L’année de la pensée

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Pensée mélange ‘Majestic Giants’. Photo National Garden Bureau

Chaque année, le National Garden Bureau, un organisme à but non lucratif qui fait la promotion des plaisirs du jardinage, sélectionne un bulbe, une annuelle, une vivace et une plante comestible à mettre en vedette dans leur programme L’année de. C’est une excellente façon pour découvrir une plante que vous ne connaissez pas ou pour en apprendre un peu plus sur une plante que vous cultivez déjà.

Voici la deuxième des quatre plantes honorées en 2017, l’annuelle appelée pensée.

Origine

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La pensée tricolore (Viola tricolor) est l’un des ancêtres de la pensée des jardins. Notez bien ses «moustaches» (guides de nectar).

La pensée des jardins (Viola x wittrockiana) n’existe pas dans la nature. C’est une plante hybride développée à partir du 19e siècle, surtout à partir de trois espèces d’origine eurasiatique: V. lutea, à fleurs jaunes, V. altaica, à fleurs violettes et surtout la petite pensée sauvage des champs, V. tricolor. La pensée des jardins diffère des espèces sauvages par une taille plus imposante et des fleurs beaucoup plus grosses. Toutefois, si on laisse une pensée se ressemer, ce qu’elle fera volontiers, elle tendra à reprendre l’apparence d’une pensée sauvage en seulement quelques générations.

Le nom botanique donné à la pensée, Viola x wittrockiana, honore le botaniste suédois Veit Brecher Wittrock (1839-1914) qui a fait beaucoup de recherche sur le genre Viola.

Quant à l’origine du nom pensée, elle vient du fait que la fleur de la pensée sauvage, légèrement penchée vers le bas et avec ses petites moustaches noires, ressemble à un petit bonhomme perdu dans ses pensées. Et avec l’adoption du nom pensée, la fleur est devenue le symbole du souvenir et de la commémoration.

Dans le langage des fleurs, pensé signifie, bien sûr, «je pense à vous»!

Violette ou pensée?

Les violettes et les pensées sont de proches parentes et elles partagent le même nom générique: Viola. Mais elles appartiennent à deux sous-genres différents. Comment les distinguer?

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La violette a 2 pétales supérieurs et 3 pétales inférieurs.

Les violettes (Viola sous genre viola) ont des fleurs composées de 2 pétales supérieurs et 3 pétales inférieurs. Les fleurs sont généralement très petites, aux pétales supérieurs réfléchis, et la floraison est surtout printanière. Les feuilles sont souvent en forme de cœur, bien qu’elles puissent aussi être palmées.

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Les pensées ont 4 pétales supérieurs et 1 pétale inférieur.

Les pensées (Viola sous-genre Melanium) ont des fleurs à 4 pétales supérieurs et un seul, généralement le plus gros, inférieur. La fleur paraît aplatie, avec les 5 pétales dans le même plan. La floraison dure souvent du printemps à l’hiver. Enfin, leurs feuilles sont plus petites et généralement crénelées.

Histoire de la pensée

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Pensées offertes dans un catalogue datant de 1901.

C’est la Britannique Lady Mary Elizabeth Bennet (1785–1861), fille du Conte de Tankerville, qui fut la première à créer des pensées hybrides au début du 19e siècle. Elle avait ramassé une collection de pensées sauvages de toutes les couleurs possibles et commença à faire des croisements pour en augmenter le choix. Ses premiers hybrides furent lancés en 1813 et connurent beaucoup de succès. C’est à elle qu’on attribue la création des premières «pensées des jardins».

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C’est Lord Gambier qui a développé la pensée portant de grosses taches sombres. Ici, la pensée ‘Matrix Solar Flare’. Photo: National Garden Bureau

Cependant, environ en même temps, Lord John James Gambier, officier britannique, cherchait à rendre la fleur relativement étriquée de la pensée sauvage plus ronde en choisissant des variantes à pétales plus larges qui se chevauchaient. Aussi, il fut le premier à convertir les minces guides de nectar noirs sur la face de la fleur, que les jardiniers appellent inévitablement «les moustaches», en de grosses taches sombres, un effet qui plaît encore aux jardiniers modernes.

Que de variété!

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La pensée offre presque toutes les couleurs. Ici, la pensée ‘Nature Landscape’. Photo: National Garden Bureau

Avez-vous une couleur préférée? Vous la trouverez sûrement chez la pensée qui offre plus de coloris que presque toute autre fleur! Pourpre, bleu, blanc, rose, rouge, orange, vert, même presque noir: toutes ses couleurs sont présentes dans sa palette. Ses fleurs peuvent être de couleur unie ou maculées d’une autre couleur. Le petit œil au centre est toujours jaune. Certaines pensées, de plus, sont parfumées.

On classifie typiquement les pensées en 4 catégories: pensée à grandes fleurs (8 à 10 cm), pensée à fleurs moyennes (5 à 8 cm), pensée multiflore (fleurs de 2,5 à 5 cm) et la plus récente catégorie, la pensée rampante, qui s’étale sur jusqu’à 60 cm. Cette dernière connaît beaucoup de popularité depuis quelques années en panier suspendu et en rocaille.

La culture des pensées

Les pensées sont vendues comme annuelles, mais sont en fait des vivaces de courte vie qui peuvent survivre à l’hiver dans les zones de rusticité 4 et plus, même en zone 3 si on leur offre une bonne protection hivernale.

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Mosaïque de pensées à Disneyland

Elles se comportent mieux sous des températures fraîches. Ainsi, dans régions aux hivers doux (zones 9 à 11), on les utilise typiquement comme annuelles d’hiver. À Disney World en Floride et à Disneyland en Californie, par exemple, on installe des mosaïques de pensées en octobre, puis on les arrache au printemps pour planter des annuelles plus résistantes à la chaleur en vue de l’été à venir.

Dans les régions septentrionales, c’est surtout au printemps qu’on plante les pensées et ce, en vue d’une floraison estivale. Comme elles tolèrent bien les nuits froides et même les gels légers, on a toute raison de les planter très tôt, 3 ou 4 semaines avant la date du dernier gel. La floraison se prolonge à l’automne jusqu’à l’arrivée de la neige.

