Non, la vermiculite horticole ne contient pas d’amiante

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On trouve de la vermiculite, une roche expansée de couleur dorée, dans presque tous les terreaux.

Parfois il y a des mythes horticoles qu’on croyait bien morts qui recommencent à circuler. C’est, paraît-il, le cas avec le mythe qui prétend que la vermiculite, un populaire composant des terreaux de jardinage et d’ailleurs largement acceptée dans la culture biologique, devrait être mise au ban, car elle contiendrait de l’amiante.

La réalité est que la vermiculite est une roche volcanique similaire au mica qui, chauffée à environ 1 000°C, éclate comme du pop-corn, donnant une roche expansée légère utile en horticulture et aussi en isolation et ignifugation. La roche d’origine est formée sous environ les mêmes conditions que l’amiante, et qu’il est donc possible que les deux paraissent ensemble dans la nature. Malgré ce fait, le seul cas où de la vermiculite contenant de l’amiante ait été vendue était celui de la marque Zonolite, un isolant utilisé couramment dans la construction en Amérique du Nord de 1920 à 1990, provenant d’une seule mine située à Libby, Montana. Elle a aussi été utilisée en horticulture en Amérique du Nord à cette même période.

Notez que la vermiculite contaminée à l’amiante n’a jamais été distribuée sur les autres continents, donc mes lecteurs européens (et vous êtes très nombreux!) peuvent dormir tranquilles.

Suite à la découverte de la contamination de la vermiculite Zonolite aux fibres d’amiante, la mine Libby a été fermée en 1990 (d’ailleurs, peu de ce produit a été distribué après 1980) et les mines de vermiculite partout à travers le monde sont maintenant vérifiées périodiquement pour confirmer l’absence d’amiante. Donc, aujourd’hui, et depuis longtemps, les terreaux contenant de la vermiculite horticole ne sont pas contaminés à l’amiante, à moins qu’il vous reste des sacs de terreau qui datent d’avant 1990… et qu’ils contiennent de la vermiculite provenant de Libby, Montana, ce qui est fort peu probable.

Et la perlite?

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La perlite est une autre roche expansée utilisée en horticulture. Photo: Ragesoss, Wikimedia Commons

Les craintes au sujet de la contamination de la vermiculite à l’amiante ont poussé plusieurs personnes à se poser aussi des questions sur la perlite, une autre roche expansée utilisé pour alléger les terreaux. Mais la perlite, essentiellement une forme de verre volcanique, n’est pas formée de la même façon que la vermiculite et ne se trouve jamais en compagnie d’amiante. Donc, il n’y a jamais eu de risque qu’elle soit contaminée.

Évitez d’inhaler des poussières de toute sorte

20170326C.jpgQuand vous travaillez avec des produits poussiéreux, que ce soit de la vermiculite, la perlite, le terreau ou même la farine, il est toujours sage de protéger vos yeux et vos poumons de la poussière qu’ils peuvent dégager en portant des lunettes de sécurité et un masque filtrant. Cela est d’autant plus vrai si vous avez des problèmes pulmonaires.

Maisons contaminées

20170326D.jpgIl y a des millions de maisons isolées à la vermiculite contaminée à l’amiante en Amérique du Nord. Présentement, la consigne est de ne pas toucher à cette isolation, tout simplement. Pour citer le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST): «Tant que ce type d’isolant de vermiculite demeure bien en place derrière des murs intacts ou dans les greniers et n’est pas aéroporté, il ne devrait pas y avoir lieu de s’inquiéter».

Par contre, si vous devez manipuler de la vermiculite contaminée — lors de travaux de rénovation, par exemple — il faudrait engager un professionnel qualifié et accrédité dans la manipulation de l’amiante pour le faire.

Évidemment, cet aspect dépasse complètement mes connaissances: je connais l’horticulture, pas la construction. Si vous doutez que votre maison soit isolée avec de la vermiculite contaminée (encore, cela est seulement possible en Amérique du Nord), je vous suggère de contacter le CCHST si vous résidez au Canada ou l’instance gouvernementale qui gère la construction de votre pays pour en avoir le cœur net.20170326A

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Une simple chambre froide

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20170325AAvez-vous déjà pensé à construire votre propre chambre froide (caveau à légumes) où vous pourriez entreposer les fruits et légumes à l’automne et l’hiver, et les préserves tout au long de l’année? C’est un projet assez simple quand vous avez accès à un sous-sol, idéalement un sous-sol avec des murs en béton nu.

Fonctionnement

Dans la chambre froide traditionnelle, le refroidissement est effectué passivement; dans le modèle présenté ici, par des évents percés dans le mur. Un évent laisse entrer de l’air froid, l’autre fait sortir l’air chaud. Et le plancher et les murs en béton nu ont également un effet de refroidissement distinct. De plus, en étant poreux, ils augmentent également l’humidité de la pièce.

L’endroit idéal pour une chambre froide est un coin dans un sous-sol non aménagé. Pourquoi un coin? Parce que cela vous donnera deux murs extérieurs naturellement froids… et si l’un de ces murs fait face au nord, c’est encore mieux.

Dimensions

La chambre froide peut être de presque n’importe quelle dimension. Typiquement elle est longue de 2,4 à 3 m et large d’environ 1,8 m. Vous devez poser de deux murs selon la hauteur de votre sous-sol et, évidemment, y installer une porte d’accès. Comme l’air dans une chambre froide sera très humide, utilisez lorsque possible des matériaux de construction qui résistent à l’humidité, non seulement pour prévenir la pourriture, mais aussi pour contrôler toute odeur de moisi.

L’installation

Commençons par la ventilation.

Il suffit essentiellement d’installer deux évents à sécheuse d’au moins 40 cm l’un de l’autre.

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Illustration tirée de: DIY Projects for the Self-Sufficient Homeowner par Betsy Matheson. Utilisée avec la permission de Cold Springs Press.

Dans l’illustration ci-dessus, la fenêtre dans la chambre froide a été remplacée par un panneau de contreplaqué, ce qui rend l’installation des deux évents extra-facile, car vous pouvez simplement couper les trous dans le panneau avec une scie sauteuse. Dans la plupart des cas, cependant, il vous faudra plutôt louer une foreuse pour béton avec une mèche de 11,5 cm (4 ½ ») afin de (très lentement!) perforer deux trous ronds à travers le mur en béton du sous-sol.

