Pourquoi laissons-nous le col d’une amaryllis exposé?

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On plante habituellement l’amaryllis avec le col du bulbe exposé. Source: Centre d’information des bulbes à fleurs

On vous a probablement toujours dit que vous devez planter une amaryllis (Hippeastrum) en laissant le tiers supérieur du bulbe exposé. Ainsi de nombreux jardiniers sont convaincus que cela est absolument nécessaire, que le bulbe pourrirait si jamais il était complètement couvert de terreau.

Cependant, dans la nature, les bulbes d’amaryllis poussent complètement enfouis sous la terre, comme d’ailleurs la plupart des bulbes. Pourquoi cette différence entre la recommandation et ce qu’il se fait dans la nature?

Une question d’espace

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On laisse le col du bulbe exposé à la plantation pour permettre aux racines de se développer adéquatement. Source: www.americanmeadows.com

L’idée que le bulbe doit être planté avec son col exposé provient du fait que l’amaryllis est surtout cultivée comme bulbe d’intérieur. Le bulbe est de si grande taille que, si vous l’enterriez complètement lors de sa plantation dans un pot standard, il n’y aurait pas de place pour les racines. En plantant le bulbe avec son tiers supérieur exposé, cela laissera plus d’espace pour que ses racines se développent dans le fond du pot. Et, à l’intérieur de nos maisons, où il n’y a pas de prédateurs voraces prêts à manger toute partie du bulbe qui reste exposée, cette façon anormale de cultiver le bulbe ne lui nuit nullement.

Cependant, si jamais vous plantiez un bulbe d’amaryllis dans un pot extraprofond tout en laissant le col exposé, vous découvririez qu’il aurait tendance à se retirer peu à peu sous le sol, grâce à ses racines contractiles, pour se placer à la profondeur qu’il préfère.

En pleine terre

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Quand on cultive l’amaryllis en pleine terre, on enterre le bulbe complètement. Source: beulahacres.wordpress.com

Si vous vivez dans un climat doux où vous pouvez planter les amaryllis en pleine terre (zones de rusticité 9 à 12), vous constaterez qu’elles réussiront beaucoup mieux lorsque le bulbe est complètement enterré et donc à l’abri des prédateurs. Plantez-les dans un sol riche et bien drainé, en recouvrant à peine le bulbe. Selon le cultivar, les bulbes resteront à cette profondeur ou leurs racines contractiles les tireront davantage en profondeur avec le temps.

Certains jardiniers parviennent même à faire pousser des amaryllis dans la zone 8, voire la zone 7b, mais si c’est le cas, il est très important de planter le bulbe très profondément, soit de façon à ce qu’il soit couvert de 8 cm de terre. De plus, un épais paillis hivernal est recommandé, car votre but sera alors de protéger le bulbe contre le gel.


L’amaryllis: qui aurait pensé que la profondeur de plantation dépend directement de son utilisation?Amaryllis Stages of Growth

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Protection hivernale des rosiers

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Il faut plus qu’une tuque et un foulard pour protéger les rosiers frileux contre le froid hivernal.

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un fervent admirateur des rosiers buissons (hybrides de thé, grandifloras et floribundas). Je trouve ces plantes beaucoup trop capricieuses et sujettes aux maladies et aux insectes. Aussi, leur manque de rusticité me désole totalement. D’accord, l’étiquette indique généralement la zone de rusticité 5… mais en fait, le vendeur présume que vous savez qu’ils ont besoin de protection hivernale et inclut cette protection dans le calcul de la zone qu’il accorde. Sans protection, ils sont seulement rustiques dans les zones 7 ou 8, selon la variété.

Évidemment, dans les zones appropriées, comme presque n’importe où en Europe centrale ou méridionale ou dans le sud des États-Unis, aucune protection hivernale n’est nécessaire pour ces rosiers. Mais pour les jardiniers canadiens, une bonne protection hivernale est obligatoire presque partout.

Pris avec des rosiers gélifs?

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Les rosiers buissons ne sont pas très résistants au froid.

Vous voilà mal pris. Vous ne saviez pas qu’il existe des rosiers rustiques qui n’ont pas besoin de protection hivernale, des rosiers de zone 5, 4, 3 ou même 2, et vous avez planté des rosiers buissons (encore, hybrides de thé, grandifloras et floribundas) de zone 7 ou 8 alors que vous vivez dans une région froide (zones 1 à 5). Que faire alors, surtout maintenant que l’hiver est à nos portes?

Ma première suggestion est de les laisser crever, tout simplement. C’est d’ailleurs la meilleure solution. Pourquoi maintenir artificiellement en vie une plante mal adaptée? Il est aussi bien d’en finir le plus rapidement possible. L’an prochain, vous planterez quelque chose de mieux adapté à votre zone et votre vie de jardinier sera beaucoup plus agréable. (Il est toujours plus facile de collaborer avec dame Nature que de la combattre!)

Mais vous n’êtes pas encore rendu là dans votre cheminement de jardinier? (On commence presque tous par vouloir cultiver des plantes impossibles à cultiver!) Ainsi soit-il. Voici mes recommandations sur la façon de protéger les rosiers buissons pour l’hiver.

Mais d’abord, quand?

