Plantes d’intérieur: augmentez l’humidité l’hiver

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Les plantes ont besoin d’un surplus d’humidité l’hiver. Source: classroomclipart.com & verywell.com

Si le problème n1 avec les plantes d’intérieur pendant l’hiver est de leur donner assez de lumière, le problème n2 est de leur offrir une humidité atmosphérique suffisante. En effet, l’air de nos maisons devient incroyablement sec durant la «saison morte» à cause du système de chauffage qui soustrait l’humidité de l’air. Plus il fait froid, plus il faut chauffer… et plus l’air est sec.

Comment savoir si vos plantes manquent d’humidité?

L’air sec affecte d’abord les plantes à feuillage mince. Les plantes à feuillage épais, charnu ou ciré sont relativement résistantes à l’air sec, tout comme les plantes à feuillage très poilu. Elles souffrent, mais pas aussi visiblement. Les plantes succulentes — crassulas, sédums, cactées, etc. — sont dans cette catégorie, tout comme plusieurs peperomias et le caoutchouc (Ficus elastica).

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Les plantes à feuillage mince, comme cet hibiscus, sont celles qui réagissent le plus sévèrement à l’air sec. Source: www.hausgarten.net

Les plantes à feuillage mince — brugmansias, abutilons, lis de la paix, palmiers, fougères, etc. — souffrent davantage de l’air sec. Souvent, les feuilles s’enroulent un peu vers le bas, leur pointe brunit ou noircit, elles pendent mollement même après un arrosage ou encore, elles jaunissent et tombent tout simplement. Aussi, la plante est souvent envahie d’araignées rouges (ou tétranyque à deux points, Tetranychus urticae) quand l’air est sec et il faut les contrôler.

Logiquement, les plantes d’intérieur devraient avoir besoin de moins d’arrosages l’hiver, puisque la plupart poussent au ralenti ou sont même plus ou moins en dormance. S’il faut les arroser autant que l’été ou même davantage, c’est qu’elles perdent beaucoup d’eau par la transpiration.

Souvent aussi les fleurs s’assèchent ou avortent quand l’air est sec, ou encore, durent moins longtemps qu’elles ne le devraient, même si la plante elle-même est relativement résistante à l’air sec. Les feuilles épaisses et poilues de la violette africaine, par exemple, résistent assez bien à l’air sec, mais les fleurs écopent.

Pas bon pour les humains non plus!

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L’air sec n’est pas bon pour les humains non plus. Source: moziru.com

Les êtres humains souffrent aussi de l’air sec: assèchement des muqueuses, peau sèche et irritée, picotements, électricité statique, rhumes plus fréquents, etc. Il serait dans l’intérêt des habitants mammaliens et verts de la maison de faire quelque chose. Visez une humidité relative de 50%: c’est excellent pour les humains (et nos petits animaux) et «acceptable» pour la plupart des plantes (bien que plusieurs aimeraient 70% et plus).

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Thermomètre-hygromètre. Source: www.castorama.fr

Un hygromètre peut être très utile pour déterminer le taux d’humidité ambiant. On trouve des modèles numériques à prix modeste dans presque toutes les quincailleries. Souvent, ils donnent la température aussi: d’une pierre, deux coups!

Comment augmenter l’humidité

L’humidité ambiante est presque toujours insuffisante dans nos maisons pendant l’hiver à moins de faire quelque chose. Quoi faire alors pour l’augmenter?

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Un humidificateur fera beaucoup pour améliorer la situation. Source: amazon.com

La solution la plus évidente est de faire fonctionner un humidificateur. Un humidificateur central peut agir sur toute la maison. Sinon, un humidificateur amovible peut humidifier une pièce.

Pour les plantes qui aiment avoir une humidité plus élevée que les humains (une humidité relative de plus de 50%), soit en général les plantes à feuilles minces, on peut les cultiver au-dessus d’un plateau humidifiant. Ou grouper plusieurs plantes ensemble pour créer un micro-climat plus humide: comme chaque plant dégage de l’humidité, plus on a de végétaux, plus l’air sera humide.

Baisser la température la nuit augmentera temporairement l’humidité ambiante et est aussi très efficace. Ou cultivez vos plantes dans une pièce naturellement plus humide que la normale, comme une salle de lavage ou une salle de bain (en présumant qu’il y a une bonne source de lumière!).

Effet de serre

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Cultivez les plantes les plus exigeantes en humidité à l’étouffée pendant l’hiver et elles resteront en parfait état. Source: jardinierparesseux.com

Pour assurer une forte humidité (70% et plus) en tout temps, cultivez les plantes très fragiles dans un terrarium… ou placez-les dans un grand sac transparent pendant l’hiver (culture à l’étouffée). Elles vont rester dans un état superbe: l’humidité dans un terrarium ou un sac fermé est aussi forte que dans une jungle et les plantes adorent ça!

Vaporiser le feuillage est une perte de temps

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Il n’y a pas d’avantage à vaporiser les feuilles pour augmenter l’humidité: c’est une pure perte de temps. Source: Clipart Library et jardinierparesseux.com

Par contre, vaporiser les plantes manuellement avec de l’eau, pourtant fréquemment recommandé, est une perte totale de temps: l’effet ne dure que quelques minutes. C’est insuffisant pour aider vos plantes le moindrement.


Voilà donc quelques trucs pour rendre vos plantes heureuses pendant la saison du chauffage: mettez-les en pratique et vous aurez bientôt une véritable jungle de verdure chez vous!20171214B

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Quand les «feuilles» d’un cactus de Noël se ratatinent

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Cactus d’automne (Schlumbergera truncata), qui fleurit en novembre, souvent confondu avec le cactus de Noël (Sclumbergera buckley), qui fleurit en décembre. Source: Peter coxhead, Wikimedia Commons

En général, les gens ont beaucoup de succès avec le cactus de Noël (Schlumbergera x buckleyi) et le très apparenté cactus d’automne (S. truncata), appelé «Thanksgiving cactus» en anglais (lisez Quand votre «cactus de Noël» fleurit trop tôt pour savoir comment distinguer les deux). Ils en obtiennent même souvent deux floraisons par année, en novembre/décembre et en février/mars. Par contre, ces cactus peuvent montrer un symptôme qui porte à confusion: des segments qui deviennent ratatinés, mous, ternes et même rougeâtres. Que se passe-t-il?

