Fascinant sondage sur le jardinage

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Je joins un graphique fort intéressant issu d’un sondage fait cet hiver sur les attitudes des Américains envers le jardinage. Produit pour le compte de l’OPEI (Outdoor Power Equipment Institute), une association commerciale représentant des fournisseurs d’outils de jardinage motorisés et, surtout, de tondeuses, il est clair que cela a donné au sondage un biais en faveur des pelouses. Néanmoins, il est révélateur… et je pense que les résultats au Canada ne seraient pas très différents, car nous aussi, nous les aimons nos chères pelouses!

En Europe, que je connais moins, je ne saurais dire. Peut-être que des lecteurs auront leur mot à dire ou des sondages à partager?

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Savoir appeler les rosiers par leur nom

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Comment classifier les rosiers? Source: T.Kiya, Wikimedia Commons

Les rosiers figurent parmi les fleurs de jardin les plus populaires et, avec plus de 300 espèces et quelque 20 000 cultivars, ce n’est pas le choix qui manque! Et d’ailleurs, cela pose problème. Comment se démêler avec toutes ces variétés?

Depuis longtemps, les horticulteurs tentent de créer des classifications pour mieux encadrer les rosiers, les regroupant d’après leur histoire, leur parenté, leur capacité ou non de refleurir, leur port, leur rusticité, etc. Cependant, comme les rosiers s’entrecroisent allègrement, créer des catégories incontestables n’est pas chose facile. Il en résulte plusieurs systèmes de classification, certains comprenant jusqu’à 35 catégories, mais le regroupement simplifié qui suit correspond assez bien à la classification des rosiers actuellement sur le marché.

1. Rosiers botaniques

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Rosa glauca. Source: Wouter Hagens, Wikimedia Commons

  • poussent spontanément dans la nature
  • fleurs simples, parfumées ou non
  • fleurissent une fois par année
  • portent des noms d’espèce (Rosa blanda, Rosa glauca, etc.)
  • fruits (cynorhodons) souvent ornementaux
  • rusticité variable (zone 1 à 10, selon l’espèce)

2. Rosiers anciens

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Rosier ancien ‘Rosa Mundi’. Source: Libby norman, Wikimedia Commons

  • datent d’avant 1867 (1920 selon certaines définitions)
  • généralement à floraison unique
  • fleurs simples ou doubles
  • fleurs souvent très parfumées
  • rusticité variable (zone 4 à 9, selon le cultivar)
  • relativement peu cultivés de nos jours, à part quelques cultivars classiques

3. Rosiers buissons

Rosiers à floraison remontante créés habituellement au 20e ou au 21e siècle. Il y en a plusieurs catégories:

A. Rosiers hybrides de thé:   

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Rosier hybride de thé ‘Peace’. Source: Arashiyama, Wikimedia Commons

  • grosses fleurs remontantes, avec ou sans parfum, presque toujours doubles
  • tiges épaisses et peu nombreuses
  • port assez ordinaire, cultivés surtout pour la fleur
  • une fleur par tige, occasionnellement plus
  • hauteur: 1 à 1,5 m
  • habituellement greffés
  • peu rustiques (zone 8)

B. Rosiers grandifloras ou à grandes fleurs:   

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Rosier grandiflora ‘Queen Elizabeth’. Source: Captain-tucker, Wikimedia Commons

  • les mêmes grosses fleurs que chez les hybrides de thé, mais avec 3 à 5 fleurs par tige
  • tiges épaisses et peu nombreuses
  • meilleure apparence au jardin que les hybrides de thé
  • hauteur: 1 à 1,5 m
  • habituellement greffés
  • peu rustiques (zone 8)

C. Rosiers floribundas:

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Rosier floribunda ‘Iceberg’. Source: pxhere.com

  • fleurs plus petites, portées plusieurs par tige
  • tiges plus minces et plus nombreuses
  • floraison souvent abondante
  • généralement, très beau port
  • hauteur: environ 90 cm
  • habituellement greffés
  • peu rustiques (généralement zone 7, parfois zone 6)

D. Rosiers polyanthas:

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Rosier polyantha ‘The Fairy’. Source: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz, Wikimedia Commons

  • fleurs nettement plus petites, portées en bouquet
  • nombreuses tiges minces
  • excellents rosiers de plates-bandes
  • hauteur: 30 à 60 cm
  • habituellement greffés
  • parfois rustiques (zones 4, 5 ou 6)

E. Rosiers miniatures:

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Rosier miniature Mandarin Sunblaze®. Source: http://www.starrosesandplants.com

  • petites fleurs, individuelles ou en groupe
  • la plupart sont remontants
  • hauteur: de 15 à 60 cm
  • habituellement non greffés
  • se cultivent en pleine terre, en bac sur la terrasse et à l’intérieur
  • souvent rustiques (zones 4 ou 5)

4. Rosiers arbustifs

(cette catégorie comprend aussi les rosiers couvre-sol et la plupart des rosiers anglais [rosiers David Austin])

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Rosier arbustif ‘Henry Hudson’. Source: eaglelakenurseries.com

  • diverses origines, généralement très robustes
  • multiples branches, créant un effet d’arbuste
  • peuvent servir en isolé, en platebande ou en haie
  • floraison unique ou remontante
  • hauteur variable, généralement de plus de 60 cm
  • généralement non greffés
  • excellente rusticité: jusqu’à zone 2 pour certains

