Semis dans une coquille d’œuf: pas une bonne idée

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Photo: survivallife.com

Des images de semis qui germent et poussent dans une coquille d’œuf évidée pullulent sur Internet. Des auteurs enthousiastes parlent de cette façon de faire comme si c’était la septième merveille du monde. D’autres la recommandent comme projet pour les écoliers. Mais la triste réalité est que cela ne fonctionne presque jamais. 

Pourtant, cela a l’air logique. N’est-ce pas que la coquille peut servir de pot? Qu’on peut percer un trou de drainage dans le fond, la remplir de terreau et y semer de petites graines? Qu’on peut placer la coquille dans une boîte à œufs pour la tenir debout? Et plus tard, casser la coquille et planter le jeune plant au jardin?

Oui, oui, oui et oui. Mais ce qu’on oublie, c’est qu’une coquille d’œuf de poule est petite. Elle ne contient même pas la moitié du terreau présent dans un pot de semis normal (7,5 cm de diamètre). 

Tomates, poivrons, œillets d’Inde: presque tout semis qu’on peut imaginer se sentira rapidement trop à l’étroite dans une coquille d’œuf de poule, au point où son développement sera sérieusement perturbé. Ainsi, vous serez obligé de sortir ces semis des coquilles sans trop abîmer leurs racines (bonne chance avec ça!) et de les rempoter dans des contenants plus gros pour qu’ils y finissent leur développement. Et ce, à un stade très précoce, quand ils sont encore très fragiles. Peut-être si vous avez accès à des œufs de cygne… ou d’autruche!

D’autres contenants recyclés

Il ne manque pas de choix de pots recyclés.

Quelques exemples de contenants qu’on peut reycler en pots pour semis. Photo: lovelygreens.com

Si vous cherchez des contenants recyclés pour faire des semis, il y en a plein d’une taille plus acceptable: pots de yogourt et de margarine, fonds de cartons de lait, rouleaux de papier hygiénique, pots et alvéoles recyclés de vos cultures précédentes, pots fabriqués avec du papier journal, etc. Mais des coquilles d’œufs de poule? Réellement, c’est une très mauvaise idée.

Si vous êtes un jardinier sérieux, ne perdez pas votre temps avec cette technique: il vous faut des contenants de taille adéquate pour bien réussir vos semis.

Pour des semis réussis, commencez toujours du bon pied.

La plante qui aurait rendu les Vikings fous furieux

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Les Vikings, dans un état de rage incontrôlable, ont terrifié les villages côtiers à travers l’Europe occidentale, mais qu’est-ce qui les a rendus si fous furieux? Ill.: penfield.edu

De la fin du 8e siècle au début du 11e siècle, les assauts des Vikings, ce peuple scandinave guerrier et pillard, mirent l’Europe côtière toute entière en état d’alerte constant. Ce n’était pas seulement que ces hommes ne semblaient avoir aucun respect ou pitié pour leurs adversaires, mais on les disait presque impossibles à battre, car ils devenaient fous furieux en bataille, combattant avec une force surhumaine, frappant parfois autant leurs amis que leurs ennemis, inconscients même de la douleur. Un état pour lequel les Vikings avaient un mot spécifique : berserk (fou enragé). Un homme dans cet état était un berserker.

Depuis longtemps, les historiens cherchent à comprendre ce qui se passait et plusieurs ont conclu à l’utilisation d’une drogue prise juste avant la bataille pour les mettre dans cet état. En général, c’est l’amanite tue-mouche (Amanita muscaria), un champignon, qui fut considérée comme la coupable probable, une théorie qui court depuis 1784.

L’amanite tue-mouche, avec son chapeau aplati rouge marqué de verrues blanches, paraît bien anodine, car c’est le champignon des Schtroumpfs et les enfants aiment bien la dessiner… mais elle est fortement hallucinogène et toxique si elle est consommée. Photo: Onderwijsgek, Wikimedia Commons

C’est un champignon psychotrope et hallucinogène, provoquant le délire chez le consommateur, puis des nausées et des convulsions, voire, dans certains cas, la mort. 

Mais l’ethnobotaniste Karsten Fatur, de l’Université de Ljubljana en Slovénie, a une nouvelle théorie: que les Vikings consommaient plutôt des feuilles, des racines ou des graines de jusquiame noire (Hysocyamus niger), une mauvaise herbe, et non pas un champignon.

L’amanite tue-mouche peut certainement causer certains des symptômes communs aux berserkers: force physique accrue, rougeurs du visage, délire, pupilles dilatées, etc., mais son effet est trop variable. Très peu de gens qui en consomment deviennent agressifs et colériques; pour la plupart, c’est même le contraire qui se passe. Son élément toxique, le muscimole, a plutôt un effet relaxant et sédatif. Elle a d’ailleurs une longue histoire d’utilisation comme anesthésique. Une horde de Vikings à moitié endormis et défoncés n’est pas si menaçante, n’est-ce pas?

En outre, soutient Fatur, l’amanite tue-mouche n’était pas un champignon commun en Scandinavie, se trouvant principalement dans les forêts d’arbres caducs et de pins d’Europe centrale et méridionale plutôt que dans celle de sapins et d’épicéas (épinettes) du Nord.

