Pour une plantation massive au pied d’un arbre

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Faire des plantations massives sous un arbre n’est pas facile, sauf si… Photo: ParentingPatch, Wikimedia Commons

Il est relativement facile de planter quelques plantes çà et là à l’ombre d’un arbre, mais une toute autre de vouloir d’y implanter un massif de végétaux, comme un tapis de plantes couvre-sol. Creuser 250 trous pour recevoir 250 plants, et ce, dans une masse de racines qui ne veut pas céder, est une tâche monstre qui dépasse de loin les limites du jardinier paresseux. Heureusement, il y a une façon pour s’en sortir rapidement et sans sueur !

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Tapissez le sol de papier journal ou du carton, couvrez de bonne terre… et plantez, tout simplement! Illustration tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux.

Il suffit d’appliquer la technique du papier journal pour vous en sortir plus facilement. Tapissez tout le secteur de 7 à 10 feuilles de papier journal (ou de carton) et recouvrez-le de 20 cm de terre. Il ne reste plus qu’à planter dans la terre fraîchement déposée.

La plantation sera facile dans un sol aussi meuble et le papier journal ou carton empêchera les racines de l’arbre de revenir trop rapidement, donnant à vos plantes le temps qu’il leur faut pour s’installer. De plus, 20 cm de terre ne sont pas assez pour endommager les racines des arbres surplombants. Ainsi, à la fois les végétaux récemment plantés et les arbres seront heureux !20170925B ParentingPatch, WC

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Comment conserver une bougainvillée pendant l’hiver

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Bougainvillée à l’extérieur pendant l’été. Photo : jardinierparesseux.com

Question : J’ai une magnifique bougainvillée qui a bien fleuri tout l’été. On m’a dit que je pouvais la garder à l’intérieur l’hiver, mais comment faire ?

Maude Archibald

Réponse : La bougainvillée ou bougainvillier (Bougainvillea spp.) est un arbuste grimpant piquant subtropical qui peut fleurir pendant plusieurs mois, même toute l’année sous de très bonnes conditions. Il en existe plus de 300 cultivars portant différentes couleurs de bractée, la plupart étant des hybrides complexes entre différentes espèces. On voit des spécimens couvrir des murs entiers sous les climats méditerranéens et tropicaux. Celles de taille plus modeste qu’on voit en pot et en panier dans les régions plus froides pendant l’été sont taillées pour rester plus compactes.

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Louis-Antoine de Bougainville

La bougainvillée fut nommée en l’honneur du comte Louis-Antoine de Bougainville, aristocrate, navigateur et explorateur français au 18e siècle.

Ce que la bougainvillée aime est le plein soleil tropical, des arrosages modérés (elle tolère mieux un peu de sécheresse qu’un arrosage trop abondant) et une fertilisation régulière pendant sa période de croissance. Dans les régions au climat doux (zones 9 à 11), elle peut pousser en plein air à l’année et fleurir sans arrêt. Ailleurs, il faut la rentrer à l’abri pour l’hiver dès qu’il y a risque de gel (d’accord, la plante peut tolérer de courtes périodes de gel, mais elles ne lui font aucun bien !).

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Les vraies fleurs de la bougainvillée sont entourées de bractées colorées. Photo : Max Pixel

Les véritables fleurs de la bougainvillée sont les petites trompettes blanches ou crème assez éphémères entourées de trois (plus chez les formes doubles) bractées papyracées. Ce sont ces bractées rouges, pourpres, jaunes, orange ou blanches, qui persistent pendant des mois, qui donnent à la plante son apparence si festive.

Entretien hivernal

Il y a deux façons de conserver une bougainvillée à l’intérieur pendant l’hiver : en croissance ou en dormance.

  1. La garder en croissance

Placez la plante dans l’emplacement le plus ensoleillé possible, de préférence devant une grande fenêtre orientée sud ou, mieux encore, dans une serre ou une véranda modestement chauffée. Même sous ces conditions, la plante perdra sans doute une bonne partie de ses feuilles, car l’éclairage hivernal des régions tempérées est rarement suffisant à son goût. Une bonne humidité atmosphérique aidera peut-être la plante à conserver quelques feuilles de plus.

