Pensée du jour

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Il n’existe nul espace si petit quil ne puisse devenir un jardin.

Larry Hodgson, Pensées pour profiter pleinement du jardinage

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Comment trouver une plante sur Internet

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La question que je me fais le plus souvent poser sur ce blogue est la suivante: «Quelle jardinerie de ma région offre» suivie du nom d’une plante. Oui, le blogue Jardinier paresseux est lu dans plus de 43 pays, mais les gens semblent supposer que je sais ce qui est disponible dans la jardinerie située à six rues de chez eux.

Je peux rarement répondre à ce genre de questions. Premièrement, je ne connais pas les jardineries et pépinières de votre coin. Et, même si je les connaissais, il faut comprendre que très peu d’entre elles affichent la liste des plantes qu’elles offrent. D’accord, certaines jardineries ont un site Web très complet incluant beaucoup de descriptions de plantes, mais celles-ci couvrent généralement les plantes que la jardinerie vendait au moment où elle a lancé son site Web. C’est rarement une liste de ce qu’elles offrent actuellement. Ainsi, souvent elles ne vendent plus cette plante ou encore, ne l’offrent que de façon saisonnière.

Si vous cherchez un fournisseur local d’une plante, pourquoi ne pas téléphoner aux jardineries de votre secteur? Photo: http://www.businessphonescalgary.ca

Si vous cherchez une source locale pour une plante quelconque, puis-je vous suggérer de téléphoner aux jardineries et aux pépinières de votre région? (Je trouve que beaucoup ne répondent pas rapidement aux courriers électroniques et qu’ainsi un appel téléphonique a plus de chances de susciter une réponse.) De plus, appelez un jour de semaine pendant les heures d’ouverture, car le commis qui répondra ne connaîtra probablement pas la réponse à brûle-pourpoint et devra transmettre votre appel à l’acheteur du magasin ou au chef du rayon… qui est rarement dans le magasin le weekend. Les choses iront plus rondement si cette personne est présente!

Comment utiliser Internet comme outil de recherche

Commander des plantes par correspondance? C’est facile! Photo: yard.ericteske.com

Étonnamment pour moi, qui achète des plantes par correspondance depuis mon enfance, de nombreux jardiniers ne semblent pas savoir qu’ils peuvent commander des plantes par la poste. Oui, pas seulement des graines et des bulbes, mais des plantes vivantes. De toutes sortes. Même des arbres. Et que c’est facile à faire!

En conséquence, la meilleure façon de trouver une plante que vous ne trouvez pas localement est de faire une recherche sur Internet.

Contrairement aux jardineries, qui dépendent des personnes qui viennent sur place pour leurs achats et sont donc peu motivées à tenir à jour une liste de ce qu’elles vendent, les entreprises qui vendent des plantes, des semences, des bulbes, des boutures, etc. par correspondance se doivent de maintenir à jour la liste des plantes qu’elles vendent en ligne. Après tout, ce catalogue Internet est leur source principale de revenus. Bien sûr, vous pouvez parfois tomber sur une mention «en rupture de stock», mais alors, vous pourrez toujours envoyer un courrier électronique (le meilleur moyen de contacter les pépinières de vente par correspondance) pour demander quand la plante sera de nouveau disponible.

Souvent aussi, lorsque quelqu’un m’écrit en disant avoir cherché sans succès une plante quelconque sur Internet, je lui trouve une source en un tour de main. De toute évidence, beaucoup de gens ne savent vraiment pas comment chercher adéquatement sur le Web. Je suis loin d’être un expert en matière d’Internet, mais apparemment, je connais assez de trucs pour trouver des plantes. Voici certaines de mes suggestions:

Recherche de base

Si vous n’avez jamais essayé une recherche sur Internet auparavant, voici les bases.

1. Commencez par ouvrir un moteur de recherche. GoogleYahoo! et Bing sont les plus connus. (J’utilise Google pour les exemples qui suivent.)

Entrez le ou les mots clés dans la barre de recherche, puis cliquez sur Recherche.

2. Entrez un ou plusieurs mots clés dans la barre de recherche qui apparaît.

3. Maintenant, cliquez sur le bouton de recherche ou appuyez sur Retour.

4. Une liste complète de pages Web contenant le(s) mot(s) recherché(s) apparaîtra.

5. Parmi les nombreux résultats (parfois des millions!) se trouve peut-être ce que vous recherchez.

À la recherche de plantes spécifiques

Une fois que vous savez effectuer une recherche de base, essayez de rechercher une pépinière en ligne qui livrera la plante à votre porte sous une forme ou une autre (plante vivante, graine, bulbe ou bouture). À cette fin, voici quelques conseils:

En recherchant Monarda didyma ‘Jacob Cline’, Google a trouvé non moins de 15 200 résultats. Notez que tous les résultats sur la première page, finalement, viennent de pépinières!

1. Entrez le nom de la plante et le nom du cultivar dans la barre de recherche en vous assurant de les épeler correctement. Par exemple, Monarda didyma ‘Jacob Cline’. Ne vous souciez pas de la capitalisation ni des guillemets simples: les moteurs de recherche ne les prennent pas en compte. Appuyez sur Retour et sans doute que vous trouverez immédiatement plusieurs sources pour la plante ou, à tout le moins, une description. Cependant, il est possible que la recherche aboutisse sur des milliers de sites (parfois, plus d’un million), ce qui est un peu trop. Si tel est le cas, vous devrez affiner votre recherche.