Jusquiame noire (Hysocyamus niger). Photo: http://www.summitpost.org

Il suggère que c’est plutôt la jusquiame noire qui aurait été la cause de cette folie meurtrière. D’abord, son effet est plus fiable que celui de l’amanite. Et les symptômes sont similaires à un certain degré (force physique accrue, rougeurs du visage, délire, pupilles dilatées, etc.), mais à la différence qu’ils sont accompagnés d’agitation, de rage et de combativité. La jusquiame est quand même toxique et les Vikings devaient l’utiliser avec précaution mais, malgré cette toxicité, la jusquiame, comme c’est le cas avec de nombreuses autres plantes toxiques, a également une longue histoire d’utilisation comme plante médicinale lorsqu’utilisée à dose faible. Elle a même servi dans la fabrication des premières bières européennes, bien qu’elle ait depuis longtemps été remplacée dans ces préparations par le houblon (Humulus lupulus).

Du point de vue de Vikings cherchant à atteindre une frénésie de bataille capable de terrifier leurs ennemis, la jusquiame a également l’avantage d’avoir été une plante sauvage abondante en Scandinavie. D’ailleurs, on sait que ses graines étaient récoltées par les peuples scandinaves. En effet, une poche de graines de jusquiame noire a été trouvée dans la tombe d’une femme danoise datant de l’époque viking, soit de 980.

Qu’est-ce que la jusquiame noire?

Vous connaissez peut-être déjà la jusquiame noire comme une mauvaise herbe des jardins. Originaire d’Eurasie, elle a été introduite un peu partout dans le monde en tant que plante médicinale et s’est établie comme plante adventice sur tous les continents, sauf l’Antarctique.

La jusquiame noire est assez attrayante, mais son odeur est moins appétissante! Photo: Mikenorton, Wikimedia Commons

On peut retracer le nom jusquiame au grec ancien hyoscamos («fève de porc»), car les cochons la consomment allègrement. Et hyoscamos est aussi à l’origine de son nom botanique, Hysocyamus niger. Il existe une seule autre espèce de Hysocyamus, la jusquiame blanche (H. alba), avec une aire de répartition beaucoup plus restreinte, trouvée uniquement sur le pourtour du bassin méditerranéen alors que la jusquiame noire était beaucoup plus cosmopolite. 

C’est une plante de la famille des Solanacées, donc une proche parente de plusieurs plantes toxiques comme le datura et la belladone, mais aussi de beaucoup de plantes comestibles, comme la tomate, la pomme de terre et l’aubergine. Elle est toxique pour la plupart des mammifères et des oiseaux, même pour les poissons; on ne sait pas pourquoi les porcs peuvent la consommer sans s’empoisonner. Sa toxicité la protège aussi de la plupart des insectes nuisibles, mais pas du doryphore de la pomme de terre, qui l’aime bien.

C’est en fait une plante assez attrayante… du moins, de loin, avec de nombreuses fleurs jaune pâle en forme de cloches rehaussées de nervures violettes et d’un centre violet foncé. Elles sont portées sur une plante dressée avec de grandes feuilles opposées poilues, collantes et irrégulièrement lobées. De près, vous ne pouvez pas vous empêcher de remarquer que toute la plante dégage une odeur désagréable, probablement conçue soit pour éloigner les prédateurs, soit pour attirer ses pollinisateurs, des mouches vertes et bleues. On dit qu’il suffit de renifler la jusquiame trop profondément pour provoquer des étourdissements!

La jusquiame noire serait également un carnivore passif, un peu comme sa cousine, la tomate: de petits insectes restent prisonniers de ses tiges et feuilles collantes, meurent, puis nourrissent la plante en se décomposant.

Les fleurs sont pollinisées par des mouches. Photo: Lliam Rooney, Flickr

Vous vous demandez peut-être pourquoi quelqu’un voudrait faire pousser une plante connue pour être puante, toxique, attirante pour les mouches et une mauvaise herbe, mais il y a beaucoup d’intérêt pour les plantes médicinales de nos jours et la jusquiame a des milliers d’années d’utilisation dans ce domaine, depuis au moins la Grèce ancienne et jusqu’aux temps modernes. Elle est très riche en alcaloïdes toxiques (environ 34 ont été découverts!), notamment en scopolamine, hyoscyamine et atropine. Elle a été utilisée pour traiter la toux, les maux de dents, l’asthme, les maladies nerveuses, le mal des transports, les rhumatismes et les douleurs à l’estomac, mais la dose doit être rigoureusement contrôlée, car elle est quand même très toxique: des doses même modestes peuvent parfois mener au coma et même à la mort.

Certains croient que le concept de sorcières volant sur des balais est lié à l’effet hallucinatoire qui suit la prise de la jusquiame. Ill.: freevector.com

La jusquiame noire, comme beaucoup de plantes toxiques, fut aussi longtemps associée à la sorcellerie en raison de sa réputation de causer des hallucinations et du délire. On croyait autrefois que les sorcières s’enduisaient le corps d’un onguent de jusquiame avant de s’envoler dans les airs, à cheval sur leurs balais, enduit eux aussi de cet onguent.