Dans les régions aux étés chauds, typiquement la floraison s’affaiblit ou s’arrête sous les chaleurs estivales pour reprendre à l’automne. Pour éviter cela, dans ces régions plantez-les à la mi-ombre plutôt qu’au plein soleil.

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Les pensées ne sont pas dérangées par le froid et la neige.

Il existe aussi des pensées extra rustiques conçues pour être plantées à l’automne, comme les lignées ‘Ice’ et ‘Snow Angel’. Elles fleurissent abondamment jusqu’aux neiges, puis refleurissent au printemps, en même temps que les narcisses et les tulipes. Elles sont rustiques jusqu’en zone 4.

Les pensées préfèrent un sol riche, humide et bien drainé. Espacez-les de 15 à 20 cm (45 cm pour les pensées rampantes). Arrosez-les régulièrement au cours des deux premières semaines pour bien les établir. Comme elles préfèrent la fraîcheur, l’utilisation d’un paillis, qui garde le sol frais et humide, est fortement recommandée.

Si vous n’arrachez pas vos pensées à l’automne, en général elles survivront au froid pour donner une deuxième année de floraison. Il est rare qu’elles fleurissent une troisième saison, mais souvent elles se ressèment un peu, donnant des fleurs pendant plusieurs années. Tel que mentionné ci-dessus, les pensées spontanées tendent à reprendre peu à peu la forme d’une pensée sauvage.

Pensées à partir de semis

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Sachet de semences de pensées de 1914.

La majorité des jardiniers achètent leurs pensées en caissette au printemps, mais il est aussi possible de les semer soi-même.

Semez-les à l’intérieur environ 8 semaines avant la date du dernier gel dans un pot ou plateau de terreau humide, couvrant à peine les graines de terreau (5 mm). Si possible, placez le contenant au réfrigérateur pendant 4 à 7 jours, puis dans un endroit plus frais que la plupart des autres semis, soit à 18 à 21˚C.

Placez-les dans un endroit sans éclairage (j’insère tout simplement les pots dans un sac de poubelle foncé), car les graines germent mieux à la noirceur. Dès que vous voyez surgir de petits semis encore pâles, soit après 10 à 20 jours, exposez-les à un éclairage intense.

Même après la germination, les semis préfèrent un emplacement plus frais que les autres semis d’annuelles et de légumes, soit 18˚C ou moins. On peut par exemple les placer près une fenêtre orientée est ou dans une couche froide. Continuez de garder leur terreau humide.

Dès que les nuits commencent à dépasser 5˚C, commencez à acclimater vos semis aux conditions d’extérieur.

Enfin, il est aussi possible de semer les pensées en pleine terre en juin ou juillet… en vue d’une floraison l’année suivante!

Faits divers

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Les fleurs de pensée sont comestibles. Ici ‘Cool Wave Yellow’. Photo National Garden Bureau

  • Les fleurs de pensée sont comestibles. On peut les manger comme telles (elles ont un goût mentholé) ou en faire des pensées confites (les couvrir de blanc d’œuf et de sucre à glacer).
  • En général, les pensées jaunes et bleues sont les plus parfumées.
  • Autrefois on utilisait le sirop de pensée pour traiter les maladies vénériennes.
  • La pensée tricolore (V. tricolor) a été utilisée par les premiers chrétiens pour symboliser la Sainte Trinité.
  • En allemand, on appelle la pensée Stiefmütterchen (petite belle-mère). Le pétale inférieur représente la belle-mère, les deux pétales dodus de chaque coûté, ses filles et les deux pétales supérieurs malingres, les deux belles-filles négligées.

Avec ses informations en tête, j’espère que vous allez «penser» aux pensées ce printemps!20170118bmajesticgiantsiimix

On peut maintenant faire une recherche sur le site Jardinier paresseux!

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Slide1.jpgAvec plus de 900 blogues postés jusqu’à maintenant, il n’est pas si facile de se retrouver sur le site du Jardinier paresseux. Mais il y a maintenant une bouton Recherche sur le site. Vous le trouverez à la gauche de l’écran, juste en bas du menu des services.

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Ici, nous recherchons le terme «gourmand tomate». Il reste à cliquer sur l’icône.

Il s’agit alors de composer le sujet qui vous intéresse et de cliquer sur l’icône qui symbolise une loupe ou tout simplement d’appuyer sur la touche Entrée.

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Et voilà! Tout sur les gourmands de tomate!

Vous serez alors rapidement transporté au sujet de votre choix… s’il existe sur le site Jardinier paresseux, bien sûr.

Petits écrans

20170117D.jpgPour les petits écrans, comme les téléphones intelligents, la liste des services ne paraît pas à gauche de l’écran. Cliquez alors sur le signe plus (+) en haut à gauche et défilez jusqu’à ce que vous trouverez le bouton Recherche.

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Entrez le sujet qui vous intéresse.

Il reste alors à entrer le sujet qui vous intéresse et à cliquer sur l’icône pour le retrouver.


Allez-y: faites un essai! Il y a des réponses à presque toutes vos questions horticoles sur le site du jardinier paresseux!slide1

Quand nos plantes d’intérieur sont des mauvaises herbes

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Les bébés plantes de kalanchoé sautent dans les pots voisins.

On n’en parle pas souvent, mais certaines plantes d’intérieur peuvent se montrer des mauvaises herbes. Comme celles de nos platebandes et jardins, elles s’étendent de pot en pot, cherchant à s’accaparer à elles toutes seules le terreau qu’on y trouve.

Quelques coupables

Kalanchoé

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Bébés plantes sur une feuille de Kalanchoe daigremontiana.

Plusieurs kalanchoés (Kalanchoe daigremontiana, K. pinnata, K. laetivirens, etc.) parfois inclus dans le genre Bryophyllum ont la curieuse capacité de produire des plantules sur la marge de leurs feuilles. C’est mignon comme tout et donne amplement de bébés à partager avec ses amis… mais les plantules «sautent» assez facilement dans les pots voisins. Comme les bébés ainsi enracinées produisent très rapidement des bébés à leur tour, il y a souvent passablement de désherbage à faire.

Pire, les kalanchoés sont allélopathiques: ils dégagent des produits toxiques qui importunent les plantes avec lesquelles elles partagent le pot. Ainsi, la plante désirée pousse moins bien ou peut même mourir. Mieux vaut vraiment garder les «kalanchoés sauteurs» à leur place!

