Où est passé le gui du temps des Fêtes?

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La belle tradition de s’embrasser sous le gui semble en voie de disparition!

Autrefois, on utilisait beaucoup le gui (Viscum, Phordendron et autres) comme décoration du temps des Fêtes. D’ailleurs, on accrochait une tige au plafond, car la tradition voulait qu’un homme et une femme qui se rencontraient sous le gui devait s’embrasser. Je me souviens d’avoir mis la tradition en pratique.

Je devais avoir 15 ou 16 ans et j’avais été invité à une fête de Noël pour les jeunes bénévoles d’une association, fête tenue dans le sous-sol d’une résidence privée, Évidemment, il y avait une tige de gui fixé au plafond. J’ai vite vu l’avantage de la situation et me suis installé tout près, question d’embrasser le plus de belles filles que possible. C’était généralement un petit bec de type fraternel, mais parfois un peu plus durable et un peu plus intense. En fait, j’ai eu mon premier «vrai baiser» sous cette tige de gui, rapidement suivi d’un second et d’un troisième. Dans ma vie d’adolescent, c’était encore plus efficace que le jeu de la bouteille pour se rapprocher d’une jeune fille!

Je tiens à souligner qu’il ne s’agit pas seulement d’un autre machisme sexiste. Je vous assure que certaines jeunes demoiselles se tenaient aussi près du gui que moi en espérant que le garçon de leur choix passe dessous… et j’ose même dire que certaines n’étaient pas très difficiles quant à leur choix. Donc, le système fonctionne dans les deux sens!

Je ne vois plus de gui

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On ne voit plus que du gui en plastique sur le marché!

Je n’ai pas vu de gui en vente à Noël depuis des années. En fait, depuis des décennies. Aucune des jardineries locales ne l’offrent. Je ne vois plus que du gui en plastique de nos jours! Qu’est-il arrivé avec le vrai produit?

J’espère qu’un de mes lecteurs saura, car j’aimerais bien comprendre pourquoi une tradition si intéressante liée aux plantes (et si pratique pour un ado très timide) soit en train de disparaître.

Peut-être que c’est le prix du produit qui est trop exorbitant? Car j’ai trouvé quelques sources sur l’Internet qui vendent une branche de gui… mais pour environ 15$ (10,5€), plus frais de livraison. Oui, pour une seule mince branche. C’est beaucoup trop cher!

(Aux Européens qui lisent cette chronique et se demandent pourquoi je ne vais pas tout simplement recommander aller couper du gui dans une forêt quelconque, il faut comprendre qu’il n’y pas de gui, autre que le gui nain, essentiellement invisible, dans le pays où je réside [le Canada]. Afin de pouvoir en cueillir, il faudrait que les Canadiens aillent en Europe ou au sud des États-Unis, ce qui coûterait encore bien plus cher que de faire venir une tige par la poste!)

Ou peut-être les gens ont banni le gui de leur demeure à cause de sa toxicité, car la plante est réputée toxique. Mais cela n’est pas logique non plus. Car les mêmes gens ne se gênent pas de décorer avec des tiges de houx (Ilex) alors que ses baies sont toxiques aussi. De toute façon, à la fois le gui et le houx ne sont que «légèrement toxiques», que ce soit pour les humains et les petits animaux. Manger quelques baies ne donnera qu’un petit mal de ventre.

Programme d’appréciation du gui

Je crois qu’il faudrait commencer une sorte de «programme d’appréciation du gui», sinon la tradition disparaîtra à jamais en très peu de temps.

Savez-vous reconnaître le gui?

Laquelle de ces 3 plantes est le gui?

Déplacez le curseur sur l’image pour voir si vous avez raison.

D’ailleurs, de moins en moins des gens savent reconnaître le gui. Mon expérience est que beaucoup de gens confondent le gui et le houx. Pourtant, les deux ne se ressemblent aucunement. Le gui a des feuilles lisses et relativement étroites et des baies blanches; le houx (ou du moins le type d’houx utilisé à Noël) a des feuilles coriaces, luisantes et piquantes ainsi que des baies rouges. Essayez le test Savez-vous reconnaître le gui? ci-dessous pour voir si vous êtes capable de les distinguer.

