Quand semer les annuelles?

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Est-il temps de semer mes annuelles ou vaut-il mieux attendre un peu? Source: zynga2-a.akamaihd.net, clipartandscrap.com & assets.podomatic.net.

Dès que les journées s’allongent un petit peu, les jardiniers commencent à rêver du printemps et ont bien hâte de se préparer à la belle saison à venir, notamment en démarrant des semis à l’intérieur.

Les jardiniers sages savent se retenir un peu, mais les débutants y vont souvent allègrement, semant des graines de toutes sortes dès janvier ou février. Ils croient que, si l’étiquette indique de faire le semis 6 semaines avant le repiquage, ils auront de meilleurs résultats s’ils les sèment 12 ou 14 semaines avant le repiquage. Mais ils ont tort.

Les semis faits trop précocement ne donnent pas des plantes plus fortes et plus matures, mais des plantes étiolées et faibles aux racines comprimées qui ne reprendront qu’avec difficulté au jardin, si même elles reprennent. Ce que vous voulez est plutôt de jeunes plants fringants, pas encore en fleurs, mais pleins d’énergie et prêts à croître à toute vitesse une fois au jardin.

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Avec les semis, rien ne sert de courir, il faut semer à point! Source: www.kidsgen.com

Autrement dit, il faut faire preuve d’un peu de retenue. Dans le jardinage, comme dans la vie, rien ne sert de courir: il faut partir à point!

Dates de semis pour les plantes annuelles

La liste qui suit présente environ 150 annuelles avec la date de semis recommandée pour chacune. Si l’on indique 8 semaines, cela veut dire de les semer à l’intérieur 8 semaines avant la date où vous pensez les repiquer au jardin. Notez qu’il ne s’agit pas nécessairement de 8 semaines avant la date prévue du dernier gel, car le sol et l’air peuvent alors être encore très froids à cette date, mais probablement d’une date située de 10 à 14 jours plus tard.

Par exemple, dans ma ville (Québec), la «date du dernier gel» est le 1er juin, mais je calcule d’habitude le 10 juin comme date sécuritaire pour repiquer des semis en pleine terre.

Quand faire vos semis d’annuelles

Les dates suggérées dans la liste suivante devraient vous donner des annuelles tout à fait à point pour le repiquage au jardin.

  1. Agastache annuelle (Agastache rupestris, A. cana et autres) 8 semaines
  2. Agérate (Ageratum houstonianum) 4 semaines
  3. Alternanthère (Alternanthera dentata et autres) 11 semaines
  4. Alysse odorante (Lobularia maritima) 4 semaines
  5. Amarante (Amaranthus caudatus, A. tricolor et autres) 4 semaines
  6. Angélonia (Angelonia angustifolia) 8 semaines
  7. Arctotide (Arctotis × hybrida, anc. Venidium) 6 semaines
  8. Argémone (Argemone mexicana et autres) 6 semaines
  9. Asarine (Asarina, Lophospermum et Maurandya) 11 semaines
  10. Asclépiade de Curaçao (Asclepias curassavica) 10 semaines
  11. Bacopa (Sutera cordata) 10 semaines
  12. Balsamine (Impatiens balsamina) 4 semaines
  13. Bégonia des plates-bandes (Begonia × semperflorens-cultorum, B. × benariensis et autres espèces non-tubéreuses) 12 semaines
  14. Bégonia tubéreux (Begonia × tuberhybrida) 16 semaines
  15. Belle-de-jour (Convolvulus tricolor) 5 semaines
  16. Bident (Bidens aurea, B. ferulifolia et autres) 6 semaines
  17. Bijoux d’Opar (Tanlium paniculatum et autres) 6 semaines
  18. Browallia (Browallia spp.) 8 semaines
  19. Calibrachoa Million bells (Calibrachoa × hybrida) 8 semaines
  20. Canna (Canna spp.) 8 semaines
  21. Capucine (Tropaeolum majus et autres) 2 semaines
  22. Célosie (Celosia argentea et autres) 4 semaines
  23. Centaurée annuelle (Centaurea cyanus et autres) 4 semaines
  24. Cerinthe (Cerinthe major) 10 semaines
  25. Chou d’ornement (Brassica olearcea acephala) 4 semaines
  26. Chrysanthème annuel (Glebionis carinatum [anc. Chrysanthemum carinatum] et autres) 6 semaines
  27. Cinérarire maritime (Senecio cineraria et autres, Centaurea cineraria) 12 semaines
  28. Clarkia élégant (Clarkia unguiculata, syn. C. elegans) 6 semaines
  29. Cléome (Cleome hasslerana et autres) 4 semaines
  30. Cloches d’Irlande (Moluccella laevis) 10 semaines
  31. Cobée (Cobaea scandens) 10 semaines
  32. Coquelicot (Papaver rhoeas et P. commutatum) Semer en pleine terre.
  33. Calliopsis (Coreopsis tinctoria et autres) 6 semaines
  34. Cordyline australe (Cordyline australis, syn. C. indivisa) 15 décembre
  35. Coréopsis annuel (Coreopsis tinctoria et autres) 6 semaines
  36. Cosmidium (Thelesperma burridgeanum, syn. Cosmidium burridgeanum) 6 semaines
  37. Cosmos (Cosmos bipinnatus et C. sulphureus) 4 semaines
  38. Courge ornementale (Curcubita pepo et Lagenaria siceraria) 3 semaines
  39. Cynoglosse (Cynoglossum amabile) 6 semaines
  40. Dahlia moyen et géant (Dahlia × hortensis) 8 semaines
  41. Dahlia nain (Dahlia × hortensis) 6 semaines
  42. Datura double (Datura metel et autres) 16 semaines
  43. Dichondra (Dichondra repens) 8 semaines
  44. Dolique (Lablab purpureus, syn. Dolichos lablab) 6 semaines
  45. Dracéna des jardins (Cordyline australis, syn. C. indivisa) 15 décembre
  46. Dusty Miller (Senecio cineraria et autres, Centaurea cineraria) 12 semaines
  47. Érable de maison (Abutilon spp.) 12 semaines
  48. Eucalyptus (Eucalyptus cinerea, E. globulus et autres) 10 semaines
  49. Euphorbe panachée (Euphorbia marginata) 6 semaines
  50. Félicia (Felicia bergeriana et F. heterophylla) 4 semaines
  51. Ficoïde glaciale (Dorotheanthus bellidiformis et Mesembryanthemum crystallinum) 10 semaines
  52. Fuchsia (Fuchsia × hybrida) 14 semaines
  53. Gaillarde annuelle (Gaillardia pulchella) 4 semaines
  54. Gazania (Gazania rigens) 6 semaines
  55. Géranium — voir Pélargonium
  56. Giroflée des jardins (Matthiola incana) 6 semaines
  57. Gloire du matin (Ipomoea tricolor, I. nil, etc.) 3 semaines
  58. Godétie (Clarkia amoena, anc. Godetia amoena) 6 semaines
  59. Gomphréna (Gomphrena globosa et autres) 6 semaines
  60. Gourde ornementale (Curcubita pepo et Lagenaria siceraria) 3 semaines
  61. Gueule-de-loup (Antirrhinum majus) 6 semaines
  62. Gypsophile des murailles (Gypsophila muralis) 6 semaines
  63. Gypsophile élégante (Gypsophila elegans) 4 semaines
  64. Hélénie annuelle (Helenium amarum) 8 semaines
  65. Héliotrope (Heliotropium arborescens) 10 semaines
  66. Hunnemannie (Hunnemannia fumariifolia) 6 semaines
  67. Hypoestes (Hypoestes phyllostachys) 10 semaines
  68. Immortelle à bractées (Xerochrysum bracteatum, syn. Helichrysum bracteatum) 6 semaines
  69. Immortelle ailée (Ammobium alataum) 6 semaines
  70. Immortelle annuelle (Xeranthemum annuum) 6 semaines
  71. Immortelle rose (Rhodanthe chlorocephale rosea et R. manglesii, syn. Acroclinium et Helipterum) 6 semaines
  72. Impatiente de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) 4 semaines
  73. Impatiente de Nouvelle-Guinée (Impatiens × hawkeri) 10 semaines
  74. Impatiente des jardins (Impatiens walleriana) 10 semaines
  75. Impatiente jaune (Impatiens auricoma et ses hybrides) 8 semaines
  76. Irésine (Iresine herbstii et autres) 10 semaines
  77. Julienne de Mahon (Malcomia maritima) 4 semaines
  78. Kochia (Bassia scoparia, syn. Kochia scoparia) 6 semaines
  79. Laurentia (Laurentia axillaris, syn. Isotoma axillaris) 14 semaines
  80. Lavatère annuelle (Lavatera trimestris) 6 semaines
  81. Lin annuel (Linum grandiflorum, L. usitatissimum et autres) 3 semaines
  82. Linaire (Linaria reticulata, L. maroccana, etc.) 8 semaines
  83. Linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium, syn. C. glaerosum) 16 semaines
  84. Lisianthus (Eustoma grandiflora) 18 semaines
  85. Lobélie érine (Lobelia erinus) 8 semaines
  86. Malcomia maritime (Malcomia maritima) 4 semaines
  87. Marguerite bleue (Felicia bergeriana et F. heterophylla) 4 semaines
  88. Marguerite de Dahlberg (Thymophylla tenuiloba, syn. Dyssodia tenuiloba) 6 semaines
  89. Melampodium (Melampodium paludosum) 6 semaines
  90. Mélinet (Cerinthe major) 10 semaines
  91. Mignonnette (Reseda odorata) 6 semaines
  92. Millet glauque (Pennisetum glaucum) 8 semaines
  93. Million bells (Calibrachoa × hybrida) 8 semaines
  94. Mimule (Mimulus × hybridus) 8 semaines
  95. Muflier (Antirrhinum majus) 6 semaines
  96. Némésie (Nemesia strumosa et autres) 6 semaines
  97. Némophile (Nemophila spp. (4 semaines)
  98. Nicandre (Nicandra physaloides) 6 semaines
  99. Nielle des blés (Agrostemma githago et autres) 6 semaines
  100. Nierembergie (Nierembergia hippomanica et autres) 10 semaines
  101. Nigelle (Nigella damascena et autres) 6 semaines
  102. Nolana (Nolana paradoxa et N. humifusa) 4 semaines
  103. Œillet d’Inde (Tagetes patula et T. patula × erecta) 4 semaines
  104. Œillet de Chine (Dianthus chinensis) 8 semaines
  105. Œillet de poète (Dianthus barbatus) 8 semaines
  106. Œillet des fleuristes (Dianthus caryophyllus) 10 semaines
  107. Ostéospermum (Osteospermum ecklonis, syn. Dimorphotheca ecklonis) 6 semaines
  108. Pavot à opium (Papaver somniferum, syn. P. laciniatum, P. paeoniflorum) 6 semaines
  109. Pavot de Californie (Eschscholzia californica) 2 semaines
  110. Pavot somnifère (Papaver somniferum, syn. P. laciniatum, P. paeoniflorum) 6 semaines
  111. Pélargonium des jardins, géranium des jardins (Pelargonium × hortorum) 12 semaines
  112. Pélargonium-lierre, géranium lierre (Pelargonium peltatum) 12 semaines
  113. Pennisétum (Pennisetum villosum, P. setaceum) 6 semaines
  114. Pensée (Viola × wittrockiana) 8 semaines
  115. Penstemon annuel (Penstemon hartwegii, P. × gloxinioides, etc.) 12 semaines
  116. Pervenche du Madagascar (Catharanthus roseus) 12 semaines
  117. Pétunia (Petunia × atkinsiana et autres) 10 semaines
  118. Phacélie (Phacelia campanularia, P. tanacetifolia et autres) 4 semaines
  119. Phlox annuel (Phlox drummondii) 6 semaines
  120. Pied d’alouette annuel (Consolida ambigua, C. regalis, anc. Delphinium) 6 semaines
  121. Plante aux éphélides (Hypoestes phyllostachys) 10 semaines
  122. Pois de senteur (Lathyrus odoratus) 4 semaines
  123. Pourprier (Portulaca grandiflora) 6 semaines
  124. Quatre-heures (Mirabilis jalapa) 6 semaines
  125. Queue de lièvre (Lagurus ovatus) 6 semaines
  126. Reine-marguerite (Callistephus chinensis) 6 semaines
  127. Renouée orientale (Persicaria orientale, syn. Polygonum oriental) 4 semaines
  128. Renouée tapissante (Persicaria capitatum, syn. Polygonum capitatum) 10 semaines
  129. Ricin (Ricinus communis) 4 semaines
  130. Rose d’Inde (Tagetes erecta) 4 semaines
  131. Roselle rouge (Hibiscus acetosella) 10 semaines
  132. Rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta) 6 semaines
  133. Salpiglosse (Salpiglossis sinuata) 8 semaines
  134. Sauge éclatante (Salvia splendens) 6 semaines
  135. Sauge farineuse (Salvia farinacea) 12 semaines
  136. Sauge hormin (Salvia viridis, syn. S. horminus) 6 semaines
  137. Scabieuse des jardins (Scabiosa atropurpurea) 6 semaines
  138. Sensitive (Mimosa pudica) 10 semaines
  139. Soleil (Helianthus annuus et autres) 4 semaines
  140. Soleil du Mexique (Tithonia rotundifolia) 6 semaines
  141. Souci (Calendula officinalis) 6 semaines
  142. Spilanthe (Acmella oleracea, syn. Spilanthes acmella) 11 semaines
  143. Statice (Limonium sinuatum et autres) 4 semaines
  144. Tabac d’ornement (Nicotiana alata, N. sylvestris et autres) 6 semaines
  145. Talinum d’Opar (Tanlium paniculatum et autres) 6 semaines
  146. Thunbergie ailée (Thunbergia alata) 6 semaines
  147. Torénia (Torenia fournieri et autres) 8 semaines
  148. Tournesol (Helianthus annuus et autres) 4 semaines
  149. Trachélie (Trachelium caeruleum) 10 semaines
  150. Vervaine hybride (Verbena × hybrida) 10 semaines
  151. Verveine bonne à rien (Verbena bonariensis) 8 semaines
  152. Vinca annuel (Catharanthus roseus) 12 semaines
  153. Zinnia (Zinnia elegans, Z. haageana, Z. angustifolia, etc.) 4 semaines
  154. Zinnia africain (Melampodium paludosum) 6 semaines
  155. Zinnia rampant (Sanivitalia procumbens) 6 semaines
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Source: jardinierparesseux.com