Idéalement, vous baisserez la température considérablement, à aussi peu que 8 °C ou 10 °C, pendant l’hiver, mais ce n’est pas toujours possible dans bien des logis.

Pendant l’hiver, arrosez le bougainvillier très modestement, laissant le terreau s’assécher un peu avant d’arroser de nouveau. Ne fertilisez pas à cette saison : il est inutile de stimuler de la croissance quand la lumière est trop faible pour la supporter.

  1. La mettre en dormance
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Bougainvillée en dormance. Photo : logees.com

Sachez que l’état de dormance n’est pas un état normal pour la bougainvillée, mais qu’elle s’y accommode. Dans ce cas, rentrez la plante dans un sous-sol frais, un garage un peu chauffé ou tout autre endroit froid mais libre de gel. Aucun éclairage n’est nécessaire : la plante est dormante, après tout. N’arrosez que suffisamment pour que la motte de racines ne se dessèche pas complètement, peut-être une ou deux fois par mois. La plante perdra toutes ses feuilles, mais n’est pas morte pour autant.

Le réveil printanier

Avec le retour des jours plus longs en mars, il est temps de réveiller votre bougainvillée. Si possible, placez la plante au soleil et recommencez un entretien plus intensif, avec des arrosages plus fréquents et une certaine fertilisation afin de lui donner une avance sur la saison estivale.

C’est aussi le moment pour faire un peu de taille. Comme l’arbuste fleurit surtout sur les nouvelles tiges, on peut le tailler assez sévèrement. De toute façon, qui a la place pour permettre à cette plante en pot de produire des branches de plusieurs mètres de longueur ? Un bon compromis est de rabattre les tiges au tiers de leur longueur. (Pendant l’été aussi, on peut raccourcir les tiges trop entreprenantes.)

Si vous voulez rempoter, c’est aussi le bon moment. Sachez que la bougainvillée fleurit mieux quand elle est une peu serrée dans son pot… mais après 2 ou 3 ans, vous n’aurez plus vraiment le choix que de le faire.

L’été

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Les bougainvillées viennent souvent dans des  couleurs flamboyantes. Photo : adrien0, Pixabay

Dès que le risque de gel est écarté, acclimatez graduellement la plante aux conditions d’extérieur. Un emplacement au plein soleil et des fertilisations fréquentes avec l’engrais de votre choix (lisez Les plantes ne savent pas lire les étiquettes d’engrais) seront utiles.


Rappelez-vous que la bougainvillée n’est pas une bonne plante d’intérieur ; que son séjour à l’intérieur n’est que pour le garder en vie jusqu’à la prochaine saison estivale. C’est en plein air sous l’intense soleil estival qu’elle montre vraiment ses atouts ! Donc, il faut être prêt à accepter une apparence hivernale plutôt décourageante afin de profiter pleinement de sa superbe floraison estivale !20170924A ‘Elsbeth_ HortiCom

 

Quand récolter les poires ?

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Cette poire est peut-être prête à récolter ou peut–être pas : on ne peut pas se fier à son apparence. Photo : PublicDomainPictures.net

Contrairement à la pomme, à la cerise et à la vaste majorité des autres fruits, la poire européenne (Pyrus communis) ne mûrit pas sur la plante, du moins, pas du point de vue du consommateur. Si vous la laissez suffisamment longtemps pour qu’elle commence à ramollir de l’extérieur, elle sera trop mûre à l’intérieur, avec une chair de la consistance de la compote.

De plus, on ne peut pas non plus se fier à son apparence pour savoir quand elle est prête à récolter. D’accord, la plupart des variétés changent un peu de couleur quand la maturité approche, mais beaucoup de poires sont encore vertes ou seulement un jaune très pâle. Même si leur épiderme devient rehaussé de rouge, cela ne veut pas nécessairement dire qu’elles sont prêtes à récolter.