Comment cultiver la jusquiame

Il est assez aisé de trouver des semences de jusquiame noire, du moins sur Internet. Au Canada, Richters Herbs la propose, entre autres. En France, il y a Graine de vie qui l’offre. La jusquiame noire est un peu spéciale en ce que les semences donnent à la fois des plantes annuelles et des plantes bisannuelles. En fait, certaines graines donneront des plantes qui monteront rapidement en fleurs, seulement 2 mois après le semis, alors que d’autres, pourtant de la même capsule de graines, ne produiront la première année qu’une rosette de feuilles qui grossira tout l’été, plus fleurira la deuxième. Les formes bisannuelles sont plus grandes et jolies que les annuelles, atteignant 2 fois la hauteur de ces dernières (jusqu’à 1,2 m) et produisant plusieurs tiges plutôt que la tige unique des spécimens annuels. Dans les deux cas, la plante forme des graines après la floraison, puis meurt.

Semez les graines en pleine terre à l’automne ou très tôt au printemps, car elles doivent subir du froid avant de bien germer. Il peut être utile de les faire tremper dans de l’eau froide pendant 24 heures avant le semis, ce qui peut aider à stimuler une meilleure germination. Ne recouvrez pas les petites graines de terre : elles doivent être exposées au soleil pour germer. 

Vous pouvez aussi semer les graines à l’intérieur, mais si oui, mieux vaut placer le pot dans le réfrigérateur pendant au moins trois semaines, car un traitement au froid stimule la germination.

Rarement voit-on la jusquiame noire dominer les environs… sauf dans les régions arides au sol pauvre. Photo: tcweed.org

La jusquiame noire se cultive au plein soleil dans un sol très bien drainé et même assez sec. Tout type de sol convient, même les sols pauvres. Elle se ressèmera spontanément dans les emplacements exposés (elle ne tolère pas la concurrence pour la lumière), mais devient rarement une mauvaise herbe très vigoureuse dans un jardin. Par contre, dans les climats arides, notamment quand le sol est pauvre et donc qu’il y a peu de concurrence, oui, elle peut poser problème. 

Sachez aussi que les graines peuvent rester dormantes pendant des années, voire des décennies, avant de germer, vous laissant croire que la plante a disparu de votre terrain, mais demeurent viables et germeront quand vous y attendez le moins! On dirait la génération spontanée!

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La jusquiame est-elle vraiment derrière le comportement des berserkers, ces Vikings fous furieux? Ce n’est actuellement qu’une théorie, mais une théorie intéressante néanmoins!

À chaque mois sa plante, avril 2020: la campanule

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La campanule respire la fraîcheur avec des fleurs pour la plupart bleues, violettes ou blanches. Son nom désigne la forme de ses fleurs, qui rappellent de petites cloches. Cela revient aussi dans son nom scientifique: campana signifie cloche en latin et Campanula en est le diminutif. Il en existe également des variétés aux fleurs en forme d’étoiles, comme l’étoile de Bethléem, ainsi que des variétés avec des fleurs tubulaires ou en forme de coupe. 

Origine

Voici une idée de la diversité dans les fleurs de campanule.

Le genre Campanula comprend plusieurs centaines d’espèces, la plupart originaires de régions tempérées de l’hémisphère Nord et des pays du bassin méditerranéen. Beaucoup de variétés qui sont habituellement cultivées dans le jardin ou sur le balcon peuvent servir de plantes d’intérieur temporaires pour le salon. Même à l’intérieur, leurs fleurs en forme de clochettes ou de petites étoiles restent belles pendant longtemps.

Assortiment de campanules

L’assortiment de campanules est très diversifié. Ce sont des plantes saisonnières proposées à la vente de la fin de l’hiver au début de l’automne. 

Diverses variétés de campanules sont populaires en tant que plantes d’intérieur.

Étoile de Bethléem (C. isophylla)

C’est notamment le cas de l’étoile de Bethléem (C. isophylla), aux fleurs étoilées en blanc et bleu. Avec ses tiges qui deviennent longues et retombantes, elle convient parfaitement en panier suspendu. C’est une des rares campanules qui n’est pas très résistante au froid et elle ne peut donc être cultivée en pleine terre que dans les régions au climat assez doux (zones de rusticité 8 à 10), comme dans le sud de la France. Habituellement, on la considère comme une plante éphémère, à mettre au compost après sa floraison, mais si vous avez accès à un emplacement où la température hivernale demeure entre 4 et 10 °C, peut-être un garage ou une pièce peu chauffée, il est possible de la conserver jusqu’au printemps suivant en la rabattant à l’automne et en lui fournissant du soleil et des arrosages réguliers.

Campanule des murailles (C. portenschlagiana). Photo: http://www.newplantsandflowers.com.

La campanule des murailles (C. portenschlagiana, anc. C. muralis) est dotée de fleurs plus petites en forme de clochettes. Cette variété est bien rustique (zones de rusticité 2 à 8) et, après son séjour à l’intérieur, elle peut être plantée dans le jardin où elle resplendira encore durant des années au printemps et en été. L’assortiment s’élargit sans cesse, entre autres avec les couleurs pourpre, blanc et lavande. 