Plante crevette pourpre

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Plante crevette pourpre (Porphyrocoma pohliana)

La très jolie plante crevette pourpre (Porphyrocoma pohliana, aussi appelé Justicia scheidweileri) est une petite plante au feuillage mis en valeur par des nervures argentées et qui produit à son sommet un «cone» rouge durable décorée de fleurs pourpres éphémères. Je n’ai jamais eu à l’acheter: elle est apparue dans le pot d’une plante rapportée d’une pépinière et depuis ce temps, se propage chez moi de pot en pot grâce à ses fines semences qu’elle sème à tout vent.

Plante aux éphélides

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Plante aux éphélides (Hypoestes phyllostachya)

La plante aux éphélides (Hypoestes phyllostachya), aussi de la famille des Acanthacées, est une petite plante aux feuilles joliment tachetées de blanc, de rouge ou de rose, parfois au point où l’on voit très peu de vert. Les fleurs discrètes passent souvent inaperçues, mais produisent néanmoins des graines viables. Les plantes qui en résultent et qui paraissent ici et là dans d’autres pots sont beaucoup plus visibles.

Plante araignée

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Les fleurs de la plante araignée (Chlorohytum comosum) donne des graines parfois envahissantes.

La populaire plante araignée ou phalangère (Chlorophytum comosum) produit, sur ces longs stolons arqués (en fait, des tiges florales) de petites fleurs blanches qui donnent de petites graines noires. Il en résulte parfois une profusion de petites plantes araignées dans les pots voisins. Mais les semis ne sont jamais panachés comme l’est souvent la plante adulte: leur feuillage est toujours entièrement vert.

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Plante araignée orange (Chlorophytum orchidantheroides)

Elle n’est pas la seule plante araignée qui se ressème. La plante araignée orange — qui porte beaucoup à confusion à cause de ses multiples noms (Chlorophytum orchidantheroides, C. amaniense ou C. orchidastrum, avec ou sans le nom de cultivar ‘Fire Flash’) — produit de larges feuilles à nervure centrale orangée et aucun stolon rampant. Elle aussi saute de pot en pot grâce aux graines qu’elle produit. Ainsi va-t-il aussi pour la plante araignée à grandes feuilles (C. macrophyllum), à feuilles vertes de grande taille.

Euphorbe à nervures blanches

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Euphorbe à nervures blanches (Euphorbia leuconeura)

La plupart des euphorbes succulentes (genre Euphorbia) restent sagement dans leurs pots d’origine, mais une, l’euphorbe à nervures blanches (Euphorbia leuconeura), à la tige enflée dressée et aux jeunes feuilles marquées de nervures blanches (les feuilles adultes sont entièrement vertes), saute allégrement de pot en pot grâce à ses semences. À maturité, la plante expulse ses graines avec force: elles peuvent voyager jusqu’à 5 m! Vous la trouvez souvent dans les échanges de plantes: ceux qui l’ont ont toujours des bébés à donner!

Dorstenia fétide

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Dorstenia fétide (Dorstenia foetida)

La dorstenia fétide (Dorstenia foetida) est une autre succulente à tige enflée coiffée de feuilles elliptiques, mais cette fois-ci cultivée pour ses fleurs bizarres en forme de tournesol vert… et elles aussi lancent leurs graines partout.

Papyrus d’appartement

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Fleurs de papyrus d’appartement (Cyperus alternifolius)

Aussi appelé cyperus à feuilles alternes, le papyrus d’appartement (Cyperus alternifolius) est une populaire plante d’intérieur graminiforme qui pousse le pied dans l’eau et dont chaque tige se coiffe d’un parapluie de feuilles linéaires. Sous de bonnes conditions ce papyrus produit aussi une profusion de graines légères comme l’air qui germent dans les pots de ses voisins, formant de petites touffes de feuilles vertes étroites rappelant les graminées de nos pelouse.

Plante feu d’artifice

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Plante feu d’artifice (Pilea microphylla)

Ce piléa (Pilea microphylla) produit de minuscules feuilles et des fleurs si petites que vous ne les verrez pas sans loupe, mais cela ne l’empêche pas, grâce à ses petites graines, d’envahir les pots des autres plantes.

Oxalide corniculée

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Oxalide corniculée (Oxalis corniculata)

Cette plante trifoliée à fleurs jaunes (Oxalis corniculata) est strictement une mauvaise herbe: personne ne penserait la cultiver. On le trouve souvent dans les pots de cactus et des succulentes quand on les achète… et bientôt dans les pots de toutes nos plantes!

Fougères

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Fougère-houx (Cyrtomium falcatum)

Les fougères produisent des spores légères comme l’air… et qui voyagent via les courants d’air dans nos maisons. Ainsi, elles peuvent atterrir n’importe où. Elles germent notamment dans les pots de semis, car elles aiment bien l’humidité qu’on y trouve. Parmi les espèces portées à vagabonder, il y a la fougère-houx (Cyrtomium falcatum), le ptéris rubané (Pteris vittata) et le capillaire (Adiantum raddianum et autres).

Psilote nu

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Psilote nu (Psilotum nudum)

Cette bizarre de plante (Psilotum nudum) est sans racines ni feuilles, portant seulement de minces tiges vertes coriaces et fourchues. Longtemps considérée comme un ancêtre des fougères, le psliote nu est désormais accepté par lex taxologistes comme étant une fougère à part entière, mais une fougère pas comme les autres, très primitive dans toutes ces caractéristiques. Il se ressème par spores qui germent non pas à la surface du sol, comme la plupart des autres fougères, mais de façon souterraine. J’en ai plein dans mes plantes d’intérieur.

Mousses

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Mousse qui pousse dans un pot

Oui, les mousses aussi s’installent dans nos plants d’intérieur, probablement apportées de l’extérieur par le vent dans la plupart des cas, car leurs spores sont si petites qu’elles peuvent facilement traverser une moustiquaire. Les mousses tendent surtout à apparaître dans les terreaux qu’on garde plutôt humides, comme dans les pots de semis, mais même parfois dans les pots de cactus. Personnellement, je les laisse faire: elles créent un joli tapis vert qui cache le terreau de vue et ne nuisent pas à leur hôte.