Maintenant que vous connaissez la date de semis recommandée pour vos annuelles préférées, sortez donc un calendrier et faites un compte à rebours pour savoir le meilleur moment pour les semer dans votre région.

Si vous voulez plus de détails sur la façon de faire les semis, incluant des conseils plus spécifiques sur les plantes présentées ci-dessus, je vous recommande de consulter mon livre Les idées du jardinier paresseux: semis.

Bon semis!

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La bonne soucoupe pour un arrosage efficace

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Pour que les plantes soient heureuses, la soucoupe devrait mesurer au moins autant en diamètre que le rebord du pot. Source: http://www.wmpot.co.uk.

Saviez-vous que la taille de la soucoupe compte pour beaucoup dans la survie de vos plantes d’intérieur?

Effectivement, la soucoupe devrait avoir un diamètre aussi large que celui du pot ou légèrement plus grand. Par exemple, pour un pot qui mesure 15 cm de diamètre à son sommet, la soucoupe correspondante devrait aussi être d’au moins 15 cm.

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Cette soucoupe est de la bonne taille: elle est du même diamètre que le pot. http://www.mycutegraphics.com

Pour choisir une soucoupe de la bonne taille, placez-la à l’envers sur le sommet du pot. Vous verrez instantanément si elle est d’une taille acceptable ou si elle est trop petite.

Peu de gens le savent, mais une soucoupe horticole de la bonne taille est conçue pour contenir, quand on la remplit presque au bord, assez d’eau pour humidifier tout le terreau dans le pot.

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Les pots suspendus ont presque toujours une soucoupe de taille dérisoire et alors il est pratiquement impossible d’arroser adéquatement les plantes qui y poussent, du moins sur place. Mieux vaut apporter ces plantes à l’évier et faire tremper la potée dans l’eau de 10 à 30 minutes, les laissant bien sûr s’égoutter avant de les replacer. Ainsi, vous leur assurerez un arrosage digne de ce nom. Source: amazon.com

Trop de gens choisissent une soucoupe trop petite; d’ailleurs, la plupart des pots décoratifs qui viennent avec une soucoupe incorporée ont une soucoupe nettement trop exiguë! Le résultat est que, quand vous arrosez la première fois, la soucoupe commence à déborder avant que la plante soit satisfaite de la quantité appliquée. Ne voulant pas faire de dégâts, vous versez moins d’eau la fois suivante. Voilà que la pauvre plante commence à souffrir d’un manque d’eau chronique. Votre effort pour «ne pas faire de dégâts» l’a emporté sur la santé de la plante et peut même peu à peu la tuer!