2. Pour vous assurer que la recherche vous donne un résultat plus spécifique, utilisez le nom botanique plutôt que le nom commun. Par exemple, le mot «herbe» peut donner toute une gamme de résultats, des services d’entretien de pelouse aux fournisseurs de marijuana aux pépinières de plantes aromatiques, mais Pennisetum alopecuroides mènera exactement à la graminée que vous recherchez.

Dans cette recherche initiale, déjà deux pépinières françaises qui vendent par correspondance apparaissent. Les trois autres sont des pépinières québécoises, d’ailleurs toutes dans la région de Montréal, qui ne vendent qu’en magasin.

3. Quand le nom de cultivar de la plante se compose de deux mots ou plus, il peut être utile de l’entrer entre guillemets anglais doubles (“    ”). Les guillemets indiquent au moteur de recherche que les mots à l’intérieur doivent être recherchés comme une unité. Par exemple, si vous entrez Echinacea “White Swan” ou “Echinacea purpurea” “White Swan” (oui, on peut aussi mettre le nom botanique entre guillemets), cela aidera à garantir que seule la plante que vous cherchez apparaîtra, plutôt qu’une série de pages sur les cygnes (sens anglais du terme “swan”).

4. Parfois, il est utile de rajouter le mot pépinièresemences ou catalogue à votre recherche afin de vous assurer d’aboutir chez un vendeur de végétaux plutôt que sur un site d’information horticole.

Ici, l’ajout du nom Canada à la recherche a permis de dénicher des pépinières qui vendent par correspondance spécifiquement au Canada. 

5. Il peut parfois valoir la peine d’ajouter le nom de votre pays à votre recherche (Canada, France, Belgique, etc.) ou encore le code Internet de votre pays (.ca, .fr, .be, etc.) pour augmenter le pourcentage de pépinières qui peuvent vous intéresser. (Notez que, à l’intérieur de l’Union européenne, il n’y a pas de restrictions d’importation entre les pays, sinon dans les rares cas de certaines plantes pouvant transporter des maladies à contrôler. Pour les jardiniers canadiens, par contre, exception faite des semences, vous êtes limité en temps normal aux pépinières canadiennes.)

6. Génial! Vous avez probablement maintenant plusieurs pépinières qui vendent cette plante par commande postale. Allez sur leur site et commandez votre plante!

Réessayez plus tard

Les entreprises vendant des semences par correspondance sont généralement en ligne toute l’année, mais de nombreuses pépinières vendant du matériel végétal vivant sont plus saisonnières. Leur catalogue en ligne est souvent retiré à la fin de leur saison de vente, pour ne réapparaître qu’au printemps. Donc, si vous ne pouvez pas trouver une plante, ce n’est peut-être pas la bonne saison: attendez quelques mois et essayez de nouveau.

En outre, la distribution de nouveautés horticoles peut parfois prendre quelques années. Donc, si vous avez entendu parler d’une toute nouvelle plante que vous tenez à essayer, mais que vous ne pouvez simplement pas la trouver, réessayez dans un an ou deux et elle sera probablement disponible.

Bien sûr, plus une plante est rare, moins il est probable qu’elle soit disponible dans une pépinière à laquelle vous avez accès. En tant que jardinier canadien, je suis souvent choqué de trouver facilement une plante en France ou aux États-Unis, mais pas au Canada. Mais, ainsi va la vie!


Oui, trouver une plante très spécifique peut être un peu complexe, mais n’abandonnez pas juste parce que la jardinerie du coin ne l’offre pas. La plupart du temps, après quelques recherches, vous trouverez exactement ce que vous recherchez!

Le vermicompost au bureau dans le plus grand secret

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Il y a environ 25 ans, je travaillais non pas chez moi comme aujourd’hui, mais dans un bureau à l’extérieur. Il n’y avait pas de bac à compost dans l’édifice et pourtant, il y avait beaucoup de matériaux qui pouvaient être compostés. Alors, j’ai discrètement installé un bac de vermicompostage sous mon bureau. Et cela a fonctionné à merveille!

J’ai utilisé de petits vers choisis spécifiquement pour le compostage à l’intérieur, soit des vers rouges (Eisenia fetida). Quant au bac, je l’ai fabriqué à partir d’une boîte de rangement en plastique de type Rubbermaid en perçant des trous dans le fond. Avec un deuxième couvercle sous le bac pour récolter tout liquide en excès, c’était un habitat fort convenable pour les petits grouillards.

J’ai surtout nourri les vers de restes de nourriture de mes repas du midi (trognons de pomme, épluchures, etc.), de marc de café moulu venant de la machine à café du bureau et de feuilles mortes et d’autres résidus des nombreuses plantes que j’avais apportées au bureau. Quant à la litière, dont les vers vivent, j’ai tout simplement utilisé du papier déchiqueté pour la créer: un produit abondant, car il y avait une déchiqueteuse dans le bureau.