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L’arrivée des premières neiges est souvent le signe qu’il est temps de protéger les rosiers… du moins, ceux qui ont besoin d’une protection hivernale. Source: www.tregwernin.com

Idéalement, vous attendrez jusqu’au milieu ou à la fin de novembre ou au début de décembre, habituellement, après la chute des feuilles — oui, même quand il y a de la neige dans les parages! – avant de protéger les rosiers buissons. Ils ont généralement besoin de plusieurs nuits de -5 ou de -10 °C pour entrer solidement en dormance. Et si on installe une protection trop tôt, avant que les rosiers n’y soient prêts, ils commencent souvent à pousser hors saison sous la protection, ce qui peut être fatal pour la plante quand le vrai froid arrivera.

Le sol commence-t-il à geler? Tant mieux! Vous êtes rendus au bon moment!

Quatre méthodes pour les protéger

Cône à rosier

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Cônes à rosiers. Source: jardinierparesseux.com

C’est la méthode la plus populaire dans les régions septentrionales. On butte la base du rosier avec 15 à 20 cm de terre; on taille les branches légèrement, juste assez pour qu’elles puissent rentrer dans le cône à rosier (donc, la hauteur peut varier selon les dimensions du cône utilisé) et on pose le cône. Percez quand même quelques trous dans le haut du cône s’il n’y en a pas déjà, et ce, pour fins d’aération. Et pour tenir le cône en place, vous aurez besoin de piquets, de roches, d’une brique, etc.

Cette méthode est la moins efficace. Un cône à rosier ne garde pas la plante protégée beaucoup plus chaude qu’une plante exposée à l’air, du moins dans la plupart des situations. Son rôle est plutôt de modérer les soubresauts de température, ce qui est quand même bénéfique. Pour aider à bien protéger les rosiers couverts d’un cône à rosier des froids extrêmes, il faut de plus une bonne couverture de neige. Le résultat est que le taux de perte hivernale est souvent important, surtout quand l’hiver a été exceptionnellement froid.

Toile isolante

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Une toile isolante protège mieux les rosiers que le cône traditionnel. Source: jardinierparesseux.com

Dans cette méthode, on recouvre le rosier et d’ailleurs toute la plate-bande d’une toile isolante, soit un géotextile doublé de plastique (un géotextile de type Arbotex plastifié, par exemple). Avant de le faire, taillez les rosiers sévèrement, à 20 à 25 cm de hauteur, et enlevez toute feuille ou fleur pour prévenir les maladies fongiques. Installez des piquets un peu partout pour ne pas écraser les plantes avec la toile (elle peut devenir très lourde si elle est couverte de neige) ou couvrez-les d’une clôture à neige. Aucun buttage n’est nécessaire.

La toile agit en partie en empêchant l’air le plus froid d’atteindre la plante, mais encore davantage en attrapant et en conservant de la chaleur de fond qui remonte des profondeurs tout l’hiver. Ainsi, le rosier n’est pas seulement protégé du froid, il est carrément réchauffé.

Le taux de succès est meilleur qu’avec le cône à rosier. Malheureusement, les rosiers, ayant été sévèrement rabattus à l’automne, ne reprennent pas nécessairement une belle forme l’été suivant et paraissent alors souvent chétifs et inégaux si on ne les taille pas attentivement au printemps.

Tranchée

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Creuser une tranchée pour les rosiers gélifs est très efficace, mais nécessite beaucoup d’efforts. Source: yapayapato.seesaa.net

Cette méthode est laborieuse, mais très efficace. On l’utilise notamment pour les rosiers sur tige et les rosiers grimpants non rustiques.

À côté du rosier à protéger, on creuse une tranchée aussi longue que le rosier est haut et de 30 à 45 cm de profondeur. Déterrez ensuite les racines et couchez le rosier dedans (dans le cas des grimpants, il faut les détacher de leur support et ficeler les tiges pour les rassembler), le recouvrant après avec la terre prélevée et un bon paillis. Idéalement, on ne le taille pas sinon pour enlever les feuilles restantes (une taille plus que superficielle donnée à un rosier à l’automne est nuisible à sa santé).

La méthode de la tranchée est la technique la plus efficace pour la survie des rosiers non rustiques. Le taux de survie est de presque 100 %. Par contre, c’est beaucoup de travail de creuser des tranchées partout dans la plate-bande tous les automnes et de déterrer et remettre debout les rosiers au printemps.

Les rentrer

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Un caveau à légumes est un excellent endroit pour hiverner les rosiers cultivés en pot. Source: Allen Gathman, Flickr

On déterre et empote le rosier et le conserve dans un caveau, une chambre froide ou un garage un peu chauffé pour l’hiver. C’est aussi la meilleure méthode pour conserver les rosiers cultivés en pot. La température doit rester sous ou près du point de congélation, entre -10 et 10 °C, pendant la majeure partie de l’hiver. Gardez le sol légèrement humide, arrosant au besoin. Les plantes peuvent être à la noirceur, car elles seront dormantes de toute façon.

On replante le rosier au printemps, quand il n’y a plus de risque de gel.

Le taux de réussite avec cette méthode est excellent, mais elle exige aussi beaucoup d’efforts.

