur, car cela signifie que vous n’aurez pas à entrer et à sortir de votre maison pour servir la nourriture à vos invités. En été, votre cuisine en plein air ne deviendra pas trop chaude et vous pourrez profiter de l’air frais et des fleurs à l’extérieur pendant que vous cuisinerez.

Si vous voulez garder les choses simples et abordables, vous pouvez simplement acheter un barbecue portable pour votre patio. Les cuisines extérieures entièrement équipées représentent un investissement majeur et peuvent coûter plus cher qu’une cuisine intérieure traditionnelle.

4. Contrer le soleil

Un auvent retractable permet de se protéger du soleil chaud au besoin. Photo: Rolls-système Merlin David

Si vous voulez un peu de protection contre le soleil sur votre patio, pensez à faire installer un auvent de jardin par un professionnel. Avec des conceptions modernes, vous pouvez étendre votre auvent pendant la chaleur de midi et l’enrouler pour le faire disparaître de vue lorsque vous souhaitez prendre un peu de soleil. Les auvents sont particulièrement utiles si vous souhaitez organiser des dîners à l’extérieur lorsque d’autres facteurs, tels que les excréments d’oiseaux ou le vent, peuvent perturber votre expérience alimentaire.

Les voiles d’ombrage sont très à la mode. Photo: hakuna.ca

Aussi, les voiles d’ombrage ont récemment gagné en popularité. Ils offrent les avantages que vous n’avez pas à les fixer à un mur et qu’ils sont plus abordables que les auvents. Cependant, leurs inconvénients sont que vous avez besoin de 3 ou 4 points fixes pour les attacher — des arbres, peut-être — et qu’elles ne sont pas si faciles à déployer ou à ranger.

Certaines personnes aiment installer une pergola par-dessus leur patio pour ajouter un peu d’ombre. Cependant, cette option est relativement coûteuse, surtout si vous prévoyez de la faire construire par quelqu’un d’autre.

5. Ajoutez des pots

Des pot remplis de plantes ajoutent la touche finale de tout décor de patio. Photo: yourahome.com.

Votre patio est dans le jardin, alors pourquoi ne pas célébrer cela avec une belle sélection de pots à fleurs? Lorsque vous choisissez des pots à fleurs, visez grand… grande taille, c’est-à-dire. Les grands pots de fleurs prennent la vedette et se démarquent sur le patio. Ils offrent également le type d’espace dont vous avez besoin pour des plantes aux traits impressionnants, telles que des brugmansias ou des palmiers.

Il existe une telle gamme de pots de fleurs aujourd’hui qu’il y a des motifs pour tous les goûts. Vous pouvez les coordonner avec la couleur de vos meubles de patio ou opter pour de simples pots en terre cuite italienne qui se fondent dans l’arrière-plan et laissent les fleurs qu’ils contiennent ajouter de la couleur à votre journée.

La fascinante histoire de la pelouse

Par défaut

Le tapis vert de Versailles, l’une des première pelouses conçues strictement pour l’ornementation. Photo: Remi Jouan, Wikimedia Commons

Conquérante de la banlieue, la pelouse y a fait tranquillement sa place. Voici sa fascinante histoire, des prés communaux du Moyen Âge jusqu’au jardin de Downton Abbey, en passant par les tondeuses bon marché. 

Le tapis vert, une mode décortiquée

S’il y a un élément qui domine nos banlieues, c’est bien la pelouse. Ce tapis de verdure s’étend sur de vastes surfaces, dominant le paysage dès qu’on quitte le centre-ville, son béton et son asphalte. Rares sont les maisons qui n’en ont pas… et beaucoup de maisons n’ont comme décoration vivante que la pelouse. Mais d’où vient cette mode si dominante?

Les débuts de la pelouse

Les prés communaux sont rares aujourd’hui et ne servent plus à faire paître le bétail. Photo: Kevin Rae, Wikimedia Commons

Les premières pelouses furent probablement les prés communaux, courants en Europe au Moyen Âge. Les citoyens du village avaient le droit d’y faire paître leurs vaches, moutons, chevaux, etc. Ce broutage constant donna une prairie très courte qu’on appela pelouse, de l’occitan pelosa, issu du latin pilosus pour «poilu», sans doute parce que l’aspect de la surface couverte d’herbe tondue rappelait celui des poils. L’aristocratie adopta le style autour de ses châteaux, toujours maintenu, au début, par le bétail. On disait à l’époque que c’était pour se montrer bon chrétien (un rappel des nombreuses références aux moutons, aux bergers et aux pâturages dans la Bible), mais dans cette période de grandes perturbations, une pelouse dénudée de végétation haute permettait aussi de voir venir l’ennemi de loin.