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Cette soucoupe semble visuellement appropriée à la taille du pot, mais en fait, elle est trop petite et la plante qui y poussera risquera de souffrir de stress hydrique. Source: http://www.wmpot.co.uk

Ne vous fiez pas non plus aux apparences quand vous choisissez une soucoupe! Comme un pot est plus étroit à la base qu’à son sommet, les humains trouvent généralement une soucoupe un peu serrée d’une esthétique plus agréable qu’une soucoupe de la bonne taille, que nous jugeons généralement «un peu disproportionnée». Regardez la photo au début de ce blogue: n’est-ce pas que la soucoupe paraît un peu trop grosse? Pourtant, elle est exactement de la taille qui convient aux dimensions du pot!

Changez la soucoupe d’après les besoins en arrosage

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Cet oiseau de paradis (Strelitzia reginae) est nettement trop gros pour le pot dans lequel il pousse, mais en prenant une soucoupe plus large que la normale, il y aura moyen de l’arroser adéquatement. Source: http://www.homedepot.com

Quand les plantes deviennent trop grosses pour leur pot, elles s’assèchent plus rapidement qu’auparavant, nécessitant parfois deux ou même trois arrosages par semaine. La solution idéale serait bien sûr de les rempoter dans un pot plus gros… mais parfois vous n’avez pas le temps pour le faire dans l’immédiat. Si c’est le cas, en attendant, placez le pot dans une soucoupe plus large ou plus haute que normalement. Ensuite, quand vous arrosez, remplissez la soucoupe d’eau et la plante sera capable d’en absorber plus qu’avant et ainsi de «patienter» plus longtemps jusqu’au prochain arrosage.

Il peut être nécessaire de faire quelques essais avant de trouver la soucoupe qui contient exactement la quantité d’eau qu’il faut pour bien humidifier la motte de racines, mais vous finirez par la trouver.


Cette tendance à utiliser une soucoupe trop petite est une des causes principales du célèbre «pouce noir» dont plusieurs personnes disent souffrir. Augmentez la taille de la soucoupe et soudainement votre pouce deviendra nettement plus vert!20180112A www.wmpot.co.uk.jpeg

 

La vie sexuelle olé olé des orchidées

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Les orchidées utiliseraient n’importe quel subterfuge — mais vraiment n’importe quel! — pour séduire un pollinisateur! Source: thecliparts.com, Clipart Library & pngimg.com

Beaucoup de végétaux produisent du pollen en quantités copieuses, pollen qui est libéré massivement dans l’air et transporté au loin par le vent, dans l’espérance qu’une seule graine trouve par hasard une fleur réceptive de la bonne espèce. Cela fonctionne (sinon, les espèces en question auraient disparu), mais quel gaspillage d’une ressource précieuse! Parfois, le paysage au complet est couvert d’une mince couche de pollen qui ne servira jamais.

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Typiquement, les fleurs pollinisées par des insectes doivent offrir beaucoup de nectar pour contenter leurs transporteurs de pollen… mais les orchidées ne sont pas aussi généreuses! Source: www.sarahplusbees.com

D’autres végétaux utilisent un agent de transport de pollen plus fiable que le vent, habituellement un insecte, parfois un oiseau (un colibri, par exemple) ou un mammifère (certaines chauves-souris). Habituellement, ils offrent une quantité abondante de nectar à tout passant. Pensez à la marguerite commune [Leucanthemum vulgare] qui peut être pollinisée indifféremment par une abeille, une mouche, un papillon ou une guêpe. De plus, elle produit plus de pollen que strictement nécessaire pour les pollinisateurs qui aiment en manger un peu. Elle peut se permettre d’être généreuse, car elle calcule que l’un de ses nombreux invités, chargé de pollen après sa visite, atterrira éventuellement sur une autre plante de la même espèce et y laissera choir un peu de son pollen, ce qui assurera la fécondation. Si cela vous paraît risqué, sachez que ce l’est beaucoup moins que de lancer le pollen en l’air en espérant qu’il tombe au bon endroit!

Or, les orchidées ne sont pas aussi généreuses. Bien qu’elles soient presque toujours pollinisées par des insectes (plus rarement par des mammifères ou des oiseaux) et que leur pollen lourd ne puisse pas être transporté par le vent, elles sont très chiches dans leur production de pollen. Elles ne produisent pas des «quantités» de pollen, mais seulement deux pollinies (masses de pollen) par fleur. Évidemment, il est alors très important pour la fleur que l’insecte qui prend ses pollinies si rares les dépose sur une autre orchidée de la bonne espèce. Ainsi, les orchidées font tout pour plaire à leur pollinisateur préféré, utilisant des combinaisons savantes de couleurs, de parfums, de formes, de goûts et de textures pour mieux le séduire.

L’orchidée abeille

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La fleur de l’orchidée abeille (Ophrys apifera) imite parfaitement une abeille femelle, même jusqu’aux ailes. Source: BerndH, Wikimedia Commons

L’orchidée abeille (Ophrys apifera), une orchidée terrestre européenne appelée aussi (et je ne l’ai pas inventé!) orchidée prostituée, en est un exemple. Cette orchidée produit une fleur qui est physiquement presque identique à la femelle de ses abeilles solitaires pollinisatrices (genres Tetralonia et Eucera). Elle est de la même couleur, de la même taille et offre même une texture hirsute similaire. Mais le coup de grâce est le parfum: la fleur dégage une phéromone (hormone sexuelle) très similaire à celle de la femelle de l’abeille, mais juste assez différente pour être spécialement aguichante. Ainsi, si elle a à choisir entre la fleur et une femelle, l’abeille mâle préférera souvent la fleur!

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Abeille mâle (Eucera sp.) avec des pollinies d’orchidée collées sur la tête. Source: pinterest

En essayant de copuler avec elle, le mâle se place justement au bon endroit pour ramasser les pollinies de la fleur qui lui restent alors collées sur la tête. Frustré, il s’en va et évite les prochaines fleurs d’orchidée abeille qu’il voit, se souvenant de son insuccès. Mais plus il s’en éloigne, plus l’envie lui reprend et alors il s’essaie de nouveau avec une plante située à une certaine distance. Cela assure une pollinisation croisée, ce qui convient à l’orchidée, car cette autre plante sera génétiquement assez éloignée de la fleur d’origine, évitant ainsi toute consanguinité.

Lorsque ce mâle se pose  sur la nouvelle fleur, les pollinies collées sur sa tête se trouvent coincées par une structure de la fleur et sont carrément arrachées… et d’autres se collent à lui avant qu’il ne reparte.

On peut souhaiter qu’il finisse par trouver une dulcinée de son espèce avant de mourir d’épuisement!

Beaucoup d’orchidées imitent la senteur des insectes femelles et incitent la pseudocopulation des mâles, mais peu imitent aussi bien l’apparence de la femelle que l’orchidée abeille.

Des fleurs trompeuses

Une situation semblable n’est pas rare parmi les orchidées. Beaucoup d’orchidées sont mimétiques: elles imitent d’une façon ou d’une autre (par l’odeur, l’apparence, la texture, etc.) un insecte ou autre objet qui peut attirer les insectes et ce, bien sûr, dans le but d’affrioler un pollinisateur.

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Beaucoup d’orchidées sont des trompeuses: elles n’offrent rien à leurs pollinisateurs. Source: scarletblack.ca & moziru.com

Une estimation suggère que, sur les 20 000 espèces d’orchidées, environ 8 000 sont ce qu’on appelle des «fleurs trompeuses»: elles prétendent offrir quelque chose d’intéressant à un pollinisateur, mais ne livrent pas la marchandise. Parfois, comme dans le cas de l’orchidée abeille, c’est le sexe. D’autres fois, c’est un parfum qui suggère une abondance de nectar.. mais quand l’insecte visite la fleur, il n’y a rien à siroter. Et parfois, le leurre est beaucoup plus imaginatif!

Un essaim d’abeilles

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La floraison de plusieurs oncidiums, dont O. sphacelatum, rappelle un essaim d’abeilles. Source: sitecgdw.com

Par exemple, certains Oncidium d’Amérique du Sud et centrale ont des fleurs qui imitent subtilement l’apparence des abeilles du genre Centris, mais ce n’est pas dans le but de les attirer sexuellement. Les petites fleurs sont regroupées en masse sur des tiges arquées qui bougent sous la moindre brise, au point même d’avoir l’air de frémir. Quand l’abeille Centris, de nature très territoriale, voit ce qui semble être un essaim de ses congénères envahir son espace, elle passe à l’attaque… et, ce faisant, ramasse des pollinies par accident. Fatiguée de l’affrontement, elle se retire, mais voyant un autre affront à son territoire ailleurs, elle attaque aussi le 2e essaim de fleurs et y dépose les pollinies, assurant ainsi la fécondation. Puis, elle repart avec les pollinies de la deuxième plante… et ainsi de suite.

