Cultiver un avocatier chez soi

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Jeune avocatier cultivé en pot. Photo: herbsathome.co

Il y a beaucoup de fruits tropicaux qu’on peut cultiver à partir d’un pépin – oranger, citronnier, manguier, dattier, caféier, etc. – mais le plus connu est probablement l’avocatier (Persea americana). Il est si fascinant de voir son gros noyau se fendre en deux et émettre une épaisse tige rigidement dressée, à mille lieux des petits semis fins de la plupart de nos légumes et annuelles. C’est aussi une excellente expérience à faire avec des enfants pour leur apprendre comment les plantes germent et poussent.

La tradition veut qu’on fasse germer le noyau au-dessus d’un verre d’eau. Si vous voulez procéder ainsi, pas de problème… mais bien sûr, ce n’est pas nécessaire. Pensez-vous que le noyau germe ainsi dans la nature? Bien sûr que non. Il germe au contact avec la terre comme toute plante normale et germera tout aussi facilement si vous l’empotez tout simplement dans du terreau. Mais la culture au-dessus de l’eau a au moins l’avantage qu’on voit le progrès de sa croissance et cela peut être une bonne expérience ludique pour les enfants. Voici comment faire dans les deux cas.

Comment faire

Il faut d’abord extraire le noyau du fruit. Photo: http://www.fitedm.com

D’abord, choisissez un avocat un peu ramolli, signe qu’il est pleinement mature. Extrayez le noyau, puis nettoyez-le et asséchez-le. Vous pouvez enlever l’enveloppe brune qui l’entoure si vous voulez ou la laisser intacte: cela ne change rien au résultat.

Au-dessus d’un verre d’eau

Suspendez le noyau au-dessus d’un verre d’eau. Photo: pjlibrary.org

Si vous voulez le faire germer au-dessus d’un verre, enfoncez 3 ou 4 allumettes ou cure-dents tout d’autour du noyau, environ au milieu, les espaçant également. Suspendez le noyau, pointe vers le haut, partie aplatie vers le bas, au-dessus d’un verre d’eau ou d’un pot Mason. Versez de l’eau dans le verre jusqu’à ce que la base du noyau touche à l’eau. Placez le tout dans un endroit plutôt chaud (20°C ou plus), rajoutant de l’eau au besoin pour que la base la touche en tout temps.

Il faut placer le noyau dans le bon sens. Photo: empressofdirt.net

Après quelques semaines, le noyau se fendra verticalement et une grosse racine descendra dans le verre. Peu après, une tige dressée sortira du sommet: c’est la germination.

Rempotez dans du terreau dès que vous voyez une racine se former. Photo: oas1s2004, reddit.com

N’attendez pas trop avant de repiquer le plant dans du terreau: la plante tolère mieux la transition quand les racines sont peu développées que quand il y a une masse de racines entremêlées dans le pot… ce qui arrive quand on la laisse trop longtemps dans un verre. Enterrez le noyau à moitié lors de l’empotage et voilà ! Vous avez un jeune avocatier en pleine croissance !

Dans du terreau

Jeune avocatier germant dans un pot de terreau. Photo: smartgardenguide.com

Il est beaucoup plus facile de faire germer le noyau dans du terreau. Il suffit de remplir un pot d’environ 10 cm de terreau humide jusqu’à 2 cm du bord. Il n’est pas nécessaire ni même recommandé de placer une couche de drainage de gravier ou de billes au fond du pot auparavant. Maintenant, extrayez et nettoyez le noyau du fruit comme ci-dessus, puis plantez-le dans le pot, couvrant sa base de terreau jusqu’à environ la moitié de sa hauteur. Placez le pot dans un emplacement chaud (20°C et plus) et attendez patiemment. Vous ne verrez pas les racines sortir, mais le noyau se fendra en deux après quelques semaines et une tige dressée en sortira.

Parfois une surprise!

Ce noyau a donné 2 tiges. Photo: Chris Dunn

Il arrive parfois que le noyau produise non pas une seule tige, mais 2, 3 ou 4. C’est que certains noyaux contiennent plus d’un embryon : on dit qu’ils sont polyembryoniques. Si oui, laissez croître toutes les tiges: la plante sera d’autant plus belle, car elle paraîtra plus dense.