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Évent à sécheuse.

Cela vous permettra d’installer des évents à sécheuse de 10 cm (4″), soit la dimension standard en Amérique du Nord. Recherchez des évents munis d’un grillage pour empêcher les insectes ou les animaux d’entrer.

Pour finir, calfeutrez bien les évents, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur.

Laissez l’évent d’évacuation (sortie d’air chaud) tel quel, mais faites courir un conduit (un tuyau galvanisé ou en PVC) de l’évent d’entrée d’air jusqu’au sol pour diriger l’air froid vers le bas. Cela vous donnera un système où l’air froid, plus lourd, coulera vers le plancher, alors que l’air chaud, plus léger, montera pour sortir par le conduit d’évacuation.

La structure

La prochaine étape majeure consiste à installer les 2 murs qui refermeront la pièce ainsi que la porte d’accès.

Installez le cadre des murs selon les dimensions choisies.

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Il faut bien isoler les murs intérieurs.

Isolez les murs avec des panneaux isolants rigides (plus résistants à l’humidité que l’isolation en fibre de verre), puis agrafer un para-vapeur en plastique mince à l’extérieur (il faut toujours installer un pare-vapeur s’installe du côté le plus chaud). Maintenant recouvrez l’extérieur de la chambre froide avec du placoplâtre ou des panneaux, selon votre goût. Il n’est pas nécessaire de recouvrir le mur intérieur de la chambre froide à moins que vous préfériez cacher la structure et l’isolant de vue.

Il faut maintenant isoler le plafond, comme dans l’illustration ci-dessus. Cette fois-ci, commencez par poser le para-vapeur, puis l’isolant.

Utilisez de préférence une porte extérieure avec isolation pour donner accès la chambre, la fixant solidement. Calfeutrez bien pour terminer.

Vous pouvez éclairer votre chambre froide au moyen d’un voyant lumineux DEL à fixation rapide ou en installer un éclairage plus permanant. Dans le dernier cas, installez les fils avant de finir les murs. Placez aussi un thermomètre/hygromètre à piles sur un mur intérieur afin de pouvoir vérifier les conditions dans votre chambre froide.

Il ne reste qu’à installer des tablettes à votre goût, vous rappelant que la circulation de l’air est vitale. Ainsi les tablettes ajourées ne sont pas une mauvaise idée.

Utilisation de votre chambre froide

Vegetables Carrots Food Garden Potatoes EatVotre chambre froide sera vraiment fonctionnelle pour l’entreposage des fruits et légumes de la mi-automne jusqu’au début du printemps. Si vous pouvez maintenir des températures d’environ 2 à 7˚C et une humidité élevée, d’environ 90 à 95% (il peut être nécessaire de vaporisez de l’eau sur le plancher de temps en temps), vous pourrez conserver des rutabagas, des navets et des choux d’hiver jusqu’à 6 mois, des pommes de terre encore plus longtemps, les carottes environ 4 mois, et un peu moins pour les betteraves et les panais.

La chambre froide peut aussi être utilisée pour blanchir les légumes au goût amer comme les endives et le cardon et ainsi les rendre plus appétissants.

Les pommes et les poires se conservent bien dans une chambre froide… mais les pommes dégagent tellement de gaz éthylène qu’elles provoquent parfois le dépérissement des légumes à proximité. Les placer près du conduit d’évacuation peut aider.

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On peut superposer des carottes sur une couche de sable.

Entreposez les fruits et la plupart des légumes en vrac, dans les bacs ou des paniers ajourés, par exemple, mais les carottes, les betteraves et les panais se conservent mieux quand vous les entreposez en couches superposées, chaque étage recouvert de sable ou de feuilles sèches. Quant aux choux, les envelopper individuellement d’une feuille de papier journal aide à les préserver le plus longtemps possible. Vous pouvez même «planter» des pieds de céleri dans un seau de sable humide et récolter leurs pétioles, désormais jaune très pâle, un par par.

Il est généralement trop humide dans une chambre froide pour la conservation à long terme des oignons et de l’ail. Ils commenceront alors à germer tôt, au milieu de l’hiver. Idéalement, il vous faudrait trouver un endroit non seulement froid (près du point de congélation), mais aussi sec ailleurs dans la maison, dans lequel cas ils peuvent se conserver jusqu’à 8 mois! Les courges d’hiver et les tomates de conservation trouvent aussi l’humidité d’une chambre froide trop intense, mais ont besoin d’une température moins froide, soit environ 10 à 12˚C. Généralement, elles se conserveront mieux à la température de la pièce qu’en chambre froide.

Enfin, n’entreposez que des fruits et des légumes propres, intacts et sans tache: ils sont moins sensibles à la pourriture. De plus, examinez votre légumes et fruits de temps en temps, enlevant tout ce qui commence à se gâter.

Au-delà des fruits et légumes

Pickles Cans Tomatoes Peasants Canned OlivesBien sûr, une chambre froide peut également être utilisée toute l’année pour d’autres fins, car elle restera fraîche, mais pas nécessairement froide, même pendant l’été. Ainsi vous pouvez y conserver des marinades, des confitures et d’autres petits pots, mais aussi du vin et de la bière. Vous pouvez aussi l’utiliser un peu comme un réfrigérateur pour l’entreposage à court terme des légumes d’été.

Bonne chance avec votre chambre froide!20170325B

Les semis: on pince ou pas?

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Pincer veut dire supprimer la pointe de croissance.

Dans le régime d’entretien des semis que mon défunt père m’a montré il y a quelque 50 ans, il était courant de «pincer» les semis quand ils avaient 4 à 6 vraies feuilles, surtout les semis d’annuelles et de fines herbes, rarement ceux des légumes.

Pincer veut dire supprimer le bourgeon terminal, soit la pointe de croissance de la plante. Cette opération se fait avec des ciseaux… ou en pinçant réellement la pointe de croissance entre le pouce et l’index.

Pincer la plante retardera un peu sa production ou floraison, mais favorisera une ramification plus dense et assurera de meilleurs résultats à long terme… pour certaines plantes. Mais de nos jours il est moins souvent nécessaire de pincer les semis.

En effet, la plupart des variétés modernes produites par semences ont été sélectionnées pour être naturellement bien ramifiées. Dans ce cas, le pinçage des semis n’est plus utile. Par contre, il peut encore être pratique de pincer certains végétaux, notamment les variétés plus anciennes.