Le sabot de la vierge

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La «sabot» du sabot de la vierge (ici Cypripedium pubescens) est un piège à insectes. Le prix pour en ressortir est de ramasser les pollinies de la fleur! Source: D. Gordon E. Robertson, Wikimedia Commons

Il ne faut pas croire que les orchidées trompeuses sont strictement originaires des tropiques. Le joli sabot de la vierge (Cypripedium spp.), une orchidée des forêts des régions tempérées de l’hémisphère nord, n’est pas en reste. Malgré un nom qui semble promettre une pureté immaculée, elle est tout aussi aguicheuse que les orchidées tropicales… et comme tant d’autres, ses promesses sont fausses.

Son labelle, un pétale muté en forme de sabot, dégage une odeur mielleuse qui promet un abondant nectar. L’insecte (une mouche, un bourdon ou une abeille solitaire, selon l’espèce de sabot de la vierge en question) atterrit sur le labelle et cherche le nectar. Il avance un peu… pour se retrouver sur la surface lisse de l’intérieur du labelle. Ainsi, il glisse jusqu’au fond du labelle, certain d’avoir touché le gros lot, mais non, il n’y a pas de nectar du tout. Pire, quand il essaie de s’en aller, des poils inclinés vers le bas l’empêchent de remonter par le même chemin: il est donc prisonnier. Éventuellement, il découvre une ouverture au fond de la fleur. Il s’y rend, mais doit se tortiller pour passer… déposant les pollinies, s’il en portait, et, en sortant du trou, s’en faisant coller de nouvelles.

Des odeurs moins agréables 

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Peu de fleurs d’orchidées sont aussi répugnantes que celles de Bulbophyllum phalaenopsis. Puantes, elles semblent grouiller d’asticots. Source: C T Johansson

La gigantesque orchidée Bulbophyllum phalaenopsis ne gagnera sûrement pas de concours de beauté. Ses pétales rouge pourpré ressemblent à de la viande pourrie et grouillent d’excroissances rappelant des asticots. De plus, elle dégage une odeur nauséabonde… le tout, pour attirer son pollinisateur préféré, la mouche à charogne.

Elle n’est pas seule, d’ailleurs. Plusieurs orchidées, dont les Dracula, attirent les mouches pollinisatrices avec une odeur qui paraît désagréable à nos narines, mais qui est considérée comme le parfum le plus séduisant au monde par les mouches.

Des fleurs qui imitent d’autres fleurs

Quand une plante abondante et attrayante a trouvé la clé de succès avec les pollinisateurs, il n’est pas rare qu’une orchidée du secteur apprenne à l’imiter pour profiter de ses pollinisateurs.

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Les deux premières fleurs nourrissent leurs visiteurs, mais la dernière est une fleur trompeuse et n’offre rien. Source: Guérin Nicolas, Mercewiki et Dick Culbert, Wikimedia Commons

En Amérique du Sud et centrale, par exemple, il y a une asclépiade (Asclepias curassavica) et un lantana (Lantana camara) dont les fleurs partagent la même coloration (orange avec un centre jaune) et aussi les mêmes pollinisateurs — notamment des guêpes et des papillons — et qui produisent tous deux beaucoup de nectar pour assurer leur fréquentation assidue par leurs transporteurs de pollen préférés. Alors, certaines espèces d’Epidendrum — dont E. radicans — se sont mises à les imiter en produisant des fleurs avec exactement les mêmes couleurs… mais avec la différence que ces orchidées n’offrent rien en récompense. Trompeuses, elles profitent de l’intérêt des insectes pour les fleurs des deux autres espèces pour assurer leur fécondation, mais ne produisent aucun nectar.

Plus encore

Évidemment, il y a beaucoup d’autres déviances dans la vie sexuelle tordue des orchidées dont j’aurais pu vous parler:

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On appelle le Catasetum fimbriatum l’orchidée arbalète tellement il lance son pollen avec force! Source: catasetum-ian.blogspot.ca

• Les Catasetum lancent leurs pollinies sur la tête de leur pollinisateur avec une telle force qu’il est parfois sonné ou même tué par l’expérience;

• L’orchidée de Darwin (Angraecum sesquipedale) tient tant à préserver son nectar des voleurs qu’elle l’emmagasine au fond d’un éperon de 30 cm de longueur. Ainsi, seul son pollinisateur exclusif, un papillon nocturne nommé Xanthopan morgani praedicta, dont la trompe est juste assez longue, peut aller le chercher;

• Le Holcoglossum amesianum, si son pollinisateur ne se présente pas, s’autopollinise d’une façon très physique que je n’oserais pas décrire dans un blogue qui pourrait être lu par des enfants;

• Etc.


Décidément, les orchidées sont des aguicheuses… et elles séduisent les humains aussi, puisque nous les récompensons pour leur tendance à s’offrir de façon si éhontée en les cultivant dans nos maisons et nos jardins!

Les plantes nid d’oiseau

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Fougère nid d’oiseau (Asplenium nidus). Source: Pedro García, flickr

Cela fait longtemps que les fougères nid d’oiseau (Asplenium nidus et plusieurs espèces similaires, comme A. antiquum et A. australasicum) me fascinent. Leur nom vient du fait que leurs frondes simples en forme de langue (très différentes des frondes très découpées de la majorité des fougères) forment une rosette en forme de corbeille, semblable à un nid d’oiseau. De plus, pour pousser l’analogie avec les oiseaux encore plus loin, leurs jeunes feuilles, encore vert pâle, sont enroulées comme une balle et l’on peut dire qu’elles ressemblent à des œufs au centre du nid… mais cela n’est pas toujours si évident!

Curieusement, il arrive que de véritables oiseaux construisent leurs nids dans des fougères nid d’oiseau. Par exemple, le serpentaire de Madagascar (Eutriochis astur), un rapace, renonce souvent à construire son propre nid et s’installe simplement dans le nid prêt à l’emploi d’une grande fougère nid d’oiseau.

Fait pour faire face à un style de vie aérien difficile

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Dans la nature, Asplenium ndus pousse en épiphyte, fixé sur un arbre. Source: http://www.fazfacil.com.br

Aussi mignon que le port d’une fougère nid d’oiseau puisse sembler aux humains, ce type de fougère n’a pas évolué de cette façon pour plaire à nos yeux, mais plutôt dans un but très pratique. En effet, les fougères nid d’oiseau sont normalement épiphytes (des plantes qui poussent sur des branches d’arbres), bien qu’elles se fixent également aux parois rocheuses et tombent parfois sur le sol pour continuer à croître en tant que plantes terrestres.

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Le centre du nid se remplit de feuilles mortes et d’autres déchets. Source: LaboratorTEBA, YouTube

Or, le mode de vie des épiphytes est assez rude. Notamment, l’écorce nue sur laquelle les racines s’accrochent offre peu d’humidité et de minéraux… et c’est là où le port particulier des fougères nid d’oiseau les aide à compenser. Leur «nid» attrape et retient des feuilles et des fleurs mortes, des fientes d’oiseaux et d’autres détritus qui peuvent ensuite se décomposer lentement, nourrissant la fougère. Aussi, les détritus deviennent spongieux en se dégradant, retenant l’eau de pluie et aidant ainsi la fougère à faire face aux périodes de sécheresse.

Les botanistes anglophones appellent les plantes avec ce type de croissance «trash-basket plants» (plantes panier à déchets), un nom plutôt malheureux, ne pensez-vous pas? Parfois, on voit aussi le terme détritophile. Je préfère «plantes nid d’oiseau», une description beaucoup plus sympa.

Autres fougères nid d’oiseau

Mais Asplenium nidus et ses cousins ne sont pas les seules plantes nid d’oiseau. De nombreuses plantes épiphytes ont développé un port similaire, c’est-à-dire qu’elles utilisent leur feuillage ou d’autres organes pour attraper les feuilles mortes et s’en nourrir, ainsi que pour stocker de l’eau. C’est notamment le cas de la longue fougère (Campyloneurum phyllitidis) et de la fougère crocodile (Microsorum musifolium), les deux formant des rosettes un peu moins symétriques que les Asplenium.