Que faire au printemps

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Enlevez toute protection tôt, quand le rosier est encore dormant. Source: gardenprofessors.com

Si on peut prendre son temps pour installer les protections hivernales des rosiers à l’automne, il y a urgence pour les enlever au printemps, car souvent il y a surchauffe sous ces abris par des journées chaudes et ensoleillées. De plus, l’humidité sous la protection peut favoriser le développement de maladies fongiques. Donc, dès que les températures commencent à régulièrement dépasser 0 °C le jour, il est temps d’enlever les cônes et les toiles. Faites-le de préférence par une journée grise ou en fin de journée pour éviter que les bourgeons encore fragiles ne brûlent ou ne se dessèchent.

C’est aussi le bon moment pour ressortir les rosiers ayant passé l’hiver dans un garage ou une chambre froide.

Quant aux rosiers enterrés, replacez-les dès que le sol est dégelé.

Rosiers pour jardiniers paresseux

Voilà quelques solutions pour les jardiniers pris avec des rosiers hors zone.

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Le jardinier vraiment paresseux préférera les rosiers rustiques: ils n’ont pas besoin de protection hivernale. Source: pxhere.com

Les véritables jardiniers paresseux savent déjà qu’il n’est pas sage de planter des rosiers fragiles au froid et préféreront les rosiers rustiques adaptés à leur région, soit la plupart des rosiers arbustifs et miniatures et certains rosiers polyanthas et grimpants (voici un article sur les rosiers grimpants pour climats froids).

Aucune protection, cela veut vraiment dire aucune protection. Il est inutile d’emballer ces rosiers de jute ou de géotextile, et même nuisible de les emballer de plastique. Il n’est surtout plus nécessaire de les tailler à l’automne (l’automne n’est pas la bonne saison pour la taille d’entretien des rosiers).


J’espère que ce texte aidera à clarifier la situation et que les rosiers rustiques, notamment, n’auront plus à subir des protections inutiles posées par des jardiniers forcenés qui «ne savaient pas» et qui souvent les brisent ou les abîment.

Et pour terminer: planter des végétaux adaptés à votre climat, même dans le cas des rosiers, est toujours la meilleure chose à faire. La vie est trop courte pour la passer à emballer des plantes que dame Nature aimerait mieux voir crever!20171116A

Comment bouturer une feuille d’aloès?

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Il est facile de trouver des photos de boutures de feuilles d’aloès… même si la technique ne fonctionne pas! Source: gerbeaud.com

Question: Comment faire pour bouturer une feuille d’aloès? Ça fait deux fois que j’essaie, mais dans chaque cas, la feuille finit par pourrir et il n’y a jamais de bébé.

Louise L.

Réponse: Si vos tentatives restent vaines, c’est tout simplement parce qu’il est impossible de bouturer des feuilles d’aloès.

La feuille de l’aloès médicinal, aussi appelé aloès vrai (Aloe vera) — je présume que vous parlez de cette plante — ne porte pas de bourgeon adventif (bourgeon capable de donner naissance à une plantule). À ce que je sache, on ne peut multiplier aucune espèce d’aloès (et il y a plus de 500 espèces d’Aloe!) à partir de boutures de feuilles non plus, vu l’absence de bourgeon adventif sur les feuilles.

Mais je l’ai vu sur Internet!

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Il y a beaucoup de sites qui prétendent montrer comment bouturer une feuille d’aloès, mais l’information qu’on y trouve est tout simplement erronnée. Source: i.ytimg.com

Ce qui est curieux est de constater qu’il y a bon nombre de sites Web qui prétendent le contraire. Même des sites très sérieux!

Ces sites offrent des recommandations souvent très divergentes. Par exemple, qu’il faut: faire une coupe nette, écraser la blessure, laisser la feuille intacte, la couper en sections, laisser cicatriser la blessure, insérer la bouture dans du terreau sans tarder, appliquer une hormone d’enracinement, ne pas appliquer d’hormone d’enracinement, etc. Souvent, il y a même des photos montrant le processus recommandé étape par étape… sauf que la dernière photo, celle qui montrerait la bouture réussie, n’est jamais incluse.

Par contre, si vous cherchez sur Internet de l’information sur le bouturage des feuilles d’haworthia (Haworthia spp.) ou de gasteria (Gasteria spp.), deux plantes proches parentes des aloès (les trois appartiennent à la sous-famille Asphodeloidées de la famille des Xanthorrhoeacées) qui ont la réputation de se multiplier facilement par boutures de feuilles, vous n’aurez pas de difficulté à trouver des photos montrant justement de jeunes plants poussant à partir de boutures de feuilles.

Division

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Jeune maman aloès avec déjà deux rejets que vous pourriez facilement séparer et replanter. Source: 2.bp.blogspot.com

On peut toutefois facilement multiplier l’aloès médicinal par division.

En général, il produit une bonne quantité de rejets (bébés), ce qui fait que cette méthode est particulièrement populaire. Il s’agit de les séparer de la plante mère, de préférence en conservant des racines. Vous pouvez le faire en creusant à leur base pour les libérer en douceur ou en défaisant toute la motte pour les séparer. Ensuite, il suffit de les empoter individuellement, tout simplement, arrosant peu au début, mais davantage quand les «bébés» commencent à pousser. Notez que les rejets portant au moins trois feuilles sont plus faciles à réussir que les divisions moins matures.