D’ailleurs les amateurs de terrarium installent souvent des mousses dans leurs montages.

Hépatique

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Hépatique (Marchantia spp.)

Cette parente des mousses est moins bienvenue dans les pots de nos plantes d’intérieur. L’hépatique (Marchantia spp.) est une proche parente des vraies mousses (les deux sont des bryophytes) et, comme elles, se multiplie par spores déplacées par les courants air. La progression latérale constante de l’hépatique fait toutefois qu’elle forme un tapis rase-sol tellement dense que la circulation d’air et l’évaporation dans le sol se trouve compromise, ce qui peut mener à la pourriture des racines de la plante désirée.

On peut se débarrasser de l’hépatique en grattant et en enlevant le terreau infesté sur une profondeur de 1 cm pour le remplacer par un terreau frais. Aussi, arrosez un peu moins, car la présence d’hépatiques indique généralement un sol trop humide.


Si vous cultivez des plantes d’intérieur, tôt au tard vous trouverez assurément une ou plusieurs de ces plantes spontanées dans vos pots. À vous de décider s’il s’agit d’ennemies à abattre… ou de mignonnes nouvelles plantes à installer dans leur propre pot!20170116a

 

Un citronnier ou oranger dans votre salon?

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Voici le rêve: un citronnier plein de fruits! Mais est-ce réalisable à l’intérieur?

Il est facile de cultiver des agrumes à partir de pépins récoltés d’un fruit acheté. Évidemment, il faut pour cela obtenir un fruit avec des pépins (habituellement les oranges navel, entre autres, n’en produisent pas), mais autrement, vous pouvez semer les pépins de tout agrume – orange, citron, pamplemousse, clémentine, etc. – et obtenir une belle plante verte.

Mais est-ce que votre «agrume de salon» produira des fruits un jour? Probablement pas, mais au moins vous aurez un petit arbuste à feuillage vert foncé à admirer.

Comment faire

Il faut commencer avec des pépins frais, car ils ne se conservent pas bien.

20170115B.jpgOuvrez le fruit et enlevez les pépins. Nettoyez-les pour enlever toute chair, puis rincez-les à l’eau. Certaines personnes recommandent de décortiquer le pépin, enlevant son enveloppe extérieure, mais en fait, cela n’est pas nécessaire.

Humidifiez un terreau pour plantes d’intérieur et versez en dans un petit pot. Semez les pépins à une profondeur d’environ 1 cm. Vous pouvez semez plusieurs pépins dans le même pot. Scellez le pot dans un sac de plastique transparent ou placez-le dans une mini-serre.

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Serrez le pot dans un sac de plastique transparent ou une mini-serre.

Placez l’ensemble dans un emplacement bien éclairé, mais à l’abri du soleil direct, sinon la température peut devenir excessive. Il faut aussi un emplacement relativement chaud (21˚C et plus). Attention: un rebord de fenêtre est souvent trop frais si vous faites le semis en plein hiver. Les pépins germeront bien sous une lampe fluorescente, par contre.

Normalement, les pépins germeront dans 3 à 6 semaines. Les premières feuilles sont des cotylédons et ne ressemblent pas à des feuilles d’agrumes, mais assez rapidement de vraies feuilles apparaîtront. Il arrive parfois que plus d’un plant pousse à partir d’un seul pépin. On appelle cela la polyembryonie: en général, c’est un phénomène rare, mais on la voit fréquemment chez certains agrumes.

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Quand les vraies feuilles apparaissent, enlevez le sac de plastique ou mini-serre.

Quand les premières vraies feuilles sont évidentes, enlevez le sac de plastique ou mini-serre et placez la potée près d’une fenêtre ensoleillée ou sous une lampe fluorescente. Après 3 ou 4 mois, divisez les plantes s’il y a plusieurs dans même contenant, plantant chacune dans son propre petit pot. Ne vous gênez pas pour jeter les surplus: la plupart des gens se contentent facilement de 2 ou 3 agrumes d’intérieur.

Culture

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À 5 ans, pas encore de fleurs ou de fruits.

Les agrumes font d’assez bonnes plantes d’intérieur, s’adaptant bien aux conditions de culture disponibles. Il leur faut un maximum de soleil et des arrosages réguliers, humidifiant le sol dès qu’il est sec au toucher. Les températures de nos maisons leur conviennent bien, mais il serait sage d’augmenter l’humidité l’hiver pour prévenir la chute des feuilles. Fertilisez de mars à octobre avec un engrais tout usage et, si possible, placez-les à l’extérieur pendant l’été.

À mesure que les plantes grandissent, rempotez-les occasionnellement dans des pots plus gros. Il peut aussi être nécessaire de les tailler si elles deviennent trop encombrantes. Notez que plusieurs agrumes sont très épineux.

Surveillez les araignées rouges et les cochenilles: les deux sont friandes d’agrumes. Traitez-les avec une solution de savon insecticide.

Fleurs et fruits?

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Une fleur d’un agrume est si parfumée.

Votre petit agrume est à plusieurs années d’une première floraison. Même sous les tropiques, les semis d’oranger et de citronnier peuvent prendre 7 à 15 ans avant de fleurir; dans la maison, où les conditions sont moins propices, 20 ans n’est pas toujours assez. J’ai connu une dame qui avait un citronnier de 35 ans qui n’avait pas encore fleuri.

Pour stimuler une production plus rapide, les agriculteurs produisent les agrumes non pas par semences, mais en greffant des branches sur un porte-greffe reconnu pour sa capacité de stimuler une maturation plus rapide, mais cela n’est normalement pas possible dans la maison. La patience est donc de mise.

Et aussi beaucoup d’espace, car la plupart des agrumes sont des arbres de taille moyenne: les amener à fleurir dans la maison demandera une grande superficie.

Si vous voulez des fruits

Si vous voulez vraiment voir fleurir et fructifier un agrume (et les fleurs blanches sont si agréablement parfumées!), ce n’est pas par semis que vous allez avoir beaucoup de succès. Achetez plutôt une plante déjà mature!

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L’oranger calamondin: l’agrume la plus facile à cultiver à l’intérieur.