5. Rosiers grimpants

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Rosier grimpant ‘Blaze Improved’. Source: http://www.jacksonandperkins.com

  • longues branches de 2 à 6 m pouvant être palissées sur un treillis ou une autre structure
  • toutes les autres caractéristiques sont très variables: taille de fleur, abondance, apparence, remontance, rusticité
  • la majorité sont peu rustiques

6. Rosiers tige

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Rosiers tige. Source: Наталия19, Wikimedia Commons

  • généralement, des rosiers buissons greffés sur des tiges de 1 m à 1,30 m de hauteur
  • rusticité généralement très faible: zone 8
  • pour les faire survivre à l’hiver dans les zones 7 et moins, il faut normalement les coucher dans une tranchée et les recouvrir de paillis
  • il existe quelques rosiers tige non greffés, produits par la taille sélective de rosiers arbustifs, qui peuvent être rustiques (zone 5)

Et voilà! Maintenant, vous en savez un peu plus sur ces plantes si populaires!

La phénoménale fructification du figuier: une merveille du monde végétal!

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Voici un figuier commun (Ficus carica) en fruits… mais où sont les fleurs? Source: blogs.ubc.ca

Le genre Ficus (figuier) comprend plus de 850 espèces dans la famille des Moracées et est trouvé sur tous les continents sauf l’Antarctique. Les figuiers sont généralement tropicaux, mais certaines rares espèces peuvent tolérer les climats tempérés modérés, notamment le figuier commun (Ficus carica), ce fruitier méditerranéen bien connu.

Extrêmement varié, le genre comprend de grands arbres de jusqu’à 40 m de hauteur, des arbustes, des plantes épiphytes, des grimpantes et les réputés «figuiers étrangleurs», soit des hémiépiphytes qui germent sur une branche de l’arbre-hôte pour finir par l’étrangler et prendre sa place. Et leurs fruits abondants sont à la base de l’alimentation de beaucoup d’animaux de la forêt tropicale. D’ailleurs, certains oiseaux et chauves-souris se nourrissent presque exclusivement de figues… et déposent les graines de figuier dans leurs excréments, assurant ainsi la prochaine génération de l’espèce.

Des fruits pas comme les autres

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Les petits fruits du figuier pleureur (Ficus benjamina). Source: Dinesh Valke, Wikimedia Commons

Les fruits de tous les figuiers s’appellent figues, que ce soit les fruits relativement gros du figuier commun (F. carica), que nous trouvons frais ou séchés au marché, ou les petits fruits des figuiers pleureurs (F. benjamina) de nos salons. Et ils sont tous réellement très originaux!

Le figuier, en effet, ne semble jamais fleurir. On ne voit qu’un petit fruit qui se forme, grossit et change de couleur pour indiquer sa maturité. Aucune fleur n’est visible. Des fruits sans fleurs? Comment cela est-il possible?

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Les fleurs se trouvent à l’intérieur de la jeune figue. Source: http://www.tropicalfloridagardens.com

En fait, oui, le figuier fleurit, mais les fleurs se trouvent à l’intérieur du petit «fruit» en formation. (Techniquement, ce n’est pas un fruit simple, mais un faux-fruit ou infrutescence appelé sycone… mais, par commodité, j’utiliserai le mot fruit dans ce texte.)

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Fruit du banyan (Ficus benghalensis). Notez les ostioles (trous pour permettre l’entrée de la guêpe femelle). Source:  Joe Mabel, fr.wikipedia.org

Vous remarquerez qu’il y a un minuscule trou à l’extrémité de chaque fruit. C’est par ce trou (appelé ostiole) que le pollinisateur accède au fruit. Quand le fruit est prêt à être fécondé, l’ostiole ouvre marginalement et le fruit émet un parfum attisant contenant des phéromones spécifiques pour attirer une guêpe femelle de la bonne espèce.

C’est un exemple de mutualisme extrême, car la plupart des figuiers ont leur propre espèce de guêpe, la seule qui peut les polliniser, et la guêpe vit exclusivement du fruit de ce figuier. C’est un grand risque évolutionnaire à prendre, car si le figuier devait disparaître, la guêpe le suivrait rapidement dans l’extinction et, si la guêpe devait s’éteindre, le figuier n’aurait plus de pollinisateur!

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Guêpe pollinisatrice de figues. Source: JMK, Wikimedia Commons

La minuscule guêpe pénètre par l’ostiole (trou)*, apportant le pollen d’un autre figuier de la même espèce. En se frayant un chemin, la femelle endommage ses antennes et arrache ses ailes. L’ostiole commence alors à fermer, question d’empêcher des prédateurs de prendre le même chemin, malgré que parfois plus d’une femelle réussisse à le traverser avant qu’il ne se bouche complètement. La femelle visite les fleurs minuscules — il peut y en avoir des dizaines, voire des centaines! — à l’intérieur du fruit, pondant ses œufs… et pollinisant les fleurs en même temps. Puis, elle meurt, son rôle accompli.

*Chez certaines espèces, la guêpe femelle ne pénètre pas le fruit, mais y insère ses œufs de l’extérieur au moyen d’un ovipositeur, toujours en passant par l’ostiole.

Les larves éclosent et consomment une partie des petites graines en formation… mais le figuier a prévu le coup. Il est prêt à sacrifier certaines graines pour permettre le développement des autres.