Boutures de tige et de rhizome

À première vue, l’aloès médicinal ne paraît pas être apte aux boutures de tige. Après tout, cette espèce est acaule (elle produit une rosette appuyée sur le sol, sans tige visible), du moins si l’éclairage est adéquat, et ne semble pas offrir la tige nécessaire pour cette sorte de multiplication. Mais il y a bien une tige; c’est juste qu’elle est cachée sous les feuilles. Habituellement, alors, on limite le bouturage de tige aux situations où la plante mère est en train de mourir, peut-être de pourriture des racines.

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Si vous dégagez une partie de tige de toute feuille, vous pouvez bouturer la tête de la plante. Source: www.desibucket.com

Dans ce cas, il suffit de couper la tête de la plante, de dégager une section de tige de 2,5 à 5 cm en enlevant quelques rangées de feuilles dans la partie inférieure de la rosette, puis d’insérer la section de tige libérée dans un terreau plutôt sec, augmentant les arrosages lorsque des racines commencent à se former. En 3 mois, la plante devrait avoir complètement repris.

(Notez qu’il existe beaucoup d’espèces d’aloès arborescentes ou rampantes qui poussent non pas sous forme de rosette acaule, mais avec de multiples tiges ramifiées portant des feuilles bien espacées. Ces variétés se multiplient plus facilement par boutures de tige.)

On peut aussi faire des boutures de rhizome. En vieillissant, la plante développe, sous le sol, une tige épaisse (rhizome) qu’on peut sectionner et planter et qui produira assez rapidement de jeunes plantes.

Fausses boutures de feuilles

Vous pouvez même faire des (fausses) boutures de feuilles d’aloès, à condition d’inclure au moins une petite section de tige… mais les situations où cela serait le moindrement utile sont très rares, car il faudrait couper la plante mère en petits morceaux pour y parvenir. Et d’ailleurs, cela demeure officiellement une bouture de tige, puisque le plant qui pousse relève d’un bourgeon adventif trouvé sur la tige, pas sur la feuille.

Par semences

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Capsules de graines d’aloès. Source: Forest Starr & Kim Starr, Wikimedia Commons

Vous pouvez également multiplier l’aloès par semences si cela vous tente. Parfois, après une floraison, les aloès matures cultivés en plein air produisent des semences (cela arrive rarement dans le cas des aloès d’intérieur à défaut de pollinisateurs) et, si oui, vous pouvez les récolter et les semer. Sinon, les semences de différents aloès sont faciles à trouver sur Internet. Il suffit de les semer à l’intérieur comme n’importe quelle autre plante. La germination est un peu lente, mais très facile à obtenir.

Évidemment, la culture in vitro (à partir de méristèmes) donnera une autre façon de multiplier l’aloès… en laboratoire.

Mais nous voilà rendus à la limite des possibilités, car vous ne pouvez pas multiplier un aloès par boutures de feuilles. C’est tout simplement impossible!20171114A gerbeaud.com

Mésaventures dans le jardinage: un appel aux urgences?

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Attrapé par une plante… mais faut-il appeler les urgences?

Je suppose que chaque jardinier a déjà eu sa part de mésaventures. Les choses qui ne se sont pas bien déroulées ou qui ont même terriblement mal tourné. Élaguer une branche vivante au lieu de la morte, planter une «plante mystère» pour découvrir par la suite que c’était une mauvaise herbe pernicieuse, échapper accidentellement l’échelle au sol pendant que vous êtes sur le toit à nettoyer les gouttières, etc. J’ai fait tout cela et plus encore.

Cependant, il n’y a qu’une seule fois où j’ai sérieusement envisagé d’appeler aux urgences pour aider à me sortir d’une situation de jardinage, et cela remonte à plusieurs années, lorsque j’ai décidé de tailler mon puya turquoise (Puya berteroniana).

Une plante pour les plus-que-centenaires

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Les fleurs turquoise sont certainement uniques, mais quand on cultive le puya turquoise, habituellement on n’obtient qu’une rosette de feuilles très piquantes. Source: worldoffloweringplants.com et agloriousgarden.blogspot.ca

Je me demande encore pourquoi je cultivais cette plante. D’accord, sa floraison turquoise — quelle couleur unique! — est remarquable, mais on dit qu’il lui faut jusqu’à 100 ans avant d’arriver à la floraison. J’ai beau être de nature optimiste, il était peu probable que je ne la voie jamais. Sans doute que j’ai trouvé des semences en vente quelque part et que je n’ai pas pu m’empêcher de les semer. (Même aujourd’hui, je suis à peu près incapable de ne pas semer la moindre graine que je trouve.) Finalement, toutefois, le puya s’est avéré être une plante très facile à cultiver à partir de semences et faisait une excellente plante d’intérieur pour le rebord d’une fenêtre ensoleillée.

Il s’agit d’une broméliacée terrestre. Pensez à une plante d’ananas, avec le même port en rosette, mais avec des feuilles plus étroites et plus nombreuses… toutes bordées d’épines terriblement crochues. Une plante d’apparence à la fois belle… et terriblement menaçante.