L’oranger calamondin ou oranger d’appartement (X Citrofortunella microcarpa, anc. X C. mitis) est facilement disponible en pépinière et fleurit et fructifient abondamment dans la maison. De plus, il est naturellement nain, atteignant 60 à 90 cm de hauteur, et facile à cultiver dans une maison normale. Ces petits fruits orange sont comestibles aussi, bien que très amers. On les utilise surtout en marmelade.

Certaines pépinières, comme Flora Exotica au Canada et Agrumes Bachès en France, vendent par la poste des agrumes mieux adaptées à la culture dans nos maisons que les variétés classiques. Produits par bouturage, ces plantes fleurissent assez facilement.

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Il est souvent possible d’acheter de jeunes agrumes greffés en pépinière pendant les mois d’été.

Il est aussi possible d’acheter en jardinerie des agrumes greffés, parfois même déjà en fleurs ou en fruits: orangers, citronniers, pamplemoussiers, etc. Ils sont généralement vendus l’été pour la décoration du patio. Ces plantes sont toutefois déjà à maturité et continueront à produire annuellement si vous leur offrez de bonnes conditions.

La plupart des agrumes sont parthenogénétiques (produisent des fruits sans fécondation), mais il peut être nécessaire et polliniser d’autres manuellement, avec un coton-tige, car les insectes pollinisateurs sont absents dans nos maisons.


La culture d’agrumes à partir de semences: un beau petit projet, intéressant à faire notamment avec les enfants, mais il ne faut pas compter sur de bonnes récoltes dans un proche avenir!20170115a

Le fruit qui pue

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Le durian: une odeur pestilentielle, mais un goût superbe!

Les Asiatiques l’appelle le roi des fruits, mais le durian, ce curieux fruit couvert de gros piquants, pue. Terriblement. À tel point qu’il est interdit l’apporter dans beaucoup d’hôtels et dans les transports publics dans les pays où il est couramment vendu. D’autant plus que l’odeur nauséabonde peut persister plusieurs jours.

Le durian est produit par un grand arbre indigène du le Sud-est asiatique: Malaisie, Indonésie, Nouvelle Guinée, etc. L’espèce la plus appréciée et la plus cultivée est Durio zibethinus, mais il y a environ 30 autres espèces.

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Lithographie botanique montrant les fleurs, les fruits et les semences.

Dans la nature, les fruits énormes (ils peuvent mesurer de 15 à 30 cm de diamètre et peser de 1 à 3 kg) tombent des arbres à maturité. (Vous comprendrez que les cueilleurs doivent porter un casque de sécurité!) Leur odeur est faible au début, parfois même assez attrayant, mais gagne d’intensité après 2 ou 3 jours.

L’odeur est conçue pour attirer les animaux de loin, jusqu’à 1 km. En effet, les cerfs, les cochons sauvages, les orang-outans, les éléphants et même les tigres vient chercher le fruit odoriférant et très nourrissant. Comme souvent ils transportent les grosses graines contenues dans le fruit ailleurs, c’est cela qui permet à l’arbre de se disperser.

Ma seule expérience gustative

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Il est défendu d’entrer avec un durian dans les édifices publics en Asie.

J’ai «rencontré» le durian plusieurs fois lors de voyages horticoles dans différents pays asiatiques, notamment en Thaïlande, en Malaisie, en Chine et en Indonésie, à la fois l’arbre dans les jardins botaniques et le fruit dans les marchés publics. Habituellement on place les marchands de durians en périphérie du marché principal, pour moins déranger.

Des pancartes «pas de durian» sont postées partout dans les édifices publics et les transports publics… ce qui n’empêche pas les gens d’essayer de les passer.

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Chair de durian.

Si j’ai vu et senti (d’une certaine distance) les durians plusieurs fois, je n’y ai goûté qu’une seule fois, au Jardin botanique de Bali (Kebun Raya Bali) en Indonésie. On nous l’avait offert comme dessert après un pique-nique… pour ceux que voulaient y goûter, bien sûr. Plusieurs se sont avancés pour y goûter avant de reculer, se pinçant le nez, sans y parvenir. Mais quelques braves participants ont réussi à ingérer quelques cuillerées.

L’odeur? Terrible, nauséabonde, comme le fromage le plus fort que vous avez jamais senti, mais deux fois plus intense. D’autres disent que ça sent les petits pieds, les oignons pourris ou le vomi. Le goût? Exquis, comme un gelato extra riche et sucré, avec des relents d’amande et de fromage à la crème. La chair fond dans la bouche, un peu comme celle d’un avocat, mais encore beaucoup plus crémeuse. Quelle belle expérience!

Mais personne ne m’avait prévenu de l’arrière-goût! Il dure un bon 5 minutes. Certaines personnes l’ont détesté et se sont rincé la bouche à répétition. Moi, je l’ai trouvé surprenant, curieux, mais pas désagréable pour autant.

Dans le métro de New York

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Dans le métro de New York.

Une fois qu’on a goûté un durian, on n’oublie plus son odeur. La seule fois que je l’ai senti en Amérique du Nord fut il y a New York il y a quelques années.

Je suis embarqué dans une rame de métro et la porte était à peine fermée que je l’ai senti: une intense odeur de pourriture et de petits pieds. Il y avait sûrement un durian quelque part! J’ai regardé les occupants. C’était tard le soir, presque minuit, et il n’y avait pas grand monde, seulement environ 10 personnes. Je remarquais bien inconfort des autres passagers, leurs narines s’agitaient, ils regardaient les autres voyageurs avec méfiance. Certaines ont changé de wagon au prochain arrêt; une personne a commencé à entrer, mais a vite changé d’idée.

Mes soupçons sont tout de suite tournées vers une vieille dame asiatique assise à côté d’un sac d’épicerie en tissu qui semblait faire exprès pour éviter les regards. Sous prétexte de changer de place, j’ai pu jeter un coup d’œil dans le sac. Et oui, à travers les autres objets, j’ai pu voir les grosses épines d’un durian. Voilà la coupable! Mais à New York, aucune pancarte ne défend son transport, donc à qui rapporter le crime?

J’ai cru bon de changer de wagon, tout simplement.

Vous voulez y goûter?