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Les frondes vertes des drynaires (ici, Drynaria quercifolia) font de la photosynthèse; les frondes basales brunes attrapent les déchets et l’eau de pluie. Source: avrotor.blogspot.ca

D’autres fougères ont développé une autre technique pour attraper la litière.

Les drynaires (Drynaria spp.), par exemple, des fougères épiphytes qui poussent fixées aux branches d’arbres ou aux roches, produisent deux types de frondes. Ces fougères produisent à la fois de longues frondes vertes profondément découpées qui recueillent l’énergie du soleil, comme le font la plupart des feuilles, et qui produisent aussi des spores pour assurer les futures générations de la plante, et aussi des frondes basales très différentes: elles sont courtes, entières, stériles (ne produisent jamais de spores) et généralement brunes. Elles forment un genre de panier qui recueille la litière et les débris organiques, fournissant ainsi à la fougère des éléments nutritifs. Même mortes, les frondes basales continuent de servir les drynaires!

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Fougère corne d’élan (Platycerium bifurcatum) dans la nature, avec ses frondes fertiles vertes et ses frondes basales brunes qui se collent sur l’arbre-hôte et qui attrapent aussi les feuilles mortes et l’eau de pluie. Source: D. Gordon E. Robertson, Wikimedia Commons

Il y a beaucoup d’autres fougères avec un port similaire, dont une qui est couramment cultivée comme plante d’intérieur: la fougère corne d’élan (Platycerium spp.). Les fougères corne d’élan ont aussi des frondes fertiles vertes qui s’étendent vers l’extérieur pour attraper le soleil et des frondes basales courtes, en forme de bouclier, qui brunissent rapidement. Appuyées contre un tronc ou une surface rocheuse, ces frondes basales protègent les racines de leur fougère de la dessiccation, mais aussi, la marge supérieure s’ouvre vers l’extérieur pour attraper les feuilles mortes et l’eau. La plupart des propriétaires de fougères corne d’élan n’ont aucune idée de la curieuse raison d’être de ces frondes bizarres en forme de bouclier.

Au-delà des fougères

Pourquoi les fougères auraient-elles l’exclusivité d’une bonne idée? Des plantes épiphytes dans plusieurs autres familles ont adopté une stratégie similaire.

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Le nid d’oiseau géant (Anthurium salvinii) n’est pas une fougère, mais une plante à fleurs aux feuilles beaucoup plus coriaces. La ressemblance est toutefois remarquable. Source: http://www.htbg.com

Le vaste genre Anthurium contient plus de 1000 espèces de plantes terrestres, grimpantes et épiphytes, dont certaines, comme A. andreanum, A. scherzerianum et leurs hybrides, sont populairement cultivées comme plantes d’intérieur pour leurs belles fleurs, mais n’ont pas du tout un port de type nid d’oiseau. Par contre, un groupe d’environ 100 espèces, y compris A. hookeri, A. plowmanii et A. salvinii, a développé ce port en forme de panier. À cause de la taille exceptionnelle de plusieurs de ces anthuriums (certains sont aussi gross qu’une auto Smart), on les appelle parfois nid d’oiseau géant.

Les feuilles gigantesques, épaisses, coriaces et en forme de pagaie peuvent mesurer un mètre de longueur et forment une rosette inévitablement remplie de feuilles mortes, du moins, dans la nature. Les anthuriums nid d’oiseau poussent typiquement comme épiphytes au début, jusqu’à ce que leur poids énorme les fasse s’écraser au sol où ils continuent leur vie comme plantes terrestres.

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Les racines d’Anthurium salvinii sont dressées et se mélangent aux feuilles mortes en son centre. Source: myjunglegarden.com

Curieusement, leurs racines épaisses ressemblant à celles des orchidées poussent vers le haut et non vers le bas, et ce, afin de se faufiler à travers la litière.

Les anthuriums nid d’oiseau font d’excellentes plantes d’intérieur et sont faciles à cultiver… si vous avez l’espace nécessaire pour ces géants!

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Bulbophyllum beccarii. Source: Scott Zona, Wikimedia Commons

Et il y a aussi des orchidées nid d’oiseau. Bulbophyllum beccarii, par exemple, une orchidée épiphyte, qui produit des feuilles spatulées similaires à celles des Asplenium et des Anthuriums et qui attrape la litière forestière de la même manière.

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Ansellia africana dans la nature, poussant en épiphyte, avec ses racines dressées formant un nid d’oiseau qui attrape les feuilles mortes. Source: http://www.orchidboard.com

D’autres orchidées, notamment dans les genres Ansellia, Cyrtopodium et Grammatophyllum, ont adopté une autre technique.

Dans leur cas, ce ne sont pas les feuilles qui forment le nid, mais leurs racines. En effet, elles produisent deux sortes de racines: des racines normales, qui poussent vers le bas et qui les fixent sur le tronc ou la branche, mais aussi de longues racines aériennes orientées vers le haut qui forment un nid ou panier tout autour de la plante et qui attrapent les feuilles mortes et autres débris. Plusieurs de ces orchidées nid d’oiseau sont gigantesques, parmi les plus grandes orchidées au monde… et comme chez les fougères nid d’oiseau, parfois des oiseaux viennent y faire leur nid. On a déjà vu le hibou grand duc (Bubo bubo), l’un des plus grands rapaces nocturnes au monde, s’y installer.

Curieusement, en pot, les orchidées nid d’oiseau ne produisent pas de racines aériennes dressées, sauf lorsqu’elles sont stressées par un manque d’azote.

Les ultimes plantes nid d’oiseau

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Les ultimes plantes nid d’oiseau: les broméliacées (ici des Neoregelia hybrides) avec leur citerne qui se remplit d’eau. Source: pxhere.com

Toute recherche au sujet des plantes nid d’oiseau conduit inévitablement au groupe le plus efficace d’entre tous pour attraper l’eau et les déchets, soit les broméliacées-citernes. Ces plantes, trouvées dans plusieurs genres de la famille des Broméliacées, y compris Aechmea, Billbergia, Guzmania, Neoregelia et Vriesea (mêmes certaines espèces de Tillandsia y appartiennent) sont épiphytes ou lithophytes (elles poussent sur des rochers) et forment une rosette de feuilles si bien scellée qu’elle retient parfaitement l’eau de pluie qui s’y accumule en permanence. En conséquence, le point de croissance de ces plantes est constamment sous l’eau, ce qui a fait dire à un botaniste que les broméliacées-citernes sont les seules plantes aquatiques qui poussent dans les arbres! Ces plantes ont, pour la plupart, des racines qui se fixent sur des objets, mais n’absorbent pas l’eau. Elles «boivent» à travers les trichomes (écailles) qui recouvrent leurs feuilles plutôt que par leurs racines.

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Une grenouille mâle (Ranitomeya variabilis, anc. Dendrobates variabilis) qui vient déposer les têtards fixés sur son dos dans la citerne d’une broméliacée. Source: sbl.royalsocietypublishing.org

Il est intéressant de savoir que cette citerne ne fait pas que capter l’eau de pluie, les feuilles et les fleurs mortes, les excréments d’oiseaux et d’animaux, etc., mais aussi, qu’elle accueille toutes sortes de petits animaux, des microbes aux larves de moustiques et même aux têtards… dont les excréments aident à nourrir la plante. Autrement dit, chaque broméliacée-citerne est en fait son propre petit biome!

Les broméliacées-citernes font d’excellentes plantes d’intérieur et vous en trouverez différents types dans toutes les jardineries.


Que vous les appeliez «plantes panier à déchets» ou plantes nid d’oiseau, ces plantes sont absolument fascinantes et il vaut la peine non seulement d’en apprendre davantage à leur sujet, mais aussi d’en cultiver. Essayez-en une aujourd’hui!20180114B Asplenium ndus www.fazfacil.com.br

C’est la saison des catalogues horticoles!

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Source: jardinierparesseux.com

Les catalogues horticoles commencent à arriver en grand nombre au début de l’année: d’abord les catalogues de semences, un peu plus tard les catalogues de bulbes d’été, puis enfin les catalogues de vivaces, de fruitiers et d’outils de jardinage, ces derniers souvent seulement vers le mois d’avril. En fait, ils sortent plus ou moins dans l’ordre de livraison du produit final. Les semences sont expédiées aussitôt que la commande est passée, car il vous faut semer plusieurs variétés à l’intérieur en plein hiver. On vous envoie les bulbes d’été au printemps, mais après que le risque de gel soit passé, car là encore, il y a des variétés à démarrer dans la maison. Quant aux vivaces et fruitiers, ce sont les derniers à arriver (et souvent les derniers catalogues à paraître), car vous n’en avez pas besoin avant qu’il soit temps de planter en pleine terre, généralement pas avant mai.