Soins après la germination

Jusqu’à ce moment, la lumière n’était pas nécessaire, mais dès que la tige sort, des feuilles suivront rapidement, en seulement quelques jours, et auront besoin de lumière, beaucoup de lumière. Le plein soleil n’est pas de trop pour cette plante originaire des tropiques sud-américaines.

On traite à partir de ce moment le jeune avocatier comme une plante d’intérieur. Notamment, arrosez au besoin, quand le sol est sec au toucher. 

Il faut pincer régulièrement pour forcer un jeune avocatier à bien se ramifier. Photo: davidurban, reddt.com

Dans la nature, l’avocatier pousse tout droit vers le haut, sans la moindre ramification, afin de dépasser le plus rapidement possible les autres arbres de la forêt. Une fois qu’il a la tête au soleil, il commence à faire des branches. En pot, dans la maison, il se dirigera tout droit vers le plafond, ce qui en fait une plante d’apparence peu appétissante. Il faut le forcer à se densifier en le pinçant, c’est-à-dire en supprimant sa pointe de croissance. Dès que la tige atteint 15 cm de hauteur, pincez une première fois, puis chaque fois qu’il gagne encore environ 15 cm, pincez encore. Cela ralentira sa course vers le plafond et forcera la plante à faire quelques ramifications (l’avocatier est très chiche à ce point de vue), ce qui assurera une plus belle apparence.

Après 4 ou 5 mois de croissance, votre plante sera mûre pour un rempotage dans un pot plus gros. Par la suite, un rempotage aux 2 ans devrait suffire.

Pendant l’été, faites séjourner votre avocatier à l’extérieur, une expérience qu’il adorera… mais il faut toujours l’acclimater peu à peu avant de l’exposer au plein soleil.

Quant à la fertilisation, la première année votre avocatier vivra surtout des réserves contenues dans son noyau. Après, fertilisez-le comme toute autre plante d’intérieur, de mars/avril à octobre, avec l’engrais de votre choix à un quart de la dose recommandée.

L’air trop sec ou un terreau contaminé de sels minéraux peuvent faire brunir les feuilles de l’avocatier. Photo: OkamiTea, reddit.com


Le feuillage a tendance à brunir pendant l’hiver, victime de l’air sec dans nos maisons. Essayez d’augmenter l’humidité au moyen d’un humidificateur. Aussi, l’accumulation de sels minéraux dans le sol (qu’on voit par la formation d’un dépôt blanc ou jaune sur la paroi intérieure du pot) lui est néfaste. Prenez l’habitude de lessiver son terreau aux 3 mois, y versant abondamment de l’eau claire et jetant l’eau souillée qui sort des trous de drainage, ce qui réduira l’accumulation.

Le futur

Votre avocatier donnera-t-il des fruits un jour? C’est très peu probable. Si oui, il faudra attendre des années (7 à 15 ans) et même-là, assurer la pollinisation croisée n’est pas évidente quand vous avez seulement un arbre en fleurs. Il vaut mieux considérer l’avocatier comme une plante verte, tout simplement.

N.D.L.R. Texte adapté d’un billet originalement publié le 17 février 2015

Du BTI contre les mouches du terreau

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Ill.: http://www.clipart.email, clipart-library.com & KissClipart, montage: jardinierparesseux.com

Les mouches du terreau ou sciarides sont certainement contrariantes, surtout parce que ce ne sont pas que les plantes d’intérieur et les semis qu’elles attaquent, elles viennent aussi nous déranger personnellement. Oui, les minuscules mouches noires, ressemblant à des mouches à fruits (mouches du vinaigre) ou à des moucherons, ont tendance à nous tourner autour du visage, attirées par le CO2 que nous exhalons. D’accord, elles ne mordent pas, mais qui veut devoir partir à la chasse aux insectes dans son salon? Et si vous avez des invités: oh là là, qu’en penseront-ils?

Les mouches du terreau entrent souvent dans nos maisons sur des plantes d’intérieur nouvellement achetées, dans du bois de chauffage, dans des terreaux pour plantes d’intérieur ou pour semis contaminés ou dans divers autres objets apportés du jardin dans la maison sans être nettoyés. Elles sont très communes et presque tout jardinier qui cultive des semis ou des plantes d’intérieur les rencontrera tôt ou tard.