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Figue coupée en deux: on voit bien les graines, chacune entourée d’un petit fruit individuel. Notez aussi l’ostiole, toujours visible à l’extrémité inférieure du fruit. Source: Kyle-the-hacker, Wikimedia Commons

Chez la plupart des espèces, les guêpes mâles, sans ailes, fécondent les guêpes femelles à l’intérieur du fruit, puis meurent, n’ayant jamais vu la lumière du jour. La femelle, désormais enceinte, quitte le fruit, devant passer par les fleurs mâles en sortant et ramassant ainsi du pollen, puis vole jusqu’à une jeune figue. Elle la pénètre… et alors le cycle recommence.

Chez certaines espèces, le mâle quitte le fruit avant de féconder la femelle, en creusant un tunnel que la femelle utilisera par la suite pour sortir. Il féconde la femelle à l’extérieur du fruit, puis meurt, et la femelle part à la recherche d’une figue à polliniser.

Manger des insectes? Jamais!

Pour ceux qui sont dédaigneux, sachez que, quand vous mangez une figue, vous ne consommez pas les corps morts des guêpes qui y sont décédées. En mûrissant, la figue produit une enzyme qui digère les cadavres et utilise leurs minéraux pour le développement du fruit.

Fruits sans pollinisation?

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Le figuier ‘Brown Turkey’ est un cultivar parthénocarpique. De telles variétés sont populaires dans les climats frais où la guêpe pollinisatrice de la figue commune ne survit pas. Source:3fatpigs.co.uk

Chez le figuier comestible, le cycle est similaire… dans le cas des variétés fertiles, du moins. Mais beaucoup de cultivars sont parthénocarpiques, c’est-à-dire qu’ils sont capables de produire des fruits sans pollinisation. En contrepartie, leurs fruits ne contiennent pas alors de graines fertiles.

Des plantes parthénocarpiques apparaissent à l’occasion dans la nature, généralement par mutation. Comme ces plantes ne produisent pas de graines, ou encore, seulement des graines infertiles, elles n’arrivent généralement pas à se reproduire à l’état sauvage et sont alors vite éliminées par sélection naturelle.

Chez les plantes cultivées, par contre, la parthénocarpie est souvent considérée comme désirable et est maintenue précieusement par les humains au moyen de multiplication asexuée (bouturage, greffage, etc.). Pas de pépins à cracher chez la banane et l’orange Navel. Pas besoin d’avoir un arbre mâle à la portée pour polliniser les fleurs de l’arbre femelle chez le kaki. Et pas besoin d’avoir la bonne guêpe au bon endroit au bon moment dans le cas du figuier.

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Figue immature avec guêpes pollinisatrices (Blastophaga psenes). Source: www.naturamediterraneo.com

En effet, la guêpe qui pollinise le figuier commun (F. carica), Blastophaga psenes, n’est pas trouvée partout où les figuiers sont cultivés aujourd’hui. Le figuier et sa guêpe sont originaires du pourtour de la Méditerranée, mais s’il a été relativement facile d’acclimater le figuier ailleurs, la guêpe s’est montrée moins commode. Dans les régions plutôt froides, notamment, on arrive souvent à cultiver des figuiers (quitte à devoir les enterrer dans des tranchées l’hiver dans certains cas), mais la guêpe n’y survit pas. Mais peu importe, puisqu’il existe des variétés parthénocarpiques qui n’ont pas besoin de pollinisation!

Et ce n’est pas d’hier que l’humain cultive des figuiers parthénocarpiques. Dans le Moyen-Orient, la plante cultivée la plus ancienne connue des archéologues est un figuier parthénocarpique datant d’au moins 11 200 ans! C’est bien avant la domestication de la deuxième plante cultivée la plus ancienne dans le secteur : le blé!


Les figues : des fleurs insignifiantes, mais des fruits pleins de surprises!20180422A blogs.ubc.ca

Quand les insectes voient jaune

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Les insectes volants sont attirés par la couleur jaune… et iront se coller sur des plaquettes jaunes collantes. Source: http://www.amazon.com

Beaucoup d’insectes nuisibles sont attirés par le jaune. C’est la couleur des plantes en détresse et des millions d’années d’évolution leur ont appris à se diriger directement sur de telles plantes, des plantes dont les défenses sont affaiblies.

On trouve sur le marché des plaquettes jaunes munies d’une colle que ne sèche pas: accrochez-les dans ou près d’une plante sujette à l’infestation par un insecte volant (aleurode, sciaride, puceron, thrips, mineuse, cicadelle, mouche, etc.). Ainsi, lors d’un début d’infestation, vous remarquerez très rapidement la présence d’un tas de prisonniers sur la plaquette, signe qu’il est temps de penser sérieusement à un traitement pesticide (savon insecticide, neem, etc.).

Et si vous êtes très chanceux, le piège peut même étouffer l’infestation dans l’œuf: si le premier aleurode (ou thrips ou puceron, etc.) qui s’aventure dans vos plantes tombe tout de suite sur le piège collant, la partie peut déjà être terminée pour l’année!

Petit glossaire du semeur néophyte

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Le langage des catalogues horticoles peut porter à confusion! Source: http://www.barnesandnoble.com, pngimg.com & journalofantiques.com, montage: jardinierparesseux.com

Le printemps est la saison des semis: c’est le temps de semer vos légumes, fleurs et fines herbes dans la maison ou, un peu plus tard, dans le jardin. Les jardineries regorgent d’étalages de sachets de semences de toutes sortes et il y a un plus gros choix encore quand on commande par catalogue, que ce soit par la poste ou sur Internet. Mais… comment comprendre le vocabulaire quelque peu obscur qu’on emploie au verso des sachets et dans les catalogues imprimés et virtuels? Pour bien des néophytes, c’est du chinois! Voici donc quelques termes que vous risquez de rencontrer et leur définition.