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Non, ce que vous voyez ne sont pas des feuilles, mais des tiges aplaties. Source:  Julie Weisenhorn. University of Minnesota

Il faut bannir le mot «feuille» de votre vocabulaire en qui concerne les Schlumbergera. Ils n’en produisent pas, du moins, à part deux cotylédons éphémères présents sur les semis. Les organes aplatis et verts qui passent pour des feuilles sont plutôt des tiges modifiées. Comme justement elles sont vertes, elles font de la photosynthèse comme des feuilles et ainsi permettent à la plante de refaire le plein d’énergie. Mais même si une tige remplace une feuille, elle n’en est pas une.

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Les tiges lâches, ratatinées et ternes indiquent que l’eau ne se rend pas bien aux extrémités de la plante. Source: Thughorse, garden.org

Si les tiges deviennent ratatinées, c’est qu’elles sont assoiffées, qu’il n’y a pas assez d’eau qui s’y rend. Évidemment, ce qui semble le plus logique à faire est d’arroser davantage, mais ce n’est pas nécessairement la bonne action à poser.

Manque d’eau ou trop d’eau?

Il y a deux raisons principales pour expliquer pourquoi l’eau ne se rend pas correctement aux tiges. Soit que le terreau est trop sec, soit que les racines sont endommagées, peut-être par trop d’eau!

Fréquence d’arrosage des schlumbergeras

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Il n’y a pas de fréquence d’arrosage préférable pour les schlumbergeras. Il faut suivre la règle d’or. Source: homedepot.com

Il n’y a pas de fréquence d’arrosage spécifique à recommander pour les schlumbergeras (cactus de Noël et compagnie). Dans certains cas, ils peuvent avoir besoin d’eau après cinq jours, dans d’autres, après sept jours, dix jours, quatorze jours, voire même vingt jours. Et la fréquence peut varier selon les saisons, même si vous ne les changez pas de place. Tout dépend des conditions. Quand l’air est sec et que la température est chaude, la plante a besoin de plus d’eau. Quand la pièce est plus fraîche et que l’humidité est forte, de moins. Et la plante croît plus rapidement (et utilise plus d’eau) à certaines saisons qu’à d’autres. Il suffit de suivre la règle d’or de l’arrosage: arrosez abondamment, assez pour humidifier toute la motte de racines, puis attendez que le terreau soit sec avant d’arroser de nouveau. Cela fonctionne toujours parfaitement pour les schlumbergeras.

Si le terreau est trop sec

Si le terreau est trop sec, c’est facile à voir ou, plutôt, à sentir. Touchez-y. Vos doigts sentiront facilement qu’il est sec. Il s’agit alors d’arroser. Pas juste un peu, mais en profondeur, de façon à ce que la motte de racines au complet s’imbibe.

Parfois, quand un terreau est très, très sec, il repousse l’eau et, quand vous arrosez, l’eau n’y pénètre plus et alors la plante ne peut plus «boire». Si c’est le cas, plongez carrément le pot dans l’eau. Laissez-le tremper de 10 à 15 minutes, puis drainez bien. Une fois réhydraté, le terreau deviendra réceptif à l’eau et vous pourrez arroser normalement à l’avenir… à moins de le laisser trop sécher de nouveau.

Quand le terreau demeure humide

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Malgré ses tiges molles, ratatinées et rougeâtres, symptômes d’un manque sérieux d’eau, ce cactus d’automne réussit à fleurir. Source: zensero, home-design

Par contre, souvent la plante est ratatinée et ramollie, mais le terreau est encore humide au toucher. De toute évidence, le problème n’est pas relié à un manque d’eau. C’est beaucoup plus grave. Cela arrive quand les racines sont mortes, en tout ou en partie.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les racines peuvent être en si mauvais état. Voici les deux principales.

  • Terreau maintenu trop humide. Si le terreau est constamment humide, l’oxygène ne s’y rend plus, les racines ne peuvent plus respirer et elles meurent. Habituellement, c’est une pourriture (maladie causée par divers champignons dans les genres Pythium, Phytophthora, Rhizoctonia, Fusarium et autres et dont les spores sont omniprésentes) qui s’installe alors dans les racines mourantes et s’étend aux racines encore vivantes, les tuant à leur tour. Évidemment, sans racines ou avec moins de racines, la plante ne peut plus s’abreuver correctement, même si elle est plongée dans un sol très humide, et ses tiges commencent à se ratatiner.
  • Excès de minéraux. Avec le temps, des sels s’accumulent dans un terreau de plante d’intérieur. Ils sont présents dans l’eau d’arrosage et ajoutés par la fertilisation. Quand ils augmentent trop, ce qui prend plusieurs années, il arrive un moment où le sol contient plus de sels que les racines. L’eau sortira alors de la plante vers le sol afin d’équilibrer les concentrations (c’est ce que l’on appelle l’osmose inverse). Ainsi, les racines meurent et, encore une fois, la plante n’est plus capable d’absorber l’eau. Souvent, l’accumulation de sels dans le terreau s’accompagne d’une croûte blanchâtre ou jaunâtre sur le rebord du pot ou même sur la tige de la plante.

Rempotez pour sauver votre cactus

Si vous soupçonnez que ce sont des dommages aux racines qui causent le problème, la solution la plus simple est de rempoter.