Larve de mouche noire. Photo: http://www.omafra.gov.on.ca

Leurs minuscules larves à la tête noire, ressemblant à de petits vers translucides, vivent dans les terreaux de nos plantes, se tenant tout près de la surface supérieure. Elles ne sont pas terriblement nocives, toutefois. Elles consomment principalement de la matière végétale en décomposition qu’elles trouvent dans le terreau ainsi que de petits champignons et algues, bien qu’elles grignotent à l’occasion quelques radicelles. Et ce sont d’ailleurs les larves qu’il faut essayer d’éliminer pour contrôler l’infestation, car vous savez où elles se trouvent. Il serait très difficile de s’en prendre aux adultes, qui volètent individuellement ici et là dans votre maison.

Les faire disparaître

Il existe différents traitements que vous pouvez utiliser pour contrôler les mouches du terreau (pour un portrait plus complet, lisez Contrôlez les mouches du terreau), mais la méthode la plus efficace pour les éliminer est sans doute de les infecter avec la même maladie qui les tue à l’état sauvage. Oui, invitez mère Nature dans votre demeure et elle se fera un plaisir de les contrôler!

On peut justement acheter des spores de cette maladie : c’est un larvicide biologique qui s’appelle Bacillus thuringensis israelensis ou BTI. C’est une souche du micro-organisme du sol BT (Bacillus thuringensis), naturellement présent dans les sols partout à travers le monde. Le BTI est depuis longtemps commercialisé pour contrôler les moustiques, mais il est moins connu qu’il fonctionne très bien aussi sur les larves de mouche du terreau.

Bien sûr, soulignons que la maladie en question n’est pas mortelle pour les humains, ni pour les animaux de compagnie ou les oiseaux, ni même pour la plupart des autres insectes, comme les abeilles et les papillons, mais spécifiquement pour les larves des diptères (les mouches). Et les moustiques, les mouches noires et les mouches du terreau sont tous des diptères. 

Le produit Mosquito Bits indique maintenant «Also controls fungus gnats», car il est officiellement homologué pour cette nouvelle utilisation. Photo: http://www.summitchemical.com

Les produits commerciaux à base de BTI ont été, jusqu’à maintenant, vendus spécifiquement pour lutter contre les moustiques et les mouches noires, mais maintenant un fabricant, Summit Chemical Company, les a fait homologuer aussi pour le contrôle des mouches du terreau, appelant son produit Mosquito Bits. Offert seulement en vente aux États-Unis pour l’instant, on peut toutefois le commander de différents vendeurs Internet de pesticides biologiques. 

Saupoudrez simplement les petits granules sur la surface du terreau des pots infestés, environ 5 à 10 ml par pot de 15 cm, puis arrosez. Ou mélangez-les au terreau lorsque vous préparez vos semis ou rempotez vos plantes d’intérieur. Ou encore, versez 15 ml de granules dans 1 litre (2 litres) d’eau et laissez-les tremper pendant 5 minutes, puis utilisez la solution résultante pour arroser.

Les larves ingèrent les bactéries libérées ainsi dans le terreau et arrêtent aussitôt de se nourrir. Elles meurent une journée ou deux plus tard, puis se décomposent dans le terreau, l’enrichissant en minéraux. Problème réglé! Répétez le traitement toutes les 3 semaines si nécessaire.

Solution alternative

Vous ne tenez pas à commander ce nouveau produit par la poste? Eh bien, voici un petit truc pas tout à fait légal, mais couramment pratiqué. 

On peut réduire les pastilles Mosquito Dunks en granules et les utiliser pour contrôler les mouches du terreau. Photo: http://www.homedepot.ca

Vous trouverez dans toutes les quincailleries des pastilles en forme de beigne de la marque Mosquito Dunks, conçues pour contrôler les moustiques et les mouches noires. Eh bien, c’est le même produit sous une autre formulation. Alors, procurez-vous ces pastilles et réduisez-les en granules. Ensuite, utilisez ces granules faites maison de la même façon que les granules Mosquito Bits, les appliquant au terreau pour arroser par la suite. 

Le résultat – une disparition rapide des mouches du terreau – sera le même!