Acclimatation: action d’habituer de jeunes plants semés à l’intérieur aux conditions extérieures, une étape vitale de la production de semis. Habituellement, on place les semis deux ou trois jours à l’ombre, puis deux ou trois jours à la mi-ombre et deux ou trois jours au soleil avant de les repiquer à leur emplacement permanent.

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Les annuelles vivent rapidement, puis le cycle recommence. Illustration: Twinkl

Annuelle: une plante qui complète son cycle de vie, de la germination à la production de graines, en un an, et qui meurt par la suite. Ex. : cosmos, œillet d’Inde, gazanie.

Annuelle rustique: une annuelle qui peut tolérer le froid et même un peu de gel et qu’on peut donc semer en pleine terre tôt dans la saison, voire à l’automne dans certains cas. Ex. : coquelicot, épinard, tournesol.

Annuelle semi-rustique: annuelle qui tolère les températures fraîches, mais pas le gel. Dans les régions froides, on les sème habituellement à l’intérieur pour gagner du temps sur la saison. Dans les régions au climat doux, on les sème en pleine terre comme s’il s’agissait d’annuelles rustiques. Ex. : cosmos, persil, pétunia.

Annuelle tendre: annuelle qui ne tolère pas le froid, ni même les sols frais. On les sème toujours à l’intérieur et on les repique seulement quand le sol et l’air sont réchauffés. Ex. : basilic, bégonia, ricin.

Bisannuelle: une plante qui complète son cycle de vie sur deux ans, produisant habituellement une rosette de feuilles la première année et des fleurs et des semences la deuxième. Elle meurt après la production des semences. Ex. : digitale, persil.

Vivace: une plante herbacée (sans bois) qui vit plus de deux ans et qui fleurit plus d’une fois. Elle ne meurt pas après la floraison.

Autofertile: se dit d’une plante dont les fleurs peuvent s’autoféconder, c’est-à-dire dont son propre pollen peut assurer la production de graines. La majorité des plantes sont autofertiles.

Autostérile: se dit d’une plante qui doit être pollinisée par une autre variété pour produire des graines. La majorité des fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, etc.) sont autostériles ou partiellement autostériles. Il faut donc toujours cultiver aux moins deux cultivars de la même espèce pour s’assurer d’avoir des fruits.

Biologique: les semences biologiques ont été prélevées sur des plantes n’ayant pas été traitées avec des pesticides ou des engrais de synthèse (c’est-à-dire chimiques). Le producteur a uniquement utilisé des engrais et des pesticides biologiques, c’est-à-dire dérivés de sources naturelles.

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Feuille souffrant d’une carence en fer. Ce type de carence s’appelle une chlorose. Source: utahpests.usu.edu

Carence: manque d’une substance vitale dans le sol (phosphore, potasse, azote, zinc, bore, fer, etc.) se manifestant par divers symptômes, notamment une décoloration de la feuille ou une croissance ralentie ou anormale. Un traitement avec un engrais complet (contenant tous les oligo-éléments, comme un engrais à base d’algues) permet habituellement de venir à bout d’une carence. La chlorose, soit le jaunissement du feuillage généralement causé par un manque de fer, est un exemple de carence.

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Ce semis porte deux cotylédons. Source: http://www.canolacouncil.or

Cotylédon: la première feuille d’un semis, généralement simple et souvent d’apparence très différente des feuilles matures. La plupart des semis ont deux cotylédons, mais il existe des semis à un cotylédon, à multiples cotylédons et sans cotylédon.

Coureuse: se dit d’une courge aux longues tiges rampantes qui demandent beaucoup d’espace dans le jardin, comme une citrouille. C’est l’état naturel pour une courge.
Non-coureuse: se dit d’une courge qui ne produit qu’une courte tige et qui forme alors une rosette, prenant moins d’espace dans le jardin. La courgette (zucchini) est la courge non coureuse la plus connue.
Cultivar: variété obtenue et multipliée par l’humain, qui n’existe pas dans la nature. Son nom est indiqué par des guillemets simples (‘ ‘). Le nom vient de «variété cultivée». Ex. : dans le cas du Cosmos bipinnatus ‘Sonata White’, ‘Sonata White’ est le nom de cultivar.
Date du dernier gel: date utilisée pour calculer quand faire les semis. Sur le sachet ou dans le catalogue, on suggère de faire les semis X semaines avant la date du dernier gel (6 semaines, 8 semaines, etc.). Il suffit alors de compter à rebours. Dans la région de Québec, par exemple, beaucoup de jardiniers utilisent le 10 juin comme date du dernier gel.
Déterminé: se dit d’un plant de tomate (et parfois d’autres végétaux) dont chaque branche se termine en une grappe de fleurs, ce qui limite sa croissance. Les tomates déterminées sont de taille réduite et n’ont pas toujours besoin de tuteur. Leur défaut est de produire toutes leurs tomates en peu de temps.
Indéterminé: se dit d’un plant de tomate (et parfois d’autres végétaux) dont les fleurs apparaissent à l’aisselle des rameaux et non pas à l’extrémité, ce qui fait que ses tiges croissent en hauteur. Il faut donc un tuteur solide ou une grosse cage à tomates. La production de fruits est beaucoup plus importante et la récolte, bien que souvent un peu retardée, s’échelonne sur toute la saison.