À peu près tous les 4 ou 5 mois, j’allais au bureau un week-end quand il n’y avait personne pour me surveiller et faisais un triage grossier, séparant de mon mieux les vers du compost, puis rajoutant une litière fraîche au bac. Quant au compost, encore tout chaud et sentant le bon humus, je le rapportais à la maison pour utilisation dans mon jardin et dans le terreau de mes plantes d’intérieur. Je peux vous assurer que les plantes adorent le vermicompost! À mon avis, c’est le meilleur compost qui existe!

Un secret pas assez bien gardé

Il est facile de cacher un vermicomposteur sous un bureau. Photo: http://www.lowes.ca, montage: jardinierparesseux.com

Bien sûr, je gardais cette activité secrète. Je suis à peu près sûr que si les autres employés avaient su que je faisais du compost sous mon bureau, quelqu’un s’en serait plaint. Et de toute façon, le composteur était si facile à cacher: il ressemblait à une boîte de rangement comme on en voit tant, le genre de boîte que quelqu’un aurait pu placer sous son bureau pour conserver quelques dossiers. D’ailleurs, je suis certain qu’il y avait des bacs similaires sous d’autres bureaux, mais probablement sans vers.

Ce régime a duré environ deux ans. Je suis sûr que j’aurais pu continuer beaucoup plus longtemps, mais un imprévu a rapidement mis fin au projet.

C’est que j’ai réussi à négocier un accord qui me permettrait de travailler à partir de mon domicile plutôt qu’au bureau. De toute façon, le bureau était encombré et avoir un employé de moins pour occuper de l’espace était considéré comme une bénédiction. De plus, j’ai toujours réussi à accomplir beaucoup plus quand je travaillais à domicile: il y a tellement moins de dérangements!

Il y avait juste un hic.

J’ai parlé trop vite!

Voyez-vous, la seule autre personne au monde qui savait qu’il y avait un bac de vermicompostage sous mon bureau était ma femme. Je lui en avais parlé brièvement et d’ailleurs, seulement une fois, mais elle n’apprécie pas les petites créatures grouillantes et ainsi n’avait pas montré le moindre enthousiasme pour le projet. D’ailleurs, j’étais convaincu qu’elle avait tout oublié. 

Un refus catégorique: les vers ne sont pas les bienvenus chez nous! Illus.: drawception.com & www.schoolrecycling.net, montage: jardinierparesseux.com

Cependant, quand je lui ai annoncé que j’avais négocié une façon de travailler à partir de chez nous, la première chose qu’elle a dite, avant même de me féliciter d’avoir obtenu l’entente, était: «Eh bien, reviens à la maison travailler si tu veux, mais ces maudits vers resteront au bureau! Il n’est pas question de rapporter ces bestioles dégoûtantes à la maison!». J’ai eu beau protester, en promettant de les garder hors de vue dans le sous-sol, mais ce fut en vain. Elle n’avait aucunement l’intention de bouger. Pour elle, les vers vivaient dehors, pas dans la maison.

J’ai facilement trouvé un nouveau chez-soi pour mes vers. Une amie de mon jardin communautaire les a pris en main. Elle est décédée il y a quelques années, mais je crois que sa fille s’en occupe encore.

Mais c’est dommage que je ne puisse plus fabriquer de ce fameux compost, car j’aurais assez de place pour un bac à compost ou deux sous mon bureau actuel. Et, je le répète, le vermicompost est le meilleur additif qui soit pour les sols de jardin. Mais ma femme demeure catégorique: aucun ver ne sera jamais autorisé à pénétrer dans la maison.

La morale de cette histoire est de ne jamais rien dire à votre conjoint, surtout si cela implique des vers.

Pourquoi les noms botaniques changent-ils?

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Question: Vous mentionnez dans un de vos billets que le coléus a changé de nom botanique. Qui décide de ces changements de noms? Pourquoi la plante a-t-elle changé de nom?

Eve Pouliot-Mathieu

Réponse: Il y a un groupe de botanistes et de biologistes spécialisés appelés taxonomistes. Leur rôle est de vérifier les origines des végétaux et les liens entre eux pour pouvoir les classifier et leur donner des noms.

Histoire de la nomenclature scientifique

Carl von Linné, 1707-1778. Ill.: Roslin Alexander, commons.wikimedia.org/

C’est au XVIIIsiècle que le naturaliste suédois Carl von Linné a créé le système binominal qu’on connaît actuellement, cela en remplacement du très boiteux système utilisé jusqu’alors dans lequel le nom d’une plante était une description complète, parfois de 20 mots ou plus!

D’après le système binomial, en fonction depuis 1753, chaque plante appartient à un genre et a donc un nom générique, par exemple Pinus pour tous les pins et Monarda pour toutes les monardes. Puis, pour distinguer les différentes plantes dans chaque genre, on leur donne aussi un nom spécifique (nom d’espèce): exemple, Pinus strobus pour le pin blanc et Pinus sylvestris pour le pin écossais.

C’est comme un nom de famille suivi d’un nom. Chez les Dupont, par exemple, il y a Marius, Jennifer et Norbert. Le nom Dupont sert à les identifier comme étant parents. Chez les Pinus, il y a P. strobusP. sylvestris et autres et leur nom de genre, Pinus, sert aussi à les identifier comme étant parents.