Quand le pot comprime les racines

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Les racines de cette asperge d’intérieur ont tellement compacté le sol que le terreau ne retient presque plus d’eau et que la pauvre plante est constamment en état de stress hydrique! Photo: ChaserGuy, Reddit

À force de croître longtemps dans le même pot, les plantes d’intérieur deviennent «à l’étroit dans leur pot», selon la seule expression française que je connaisse pour cet état. (Je trouve d’ailleurs que le terme anglais, «pot-bound» — restreint par son pot —, exprime beaucoup mieux la situation.) Les racines ont envahi toute la masse du terreau, le comprimant et ne laissant aucune place pour une croissance ultérieure. Souvent, elles sortent en masse des trous de drainage du pot, comme à la recherche de nouveaux territoires. Une plante dans cette situation se trouve alors comme étouffée dans son développement et sa croissance en est affectée. 

Vous pouvez rapidement savoir si une plante est trop comprimée dans son pot en la retournant à l’envers pour étudier le fond du pot. Si des racines sortent des trous de drainage, elle est probablement trop à l’étroit.

Un pot bien rempli de racines n’est pas toujours nuisible: certaines plantes (hoyas, clivias, etc.) ont la réputation de fleurir plus abondamment lorsque leurs racines sont un peu à l’étroit, mais lorsque les racines sont si nombreuses que vous pouvez à peine voir le terreau ou encore, qu’elles tournent en rond, encerclant la motte de racines comme un python, c’est vraiment trop. Il est temps de penser à faire une certaine taille des racines.

Bien sûr, vous auriez pu tout simplement rempoter la plante aux racines comprimées dans un plus gros pot, remplissant avec un terreau frais tout autour de la motte de racines enserrées et oui, une nouvelle génération de racines se serait formé assez rapidement dans ce nouvel espace de culture. Mais, à force de rempoter la plante encore et encore dans des pots de plus en plus volumineux, vous arrivez à un point où trop c’est trop. Vous ne voulez plus la rempoter dans un pot encore plus vaste: le pot actuel est déjà d’une taille suffisante, merci! 

Dans un tel cas, il est temps de penser sérieusement à réduire la masse de racines afin de pouvoir garder la plante dans un pot de la même taille. Et pour cela, il faut parfois supprimer quelques racines.

L’élimination d’un nombre limité de vieilles racines ne nuira pas à la plante. Bien au contraire, cela la revitalise souvent, car la taille stimule la production de nouvelles racines plus performantes. N’en enlevez pas trop à la fois, cependant. Une bonne règle à suivre est de n’élaguer pas plus qu’un tiers des anciennes racines à la fois.

Les plantes aux racines naturellement foisonnantes

Certaines plantes sont plus sujettes à produire trop de racines que d’autres.

La plante-araignée est célèbre pour la production de racines en quantité, souvent tellement denses qu’elles font éclater le pot. Photo: Keith Williamson, Wikimedia Commons

La plante-araignée (Chlorophyum comosum) et l’asperge d’intérieur (Asparagus aethiopicus ‘Sprengeri’ [anciennement A. densiflorus ‘Sprengeri’] et les espèces similaires) produisent des racines tellement denses et nombreuses qu’elles compactent sérieusement le terreau dans lequel elles poussent, réduisant ainsi leur capacité de rétention d’eau et les laissant constamment dans un état de stress hydrique. (Et vous vous demandiez pourquoi la pointe des feuilles de votre plante-araignée était brune et sèche: c’est que la pauvre plante manquait constamment d’eau!) Il est sage de rempoter ces plantes annuellement… en réduisant par la taille leur masse de racines chaque fois.

Ce dracéna a produit tellement de racines que ces dernières ont soulevé la plante hors du pot, laissant le haut de sa motte de racines exposée à l’air! Photo: http://www.ourhouseplants.com

Les dracénas (Dracaena marginata et autres espèces) et d’autres arbres d’intérieur similaires produisent de longues racines d’ancrage. Dans la nature, ces racines sont utiles, car elles fixent la plante solidement au sol et lui permettent de survivre aux vents et aux orages, mais dans un pot, elles ne sont pas très performantes, car elles n’absorbent presque pas d’eau ni de minéraux. À la place, elles se contentent de tourner en rond dans le pot. N’hésitez pas alors à supprimer ces racines désormais inutiles!

Quand rempoter

Idéalement, vous rempoteriez votre plante lorsqu’elle est en croissance ou sur le point de lancer une nouvelle saison de croissance, car elle récupérera alors plus rapidement. Donc, le printemps et l’été sont de bons moments pour le faire, bien qu’il soit préférable d’éviter le rempotage, surtout si la taille des racines sera importante, lorsque la plante est en boutons ou en fleurs. 