Dioïque: se dit d’une plante dont les fleurs mâles et femelles sont portées sur des plants différents. L’asperge est une plante dioïque.

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Fleurs monoïques (feuilles de courge): la fleur mâle est à gauche, la femelle, à droite. Source: http://www.missouribotanicalgarden.org

Monoïque: se dit d’une plante qui produit des fleurs mâles et femelles séparées, mais sur la même plante. Souvent, la fleur femelle se reconnaît facilement, car elle porte à sa base un ovaire qui est petit, mais exactement de la forme du fruit à venir. Les courges, les melons et les concombres sont monoïques.

Parfaite (ou hermaphrodite): se dit d’une fleur ayant des organes mâles et femelles, donc un stigmate et des étamines. C’est la situation la plus courante dans la nature.

Enrobé: se dit de graines enveloppées d’un produit (habituellement de l’argile) qui en facilite l’ensemencement.

Multienrobage: un enrobage qui inclut plusieurs graines et qui est utilisé pour les plantes qui paraissent mieux lorsqu’elles poussent en touffe.

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Godets de tourbe. Source: amazon.com

Godet de tourbe: aussi appelé pot de tourbe. Contenant fait de tourbe, de coir ou d’autres produits organiques pressés, utilisé pour les semis qui ne tolèrent normalement pas le repiquage. On repique le godet en pleine terre, sans l’enlever ou le défaire, donc le semis n’est pas affecté par la transplantation. Les racines du plant peuvent par la suite percer le godet et continuer une croissance normale.

Éclaircir: supprimer une partie des semis ou des fruits dans le but de permettre aux autres de mieux se développer. On le fait habituellement en les coupant à la base.

Exige de la lumière pour germer: se dit d’une semence qui ne germe qu’en présence de lumière, soit du soleil ou d’un éclairage artificiel. Il faut la semer à la surface du sol, sans la recouvrir de terreau, et placer son pot dans un emplacement bien éclairé pour stimuler la germination.

Hybride: plante résultant du croisement de deux races, espèces ou genres. Les hybrides F1 sont les plus courants et sont le résultat d’une première génération de croisement (F1 veut dire «filial 1»). Habituellement, les hybrides F1 sont plus performants que les plantes non hybrides, mais coûtent plus cher, car il faut les polliniser manuellement en serre. Les hybrides F2, moins courants, sont de la deuxième génération (filiale 2) et sont meilleur marché, car produits par pollinisation naturelle, mais ne sont pas aussi fiables et performants que les F1. Les hybrides ne sont pas des OGM.

Ne pas couvrir: se dit d’une semence qu’il ne faut pas couvrir de terreau lors du semis, généralement parce qu’elle est soit très fine ou encore, qu’elle exige de la lumière pour germer ou les deux.

Nom botanique: on utilise aussi les termes nom latin, nom scientifique et nom binomial. Il consiste en deux mots, le premier étant le genre (nom partagé avec des plantes apparentées, un peu comme un nom de famille chez l’humain) et le deuxième, le nom spécifique, qui détermine la plante avec précision. Par exemple, Solanum tuberosum est le nom botanique de la pomme de terre et Solanum melongena, celui de l’aubergine. Toutes deux partagent un même nom de genre, Solanum, étant très apparentées, mais le nom spécifique permet de les distinguer. Le nom botanique s’écrit normalement en italique, quand cela est possible, sinon on le souligne.

OGM: organisme génétiquement modifié. Se dit d’une plante dans laquelle un humain est venu insérer du matériel génétique d’une autre plante, ou même d’un animal, sans passer par la «voie normale», soit la pollinisation. Il y a, par exemple, du maïs contenant des gènes de Bt, une bactérie, et des lignées de colza et de soya auxquelles on a inséré des gènes les rendant résistantes aux herbicides. Actuellement, aucune semence OGM n’est disponible aux jardiniers amateurs.

Pinçage: suppression du bourgeon terminal (bourgeon à l’extrémité d’une tige). Le pinçage stimule la ramification, donnant un plant plus compact et souvent plus attrayant, mais retarde un peu le début de la floraison.

Repiquage: transplantation d’un végétal, et surtout d’un semis, en pleine terre.

Scarification: action de couper, percer ou limer la graine avant le semis ou encore, de la faire tremper pendant plusieurs heures dans de l’eau tiède. Cela aide à activer la germination des graines à enveloppe très dure (ipomées, hibiscus, etc.).

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Semences traitées. On les teint pour éviter toute confusion avec les semences non traitées. Source: http://www.sulphurmills.com

Semence traitée: graines ayant subi un traitement avec un fongicide pour prévenir la pourriture dans les sols froids ou détrempés. Ce traitement n’est pas considéré comme acceptable aux yeux des jardiniers biologiques.

Semence non traitée: graines n’ayant pas été traitées au fongicide et donc acceptables en jardinage biologique.

À semer en pleine terre: terme appliqué aux semences à croissance rapide qu’on n’a pas besoin de semer à l’intérieur. Ex.: haricot, œillet d’Inde, maïs.

Stratification froide: voir Traitement au froid.