D’ailleurs, même sur l’Internet, si vous entrez le terme «gui de Noël» dans un moteur de recherche, au moins la moitié du temps on vous présentera une image de houx! C’est donc une confusion assez généralisée!

Ce qui m’inquiète surtout est que nos jeunes risquent de s’embrasser par accident sous une tige de houx. Quel faux pas social!

Quelques détails au sujet du gui

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On remarque surtout le gui (ici, Viscum album d’Europe) à l’automne et l’hiver, quand les arbres sont sans feuilles.

Maintenant que vous savez le reconnaître, voici quelques faits divers sur le gui qui pourraient peut-être aider à redorer son blason:

  • La tradition du gui comme plante de Noël est antérieure au christianisme. Les druides, entre autres, vénéraient le gui pour sa capacité à rester vert l’hiver, même lorsque toutes les plantes des environs perdaient leurs feuilles.
  • Le fait que le gui soit une plante médicinale et aussi un peu toxique n’est pas étranger à l’intérêt que les druides y portaient: ils voyaient dans les plantes médicinales et toxiques une grande puissance spirituelle.
  • On pense que la coutume de suspendre le gui à la fin de l’année provienne de la tradition druide de déposer les armes et d’échanger des salutations sous le gui.
  • Le gui est un hémiparasite. Il adhère à un arbre ou un arbuste au moyen d’un suçoir et vit des minéraux, des sucres, de l’eau, etc. contenus de la sève de son hôte. Il n’est toutefois pas un parasite total, car la plupart des espèces de gui font un peu de photosynthèse et ne dépendent donc pas totalement de leur hôte pour leur survie.
  • Le gui tue souvent la branche sur laquelle il se développe. Une infestation vraiment lourde, avec de nombreux guis, peut tuer l’arbre hôte.
  • Le gui des druides (Viscum album) est une espèce strictement européenne, mais il existe des espèces similaires (du genre Phoradendron) dans les régions tempérées chaudes de l’Amérique du Nord… et il y a des centaines d’espèces de gui dans les régions tropicales du monde entier.
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    Les oiseaux sont très friands des baies de gui.

    Le gui est diffusé par les oiseaux qui mangent les baies et transportent les graines par mégarde sur d’autres plantes hôtes. Souvent, les graines très collantes (notez le nom botanique Viscum qui veut dire visqueux) adhère au bec de l’oiseau qui essaie alors de les enlever en frottant son bec contre une branche. Les graines y restent collées et, si les conditions sont bonnes, germent et infestent le nouvel hôte. D’autres oiseaux avalent les graines tout rond et elles passent intactes à travers leur système digestif pour être déposées sur une branche dans leurs fientes.

  • Dans plusieurs régions où l’on fait de la récolte commerciale de gui (pour le marché de Noël ou pour l’industrie pharmaceutique), le gui est récolté en tirant sur la plante avec un fusil afin de la faire tomber de son arbre. D’autres cueilleurs utilisent un lance-pierre ou une grande échelle.
  • Le gui américain (Phoradendron leucarpum) est la fleur d’état de l’Oklahoma. Il ressemble beaucoup aux guis européens et est récolté lui aussi pour le marché des Fêtes.
  • Dans le nord de l’Amérique du Nord (y compris l’ensemble du Canada), le seul gui local est le gui nain (Arceuthobium spp.). Cette forme très petite pousse principalement à l’intérieur des tissus de son hôte, toujours un conifère, et provoque souvent la formation d’un balai de sorcière. La petite partie exposée à l’air est trop petite pour servir de décoration et d’ailleurs, passe généralement inaperçue.
  • Toutes les parties du gui sont toxiques… ce qui n’empêche pas les humains d’utiliser le gui en médecine. En Europe, les préparations à base de gui ont été approuvées pour traiter le cancer et même le SIDA.

Le gui: une plante des plus étranges, mais porteuse d’une longue et intéressante histoire d’utilisation. Il serait regrettable que la vénérable tradition du «gui du temps des Fêtes» disparaisse complètement.20161206a

La plante aspirateur

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À la fin de novembre, les feuilles mortes ont déjà presque toutes été aspirées par le pachysandre.