Pour les jardiniers de l’hémisphère Nord, la meilleure période pour un rempotage avec taille des racines est la fin de février et le mois de mars, juste au moment où la plupart des plantes d’intérieur commencent à se réveiller après des mois de léthargie hivernale.

Passons à l’acte

Commencez par couper toutes les racines qui traversent les trous de drainage. Photo: inhabituelseeds.net

D’abord, coupez au sécateur toute racine qui sort des trous de drainage et envahit la soucoupe. Non seulement a-t-elle prouvé par sa fuite du pot qu’elle est tout à fait inutile, mais elle retiendrait la plante dans le pot, vous empêchant d’aller plus loin.

Maintenant, sortez la plante de son pot. Vous constaterez probablement que sa motte est complètement dominée par des racines. Que faire?

* Ce jeune croton (Codiaeum variegatum) n’est pas encore à l’étroit dans son pot, mais le sera sous peu, car ses racines inférieures commencent à encercler la motte. C’est le moment idéal pour les supprimer. Photo: Mike Kincaid

Parfois, surtout lorsque le reste de la motte montre plus de terreau que de racines, il suffit de tirer sur les racines encerclantes au fond du pot, puis de les sectionner à la source avec un sécateur. Problème réglé… du moins, pour l’année en cours.




Si la motte est entièrement recouverte de racines, découpez des tranches de racine de tous les côtés de la motte ainsi qu’au fond. Ill.: Houseplants for Dummies, auteur Larry Hodgson






Si les racines sont partout, par contre, un traitement plus draconien s’impose. Prenez un couteau bien aiguisé et coupez environ 2 à 3 cm de racines tout autour de la plante, y compris en dessous. J’utilise pour cela une scie d’élagage: oui, une conçue pour élaguer des branches d’arbres. Elle travaille vite et bien!

Enlever une mince couche de racines est valable si vous avez l’intention de rempoter la plante dans un pot plus gros, mais si elle retournera dans un pot de la même taille (le cas, par exemple d’un arbre d’intérieur que vous ne voulez plus voir grandir), coupez encore plus: 5 cm, 10 cm… tout dépend des dimensions de la motte. Comme mentionné, vous pouvez tailler jusqu’à un tiers des racines de la plupart des plantes sans leur faire de tort.

Avec vos doigts ou un outil, faites tomber une bonne partie du vieux terreau. Photo: http://www.nicheplantshop.com

Cette taille faite, vous feriez aussi bien d’éliminer une partie de l’ancien terreau aussi, car il est probablement contaminé par des sels minéraux en excès si la plante n’a pas été rempotée depuis 2 ou 3 ans. Passez à travers les racines avec vos doigts, un piquet, un crayon ou une baguette pour faire tomber environ un tiers du vieux terreau.

Maintenant, rempotez en utilisant du terreau frais, centrant bien sûr la plante dans son nouveau domicile et faisant pénétrer le nouveau terreau à travers les racines qui restent. Puis, arrosez bien. Si le terreau se tasse un peu après l’arrosage, rajoutez-en. 

Si possible, gardez la plante à l’ombre partielle pendant une semaine ou deux, le temps qu’elle récupère du choc, puis rapportez-la à son emplacement d’origine. Travail accompli!

Entre deux mûres

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Ce mûrier n’est pas vraiment un mûrier, mais plutôt une ronce. Photo: Alex Arcand

Question: On m’a vendu la plante dans cette photo comme étant un mûrier, mais j’ai vérifié sur Google et ça ne semble pas être le cas. Qu’est-ce que c’est?

Alex Arcand 

Réponse: Votre plante est une ronce ou ronce commune (Rubus fruticosus), aussi appelée mûrier puisqu’elle produit des fruits appelés mûres. Mais il y a aussi un autre mûrier, le mûrier noir (Morus nigra), qui produit aussi des mûres. 

Quoi? Comment est-ce possible que deux plantes très différentes, le premier un arbuste de la famille des Rosacées (Rubus fruticosus) et le deuxième un arbre de la famille des Moracées (Morus nigra), portent des fruits partageant le même nom?

Pour comprendre, il faut retourner à l’époque des Romains. 