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Lors du rempotage, faites tomber tout le terreau ou, du moins, tout ce que vous pouvez enlever. Photo: Zanes Wildflora

Faites tomber l’ancien terreau: tout le terreau. Si les racines sont pourries (elles sentiront la pomme de terre pourrie), coupez-les. Rempotez dans un pot propre muni de trous de drainage et pas nécessairement un pot plus grand (si la plante a perdu des racines, il est souvent commode de l’empoter dans un pot un peu plus petit). Utilisez à cette fin un terreau bien drainé (presque n’importe quel terreau pour plantes d’intérieur, épiphytes ou cactus conviendrait).

Arrosez bien pour humidifier le terreau au début, puis modestement, seulement quand le terreau est sec. Habituellement, la plante refera peu à peu de nouvelles racines dans le terreau frais et sa santé commencera à s’améliorer, mais il faut être patient: il peut falloir plusieurs mois avant de voir une réaction.

Boutures en rescousse

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Boutures de schlumbergera. Source: aventanadejaviruli.blogspot.ca

Aussi, il peut être sage de prendre des boutures, au cas où vos autres efforts ne donneraient pas un résultat probant. Si possible, choisissez une tige un peu moins ratatinée que la moyenne. Il faut une tige avec au moins deux segments, mais trois ou quatre, c’est encore mieux.

Pour prélever la bouture, tordez la tige plutôt que de la couper: elle se séparera très naturellement à la jonction d’un segment.

Insérez la bouture dans un petit pot de terreau légèrement humide, couvrant complètement le segment inférieur de terreau. Conservez le tout légèrement humide jusqu’à ce que de nouveaux segments apparaissent, ce qui peut prendre plusieurs mois.

Mauvaise réaction

Une des raisons pour lesquelles je suggère de prendre des boutures conjointement avec tout autre effort pour «sauver» un cactus mal en point est que parfois les très vieux spécimens réagissent mal au rempotage, même quand vous le faites pour leur sauver la vie. On dirait qu’ils s’acclimatent à une situation même difficile et aiment mieux mourir lentement que d’accepter un changement pour le mieux… comme certains humains, d’ailleurs.

La bouture deviendra alors votre «plan de secours».

Bonne chance!20171213A Thughorse, garden.org

La Journée nationale du poinsettia

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Le 12 décembre est la Journée nationale du poinsettia. Source: jardinierparesesseux.com

Saviez-vous que le 12 décembre est la Journée nationale du poinsettia?

La date a été choisie en l’honneur de Joel Robert Poinsett, homme politique, médecin et botaniste amateur qui fut ministre plénipotentiaire (ambassadeur) des États-Unis au Mexique de 1825 à 1830. Lors de son séjour, il tomba sous le charme d’un joli arbuste à «fleurs» rouges, déjà connu des botanistes sous le nom d’Euphorbia pulcherrima, et fit envoyer quelques boutures chez lui en Caroline du Nord. Par la suite, il partagea des boutures avec des jardiniers du secteur qui donnèrent le nom «poinsettia» à la plante. Ainsi, il lança, sans trop le savoir, une industrie globale qui vaut aujourd’hui plus de 250 millions de dollars par année.

C’est en commémoration de la mort de Joël Poinsett le 12 décembre 1851 que le Congrès des États-Unis décida d’instaurer la Journée nationale du poinsettia en 2002, suivi peu après par les Pays-Bas, l’Espagne, le Canada, la France et plusieurs autres pays.

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Fête du Dia de la Virgen à Mexico. Source: faytur.com

Par pure coïncidence, le 12 décembre est aussi le Dia de la Virgen, l’une des fêtes catholiques les plus importantes du Mexique, le pays d’origine de la plante. La date rappelle l’apparition de la Vierge Marie à Guadalupe, maintenant au cœur de la ville de Mexico, le 12 décembre 1531. Et devinez quelle plante est utilisée pour célébrer le Dia de la Virgen?

Détails fascinants

Voici quelques «détails fascinants» à propos du poinsettia:

  1. Le poinsettia est de loin la plante d’intérieur la plus populaire au monde, avec quelque 65 millions de plantes vendues chaque année.
  2. Il s’agit d’une plante de jours courts qui fleurit tout naturellement vers Noël dans l’hémisphère Nord.
  3. Non, le poinsettia n’est pas toxique aux êtres humains en dépit d’une légende urbaine de longue date qui prétend le contraire. Il faudrait qu’un enfant de 23 kg mange 500 feuilles de poinsettia pour que cela puisse avoir un effet nocif… et la feuille a un goût si amer qu’il serait difficile d’en faire avaler même une seule à un enfant! Certaines personnes allergiques au latex peuvent toutefois aussi être allergiques à la sève du poinsettia. Et le poinsettia est légèrement toxique aux chats et aux chiens: s’ils mâchouillent des feuilles, cela peut provoquer des nausées ou même des vomissements ou de la diarrhée. Il est donc sage de toujours placer un poinsettia hors de portée des animaux domestiques.

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    Les petites «boules» au centre de l’inflorescence du poinsettia sont ses véritables fleurs. Photo: pxhere

  4. Les véritables fleurs du poinsettia sont les petites «boules» de couleur jaune et vert au centre de l’inflorescence. Les grands «pétales» si vivement colorés sont en fait des bractées, soit des feuilles modifiées. Ces bractées servent à attirer les pollinisateurs vers les vraies fleurs, assez insignifiantes.
  5. L’Église catholique bannit la culture du poinsettia au moment de la Conquête espagnole du Mexique, le considérant comme une plante païenne parce que les Aztèques le vénéraient. Ces derniers voyaient les bractées rouge sang comme un symbole de pureté et l’utilisaient pour décorer leurs temples. Cependant, l’Église s’est réconciliée avec le poinsettia au cours des siècles suivants et d’ailleurs, le poinsettia est maintenant bien intégré aux traditions de Noël au Mexique et dans d’autres pays hispanophones où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte).
  6. Le rouge est la couleur originale du poinsettia, mais il y a maintenant plus de 125 cultivars dans toutes les nuances de rouge, blanc, crème, rose, pourpre, jaune, saumon et certains sont même bicolores. Par contre, si vous voyez des poinsettias en bleu, violet foncé, vert fluorescent ou orange criarde, sachez que ces couleurs viennent de teintures pulvérisées sur un poinsettia blanc.