Jardins à la française et à l’anglaise

Quand André Le Nôtre conçut les jardins de Versailles pour Louis XIV, à la fin du XVIIe siècle, il y inclut un vaste «tapis vert» (aussi appelé «allée royale»), un parterre de végétation tondue au moyen de faux et situé dans la grande perspective du château. Certainement l’une des premières pelouses d’apparat de l’histoire. Le climat frais et humide du centre ouest de l’Europe permettait une telle innovation. Il est difficile d’imaginer la pelouse évoluer sous les climats chauds et arides de la Mésopotamie ou de l’Égypte. De telles pelouses se répandirent partout en Europe, car tous les nobles voulaient imiter le Roi-Soleil.

Mais le règne du jardin à la française, hautement géométrique et aux haies précisément taillées, conçu pour montrer la puissance de l’humain et sa domination totale de la nature, fut de courte durée. Il fut presque balayé de la carte moins d’un siècle plus tard avec l’arrivée du jardin à l’anglaise, largement sous l’influence du paysagiste anglais Capability Brown (1716 à 1744).

Le jardin à l’anglaise se caractérise par un paysage bucolique où un gazon vert domine. Ici, le célèbre domaine Stourhead en Angleterre. Photo: Luke H. Gordon, flickr

Ce style proposait un retour à une allure plus naturelle, une redécouverte de la nature… mais d’une nature améliorée. Brown concevait des paysages bucoliques au parcours sinueux marqués de collines artificielles, de lacs aux formes asymétriques, de ruisseaux en serpentin, de bosquets apparemment naturels, etc. Pour relier tous ces éléments, une pelouse ondulante et verdoyante. L’entretien était encore surtout fait par le bétail, qu’on empêchait d’approcher de la résidence par des ha-ha ou sauts-du-loup, des fossés spécialement conçus pour paraître invisibles de loin. Rappelez-vous l’aménagement du terrain, avec sa pelouse verte à perte de vue et ses grands conifères, de la série télévisée Downton Abbey. Du pur jardin à l’anglaise. 

Il faut souligner que la plate-bande à l’anglaise, avec ses mélanges de fleurs, n’est pas la même chose que le jardin à l’anglaise, et est d’ailleurs beaucoup plus moderne, datant du début du XXe siècle.

Un déjeuner sur l’herbe dans l’émission Downton Abbey. Photo: PBS/Masterpiece Classics

L’idée du jardin à l’anglaise était de montrer que le propriétaire avait les moyens de consacrer de vastes quantités de terrain de grande valeur à des fins strictement esthétiques. On y tenait des garden-partys et des déjeuners sur l’herbe avec des centaines d’invités. Seulement les plus riches pouvaient se permettre un tel luxe.

Mais avec l’arrivée des premières tondeuses, timidement dans les années 1830, mais surtout à partir des années 1860, d’abord la petite noblesse, puis la classe bourgeoise s’emparèrent du style. Dès lors, il n’était plus nécessaire d’engager des équipes d’employés travaillant à la faux, un seul homme (engagé, bien sûr) pouvant tondre une vaste pelouse en seulement quelques jours. 

Ainsi le prix d’entretien d’une pelouse chuta passablement. Toute la classe supérieure voulait un jardin à l’anglaise autour d’un petit manoir d’apparence la plus luxueuse possible, même si l’échelle de la pelouse était très réduite par rapport à celle des grandes propriétés. 

Les sports sur gazon — ici un jeu de boules en 1870 — devinrent populaires. Photo: Southampton Old Bowling Green Club

À la Belle Époque, les sports sur gazon — croquet, tennis, jeu de boules, polo, etc. — devinrent populaires et aussi l’idée révolutionnaire qu’il était sain pour le corps et l’esprit de se balader dans la nature. Cela a mené à la création des parcs urbains dominés par la pelouse, ce qui est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui.