On ne peut pas se fier uniquement au calendrier, non plus. Certaines poires mûrissent aussitôt qu’en août, la plupart en septembre, octobre, plus rarement novembre… mais la date varie selon la région où on les cultive et les conditions climatiques de l’année.

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Récolte de poires. Photo: Apple and Pear Australia, Flickr

Pour savoir si une poire est prête à être récoltée, prenez la branche dans une main et le fruit dans l’autre, puis levez-le de sa position retombante vers le haut en le tordant doucement. Si la poire reste solidement attachée, elle n’est pas prête pour la récolte. Si elle se détache facilement, il est temps de la récolter.

Après la récolte

Mais la poire européenne n’est pas encore prête à consommer, même quand elle est prête à récolter. Elle est encore de texture trop dure. Placez-la plutôt sur une tablette, de préférence à la noirceur, ou dans un sac de papier, et à la température de la pièce, pendant une semaine ou deux jusqu’au moment où elle ramollit (on dit alors qu’elle devient blette). Là, elle sera enfin prête à déguster.

Pas les poires asiatiques

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Poire asiatique. Photo: User:Fir0002, Wikimedia Commons

L’information qui précède s’applique uniquement à la poire européenne (P. communis), à la forme oblongue ventrue à la base. La poire asiatique (P. pyrifolia), ronde comme une pomme, mûrit sur la branche comme la plupart des fruits.20170923A PublicDomainPictures.net

Semaine internationale de la sauvegarde des végétaux

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20170922B FREn fait, il n’y a pas de Semaine internationale de la sauvegarde des végétaux… mais je pense qu’il devrait en avoir une.

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À la fin de septembre, les jardins publics, comme le Jardin international de la paix à Ottawa ci-dessus, regorgent de belles plantes… toutes destinées à mourir dans quelques semaines tout au plus. Photo : gardenpromenade.ca

Je la vois comme une semaine à la fin du mois de septembre ou au début d’octobre où les jardiniers seraient autorisés à aller chercher des boutures d’annuelles et à déterrer les bulbes tendres dans les espaces publics. Je pense notamment à toutes ces plantations splendides remplies de soi-disant annuelles qui sont en fait des plantes vivaces gélives — des coléus, dahlias, bégonias, abutilons, cannas, pénnisetums rouges, hibiscus, écheverias, bananiers ornementaux, alocasias, colocasias et bien plus encore — qui remplissent actuellement les ronds-points, les parterres routiers et les plates-bandes des parcs municipaux.

Ces jardins sont vraiment à leur plus spectaculaire à la fin de septembre et au début d’octobre, mais toutes ces plantes seront bientôt arrachées et détruites par des employés de la municipalité. Dans les climats les plus doux, ils enlèvent les « annuelles d’été » pour les remplacer par les « annuelles d’hiver ». Dans les climats froids, les annuelles arrachées sont souvent remplacées par des bulbes de tulipe… ou encore la plate-bande est laissée vide jusqu’au printemps suivant. Mais, inévitablement, toutes ces plantes sont destinées à la décharge municipale.

Un peu d’organisation

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L’Idée n’est pas de laisser des hordes de jardiniers dévaliser les plates-bandes, mais d’organiser une activité où les plantes pourraient être partagées également avec des gens prêts à les entretenir. Photo: Frankie Fouganthin, Wikimedia Commons

Bien sûr, je ne tiens pas à encourager des hordes de jardiniers débutants à dévaliser les parcs publics, arrachant boutures et plantes sans discrétion. Plusieurs de ces jardins sont composées de plantes permanentes et il faut une certaine expérience pour faire la différence entre les vivaces et les arbustes qui doivent être laissés en paix et les plantes estivales qui iront bientôt aux déchets.

Ainsi, les organisateurs de cette semaine devraient prévoir des journées et des heures spécifiques où la récolte serait permise et assurer la présence d’un employé, d’un maître-jardinier ou à tout le moins un jardinier amateur qui connaît bien les végétaux pour surveiller et diriger la foule. Ou laisser la société d’horticulture locale faire la récolte des boutures et des plantes pour les offrir aux jardiniers selon un horaire prédéterminé.