Théoriquement, ces noms sont immuables et les mêmes sont utilisés partout à travers le monde. Ainsi, un pin blanc est appelé Pinus strobus aussi bien au Canada qu’en France, qu’au Japon, etc. Par contre, les noms communs changent constamment: on l’appelle pin blanc au Canada, pin de Weymouth en France, Weymouth-Kiefer en Allemagne et Уайт-Пайн en Russie, etc.

Mais certains noms scientifiques ont changé au cours des derniers siècles pour des raisons logiques: il y avait une faute d’orthographe, on avait malencontreusement donné le même nom à deux plantes, deux scientifiques avaient publié la même plante sous des noms différents (auquel cas, le premier nom publié est considéré légitime), etc.

Maintenant que nous pouvons facilement étudier l’ADN des plantes, on découvre qu’il y avait beaucoup d’erreurs dans leur classification. Photo: medium.com

Mais la raison principale pour un changement de nom aujourd’hui est quand un taxonomiste découvre qu’une plante a été placée dans le mauvais genre. Comme quand on découvre qu’il y a eu une erreur à l’hôpital et que le pauvre Marius Dupont a été échangé par accident à la naissance; ainsi, il découvre à 47 ans que son vrai nom est Heinz von Schmidt.

Cela arrive, car, dans un effort pour classifier les plantes d’après leur parenté, Linné (et les autres taxonomistes qui l’ont suivi) avait un nombre limité de critères. Il se fiait notamment aux détails de la fleur, comme le nombre d’étamines, etc.

Mais il y a une révolution en cours aujourd’hui: il est maintenant possible d’étudier les chromosomes des plantes (leur ADN) et on y fait des découvertes fascinantes. Il devient possible d’être plus précis que jamais dans la parenté des plantes. Ainsi, on découvre que certaines plantes, considérées de proches parentes depuis longtemps, sont moins apparentées qu’on le pensait et que d’autres sont davantage apparentées. Comme les noms servent à indiquer la parenté des végétaux, ces découvertes vont nécessairement affecter leur nom botanique.

Notre plante vedette!

Coleus blumei… oups, je veux dire Solenostemon scutellarioides… pardon, plutôt Plectranthus scutellarioides. Photo: http://www.amazon.com

Prenons le coléus, cette populaire plante au feuillage multicolore, comme exemple. 

Le coléus portait à l’origine le nom Coleus blumei et partageait donc son nom générique, Coleus, avec des dizaines d’autres espèces apparentées: Coleus caninus, Coleus elatus, etc.

Mais, un taxonomiste a décidé que le genre Coleus n’était pas valable, que toutes ces plantes étaient plutôt des Solenostemon, et a publié un papier à cet effet en 2006Donc, toutes ces plantes ont dû changer de nom pour Solenostemon. Le genre Coleus n’existait plus.

Normalement, quand une plante change de nom de genre, la plante conserve son nom spécifique, mais avec notre coléus, il y avait une complication: il existait déjà une plante portant le nom Solenostemon blumei. Comme deux plantes ne peuvent pas partager le même nom, on lui a trouvé un nouveau nom, Coleus scutellarioides, car ses fleurs ressemblent à celles des scutellaires (Scutellaria spp.) (spp. veut dire «plusieurs espèces»).

Mais cela ne s’est pas arrêté là. Un autre taxonomiste a regardé l’ADN des Solenostemon et en est venu à la conclusion qu’il n’y avait aucune différence significative avec un autre genre, Plectranthus. Donc, en 2012, il a transféré tout le genre, sauf une espèce (Solenostemon sylvaticus), au genre Plectranthus. Notre coléus a donc pris le nom de Plectranthus scutellarioides.

Il se trouve que le genre Plectranthus n’est pas inconnu des jardiniers. On cultive plusieurs Plectranthus comme annuelles ou comme plantes d’intérieur: le lierre suédois (Plectranthus australis), le gros thym (P. amboinicus), P. coleioides ‘Marginata’, etc. Mais que d’étiquettes à réécrire si vous avez une grosse collection de coléus!

D’autres changements à venir

L’effet de ces découvertes au niveau des gènes des plantes (leur ADN) est en train de chambouler la nomenclature des végétaux. Il y a eu plusieurs changements majeurs et on peut s’attendre à ce qu’il y en ait d’autres. Exemple: le genre Aster, qui contenait plus de 600 espèces, est maintenant divisé en 11 genres différents et d’ailleurs, les espèces nord-américaines sont maintenant toutes reclassifiées dans les genres SymphyotrichumEurybia, Doellingeria, etc. Le genre Chrysanthemum aussi a été complètement réorganisé. Et il y en a beaucoup d’autres encore.