Voici une liste de plantes qu’il peut être utile de pincer quand elles sont encore des semis… mais même chez ces plantes, lisez d’abord la description sur le sachet de semences. Si on y promet une ramification naturelle, le pinçage n’est pas nécessaire.

  1. Basilic
  2. Coléus
  3. Cosmos
  4. Dahlia
  5. Fuchsia
  6. Impatiens
  7. Muflier (gueule de loup)
  8. Œillet d’Inde
  9. Pétunia
  10. Pois de senteur
  11. Rose d’Inde
  12. Zinnia

10 faits curieux au sujet des légumes

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Pas trop heureux des légumes dans son assiette! Photo: http://www.clipartfest.com

«Mange tes légumes, disait ma mère. Ils sont bons pour la santé!» Mais chaque fois que j’avais l’occasion de le faire, je les refilais à mon chien, caché sous la table.

Ma mère avait raison, bien sûr. Les légumes sont bons pour notre santé. Ils sont plus riches en vitamines et en minéraux que presque toute autre nourriture. Mais il y a aussi beaucoup de faits fascinants au sujet des légumes que ma maman ne savait pas… et que la plupart des gens ne savent pas non plus. Voici quelques-uns:

1. Oignons qui ne font pas pleurer

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Oignon

Si couper les oignons provoque le larmoiement, c’est qu’ils dégagent molécules volatiles soufrées irritantes pour les yeux. L’oignon a développé cette stratégie pour décourager les animaux qui voudraient le grignoter. Toutefois, les différents irritants contiennent tous des molécules de soufre. Quand on cultive les oignons dans un sol sans soufre, ils perdent complètement leur effet désagréable, tout en gardant un goût d’oignon. Même les soi-disant «oignons doux», qui ont un goût moins fort et qui provoquent moins d’irritation que la plupart des oignons, doivent être cultivés dans un sol pauvre en soufre. Si vous cultivez ces mêmes oignons dans un sol de jardin normal, attendez-vous à larmoyer abondamment quand vous les tranchez!

2. Les mini-carottes ne sont pas des jeunes carottes

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Mini-carottes

Les mini-carottes qui sont si populaires, vendues partout en sac et trouvées dans tant de boîtes à collation des tout-petits, ne sont pas de petites carottes récoltées ainsi, mais des carottes longues et minces coupées en 3 ou 4 et refaçonnées par des machines industrielles.

Cette technique a d’abord été utilisée pour convertir les carottes ayant des défauts, comme des taches, des marques ou des racines fourchues. Elles n’avaient alors aucune valeur marchande comme carotte vendable. Maintenant toutefois, il y a toute une industrie basée sur la production de ces mini-carottes prêt-à-manger qui se vendent désormais beaucoup plus que les carottes classiques.

Curieusement, cette technique résulte en moins de pertes que la récolte traditionnelle où jusqu’aux deux tiers des carottes sont carrément rejetées. Les résidus des mini-carottes, qui ne comptent que pour 0,84% du poids total (d’après le World Carrot Museum), servent pour alimenter le bétail ou, plus rarement, dans l’industrie alimentaire (la fabrication de gâteaux aux carottes notamment).

Bien sûr, il existe aussi de véritables carottes de petite taille: des souches naturellement miniatures que vous pouvez cultiver chez vous… mais vous trouvez rarement ces carottes dans les supermarchés!

3. Les tomates sont légalement des légumes… du moins, aux USA

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Tomates

Botaniquement parlant, les tomates sont des fruits. D’ailleurs, elles sont techniquement des baies, car elles contiennent une chaire humide et plusieurs graines plutôt qu’un noyau. Cependant, aux États-Unis, ils sont légalement des légumes. Suite à une controverse sur le statut de la tomate, la Cour suprême des États-Unis a officiellement décidé que la tomate est un légume. Cela date du 10 mai 1893 et la décision est toujours en vigueur.

4. Mangez vos pelures!

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Mieux vaut manger la pelure. Photo: Alice Wiegand, Wikimedia Commons

Éplucher les légumes avant de les manger est un faux pas nutritionnel. Dans la plupart des légumes, comme les carottes, les pommes de terre et les concombres, un bon pourcentage de la nutrition est stocké dans la peau ou juste en dessous de la peau. Cela signifie que lorsque vous les épluchez, vous enlevez la plupart des nutriments qu’ils contiennent. De plus, la pelure des légumes contient généralement beaucoup de fibres et les fibres aussi sont bonnes pour notre système.

5. Si vous trouvez que les choux de Bruxelles ont mauvais goût, c’est écrit dans vos gènes 

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Choux de Bruxelles. Photo: Rainer Zenz, Wikimedia Commons

Des études menées dans différents pays à travers le monde suggèrent que le chou de Bruxelles est de loin le légume le plus détesté de la planète. Le président américain George H.W. Bush haïssait tellement les choux de Bruxelles qu’il les a bannis de la Maison Blanche. Des études récentes ont montré pourquoi. Votre amour ou votre aversion pour les choux de Bruxelles (et autres choux) est écrit dans votre ADN.

Il y a en fait un gène partagé par environ la moitié des gens (le taux exact varie d’une population à une autre) qui font qu’ils ne goûtent pas les glucosinolates, des produits très amers présent dans plusieurs légumes, mais surtout dans les choux de Bruxelles. Alors ces personnes apprécient le goût des choux de Bruxelles. Pour l’autre moitié de la population, ceux qui peuvent goûter les glucosinolates, les choux de Bruxelles ont un goût terriblement amer. Les chercheurs qui ont fait une étude sur l’ADN des gens qui peuvent goûter les glucosinolates ont constaté que pour ces personnes, les choux de Bruxelles ont un goût aussi attrayant qu’«une chaussure en caoutchouc».

6. Les carottes n’aident pas à améliorer la vision nocturne

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Pancarte britannique de la Seconde Guerre mondiale encourageant les gens de manger des carottes pour améliorer leur vision nocturne.

À moins que votre alimentation manque sérieusement en vitamine A, les carottes ne vous aideront nullement à mieux voir la nuit. La croyance que les consommer améliore la vision nocturne provient en fait d’une campagne de propagande de la Seconde Guerre mondiale.