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Durian congelé

Les durians congelés sont largement disponibles dans les grandes villes nord-américains et européens, notamment dans les épiceries asiatiques. Si vous les mangez partiellement gelés, vous pouvez goûter au fruit sans l’odeur. Mais on me dit que les durians congelés, même quand ils sont dégelés et puants à point, n’ont pas autant de goût que les durians frais.

En saison, on trouve aussi parfois des durians frais dans ces mêmes magasins, réfrigérés pour réduire l’odeur avant la vente. Les amateurs de durian se plaignent toutefois de la qualité des durians expédiés de l’Asie, disant qu’ils sont rarement aussi goûteux et odoriférants que ceux vendus réellement très frais à quelques kilomètres de leur lieu d’origine.

Si vous voulez goûter à un bon durian frais, mûri à pointe, au minimum il faudrait que vous soyez accompagné au magasin par un ami qui connaît le fruit et sait reconnaître un bon: autrement, il est trop difficile de se faire avoir, car les marchands de durian ont la réputation de passer les fruits de troisième qualité aux ignares.

Faut-il donc voyager en Asie pour goûter un vrai durian? Probablement!


Goûter à un durian: à ajouter à votre liste des choses à faire avant de mourir!20170114a

Cultiver un hibiscus à l’intérieur

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Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)

Je reçois plus de questions au sujet de l’hibiscus que presque toute autre plante. Pourquoi? Parce qu’il se comporte souvent très mal dans la maison. Apprenons alors comment réussir cette plante capricieuse… et commençons par le début, en bien identifiant la plante.

Autres hibiscus

Ni l’hibiscus vivace (H. moscheutos, à gauche) et ni l’hibiscus arbustif (H. syriacus, à droite) ne font de bonnes plantes d’intérieur et ne sont pas couverts dans ce texte.

Il faut comprendre que le genre Hibiscus, de la famille, des Malvacées, comprend plus de 200 espèces, dont des annuelles, des vivaces, des arbustes et des arbres. Dans cet article, je ne traiterai qu’une d’une seule espèce, l’hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis), qui est un arbuste d’origine tropicale.

Il se cultive en pleine terre dans régions tropicales et subtropicales et en pot, à l’extérieur l’été et à l’intérieur l’hiver, dans les régions au climat tempéré. Donc, laissez votre hibiscus vivace (H. moscheutos et espèces apparentées) et votre hibiscus arbustif ou ketmie de Syrie (H. syriacus) pousser en pleine terre. Notre sujet ici est l’H. rosa-sinensis et ce que j’écris à son sujet ne s’applique pas nécessairement à aucune autre espèce.

Description

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Hybrides d’hibiscus rose de Chine.

L’hibiscus rose de Chine (H. rosa-sinensis) est ainsi appelé parce que les premiers cultivars à atteindre l’Europe furent envoyés de la Chine. On croît cependant que l’espèce est indigène plus au sud, peut-être en Malaysie ou dans les îles du Pacifique, mais elle n’a jamais été trouvée à l’état sauvage. Et malgré son surnom «rose de Chine», il n’est pas, bien sûr, le moindrement apparenté à un véritable rosier (Rosa spp.).

D’ailleurs, le véritable H. rosa-sinensis est rarement cultivé. La plupart des variétés offertes de nos jours sont le résultat de plus de 1000 ans de croisements souvent impliquant d’autres espèces d’hibiscus.

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L’hibiscus rose de Chine devient un petit arbre dans les tropiques.

L’hibiscus rose de Chine est un arbuste ou petit arbre aux tiges ligneuses de 1 à 5 m de hauteur. Son feuillage persistant est elliptique à la marge dentée et vert foncé luisant (certains cultivars ont un feuillage panaché de blanc et de rose).

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Fleur en forme d’entonnoir avec une colonne staminale centrale.

Les fleurs à 5 pétales parfois frangées forment un entonnoir largement ouvert, comme une antenne parabolique, avec au centre une colonne staminale qui réunit le stigmate à 5 lobes et les étamines jaunes.

La couleur d’origine des pétales était rouge, mais on trouve aujourd’hui une vaste gamme de couleurs: rose, jaune, orange, blanc, et même, chez les hibiscus de collection, des teintes de violet et de bleu. Souvent il y a un œil central rouge. Certaines variétés ont des fleurs doubles. Les fleurs peuvent mesurer de 10 cm à 15 cm de diamètre, même 20 cm pour les variétés de collection.

Tristement, les fleurs ne durent qu’une seule journée (parfois 2 pour certains cultivars modernes), mais la plante en produit d’autres pendant une longue saison de floraison, presque toute l’année sous des conditions optimales.

Hibiscus courants ou de collection?

Les hibiscus rose de Chine vendus couramment en pépinière ont des fleurs relativement petites (10 cm), habituellement unicolores, simples ou, plus rarement, doubles. Souvent ils sont vendus sans nom de cultivar. Ce sont habituellement des variétés très florifères, ce qui assure une floraison durable. Très honnêtement, ce sont probablement les meilleures variétés pour le jardiner moyen.

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Hibiscus de collection

Il y a toutefois aussi des hibiscus de collection, souvent avec des fleurs multicolores de grande taille. Quand vous en voyez un, il est difficile de résister à son charme. Par contre, la floraison est nettement moins abondante et souvent limitée à l’été. Ces variétés sont difficiles à trouver localement, à moins de vivre sous les tropiques où il peut avoir des pépinières spécialisées: il faut presque toujours les commander par la poste. Ils sont souvent difficiles à bouturer: parfois il faut les greffer sur d’autres hibiscus si vous voulez les multiplier.

Hibiscus sur tige

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Hibiscus sur tige

On peut aussi se procurer des hibiscus cultivés sur une tige dressée, parfois même tressée. Il ne s’agit pas d’un hibiscus génétiquement distincte, mais plutôt d’un hibiscus commun taillée de façon spéciale. Vous pourriez d’ailleurs tailler tout hibiscus pour en former un arbre si vous voulez. Il suffirait de choisir une branche dressée pour servir de tronc, de supprimer toute tige ou feuille à la base de ce tronc et tailler le sommet du tronc plus fréquemment de façon à stimuler une bonne densité de branches.

L’entretien d’un tel hibiscus est d’ailleurs strictement le même que pour tout autre hibiscus.