Mûres de ronce (gauche) et mûres véritables (droite). Photos: Юлия Шушпанова & http://www.ebay.com

À cette période, le mûrier noir (soit l’arbre, Morus nigra), récemment importé d’Asie, devenait un fruitier très populaire. Ainsi, les marchés romains offraient ses fruits noirs luisants composés de nombreuses petites baies au goût sucré collées ensemble (on appelle de tels fruits des faux-fruits) dans leurs étalages.

Mais il y avait aussi dans la région un arbuste aux faux-fruits similaires, d’environ la même couleur et aussi au goût sucré. Les deux plantes ne se ressemblaient pas, mais les fruits, oui. 

Dans un étalage au marché, sans branche ou feuille pour les distinguer, la confusion était facilement possible. Ainsi, on a commencé à appeler les deux fruits «morus», un mot devenu mûre en français.

Notez qu’en Suisse et dans certaines régions de France, on fait la distinction entre les deux: le fruit de l’arbre s’appelle mûre, alors que le fruit de la ronce (arbuste) est un meuron. Mais, ailleurs dans la francophonie, les deux s’appellent mûres. 

La ronce

On pâlisse souvent les ronces sur des tuteurs ou treillis pour contrôler leur croissance déborbante. Photo: http://www.hgtv.com

La plante qu’on vous a vendue est une ronce, Rubus fruticosus, et mieux vaut d’ailleurs utiliser le nom ronce pour la désigner plutôt que mûrier afin de réduire la confusion! 

C’est un proche parent du framboisier avec la même façon de croître: des tiges bisannuelles qui se forment la première année, puis fleurissent et fructifient la deuxième année pour ensuite mourir. 

Les tiges angulaires de la ronce sauvage portent des épines acérées. Photo: KasugaHuang, Wikimedia Commons

La ronce se maintient en produisant de nombreux drageons et aussi de longues tiges arquées qui, en touchant le sol, prennent racine et forment de nouvelles plantes. Ainsi, elle forme des fourrés denses et impénétrables, d’autant plus que la ronce sauvage porte de méchantes épines… ce qui n’empêche pas beaucoup de gens d’oser malgré tout s’en approcher pour cueillir ses fruits délicieux. 

La ronce cultivée est souvent sans épine, mais demeure une plante qu’il faut contrôler, car elle demeure très envahissante. 

Mieux vaut appeler son fruit «mûre de ronce».

Le mûrier

Mûrier noir plus que centenaire. Photo: Spedonaj

Le mûrier noir (Morus nigra), par contre, est un arbre avec un tronc robuste de 10 à 20 m de hauteur qui peut vivre un siècle ou même davantage. Souvent, il s’affaisse au sol en vieillissant, comme s’il était fatigué. Il ne drageonne pas et ne porte pas d’épine, mais plutôt de grandes feuilles cordiformes. Ses fruits, bien que délicieux, sont tachants et fragiles: il faut les consommer rapidement, car ils sont hautement périssables.

On cultive le mûrier un peu partout en Europe, mais il n’est pas aussi populaire qu’à l’époque romaine. On l’utilise encore plus rarement au Canada à cause de sa rusticité limitée. 

Branche de mûrier noir montrant des fruits immatures (rouges) et matures (noirs). Photo: treeandgardengiftcompany.co.uk

Le nom «mûre» lui appartient de droit, car les Romains lui donnèrent le nom en premier. On l’appelle aussi mûre noire pour le distinguer des fruits d’autres espèces de mûrier comme le mûrier blanc (Morus alba; fruit: mûre blanche) ou le mûrier rouge (M. rubra; fruit: mûre rouge). 


2 000 ans de confusion à cause du nom d’un fruit? Oui, et je suis certain que la confusion ne se terminera pas d’aussitôt, surtout si les pépiniéristes continuent d’étiqueter les deux plantes avec seulement le nom mûrier!

Tomates anciennes imparfaites

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Les tomates anciennes ne sont pas toujours égales. Photo: nuvomagazine.com

Question: J’ai l’habitude de planter plusieurs variétés de tomates anciennes tout en ligne dans un petit espace. Mes fruits ne sont pas parfaits. Ça m’intrigue. Est-ce que les pollinisateurs mélangent la génétique de mes 12 variétés et me donnent des fruits autres que ceux espérés?

martinsoleil

Réponse: En fait, les tomates s’autopollinisent presque toujours: à cause de la structure de la fleur, il y a rarement des transferts de pollen entre deux variétés. Voici un texte à ce sujet: Comment prévenir la pollinisation croisée chez la tomate. Donc, normalement, il n’y a pas de mélange génétique. 