À l’époque, la Grande-Bretagne développait de nouvelles technologies de radar pour aider ses avions à mieux trouver des cibles dans l’obscurité, mais ne voulait pas que les nazis le sachent. Alors ils ont commencé à faire paraître de textes dans les journaux britanniques prétendant que les pilotes de la Royal Air Force étaient nourris de carottes pour améliorer leur vision nocturne, créant ainsi une explication plausible pour le succès accru de leurs frappes aériennes nocturnes.

Cette pièce de propagande a si bien si réussi que l’information s’est propagée dans le monde entier. Même encore aujourd’hui, 70 ans plus tard, beaucoup de gens croient dur comme fer que manger des carottes aide à mieux voir la nuit.

7. Le petit inconvénient des haricots

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Haricots noirs. Photo: cookbookman17, Flickr

Est-ce vrai que manger les haricots provoque la flatulence? Les scientifiques se sont penchés sur ce sujet et c’est effectivement le cas. Il paraît que nous n’avons pas les enzymes nécessaires pour digérer deux sucres trouvés dans les haricots, la raffinose et la stachyose, dans notre estomac ou notre intestin grêle. Ce sont plutôt des bactéries anaérobiques trouvées dans notre gros intestin les décomposent, résultant en la production d’hydrogène, d’azote, de dioxyde de carbone… mais surtout de méthane, un gaz malodorant, avec des résultats souvent assez explosifs.

On peut prévenir cet effet indésirable en consommant l’enzyme alpha-galactosidase (vendue sous le nom de Beano) avant de manger des haricots, ce qui nous permettra de digérer ces sucres sans conséquences malheureuses. Tremper les haricots pendant plusieurs heures avant la cuisson aidera aussi, car cela permet aux levures de commencer à digérer les sucres à notre place.

8. Popeye s’est fait avoir

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Popeye avalant des épinards. Illustration: jean pierre gallot, Flickr

Quand j’étais enfant, les dessins animés de Popeye étaient omniprésents. Chaque fois qu’il avait des ennuis et qu’il devait se défendre, il ingérait une boîte d’épinards et ainsi il devenait soudainement l’homme le plus fort du monde. Le message pas trop subtil était qu’il fallait manger ses épinards si on voulait devenir fort. C’était insuffisant pour m’encourager à manger des épinards à moins d’y être forcé, mais en fait, l’épinard est passé d’un légume assez obscur à l’un des légumes les plus consommés suite à cette croyance que les épinards donnaient la force.

Malheureusement, il n’en est rien. Tout cela était basé sur la croyance que les épinards étaient incroyablement riches en fer, un minéral dont le corps à besoin pour transporter l’oxygène aux cellules des muscles. Et il en contient… mais pas autant qu’on pensait.

En effet, en 1870, le chimiste allemand Erich von Wolf a rapporté qu’une portion de 100 g d’épinards contenait 35 mg de fer, 10 fois plus que tout autre légume. Le problème est que von Wolf avait mal placé une virgule décimale dans ses tableaux. 100 g d’épinards contiennent non pas 35 mg de fer, mais seulement 3,5 mg.

L’épinard est bon pour la santé, mais pas autant que beaucoup de gens aujourd’hui continuent à croire.

9. Beaucoup de légumes contiennent des toxines

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Les légumes peuvent être (un tout petit peu) toxiques.

Ce n’est pas quelque chose que nous aimons nous rappeler, mais de nombreux légumes (chou kale, carottes, bette à carde, etc.) contiennent des produits (alcaloïdes, lectines, goitrogènes, acide oxalique et autres) qui sont toxiques pour les humains. Heureusement, ils sont présents en si petites quantités qu’ils ne causent aucun préjudice. Le poison est dans la dose, comme on dit.

Par contre, les personnes sujettes aux calculs rénaux ou à la goutte devraient éviter de manger trop d’épinards ou d’asperges (ils contiennent d’importantes quantités d’acide oxalique, une toxine qui peut exacerber les deux conditions). De plus, il faut retirer toutes les parties vertes des pommes de terre avant de les cuisiner, car ils contiennent de la solanine et d’autres alcaloïdes toxiques. Et ne mangez jamais le feuillage ou les tiges de toute solanacée (tomate, pomme de terre, poivre, aubergine, etc.), car ils contiennent suffisamment de solanine pour vous envoyer à l’hôpital.

10. Les légumes à calories négatives n’existent pas

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Céléri. Photo: Dinkum, Wikimedia Commons

Ceux parmi nous qui ont besoin de perdre un peu de poids (ou beaucoup de poids) ont peut-être été encouragés par les allégations selon lesquelles certains légumes (le céleri, le chou kale et la laitue sont souvent cités) sont à calories négatives, c’est-à-dire qu’ils contiennent tellement peu de calories que les digérer utilise plus de calories qu’ils ne libèrent. Ainsi, quand on les mange, le corps doit chercher de l’énergie ailleurs (dans le gras corporel, on espère) pour les digérer. Ainsi vous perdriez du poids simplement en les mangeant!

Si seulement c’était vrai! Et si seulement tellement de sites Web ne faisaient pas encore la promotion de ce concept erroné. Mais malheureusement, ce n’est pas vrai. Même le céleri, généralement présenté comme le légume à calories négatives par excellence et qui est principalement composé d’eau et de fibres, contient encore environ 6 à 8 calories par tige, mais sa digestion ne nécessite qu’environ 0,5 calorie. Il est donc à calories positives.

En général, manger beaucoup de légumes peut aider à vous faire perdre du poids, surtout les légumes faibles en calories, mais pas parce qu’ils sont à calories négatives. C’est plutôt que si vous vous gavez de céleri, de chou kale ou de laitue, des légumes très bourratifs qui contiennent moins que calories de que la plupart des aliments, vous aurez moins de place dans votre estomac pour les aliments riches en calories qui font davantage engraisser.

Et un peu d’exercice ne peut pas faire du tort non plus!

Les légumes: toujours pleins de surprises!20170323K www.clipartfest.com

Bien réussir les plantes succulentes

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Exposition de cactus et d’autres succulentes. Photo: Stephen Boisvert

Les plantes succulentes sont des plantes charnues généralement adaptées pour survivre dans les milieux arides. Leur caractéristique principale est leur capacité d’emmagasiner de l’eau dans leurs feuilles, leurs tiges ou leurs racines sous forme de sève (suc). D’ailleurs, le terme «succulent» veut dire «plein de suc».