Campanules de Hay Lodge (Campanula × haylodgensis) ‘Blue Wonder’ et ‘White Wonder’. Photo: http://www.nijolesgeliunamai.lt

La plus populaire des «campanules d’intérieur» est toutefois la campanule de Hay Lodge (C. × haylodgensis), croisement entre deux populaires plantes de rocaille, la campanule des Carpates (C. carpatica) et la campanule à feuilles de cochléaire (C. cochlearifolia), et produite pour la première fois à Hay Lodge en Écosse en 1885, d’où son nom. La campanule de Hay Lodge est une plante compacte formant un monticule dense parfois un peu rampant. Elle est généralement vendue recouverte de petites cloches bleues à blanches, le plus souvent doubles. Si vous retirez régulièrement les fleurs fanées, elle refleurira pendant une grande partie de l’été. Et sa résistance au froid est excellente (zones de rusticité 3 à 8), ce qui permet sa culture en plein air presque partout, que ce soit en bac, en rocaille ou en bordure. 

Que regarder lors de l’achat d’une campanule

  • Recherchez une plante bien proportionnée entre la taille de pot, la forme de la plante et sa hauteur.
  • La maturité est un facteur important. Recherchez une plante avec beaucoup de boutons floraux, mais peu de fleurs ouvertes, ce qui assure une longue floraison à venir. 
  • Évitez toute plante qui paraît le moindrement fanée. Les campanules récupèrent difficilement d’une exposition à la sécheresse. 

Conseil de soins

Il faut un bon éclairage, mais sans chaleur excessive. Photo: florafocus.wordpress.com
  • La campanule peut être placée dans la maison à un endroit ensoleillé ou semi-ombragé. Évitez toutefois les emplacements très chauds, comme un rebord de fenêtre côté sud en plein été. 
  • La plante ne doit jamais manquer d’eau. En période de floraison, elle en perd beaucoup par transpiration et il faut alors penser à arroser régulièrement, peut-être deux fois par semaine. 
  • Arrosez de préférence par la soucoupe afin que les feuilles et les fleurs ne soient pas mouillées. Ou immergez le pot dans un bol d’eau tiède pendant 5 à 15 minutes, ce qui permettra à la plante de boire à son goût. Ensuite, laissez la plante bien s’égoutter, car le terreau doit être humide, mais pas détrempé.
  • Pour que la plante fleurisse bien longtemps, retirez les fleurs fanées.
  • Fertilisez régulièrement avec un engrais tout usage soluble, peut-être aux deux arrosages, à un quart de la dose recommandée. Ainsi traitées, certaines variétés peuvent fleurir plusieurs fois par an. 
  • Après un séjour au salon, transplantez les campanules rustiques au jardin. 

Conseils pratiques pour la présentation

Un regroupment de campanules crée toujours un bel effet. Photo: florafocus.wordpress.com

Les magnifiques fleurs bleues, blanches ou violettes de la campanule permettent de réaliser des présentations attrayantes, avec des blocs ou des rangées de couleurs. 

Proposez les plantes dans des coupes ou jardinières décoratives, éventuellement avec d’autres plantes ayant besoin des mêmes soins. 

Enfin, n’oubliez pas d’utiliser la campanule pour une décoration de Pâques (le 12 avril 2020).

Cet article est adapté d’un communiqué de www.maplantemonbonheur.fr.
Sauf mention contraire, photos de  www.maplantemonbonheur.fr.
Styliste: Elize Eveleens, Klimprodukties.

Combien d’années une orchidée peut-elle vivre?

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Ill.: clipart-library.com, montage: jardinierparesseux.com

Question: Combien d’années peut vivre une orchidée? J’en ai une depuis 13 ans qui m’a donné un bébé. Les deux fleurissent et sont très belles. En vieillissant, une orchidée peut-elle avoir besoin de soins spéciaux? Elle m’a été donnée au décès de mon mari et je ne veux pas la perdre.

Lise Lavertue

Réponse: Une orchidée n’a pas de durée de vie spécifique. Sous de bonnes conditions, elle peut vivre des décennies, même un siècle ou davantage. Et il n’y a pas d’entretien spécifique pour une orchidée plus âgée. Rempotez tout simplement au moins aux 3 ou 4 ans dans un terreau pour orchidées. (Lisez à cet effet Comment rempoter une orchidée.) Le rempotage dans un terreau frais agira comme une cure de jouvence pour l’orchidée.

Il y a sans doute des orchidées plus que centenaires à l’état sauvage, mais comme il n’y a personne pour noter leur progrès, nous ne le saurons jamais. 

Orchidée la plus vieille au monde: Grammatophyllum speciosum. Photo: straitstimes.com

Il existe toutefois au moins une orchidée cultivée qui a plus de 100 ans. Au Jardin botanique de Singapour, il y a un spécimen d’orchidée géante (Grammatophyllum speciosum), aussi appelée orchidée tigre, qui fut plantée en 1861, peu après la fondation du jardin, et qui a donc 159 ans. Elle pousse toujours au même endroit où elle fut plantée et mesure maintenant plus de 5 m de diamètre. 