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Les catalogues imprimés sont de plus en plus rares. Source: 20180113B http://www.rustica.fr

Autrefois, les catalogues par correspondance étaient imprimés et étaient disponibles seulement par la poste, mais de nos jours, presque tous les catalogues ont une version Web et d’ailleurs, plusieurs catalogues sont maintenant disponibles seulement en ligne. À cause des coûts d’impression et d’expédition, chaque année voit paraître de moins en moins de catalogues imprimés.

Une longue histoire

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Catalogue de toutes sortes de graines du Sieur d’Andrieux, datant de 1766. Source: http://www.jardinsdefrance.org

Les commandes de plantes et de semences par catalogue ont une longue histoire, datant du 18e siècle. D’ailleurs, jusqu’à l’arrivée des jardineries (centres-jardin) dans les années 1950-60, c’était souvent la seule source de végétaux pour les jardiniers amateurs. Je me souviens des livraisons de pommiers à la ferme de mon père: les petits arbres arrivaient à racines nues et sans feuilles, de simples fouets avec une étiquette d’adresse attachée à leur tronc. Croyez-le ou non, ils reprenaient toujours! De nos jours, cependant, les plantes sont beaucoup mieux emballées et arrivent généralement en parfait état. (Sinon, on avise le fournisseur qui les remplace alors.)

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Commande de semences. Source: projetresource.wordpress.com

Quant aux semences, le système n’a pas changé depuis des générations. Contrairement aux plantes vivantes, qu’il faut commander de son propre pays (à moins d’obtenir un permis d’importation de son gouvernement et un certificat phytosanitaire de la pépinière fournisseuse, ce qui augmente de beaucoup les coûts), on peut généralement commander des semences de n’importe où dans le monde sans permis spécial. Les semences arrivent dans une enveloppe (un paquet s’il y en a beaucoup). L’enveloppe contient les sachets de semences, semblables aux sachets de semences qu’on voit en jardinerie, mais généralement sans illustration.

Commander au 21e siècle

Le paiement est beaucoup plus facile aujourd’hui que par le passé. Autrefois, vous deviez envoyer un chèque ou vos informations de carte de crédit par la poste, avec la complication que, si une plante ou une semence était en rupture de stock, le fournisseur devait soit faire des ajustements et vous rembourser la partie de votre commande non livrée, soit vous offrir un crédit sur les commandes futures, soit vous envoyer des «substituts» en guise de compensation: pas toujours des végétaux que vous vouliez.

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Avec la plupart des catalogues en ligne, quand vous cliquez sur «Aller au panier», vous avez tout de suite le total de votre commande. Il n’y a donc rien à calculer. Source: http://www.whperron.com

De nos jours, le plus simple est de commander en ligne (même si vous utilisez un catalogue imprimé pour faire vos recherches, il y a toujours un formulaire de commande en ligne que vous pouvez remplir). Pas besoin de calculs compliqués avec les commandes en ligne: en général, vous entrez le nom du produit et la quantité requise et cliquez sur «Aller au panier» pour obtenir automatiquement le total de la commande. Autrefois, il fallait remplir un formulaire papier et faire des additions, en plus de calculer soi-même les coûts de livraison et les taxes: les erreurs étaient si faciles à faire!

De plus, vous pouvez désormais payer instantanément par carte de crédit ou PayPal. En général, vous recevrez une confirmation par courrier électronique dans les minutes qui suivent: quelle efficacité!

Ce que j’aime le plus par rapport aux commandes par papier, c’est que vous savez tout de suite si un produit est en rupture de stock (cette information s’affichera automatiquement), ce qui vous permet de décider si vous souhaitez le commander ailleurs ou si vous préférez choisir plutôt une autre variété.

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Plusieurs catalogues vous permettent de créer une liste de vos variétés préférées. Source: semencesduportage.com

J’aime aussi l’option «Ajouter à mes favoris» ou «Ajouter à ma liste» offerte par certains catalogues en ligne. Je passe alors allègrement à travers le catalogue, y ajoutant toutes les plantes qui m’intéressent, puis je fais la même chose avec les autres catalogues. Ensuite, j’ouvre toutes mes listes de favoris des différents catalogues (un grand écran est très utile!) et je fais mon choix final. J’avais l’habitude de le faire sur papier, mais cela représentait plus d’efforts.

Vous pouvez également créer une liste de vos variétés préférées en ajoutant des plantes au «panier», puis en soustrayant plus tard les variétés que, finalement, vous ne commanderez pas, mais une «liste» (liste de favoris) est différente. C’est une liste permanente et à votre nom que vous pourrez retourner visiter dans le futur. Peut-être que vous ne voulez pas commander la plante X cette année, mais plutôt l’an prochain. La liste des favoris sera là quand vous retournerez sur le site. C’est un système qui me convient parfaitement!

Souvent à bon prix

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Les comandes postales sont souvent économiques. Source: fr.fotolia.com

Plusieurs jardiniers néophytes seront surpris d’apprendre que les semences, végétaux et outils vendus par la poste coûtent souvent moins cher que les produits équivalents offerts en jardinerie, même quand on y ajoute les frais de livraison. C’est que les fournisseurs postaux n’ont pas à maintenir un coûteux magasin dans un espace commercial fortement taxé avec bon nombre d’employés: souvent, il s’agit d’entreprises familiales et ils font leur travail à partir de leur bureau à domicile!

100 catalogues à découvrir

20180113K .pngAllez à Catalogues sur la page Jardinier paresseux pour voir une liste de plus de 100 catalogues de semences, de plantes, d’outils, etc. Il s’agit d’une liste qui saura surtout être d’intérêt aux jardiniers canadiens*, car je n’y ai inclus que des compagnies canadiennes ou qui expédient au Canada sans nécessiter un permis quelconque. Le nombre de fournisseurs postaux ne cesse d’augmenter avec les années et je vous remercie de me signaler tout fournisseur que j’aurais oublié.

Notez que les fournisseurs inclus dans cette liste doivent nécessairement vendre par la poste: c’est vrai qu’il existe d’incroyables pépinières locales qui offrent des végétaux extraordinaires, mais je vise ici des sources où mes lecteurs n’auront pas à se déplacer pour faire leurs achats.

*Toutes mes excuses aux amis et amies d’autres pays de me limiter à une liste canadienne, mais imaginez l’effort que j’aurais eu à mettre pour créer une liste individuelle pour chaque pays au monde! Je me suis donc limité à ce que je connais, soit les catalogues horticoles qui livrent dans mon pays. Voici toutefois un site français qui offre un choix de fournisseurs de semences européens.

Bonne chasse aux semences et aux végétaux!20180113A FR.

Les effets du dégel hivernal sur les végétaux

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Il n’y pas que les bonshommes de neige qui souffrent quand il y a un dégel au milieu de l’hiver. Source: www.tswails.com

Dans l’est de l’Amérique du Nord, une longue période de temps anormalement froid en décembre 2017 et au début de janvier 2018 a fait geler le sol en profondeur. Mais maintenant, dans plusieurs régions, nous subissons un temps anormalement doux et bien au-dessus du point de congélation.

Qu’est-ce que cette situation peut faire à nos plantes de jardin? Et est-ce qu’on peut faire quelque chose pour leur donner un coup de main?

La situation idéale

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Tant que la couche de neige reste en place, les plantes sont assez bien protégées du froid. Source:  http://www.greenpeaklandscaping.com

Dans un climat aux hivers froids, la situation idéale pour les végétaux est quand la température baisse progressivement à l’automne et qu’elle reste relativement froide pendant tout l’hiver, avec un réchauffement graduel au printemps. Cela permet aux plantes de s’acclimater graduellement au froid et de rester en dormance pendant tout l’hiver, conservant ainsi leur résistance jusqu’au printemps.

Mais la situation est rarement idéale. Après un automne trop doux, l’hiver peut arriver rapidement avant que les plantes ne soient prêtes. Ou encore, les températures peuvent jouer au yoyo pendant l’hiver : doux, froid, doux, froid, etc.

C’est exactement ce dernier cas que nous subissons actuellement: un dégel en plein hiver, le célèbre «dégel de janvier». Les températures en dents de scie ne sont jamais bonnes pour les plantes, même en été, mais l’effet est décuplé l’hiver, notamment si le redoux dure assez longtemps pour commencer à enlever aux plantes leur acclimatation au froid.