De plus, même s’il y avait un mélange génétique, cela ne changerait pas le goût ni la forme de fruits de la saison en cours. Ce sont seulement les semences de la deuxième génération, donc, des semences que vous auriez récoltées à partir des tomates anciennes poussant côte à côte, qui contiendraient un mélange de gènes. 

Donc, si vous achetez vos semences de sources fiables, il n’y aura pas de problème d’entrecroisement (mélange de gènes). Seulement les jardiniers qui récoltent et ressèment leurs propres semences ont à s’inquiéter de ces mélanges génétiques.

Les tomates moches, ça se mange aussi! Photo: http://www.veganfreestyle.com

Les fruits qui ne sont pas parfaits ne relèvent pas nécessairement de la génétique des variétés (à moins que votre fournisseur de semences ne soit pas très fiable), mais plus probablement de conditions de culture inégales, de maladies, d’insectes, de blessures physiques, etc. De plus, comme tout bon jardinier le sait, même les fruits imparfaits se mangent: supprimez le bobo au couteau et mangez le reste!

Jardiner à l’intérieur toute l’année… grâce aux micropousses

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Micropousses de radis ‘Rambo’

Article du blogueur invité Parker Garlitz
Traduction et adaptation de jardinierparesseux.com

Le jardinage traditionnel en plein air est un passe-temps merveilleux qui est amusant et sain avec des résultats délicieux. Rien n’assure mieux un contact avec la nature que cultiver votre propre nourriture et, avouons-le, la nourriture de votre propre jardin est probablement la nourriture la plus fraîche que vous puissiez manger.

Cependant, l’inconvénient du jardinage traditionnel est qu’il est limité de façon saisonnière, surtout en climat tempéré. La plupart de vos légumes frais du jardin sont disponibles uniquement pendant une très courte saison de récolte. À moins de posséder une serre quatre-saisons intensément chauffée ou un système d’éclairage artificiel très coûteux, quelle est la meilleure façon de vivre la joie de cultiver et manger des aliments vraiment frais toute l’année? La réponse pourrait être: avec les micropousses!

Que sont les micropousses?

Micropousses de cilantro (coriandre) ‘Leisure Splits’

Les micropousses ou, tout simplement, pousses ou jeunes pousses, sont des graines de légumes et de fines herbes qui sont cultivées dans un bac de culture à l’intérieur et récoltées avant qu’elles ne deviennent des plantes adultes, généralement après environ 10 jours. Ces micropousses ont généralement la même saveur que le légume mature, mais elle est souvent plus intense.

Pensez-y de cette façon, en prenant comme exemple des semences de brocoli. Vous pouvez cultiver et apprécier le brocoli à différents stades de croissance. Les mêmes graines donneront trois options différentes, selon le moment de la récolte.


Germes — Graines de brocoli cultivées sans milieu de culture. Généralement cultivées dans un bac de germination ou un pot Mason avec une passoire qui sert de couvercle et rincées quelques fois par jour pendant 3 ou 4 jours avant d’être prêtes à être dégustées.



Micropousses — Graines de brocoli cultivées à l’intérieur dans un plateau de terreau (photo) ou sur un tapis hydroponique. Cultivées pendant 8 à 12 jours et récoltées pour utilisation dans des salades et les sandwichs ou comme garniture.



Légume — Cultivé à l’extérieur dans le potager jusqu’à ce qu’il soit prêt à être récolté, soit en environ 85 jours, en tant que le légume que nous connaissons tous, le brocoli.

Pourquoi les micropousses?

Les micropousses sont amusantes à cultiver! Si l’envie de mettre la main à la terre et de jardiner vous démange sérieusement pendant les longs mois froids d’hiver, les micropousses peuvent vous en guérir. Il est plaisant d’expérimenter avec les différentes techniques de culture, les divers substrats, la fertilisation, l’éclairage et la température: c’est même amusant et stimulant. Le défi devient profondément satisfaisant lorsque vous récoltez pour la première fois de superbes micropousses que vous avez cultivées vous-même!

