Un nouvel insecte nuisible débarque en Amérique

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20180717A Julie Nadeau

Feuille de barbe-de-bouc attaquée par des tenthrèdes. Source: Julie Nadeau

Il y a trois ans, un lecteur de Charlesbourg, dans la région de Québec, Canada, m’a envoyé une photo de dégâts causés à sa barbe-de-bouc (Aruncus dioicus), une vivace populaire réputée jusqu’ici libre de maladies et d’insectes. Les feuilles étaient décharnées, réduites à l’état de squelettes suite à la consommation du limbe, n’ayant plus que les nervures. Il m’a décrit le prédateur comme étant une petite chenille verte.

J’étais mystifié. Je ne pouvais trouver aucune référence à un problème similaire en Amérique du Nord. Par contre, les dommages causés, sa spécificité à la barbe-de-bouc et la description de l’insecte faisaient penser à la tenthrède de la barbe-de-bouc (Nematus spiraeae), aussi appelée mouche à scie de la barbe-de-bouc. (La tenthrède est la larve, la mouche à scie est l’adulte.) Pourtant, cet insecte est de distribution strictement européenne.

Je lui ai expliqué que c’était probablement des tenthrèdes et quoi faire, mais je suis demeuré très perplexe. De quel insecte s’agissait-il vraiment?

Et la lumière fut!

En 2017, j’ai eu encore des questions au sujet de cet insecte, toutes venant de la région de Québec, puis cette année (2018) aussi. Mais cette fois-ci, j’ai découvert le pot aux roses. Il s’agit bien de la tenthrède de la barbe-de-bouc, découverte officiellement pour la première fois en Amérique du Nord à Stoneham, en banlieue de Québec.

Le rapport «A Palearctic Sawfly on Aruncus (Rosaceae) New to North America», par Joseph Moisan-De Serres du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et David R. Smith, du département de l’Agriculture des États-Unis, fait état de la découverte de cet insecte européen dans un jardin privé à Stoneham en 2016. D’après le propriétaire du jardin, l’insecte était présent depuis «quatre ou cinq ans», donc depuis 2011 ou 2012, causant peu à beaucoup de dégâts à chaque année. Personne ne sait comment la mouche de la barbe-de-bouc est arrivée de l’Europe à Stoneham. Peut-être dans une botte de ski?*

*Pour les non-initiés, Stoneham est célèbre pour ses pistes de ski.

Distribution

Jusqu’où peut aller cet insecte?

Pour l’instant, il semble cantonné dans la région de Québec, d’ailleurs, apparemment dans le nord de la ville (il n’y a aucun dommage dans mon jardin à Sainte-Foy, dans l’ouest de la ville, par exemple). Par contre, la barbe-de-bouc est largement plantée dans nos jardins et est aussi indigène presque partout dans les régions tempérées des trois continents de l’hémisphère Nord: Europe, Asie et Amérique du Nord. (La distribution naturelle de la barbe-de-bouc au Canada, qui est à l’extrême nord de son aire, est toutefois limitée.) Il y a donc à craindre que l’insecte prenne de l’expansion et gagne essentiellement toute l’Amérique du Nord avec le temps.

Son cycle de vie

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Mouche à scie de la barbe-de-bouc. Source: Joseph Moisan-De Serres, Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection

La mouche à scie de la barbe-de-bouc (N. spiraeae) est un insecte brun-noir à abdomen jaunâtre de 5 à 6 mm de longueur. Malgré le rétrécissement de son abdomen et certaines autres ressemblances avec une guêpe, la mouche à scie n’est qu’une lointaine parente de la guêpe et ne peut pas vous piquer.

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Tenthrède de la barbe-de-bouc. Source: Joseph Moisan-De Serres, Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection

La larve (la tenthrède) est une petite fausse chenille (on se rappelle que le terme chenille s’applique strictement aux larves de papillons) vert pâle translucide avec une tête verdâtre à brun. Elle atteint jusqu’à 20 mm de longueur.