Pourquoi l’hibiscus change de forme

La plupart des hibiscus courants ont été traités avant la vente avec un régulateur de croissance. Ce produit chimique stimule une réduction de la longueur des tiges sans toutefois affecter la floraison. La plante reste alors compacte et densément feuillue. Son effet peut durer 6 mois et plus et vous prenez donc pour acquis que c’est ainsi que votre hibiscus se comporte naturellement. Vous avez alors la surprise de votre vie quand tout d’un coup les branches commencent à s’allonger et le feuillage, à s’espacer, donnant un grand arbuste nettement plus clairsemé.

Mais c’est ainsi qu’un hibiscus croît vraiment. Ces régulateurs de croissance n’étant pas disponible aux consommateurs, vous devriez alors contrôler la taille de votre hibiscus par la taille.

Culture

Je me restreints ici à expliquer la culture de l’hibiscus rose de Chine sous les climats tempérés, là où il doit passer l’hiver à l’abri. Je laisse l’explication de sa culture en pleine terre toute l’année, soit dans les zones de rusticité 9 à 12, à d’autres.

Non, l’hibiscus n’est pas une plante d’intérieur de culture facile. Il faut une certaine expérience pour bien le réussir et je ne le recommande pas aux novices. Faites votre main avec des dracénas et des philodendrons avant de vous lancez dans sa culture!

De plus, mieux vaut traiter l’hibiscus comme une plante d’intérieur qui séjournera à l’extérieur pendant l’été. Il est difficile à cultiver à l’intérieur à longueur d’année.

Éclairage

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Il faut du soleil pour réussir un hibiscus.

Il faut un maximum de soleil pour bien réussir un hibiscus. Pendant l’hiver, placez-le dans l’endroit le plus ensoleillé que vous avez, sans doute près d’une fenêtre orientée au sud. Quand le soleil commence à s’intensifier au printemps, vous pouvez l’éloigner de la fenêtre pendant les heures les plus chaudes.

On peut aussi supplémenter le soleil ou même le remplacer avec un éclairage artificiel intense. Utilisez une minuterie pour lui offrir 16 heures de lumière par jour. Il est toutefois difficile d’éclairer également une plante d’une aussi grande taille: souvent une plante cultivée sous un éclairage artificiel fleurit à son sommet, mais perd ses feuilles inférieures.

L’été, quand la température nocturne dépasse fidèlement 10˚C, commencez à acclimater la plante aux conditions extérieur en le plaçant à l’ombre pendant quelques jours, puis la mi-ombre avant de l’exposer au plein soleil.

Arrosage

En période de croissance, arrosez abondamment dès que le terreau est sec au toucher. En période de semi-dormance, l’hibiscus peut s’assécher davantage.

Température

20170113O.jpgIl peut tolérer jusqu’à 0˚C (même moins pendant de courtes périodes), mais mieux vaut éviter de l’exposer à des températures inférieures à 10˚C si vous voulez garder la plante en croissance. Il est souvent plus facile à cultiver si vous êtes capable de maintenir une température fraîche (environ 15˚C) pendant l’hiver.

Curieusement, malgré ses origines tropicales, l’hibiscus peut arrêter de fleurir quand il fait trop chaud (plus de 32˚C environ). Par période de canicule, donc, il peut être utile de le transporter temporairement à un emplacement plus ombragé et frais.

Humidité

L’hibiscus est sujet à la chute des feuilles et des b0utons floraux quand il est exposé à l’air sec, une situation courante dans nos maisons l’hiver. Aussi, sous de telles conditions, il est davantage sensible aux infestations d’insectes. Mieux vaut alors utiliser un humidificateur ou un plateau humidifiant pour augmenter l’humidité pendant les mois d’hiver.

Fertilisation

L’hibiscus est une plante gourmande et apprécie des fertilisations régulières, mais à moins de le cultiver sous un éclairage artificiel, où la lumière est intense toute l’année, mieux vaut l’encourager à ralentir un peu l’hiver en arrêtant les fertilisations entre octobre et la fin de février. On peut le fertilisez avec tout engrais, réduisant le taux à un quart du dosage recommandé.

Rempotage

L’hibiscus fleurit mieux quand il est un peu à l’étroit dans son pot. Donc, un rempotage dans un pot un peu plus gros aux 2 ou 3 ans suffit. Utilisez tout terreau pour plantes d’intérieur. Le meilleur moment pour le rempotage est à la fin de l’hiver (fin de février ou mars).

Taille

20170113N.jpgIl est toujours embêtant de tailler un hibiscus, car il fleurit à l’extrémité de ses branches. La tailler élimine alors toujours une partie de la floraison à venir et il prend alors plusieurs mois avant de récupérer. Pourtant, si on ne le taille pas, il devient grand et dégarni. Que faire?

En fait, il y a plusieurs possibilités. En voici deux.

Si vous avez d’excellentes conditions de culture, donc une forte intensité lumineuse, une température supérieure à 15˚C et une bonne humidité ambiante, donc une situation où votre hibiscus est capable de fleurir toute l’année, prenez l’habitude de rabattre une branche ou deux (les couper à deux tiers de leur longueur) aux 3 mois, ce qui stimulera la pousse de nouvelles branches à cet emplacement. Avec cette taille régulière, vous garantissez qu’il y aura toujours un mélange de branches matures portant des boutons floraux et de jeunes branches garantes de floraisons à venir.

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Une taille sévère à la fin de l’hiver stimulera une floraison abondante l’été.

Si votre hibiscus ne fait que vivoter pendant l’hiver, faute d’un éclairage suffisant (d’ailleurs la situation habituelle dans la plupart des maisons), rabattez plutôt toutes les branches à la fin de février, ce qui donnera à la plante le temps de refaire de nouvelles branches avec beaucoup de boutons floraux à temps pour la saison estivale.

La rentrée automnale

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Jaunissement provoqué par une rentrée trop tardive de la plante.

La plus grosse gaffe des débutants est de rentrer leur hibiscus trop tardivement. Quand on le laisse à l’extérieur longtemps, soit jusqu’à la fin de septembre ou même d’octobre, il s’acclimate à des nuits de plus en plus fraîches et de plus en plus humides. Imaginez alors le choc quand vous le rentrez subitement à la chaleur et à l’air sec de votre demeure! La plante réagit en rejetant une bonne partie de son feuillage, qui jaunit et tombe. Cela crée aussi une situation parfaite pour les insectes nuisibles qui prolifèrent sur les plantes en état de stress.