Traitement au froid (stratification froide, vernalisation): pratique appliquée chez les graines qui doivent passer par une période de froid avant de germer. Habituellement, on les sème en pot et les place au réfrigérateur pendant plusieurs semaines avant de les exposer à la chaleur. Ou encore, on les sème à l’extérieur à l’automne pour une germination au printemps.

Variété du patrimoine ou patrimoniale: variété ancienne. Certaines autorités considèrent une plante ayant été introduite il y a 50 ans ou plus comme étant une variété du patrimoine, d’autres préfèrent la définition «avant les années 40». Ex.: tomate ‘Brandywine’, maïs ‘Golden Bantam’, etc.

Vernalisation: voir Traitement au froid.20180420A ENG www.barnesandnoble.com, pngimg.com & journalofantiques.com

Que penser des lustrants à feuilles ?

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Les lustrants à feuilles sont-ils aussi anodins qu’on le prétend? Source: www.ikea.com, depositphotos.com, http://www.bonsai.de, http://www.amazon.com, http://www.rona.ca & http://www.home-boulevard.com. Montage: jardinierparesseux.com

Parfois, vous achetez des plantes d’intérieur dont les feuilles sont particulièrement luisantes. Cela peut être inné – les feuilles de certaines plantes et notamment celles du schleffera (Schefflera actinophylla), du faux zamier (Zamioculcas zamiifolia) et de la plante miroir (Coprosma repens), sont naturellement miroitantes – mais souvent elles ont été traitées avec un produit lustrant, appelé justement lustrant ou lustrant à feuilles. Les fleuristes, surtout, aiment donner une plus-value au feuillage dans leurs arrangements floraux et en appliquent aussi aux plantes d’intérieur qu’ils vendent. Et des produits de ce type sont en vente libre aussi. Mais sont-ils bons pour les plantes ?

Les fabricants prétendent que oui. Qu’ils enlèvent la poussière, la saleté et le calcaire, qu’ils aident alors les feuilles à mieux respirer, qu’ils permettent de réduire l’évaporation et qu’ils préviennent le dépôt de poussière. Et qu’ils « laissent le feuillage brillant et éclatant », ce qui est une bonne chose, paraît-il.

Et il est vrai que, en général, ces produits ne sont pas très nuisibles, mais ils ne sont pas sans effets secondaires indésirables non plus. Le problème est de savoir ce qu’ils contiennent et cela n’est pas toujours très évident. Certains contiennent de la silicone, d’autres différentes huiles et cires, tous des produits qui peuvent boucher les stomates des plantes si on les applique incorrectement et qui réduisent aussi la pénétration de la lumière aux feuilles.

Feuilles dans les arrangements floraux

D’abord, il n’y a aucun désavantage à appliquer un lustrant sur des feuilles coupées, comme font les fleuristes en préparant des arrangements floraux. Ces feuilles sont vouées à une mort certaine dans seulement une semaine ou deux. Qu’on les fasse briller pendant ce qui reste de leur vie ne change strictement rien.

Plantes artificielles

Ces lustrants servent aussi à nettoyer et faire luire les feuilles des plantes artificielles. Évidemment, ils ne leur nuisent pas.

Plantes d’intérieur vivantes

La situation est beaucoup plus complexe dans le cas des plantes vivantes qu’on veut justement garder vivantes.

Quand l’étiquette indique que le produit aide la plante à mieux respirer, mais assure, en même temps, qu’il réduit l’évaporation, c’est carrément une contradiction. Les plantes font la majeure partie de leur respiration à partir de stomates, pores qui s’ouvrent pour permettre les échanges gazeux (respiration), mais qui laissent aussi s’échapper de l’eau (évapotranspiration). Plus la plante respire, plus elle transpire. Comment un produit peut-il aider la respiration et réduire l’évapotranspiration quand les deux vont de pair ? Mystère et boule de gomme !

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Chez la plupart des plantes dicotylédones, les stomates qui permettent la respiration sont surtout situés sur le revers de la feuille. Source: askabiologist.asu.edu

Théoriquement, il faut vaporiser le luisant uniquement sur la surface supérieure de la feuille. S’il atteint l’envers de la feuille, où se trouvent la majorité des stomates, il risque de les boucher et ainsi de nuire à la respiration de la plante. Mais en recouvrant la surface supérieure, il a un autre effet indésirable : il nuit à la photosynthèse. Pas beaucoup, mais un peu. Une feuille couverte d’un produit luisant reflète la lumière et la lumière reflétée n’est pas absorbée. C’est l’équivalent de recouvrir la feuille d’un filtre. D’accord, les feuilles de certaines plantes sont naturellement luisantes (habituellement, elles sont couvertes d’une cire naturelle), mais alors, dans le milieu d’origine de la plante, il y avait une bonne raison pour repousser le soleil, peut-être trop intense. Ou encore, la plante avait plus à gagner à repousser la poussière qu’à faire une photosynthèse optimale.

Comme, dans la plupart des maisons, le manque de lumière est le facteur qui nuit le plus au développement des plantes, les lustrants, qui réduisent la photosynthèse « juste un peu », peuvent néanmoins être réellement nuisibles aux plantes souvent déjà en manque de lumière, minant peu à peu leur santé.

Contre-indications

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Quelques-unes des plantes qu’il ne faut pas traiter aux lustrants. Source: http://www.walmart.com, montage: jardinierparesseux.com

Si vous lisez l’étiquette du produit luisant, vous remarquerez qu’on vous recommande de ne pas l’appliquer sur certaines plantes, notamment les plantes à feuillage poilu, les succulentes, les fougères et les plantes fleuries.