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Les feuilles ou les tiges des succulentes sont pleines de suc. Ici, un aloès. Photo: Raul654, Wikimedia Commons

On appelle aussi ces végétaux «plantes grasses» à cause de leurs tiges ou feuilles épaisses qui leur donne une allure obèse, mais les botanistes préfèrent le terme «succulentes», car en fait, elles ne contiennent pas de graisse.

Cactus ou succulente?

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Les cactus (ici un Rebutia) sont tous des succulentes. On les reconnaît par leurs épines, leur tige dodue, l’absence de feuilles (à quelques exceptions près) et surtout, par leur aréole, la petite pointe de croissance poilue d’où partent les épines et les fleurs.

On dit couramment «cactus et succulentes», mais en fait, cette utilisation est redondante. Les cactus sont des succulentes, apparentant tous à l’une des rares familles végétales dont tous les membres sont des succulentes, les Cactacées. Donc, tous les cactus sont des succulentes… mais toutes les succulentes ne sont pas des cactus!

Une réaction évolutive à la sécheresse

La succulence a évolué indépendamment maintes fois dans la nature. D’ailleurs, on trouve des succulentes dans plus de 65 familles de plantes, allant des Bégoniacées aux orchidées!

En réaction à un climat qui devient de plus en plus sec, les plantes les plus capables de tolérer la sècheresse survivent et se multiplient alors que les plantes moins tolérantes sont graduellement éliminées. Quand ce processus se répète pendant des générations, éventuellement une plante mieux adaptée à la sécheresse évolue.

Évidemment, il y a plus d’une façon pour survivre à la sécheresse. Certaines plantes apprennent en entrer en dormance quand l’eau est rare, d’autres réduisent la taille de leurs feuilles (une bonne partie de l’eau que les plantes absorbent est perdue par évapotranspiration à partir des feuilles), encore d’autres adoptent une mode de vie annuelle et croissent et fleurissent après une pluie pour mourir seulement quelques semaines plus tard, etc. Stocker des réserves d’eau dans ses tiges ou ses feuilles est toutefois la façon la plus visible pour faire face à un climat aride.

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Euphorbia obesa est un exemple d’une succulente qui a abandonné ses feuilles et qui fait sa photosynthèse à partir de sa tige gonflée. Photo: Petar43, Wikimedia Commons

Plusieurs plantes succulentes, et notamment les cactées, ont abandonné leurs feuilles en cours de route. Ces plantes ont appris à faire la photosynthèse uniquement par leur tige verte. Ainsi les feuilles, qui peuvent perdre plus d’eau qu’une tige à cause du plus grand nombre de stomates qu’elles portent, ont été mises à l’écart. Dans le cas des cactus, les feuilles sont devenues des épines.

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Le feuillage succulent de l’Echeveria ‘Perle Von Nürnberg’ est tellement couvert de pruine qu’il paraît plus bleu que vert! Photo: Leonora Enking, Flickr

D’autres plantes, et notamment les nombreuses Crassulacées (crassulas, kalanchoés, sédums, etc.), ont conservé leurs feuilles, mais le nombre de stomates est réduit ou encore, les feuilles sont couvertes de cire blanche (pruine) ou de poils denses pour réduire la perte d’eau en reflétant les rayons intenses du soleil plombant.

L’évolution des succulentes a aussi mené à un type de photosynthèse assez surprenant, soit ce qu’on appelle un métabolisme acide crassuléen ou CAM.

La plupart des végétaux ouvrent grands leurs stomates le jour pour absorber le dioxyde de carbone (CO2) et font alors leur photosynthèse le jour à partir du gaz en circulation libre. Pour ne pas perdre trop d’eau à l’évapotranspiration, ils ferment leurs stomates la nuit, quand il n’y a pas de photosynthèse en cours.

Les plantes CAM, par contre, retardent leur respiration, n’ouvrant leurs stomates que la nuit quand la température est plus fraîche, ce qui réduit l’évapotranspiration. Pendant leur respiration nocturne, elles convertissent le C02 en acide malique et l’emmagasinent en attendant le retour du soleil. Puis elles la libèrent de nouveau le jour pour faire la photosynthèse en présence du soleil, alors que leurs stomates sont solidement fermés. C’est comme si la plante retenant son souffle pendant toute la journée!

Encore, le CAM a évolué indépendamment dans différentes familles de plantes.

Entretien des succulentes

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Opuntia polyacantha à l’état sauvage dans la très froide province de l’Alberta (zone 3), une belle preuve que certains cactus tolèrent bien les hivers froids.

Il existe des succulentes adaptées aux climats froids, notamment parmi les sédums (Sedum spp.) et les joubarbes (Sempervivum spp.). Il y a même des cactus rustiques (certaines Opuntia notamment)! Mais la majorité des succulentes sont des plantes tropicales ou subtropicales qu’on cultive, dans les régions froides, comme plantes d’intérieur.

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Il n’est pas du tout logique de cultiver des succulentes, qui préfèrent un milieu aride, dans un terrarium, où l’air est très humide… ce qui n’empêche pas aux stylistes d’en préparer pour la vente.

Les succulentes sont présentement très populaires auprès du grand public et on les voit utilisé à toutes les sauces, même dans des milieux où ils ne peuvent pas survivre, comme dans les intérieurs ombragés et les terrariums. Elles ont l’avantage, pour les stylistes (je fais une distinction entre les stylistes, qui sont des «placeurs de plantes» sans aucune connaissance des besoins des succulentes et les vrais horticulteurs qui, eux, savent comment les cultiver), de croître lentement et donc de mourir lentement. Même quand on les maltraite, elles peuvent souvent survivre pendant des mois.

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Succulentes couvertes de peinture: un crime contra la nature!

Certains énergumènes vont jusqu’à vaporiser de la peinture sur les succulentes avant de les vendre pour les rendre plus accrocheurs. Certains vendeurs prétendent même que cela ne nuit pas à leur santé. C’est évidemment faux. La peinture réduit la capacité des succulentes de faire de la photosynthèse et la photosynthèse est à la base-même de la survie de toute plante. Les vendeurs de plantes peintes comptent sur la capacité des succulentes de survivre longtemps malgré les mauvais traitements qu’on leur inflige, voilà tout. Un tel traitement relève davantage de l’horreurculture que de l’horticulture!

(Éventuellement, les succulentes peintes produiront des feuilles normales dans un effort de survivre au mauvais traitement, mais plusieurs meurent du traumatisme avant de récupérer complètement.)