Carte postale des années 1920 montrant l’orchidée géante… déjà de taille énorme. Photo: straitstimes.com

Il existe des photos datant de la fin du 19e siècle montrant l’orchidée à son emplacement actuel. 

La même orchidée vers les années 1970. Photo: A. Schuiteman, http://www.nationaalherbarium.nl

L’orchidée géante est indigène des jungles de Singapour et du Sud-Est asiatique où elle pousse en épiphyte, sur des roches ou au sol. C’est l’orchidée la plus haute du monde, mesurant jusqu’à 7,62 m de hauteur d’après le Livre Guinness des records, avec des pseudobulbes en forme de canne de jusqu’à 2,5 m de hauteur. Chaque pseudobulbe produit une hampe de jusqu’à 80 fleurs jaunes fortement tachetées de marron. Habituellement, l’orchidée géante ne fleurit qu’une fois aux 2 à 4 ans, mais alors, la floraison dure presque 2 mois. 

Fleur de Grammatophyllum speciosum. Photo: Jardin Boricua, flickr.com

À cause de sa taille énorme, l’orchidée géante est rarement cultivée chez les particuliers, mais on peut en trouver des spécimens dans plusieurs jardins botaniques à travers le monde, en plein air dans les pays tropicaux et en serre dans les pays tempérés.

Récupérer un anthurium dégarni

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Anthurium d’André (Anthurium andraeanum) qui devient dégarni à la base. Photo: Rachel Bernier

Question: J’ai un anthurium depuis maintenant 4 ans et il pousse et fleurit bien, mais il est devenu dégarni à la base de sa tige. Je sais que je devrais le rempoter, mais est-ce que je peux le faire en cachant une partie de la tige nue avec du terreau? 

Rachel Bernier

Anthurium d’André (Anthurium andraeanum). Photo: ma-petite-jardinerie.fr

Anthurium d’André

L’anthurium d’André (Anthurium andraeanum) est une plante d’intérieur populaire, capable de fleurir toute l’année. Il porte une inflorescence en forme de spathe (feuille modifiée) cireuse et coriace de couleur rouge, rose, blanche, pourpre, verte ou bicolore avec, au centre, un spadice (épi) étroit jaune à crème. Ses feuilles sont en forme de cœur. Il existe plus de 1000 autres espèces d’Anthurium.

Réponse: Oui, baisser la plante dans son nouveau pot pour cacher sa tige nue est exactement ce qu’il faudrait faire. 

À bien des égards, l’anthurium est comme une orchidée phalaenopsis, produisant comme elle d’épaisses racines aériennes sur une tige qui s’allonge peu à peu, se dégarnissant à la base avec le temps. Or, si vous enterrez la tige nue, non seulement la plante paraîtra-t-elle plus courte et dense et donc plus attrayante, mais les racines enterrées s’allongeront et donneront une vigueur renouvelée à la plante. 

De plus, après 4 ans, l’ancien terreau est sans doute compacté et contaminé de sels minéraux. Donc, mieux vaut alors l’enlever en bonne partie lors du rempotage.

Comment faire

D’abord, on peut rempoter un anthurium en toute saison, mais le meilleur moment est au printemps ou au début de l’été, car il récupère alors très rapidement. Aussi, il vous faut un terreau très aéré, peut-être un terreau pour plantes d’intérieur ordinaire mélangé avec un terreau pour orchidées. Vous pouvez rempoter dans un pot d’environ 4 à 8 cm plus gros que le pot d’origine. 

Enlevez les stipules brunes. Photo: Rachel Bernier

Arrosez bien quelques heures avant le rempotage: cela réduit le choc pour les racines. Enlevez aussi les stipules de la tige (petites excroissances brunes qui persistent sur la tige). 

Humidifiez aussi le terreau auparavant: il sera alors plus facile à manipuler.

Ill.: Claire Tourigny, Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Pour sortir la plante de son pot, inversez celui-ci en tenant la tige entre vos doigts et tapez solidement sur le fond du pot. Cela devrait dégager la motte de racines. Tirez ensuite sur le pot pour l’enlever. Si la plante ne bouge pas, essayez de passer un couteau entre le terreau et le pot. Parfois, il faut aller jusqu’à casser le pot pour l’enlever.

Le terreau des anthuriums est souvent envahi par des racines. Tirez sur les racines pour les étaler ou même, coupez-en, peut-être le tiers inférieur. Photo: ooblada, reddit.com

Sans doute que les racines font le tour de la motte (cela est typique chez les anthuriums): si oui, tirez sur elles pour les étaler. Faites tomber un maximum de l’ancien terreau et supprimez au sécateur toute racine morte ou pourrie. 

S’il y a plus d’une plante dans le pot (souvent le cas), vous pouvez profiter de ce rempotage pour diviser votre plante. Tirez un peu sur les plantes pour les séparer et pour démêler leurs racines, tout simplement. Puis empotez-les individuellement.

Il est fort probable que la plante aura produit une telle masse de racines qu’il sera difficile de la rempoter convenablement. Si oui, supprimez les racines dans le tiers inférieur de la motte. Oui, réduisez la hauteur de la motte d’un tiers! N’ayez pas peur de le faire: cela ne dérangera pas la plante, mais va plutôt stimuler une meilleure reprise.