Ce qu’on ne vous dit pas toujours est qu’il vaut mieux éviter de l’appliquer aussi sur les monocotylédones, car, contrairement aux dicotylédones, pour lesquelles la majorité des stomates se trouvent sur la surface inférieure de la feuille, chez les monocotylédones, les stomates sont répartis assez également des deux côtés de la feuille. Donc, n’en appliquez pas sur les philodendrons, yuccas, dracénas, pothos, sansevières, spathiphyllums, etc.

Il est encore plus important de ne pas en vaporiser sur les broméliacées, notamment les célèbres «filles de l’air», qui absorbent presque toute leur humidité à partir d’écailles sur les feuilles, écailles que le lustrant bouchera, ni sur les plantes à feuilles flottantes, qui ont uniquement des stomates sur la surface supérieure de la feuille.

Quand vous faites le total, en fait, les lustrants sont à éviter sur presque les deux tiers des plantes d’intérieur les plus populaires !

Généralement, il ne faut pas appliquer un lustrant par forte chaleur, au soleil, lorsque les feuilles sont mouillées ni sur les jeunes pousses. Aussi bien dire qu’il faut seulement l’appliquer sur des plantes en arrêt de croissance et pendant la nuit !

Les lustrants maison

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Il est rarement sage de recouvrir les feuilles de vos plantes de produits alimentaires. Source: http://www.fotoventasdigital.com & http://www.zacmeat.com, montage: jardinierparesseux.com

Si vous cherchez le moindrement sur Internet, vous trouverez plusieurs produits maison réputés donner du lustre aux feuilles des plantes d’intérieur : margarine, mayonnaise, huile d’olive, etc. En général, elles font luire… mais la feuille devient sale très rapidement par la suite, car la feuille est désormais collante et la poussière s’y fixe. Ils ne sont pas plus à recommander que les lustrants commerciaux. D’ailleurs, ils sont moins recommandables !

Comment obtenir un lustre naturel

Avez-vous vraiment besoin de feuilles qui ont l’air laquées ? Il me semble que le lustre naturel d’une feuille devrait être suffisant. Qu’un philodendron ressemble à un philodendron et un ficus à un ficus ! À cette fin, il suffit de nettoyer le feuillage des plantes d’intérieur de temps en temps pour enlever poussière, saletés, dépôts calcaires, etc. qui diminuent l’éclat naturel des feuilles. Un passage sous la douche suffit habituellement, ou encore, passez sur le feuillage un linge humide imbibé d’eau savonneuse, puis rincez. Pour les taches calcaires, c’est avec un produit acide qu’il faut essuyer les feuilles. Nettoyez-les alors avec un linge imbibé d’une solution de 10 ml de vinaigre blanc dans 1 litre d’eau.


Les lustrants à feuilles : ils plaisent peut-être aux humains, mais pas aux plantes. Je vous suggère de les éviter!20180419A FR www.ikea.com, depositphotos.com, www.bonsai.de, www.amazon.com, www.rona.ca & www.home-boulevard.com

 

Que penser des plantes censées éloigner les chats et les chiens ?

Par défaut
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Existe-t-il vraiment des plantes qui peuvent éloigner les chats et les chiens? Source: big5kayakchallenge.com & domobfdi.deviantart.com, montage: jardinierparesseux.com

On voit parfois sur le marché des plantes qui sont censées, par leur odeur, éloigner les chats et les chiens du jardin. Voilà un concept intéressant, car parfois nos petits amis poilus font bien des dégâts dans le jardin… mais est-ce que ces plantes livrent la marchandise ?

L’idée est qu’on peut planter des plantes répulsives çà et là au travers d’une plantation et que les mammifères (c’est souvent les chats* qu’on semble avoir en grippe !) éviteront alors le secteur. C’est un concept vieux comme le monde… et pourtant, les preuves positives sont rares, voire inexistantes. Beaucoup de prétentions, peu de preuves ? Ça commence mal !

*Pour en savoir plus sur comment vraiment éloigner les chats de vos plantations, lisez Chasser les chats du jardin.

Les gens qui plantent des végétaux répulsifs de façon préventive (il n’y avait pas de chats qui fréquentaient ce jardin, mais ils veulent les empêcher de venir) crient souvent victoire très rapidement: «Regardez ! J’en ai planté et je ne vois pas de chats, donc ç’a fonctionné !» Évidemment, cela ne prouve rien. Peut-être que les chats ne trouvent tout simplement aucune raison pour aller dans ce secteur !

Les jardiniers qui ont déjà des problèmes de chats ne seront pas aussi satisfaits. Même les études les plus positives ne donnent une efficacité à ces plantes que lorsqu’elles sont plantées à une distance de 15 à 30 cm de la plante à protéger et les études négatives ne leur accordent aucune efficacité du tout. Placer ces plantes çà et là dans un potager ou une plate-bande n’aura donc aucun effet : il faut les planter en barrière, tout autour du secteur à protéger, pour avoir la moindre efficacité… et même là, un chat vraiment déterminé va tout simplement sauter par-dessus.

D’ailleurs, les plantes piquantes, toujours quand elles sont plantées en barrière, se sont montrées beaucoup plus efficaces à éloigner les chats et les autres mammifères que les plantes dites répulsives. Donc… !