La femelle se reproduit par parthénogenèse (sans fécondation). Aucun mâle n’a jamais été trouvé. Elle émerge à la fin du printemps et pond de petits œufs blancs sous les feuilles de la barbe-de-bouc, son hôte exclusif. Les larves, très grégaires, se nourrissent des tissus entre les nervures des feuilles. Après quelques semaines, elles tombent au sol, se tissent un abri de soie et se convertissent en pupes, puis restent en dormance environ un mois. Puis un deuxième cycle commence. Sous les cieux plus cléments, il peut même y avoir une troisième génération par année. Les larves de la dernière génération descendent au sol à l’automne et y hivernent, ne devenant pupes qu’au printemps. Puis le cycle recommence.

Son contrôle

Les dommages varient selon les conditions. Il y a des années où on les remarque à peine et d’autres où toute la plante est défoliée.

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Les tenthrèdes de la barbe-de-bouc sont grégaires: on les trouve rarement seules. Source: Joseph Moisan-De Serres, Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection

Dès l’apparition des tenthrèdes (larves), faites-les tomber dans de l’eau savonneuse. Comme elles sont grégaires, au moins elles seront toutes ensemble dans la même partie de la plante.

Ou vaporisez avec un insecticide à base de pyrèthre, de préférence le soir. C’est un insecticide biologique, mais à large spectre. Évitez donc de l’appliquer au moment où la barbe-de-bouc est en fleurs pour protéger les insectes pollinisateurs. Notez que si le traitement au pyrèthre fonctionne bien sur les jeunes tenthrèdes, les plus matures semblent résistantes aux insecticides.

Il est inutile d’appliquer du BTK (Bacillus thuringiensis kurstaki) contre les tenthrèdes. Ce produit est seulement utile pour contrôler les vraies chenilles, pas les fausses!

Et voilà : il y avait déjà 600 espèces de mouches à scie au Québec. Il y en a maintenant 601!

Si vous trouvez des tenthrèdes sur vos plantes de barbe-de-bouc, veuillez en faire part à Joseph Moisan-De Serres du Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection qui essaie de suivre la progression de ce nouvel envahisseur.


Décidément, l’arrivée d’insectes nouveaux, transmis par accident d’une région à une autre, cause de plus en plus de tort, et ce, à travers le monde. Quand vous transportez des végétaux, assurez-vous qu’ils sont libres de prédateurs!20180717A Julie Nadeau.jpg

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Pour un tapis de verdure rapide et bon marché

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Le lierre (Hedera helix) peut servir de couvre-sol. Source: whangareiflora.weebly.com

Presque toute plante grimpante fera une excellente plante couvre-sol si on la plante là où il n’y a pas de support élevé (arbre, tonnelle, treillis, etc.) sur lequel elle peut grimper. Et les grimpantes couvrent beaucoup d’espace très rapidement: un seul plant de vigne vierge peut couvrir facilement 10 m2!

Voici quelques suggestions pour cette utilisation:

Régions au climat froid

  1. Akebia (Akebia spp.)
  2. Aristoloche (Aristolochia spp.)
  3. Bignone, jasmin de Virginie (Campsis spp.)
  4. Chèvrefeuille grimpant (Lonicera spp.)
  5. Clématite (Clematis spp.)
  6. Fusain de Fortune (Euonymus fortunei)
  7. Hydrangée grimpante (Hydrangea petiolaris)
  8. Lierre (Hedera helix)
  9. Lierre de Boston (Parthenocissus tricuspidata)
  10. Pois vivace (Lathyrus latifolius)
  11. Rosier grimpant (Rosa spp.)
  12. Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia)
  13. Vigne à raisin (Vitis spp.)

Régions au climat doux*

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Gloire du matin (Ipomoea tricolor ‘Heavenly Blue’) utilisée comme couvre-sol.  Source: worldoffloweringplants.com

  1. Bougainvillée (Bougainvillea spp.)
  2. Clerodendron (Clerodendrum spp.)
  3. Dolique (Lablab purpureus, anc. Dolichos lablab)
  4. Gloire du matin (Ipomoea spp.)
  5. Haricot d’Espagne (Phaseolus coccineus)
  6. Jasmin (Jasminum spp.)
  7. Jasmin étoilé (Trachelospermum spp.)
  8. Liane corail (Antigonon leptopus)
  9. Mandévilla ou dipladenia (Mandevilla spp.)
  10. Passiflore (Passiflora spp.)
  11. Pois bleu (Clitoria terneata)
  12. Quisqualier (Quisqualis spp.)
  13. Thunbergie à grandes fleurs (Thunbergia grandiflora)
  14. Thunbergie ailée (Thunbergia alata)
*Ces plantes peuvent aussi servir de couvre-sol annuel dans les régions au climat froid.