Centrez la plante dans son pot et comblez l’espace de terreau. Photo: Leafy Junkie

Ajoutez un peu de terreau au fond du nouveau pot, puis placez-y la plante, la poussant vers le bas s’il le faut pour qu’elle soit au niveau désiré. En effet, vous voudriez que la tige nue se trouve presque enterrée à la fin du rempotage. Tenant la plante en place, ajoutez du terreau, le poussant à travers les racines avec une baguette ou vos doigts. Vous voudriez que la plante «soit solidement assise» — qu’elle tienne en place sans que vous ayez à la tenir — dans son nouveau milieu. 

Ensuite, arrosez bien et placez la plante à l’ombre pendant quelques jours, puis dans son milieu de prédilection, soit sous un bon éclairage, mais sans trop de soleil direct. 

S’il y a beaucoup de tige nue!

Si votre anthurium a une longue tige nue, vous pouvez lui couper la tête pour en faire une bouture. Photo: Corina, YouTube.ca

Parfois, l’anthurium a tellement grossi, produisant une tige nue si allongée — de 10, 15, 20 cm et même plus! — qu’il n’est pas possible de le rempoter en couvrant la tige nue de terreau. Dans ce cas, il est plus logique de bouturer la partie supérieure de la plante que de tout simplement rempoter la plante.

Pour bouturer votre anthurium, coupez la tige à une longueur de 8 à 15 cm. Encore, faites un bon ménage, supprimant les stipules brunes (comme des mini-feuilles), quelques feuilles inférieures et aussi toutes les fleurs. Employez le même terreau que celui suggéré pour la plante adulte. 

Les boutures s’enracinent mieux lorsque cultivées à l’étouffée. Photo: empressofdirt.net

Remplissez de terreau jusqu’à 2,5 cm du bord un pot propre de la taille de l’original et formez, avec une baguette ou un crayon, un trou dans le centre. Glissez la bouture dans le trou et tassez un peu le terreau pour la tenir debout. Arrosez bien. Une culture à l’étouffée (sous plastique) sous un éclairage modéré et sous une bonne chaleur serait utile jusqu’à ce que vous voyiez de nouvelles feuilles, signe que la bouture a pris racine.

Ne jetez pas toutefois la base de la plante, mais rempotez-la selon la méthode décrite ci-dessus. Après quelques semaines, une nouvelle tige paraîtra à partir de l’ancienne et alors la plante repoussera.

Alors, vous aurez deux anthuriums plutôt qu’un! 

À l’avenir

Prenez l’habitude de rempoter votre anthurium aux 2 ans environ, quand la tige nue est encore relativement courte et facile à enterrer et avant que le terreau ait eu le temps de devenir contaminé. Ainsi, votre anthurium sera toujours magnifique!

Compostage avec des vers de terre

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Faire du vermicompostage à l’intérieur est facile. Photo: http://www.wormcompostinghq.com

Je sais que cela peut sembler dégoûtant pour certaines personnes, mais le vermicompostage ou lombricompostage (compostage avec les vers de terre) est une forme de compostage facile qu’on peut facilement faire à l’intérieur. Vous n’avez besoin de rien de plus qu’un bac, une poignée de vers (généralement, on emploie un petit ver subtropical connu sous le nom de ver du fumier [Eisenia fetida]) et de matières à composter, que vous produisez déjà amplement.

Les vers du fumier sont petits et rougeâtres. (Eisenia fetida). Photo: http://www.thebetterindia.com

Aussi, il vous faut un espace où vous pouvez placer votre bac, comme un sous-sol, un garage chauffé, un placard ou sous l’évier de la cuisine. La température ambiante de nos demeures convient parfaitement (les vers du fumier peuvent survivre à des températures de 4 à 27 °C, mais préfèrent des températures de 13 à 25 °C). Vous pouvez aussi faire du vermicompostage en plein air, mais, sauf sous les climats réellement très doux, seulement pendant les mois d’été.

Et les vers ne sont pas vraiment si dégoûtants, pas une fois que vous apprenez à les connaître.

Enfin non, le vermicompostage ne dégage pas de mauvaises odeurs. 

Commencer un bac de vermicompostage peut aussi être un excellent projet pour une école ou une garderie: avec un peu de direction, les enfants peuvent facilement gérer un bac de vermicompostage.

Démarrage facile

Rendons les choses les plus faciles possible. Achetez tout simplement un kit de démarrage chez un fournisseur local, peut-être un spécialiste en produits d’agriculture urbaine. Le nécessaire comprendra sans doute un bac de vermicompostage et environ 250 à 500 g de vers. Il n’en faut pas plus pour commencer.

Bien sûr, vous pourriez facilement fabriquer votre propre bac de vermicompostage à partir d’un contenant de rangement en plastique de type Rubbermaid que vous perceriez de trous, mais pourquoi compliquer les choses quand il existe des bacs à vers prêts à l’emploi? Si vous préférez faire tout vous-même, sachez il existe bien des modèles sur Internet que vous pourriez adapter à vos besoins. Ici, nous commencerons avec le bac tout prêt.