En tant que jardinier, je tiens à traiter les plantes que je cultive avec respect et j’espère que c’est aussi votre intention. Voici alors quelques conseils :

Éclairage

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Tristes succulentes: la store coupe leur lumière et elles sont plantées dans des pots sans trous de drainage. Il est peu probable qu’elles survivent longtemps.

Pour la vaste majorité des succulentes, le plein soleil, donc une fenêtre exposée au sud, est idéal. Par contre, elles s’accommoderont quand même assez bien d’un éclairage moyen (près d’une fenêtre à l’est ou à l’ouest, par exemple), tant qu’elles reçoivent quelques heures de soleil direct chaque jour. La plupart souffrent, par contre, quand on les éloigne de plus d’un mètre de la fenêtre. L’hiver, surtout, quand la lumière est si faible, l’idéal est de les placer tout près d’une fenêtre orientée au sud.

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Cactus sérieusement étiolé par un manque chronique de lumière

Une succulente qui manque de lumière ne montre pas toujours clairement sa détresse, mais si sa tige s’allonge excessivement, si ses branches deviennent retombantes plutôt que dressées et si ses feuilles sont plus petites qu’elles ne l’étaient à l’achat, la plante essaie de vous dire que ça ne va pas. Certaines succulentes arrêtent tout simplement de pousser quand la lumière est insuffisante. Si la vôtre ne croît pas du tout, surtout l’été, ce n’est pas bon signe!

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Les feuilles de ce crassula ou plante jade (Crassula ovata) sont ourlées de rouge pendant l’été, un signe qu’il reçoit assez de lumière.

Un signe que la plante reçoit un éclairage adéquat est quand le feuillage devient ourlé de rouge pendant les mois d’été. Cela démontre qu’elles reçoivent vraiment l’éclairage qu’elles préfèrent. On voit notamment ce phénomène chez les crassulas et les echeverias.

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Haworthia fasciata tolère relativement bien une certaine ombre.

Il existe toutefois quelques succulentes qui tolèrent l’ombre (mais il doit quand même y avoir un peu de soleil quotidien!), notamment certains haworthias (Haworthia spp.), surtout les variétés à feuilles vert foncé, gasterias (Gasteria spp.) et sansevières (Sansevieria spp.). Si vous devez placez une succulente loin du soleil direct ou devant une fenêtre faisant face au nord, ce sont de bons choix. Notez que même ces succulentes préfèrent un bon éclairage (la sansevière, notamment, ne fleurira que lorsqu’elle est placée au soleil), mais elles «tolèrent» bien moins que l’idéale.

Arrosage

La vaste majorité des succulentes ont une croissance nettement saisonnière. Elles croissent au printemps et à l’été et entrent en dormance (ou presque) à la fin de l’automne et à l’hiver. Donc, il faut arroser davantage entre mars et octobre et moins l’hiver.

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Arrosez bien les succulentes, puis laissez le terreau s’assécher complètement.

Si vos succulentes poussent dans un pot avec des trous de drainage, l’arrosage est facile. Pendant l’été, arrosez-les comme n’importe quelque plante d’intérieur, humidifiant complètement la motte de racines à chaque fois, mais jetant tout surplus d’eau qui s’accumule dans la soucoupe. Touchez au terreau pour être certain qu’il est sec avant d’arroser nouveau, mais normalement, un arrosage par semaine conviendrait.

Pendant l’hiver, vaut mieux laisser le terreau s’assécher avantage. Il est plus difficile de juger leur besoin en arrosage à cette période, mais souvent un arrosage aux deux semaines suffit. Et si vous gardez la température très fraîche l’hiver (5 à 10˚C), peut-être même qu’aux 2 mois!

Si la succulente pousse dans un pot sans trou de drainage, en terrarium ou dans un montage décoratif quelconque, l’arrosage est beaucoup plus compliqué. Juste un peu trop d’eau et la pourriture s’installe. Donc, habituellement il faut plutôt compter sur la capacité des succulentes de tolérer les mauvais traitements et les arroser moins que ce qu’elles n’auraient préféré. Elles peuvent vivre pendant des mois, même pendant des années, dans un état de stress hydrique sans que cela ne paraisse trop. Essayez de leur donner quelques cuillerées d’eau à la fois, mais seulement quand leur terreau est bien sec.

Température

La plupart du temps, la température de nos demeures est adéquate pour la culture des succulentes: elles tolèrent à la fois la chaleur de l’été et la fraîcheur relative de l’hiver. Les cactus désertiques et les agaves, pour la plupart, préfèrent toutefois une température carrément froide l’hiver (combinée avec des arrosages très espacés): 5 à 10˚C. Dans le cas des cactus désertiques, cela aide à stimuler la floraison qui suivra au printemps ou à l’été.

Humidité

On n’a pas rarement de prendre en considération l’humidité ambiante quand on culture des succulentes. Elles s’accommodent autant de l’air sec que de l’air moyennement humide (l’humidité dans nos maisons dépasse rarement 50%). Attention toutefois: quand l’air est très humide, plus de 60%, comme dans un terrarium, les besoins en arrosage deviennent minimaux et les risques de pourriture augmentent sérieusement.

Terreau

Ces plantes à croissance lente peuvent passer dans années dans le même pot. Quand on les rempote, on peut utiliser un terreau à cactus ou même un terreau ordinaire.

Beaucoup de gens aiment bien couvrir leur terreau avec une couche de pierres décoratives. Ça fait chic, mais attention: il faut tasser les pierres et toucher au véritable terreau pour juger si la plante a besoin d’arrosage.

Engrais

Donnez-en parcimonieusement, à pas plus que 1/8e de la dose recommandée, et seulement de mars à octobre. N’importe quel engrais conviendra. D’ailleurs, si jamais vous n’appliquez d’engrais, elles vont quand même très bien pousser!

Multiplication

Chaque succulente offre des possibilités de multiplication différentes: boutures de tiges, boutures de feuille, division, semis, greffage, etc. Consultez une fiche sur la plante en question avant de procéder.

Insectes et maladies

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Cochenilles farineuses sur un Opuntia. Photo: Ann Verga, Flickr

Les trois insectes nuisibles les plus répandus chez les succulentes sont les cochenilles, les cochenilles de la racine et les cochenilles. Tous arrivent sur les plantes infestées, donc isoler les nouvelles plantes pendant 40 jours et les inspecter attentivement avant de les présenter à votre collection. Ils peuvent être difficiles à éliminer et il peut être nécessaire d’éliminer la plante infestée.