Des feuilles à enlever

Au fil du temps, mon puya avait accumulé un certain nombre de feuilles mortes et jaunissantes et j’ai pensé faire un peu de ménage. Donc, je me suis installé dans la cuisine (mon lieu de jardinage intérieur de l’époque) pour enlever les feuilles endommagées. Avec des sécateurs dans une main, j’y allais d’un pas décidé.

Je surveillais les épines, bien sûr, mais avec une plante aussi accrochante, il est inévitable de se faire égratigner de temps en temps. Mais soudainement, j’ai découvert que ma main était vraiment prisonnière des épines; impossible de l’extraire. J’ai essayé de me libérer… pour voir à ce moment le poignet de la même main aussi saisi par la plante. J’étais réellement mal pris! J’ai commencé à utiliser mon autre main pour libérer la première, mais bientôt elle était prise aussi. En fait, plus je me débattais, plus les épines s’enfonçaient. Il y avait désormais du sang qui coulait de diverses petites perforations.

J’ai pensé essayer d’insérer mon pied entre le pot et ma poitrine pour donner une poussée, quitte à perdre quelques centimètres de peau, mais j’étais pieds nus… et je n’avais vraiment pas envie que mon pied aussi se fasse prendre. (Il y a une limite à faire l’idiot!) Mais que faire alors?

Devais-je appeler les services d’urgences?

J’aurais pu appeler les services d’urgence et d’ailleurs j’y ai pensé très sérieusement. Nous avions un téléphone à boutons-poussoirs dont j’aurais pu faire tomber le récepteur (c’était dans les années 1980: il n’y avait pas encore de téléphones portables!) et j’aurais certainement pu composer le numéro d’urgence avec mes orteils ou mon coude. De plus, la porte d’entrée était déverrouillée, donc pas de porte à défoncer. Mais… comment allais-je expliquer que j’avais besoin d’aide parce que mes mains étaient coincées dans une plante? Pire, mon beau-père était le chef pompier du secteur à cette époque et serait certainement venu. Avais-je vraiment envie de baisser encore dans son estime?

Donc, je me suis tout bonnement assis à la table de la cuisine, le puya en pot reposant devant moi, en attendant que ma femme rentre du travail environ deux heures plus tard. Elle a simplement coupé les feuilles avec le sécateur, comme on taille un mouton. Pas de finesse là: elle ne prêtait aucunement attention à l’état de santé futur de la plante… et à juste titre. Après deux heures de réflexion, il était désormais clair que je pourrais facilement vivre sans un Puya bertoensis dans ma collection.

Après que la plante eut été enfin libre et sagement déposée dans la poubelle, nous avons tous deux travaillé à enlever les feuilles fixées à mes mains et avant-bras. Au moins, les épines n’étaient pas du type à rompre et à rester dans la peau. Après une séance de peinture à l’iode et de pose de pansements, j’étais presque comme neuf.

Embarrassant, mais pas mortel

L’attaque du puya était une situation plus embarrassante que sérieuse… mais je ne prends plus de chance à tailler des plantes épineuses sans porter des gants à manches longues résistants aux coupures… et je ne le fais pas non plus quand personne d’autre n’est à la maison, au cas où!20171114A Fran

Rosiers miniatures: meilleur succès en pleine terre

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Les rosiers miniatures sont mignons comme tout… mais cela n’en fait pas de bonnes plantes d’intérieur! Source: bakker.com

On trouve facilement en jardinerie et dans les boutiques de fleuristes de jolis rosiers miniatures. Autrefois, on les voyait surtout au printemps et à l’été, mais maintenant, ils sont offerts à l’année. Ils sont surtout destinés à une utilisation comme cadeaux fleuris: cadeaux d’hôtesse, cadeaux d’anniversaire et, de plus en plus, cadeaux à offrir aux invités lors des mariages.

C’est la nature d’un rosier miniature d’être «mignon». Il doit ressembler à un rosier classique, mais en beaucoup plus petit. Alors, les feuilles et les fleurs doivent être proportionnelles avec la taille réduite de la plante. Tout est alors minuscule. Pour une fois, les grandes fleurs sont considérées comme indésirables.

D’après la définition des rosiéristes, un rosier de jusqu’à 90 cm de hauteur peut être considéré comme un rosier miniature si ses tiges sont minces et que ses fleurs et feuilles sont petites, mais une plante aussi grande ne passera pas la rampe auprès des jardiniers. On préfère de très petits rosiers. Ainsi, ceux qu’on voit sur le marché mesurent rarement plus de 20 à 30 cm de hauteur et de diamètre.

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Il y a une vaste gamme de variétés de rosiers miniatures. Source: Star Nursery

La gamme de couleurs et de formes est aussi vaste que chez les rosiers standards: toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sont possibles, sauf le bleu (on peut toutefois trouver des variétés à fleurs lavande), et les fleurs peuvent être simples, semi-doubles ou doubles, parfumées ou non. Il y a même des rosiers grimpants miniatures, des rosiers mousseux miniatures et plus encore, mais… ce sont les variétés très doubles au port buissonnant — celles qui rappellent en miniature les rosiers hybrides de thé — qui ont la cote et c’est ce qu’on voit le plus souvent dans les boutiques de fleuristes et les jardineries, voire dans les supermarchés.