En Amérique

Spadina House, à Toronto, avec sa vaste pelouse verdoyante, représente bien la grande maison de banlieue de la haute bourgeoisie nord-américaine de la Belle Époque. Photo: Ville de Toronto

Les Nord-Américains plus nantis suivirent attentivement les modes européennes et, surtout à partir des années 1870, les maisons commencèrent à s’entourer de gazon, d’abord à la campagne, mais bientôt tout autour des villes. C’était la naissance de la banlieue, jadis comme aujourd’hui dominée par la pelouse. L’innovation nord-américaine fut de placer la maison de banlieue non pas près de la rue, à l’européenne, mais en plein milieu du terrain, et de l’entourer de pelouse, dans le but de montrer très clairement qu’on était à l’aise. 

C’est aussi à cette époque qu’on commença à vendre les mélanges de semences de graminées et de trèfle, non pas pour nourrir le bétail, mais pour créer de belles pelouses. Bientôt, le gazon se vendit aussi en rouleaux. 

La tondeuse abordable a grandement stimulé l’essor des pelouses de banlieue. Photo: http://www.thriftyfun.com

Avec l’arrivée des tondeuses bon marché et de la semaine de travail de 40 heures juste avant la Seconde Guerre mondiale, donnant à tous un samedi de congé (le dimanche étant bien sûr consacré à la vénération de Dieu!), la classe moyenne était prête à quitter la ville et à s’établir dans les banlieues jusqu’alors réservées aux riches. Et chaque petite maison devait s’entourer de gazon. D’ailleurs, ce fut bientôt non seulement une mode, mais souvent la loi.

La pelouse de graminées

Les premières pelouses furent composées de toute plante capable de survivre à une tonte régulière. Non pas uniquement des graminées, mais un mélange de plantes: trèfle, plantain, pissenlit, camomille, etc. Ne furent bannies des pelouses que les plantes piquantes qu’on arrachait à la main. 

Le vert de golf allait influencer les pelouses. Photo: http://www.hippostcard.com

Pendant ce temps, le golf gagnait aussi du galon et bien que monsieur et madame Tout-le-Monde n’avaient pas encore les moyens de jouer à ce sport d’élite, ils voyaient les verts de golf, où toute plante autre que les graminées était bannie, et ils voulurent la même chose. Quand les herbicides capables de tout tuer sauf les graminées sur une pelouse arrivèrent sur le marché, après la Seconde Guerre mondiale, ils connurent un succès instantané. À la même époque, l’automobile devint réellement accessible et, par conséquent, les banlieues explosèrent.

La pelouse aujourd’hui

Très honnêtement, peu de choses ont changé depuis la démocratisation de la pelouse dans les années 50, sinon que les banlieues sont encore plus vastes. Quand, au début du XXIe siècle, la plupart des pays ont banni les pesticides cosmétiques utilisés sur les gazons, et ce, pour des raisons écologiques et de santé humaine, beaucoup de propriétaires ont réussi à contourner la loi en en trouvant d’autres et en continuant d’empoisonner l’air, le sol et les cours d’eau dans leur quête d’une pelouse parfaite. 

Malgré tout, les attitudes évoluent peu à peu. Si vous laissez fleurir trop de pissenlits, on vous regarde toujours de travers, comme dans les années 50. Mais ce qui est désormais différent est que, s’il n’y a plus aucun pissenlit, on vous soupçonne désormais d’empoisonner l’environnement et la réaction n’est guère mieux. D’ailleurs, dans certains concours d’aménagement paysager, si votre pelouse est trop parfaite, on présume qu’il y a eu utilisation d’herbicides et on vous enlève des points! 

Écopelouse contenant du trèfle et tondue seulement 2 ou 3 fois par été. Photo: permies.com

L’écopelouse, soit une pelouse qu’on ne fait que tondre, qu’on n’arrose pas, qu’on ne traite pas aux pesticides ni aux herbicides, qu’on ne fertilise pas autrement que par l’herbicyclage, soit en laissant les résidus de tonte sur place et où toute plante est la bienvenue, gagne modestement du terrain. On voit aussi de plus en plus de potagers sur les terrains, même en façade. Nous sommes maintenant fiers de montrer que nous cultivons nos propres légumes plutôt que d’en avoir honte. 