Si la municipalité ne veut même pas faire cet effort minimal, elle pourrait à tout le moins placer les plantes arrachées dans des piles à des endroits spécifiques et les y laisser pendant 48 heures, le temps que les gens puissent y fouiller à la recherche d’une plante à leur goût. Et si vous pensez que personne ne serait intéressé à fouiner dans un tas de « déchets » composés de plantes flétries, vous connaissez mal les jardiniers !

Esprit criminel

Je dois avouer que, chaque année à cette saison, quand je vois ces plates-bandes luxuriantes débordant de plantes magnifiques qui sont toutes destinées à la décharge publique dans seulement quelques jours, je me sens toujours tenté de sortir la nuit pour récolter quelques spécimens en catimini. En fait, c’est seulement la peur que je puisse être arrêté et emprisonné qui me retient.

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Je me vois un peu comme le Robin des Bois de l’horticulture. Illustration : cinemablend.com

Je n’aurais même pas peur du risque d’embarras sur la scène publique : vous pourriez même publier ma photo à la une du journal local avec la légende « Journaliste horticole pris à voler des coléus » et je n’aurais pas honte du tout. Je connais beaucoup de gens qui me verraient plutôt comme une sorte de Robin des Bois horticole : voler des instances gouvernementales pour donner aux jardiniers pauvres, c’est plus qu’acceptable.


Qu’en pensez-vous ? Les jardiniers de partout, ainsi que les végétaux qui mourront bientôt si quelqu’un ne le les sauve pas, ne méritent-ils pas une Semaine internationale de la sauvegarde des végétaux ? Rendez-vous à la prochaine réunion du conseil municipal local et faites-en la suggestion. Ce n’est pas peut-être pas si impossible !20170922B FR

Comment hiverner les nymphéas rustiques

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Les nymphéas rustiques le sont seulement quand l’eau est assez profonde. Photo: Kelvinsong, Wikimedia Commons

Les nymphéas rustiques (Nymphea cvs) sont effectivement bien rustiques… mais ne tolèrent pas le gel ! Cette apparente contradiction se comprend par le fait que, dans la nature, même dans le nord, l’eau des lacs et étangs gèle rarement en profondeur, mais seulement en surface. Ainsi, les plantes aquatiques des régions nordiques n’ont jamais eu à évoluer une résistance au gel et la plupart ne peuvent le tolérer, même lorsqu’il touche uniquement la couronne. Et c’est le cas des nymphéas rustiques.

Dans la plupart des régions froides, on peut présumer que l’eau gèlera à environ 30 à 40 cm de profondeur. Comme les nymphéas rustiques sont cultivés en pot et que le pot a probablement au moins 20 cm de hauteur, logiquement il faut calculer qu’il y a risque que la couronne de plante gèle si le pot n’est pas placé à au moins 60 cm de profondeur. Si votre bassin dépasse 60 cm de profondeur, donc, placez les pots de nymphéa rustique dans cette partie profonde. Problème réglé !

Sinon, il faut trouver une autre solution.

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On peut placer la potée de nymphéas au fond d’une piscine pour l’hiver. Illustration tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Vous pouvez, par exemple, les placer au fond d’une piscine extérieure pendant l’hiver. L’eau y sera beaucoup trop profonde pour geler profondément.

Encore, vous pouvez creuser une tranchée profondeur dans la plate-bande et les y enterrer, sous la ligne du gel.

Dans les deux cas, il faut bien sûr « repêcher » le pot et le placer dans votre bassin au printemps, quand l’eau sera dégelée.

Le plus facile, cependant, c’est de trouver des cultivars de nymphéa capables de pousser à une bonne profondeur (60 cm et plus) et de les cultiver en permanence à cette profondeur. La croissance des spécimens plantés à cette profondeur débute parfois un peu lentement au printemps, car les feuilles prennent plus de temps à attendre la surface, mais au moins vous n’auriez pas à vous geler les extrémités à les déplacer à l’automne et au printemps!20170921a Kelvinsong, WC

Les bulbes se plantent tout seuls

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Les racines contractiles tirent les bulbes vers le bas.