Rosiers miniatures comme décoration temporaire

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Placez les rosiers miniatures pour créer un bel effet… au début. Après deux ou trois semaines, cependant, il faudra leur offrir des conditions plus spécifiques. Source: bakker.com

Normalement, ces rosiers ne sont pas vendus avec l’idée qu’ils pousseront et fleuriront pendant des années. Le producteur les voit comme une denrée périssable qui doit pouvoir tenir dans une maison typique pendant deux ou peut-être trois semaines. Après, la plante est censée dépérir pour finir sans doute sa vie au compost. Mais, est-ce possible de cultiver un rosier miniature toute l’année à l’intérieur?

La réponse est: oui, mais…

Rosiers miniatures comme plantes d’intérieur

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Les rosiers miniatures peuvent pousser sur le rebord d’une fenêtre pendant l’été, mais il faudra un éclairage plus intense si vous voulez les maintenir pendant l’hiver. Source: polkio.com

J’ai cultivé une petite collection de rosiers miniatures comme plantes d’intérieur pendant plusieurs années et je peux vous assurer que leur culture est non seulement possible, mais qu’il est même possible de les faire fleurir toute l’année… mais aussi, que cette culture est assez compliquée.

D’abord, il faut un éclairage maximal. Pendant l’été, un emplacement près d’une fenêtre ensoleillée peut suffire, mais l’automne et l’hiver, quand les jours sont courts et que l’intensité du soleil est faible, il faut un éclairage beaucoup plus intense. À l’époque, j’utilisais une lampe fluorescente standard (T12) à 4 tubes d’octobre à avril, plaçant les plantes tout près de la source de lumière (à environ 10 à 15 cm des tubes). Aujourd’hui, vous pourriez utiliser des tubes fluorescents T8 ou T5 (plus intenses que les T12) ou encore des lampes DEL horticoles très intenses (si votre budget le permet: ces lampes sont encore très coûteuses). Évitez de placer des rosiers miniatures d’intérieur en plein air l’été, même pendant de courtes périodes, de peur de les exposer aux insectes indésirables et aux maladies que vous rentreriez dans la maison par la suite.

Une fois le problème d’éclairage réglé, il y a la température à considérer.

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Les rosiers miniatures ne craignent pas un hiver au frais. Source: abc.net.au

En effet, les rosiers miniatures ne sont pas des plantes tropicales et doivent normalement vivre au minimum un court «hiver» une fois par année, soit au moins un mois de dormance au froid (1 à 4˚ C ou même sous zéro) tard chaque automne pour simuler la dormance qu’ils auraient normalement subie à l’extérieur. Après un mois de froid (et d’obscurité aussi, si vous le souhaitez: aucun éclairage n’est nécessaire lorsque la plante est en dormance), replacez-les à la lumière et à des températures intérieures normales et elles seront bientôt de nouveau en fleurs.

Cela dit, à cette époque (ma période «collection de rosiers miniatures» date des années 1980!), je n’avais aucun moyen logique de leur donner une dormance froide, car je vivais en appartement avec un seul thermostat: si j’avais fait baisser la température pour plaire aux rosiers, c’est ma famille qui en aurait souffert! Alors, je les ai simplement gardés en croissance toute l’année et finalement, l’absence de période de dormance hivernale ne semblait pas trop les déranger. Toutefois, je voyais bien que la floraison était moins abondante qu’elle aurait pu l’être si je leur avais donné une période de dormance en bonne et due forme.

Pour réduire la température du terreau un peu (les rosiers détestent un sol chaud!), j’ai toujours placé les pots de mes rosiers miniatures dans des cache-pots, ce qui a un effet isolant indéniable.

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Plateau humidifiant. Source: Walmart

Et ce n’est pas tout. Il faut une forte humidité en tout temps: au moins 50%. C’était facile à faire l’été, mais je devais les cultiver au-dessus d’un plateau humidifiant pour obtenir l’humidité nécessaire pendant l’hiver. Et une fertilisation régulière, mais sans exagération, avec un engrais tout usage pendant toute la période de croissance était aussi une nécessité. Plus un ménage régulier, supprimant les feuilles mortes et jaunies et les fleurs fanées, taillant les tiges qui s’allongeaient trop, etc.

J’ai quand même obtenu des résultats fort intéressants — des fleurs 12 mois par année, c’est quand même très bien! – et j’étais très fier de ma collection de rosiers miniatures, mais il reste un élément dont je ne vous ai pas encore parlé… les araignées rouges.

Des araignées rouges par centaines!

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La bête noire des rosiers miniatures cultivés à l’intérieur est l’araignée rouge. Source: rosesinc.com

C’est peut-être parce que je gardais mes rosiers miniatures à l’intérieur toute l’année, évitant alors tout contact avec les rosiers de jardin, mais je n’ai jamais eu de sérieux problèmes avec la tache noire, le blanc, la moisissure grise ou les (nombreuses) autres maladies des rosiers, pas plus qu’avec les insectes indésirables. Mais les araignées rouges (aussi appelées tétranyques à deux points, Tetranychus urticae), c’est une autre situation complètement.