Comment créer votre propre tomate hybride

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N’importe quel jardinier peut créer sa propre lignée de tomate. Source: www.clipartpanda.com, http://www.clker.com & http://www.brainmindspecialist.com, montage: jardinierparesseux.com

Quand il s’agit de pollinisation, les tomates cultivées (Solanum lycopersicum) ne sont pas comme les autres légumes. La fleur de la tomate est essentiellement fermée, car le style (partie femelle) est plus court que ne le sont les étamines (parties mâles) qui forment un genre de tube autour de ce dernier: le tube staminique. Cela signifie que la fleur n’accepte pas facilement le pollen provenant de sources extérieures.

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Chez la fleur de la tomate cultivée, le style se trouve entouré par le tube pollinique. Source: tomatosphere.letstalkscience.ca, montage: jardinierparesseux.com

C’est pourquoi il est si facile de maintenir des souches de tomates patrimoniales. Contrairement à presque tous les autres légumes, la tomate ne pose pas de problèmes de pollinisation croisée, soit que le pollen d’une autre variété arrive et mélange les gènes pour créer un hybride naturel. Vous pouvez maintenir la plupart des tomates à pollinisation ouverte (non hybrides) tout simplement en récoltant et en ressemant leurs graines d’année en année sans autre souci.

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Chez la tomate sauvage, à gauche, le style, indiqué par la flèche, dépasse du tube staminique et ainsi une pollinisation croisée est presque assurée. Chez la tomate cultivée, à droite, le style est caché à l’intérieur du tube staminique, empêchant la pollinisation croisée. Source: blog.seedsavers.org

Cela n’a pas toujours été le cas. Les tomates sauvages s’entrecroisent allègrement, car leur style dépasse du tube staminique, ce qui favorise la pollinisation croisée. Mais il y a environ 1500 ans, sans doute quelque part dans les Andes, une fleur à style court, inaccessible aux insectes pollinisateurs, est apparue par mutation.

Les jardiniers de l’époque ont dû se rendre compte que les tomates à style court donnaient des plantes aux traits plus fidèles. Donc, avec ces tomates, il était plus facile de développer de nouvelles tomates plus grosses, plus juteuses et plus savoureuses sans que le pollen des tomates sauvages des environs ne vienne effacer le progrès en réinjectant des gènes moins désirables. Assez rapidement, les tomates à style court sont devenues la norme pour les tomates cultivées, un état qui perdure toujours. Presque toutes les tomates modernes sont à style court et sont donc plus portées à s’autoféconder qu’à se croiser avec d’autres.

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Les bourdons pollinisent les fleurs de tomate par vibration. Source: gardening.usask.ca

Cela dit, les tomates ont quand même besoin d’abeilles*, notamment de bourdons, pour la fécondation. Leurs vibrations libèrent les grains de pollen des étamines afin qu’ils puissent tomber sur le stigmate (ainsi appelle-t-on la partie fécondable du style, trouvé à son extrémité). On appelle cela une pollinisation vibratile. Cependant, le pollen tombe alors inévitablement sur le stigmate de la même plante, ce qui entraîne une autofécondation.

*En l’absence de bourdons, le vent peut parfois faire vibrer les fleurs des tomates et ainsi assurer leur pollinisation.

Aller contre nature

Pour hybrider les tomates, c’est-à-dire croiser une variété de tomate avec une autre, vous devez pratiquer une technique un peu contre nature. En effet, vous devez décortiquer la fleur et déplacer manuellement le pollen d’une fleur au stigmate d’une autre.