Les micropousses sont délicieuses. Elles ont une intensité de saveur puissante qui ajoutera quelque chose d’original à vos salades, soupes, sautés et garnitures. Par exemple, si vous aimez le basilic, l’intensité de la saveur du microbasilic peut faire en sorte que vous trouverez désormais la saveur du basilic mature décevante… alors, méfiez-vous! Avec les micropousses, vous pouvez ajouter de la saveur fraîche à des mets qui seraient autrement fades. Vous ne voyez pas souvent des radis tranchés dans un sandwich, par exemple, mais les microradis lui conviennent parfaitement et offrent la même saveur.

Les micropousses sont bonnes pour la santé. Nous savons tous que la plupart des gens ne consomment pas suffisamment de légumes dans leur alimentation quotidienne, et la plupart d’entre nous ne sommes même pas proches de manger des légumes cueillis et consommés à l’apogée de leur fraîcheur.

Les micropousses sont riches en ce que j’appelle la «vitamine V»; V pour vie. Une tomate que vous cueillez et mangez directement de votre jardin regorge de vitamine V. Mais quand vous consommez une tomate d’épicerie qui a été cueillie, colorée artificiellement, expédiée, mise en rayon, achetée, stockée dans votre frigo et finalement servie à votre famille… eh bien, ce n’est tout simplement pas la même chose, n’est-ce pas? Les micropousses sont vivantes lorsque vous les récoltez et les mangez. Imaginez profiter de denrées fraîches du jardin, grouillantes de vitamine V, toute l’année!

Les micropousses sont attrayantes. Et je pense que les images suivantes parlent d’elles-mêmes à cet égard!

Comment débuter dans la culture de micropousses?

Il existe plusieurs façons de cultiver des micropousses chez vous, mais commençons par la plus pratique, puisqu’elle utilise surtout des produits que vous avez déjà à la maison, soit un plateau étanche avec un dôme transparent (une barquette récupérée de l’épicerie conviendra bien) et un terreau pour semis ou pour plantes d’intérieur, plus une fenêtre ensoleillée ou un emplacement sous une lampe fluorescente ou DEL. Votre seule dépense sera l’achat de paquets de graines à germer, offerts en jardinerie, en magasin d’alimentation naturelle et sur Internet. (N’utilisez pas les petits sachets de semences préparés pour semer au potager, ils ne contiennent même pas assez de semences pour une première expérience et coûtent d’ailleurs trop cher!)

Voici comment faire, étape par étape: 

  1. Humidifiez bien le terreau dans un seau ou bol.
  2. Versez environ 2,5 à 5 cm de terreau dans le plateau et égalisez.
  3. Étalez les semences sur le terreau. Il doit en être presque couvert sans que les graines se chevauchent. 
  4. Pressez-les légèrement dans le terreau. (Pour les graines plus grosses, comme celles du tournesol, du pois et de la capucine, recouvrez les graines de terreau.)
  5. Posez le dôme pour maintenir une forte humidité atmosphérique.
  6. Placez votre plateau sur le bord d’une fenêtre ou sous une lampe allumée 12 heures ou plus par jour.
  7. Vaporisez quotidiennement avec de l’eau tiède.
  8. Quand les graines germent et présentent leurs deux premières feuilles (cotylédons), ce qui prend habituellement entre 8 et 12 jours, il est temps de les récolter. Coupez-les à la base des tiges.
  9. Rincez-les et… bon appétit! 
  10. Conservez les surplus au réfrigérateur.
  11. Compostez le terreau.

Il existe d’innombrables didacticiels vidéo que vous pouvez trouver sur Internet. Vous pouvez en trouver une bonne collection en anglais ici: https://www.trueleafmarket.com/pages/how-to-tutorial-videos#micropousses1.

Ma suggestion? Commencez par une seule variété de micropousse et cultivez-la deux ou trois fois pour mieux saisir les nuances de sa culture. Quand vous aurez acquis une certaine assurance avec une variété, vous pourrez commencer à créer un véritable potager de micropousses chez vous!

Ou utilisez des kits

Si tout cela vous paraît trop compliqué, sachez qu’il est possible de trouver des kits de démarrage de micropousses qui offrent tout ce dont vous avez besoin pour commencer à cultiver vos propres micropousses sur le comptoir de cuisine avec des instructions simples étape par étape. Vous pouvez notamment en trouver chez True Leaf Market Seed Company.


Parker Garlitz est un producteur professionnel de micropousses et cofondateur
de True Leaf Market Seed Company.
Toutes les photographies sont fournies par True Leaf Market Seed Company.