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    Le poinsettia sauvage est un grand arbuste ou petit arbre. Source: Frank Vincentz, Wikimedia Commons

  7. À l’état sauvage, le poinsettia est un grand arbuste ou petit arbre et peut atteindre jusqu’à 4 m de hauteur. Les poinsettias courts et compacts que nous connaissons sont le résultat d’une infection phytoplasmique qui nanifie la plante et la stimule à se ramifier abondamment.
  8. Si la plante est bien entretenue (températures chaudes, bonne humidité atmosphérique, arrosages réguliers, etc.), les bractées du poinsettia peuvent tenir pendant six mois ou plus. En Martinique, on l’appelle d’ailleurs «six mois beau».
  1. Oui, on peut faire refleurir un poinsettia sous les conditions typiques d’une maison ou d’un appartement, même avec une facilité relative… mais pour ce faire, et en plus à temps pour Noël, vous devrez lui offrir des jours courts (12 heures ou moins d’éclairage) à partir de la fin septembre. Le plus facile, c’est de placer la plante dans une pièce abondamment éclairée le jour, mais qui ne reçoit aucune lumière artificielle la nuit. Comme les jours sont naturellement courts à cette saison, du moins dans l’hémisphère Nord, la plante fleurira sans peine à temps pour Noël.
  2. Le poinsettia appartient au genre Euphorbia, le quatrième plus vaste du monde végétal, avec quelque 2 000 espèces distribuées un peu partout dans le monde. Son nom spécifique signifie «très beau», une épithète qu’il mérite bien.

Avec Noël qui arrive dans deux semaines, il me semble que la Journée nationale du poinsettia est un excellent moment pour installer un poinsettia de Noël chez vous!20171212A Pixabay FR

Quatre autres plantes aux feuilles bizarres

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Le 30 novembre 2017, le sujet de ce blogue était Cinq plantes aux feuilles bizarres. Voici un autre blogue sur le sujet, avec cette fois-ci quatre plantes aux feuilles réellement étranges.

Albuca spiralé (Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’)

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Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’: ses feuilles sont réellement bizarres. Source: www.palmenmann.de

Personne ne sait pourquoi les feuilles de l’albuca spiralé poussent enroulées en tire-bouchon, mais c’est bel et bien sa façon de croître, en culture comme dans la nature dans le sud de l’Afrique. Peut-être que les feuilles enroulées offrent une certaine protection contre le soleil très intense du secteur? Personne ne le sait.

L’albuca ‘Frizzle Sizzle’ est très populaire et se vend par milliers en pots individuels au printemps, surtout comme «curiosité végétale». Je soupçonne que cette popularité diminuera, car la plante n’est pas nécessairement très facile à cultiver, du moins, quand on essaie de lui faire passer l’hiver, et ainsi peu de gens réussissent à la garder au-delà du premier été. Comme elle est plus curieuse que belle et assez coûteuse, aurez-vous vraiment une raison d’acheter une nouvelle plante tous les printemps une fois votre curiosité satisfaite?

C’est une petite plante de la famille des Asparagacées de 10 à 20 cm de hauteur et de 15 à 20 cm de diamètre qui pousse à partir d’un bulbe habituellement enterré… mais que vous pouvez laisser exposé aux trois quarts pour un effet encore plus bizarre si vous le voulez. Les feuilles spiralées sont vert moyen, parfois un peu glauque. Plus les conditions sont sèches, plus elles tire-bouchonnent. Les feuilles poussent à partir d’un bulbe verdâtre rappelant un peu un oignon, mais toxique.

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Fleurs d’Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’. Source: www.kukkala.fi

Les fleurs sont portées par groupe de 10 à 20 sur une tige dressée de 15 à 20 cm de hauteur et rappellent vaguement une jacinthe par leur positionnement alors que chaque fleur individuelle ressemble à un narcisse trompette retombant. En effet, il y a trois tépales qui s’ouvrent grandement et trois qui restent serrés, ces derniers formant la «trompette». Les fleurs sont vertes ourlées de jaune et pas nécessairement très voyantes. Leur parfum est agréable, mais de faible intensité.

Le cultivar ‘Frizzle Sizzle’ est une sélection de l’espèce faite par le Néerlandais Gerardus Adrianus Maria Zwidgerst. On le dit plus frisé que l’espèce (ce qui est discutable), mais surtout mieux adapté à une culture estivale. Alors que l’espèce semble limitée à un cycle de croissance relativement court, entrant rapidement en dormance après la floraison, ‘Frizzle Sizzle’ refleurit souvent plusieurs fois pendant l’été, notamment à la fin de l’été quand les températures baissent un peu. Bien que la plante soit à croissance hivernale sous le climat méditerranéen de son pays d’origine, on a réussi à l’adapter à un cycle de croissance printanière et estivale en culture et on la vend donc au printemps en pleine croissance.

Quand des bulbes secondaires se forment autour de la plante mère, vous pouvez les utiliser pour produire de nouvelles potées de cette plante.

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Quand les feuilles commencent à jaunir, il est temps de songer à mettre Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’ en dormance. Source: ingrijireaflorilor.ro

Placez ‘Frizzle Sizzle’ dans un emplacement ensoleillé et arrosez seulement quand le sol est sec. Il tolère mieux un peu de sècheresse que trop d’eau. Pendant l’été, on peut le cultiver en plein air, habituellement comme annuelle, ou encore, comme bulbe tendre à rentrer à l’automne. Seulement dans les régions au climat méditerranéen, donc chaud et sec l’été et plus frais et pluvieux l’hiver (zones 8 à 10), peut-on songer à le cultiver en plein air toute l’année. Après la floraison, le feuillage commence à jaunir, signe qu’il est temps de cesser les arrosages et de mettre la plante en dormance, car cela aide à stimuler sa prochaine floraison. Comme habituellement cette plante est cultivée en pot, logiquement vous la laisserez dans son pot pendant sa dormance, désormais hivernale.