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Pour créer une tomate géante (ici ‘Belgian Giant’, synonyme ‘Giant Monster’), croisez deux grosses tomates, puis, chaque année, conservez les graines du fruit le plus gros pour les ressemer l’année suivante. Avec un peu de chance, vous développerez peu à peu une lignée de tomates géantes. Source: Jack Seeds

Supposons que vous avez une tomate préférée qui offre une saveur exceptionnelle et une grande résistance aux maladies, mais qu’elle n’est pas trop productive. Et une autre tomate que vous cultivez qui est ultra-vigoureuse avec une production massive… de fruits pas très savoureux et, aussi, malheureusement, qui est terriblement sujette aux maladies. Vous pourriez essayer de croiser les deux afin de créer une tomate vigoureuse, savoureuse, productive et résistante aux maladies: la tomate de vos rêves, quoi!

Voici comment faire:

Des outils à rassembler

Vous aurez besoin :

  • de petites étiquettes à fixer au pédicelle des fleurs pollinisées (les étiquettes de bijoutier conviendraient parfaitement!);
  • d’un stylo ou d’un crayon;
  • d’une petite pince, comme une pince à épiler;
  • d’un pinceau d’artiste;
  • de deux variétés de tomates différentes;
  • de lunettes de lecture… ou du moins, pour la plupart d’entre nous!

Étape par étape

Croiser des tomates nécessite beaucoup de minutie et, au début, vous risquez d’endommager les fleurs sur lesquelles vous travaillerez. Soyez alors patient. La technique n’est pas si difficile dans le fond et bientôt vous vous montrerez bien plus habile!

Il faut aussi avoir sous la main, et en fleurs, les variétés de tomates que vous avez l’intention de croiser. Aussi, surveillez la météo : il faut choisir une période où il y aura quelques jours d’affilée de beau temps, car les fleurs de tomate ne mûrissent pas nécessairement par temps pluvieux.

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Préparez d’abord quelques étiquettes. Source:  http://www.zakkacanada.com, montage: jardinierparesseux.com

  1. Commencez par préparer les étiquettes, y écrivant le nom des parents (et peut-être la date aussi).
  2. Décidez quelle plante sera la parente femelle, soit celle qui portera le fruit (logiquement, préférez la plus vigoureuse des deux). Sur cette plante, choisissez une fleur au bon stade de maturité. Elle doit être en bouton avancé, jaune ou jaunissante, mais encore fermée. Si elle est déjà ouverte, il est trop tard, car la pollinisation aura probablement déjà eu lieu: une autofécondation, car la fleur aura été fertilisée par son propre pollen.
  3. Retirez toutes les autres fleurs de la grappe afin d’empêcher tout transfert accidentel de pollen d’une autre fleur sur la même plante. Votre fleur doit être seule.
  4. Retirez les pétales jaunes, en les arrachant doucement un par un avec la pince.

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    Après avoir enlevé les pétales, saisissez doucement le tube staminique avec la pince et tirez pour l’enlever. Source: tomatosphere.letstalkscience.ca & amazon.com, montage: jardinierparesseux.com

  5. Vous devez maintenant émasculer la fleur (enlever ses parties mâles). C’est extrêmement délicat et il est facile d’endommager le style en essayant de supprimer les étamines. Attendez-vous alors à rater quelques fleurs. Vous pouvez décoller les étamines de leur tube et essayer de les enlever une par une, mais il est encore plus facile, une fois que vous saisissez les nuances du mouvement, de saisir délicatement le tube staminique avec la pince et de tirer tout droit vers l’avant. Souvent alors le tube décolle au complet, vous laissant avec un style nu prêt à être pollinisé.
  6. Répétez avec 4 ou 5 autres fleurs pour être sûr de connaître le succès.
  7. Fixez une étiquette sur le pédicelle de la fleur afin de mieux la retrouver le lendemain car, dans la plupart des cas, le stigmate ne sera pas encore réceptif. Alors, vous devrez attendre normalement de 24 à 36 heures avant d’effectuer la pollinisation.

Notez qu’il n’est pas nécessaire d’ensacher la fleur émasculée pour la protéger contre les pollinisateurs: sans pétales pour les attirer, les insectes ne s’y intéresseront pas.