La pourriture des racines et la pourriture de la tige, causées par toute une gamme d’espèces de champignons, sont les maladies les plus courantes. Pour les prévenir, évitez de maintenir le terreau trop humide et assurez une bonne aération. Une fois que la pourriture est présente, la seule chose à faire est d’essayer de prendre des boutures à partir d’une section de plante non infectée.

Un été en plein air

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Les succulentes préfèrent passer l’été en plein air… tant que leur pot contient des trous de drainage, du moins.

La plupart des succulentes apprécient beaucoup un été en plein air, mais ne sortez pas les succulentes cultivées dans un pot sans trou de drainage: comme il n’y a aucune possibilité d’évacuer les surplus d’eau, la moindre pluie pourrait leur être fatale.

Il faut quand même acclimater graduellement les succulentes au soleil à leur sortie, en les plaçant quelques jours à l’ombre et ensuite quelques jours à la mi-ombre avant de les exposer à sa pleine intensité du soleil direct.

Et voilà! Un rapide survol des succulentes: à vous maintenant de les découvrir!20170322AStephen Boisvert

Réveillons les bégonias tubéreux!

Par défaut
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Bégonia tubéreux ‘Non Stop Moccha’ en mélange. Photo: Park Seed

Si vous avez remisé des tubercules (bulbes) de bégonia à l’intérieur à l’automne, il est temps de penser les réveiller. En effet, on les démarre habituellement à l’intérieur à la fin de mars ou au mois d’avril afin qu’ils soient prêts à fleurir quand viendra le moment de les placer à l’extérieur pour l’été.

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Il y a des étalages de tubercules de bégonia dans toutes les bonnes jardineries.

C’est aussi la saison pour acheter des tubercules de bégonia. Vous en trouverez présentement en jardinerie, bien sûr, mais aussi sur l’Internet, chez Botanus, Breck’s et plusieurs autres fournisseurs.

Bien les partir

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Bégonia tubéreux ‘Chanson Orange & Yellow Bicolor’

Les bégonias tubéreux (Begonia x tuberosa, B. boliviensis, etc.) viennent de climats à température modérée et ne tolèrent pas trop des écarts de température. Au moment du démarrage, surtout, il doit régner une douce chaleur, soit environ 21 à 24˚C. Donc, c’est seulement sous les climats très doux qu’on peut penser les planter à l’extérieur sans préparation spéciale. Ailleurs, les températures fraîches du printemps ralentiraient trop la croissance des plants et alors un démarrage dans la maison est nécessaire.

On part normalement les bégonias tubéreux environ 6 à 8 semaines avant la date où l’on prévoit les planter à l’extérieur, soit quand il n’y a plus de risque de gel. En Europe, il est souvent possible de les planter à l’extérieur dès le mois d’avril, mais au Québec, ils doivent rester à l’intérieur jusqu’à la toute fin de mai ou au début de juin (région de Montréal) et souvent jusqu’à la mi-juin ailleurs.

Si vous avez remisé votre bégonia dans son pot de culture en le rentrant à l’automne, il suffira d’enlever la potée de son lieu de repos hivernal au frais et au sec et de la placer dans un endroit chaud et moyennement éclairé. Reste à commencer à arroser doucement.

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On place le tubercule avec le côté concave vers le haut.

Si vous avez remisé le tubercule à nu ou si vous venez de l’acheter, remplissez un pot de 15 cm de terreau humide jusqu’à environ la mi-hauteur et placez le tubercule au centre, sur le terreau. Prenez soin de diriger le côté concave (la surface en creux) vers le haut. Vous pouvez peut-être vous fier aux nouvelles pousses roses qui apparaissent à cette même période: elles partent du côté qui doit être vers le haut.

Maintenant ajoutez du terreau en recouvrant à peine le tubercule. Placez le pot dans un emplacement bien éclairé et arrosez légèrement, en prenant soin de ne pas laisser d’eau dans le «creux» du tubercule à ce stade.

Lorsque le plant commence à produire des feuilles vertes, augmentez graduellement les arrosages, juste assez pour garder le sol humide. Si possible, aussi, baissez la température considérablement à ce stade, à environ 10 à 15˚C. Cela donnera des plantes plus compactes et denses.

Commencez aussi à donner un quart de tour au pot à chaque arrosage, toujours dans la même sens, pour que les plantes restent plus droites.

Le bouturage: une étape optionnelle

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Les bégonias tubéreux sont faciles à bouturer.

Quand les tiges de votre bégonia mesurent environ 15 cm de hauteur, vous pouvez prendre des boutures de tige si vous voulez. En effet, le tubercule produit habituellement plusieurs tiges alors que seulement une tige est vraiment nécessaire pour assurer une belle floraison. Bouturer quelques tiges supplémentaires vous donnera des plantes qui fleuriront très bien le premier été. À l’automne, un tubercule se sera formé sous chaque plante, tubercule que vous pouvez alors conserver pour l’année suivante.

Pour bouturer un bégonia tubéreux, cassez ou coupez une tige à sa base, là où elle joint le tubercule, et insérez-la dans un petit pot de terreau légèrement humide. Aucune hormone d’enracinement ne sera nécessaire. Couvrez le pot d’un dôme de plastique transparent pour maintenir une bonne humidité et placez-le à la chaleur dans un endroit bien éclairé mais protégé du soleil direct.

Après 2 à 4 semaines, quand la bouture aura repris sa croissance, signe qu’elle est bien enracinée, enlevez le dôme de plastique et rempotez la jeune plante dans un pot de 15 cm.

Au même stade où on pratique le bouturage, c’est-à-dire quand les nouvelles pousses auront environ 15 cm de hauteur, c’est aussi le bon moment pour rajouter du terreau au  pot, le comblant jusqu’à 1 cm du bord. La partie de la tige qui se trouvera couverte de terreau produira alors des racines, ce qui donnera une plante plus solide, moins susceptible de casser au vent.

L’acclimatation

Quand les températures extérieures se réchauffent et que les nuits commencent à dépasser 10˚C, vous pouvez commencer à acclimater votre bégonia aux conditions de plein air. Sortez-le par une journée assez chaude, le plaçant à l’ombre au début, puis rentrez la plante le soir. Répétez quotidiennement, augmentant graduellement l’intensité lumineuse. La plupart des bégonias tubéreux ne tolèrent pas plus que la mi-ombre, mais les bégonias multiflores (de type Non Stop) peuvent pousser au plein soleil.