Tout d’abord, les araignées rouges (qui ne sont pas de véritables araignées, mais plutôt des acariens) sont si petites et si légères qu’elles sont emportées par le moindre courant d’air. L’été, chaque fois que vous ouvrez une porte ou une fenêtre, elles pénètrent dans la maison… et ne pensez pas qu’un moustiquaire va les arrêter! Ainsi, elles trouvent inévitablement le chemin jusqu’aux rosiers cultivés à l’intérieur.

Deuxièmement, elles adorent les rosiers d’intérieur et y prolifèrent à une vitesse remarquable, faisant jaunir et tomber les feuilles, asséchant les boutons et fleurs et recouvrant les minuscules plantes de leurs toiles argentées. Je pouvais littéralement les voir, des centaines à la fois, comme de petites taches de poussière qui se promenaient sur les fils.

Les araignées rouges prolifèrent sur les plantes stressées et sont particulièrement heureuses quand l’air est sec et que les températures sont excessivement chaudes, surtout quand les plantes sont surfertilisées (un autre facteur de stress). Dans une maison moyenne, les conditions automnales et hivernales sont presque nécessairement trop sèches et trop chaudes pour les rosiers (qui aimeraient mieux être à l’extérieur à ces saisons, en pleine dormance), ainsi les araignées rouges ont libre cours.

Au cours de ma vie de jardinier amateur, j’ai souvent eu des problèmes d’araignées rouges dans les plantes d’intérieur (en plein air, la pluie empêche habituellement les araignées rouges de proliférer), mais jamais aussi sévères ni aussi dévastateurs que chez les rosiers miniatures. Vous n’auriez jamais vu des bestioles proliférer aussi rapidement!

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Contrôler les araignées rouges est facile: il suffit de rincer les tiges et les feuilles hebdomadairement. Source: faucetsdeal.com

Par contre, ce n’est pas que contrôler les acariens est si difficile. Je n’avais qu’à apporter mes plantes à l’évier chaque semaine et à les rincer avec un jet d’eau tiède. Il n’en fallait pas plus pour réduire temporairement la population d’araignées rouges afin que mes rosiers puissent prospérer de nouveau. Mais la semaine suivante, les petits monstres étaient de retour et il fallait recommencer le même traitement. Rincer, rincer, puis rincer encore. Il n’y avait pas de fin en vue.

À partir de la troisième année, j’ai commencé à faire preuve de négligence. Ma détermination à rincer mes plantes chaque semaine s’est affaiblie et j’ai commencé à perdre des plantes. (Il ne faut pas longtemps aux araignées rouges pour tuer un rosier miniature!) Finalement, il ne restait que trois ou quatre variétés de rosiers miniatures dans ma «collection», sans doute celles qui étaient peut-être un peu plus résistantes aux acariens que les autres.

En pleine terre

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Les rosiers miniatures ne sont vraiment heureux que lorsqu’on les cultive en pleine terre. Source: sarose.org.au

J’ai résolu le problème lorsque nous sommes déménagés dans notre maison actuelle, tout simplement en plantant mes rosiers miniatures en pleine terre dans une plate-bande. Ils font d’excellentes plantes de bordure dans un endroit ensoleillé au sol riche.

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On peut cultiver les rosiers miniatures en pot en plein air aussi, mais il faut alors bien isoler le pot pendant l’hiver. Source: tuinadvies.be

Vous pouvez aussi les cultiver en pot en plein air, à condition de les arroser fidèlement et de les protéger pour l’hiver.

Ils sont rustiques en zone 5, donc plus rustiques que les rosiers buissons classiques (hybrides de thé, grandifloras et floribundas, par exemple), et réussissent aussi très bien dans les zones 3 et 4 tant quand vous les couvrez de paillis l’hiver. Ainsi traités, ils fleurissent du début de l’été à la fin de l’automne. Et j’ai découvert que cela me suffisait: je ne ressens plus le besoin de les obliger à fleurir tout l’hiver à l’intérieur.

En apprenant à être un jardinier paresseux, j’ai dû parfois accepter de laisser les plantes faire ce qu’elles voulaient plutôt que ce que j’aurais aimé qu’elles fassent. Eh bien, si aller en dormance en hiver rend les rosiers miniatures heureux, ainsi soit-il!

Si vous recevez un rosier miniature en cadeau

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Un rosier miniature en pot fait une excellente décoration temporaire. Source: target.scene7.com

Si vous héritez d’un joli petit rosier miniature en pot, je vous suggère de l’utiliser temporairement comme plante ornementale, le plaçant bien en vue, sans trop vous occuper des conditions (sauf pour assurer des arrosages au besoin, dès que le terreau commence à s’assécher), car il sera capable de tolérer quelques semaines de négligence, mais après deux à trois semaines, il sera temps de sérieusement songer à le planter en pleine terre: c’est la seule façon logique de le réussir à moyen et à long terme.

Voilà qui est facile à faire si l’on vous offre le rosier quand la température extérieure permet la plantation, mais que faire si vous le recevez tard à l’automne ou l’hiver, quand le sol est gelé? Eh bien, éclairez, arrosez, humidifiez, fertilisez, utilisez un cache-pot, etc. (voir ci-dessus) pour aider à maintenir la floraison. Et n’oubliez pas de rincer le feuillage encore et encore, hebdomadairement, tout l’hiver durant. Quand le sol dégèle au printemps, plantez-le enfin en pleine terre.