  1. Le lendemain, récoltez une fleur mature (ouverte) du parent mâle.
  2. Ouvrez le tube staminique de la fleur mâle dans le sens de la longueur, en insérant la pince dans l’une des fentes de son côté et en poussant pour écarter les étamines.
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    Passez le pinceau sur la surface intérieure de l’étamine pour ramasser du pollen. Source: pollinator.com & pmgimg.com, montage: jardinierparesseux.com
  3. Frottez doucement l’extrémité du pinceau contre la surface intérieure d’une étamine, de bas en haut, et du pollen — comme une poudre blanche — s’y collera.
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    Appliquez du pollen sur le stigmate, à l’extrémité du style, de la fleur émasculée. Source: tomatosphere.letstalkscience.ca & pmgimg.com, montage: jardinierparesseux.com
  4. Apportez le pollen à la fleur émasculée et appliquez-le sur le stigmate, le petit renflement à la pointe du style. À ce stade, le stigmate devrait être un peu collant et le pollen y adhérera facilement. Appliquez-en suffisamment pour couvrir le stigmate de pollen blanc.
  5. Répétez environ 12 heures plus tard au cas où le stigmate n’aurait pas été réceptif la première fois.

Il serait sage de faire plusieurs croisements, car certains «ne prennent pas». Vous saurez que vous avez réussi quelques jours plus tard quand l’ovaire à la base de la fleur commencera à enfler et que vous verrez un fruit amorcer son développement.

Comment cultiver vos hybrides

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Conservez les semences dans une enveloppe de papier. Source: dayz.gamepedia.com & http://www.clipartpanda.com, montage: jardinierparesseux.com

Lorsque les fruits que vous avez pollinisés sont mûrs (vous pouvez les distinguer des autres fruits sur la même plante par les étiquettes qui y sont toujours fixées), récoltez-les et extrayez-en les semences, puis nettoyez-les et faites-les sécher. Conservez-les dans une enveloppe en papier jusqu’au printemps, notant le nom des parents et peut-être aussi la date sur l’enveloppe.

Au printemps, semez les graines environ 6 à 8 semaines avant la mise en terre prévue. À mesure que les plantes mûrissent et produisent des fruits, choisissez un fruit mûr de la plante qui correspond le mieux à votre objectif et conservez ses semences. L’année suivante, faites la même chose. Et l’année suivante. Et ainsi de suite.

À force de choisir annuellement la plante la plus proche de vos attentes, probablement pendant au moins 6 générations, vous finirez par obtenir une lignée stable où toutes vos plantes sont essentiellement identiques. Félicitations! Vous avez créé une nouvelle variété de tomate! Vous pouvez désormais lui attribuer le nom de votre choix et la partager avec le monde entier.

Les résultats vous déçoivent?

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Parfois, vos tomates hybrides ne sont pas exactement ce que vous vouliez! Source: www.pinterest.ca

Il arrive souvent que vos résultats ne soient pas très intéressants. Que voulez-vous? Certaines tomates ne donnent pas des «enfants» très forts quand on les combine. Alors, réessayez avec d’autres parents et rappelez-vous que vous faites cette expérience pour le plaisir de la faire, pas pour survivre.

D’ailleurs, même les hybrideurs professionnels de tomates, qui ont une excellente connaissance de la génétique des tomates, ont des ratés. De plus, certaines combinaisons de traits sont tout simplement difficiles à fixer. Les pros peuvent travailler pendant 12 ans et plus avant qu’une nouvelle variété soit à leur goût!

Cela dit, essentiellement toutes les tomates patrimoniales qui abondent sur le marché aujourd’hui ont été développées par des jardiniers amateurs: ‘Brandywine’, ‘Mémé de Beauce’ et ‘San Marzano’, pour ne citer que quelques exemples, n’ont pas été créées par des hybrideurs professionnels, mais dans de petits potagers privés. Cela prouve que certains jardiniers amateurs ont déjà pu décrocher le jackpot en développant une tomate de valeur commerciale et il n’y a aucune raison pour que cela ne vous arrive pas aussi.