Repiquage et entretien

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Certains bégonias paraissent mieux en panier suspendu, comme le bégonia de Bolivie (Begonia boliviensis). Ici le cultivar ‘Santa Cruz Sunset’.

Quand il n’y a plus de risque de gel, vous pouvez planter votre bégonia tubéreux en pleine terre ou encore le garder en pot à l’extérieur. Replantez les variétés retombantes dans des paniers suspendus ou des balconnières.

Pendant l’été, arrosez et fertilisez-les comme n’importe quelle annuelle. Et à l’automne, bien sûr, n’oubliez pas de rentrer les tubercules après le premier gel.

Autres plantes à démarrer dans la maison

Il n’y a pas que les bégonias tubéreux à réveiller au printemps. Le même genre de régime (plantation à l’intérieur tôt au printemps pour donner une avance à la saison) s’applique aussi aux autres bulbes gélifs que vous avez gardé en repos dans le sous-sol pendant l’hiver: cannas, callas, caladiums, dahlias, glaïeuls, alocasias, etc. et aussi tout pélargonium (géranium) que vous aurez mis en dormance. Voici un article à ce sujet: Temps de réveiller les bulbes qui dorment.

Bon printemps!20170321ABegonia_NonstopMoccaMix-Parkseed_Cropped.jpg

Réflexion sur le printemps

Par défaut

20170320E.jpegOui, dans l’hémisphère nord, le printemps arrive officiellement aujourd’hui, le 20 mars. En effet, c’est l’équinoxe du printemps, l’une des deux journées chaque année (l’autre étant l’équinoxe d’automne) où il y a exactement 12 heures d’ensoleillement et 12 heures de noirceur. D’ailleurs, dans la plupart des pays de notre hémisphère, l’équinoxe du printemps n’est pas seulement le début du printemps calendaire, mais correspond aussi assez bien au printemps phénologique, moment où les plantes réagissent au retour des jours plus longs et commencent à pousser et à fleurir.

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La veille de l’équinoxe du printemps chez moi.

Mais ce n’est pas le cas au Québec, encore moins à Québec, où la neige est habituellement très abondante. La photo ci-dessus montre la vue de ma fenêtre arrière cette semaine. Environ 1,5 m de neige recouvre mon terrain, facilement deux fois plus par endroits. Ma maison n’est même pas visible de la rue tellement que la couche de neige est épaisse. Toutes mes graminées ornementales sont entièrement enselevies cette année et aussi la plupart des arbustes. Même le saule à chatons (Salix discolor), qui fleurit même quand sa base est encore couverte de neige, est complètement caché cette année. Non, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup signes floraux du printemps à l’extérieur.

C’est le printemps à l’intérieur

Suis-je découragé? Pas du tout! En dépit de l’accumulation de neige un peu exceptionnelle cette année (bien que j’aie déjà vu pire!), il reste plusieurs signes très clairs que le printemps arrive… notamment à l’intérieur.

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Jarcinthes (Hyacinthus orientalis) en fleurs. Photo: 4028mdk09, Wikimedia Commons

Mes plantes d’intérieur pensent vraiment que c’est le printemps. Elles sortent de leur morosité hivernale et produisent de nouvelles feuilles et de nouvelles fleurs. J’ai sorti quelques potées de jacinthes de la chambre froide et elles sont en pleine floraison, dégageant leur parfum intense. Il y a des semis en croissance et des boutures qui s’enracinent. Même les bulbes dormants de canna et de bégonia tubéreux commencent à germer: leur horloge interne leur dit qu’il est temps de se réveiller même s’ils sont dans l’obscurité totale pendant des mois.

Les oiseaux annonciateurs du printemps

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Cardinal mâle

Les oiseaux aussi commencent à se préparer au printemps qui s’en vient. D’accord, cette année, le merle d’Amérique (Turdus migratorius), souvent le héraut du printemps au Canada, est encore absent dans mon quartier, sans doute découragé par la neige abondante, mais le cardinal (Cardinalis cardinalis) n’est pas dupe. Le mâle chante à tue-tête depuis quelques jours déjà, réclamant son territoire. «Ouite, ouite, ouite, tiou, tiou, tiou», qu’il siffle. Et avec ses plumes rouge vif, il se démarque vraiment contre la neige.

Sous la neige

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Sous la neige, les bulbes sont en train de pousser, se préparant en vue d’une floraison dès la fonte des neiges.

Ce que je ne peux pas voir présentement, c’est ce qui se passe sous la neige, mais je sais que les choses s’activent. Les bulbes de perce-neige, d’éranthe et de crocus, entre autres, sont déjà en train de pousser. Quand la neige fondra enfin, ils seront déjà sortis de terre et prêts à fleurir. Souvent ils commencent à fleurir la journée-même que la neige fond enfin.

La sève coule dans les érables à sucre (Acer saccharum) depuis déjà plusieurs semaines, mais ce ne sera pas une année record pour sa récolte. Il fait trop froid cette année. La sève monte le plus abondamment quand les jours sont au-dessus du point de congélation et les nuits en dessous… et cette année, il a fait trop chaud en février et trop froid en mars.

Quand la neige fondra-elle?

20170320F.jpgQuand la neige fondra-elle où je vis? Cette année, probablement en avril, mais plus il y a de neige, plus lentement qu’elle fond et quand la neige est très abondante comme cette année, il est fort probable qu’il y ait encore la neige au sol en mai, du moins dans les coins ombragés.

Curieusement, ce retard dans la floraison se rattrape. À la fin de juin, les mêmes plantes qui fleurissent à Paris et à Vancouver seront en fleurs à Québec aussi.


J’aime l’hiver. J’aime le printemps. Et j’aime l’été et l’automne. Toutes les saisons ont leur charme. Et en tant que jardinier paresseux, j’essaie de laisser dame Nature me guider. Je ne suis pas une de ces personnes anxieuses qui lancent la neige dans la rue pour la faire fondre (en toute illégalité, en passant, et en manque total de considération pour les passants!).

Cette année, dame Nature me dit: «reposez-vous, le printemps viendra plus tard!» Et je suis confiant que c’est exactement ce qui arrivera!20170320E.jpeg