Parfois, il est possible d’étirer l’utilisation d’une plante «périssable» presque à l’infini si l’on sait quoi faire… et le rosier miniature appartient bien à ce groupe.20171113A 'Dora' Parade® bakker.com

Eau d’aquarium pour arroser vos plantes

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L’eau d’aquarium peut servir pour arroser les plantes. Source: Livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux. 

Quand vous videz votre aquarium, pourquoi jeter l’eau? Elle est riche en éléments nutritifs provenant des déchets des poissons et peut servir à arroser vos plantes de maison ou de jardin, leur donnant un petit coup de fertilisant biologique bienfaisant.

Le vrai nom d’une plante gagnante

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Senecio niveoaureus Bello Grigio. Source: Les Exceptionnelles, Claude Vallée

Un lecteur, Matt D. Reed, vient de m’aviser que la très jolie épiaire Bello Grigio® (Stachys Bello Grigio), mon coup de cœur chez les annuelles en 2016 (lisez Une fontaine d’argent dans la platebande) et gagnante d’un prix Les Exceptionnelles 2017, est mal identifiée. Il ne s’agirait pas d’une épiaire (Stachys), mais plutôt d’un seneçon (Senecio), plus spécifiquement un Senecio niveoaureus. Le genre Senecio, de distribution mondiale et de la famille des Astéracées, comprend plus de 1200 espèces et est de ce fait l’un des plus vastes genres de plantes à fleurs.

Les autorités botaniques les plus sérieuses se sont toutes rangées à ce changement. D’ailleurs, personnellement, j’ai toujours trouvé que cette plante, bien qu’elle partage le feuillage blanc poilu commun à plusieurs épiaires (Stachys), ne poussait pas comme un épiaire typique, avec sa tige qui rampe à la base plutôt que de se diriger tout droit vers le haut comme une chandelle à la manière d’un épiaire classique. De toute façon, le genre Senecio est aussi riche en espèces couvertes de poils blancs que le genre Stachys et, d’ailleurs, obtient son nom (Senecio veut dire «vieil homme» en latin) de ce fait.

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Les inflorescences de Senecio niveoaureus Bello Grigio sont bien celles d’un séneçon et non pas celles d’un épiaire. Source: latin-wife.com

Certains Bello Grigio cultivés en serre froide l’hiver dernier se sont mis à fleurir, ce qui a fait découvrir le pot aux roses. Les belles inflorescences jaunes sont tout à fait typiques des fleurs de séneçon, ayant la forme de petits tournesols. On voit toutefois qu’il n’y a aucun lien — mais vraiment aucun! – avec les fleurs bilabiées des Stachys (famille des Lamiacées).

Cette découverte aidera aussi à mieux comprendre la culture de la plante, car on sait que le séneçon «neigeux à fleurs jaunes» (le sens de l’épithète niveoaureus) vient du paramo de la Colombie et de l’Équateur, une plaine de haute altitude (entre 3100 et 4600 m) où il fait de frais à froid à l’année. Si la plante se couvre complètement de poils blancs, c’est en partie pour se protéger du froid, mais aussi pour filtrer les rayons solaires, car elle pousse généralement au-dessus des nuages, pleinement exposée aux néfastes rayons ultraviolets.

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Senecio niveoaureus dans le paramo colombien. Source: Mauricio Diazgranados

Juste en expérimentant avec cette plante, plusieurs jardiniers ont appris qu’on peut en fait conserver cette «annuelle» dans la maison près d’une fenêtre ensoleillée l’hiver et ainsi obtenir plusieurs divisions, car la plante se divise au pied, pour la plate-bande de l’année suivante; mais plusieurs personnes, dont moi, se sont efforcées de garder la plante à la température de la pièce en présumant qu’elle avait une origine tropicale. Sachant qu’elle est de haute altitude, on peut désormais conclure qu’il ne faudrait alors pas se gêner pour laisser Bello Grigio subir des températures près du gel. Sans doute qu’un long automne en plein air lui conviendrait mieux qu’une rentrée subite en septembre comme celle que j’ai donnée à mes plantes cet automne.

Peut-être que, en plaçant la plante dans un emplacement frais à froid et très ensoleillé l’hiver (une serre alpine, par exemple), il serait possible de la voir fleurir chez nous et pas seulement en montagne?

Je suis très heureux de cultiver cette belle plante uniquement pour son feuillage si doux et argenté, mais si elle peut fleurir aussi, tant mieux!

L’autre avantage de connaître le vrai nom de la plante est qu’il est désormais possible d’acheter des semences de S. niveoaureus (offertes chez quelques rares fournisseurs, dont Sunshine Seeds) et d’obtenir ainsi des plants à moindres frais.

Reste qu’il est regrettable que les producteurs continuent de lancer des végétaux sur le marché sans faire une vérification au sujet de leur identité. Il me semble que la moindre des choses dont une nouvelle plante aurait besoin serait une étiquette portant le bon nom!20171111A Claude Vallée, Les Exceptionnelles