Bonne chance!20180715A www.clipartpanda.com, www.clker.com & www.brainmindspecialist.com.jpg

Mythe horticole: il est bon d’arroser les plantes avec du Coca-Cola

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Est-il vrai qu’il est bénéfique d’arroser les plantes avec du Coca-Cola? Source: http://www.lovethegarden.com & pngtree.com, montage: jardinierparesseux.com

Décidément, on entend toutes sortes de choses dans le domaine du jardinage et l’une des (franchement) plus bizarres est qu’il est bon d’arroser les végétaux avec du Coca-Cola. Et vous pouvez remplacer le Coca-Cola par la boisson gazeuse de votre choix dans cette déclaration, car on entend la même chose pour le Pepsi, le Sprite et autres.

La réalité est que les boissons gazeuses, dont le Coca-Cola, ne sont pas bonnes pour les plantes. Il s’agit essentiellement d’eau qu’on a gazéifiée en y injectant du CO2 (dioxyde de carbone) et à laquelle on a ajouté énormément de sucre. L’eau carbonatée en elle-même n’est pas nuisible aux plantes et pourrait même leur être bénéfique dans certaines circonstances limitées, mais ce n’est pas le cas du sucre ou, devrais-je plutôt dire, des sucres, car il peut y avoir différents sucres dans les boissons gazeuses: glucose, fructose, saccharose, etc.

Certes, les plantes produisent leurs propres sucres et les utilisent pour leur croissance, mais elles ne peuvent pas les absorber par leurs racines: ces molécules sont beaucoup trop complexes pour que les racines puissent les ingérer. Et quand les sucres se décomposent, ils ne donnent que des éléments que les plantes peuvent facilement obtenir de l’air et de l’eau de pluie: hydrogène, oxygène et carbone. Alors, où est le bénéfice?

Côté négatif, ajouter trop de sucre au sol peut faire assécher la plante, car quand la terre contient plus de sucres que la racine, l’eau a tendance à quitter la racine afin de les diluer. (Rappelez-vous ce que vous avez appris sur l’osmose à l’école!)

De plus, les bactéries et les champignons qui décomposent les sucres ne sont généralement pas des variétés bénéfiques pour les plantes et certains deviennent nocifs, notamment en proliférant au point de bloquer la circulation d’air et d’eau. D’autres envahissent les racines et provoquent la pourriture.

Donc, arroser avec des boissons gazeuses ne fait pas de bien particulier et peut éventuellement causer du tort.

Je suggère juste d’arroser les plantes avec… de l’eau! C’est moins cher et meilleur pour leur santé!

Plus d’engrais pour les plantes en jardinière

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Pour des jardinières resplendissantes, il ne faut pas oublier la fertilisation. Source: colorado.ourcommunitynow.com

Si vous voulez de spectaculaires jardins en balconnières ou en paniers suspendus ou des bacs débordant de fines herbes et de légumes savoureux et productifs, il vous faudra les arroser et les fertiliser davantage que les mêmes plantes cultivées en pleine terre.

Les plantes en pots se dessèchent beaucoup plus rapidement que les plantes au jardin. D’ailleurs, leur détresse, montrée par un flétrissement général, est si évidente que la plupart des jardiniers, même les débutants, saisissent tout de suite que cela ne va pas et apprennent rapidement à les arroser plus fréquemment. Premier problème réglé!

Mais ce que beaucoup de gens ne saisissent pas est que les plantes cultivées en jardinière ont également besoin de plus de minéraux (donc, de plus d’engrais) que les plantes bien ancrées dans la terre. Et cela est dû au fait que les minéraux sont régulièrement lessivés par les précipitations et l’arrosage.

Une explication:

Les hauts et les bas des minéraux

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Quand les minéraux des plantes cultivées en pleine terre sont entraînés vers le bas par la pluie, ils remontent ensuite, ce qui n’est pas le cas pour les plantes cultivées en pot où les minéraux sont lessivés du pot et perdus. Source: moziru.com & clipartstation.com, montage: jardinierparesseux.com

Lorsque la pluie tombe sur une plante qui pousse en pleine terre (ou lorsque vous l’arrosez, le résultat est le même), les minéraux solubles présents dans le sol ont tendance à percoler vers le bas, suivant le mouvement de l’eau. Cependant, quand la pluie s’arrête et que le sol près de la surface commence à s’assécher, l’eau remonte, «tirée» vers le haut par l’action capillaire… et les minéraux la suivent. Le résultat est que les minéraux ont tendance à rester plus ou moins dans la zone des racines de la plante. Exactement ce qu’il faut pour de bons résultats!