Un vermicomposteur tout simple: bac aéré, couvercle et plateau. Photo: kellyssustainablelife.com

Le modèle qu’on vous vend peut avoir bien des traits différents: rond, rectangulaire ou carré, au sol ou sur pattes, etc., mais cela importe peu. Essentiellement, il doit se composer d’un contenant, probablement en plastique, portant des trous de drainage (partie inférieure) et des trous d’aération (partie supérieure), un couvercle pour empêcher vos nouveaux petits amis de s’échapper et pour aider à maintenir une forte humidité ambiante et un plateau pour attraper le percolat (lixiat ou «jus de vers»), soit le surplus de liquide produit par le vermicompostage. Chaque modèle a sa propre façon de proposer ces trois choses.

Papier déchiqueté. Photo: http://www.thriftyfun.com

Vous aurez également besoin d’un bon approvisionnement en papier déchiqueté qui servira de litière. Peut-être avez-vous une déchiqueteuse domestique ou qu’il y en a une à votre bureau? Si oui, ayez toujours un sac ou deux de papier déchiqueté à la main. Ou déchirez du papier journal en lanières. Presque tout type de papier conviendra, mais il vaut mieux éviter le papier glacé. (Et enterrons un vieux mythe: non, l’encre des papiers recyclés n’est pas toxique!) Chaque fois que vous utilisez du papier déchiqueté, faites-le tremper quelques secondes dans de l’eau et égouttez-le, l’essorant un peu s’il le faut, avant de l’utiliser. Vous voudrez qu’il soit humide, mais pas détrempé.

Étape par étape

Le bac et les vers sont-ils arrivés? Voici quoi faire:

1. Placez le bac dans le plateau et retirez le couvercle.

2. Ajoutez environ 7 à 10 cm de papier déchiqueté humide au fond du bac.

3. Allez chercher deux bonnes poignées de terre de jardin (oui, prises dans un jardin extérieur) et mélangez-les à la litière. Elles contiendront des micro-organismes utiles ainsi que des particules de terre bénéfiques pour la digestion des vers.

4. Ajoutez les vers à la litière. Ils se placeront au bon niveau tous seuls.

5. Remettez le couvercle et laissez vos vers s’installer dans leur nouvelle demeure.

6. Après environ 24 heures, lorsque les vers se sont mieux acclimatés au changement, il sera temps de les nourrir pour la première fois. Il suffit d’enterrer des restes de nourriture sous la literie. Ne vous inquiétez pas: ils les trouveront!

7. Remettez le couvercle en place et laissez vos vers se nourrir. Ils vont bientôt consommer les restes que vous avez ajoutés et les transformer en compost.

Nourrir la horde 

Certaines personnes nourrissent leurs vers tous les jours, mais les petits lombrics ont alors tendance à s’en tenir aux choses les plus faciles à digérer et à ignorer les articles les plus difficiles. Il est généralement préférable de stocker vos restes pendant quelques jours et de nourrir les vers environ une fois par semaine.

Ill.: exploreecology.org

Vous pouvez donner aux vers des restes de légumes et de fruits, du marc et des filtres de café, des céréales, des sachets de thé (mais pas de sachets en plastique!), du pain, etc. Les mauvaises herbes du jardin sont également très bien et les vers consommeront également du papier. Évitez simplement la viande et les autres produits d’origine animale, y compris le lait, sauf les coquilles d’œuf rincées et bien broyées. On dit souvent de ne pas leur donner des restes d’ail ou d’oignon ou des pelures d’agrume, mais en fait, on peut le faire si on limite les quantités, et surtout, si on les coupe en très petits morceaux.

Faites un smoothie de vos restes de cuisine! Photo: internewscast.com

Et justement, hachez tous les déchets finement, si possible. (J’avais l’habitude de mettre les restes dans un vieux mélangeur [mixeur] laissé sur le comptoir de la cuisine toute la semaine et qui servait alors de bac d’entreposage, puis de l’allumer, réduisant les restes presque en bouillie, avant l’alimentation hebdomadaire.)

Avec un plantoir, une truelle ou une cuiller, creusez un trou dans la litière et déposez-y les restes. Quelle quantité utiliser? Probablement plus que vous ne pensez! Les vers peuvent consommer jusqu’à leur propre poids en déchets de cuisine par jour, mais peuvent survivre avec beaucoup moins aussi. La population augmentera ou se contractera selon la quantité disponible, tout simplement. (Les vers peuvent vivre 3 ou 4 ans, mais se reproduisent constamment et quand un ver meurt… eh bien, les autres le «recyclent»!)

Finissez par couvrir la surface laissée exposée avec du papier déchiqueté humide frais (ce qui éloignera les moucherons indésirables) et remettez le couvercle. Maintenant, rincez votre contenant d’entreposage de déchets alimentaires… et recommencez à accumuler d’autres déchets en vue du prochain «repas».

Comment récolter vos dividendes

Tel que mentionné, du percolat (jus de vers), un liquide brunâtre, se formera sous le bac avec le temps. Vous pouvez retirer le plateau et verser le liquide riche en nutriments dans un arrosoir. (Certains modèles de composteurs ont un robinet qui permet une récolte plus facile.) Dilué dans 2 à 5 parties d’eau, ce percolat peut alors servir d’engrais liquide pour le jardin ou les plantes d’intérieur.