Il est aussi possible de le cultiver toute l’année si vous maintenez des arrosages plus fréquents, mais, sans période de dormance, il y a moins de chance que la plante refleurisse.

Malgré ces possibilités, la plupart des gens pensent qu’il est en train de mourir quand les feuilles jaunissent en fin de saison et ils jettent alors la plante à l’automne.

Arum titan (Amorphophallus titanum)

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La floraison d’Amorphophallus titanium est spectaculaire… mais son feuillage l’est tout autant. Source: Leif Jørgensen, Wikimedia Commons

Cette plante de la famille des Aracées est surtout connue comme la plante avec la plus grosse inflorescence au monde, atteignant parfois 3,5 m de hauteur. Quand elle fleurit dans un jardin botanique, c’est un grand événement médiatique et les gens viennent en grand nombre la voir et la sentir (car l’inflorescence dégage une odeur nauséabonde). La floraison ne dure qu’environ trois jours.

Sa forme est un peu spéciale aussi et le nom botanique le dit clairement: Amorphophallus titanum veut dire «pénis difforme géant». C’est le spadice central colonnaire, composé de milliers de fleurs minuscules, qui prend cette forme. Il est entouré d’une énorme spathe (bractée) verte à l’extérieur et d’un rouge vin lugubre à l’intérieur.

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La feuille d’Amorphophallus titanium ressemble à un arbre! Source: botanistspicnic.blogspot.ca

Ce que tout le monde semble oublier est que la feuille est tout aussi spectaculaire que la fleur. À son maximum, elle peut atteindre 7 m de hauteur et 5 m d’envergure. On dirait un épais tronc vert marbré de pourpre et coiffé de nombreuses feuilles ovales, mais en fait, le «tronc» n’en est pas un. C’est le pétiole parfaitement dressé de l’unique feuille que la plante produit et les «feuilles» au-dessus sont en fait un seul limbe fortement découpé. En fait, la feuille ressemble tellement à un arbre qu’elle est prise pour un arbre par ceux qui ne la connaissent pas. Malgré sa taille démesurée, la feuille est une structure temporaire et meurt après environ six mois de croissance quand la plante entre en dormance.

Les années où la plante fleurit (et elle ne fleurit qu’aux sept à dix ans), la floraison a lieu pendant la période où la feuille est dormante.

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L’énorme tubercule de l’arum titan. Source:  http://www.eiu.edu

Il ne faut pas passer sous silence le tubercule souterrain qui grossit année après année et qui peut atteindre le poids incroyable de 154 kg! Il faut un pot énorme (1000 litres) pour le contenir! Après une floraison, le tubercule rapetisse et la prochaine feuille aussi perd sa taille titanesque, n’étant pas plus haute que la taille d’un homme. Puis la feuille et le tubercule grossissent de nouveau année après année, emmagasinant de l’énergie en vue de la prochaine floraison.

Évidemment, cette plante n’est pas un bon choix pour la culture dans la maison ni dans le jardin, à moins que vous ne viviez soit dans une grande serre tropicale soit dans une jungle. Il ne faut qu’un éclairage moyen, mais une forte humidité (80% et plus) et des températures chaudes (21 à 30 °C le jour et jamais moins que 19 °C la nuit pendant la période de croissance) pour arriver à la faire pousser. Par contre, on trouve cette plante géante dans beaucoup de jardins botaniques.

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Amorphophallus konjac est de taille plus raisonnable, mais son feuillage impressionne tout autant. Source: laidbackgardener.ca

Il existe toutefois des espèces d’Amorphophallus de taille plus restreinte qui seraient plus intéressantes à essayer de cultiver, comme A. konjac (anc. A. rivieri), qu’on peut facilement cultiver en pot comme plante d’intérieur ou comme bulbe d’été pourvu qu’on respecte son besoin pour une dormance hivernale. Il peut même pousser en pleine terre (zones 7 et plus). La feuille unique atteint quand même une taille impressionnante: 1,2 à 1,8 m de hauteur! Et cette espèce peut fleurir annuellement… si les conditions sont exceptionnellement bonnes. Chez moi, par contre, je n’ai eu que deux floraisons en presque 20 ans! Notez bien qu’il faut recouvrir le tubercule d’au moins 15 cm de terre, car les racines émergent du haut du tubercule, pas du bas.

Tous les amorphophallus sont toxiques aux humains, chiens et chats, bien que le tubercule cuit soit comestible.

Bégonia ‘Bunchii’ (Begonia x erythrophylla ‘Bunchii’)

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Begonia x erythrophylla ‘Bunchii’. Source: Gail G Taylor, Pinterest

Passons maintenant à une plante de taille plus commode, une plante d’intérieur que tout jardinier pourrait facilement cultiver, mais avec des feuilles encore bizarres à souhait: le bégonia ‘Bunchii’.

Il s’agit d’un bégonia hybride, trouvé à l’origine par Lloyd Bunch en 1914 en tant que mutation sur le populaire bégonia nénuphar (B. x erythrophylla). Plutôt que d’être lisses, les marges des feuilles de ‘Bunchii’ sont fortement et bizarrement frisées, ce qui lui a mérité le nom de «lettuce leaf begonia» (bégonia à feuilles de laitue) en anglais. De plus, les feuilles ont une jolie coloration: vert bronzé avec un revers rouge vin… et la plante fleurit facilement l’hiver (c’est une plante à jours courts), produisant des nuages de petites fleurs rose pâle à cette période. C’est une plante d’intérieur patrimoniale largement distribuée à travers le monde… dans les maisons privées, mais rarement offerte dans le commerce… sans doute parce qu’elle n’est plus aussi à la mode qu’elle l’a été il y a 75 à 100 ans!