Familles

Voilà pour la nomenclature des espèces et des genres… mais ces découvertes génétiques modifient aussi les liens familiaux encore plus profonds entre les végétaux. Car, à un niveau supérieur, on regroupe aussi les plantes en familles et sous-familles. Par exemple, la famille des Pinacées contient les pins (Pinus), les sapins (Abies) et la plupart des autres conifères à l’exception des cyprès (Cupressus) et des thuyas (Thuja), de la famille des Cupressacées, et des ifs (Taxus), de la famille des Taxacées. Toutes les graminées sont dans la famille des Poacées, etc. Et, jusqu’à récemment, le classement au niveau des familles était assez stable. Mais cela n’est plus le cas depuis qu’on utilise l’ADN pour aider à classifier les végétaux.

Par exemple, j’avais toujours l’habitude de dire que l’oignon (Allium cepa), l’asperge (Asparagus officinalis) et la colchique (Colchicum autumnale) appartenaient à la famille du lis, soit les Liliacées, mais plus maintenant: les trois plantes conservent leur nom botanique, mais l’oignon est désormais une Amaryllidacée, l’asperge une Asparagacée et la colchique, un Colchicacée. Le lis (Lilium) demeure toujours une Liliacée… heureusement!

Tous ces changements sont dérangeants pour les jardiniers qui ne tiennent qu’à connaître les noms botaniques de leurs plantes, mais il faut penser que, quand toute cette vaste révision sera terminée, les nouveaux noms devraient durer des générations. Donc, nous, les jardiniers modernes, sommes dérangés, mais les générations futures auront des noms qui ne bougeront plus… ou du moins, je l’espère!

N.D.L.R. : billet originalement publié le 21 mars 2015

Pourquoi faire des semis à l’intérieur ?

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Les jardiniers chevronnés connaissent déjà les avantages de démarrer des semences d’annuelles, de légumes et d’autres plantes à l’intérieur, mais si vous êtes nouveau dans le monde du jardinage, vous vous demandez peut-être s’il vaut la peine de vous y lancer. Voici quelques explications qui confirment que le jeu en vaut la chandelle.

Parce que la saison de jardinage locale n’est pas assez longue. Beaucoup de légumes et de plantes annuelles ont besoin d’une longue saison de croissance avant de commencer à bien performer : tomates, poivrons, pétunias, bégonias, etc. Si vous les semez en pleine terre, ils n’auront pas le temps de produire plus que du feuillage. Bien sûr, si vous profitez d’une très longue saison de croissance (par exemple, si vous habitez la Côte d’Azur), vous pouvez les semer directement à l’extérieur, mais pour la majorité des lecteurs de ce blogue, qui vivent sous un climat tempéré, il faut vraiment donner à ces végétaux quelques semaines, voire quelques mois, de culture à l’abri.

Semez à l’intérieur si vous voulez obtenir des résultats plus rapidement. Ill.: clipart-library.com, montage: jardinierparesseux.com

Parce que vous voulez obtenir des résultats plus rapidement. D’accord, il y a d’autres plantes annuelles et légumes qui produisent, même sous un climat aux étés plutôt courts, une récolte décente ou un nombre raisonnable de fleurs lorsqu’on les sème directement en pleine terre, mais voulez-vous vraiment attendre si longtemps ? Le fait de semer des graines à l’intérieur donne des plantes qui arrivent à maturité plus rapidement. Si vous voulez croquer des primeurs ou avoir des fleurs avant le milieu de l’été, commencez ces graines à l’intérieur.

Parce qu’à l’intérieur, vous pouvez mieux contrôler leurs conditions de culture. Dans le jardin, vos petits semis sont à la merci du temps : le sol peut être trop froid ou trop chaud, trop humide ou trop sec et il peut y avoir présence de maladies et d’insectes. Comme vous pouvez l’imaginer, un mauvais départ ne donnera pas des plantes fortes ! Certains légumes et annuelles ont besoin de chaleur pour bien germer, ou encore, d’une terre qui est toujours d’une humidité relativement stable. Et presque tous les semis seront endommagés par le gel. Ils réussissent mieux quand on les démarre à l’intérieur, là où il fait toujours chaud et où le jardinier peut les arroser selon leurs besoins. D’autres ont des problèmes de parasites et des maladies à prendre en compte : leur donner quelques semaines de croissance à l’intérieur peut leur assurer une longueur d’avance sur leurs ennemis.

Faire des semis à l’intérieur, c’est économique! Ill.: http://www.vegetablegardener.com & http://www.pinclipart.com, montage: jardinierparesseux.com

Parce que faire ses propres semis coûte moins cher que d’acheter des plants produits en serre.  Même, beaucoup moins cher ! Avec un sac de terreau, des récipients recyclés variés utilisés comme pots, plateaux et dômes, et quelques paquets de semences, une dépense de peut-être 20 $ (13 €), vous pouvez facilement produire des centaines de plantes. C’est plusieurs fois moins cher que le prix des plantes en caissettes. Vous n’avez donc pas besoin de produire beaucoup de semis vous-même pour récupérer votre investissement.

Parce que les variétés que vous voulez cultiver ne sont tout simplement pas vendues localement. Vous pensez peut-être qu’une grande jardinerie vend toutes les plantes possibles, mais vous vous trompez. Elle n’offre en fait qu’un choix extrêmement limité : 10 ou 12 variétés de tomates, par exemple, alors qu’il en existe plus de 15 000 ! Si vous recherchez un légume du patrimoine, un grand muflier (presque toutes les annuelles vendues en caissette de nos jours sont des variétés naines !) ou quelque chose d’autre que les plantes les plus ordinaires, vous n’en trouverez tout simplement pas parmi les plantes vendues sur le marché local. Heureusement, les différents catalogues de semences (et il en existe des centaines) offrent un excellent choix de plantes moins communes que vous pourrez cultiver à partir de semences.