Quelques pisssenlits rendent la pelouse plus intéressante. Photo: newcastlerecord.com

Je crois que la pelouse sera un élément de notre paysage périurbain pendant encore très longtemps, mais j’espère qu’elle continuera d’être de plus en plus naturelle. Après tout, qu’est-ce qu’il y a de si mauvais à avoir quelques fleurs jaunes dans un tapis vert?

Découvrez les boutures progressivement

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La plante aux éphélides s’assèche quand on l’expose trop rapidement à l’air sec. Photo: nbolmer, houzz.com

Question: Je prenais des boutures d’une plante aux éphélides et je les ai recouvertes d’un sac en plastique transparent parce que c’était la seule façon qui semblait fonctionner pour moi. Si je n’utilisais pas de sac, la plante mourait. Cependant, maintenant que j’essaie de retirer le sac, les feuilles de la plante se ratatinent et tombent. Avez-vous des idées sur ce que je peux faire?

Rowan

Réponse: Oui, la plante aux éphélides (Hypoestes phyllostachya) est une plante délicate qui a du mal à tolérer l’air sec. 

Le fittonis aussi fane quand l’air est trop sec. Photo: KonaKobenahvn, reddit.com

Une autre plante de la même catégorie est sa cousine, le fittonia (Fittonia albivenis, anciennement F. argyroneura et F. verschaffeltii). 

Les deux ont besoin d’une humidité atmosphérique élevée pour s’enraciner. C’est pourquoi vous avez réussi à démarrer votre plante aux éphélides à l’étouffée, dans un sac en plastique. Cela crée des «conditions de serre» où l’humidité peut être proche de 100%.

Le secret pour que votre plante aux éphélides enracinée puisse survivre à l’extérieur du sac est de l’acclimater progressivement à l’humidité ambiante. 

Enlevez les boutures du sac graduellement pour assurer une bonne acclimatation. Ill.: celesteclark.com & jardinierparesseux.com

Une fois que vous êtes sûr qu’elle est enracinée (quand de nouvelles feuilles apparaissent, habituellement l’enracinement est bien avancé), entrouvrez le sac pendant quelques jours, puis ouvrez-le plus grand pendant quelques jours de plus, puis commencez à le tirer progressivement vers le bas, exposant de plus en plus la plante à l’air libre, lui donnant chaque fois quelques jours pour s’adapter à l’air extérieur plus sec. Après une semaine et demie à deux semaines, votre plante sera entièrement exposée et prête à affronter l’air plus sec qui l’entoure.

Cette technique est également valable pour la plupart des plantes que vous bouturez à l’étouffée. Il est toujours préférable de les exposer progressivement à l’air ambiant plus sec une fois qu’elles sont enracinées.

N’oubliez pas également d’arroser régulièrement votre plante aux éphélides, gardant son terreau au moins légèrement humide en tout temps. Il n’aime pas plus le sol sec que l’air sec!

Soins hivernaux

Cela dit, selon le degré d’humidité atmosphérique de votre maison, vous devrez peut-être replacer votre plante aux éphélides à l’étouffée pendant l’hiver: dans un sac transparent, dans un terrarium, sous un dôme transparent, etc. Pendant l’hiver, l’air de nombreuses résidences est extrêmement sec, littéralement «désertique», souvent avec moins de 15% d’humidité relative (celle du désert du Sahara est généralement d’environ 25%!).

Une forte humidité, telle qu’on en trouve dans un terrarium, est nécessaire pour que la plante aux éphélides reste en bon état l’hiver. Photo: Mary Kalanges

La plante aux éphélides, le fittonia et les autres plantes d’intérieur à feuilles minces ne peuvent pas facilement tolérer une telle situation. Ces plantes ont besoin d’au moins 50% d’humidité à tout moment et préféreraient 70%! Un emplacement à l’étouffée peut être le seul endroit où elles pourront survivre à la saison de chauffage hivernal. 

Si vous essayez ceci, souvenez-vous que vous devrez à nouveau les acclimater progressivement aux conditions extérieures chaque printemps lorsque vous les retirerez de leur revêtement de protection.