Le bégonia ‘Bunchii’ est de culture facile. Poussant à partir de rhizomes rampants qui courent sur la surface du pot et qui en retombent quand la plante est plus mature, il tolère facilement les conditions de maison, dont un éclairage moyen et des températures et niveaux d’humidité normalement trouvés dans un logement. Un peu d’engrais de temps en temps et parfois un peu de taille (pour que les rhizomes ne débordent pas trop du pot) peuvent être utiles. On peut facilement multiplier cette plante par boutures de rhizomes ou même par boutures de feuilles ou de sections de feuille.

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Le bégonia ‘‘Crestabruchii’ est encore plus frisé que «Bunchii», mais plus difficile à bien cultiver. Source Laurel Carlisle, http://www.begonias.org

Par contre, ‘Bunchii’ n’est pas le plus «frisé» des bégonias. Ce titre revient à B. ‘Crestabruchii’, similaire, mais aux feuilles plus grosses, poilues plutôt que lisses et beaucoup plus frisées à la marge. Par contre, je trouve ‘Crestabruchii’ difficile à bien cultiver, avec une nette tendance à aller en dormance à l’automne. Donc, la feuille de ‘Crestabruchii’ est plus bizarre, mais ‘Bruchii’ est beaucoup plus facile à cultiver.

Echeveria caronculé (Echeveria gibbiflora carunculata)

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Les feuilles très curieuses d’Echeveria gibbiflora carunculata. Source: yandex.ru

Le genre Echeveria est un genre de plantes succulentes originaires des régions arides d’Amérique centrale, nommé pour l’artiste botanique mexicain Atanasio Echeverría. C’est un membre de la famille des Crassulacées et il est très apparenté au genre Sedum. Typiquement, les echeverias produisent des plantes courtes et trapues formant une dense rosette de feuilles épaisses, souvent de couleur bleu glauque ou encore, fortement couvertes de poils blancs, et des épis dressés de fleurs en clochettes roses, rouges ou orange, souvent aux pointes jaunes. Elles font beaucoup penser aux joubarbes (Sempervivum spp.) de nos rocailles qui sont, essentiellement, les pendants européens rustiques des echeverias centraméricains gélifs.

L’echeveria caronculé est une variante de l’E. gibbiflora, aux feuilles lisses et épaisses. L’echeveria caronculé en diffère par ses feuilles caronculées, c’est-à-dire qui portent des caroncules, soit des excroissances charnues. Il n’est pas clair si cette forme existe à l’état sauvage et mérite alors vraiment son épithète botanique (carunculata) ou si elle est uniquement trouvée en culture (dans ce cas, il faudrait l’appeler ‘Carunculata’). Et la feuille est réellement bizarre, le limbe portant de multiples bosses irrégulières, comme si elle était envahie par un cancer métastatique: il n’y a pas deux feuilles pareilles. Les feuilles sont d’un bleu vert glauque rehaussé de rose, souvent à marge ondulée, et peuvent être de bonne taille, donnant une rosette de jusqu’à 30 cm de diamètre. Les fleurs estivales sont rouges et d’intérêt nettement secondaire comparativement au feuillage curieux.

Avec le temps, les feuilles inférieures tombent, libérant un «tronc» épais… mais la plupart des gens jugent cette façon de pousser disgracieuse et rempotent occasionnellement la plante, coupant le fond de la motte de racines de façon à pouvoir la placer plus au fond pot, puis enterrent la tige nue sur laquelle, bientôt, de nouvelles racines apparaissent. Ou encore, ils coupent la tête de la plante et la bouturent. Si vous continuez de cultiver le tronc, il produira des plantules que vous pourrez utiliser pour la multiplication.

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Echeveria ‘Etna’: une sélection ou hybride d’Echeveria gibbiflora carunculata, mais avec encore plus de caroncules. Source: World of Succulents

On trouve assez facilement cette plante en pépinière, mais elle est rarement identifiée. Généralement, on voit surtout des hybrides comme ‘Etna’ (le plus courant), ‘Cameo’, ‘Dick Wright’ et ‘Barbillion’, mais, sans étiquette, il est peu probable que vous sachiez un jour le vrai nom de votre plante.

Il faut à cette plante un maximum de lumière pour bien pousser, avec plusieurs heures de soleil direct, du moins pendant l’été. L’hiver, quand il est presque en dormance, il peut tolérer plus d’ombre. Les plantes placées un tant soit peu à l’ombre tendent à rapetisser peu à peu et finissent par mourir. Arrosez relativement abondamment au printemps et à l’été et vous pouvez même alors fertiliser un tout petit peu à cette saison (tout engrais conviendrait), mais l’automne et surtout l’hiver, il faut réduire les arrosages à un minimum, n’arrosant que quand le terreau est réellement sec en profondeur.

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Echeveria gibbiflora carunculata. Source: archivo.infojardin.com

L’echeveria caronculé tolère très bien la canicule estivale, mais préfère un hiver au frais et au sec. En théorie, il peut tolérer une touche de gel, mais je vous suggère de ne pas pousser le bouchon trop loin. La plante n’est pas à l’aise avec une forte humidité et il faut surtout éviter de verser de l’eau dans le feuillage l’hiver, car elle peut s’accumuler et provoquer une pourriture fatale.

On multiplie la plante par boutures de tige ou par séparation de plantules. Par boutures de feuilles, aussi, du moins en théorie, mais je n’ai jamais eu de succès avec cette méthode.


Et voilà! Quatre plantes à feuillages tout à faire remarquables. Il y en aura d’autres au cours des semaines à venir.20171211A www.palmenmann.de

Quand dame Nature offre une taille inattendue

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Après une tempête hivernale sévère, il y a généralement des branches à ramasser au printemps, mais souvent les dégâts s’arrêtent là. Source: www.ontarioparks.com

Mère Nature ne supporte pas la faiblesse. Elle élimine impitoyablement les animaux et les végétaux imparfaits. En hiver, elle envoie la neige et la pluie verglaçante qui s’accumulent sur les branches et les arrachent et font même tomber des arbres entiers. En d’autres saisons, ce sont habituellement des orages et bourrasques qui causent des dégâts, jonchant le sol de branches et ramilles arrachés. Puis, subitement, la tempête est terminée, laissant le jardinier avec le travail de nettoyer les dégâts.