Pendant longtemps, les scientifiques se sont posé une question : comment se fait-il que les bulbes, issus pourtant de graines qui ont germé à ou près de la surface du sol, finissent par être si profondément enfouis ? Et ils ont découvert que c’est à cause des racines uniques produites par les bulbes : des racines d’apparence ridées appelées racines contractiles. Elles commencent la saison comme toute autre racine, en se dirigeant en profondeur, puis elles commencent à se contracter, à se rider, comme un accordéon qui dégonfle. Comme l’extrémité inférieure de la racine s’agrippe aux particules de sol dans ses environs, cela tire le bulbe vers le bas. Ainsi, le bulbe se plante tout seul.

La bonne profondeur

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La profondeur de plantation varie selon le type de bulbe. Illustration : meillandrichardier.com

Chaque espèce de bulbe à sa profondeur préférée, une qui la met à l’abri des prédateurs et de la sécheresse, et peut prendre des années à l’atteindre, descendant de plus en plus en profondeur chaque saison à mesure que le bulbe grossit. Les bulbes s’ajustent même au type de sol, descendant plus profondément dans les sols légers et aérés que dans les sols denses et lourds.

Il paraît que l’influence principale vient d’en haut : les racines contractiles réagissent à la lumière qui pénètre dans le sol, spécifiquement aux rayons bleus. Ainsi le bulbe descend assez profondément dans le sol que la pénétration des rayons bleus ne l’influence plus. Comme le degré de tolérance des rayons bleus varie selon l’espèce, la profondeur éventuelle du bulbe aussi varie.

Dans votre jardin

Vous découvrirez le phénomène des racines contractiles dans vos propres plantations. En voici deux exemples :

  • En plantant des bulbes à l’automne, vous avez perdu la trace d’un bulbe, tombé au sol sans que vous le remarquiez. Au printemps, vous trouvez l’égaré, en fleurs avec déjà la partie inférieure du bulbe enfoui. Si vous laissez faire, il descendra progressivement, après deux ou trois ans, à la profondeur habituelle pour le bulbe en question.
  • Vous avez planté des bulbes de lis à 15 cm de profondeur, tel qu’il était marqué sur le mode de plantation accompagnant le bulbe, et certains lis s’accommodent très bien de cette profondeur et y resteront. Par contre, cinq ans plus tard quand vous décidez de diviser vos lis, vous trouverez que certains ont « migré » à une profondeur de 20 cm et d’autres encore à 30 cm.
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Les bulbes descendent en profondeur, ce qui les met à l’abri de la sécheresse et des prédateurs.

Pour les tulipes, c’est plus profond encore : certaines tulipes botaniques descendent à 60 cm de profondeur avec les années ! La théorie pour cette profondeur extrême est que le bulbe essaie de se protéger des marmottes dans leur milieu naturel qui aiment bien les bulbes de tulipe. Les écureuils de nos jardins aiment bien les bulbes de tulipe aussi, mais ne creuseront pas 60 cm dans le sol, d’ailleurs même pas 30 cm, pour les retrouver ! C’est une des raisons pour lesquelles les bulbes de tulipes plantées à 30 cm de profondeur persistent plus longtemps que les bulbes de tulipe plantés à 15 cm. (Lisez Des tulipes profondes sont des tulipes durables).

Les bulbes qui se plantent tout seuls : un petit miracle de la nature dans votre propre jardin !20170920A

Les plantes ne sont pas multitâches

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20170918BNous connaissons tous des personnes qui semblent capables d’accomplir de multiples tâches simultanément : répondre au téléphone pendant qu’elles font la comptabilité, désherber le potager tout en surveillant les enfants, laver le bébé en tondant la pelouse, etc.