Par contre, lorsque vous arrosez une plante en jardinière (ou qu’il pleut), l’eau excédentaire s’écoule du pot par le trou de drainage… et les minéraux aussi. Ils ne peuvent plus remonter lorsque le sol s’assèche. C’est donc le lessivage! Et puisque vous arrosez les plantes en jardinière beaucoup plus souvent que les plantes en pleine terre, souvent plusieurs fois par semaine, ce lessivage répété appauvrit passablement le sol, menant à une croissance faible, une diminution de la floraison et des rendements moindres.

Deux engrais valent mieux qu’un seul

Beaucoup de jardiniers ont découvert que la solution la plus simple pour garder leurs plantes en jardinière productives est de combiner deux stratégies de fertilisation: une fertilisation avec un engrais à dégagement lent et une autre avec un engrais soluble.

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En préparant vos jardinières, mélangez du compost et un engrais à dégagement lent avec le terreau.  Source: Larry Hall, youtube.com

Tout d’abord, à la plantation au printemps, mélangez au terreau un engrais à libération lente (généralement bon pour au moins trois mois), selon le mode d’emploi. (Ajoutez aussi des champignons mycorhiziens, très efficaces pour aider les racines des plantes à absorber l’eau et les minéraux.) Les engrais en bâtonnets et en comprimés qu’on insère dans le sol appartiennent également à la catégorie des engrais à libération lente, donc à appliquer au printemps. Si vous avez sauté cette étape au printemps, vous pouvez en rajouter à tout moment pendant l’été, mélangeant les granules au sol (ou y insérant les bâtonnets ou comprimés).

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Les algues liquides sont un populaire engrais soluble, parfait pour la culture en jardinière. Source: www.semisurbains.com

Voilà pour la fertilisation de base, mais fertilisez aussi avec un engrais soluble. Il suffit de l’ajouter à votre arrosoir et de l’appliquer à chaque fois que vous arrosez vos plantes*. On appelle cette fertilisation à chaque arrosage une «fertilisation constante».

*Pendant les périodes de chaleur extrême, il peut être judicieux d’arrêter de fertiliser pendant un certain temps, surtout si cette chaleur provoque un arrêt de la croissance de vos plantes. Vous reprendrez alors votre fertilisation lorsque les températures reviendront à la normale et que la croissance de vos plantes redémarrera.
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Vous pouvez équiper votre tuyau d’arrosage d’un applicateur en bouteille pour fertiliser en même temps que vous arrosez. Source: http://www.spray-n-growgardening.com

Si vous arrosez au moyen d’un tuyau d’arrosage, vous pouvez trouver en jardinerie un applicateur en bouteille qui se fixe sur le tuyau et qui permet d’appliquer de l’engrais tout en comblant le besoin des plantes en eau.

Diluez bien l’engrais

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Il faut bien sûr diluer correctement un engrais soluble avant de l’utiliser. Source: www.firsteditionsplants.com

Le mode d’emploi de la plupart des engrais solubles propose une application mensuelle, mais pour le jardinier paresseux — ou distrait! —, il est plus facile de ne pas oublier de fertiliser si vous le faites à chaque arrosage. Alors, fertiliser deviendra une partie de votre routine, au même titre que l’arrosage même. Cependant, il est alors très important de diluer l’engrais en conséquence: typiquement, vous appliquerez l’engrais soluble à un quart ou même à un huitième de la dose mensuelle recommandée. La proportion exacte à appliquer, bien sûr, variera beaucoup selon la marque d’engrais que vous utiliserez. (Lisez toujours le mode d’emploi avant d’appliquer un engrais!)


Donc, pour une culture en jardinière réussie, il faut un engrais à dissolution lente pour assurer la fertilisation de fond, puis un engrais soluble utilisé comme fertilisation constante. Deux fertilisations: c’est la meilleure méthode pour obtenir un développement et un rendement optimal des plantes qui poussent en pot!20180713A colorado.ourcommunitynow.com

Les boutures d’arbuste : si faciles!