Les vendeurs de jeunes plants peuvent rarement garantir que leurs plants sont biologiques. Photo: http://www.tibs.com & worldartsme.com

Parce que vous voulez être sûr de cultiver des légumes et des fleurs biologiques. Peu de producteurs commerciaux garantiront que leurs plantes n’ont pas été traitées avec des pesticides, y compris les néonicotinoïdes tant redoutés ces temps-ci. Ou qu’elles n’ont pas au moins partagé une tablette avec les plantes ainsi traitées. Mais lorsque vous semez des plantes vous-même, vous pouvez contrôler quels pesticides sont utilisés et vous limiter strictement aux produits biologiques. 

Parce que vous aimez semer des graines à l’intérieur.Un néophyte pourrait trouver cela peu probable, mais en fait, semer des graines à l’intérieur, les regarder germer et grandir, leur donner de petits soins attentifs, etc. peut être très, très satisfaisant.

Où semer les semences ?

Ce ne sont pas tous les légumes et les annuelles qui profitent réellement d’un démarrage à l’intérieur. En fait, beaucoup réussissent mieux lorsque vous les semez en pleine terre. Le tableau suivant vous présente plusieurs annuelles et légumes populaires et leur emplacement de germination préféré.

Les informations fournies ci-dessous sont basées sur le jardinage dans les zones tempérées, où la belle saison est relativement courte, soit de moins de 150 jours. Si vous pouvez jardiner 9 mois par an dans votre patelin, beaucoup plus de plantes pourraient migrer vers la colonne « semer à l’extérieur ».

Légumes

Semer à l’intérieurSemer à l’intérieur ou
à l’extérieur
Semer à l’extérieur
Artichaut
Asperge
Aubergine
Basilic
Brocoli
Céleri
Cerise de terre
Chou
Chou kale
Chou-fleur
Choux de Bruxelles
Gombo
Oignon (à partir de
semences*)
Poireau
Poivron/piment
Tomate
Bette à carde
Chicorée 
Concombre
Coriandre/cilantro
Courge (citrouille,
courgette, etc.)
Endive
Laitue
Melon 
Persil







Betterave
Bourrache
Carotte
Épinard
Fève
Haricot
Maïs sucré
Navet
Pois
Radis
Rutabaga






*On peut aussi partir des oignons à partir de petits bulbes (oignonets) plantés en pleine terre.

Annuelles

Semer à l’intérieurSemer à l’intérieur ou
à l’extérieur
Semer à l’extérieur
Agérate
Amarante
Bégonia
Browallia
Cinéraire maritime
Coléus
Dahlia
Dracéna des jardins
Héliotrope
Impatiens
Lobélie érine
Muflier
Nicotiana
Œillet 
Pélargonium
Pensée 
Pervenche de Madagascar
Pétunia
Pourpier à grandes fleurs
Ricin
Rudbeckie hérissée
Sauge ornementale
Alysse odorante
Calendula (souci)
Capucine
Célosie
Cléome
Cosmos
Immortelle
Ipomée (gloire du matin)
Lavatère
Œillet de Chine
Œillet de poète
Phlox annuel
Reine-marguerite
Zinnia








Centaurée bleuet (bleuet)
Coquelicot
Dauphinelle
Nigelle
Pavot de Californie
Pavot somnifère
Pois de senteur
Tournesol (soleil)














Comment «réchapper» une azalée d’intérieur?

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Question: Au cours des dernières années, j’ai acheté 3 azalées d’intérieur différentes et elles sont toutes mortes moins d’un mois après leur achat. Le feuillage s’est rapidement fané et les tiges ont séché. Pourtant, je les ai arrosées chaque semaine. J’adore cette plante et je veux réessayer. Que puis-je faire pour la garder en vie? 

Éva T.

Réponse: L’azalée des fleuristes (Rhododendron simsii), aussi appelée azalée d’intérieur ou azalées des Indes, n’est certainement pas la plante d’intérieur la plus facile à cultiver. Comme vous, beaucoup de gens perdent la leur assez rapidement. Pourtant, si elle est bien entretenue, elle peut vivre des années dans une maison moyenne et même fleurir année après année.

Le principal problème avec l’azalée des fleuristes est qu’elle est presque toujours vendue dans un pot beaucoup trop petit pour ses besoins. Que ce soit pour des raisons d’esthétisme ou pour économiser de l’espace dans la serre de production, je ne le sais pas, mais le pot est tellement rempli de racines que le terreau ne peut contenir assez d’eau pour contenter la plante très longtemps. Ainsi, même après un arrosage abondant, vous découvrirez que son terreau est déjà complètement sec au bout de seulement quelques jours et que les feuilles commencent à se faner. Pour cette raison, un seul arrosage hebdomadaire, même abondant, ne suffit généralement pas.