Que peut-il se passer?

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Sous l’effet de la chaleur, la neige, même si elle ne fond pas complètement, devient chargée d’eau et perd en bonne partie sa capacité isolante. Source: www.erieinsurance.com

  • La neige devient chargée d’eau. La neige qui s’accumule au sol est généralement remplie d’espaces d’air et offre alors aux végétaux une excellente protection contre le froid. Lors d’un dégel, par contre, les espaces d’air se remplissent d’eau venant de la fonte, mais aussi de la pluie qui accompagne souvent le dégel. La qualité isolante de la neige est alors de beaucoup diminuée et la protection des plantes aussi.
  • La neige fond. On peut espérer que toute la neige ne fondra pas, mais elle peut le faire par endroits, laissant les plantes de ce secteur encore moins protégées.
  • La neige devient glacée. Quand une neige pleine d’eau est exposée au froid de nouveau, elle devient glacée, ce qui réduit encore davantage sa capacité isolante. De plus, même quand les plantes sont profondément dormantes, il y a habituellement un certain niveau de respiration et de ventilation qui se fait. Si la neige se transforme en glace, rendant la respiration et les échanges d’air difficiles ou même impossibles, cela peut affaiblir ou tuer les végétaux.

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    Si jamais vous avez déjà installé une patinoire sur le gazon chez vous, vous savez à quel point la glace peut endommager les plantes. Source: www.joshuahouse.com

  • Le sol exposé se couvre d’eau qui, avec le retour du froid, gèle complètement. La glace solide ne laisse plus les plantes respirer du tout et, ayant peu d’effet isolant, laisse aussi pénétrer tout froid à venir. C’est la pire situation possible et elle provoque souvent la mort par asphyxie et par le froid de plusieurs végétaux.
  • L’écorce des arbres peut se fissurer quand un dégel important est suivi d’un grand froid. Cela arrive surtout chez les arbres relativement jeunes à l’écorce encore mince. On appelle cette blessure une gélivure.
  • Des branches prises précédemment dans la neige sont libérées. C’est le seul bienfait réel d’un dégel hivernal. Si la branche est bien libre de neige et de glace et n’est plus gelée dur (si elle a retrouvé sa flexibilité), vous pouvez la surélever du sol et peut-être l’étayer pour vous assurer que cela n’arrive plus.

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    N’essayez pas d’enlever le verglas des végétaux. Vous risquez plus de les briser que de les aider. Source: davermfarm.wordpress.com

  • La pluie verglaçante (qui accompagne parfois les dégels) peut faire plier ou casser des branches. N’essayez toutefois pas de redresser des branches couvertes de glace: vous les briseriez. Quand la glace fond et que les branches regagnent leur flexibilité normale, vous pouvez les redresser. Sinon, laissez-les penchées… tout l’hiver si nécessaire. Casser la glace qui recouvre les branches brisera davantage la plante que la laisser courbée.
  • La capacité des végétaux de supporter le froid (l’acclimatation au froid) diminue en situation de dégel, surtout si le dégel persiste. Ainsi, même une plante «bien rustique» comme un sapin peut souffrir de dommages si le froid reprend après un long redoux. Il faut toutefois une semaine ou plus de temps doux pour vraiment voir cet effet.

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    L’éranthis (Eranthis hyemalis) est parmi les premières plantes à sortir au printemps et peut fleurir aussi tôt qu’en janvier… mais seulement si le dégel persiste longtemps ou si le climat est très doux (zone 8 ou plus).  Source: http://www.easytogrowbulbs.com

  • Les végétaux se réveillent et commencent à pousser. Il faut que le dégel dure encore plus longtemps et que la température soit nettement supérieure au point de congélation pour qu’un tel réveil ait lieu. Même là, plusieurs plantes habituées au froid ne seront pas dupes. Quand le dégel a lieu au début de l’hiver (décembre, janvier), ces végétaux «sentent» que l’hiver n’est pas encore terminé et restent en dormance. Ce sont les plantes moins adaptées au climat local, souvent des plantes importées de climats plus doux, qui réagissent ainsi. Plusieurs de ces plantes qui commenceront à pousser trop hâtivement peuvent tolérer le retour du froid (notamment les hellébores et les bulbes comme le narcisse), mais d’autres peuvent être endommagées.

Que pouvez-vous faire?

Il y a relativement peu de choses que vous pouvez faire pour aider vos plantes lors d’un dégel.

La meilleure protection aurait été de les pailler l’automne précédent, car le paillis est un excellent isolant peu influencé par les soubresauts de température, mais attendre un dégel en janvier pour y penser est un peu un cas de «trop peu, trop tard».

Vous pouvez lancer de la neige sur les plantes fragiles qui sont désormais exposées. Ou essayer de creuser une tranchée de drainage afin d’assécher un secteur couvert d’eau. Et redresser des branches courbées quand elles sont libérées de la glace et qu’elles ont repris leur flexibilité.

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Utilisez les branches de votre sapin de Noël pour recouvrir les plantes fragiles dégagées de la neige… ou pour protéger ce qu’il reste de la neige. Source: Bonnie Soleau, pinterest

Pouvez-vous poser une protection hivernale, comme un cône à rosier ou un géotextile isolant? Oui, mais vous découvrirez qu’il est difficile de poser de tels gestes dans un paysage enneigé. Idéalement, il aurait fallu penser à cela à l’automne.

Si votre sapin de Noël est toujours disponible, coupez ses branches et recouvrez-en les plantes fragiles les plus exposées. Sinon, peut-être avez-vous des conifères dans le secteur dont vous pourriez utiliser quelques branches. Ou achetez du paillis (votre propre réserve, si vous en fabriquez, est probablement gelée dur) et recouvrez-en les plantes fragiles (surtout des plantes déjà peu rustiques).

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Ne marchez pas dans une plate-bande en train de dégeler à moins de porter des raquettes. Source: www.mainetourism.com

Essayez de marcher le moins possible sur les sols en train de dégeler, car le passage des pieds compacte terriblement le sol et peut endommager les végétaux qui y dorment. Si vous devez y aller, portez des raquettes.

Personnellement, s’il y a des végétaux qui souffrent sérieusement du dégel, plutôt que de les protéger davantage, j’aurais plutôt tendance à les laisser aller, puis à les enlever au printemps, car de toute évidence ils ne sont pas bien adaptés à mes conditions et je ne tiens pas à maintenir artificiellement en vie des plantes faibles. Mais, évidemment, je suis un jardinier paresseux et je vois peut-être la situation un peu différemment des autres jardiniers.

La situation en janvier 2018

À cause du froid des dernières semaines, la plupart des sols sont profondément gelés cette année, ce qui aidera à ralentir la fonte de la neige et à empêcher les végétaux de reprendre leur croissance trop hâtivement. Par contre, pour la même raison, toute flaque d’eau qui se formera aura de la difficulté à se drainer et risquera de devenir un bloc de glace.

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L’hiver n’est pas terminé: il y a encore de la neige à venir! Source: www.chicagonow.com

Notez que les météorologues nous annoncent une tempête de neige tout de suite après le dégel… ce qui est une excellente nouvelle, puisqu’une bonne couche de neige fraîche et isolante est la meilleure chose qui puisse arriver à nos jardins.

Je répète, c’est avant le dégel, à l’automne, qu’il vaut mieux prévenir les dégâts hivernaux, pas pendant.

Bonne chance avec cette situation météorologique un peu exceptionnelle!

Contrôlez les mouches du terreau (sciarides)

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Les sciarides sont petites, mais combien dérangeantes! Source: media.pixcove.com & moziru.com

Vous êtes assis tranquillement dans votre salon et, subitement, une petite mouche noire – vraiment minuscule! – passe devant votre visage en zigzagant. Vous la chassez avec une main. Attirée par le CO2 que vous dégagez, elle revient. Vous finissez par l’avoir… mais bientôt une autre apparaît.

Quel est cet insecte? Et d’où vient-il?

Certains la prennent pour une mouche des fruits (Drosophila spp.), mais ce ne sont pas les fruits qui l’intéresse. Elle semble plutôt venir de vos plantes d’intérieur.

Il s’agit sans doute d’une mouche du terreau ou sciaride, un diptère de la famille des Sciaroidae. On estime qu’il en existe plus de 20 000 espèces travers le monde, mais la plupart des espèces qui fréquentent les plantes d’intérieur se trouvent dans les genres Scatella, Bradysia, Orfelia et Sciara. Certaines d’entre elles peuvent facilement élire domicile dans nos demeures.