La rentrée devrait plutôt avoir lieu tôt, à la fin d’août ou au tout début de septembre, quand les conditions extérieures et intérieures sont identiques. Ainsi, pas de stress, très peu de perte de feuilles, et moins d’infestations d’insectes.

Il faut aussi bien nettoyer votre hibiscus avant de le rentrer, question d’éliminer tout insecte caché à travers son feuillage. Pour plus de renseignements à ce sujet, je vous réfère à C’est le temps de rentrer vos plantes.

Un hiver en semi-dormance

La plupart des gens n’ont pas autre choix que de cultiver leur hibiscus à la température de la pièce, mais si vous avez accès à une pièce à peine chauffée, de l’ordre de 4 ou 5˚C, vous pouvez y placer votre hibiscus pendant l’hiver. La plante n’aimera pas ce traitement et perdra presque toutes ses feuilles, mais avec ce traitement au froid et un arrosage minimal (seulement assez d’eau pour l’empêcher de mourir complètement), vous pouvez au moins la garder en vie jusqu’au printemps.

Multiplication

Il est possible de multiplier votre hibiscus par bouturage ou greffage, éventuellement même par marcottage aérien, mais seulement la première technique est normalement utilisée par les jardiniers amateurs. Beaucoup de gens se plaignent toutefois que leurs boutures d’hibiscus ne réussissent pas, mais habituellement c’est parce qu’ils essaient de faire les boutures dans l’eau (une vieille technique qu’on devrait bannir). Voici comment réellement réussir des boutures d’hibiscus.

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Boutures d’hibiscus.

Au printemps ou au début de l’été, prélevez des sections de tige de 7 à 10 cm de longueur. Enlevez toute fleur ou bouton floral et appliquez une hormone d’enracinement à l’extrémité coupée avec un coton-tige. Insérez la bouture dans un terreau humide et couvrez-la d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent pour maintenir une forte humidité. Placez l’ensemble dans un endroit assez chaud (24-27ºC) sous un éclairage moyen, sans soleil direct. Quand de nouvelles feuilles apparaissent (ce qui peut prendre entre 2 semaines et 2 mois), la bouture sera enracinée et vous pouvez commencer à l’acclimater aux conditions d’intérieur normales.

Et voilà! Bouturez un hibiscus n’est pas difficile quand vous le faites de la bonne manière!

Insectes et maladies

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Hibiscus infesté de pucerons. Photo: Éric Trépanier

Un hibiscus stressé est comme une aimante pour les insectes indésirables: cochenilles, aleurodes, pucerons, araignées rouges, etc. Donc la première protection est d’assurer que la plante reçoive un éclairage et une humidité atmosphérique adéquats. Ainsi, il résistera mieux à ses ennemis. De plus, surveillez votre plante attentivement et soyez toujours prêt à agir si vous remarquez la présence d’insectes. Habituellement, un traitement avec un savon insecticide (et pas un détersif à vaisselle), répété régulièrement, devrait en venir à bout.

L’hibiscus rose de Chine cultivé en pleine terre sous les tropiques est sujet à son lot de maladies fongiques, virales et bactériennes, mais elles sont peu présentes dans les régions septentrionales.

Le jaunissement et la chute des feuilles ne sont pas dus à une maladie comme tel, mais à un éclairage insuffisant, une atmosphère trop sèche, un manque d’eau ou à un changement trop radicale des conditions. Évidemment, même sous les meilleures conditions, les feuilles les plus anciennes finissent toujours par jaunir et tomber, donc une certaine chute est feuilles est inévitable.

Pour plus de renseignements

Si vous êtes très intéressé par les hibiscus, voici deux sociétés auxquelles vous pourriez adhérer: l’International Hibiscus Society (les photos sur ce site sont époustouflantes!) et l’American Hibiscus Society.20170112a

 

L’oxygène que nous respirons vient des plantes

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Les organismes photosynthétiques produisent l’oxygène que nous respirons.

Tout le monde sait que les humains — et d’ailleurs presque tous les animaux — respirent l’oxygène (O2) et ont donc grandement besoin de ce molécule pour leur survie. Cependant on oublie souvent de souligner que cet oxygène vient des plantes.

D’ailleurs, pendant la première moitié de l’existence de la planète Terre (on estime qu’elle a environ 4,5 milliards d’années), l’atmosphère de la planète ne contenant presque pas d’oxygène: moins de 1%. Cependant, l’évolution et l’expansion des cyanobactéries (précurseurs des végétaux) et des plantes, qui absorbent, utilisent et séquestrent le dioxyde de carbone (CO2) lors de la photosynthèse tout en rejetant l’oxygène comme déchet, a graduellement fait augmenter le taux d’oxygène au niveau d’aujourd’hui (environ 21%) et ce, à partir d’il y a environ 2,3 milliards d’années.

Un rappel

Cela étant le cas, je pense qu’il vaut la peine de se rappeler que c’est grâce aux plantes que nous pouvons respirer.

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La baisse du niveau d’oxygène est déjà critique dans les grandes villes.

À lui seule, la forêt amazonienne, fortement menacée par l’exploitation humaine, produit 20% de l’oxygène libéré sur Terre chaque année. Les phytoplanctons des océans que nous polluons tant en produisent encore davantage. Chaque forêt coupée et chaque aire de stationnement asphalté réduit le taux d’oxygène dans l’air et oui, il est à la baisse mondialement, surtout dans nos villes (il peut être aussi bas que 12 à 17% dans les grandes villes, facilement assez pour causer le détresse respiratoire à ses habitants).

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Même quelques plantes sur le rebord d’une fenêtre aident à maintenir un taux d’oxygène sain.

Tout ce qu’on fait pour «verdir» notre environnement — cultiver un jardin, placer des végétaux sur le patio, laisser grimper des plantes sur les murs de nos demeures, cultiver des plantes dans nos appartements, etc. — est bon pour notre santé et aussi celle de la planète.

En quelques mots: les humains doivent leur survie aux plantes. Apprenons alors à les respecter!20170112a