Quelques exemples concrets

Le coléus canin

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Le coléus canin sent mauvais quand on le frôle… mais ne semble déranger ni chats ni chiens. Source: http://www.heimhelden.de

Une plante qu’on voit surtout vendue à des fins répulsives est le soi-disant « coléus canin » (Coleus canina), qui porte plusieurs noms de commerce comme Scaredy Cat™, Piss-off Plant™, Dog’s Gone™ ou Bunnies Gone™. Il s’agit en fait de Plectranthus caninus. Elle est censée éloigner les chiens, chats et autres mammifères (ratons laveurs, lapins, etc.).

On lui a même inventé tout un pedigree, prétendant que c’est un hybride obtenu par un amateur de jardinage australien en croisant un Plectranthus avec un Coleus même si, en fait, cette plante pousse à l’état sauvage en Afrique et en Inde depuis des millénaires. D’ailleurs, quand un entrepreneur a essayé d’obtenir un brevet pour cette plante (sous le nom Sumcol 01), la demande a été refusée sous prétexte que « la plante présentée ne différait aucunement de l’espèce. »

Malgré son odeur désagréable, dégagée lorsqu’on frôle le feuillage collant, il n’y a aucune preuve que les chats, les chiens ou tout autre animal soient le moindrement dérangés par la présence de Plectranthus caninus. Il y a quelques années, j’en ai placé un à côté de l’endroit où ma chatte Geisha aimait bien se faire bronzer au soleil. Elle n’a pas hésité une seconde à maintenir son habitude. Souvent, elle avait le dos appuyé dessus pendant son sommeil ! J’ai essayé de faire sentir les feuilles à ma chienne, Maggie, qui n’a semblé les trouver d’aucun intérêt, que ce soit positif ou négatif. L’indifférence totale, quoi !

La rue

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Rue (Ruta graveolens): pas touche! Source: http://www.researchgate.net

Il y a aussi la rue (Ruta graveolens) qui, d’après la croyance populaire, éloignerait les chats (mais pas les chiens ni les autres mammifères). Il est bien difficile de faire la preuve dans un sens ou dans l’autre, mais chose certaine, plusieurs chats semblent complètement indifférents à sa présence.

Et la rue pose un problème supplémentaire : elle provoque souvent des brûlures aux humains qui la frôlent, étant phototoxique en raison des furocoumarines qu’elle dégage. Voulez-vous risquer d’empoisonner votre famille dans un effort — probablement vain — d’éloigner les chats ?

La lavande

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La lavande (Lavandula spp.) ne semble pas déranger les chats malgré les prétentions contraires. Source: www.localharvest.org

L’odeur de la lavande (Lavandula spp.), jugée délicieuse par les humains, est en fait répulsive. La plante la produit pour repousser les insectes ravageurs et les mammifères brouteurs… mais ce n’est pas l’odeur qui repousse les insectes et les mammifères en premier lieu, mais plutôt le goût. L’odeur est un effet secondaire, comme un préavis. Il semble très peu, voire aucunement, déranger les chats et, d’ailleurs, les chats errants causent parfois des ennuis dans les champs de lavande.

Si vous plantez la lavande en barrière, des variétés hautes et denses seront plus efficaces, car les chats hésiteront à sauter par-dessus des plantes s’ils ne peuvent pas bien voir où ils atterriront.

Tagètes

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Les tagètes (ici, Tagetes erecta) ne sont pas très efficaces pour repousser les chats. Source: www.solitarywanderer.com

Tous les tagètes (Tagetes spp.), dont les très populaires œillet d’Inde (T. patula) et rose d’Inde (T. erecta), dégagent, selon l’espèce, des odeurs agréables ou désagréables (pour les humains) quand on les frôle ou quand un insecte les pique. Encore, la plante le fait pour se protéger des insectes ravageurs (avec plus ou moins de succès, d’ailleurs, car les pucerons les adorent !)

Mais ce n’est pas l’odeur qui éloigne les insectes, mais plutôt le goût. La preuve ? Les insectes n’hésitent pas du tout à fréquenter les fleurs de tagète, malgré leur prétendu effet répulsif. Même, on recommande de planter des tagètes dans le potager pour attirer davantage de pollinisateurs. Donc, si on combine les croyances, cette plante qui fait tout pour attirer les insectes en bon nombre pour qu’ils pollinisent ses fleurs repousserait en même temps les insectes ? Ce n’est même pas logique !

Aussi, comme pour la lavande, il faut se rappeler que le goût des tagètes a un effet insectifuge. Il ne semble pas déranger les chats, mais pas du tout, car les chats ne sont pas des insectes!

Et les autres

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Le feuillage de l’immortelle d’Italie (Helichrysum italicum) sent le curry, mais l’odeur laisse les chats indifférents. Source: flipper.diff.org

Voici quelques autres plantes qui sont censées éloigner les chats (surtout) ou d’autres mammifères : immortelle d’Italie (Helichrysum italicum, faussement appelée plante-curry), romarin (Rosmarinus officinalis), menthe pouliot (Mentha pulegium) et presque toute plante qui sent le citron, comme la mélisse (Melissa officinalis).

Dans tous les cas, rappelez-vous que si vous les plantez pour éloigner les chats, il faut en planter en barrière, tout autour de la plante que vous voulez protéger. Les chats vont tout simplement marcher autour des plantes répulsives individuelles, comme si elles n’étaient pas là !

Décidément, les plantes dites répulsives pour les chats ne le sont pas vraiment !20180418A big5kayakchallenge.com & domobfdi.deviantart.com