Les humains ont tendance à considérer ce genre de dommages comme une catastrophe, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Pas du point de vue de mère Nature, du moins. Les branches arrachées étaient généralement mortes, mourantes ou faibles. La tempête a tout simplement fait le ménage. Quand un arbre entier tombe, c’est généralement parce qu’il était faible, vieux ou au mauvais endroit. Par exemple, une espèce pionnière aimant le plein soleil n’est plus en mesure de faire face à l’ombre grandissante lorsqu’une forêt mûrit et la tempête met fin à ses souffrances. Si nous laissons la nature suivre son cours, les arbres faibles seront remplacés par des spécimens forts… et quand les spécimens forts s’affaibliront, ils seront remplacés à leur tour.

Par contre, nous laissons rarement la nature suivre son cours… du moins, pas sur nos propres terrains. Nous aimons plutôt nous y immiscer, pensant bien faire: donner des coups sur les branches pour briser le verglas, tuteurer les branches faibles pour les redresser, remplacer un arbre mort mal adapté par exactement la même espèce, etc.

Apprenons à accepter la taille gratuite de dame Nature

Quand un arbre ou un arbuste subit des dégâts lors d’une tempête, il vaut la peine de se laisser un peu de temps pour penser avant de faire quoi que ce soit. (Et si les dégâts se produisent pendant l’hiver, vous aurez beaucoup de temps pour penser, car en général la taille se fera au printemps.) Peut-être que c’était, en fait, un mal pour un bien!

Rajeunissement des arbustes

Dans le cas de la plupart des arbustes, par exemple, quand on voit les branches plier au sol ou casser sous le poids de la neige ou du verglas, c’est comme si dame Nature nous disait très clairement qu’il est temps de leur faire une taille de rajeunissement. Il suffit de couper tout l’arbuste très court, à une hauteur de 15 à 30 cm du sol, ce qui éliminera les branches vieillies et faibles, les ramilles mortes, etc. Comme les arbustes feuillus ont la capacité de se régénérer complètement à partir de la base, l’arbuste se trouvera complètement rajeuni dans deux ou trois ans et sera probablement même plus attrayant qu’il ne l’a été depuis des années.

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Les branches de ce vieux lilas, cassées pendant une tempête hivernale, signalent au jardinier qu’il est peut-être temps de le rajeunir. Source: Bobscaping

Par exemple, quand trois grosses branches du vieux lilas d’un voisin ont cassé à la suite d’une tempête de verglas il y a deux ans, nous avons découvert qu’elles étaient minées par des perceurs et, de plus, fortement atteintes par la pourriture. En rabattant tout l’arbuste (car d’autres vieilles branches aussi étaient mal en point), nous avons pu éliminer les perceurs et la pourriture et maintenant l’arbuste repousse sainement et vigoureusement. Sans doute qu’il aura besoin d’une taille similaire aux 25 à 30 ans environ.

Dommages aux conifères

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Les conifères qui plient sous le poids de la neige remontent généralement à leur position normale l’été. On peut prévenir partiellement ce problème en évitant de trop les fertiliser et en les taillant régulièrement pour ralentir leur croissance. Source: missouribotanicalgarden.org

Dans le cas des conifères, les branches qui plient ou qui cassent, surtout chez les thuyas («cèdres»), sont souvent attribuables à une surfertilisation: les engrais azotés de type «beau cèdre» ont tendance à stimuler une croissance rapide mais faible. Sachez que les conifères établis ont rarement besoin d’engrais. Laissez-les pousser selon leur vitesse normale, tout simplement. Habituellement, ils arrivent très bien à trouver les minéraux qu’il leur faut sans votre aide. De plus, les conifères qui poussent lentement sont les plus solides.

S’il y a des dégâts chez les conifères (des branches cassées ou arrachées), vous ne pouvez pas faire de taille sévère pour les rajeunir: contrairement aux arbustes feuillus, la plupart des conifères n’ont pas la capacité de se régénérer à partir du vieux bois (l’if est une exception à cette règle). Le mieux que vous puissiez faire est de raccourcir les autres branches, restant toujours dans la partie verte des ramilles bien sûr, pour essayer d’équilibrer leur apparence. Avec le temps, des branches latérales peuvent peut-être venir remplir toute trouée.

Quand un conifère ne fait que se plier au sol sous le poids de la neige ou de la glace et qu’il n’y a pas de bris, la situation est moins compliquée. Probablement qu’il se redressera avec le retour du printemps. Vous pouvez toujours tenter de doucement enlever la neige avec un balai si elle est légère, mais si la tige est glacée et figée en place ou si les aiguilles sont recouvertes de glace, essayer de corriger la situation pourrait endommager la plante et causer plus de mal que de bien. Rappelez-vous juste que la neige et la glace finiront bien par fondre un jour.

Si, au printemps, le conifère ne retrouve pas tout à fait sa forme, n’hésitez pas à le tuteurer et à le ficeler temporairement pour le redresser. Il peut être utile aussi de le tailler plus régulièrement, toujours en restant dans la partie verte, bien sûr, pour ralentir sa croissance et ainsi laisser son bois se lignifier davantage.

Une tempête peut être une bonne chose pour les arbres

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La plupart des branches arrachées par une tempête sont mortes, malades ou faibles. Leur perte ne dérange pas l’arbre et peut même lui être bénéfique. Source: Tom Shortell, Wikimedia Commons

En général, les dommages causés aux arbres par les tempêtes sont plutôt anodins… du point de vue de l’arbre, du moins. Peut-être que vous trouverez beaucoup de branches mortes ou faibles jonchant le sol que vous aurez à ramasser, mais généralement les arbres eux-mêmes sont encore en assez bon état après ce «nettoyage». En fait, les arbres poussent plus sainement là où il y a des tempêtes chaque année. Ainsi, toute croissance faible est éliminée sans tarder. C’est quand il y a eu plusieurs années de temps doux d’affilée et que survient une tempête vraiment sévère que des dommages plus sérieux ont tendance à se produire.