Pour arroser une azalée terriblement serrée dans son pot, essayez la méthode du trempage plutôt qu’un arrosage classique au moyen d’un arrosoir. Plongez le pot dans de l’eau tiède et laissez-le tremper pendant 10 à 30 minutes. Puis, faites-le drainer pour éliminer le surplus. Répétez cela une fois tous les 3 à 4 jours. Seulement sous des conditions de grande fraîcheur (7 à 16 °C) peut-on vraiment penser n’arroser qu’une seule fois par semaine. 

Un tel trempage deux fois par semaine devrait permettre de garder l’azalée non seulement en vie, mais en bonne santé pendant toute sa floraison initiale, soit pendant 6 semaines et plus.

Soins de plus longue durée

Faire refleurir une azalée des fleuristes nécessite un certain effort. Photo: DenesFeri, Wikimedi Commons

Les pépinières de production considèrent l’azalée des fleuristes comme une plante éphémère: vous êtes censé la jeter après la floraison. Cependant, elle peut vivre pendant des décennies à l’intérieur et refleurir encore et encore si vous savez quoi faire. D’accord, ce n’est pas une plante pour les débutants, mais si vous aimez les défis, voici ce qu’il faut faire:

Dès que vous en aurez l’occasion, pourquoi ne pas régler le problème de base: le fait que la plante pousse dans un pot beaucoup trop petit pour ses besoins? Replantez-la dans un pot d’une taille plus appropriée, probablement 10 cm plus grand que l’original. (Oui! Autant que ça!) Étant donné que le terreau est en soi un excellent réservoir d’eau, en augmentant ainsi la masse de terre autour de ses racines, vous vous assurerez que votre plante pourra résister plus longtemps entre deux arrosages, probablement une semaine.

Tant qu’à la rempoter, notez que l’azalée préfère un sol acide, soit avec un pH d’environ 4,5 à 5,5. Un terreau commercial pour plantes d’intérieur aura quant à lui probablement un pH de 5,5 à 6,5, ce qui est un peu trop alcalin à son goût. Donc, pour réduire son alcalinité, mélangez un tiers de tourbe horticole («peat moss»), un substrat acide, au terreau commercial avant l’empotage: cela devrait ramener le pH à un niveau acceptable.

Bien que l’azalée des fleuristes achetée déjà en fleurs puisse rester en bon état sous une lumière faible, elle aura besoin de plus de lumière que cela pour assurer une reprise de croissance en bonne santé et, surtout, pour assurer une nouvelle floraison. Idéalement, donc, offrez-lui une lumière vive une bonne partie de la journée et même quelques heures de soleil direct, en particulier le soleil du matin. En hiver, le plein soleil n’est pas excessif, surtout aux latitudes plus élevées.

L’arrosage est à surveiller, car l’azalée sèche très rapidement. Photo: http://www.saga.co.uk & http://www.kisspng.com

Même si votre azalée est désormais plantée dans un pot de taille plus appropriée, il faut quand même l’arroser régulièrement, car la plante perd beaucoup d’eau à l’évaporation. Idéalement, vous garderez le terreau légèrement humide en tout temps. Une azalée ne supporte tout simplement pas de se dessécher et chaque fois que vous la laissez se faner, elle récupére de moins en moins bien. Vérifiez alors régulièrement l’état du terreau et arrosez abondamment au besoin.

Idéalement, vous arroseriez avec de l’eau douce (sans calcaire) et voilà une autre complication, car l’eau du robinet est généralement dure. Il est donc préférable d’utiliser de l’eau de pluie, de l’eau distillée, de l’eau de déshumidificateur ou une eau filtrée par osmose pour l’arrosage. Par contre, mon expérience est que vous pouvez quand même utiliser de l’eau du robinet de l’automne au printemps, à condition de faire une chose: mettre votre azalée à l’extérieur pour l’été où la pluie pourra lessiver le terreau de toute alcalinité excessive.

De toute façon, un été en plein air dans un endroit partiellement ombragé est pratiquement une condition sine qua non pour réussir une azalée des fleuristes. Cette plante originaire des hautes montagnes asiatiques n’est pas habituée à la chaleur constante de nos maisons et préfère les températures modérées avec une bonne baisse la nuit, une condition qu’on ne trouve facilement qu’en plein air (ou peut-être sur une véranda bien aérée). 

Fertilisez la plante en douceur, à un quart de la dose recommandée, pendant la saison de croissance (du printemps au début de l’automne). Encore une fois, si vous pouvez trouver un engrais conçu pour les plantes acidophiles, tant mieux.

Laissez votre azalée en plein air jusqu’assez tard à l’automne, ne la rentrant à l’intérieur que lorsque le gel menace. Cela lui donnera les conditions de fraîcheur automnale nécessaires pour stimuler la floraison, normalement entre 4 et 13 °C. Si vous avez bien fait votre travail, les boutons floraux de la floraison à venir seront déjà visibles avant que vous ne rentriez l’azalée à son emplacement hivernal.