Mais les plantes, elles, ne sont pas très multitâches. Elles préfèrent faire une chose à la fois, accomplissant leurs différentes tâches successivement: germer, pousser, fleurir, produire des graines, entrer en dormance, etc. Ainsi, quand elles fleurissent, elles sont peu portées à produire de nouvelles racines ou feuilles, ce qui est aussi le cas quand elles produisent des semences. Et quand elles sont dormantes, il est difficile de les convaincre de faire quoi que ce soit.

Cela affecte, ou du moins, devrait affecter, notre façon de jardiner… mais trop de jardiniers s’attendent à ce que leurs plantes fassent tout en même temps. Voici quelques exemples de situations où l’on fera mieux de laisser nos plantes faire une chose à la fois :

  • Quand vous plantez ou divisez une plante, supprimez ses fleurs. Oui, même dans le cas des annuelles! Ça fait mal de le faire, je le sais, mais vous voulez que la plante se concentre, pendant quelque temps, sur la production d’un bon système racinaire. Une fois qu’elle est bien établie, vous pouvez la laisser fleurir de nouveau.
  • N’ajoutez pas d’engrais azoté (riche en le premier chiffre, l’azote) aux plantes qui se préparent à entrer en dormance, notamment pendant ce qu’on appelle la période d’aoûtement qui a habituellement lieu, comme le nom le suggère, au mois d’août. Cela peut stimuler une croissance hors saison qui sera frêle et sujette par la suite aux dommages dus au froid, et peut même tuer la plante.
  • Enlevez les fruits les deux premières années de culture des petits fruits (bleuetiers, groseilliers, cerisiers arbustifs, etc.) et pendant jusqu’à cinq ans après la plantation d’arbres fruitiers (pommiers, pruniers, poiriers, etc.). Ainsi la plante aura le temps de bien s’établir avant de devoir investir son énergie dans la fructification.

    20170918C Kent Tarrant

    Si vous coupez une laitue près du sol, empêchant la montée en graines, elle va essayer de pousser de nouveau. Photo: Kent Tarrant

  • Quand les laitues, choux, épinards et autres légumes-feuilles sont bien formés, mais pas tout à fait à leur taille maximale, récoltez-les en les coupant à 1 à 2 cm du sol. Cela contrecarre leur effort de fleurir et les stimule à repousser, vous offrant une récolte secondaire.

    Brocoli

    Laissez les plantes de brocoli debout après la première récolte et elles produiront une deuxième. Photo: jardinierparesseux.com

  • Similairement, plutôt que d’arracher les plantes de brocoli après la récolte, coupez tout simplement les branches destinées à la table (ce qu’on mange chez le brocoli est en fait ses fleurs en bouton) et laissez la plante sur place. Comme vous l’empêchez de finir sa floraison, la plante essaiera de produire de nouvelles tiges florales, permettant une deuxième récolte.
  • Si vous achetez une vivace qui a été forcée en serre pour une floraison hâtive en mai ou juin (souvent le cas des échinacées et des gaillardes, notamment), ce qui la place dans une situation de stress intense, mieux vaut ne pas la laisser fleurir du tout la première année, mais plutôt supprimer non seulement les fleurs présentes à l’achat, mais toute fleur qu’elle essaiera de produire pendant la saison. Ainsi elle pourrait investir son énergie dans la production de racines et de feuilles et dans la préparation à l’hiver. C’est l’été suivant que vous pouvez laisser ces vivaces, maintenant bien établies et vigoureuses, fleurir à leur guise.
  • Supprimer les fleurs fanées de certaines plantes (rosiers, anthémis des teinturiers, salvias, etc.) les empêchera de monter en graines et peut donc aider à stimuler une reprise de la floraison.
  • Enlevez fleurs et boutons floraux aux boutures et pincez même l’extrémité de leur tige pour ralentir leur croissance pour les obliger de se concentrer sur l’enracinement.

Profitez de cette tendance des plantes d’être plutôt monotâches afin de les manipuler pour faire ce que vous voulez. Après tout, c’est votre jardin !20170918B