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Bouturer des arbustes: beaucoup plus facile que vous ne le pensez! Source: gorgeousshinythings.blogspot.com.

La plupart des jardiniers achètent les arbustes qui décorent leur terrain. Mais saviez-vous que vous pouviez les bouturer… et assez facilement, de surcroît?

On peut bouturer des arbustes à différents stades, mais pour la plupart des espèces, le meilleur moment est probablement quand la plante est semi-aoûtée (fin de juin, début ou milieu de juillet).

Comment faire

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Prenez une bouture et supprimez les feuilles inférieures. Source: robbinslist.com & http://www.vectorportal.com, montage: jardinierparesseux.com

Prélevez des sections d’environ 15 cm de longueur (il faut qu’il y ait au moins 3 ou 4 nœuds), si possible d’une branche sans fleurs. (S’il y a des fleurs, supprimez-les.) Coupez à un angle de 45 à 90°.

Enlevez toutes les feuilles sur les 10 cm inférieurs de la tige.

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Appliquez une hormone d’enracinement. Source: robbinslist.com & http://www.deviantart.com, montage: jardinierparesseux.com

Appliquez une hormone d’enracinement sur l’extrémité inférieure et glissez la bouture dans un pot rempli de terreau légèrement humide.

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Les boutures réussissent mieux quand on les fait enraciner à l’étouffée. Source: robbinslist.com, design.tutsplus.com, http://www.royalbag.com, montage: jardinierparesseux.com

Scellez le pot dans un sac transparent ou placez-le dans une mini-serre pour créer une forte humidité autour des feuilles (culture à l’étouffée).

Installez l’ensemble dans un emplacement chaud et bien éclairé, mais sans soleil direct, dans la maison ou en plein air. Après quelques semaines, quand vous verrez de nouvelles feuilles apparaître, la bouture sera enracinée.

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On peut repiquer les boutures enracinées dans une pouponnière (beaucoup de jardiniers utilisent un coin du potager) pour les faire grossir. Source: hedgerowrose.com

Après, il peut être pratique de repiquer la petite plante dans une «pouponnière» pour un an ou deux (selon sa vitesse de croissance) pour qu’elle prenne un certain développement, puis après : hop, dans son emplacement permanent.

Les boutures d’arbuste : si faciles et si bon marché!20180812 hedgerowrose.com

Eau du toit pour le potager?

Par défaut
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Est-ce que l’eau venant du toit peut servir pour arroser les légumes? Source: www.pinterest.ca

Question: Est-ce que l’eau de pluie recueillie d’un toit de bardeaux peut être nocive pour les légumes et autres plantes du potager?

Marie-Claude Chevrette

Réponse: L’eau qui ruisselle du toit prend son lot de contaminants en passant, dont des produits chimiques venant des bardeaux et de la gouttière, des déchets d’oiseaux et d’animaux et des tanins et autres composés venant des feuilles mortes présentes dans les gouttières. De plus, des micro-organismes peuvent proliférer dans le réservoir. Donc, on la considère comme non potable dans la plupart des pays, du moins, lorsque utilisée sans filtration. (Curieusement, dans d’autres pays, les habitants ne sont pas aussi délicats et cette eau est leur source principale d’eau potable!)

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Les racines ont une membrane perméable, mais sélective: elles ne laissent pas n’importe quelle molécule pénétrer. Source: www.sciencewithme.com

L’eau qui pénètre dans les plantes est, par contre, filtrée de diverses façons: par leurs racines, par les microbes du sol, etc. Et de plus, les plantes ont la capacité d’utiliser certains produits que nous considérons comme des polluants en les convertissant en produits qui leur sont utiles. Normalement, donc, les plantes qui utilisent cette eau sont suffisamment propres pour la consommation.

Pour éviter tout problème, il serait sage d’appliquer l’eau sur les racines seulement, pas sur le feuillage, au moyen d’un tuyau suintant par exemple. Si l’on s’en sert pour arroser le feuillage, il serait sage de le rincer avec de l’eau propre avant la consommation.20180711A www.pinterest.ca