L’utilisation d’un plateau humidifiant pour augmenter l’humidité ambiante peut s’avérer utile. Photo: http://www.amazon.com

À l’intérieur, un autre problème survient. L’air de nos maisons est souvent extrêmement sec l’hiver et alors les boutons floraux risquent de se dessécher. Il faudrait alors prévoir une méthode quelconque pour maintenir une humidité relative d’au moins 50%. D’ailleurs, une humidité relative de 60% serait encore meilleure. Pour cela, vous pourriez utiliser un humidificateur ou placer la plante sur un plateau humidifiant

Comme votre plante aura déjà reçu son «traitement au froid» en plein air à l’automne et sera alors pleine de boutons floraux à la rentrée, elle ne sera pas aussi avide de fraîcheur hivernale qu’habituellement. D’ailleurs, souvent elle se met à fleurir dès qu’on la rentre alors que sa saison de floraison naturelle est à la fin de l’hiver ou au printemps. Cela dit, elle apprécierait une certaine fraîcheur, surtout la nuit (7 à 16 °C), d’octobre à mars, si vous êtes capable de la lui donner. 

En général, les azalées cultivées dans la maison fleurissent moins densément que celles produites en serre, mais le font sur une période plus longue, car les boutons floraux s’ouvrent 4 ou 5 à la fois plutôt que tous en même temps. Très souvent, elle fleurit une bonne partie de l’hiver.

Ayez quand même l’œil sur les parasites. Les acariens (tétranyques ou araignées rouges) sont une menace quand l’air est chaud et sec tandis que les cochenilles farineuses et à carapace sont à craindre en tout temps.

Quant à la multiplication de votre plante, là encore, l’azalée se montre récalcitrante. Oui, on peut la multiplier par boutures de tige, mais le taux de succès est faible. Essayez de les prendre au printemps, appliquant une hormone d’enracinement sur l’extrémité inférieure de la tige. Glissez la bouture dans un pot de terreau humide et cultivez-la à l’étouffée (dans une mini-serre). L’enracinement peut prendre jusqu’à 3 mois. Vous saurez que la nouvelle plante a repris quand vous verrez de nouvelles feuilles se former.


Et voilà. Oui, il est possible de vraiment faire prospérer une azalée des fleuristes à l’intérieur et même de la faire refleurir. Mais il faut y mettre plus d’attention qu’avec la plupart des plantes d’intérieur.

C’est le premier jour du printemps… mais pas chez moi!

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(20 mars 2019) Il ne faut pas se laisser trop facilement décourager par l’hiver lorsqu’on vit dans mon patelin, à Québec, au Canada. J’ai lu récemment qu’il est classé la 5ville la plus neigeuse au monde, ex aequo avec Syracuse, dans l’État de New York, avec une moyenne de 3,15 m de neige par an. Bien sûr, les choses pourraient être pires: imaginez vivre à Aomori, au Japon, avec une moyenne de 7,92 m par an!

L’hiver 2018-2019 a été (jusqu’à présent) le deuxième plus enneigé jamais enregistré. La neige a tendance à se tasser au cours de l’hiver, bien sûr, de sorte que vous n’en voyez jamais la totalité sur le sol en une seule fois. Malgré tout, il y a actuellement en moyenne près de 2 m de neige au sol et on nous dit de nous attendre à un début de printemps plus froid que la normale et à un retard important dans la fonte de la neige avec davantage de neige à venir. Selon les prévisions, toute la neige devrait être disparue au début de mai seulement, environ un mois plus tard que d’habitude. Étant donné que l’hiver a commencé près d’un mois plus tôt que d’habitude, avec de la neige au sol à la fin du mois d’octobre, on aura vécu un hiver vraiment neigeux! À la fin, nous pourrons peut-être dire que nous avons été sous la neige pendant six mois: je pense que c’est un record aussi.

Vue de ma serre. Notez que la neige atteint la corde à linge, placée à 2,4 m du sol. Photo: Larry Hodgson

Ainsi, alors que le reste de l’hémisphère Nord célèbre le printemps, avec les premières fleurs et — qui sait? – peut-être des piqueniques en plein air, qu’est-ce que les Québécois peuvent célébrer, sinon la neige, qui, espérons-le, fondra lentement afin de ne pas nous inonder? Au moins, avec un sol aussi chargé d’eau de fonte, nos jardins devraient être bien arrosés pendant une grande partie de l’été.

J’ai hâte de voir par la fenêtre de mon bureau au sous-sol: elle est sous la neige depuis janvier. La plupart des journées, je ne sais littéralement pas s’il fait beau ou nuageux jusqu’à ce que je monte au rez-de-chaussée pour le repas du midi.

Mon aloès ne semble pas gêné par la présence de neige juste de l’autre côté de la vitre. Photo: Larry Hodgson

Mes plantes d’intérieur sentent que c’est le printemps, toutefois. Mon aloès (Aloe vera) étale ses rameaux de fleurs jaunes vers le ciel comme un candélabre, mon clérodendron grimpant (Clerodendron thomsoniae) s’épanouit, certains de mes cactus d’automne (Schlumbergera truncata) refleurissent et il y a toujours quelques violettes africaines, streptocarpes, bégonias et pélargoniums en fleurs. Ils me donnent l’espoir que le printemps arrivera un jour…

Eh bien, au moins ces deux mois supplémentaires d’hiver signifient que nous aurons deux mois de moins de moustiques!