Une description

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La sciaride est si petite qu’il faudrait une loupe pour en voir les détails. Source: Luis Miguel Bugallo Sánchez, Wikimedia Commons

L’adulte est une très petite mouche, mesurant rarement plus de 4 mm de longueur, de couleur noire et aux ailes transparentes ou grisâtres. Elle se tient notamment près des tas de bois de chauffage et des plantes d’intérieur, mais vagabonde aussi partout dans la maison et, tel que mentionné, semble particulièrement intéressée par l’haleine des humains.

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Larves de sciarides. Source: ag.umass.edu.

La larve, qui ressemble à un petit ver blanchâtre et translucide à tête noire d’environ 5 mm de longueur, a besoin d’humidité pour survivre et on la trouvera alors dans tout milieu organique humide, comme le bois de chauffage fraîchement entré et le terreau des plantes d’intérieur.

L’été, les adultes peuvent entrer dans la maison au vol et débuter une infestation. Par contre, ce sont par les œufs que la plupart des infestations commencent. On les rentre par accident sur le bois de chauffage et aussi quand on achète de nouvelles plantes d’intérieur ou un sac de terreau contaminés.

En effet, les terreaux pour plantes d’intérieur et pour semis ne sont jamais tout à fait stériles comme les jardiniers le pensent (le fabricant ne veut pas tuer les organismes bénéfiques qui y vivent), et alors, malheureusement, contiennent parfois des œufs de sciarides. Habituellement, les fabricants de terreau font très attention de fournir un produit de qualité et alors les contrôlent assez bien à l’origine, mais même si le terreau sort de l’usine d’emballage libre d’œufs, les adultes peuvent en pondre en magasin (toute jardinerie a inévitablement au moins une petite population de sciarides) si le sac est le moindrement percé. Un trou de moins de 1 mm suffit pour leur donner accès au terreau!

Bonne nouvelle, mauvaises nouvelles

La bonne nouvelle est que les sciarides sont généralement assez anodines.

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Sciaride adulte. Source: www.707pestsolutions.com

À part d’embêter les humains par leur simple présence (qui veut voir tante Mathilde dérangée par une nuée de moucherons quand elle vous rend visite!), les mouches adultes ne causent pas de dégâts. Elles ne mordent ni ne piquent les plantes, les humains ou les animaux. Dans la nature, elles agissent même parfois comme pollinisatrices!

Même les larves sont généralement peu dommageables: elles consomment d’abord et avant tout les matières végétales en décomposition dans le sol ainsi que de petits champignons, notamment ceux présents dans les sols toujours saturés en eau. Et là, elles peuvent être encore plus utiles que nuisibles, car en digérant ces produits, elles produisent des déjections riches en minéraux dont les plantes peuvent se nourrir.

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Parfois les larves de sciuridé s’attaquent aux radicelles des plantes. Source: Clipart Library & moziru.com

Par contre, parfois, surtout quand il n’y a rien d’autre à manger, les larves de certaines espèces (mais pas toutes) s’attaquent aux radicelles (petites racines) des plantes, en commençant par celles qui sont en train de pourrir suite à un arrosage excessif. Sur une plante en santé, cela est rarement très nuisible. Même que la «taille» qu’elles font à ces petites racines a souvent comme conséquence de stimuler la plante à produire un système racinaire plus dense et plus efficace!

Leur effet sur les semis, par contre, peut être très sérieux, car les petits plants n’ont pas encore beaucoup de racines et ne sont pas assez robustes pour supporter leur perte. De plus, les mouches adultes peuvent transporter des spores de champignons nuisibles, comme la redoutable fonte des semis. De plus, les petites blessures qu’elles laissent peuvent servir de porte d’entrée pour la pourriture, ce qui pourrait nuire aux plantules déjà mal en point.

Ainsi, même si les sciarides ne sont pas toujours très nuisibles, c’est toujours une bonne idée de les contrôler…. et très rapidement, de surcroît, quand vous remarquez que c’est un plateau de semis qu’elles infestent.

Connaître son ennemi

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Source: Knock-Out Gnats Granules

Les sciarides peuvent être présentes dans nos demeures en toute saison et produire plusieurs générations par année. L’adulte vit rarement plus de 8 jours, mais la femelle pond pendant ce temps entre 50 et 200 œufs dans un terreau humide ou des débris organiques, de préférence en présence de champignons dont l’odeur l’attire. Les œufs éclosent en environ 5 jours et les larves se nourrissent ensuite pendant plus ou moins 2 semaines. Par la suite, elles entrent en pupaison pendant 5 jours, puis les adultes émergent et le cycle recommence.

Il y a une génération aux 30 jours environ, moins par temps chaud et humide.

Comment les contrôler

Arroser correctement

La première clé de succès avec les sciarides est de comprendre qu’elles ont absolument besoin d’un terreau humide pour survivre pendant leur stade larvaire. Si vous prenez l’habitude de laisser sécher le terreau de vos plantes un peu plus longtemps, très souvent cela règle le problème complètement. D’ailleurs, plusieurs experts considèrent les sciarides davantage comme un symptôme d’arrosage excessif que comme un véritable problème en soi.

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Retarder l’arrosage d’une journée ou deux pourrait aider à éliminer les sciarides. Source: pixabay.com

Apprenez à appliquer la règle d’or de l’arrosage: arrosez abondamment, assez pour humidifier toute la motte de racines, puis attendez que le terreau soit sec avant d’arroser de nouveau. Beaucoup de jardiniers découvrent qu’ils n’ont pas besoin de plus pour bien contrôler les sciarides.

Ne vous découragez pas si cela ne semble pas fonctionner au début, toutefois: il faut compter au moins un mois avant de dire que le traitement aura atteint tous les stades de l’insecte.

Une barrière en surface

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En couvrant le terreau d’une couche de sable ou de petites pierres (ici, avec du Gnat Nix fait de verre recyclé), vous pouvez tuer l’infestation de sciarides dans l’œuf. Source:  Growstone Gnat Nix

Une autre possibilité est de rendre le terreau en surface impropre à leur développement. Les larves vivent près de la surface du terreau (à 3 cm ou moins de profondeur), car elles doivent monter régulièrement à la surface pour respirer et ont besoin d’un terreau organique constamment humide. Si vous couvrez le terreau d’une couche de 1 cm de sable ou de petits cailloux (il existe même des produits commerciaux développés spécialement à cet effet, comme le Gnat* Nix), les larves ne pourront plus y vivre… et d’ailleurs, les adultes ne pourront pas y pondre leurs œufs non plus.

*«Gnat», ou plutôt «fungus gnat» est le mot anglais pour sciaride.

Piéger les adultes

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Un piège lumineux attrapera tous les insectes volants qui osent entrer dans votre maison. Source: Catchmaster.com

Pour contrôler les adultes, des pièges collants jaunes ou, mieux encore, un piège lumineux peuvent se montrer très efficaces.

Traitement insecticides

Il est aussi possible d’arroser le sol avec un insecticide, de préférence, j’espère, un ayant peu d’effets nuisibles sur l’environnement, comme un savon insecticide ou de l’huile de neem. On peut aussi rendre le terreau moins attirant aux larves en y mélangeant de la terre de diatomées ou de la cannelle en poudre.

Des prédateurs à la rescousse

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Sac de BTI. Source: amazon.com

Le larvicide biologique Bti** (Bacillus thuringensis israelensis), une bactérie utilisée habituellement pour contrôler les moustiques, contrôle bien les larves de sciarides aussi. Faites-en une solution et arrosez le terreau quand les larves sont actives. Il y a même des formulations développées expressément à cet effet, comme Knock-Out-Gnats et Gnatrol, sinon écrasez des pastilles de type MosquitoDunk pour en faire une solution.

Il peut falloir répéter le traitement au Bti hebdomadairement pendant 3 ou 4 semaines.

**Il est inutile d’utiliser le Btk (Bacillus thuringensis kurstaki), conçu pour les larves de papillons, sur les sciarides. Il faut le Bti, spécifique aux larves de diptères (mouches).

Ou utilisez d’autres prédateurs pour contrôler les sciarides, comme des nématodes (le Steinernema feltiae, par exemple), ou des acariens prédateurs comme le Hypoaspis miles. On peut commander ces prédateurs sur Internet.


Les sciarides: souvent elles sont plus dérangeantes que vraiment nuisibles, mais, en utilisant les bons moyens de contrôle, il est relativement facile de les éliminer.20180111B Luis Miguel Bugallo Sánchez, WC