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Si une branche est emprisonnée dans la neige ou la glace, dégagez la neige si vous pouvez le faire en douceur, mais n’essayez pas de casser la glace, de creuser pour libérer les branches ou de redresser une branche gelée: cela ne ferait qu’aggraver les dégâts. Laissez la neige fondre tout simplement, même si cela signifie d’attendre jusqu’au printemps. Source: jardinierparesseux.com

Si une branche majeure casse et que vous jugez que l’arbre est quand même récupérable, il faut sérieusement envisager d’appeler un arboriculteur certifié, non seulement pour obtenir son opinion, mais pour accomplir le travail. C’est le genre de taille qu’il vaut mieux faire faire par un professionnel, surtout si vous avez besoin de monter dans une échelle pour l’accomplir. Je conseille toujours aux jardiniers amateurs de toujours garder les deux pieds solidement au sol pour tailler. Si vous ne pouvez pas atteindre la blessure de cette façon, c’est un cas pour un arboriculteur professionnel! Et si vous décidez de risquer le travail par vous-même,  portez au moins un casque de protection.

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Coupez tout chicot juste au-delà du bourrelet cicatriciel. Source: jardinierparesseux.com

Si la branche s’est complètement arrachée du tronc, utilisez un couteau bien aiguisé pour égaliser les bords de la blessure, enlevant l’écorce déchirée ou décollée, les éclats de bois, etc.  N’appliquez pas de peinture ou pâte d’émondage. Ainsi, la blessure pourra se compartimenter (se recouvrir d’écorce) rapidement. S’il y a encore un chicot important, enlevez-le juste au-delà du bourrelet cicatriciel de la branche (gonflement là où la branche rencontre le tronc). Si seule une partie d’une branche est arrachée, élaguez-la juste au-delà d’une branche de remplacement qui pointe dans environ la même direction que celle qui a cassé.

Et si l’arbre est complètement renversé ou est endommagé de façon irréparable, acceptez simplement que son heure soit venue. Ce ne sont pas tous les arbres qui sont faits pour devenir centenaires! Appelez plutôt l’arboriculteur pour l’enlever.


Les dégâts de tempête peuvent facilement nous intimider quand nous les voyons au lendemain de l’orage — toutes ces branches cassées et arrachées! —, mais rappelez-vous que c’est généralement un mal pour un bien: une taille gratuite de la part de mère Nature!20171210A www.ontarioparks.com

Un livre horticole comme cadeau de Noël?

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Montage de quelques-uns de mes livres au Jardin botanique de Montréal.

Si vous cherchez une idée de cadeau de Noël pour un amateur de jardinage, pourquoi ne pas lui offrir un livre sur le sujet… notamment un de mes livres? J’en ai écrit plus de cinquante au cours de ma vie et plusieurs sont encore facilement disponibles en librairie. Je vous invite à visiter le site de mon éditeur, les Éditions Broquet, pour voir les livres qui sont disponibles. Il y a des versions imprimées de tous ces livres et des versions PDF et ePub (pour lecture sur téléphone intelligent ou tablette) pour certains.

N’oubliez pas d’acheter vos livres cadeaux sans tarder… ainsi vous aurez assez de temps pour les lire avant de les offrir!;-)

Les graminées malmenées résistent mieux à l’hiver

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Panic érigé (Panicum virgatum ‘Northwind’) se tenant fièrement debout l’hiver… mais ce n’est pas toujours le cas. Source: grasstalk.files.wordpress.com

Les graminées ornementales comme le miscanthus (Miscanthus spp.), le calamagrostide à fleurs étroites (Calamagrostis x acutiflora) et le panic érigé (Panicum virgatum) sont devenues populaires pour leur effet hivernal. Même si elles perdent leur vert estival et virent à diverses nuances de beige et de brun à l’automne, elles se tiennent encore debout l’hiver, leurs panaches argentés encore pleinement déployés, pour un effet saisissant, surtout sur un fond de neige.

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Les graminées trop protégées sont incapables de résister au vent et à la neige en hiver et s’écrasent au sol. Source: http://www.obsessiveneuroticgardener.com

C’est génial quand ça fonctionne… mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois, la première tempête hivernale les aplatit et elles passent le reste de la saison couchées sur le sol. Bien sûr, vous pouvez toujours planter un tuteur en plein centre de la touffe et essayer de les remonter avec de la corde, mais l’effet est rarement bien réussi.

Un été au plein soleil et au vent

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Il faut exposer les graminées au plein soleil et au vent si vous voulez qu’elles restent debout l’hiver. Source: clipartpig.com, fantendo.wikia.com & favata26.rssing.com

Pour éviter complètement une telle situation, rappelez-vous que ces herbes sont originaires de situations fortement exposées au soleil et au vent: prairies, prés, steppes, etc. Si vous les plantez dans un endroit partiellement ombragé ou trop à l’abri du vent, elles produiront des tiges minces, souples et faibles, sujettes à s’affaisser. Si vous cultivez les mêmes graminées au soleil brûlant, malmenées par des coups de vent tout l’été, cependant, leurs tiges seront plus épaisses et plus robustes.

C’est que, quand une plante subit un ensoleillement intense et se fait régulièrement secouer par le vent depuis le début de la saison, elle réagit à cette «torture» en produisant plus de lignine (la substance qui donne au bois sa résistance) que la normale. Le résultat est une graminée plus robuste, résistante au vent et au poids de la neige.

Donc, si vos graminées s’affaissent l’hiver, essayez de les déplacer vers un site plus exposé au printemps prochain et vous verrez comme le spectacle hivernal sera spectaculaire l’an prochain!20171208A Panicum virgarum Northiwind grasstalk.files.wordpress.com.jpg