Au fil du temps, le bac commencera à se remplir de compost sous la litière de papier déchiqueté (qui vous renouvèlerez au besoin) et lorsqu’il est environ à moitié plein, il est temps de songer à le récolter. 

Parfois, il reste quelques vers dans le compost récolté que vous pouvez remettre dans le composteur. Photo: rodaleinstitute.org

Il y a plusieurs façons de récolter le compost sans vider le composteur de ses vers, mais la plus facile est tout simplement de nourrir les vers d’un seul côté du bac pendant environ 10 à 14 jours. L’accès à la nourriture les attirera vers ce côté, vous permettant de récolter du compost sans vers de l’autre côté. Ensuite, faites la même chose en changeant de côté pour la prochaine récolte.

Utilisez le compost produit dans votre jardin, sur votre pelouse, mélangez-le dans du terreau, etc. Il est très riche et certainement le meilleur compost que vous produirez à la maison. D’ailleurs, il est de meilleure qualité que la plupart des composts vendus sur le marché!

Et les moucherons?

Les mouches du vinaigre (mouches à fruits) et les mouches du terreau (sciarides) adorent les bacs de vermicompostage et s’y installeront si vous leur donnez une chance. C’est pourquoi il est important de toujours recouvrir les matières en décomposition d’une couche de papier déchiqueté chaque fois que vous exposez une section à l’air, que ce soit en y ajoutant de nouveaux matériaux ou en prélevant du compost. Cette couche de papier crée un obstacle que les mouches ne peuvent franchir.

Le vermicompostage: si simple à faire et, de plus, il vous donne un approvisionnement régulier du meilleur compost en ville! Qu’attendez-vous pour en fabriquer?

Si le ginkgo vit si longtemps, c’est qu’il ne sait pas quand mourir

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L’un des plus gros ginkgos du Japon, avec une circonférence de 10 mètres, mais il a seulement 700 ans, la moitié de l’âge de certains spécimens de Chine. Photo: nippon.com

Pourquoi les ginkgos (Ginkgo biloba), aussi appelés arbres à 40 écus, vivent-ils si longtemps? Et en effet, certains vivent jusqu’à 1 400 ans, peut-être même 3 000 ans.

Il s’avère que c’est parce qu’ils ne savent pas quand mourir!

Ginkgo vieux de 1 000 ans à Sendai, au Japon. Photo: ginkgopages.blogspot.com

Contrairement à la plupart des autres végétaux et, en fait, aux animaux, le ginkgo n’a pas de gènes de sénescence. D’autres plantes ont des gènes qui mènent à une sorte d’obsolescence planifiée (la plupart des autres espèces d’arbres sont sérieusement en déclin après 150 ans). Les oiseaux, les mammifères et la plupart des animaux, y compris les êtres humains, souffrent de cette même dégénérescence programmée. En fait, la plupart des plantes et des animaux sont programmés pour mourir et c’est écrit dans leurs gènes. C’est ce qu’on appelle la sénescence. 

Mais les scientifiques n’ont trouvé aucune différence entre les cellules de jeunes ginkgos et celles de plus anciens spécimens étudiés, âgés de plus de 600 ans. La capacité de l’arbre à faire de la photosynthèse, à produire des feuilles, à résister aux maladies et même à se reproduire reste intacte, des siècles après sa germination.

«Essentiellement, en ce qui concerne l’immunité de la plante contre le stress et la maladie, il était difficile de distinguer un ginkgo de 600 ans d’un ginkgo de 20 ans», rapporte le Dr Richard Dixon de l’Université du nord du Texas, membre de l’équipe qui a étudié l’incroyable longévité du ginkgo.

Avec ses feuilles uniques en forme d’éventail, le ginkgo ne peut être confondu avec aucun autre arbre. Photo: http://www.alzdiscovery.org

Et cette longévité a bien servi le ginkgo. Ginkgo biloba est présent sur cette planète depuis plus de 200 millions d’années, ayant coexisté avec les dinosaures et, en fait, leur ayant survécu. Charles Darwin lui-même les appelait des fossiles vivants.

Ce ginkgo vieux de 1 000 ans du sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gū à Kamakura, Japon, a été déraciné par une tempête de neige le 10 mars 2010. Photo: Urashimataro, Wikimedia Commons

Pas que les ginkgos individuels vivent éternellement. Quelque chose finit toujours par les faire mourir: le feu, la foudre, le vent, l’érosion, le développement… ou la récolte forestière. Lorsqu’un ginkgo vit si longtemps — 1 000 ans et plus! — son environnement est susceptible de changer et de ne plus lui convenir. Mais alors il meurt de facteurs externes. Si sa longévité ne dépendait que de ses gènes, il vivrait éternellement!

Il est probable que d’autres arbres à longue vie, comme le pin bristlecone (Pinus longaeva, dont certains spécimens ont près de 5000 ans), n’aient pas non plus les gènes de la sénescence, mais il faudrait d’autres études pour confirmer cet état des choses.