Parfois, je pense que les plantes sont mal nommés. La terriblement envahissante renouée du Japon (Fallopia japonica), qui anéantit tout sur son chemin, devrait par exemple s’appeler plante rouleau compresseur, n’est-ce pas? Et je trouve que le pachysandre du Japon (Pachysandra terminalis) mérite vraiment le nom plante aspirateur.

Il est formidable de voir cette petite plante couvre-sol à l’œuvre. On l’utilise habituellement en sous-bois, au pied des arbres caduques, où il forme de vastes tapis. Puis arrive l’automne et les feuilles commencent à tomber par milliers.

Tout autre plante serait enterrée par cette masse de feuilles brunes, mais pas le pachysandre. Ses tiges sont courtes, mais néanmoins solidement dressées, alors que ses feuilles persistantes se penchent un peu vers le bas sous le poids des feuilles. Ainsi, les feuilles mortes glissent graduellement vers le bas, à travers le feuillage, pour s’accumuler à son pied, puis ses feuilles vertes se redressent et cachent les feuilles mortes des arbres. Comme résultat, son effet de tapis vert est maintenu et toutes ces feuilles mortes disparaissent de vue, comme s’il les avait aspirées. Puis elles se décomposent en toute douceur hors de vue.

C’est formidable pour le jardinier paresseux, car il n’y a aucun ménage à faire, ni à l’automne, ni au printemps, sauf parfois ramasser de grosses branches tombées des arbres au-dessus au cours de l’hiver, car même les petits rameaux tombés sont, eux aussi, «aspirés» par cette plante cache-tout.

Cultiver la plante aspirateur

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La plante aspirateur en fleurs.

Plantez le pachysandre assez densément, soit à environ 15 à 30 cm de d’espacement, car il n’est pas envahissant comme tant d’autres plantes couvre-sol et ne s’étend que lentement par de courts rhizomes souterrains. Même à 30 cm d’espacement, il prendra environ 3 ou 4 ans pour former un tapis complet.

C’est une plante de sous-bois qui préfère l’ombre et la mi-ombre, mais elle peut tolérer le soleil direct aussi dans les régions aux étés frais. Elle tolère presque tout sol, riche ou pauvre, tant qu’il est bien drainé et elle compose parfaitement avec la présence de racines d’arbres. Aucun entretien n’est nécessaire, même pas l’arrosage, du moins une fois qu’elle est bien établie (il serait toutefois sage de l’arroser en période de sècheresse le premier été). Les feuilles tombées des arbres produisent tout l’engrais dont la plante aspirateur pourrait avoir besoin.

Côté rusticité, on peut le cultiver dans les zones 4 et plus chaudes.

On peut la multiplier par division au printemps ou à l’automne.

Son apparence

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Pachysandre vu de près.

Honnêtement, on cultive cette plante comme tapis vert (et il est vert à l’année!) et l’apparence de la plante individuelle importe peu, mais essentiellement, il s’agit d’une petite plante dressée de 20 à 30 cm de hauteur portant des feuilles ovales dentées vert foncé portées en verticille à l’extrémité de la tige. Les fleurs blanches printanière sont relativement insignifiantes: il faut les regarder de près pour pouvoir les apprécier.

Il y quelques cultivars aussi, comme ‘Green Carpet’, plus compact que l’espèce (15 cm), ‘Green Sheen’, aux feuilles plus lustrées et ‘Variegata’ (‘Silver Edge’) aux feuilles ourlées de blanc.


Si ramasser les feuilles à l’automne vous ennuie royalement, sachez que la plante aspirateur est prête à faire le travail pour vous, parole de jardinier paresseux!

Comment maintenir un mini-poinsettia

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Mini-poinsettias en magasin: notez que, même en jardinerie, on laisse les pots tremper dans l’eau.

Depuis quelques années maintenant, on voit dans les jardineries des mini-poinsettias (Euphorbia pulcherrima): seulement environ 10 cm de hauteur avec que 5 à 10 feuilles et couronnés d’une seule inflorescence composée de bractées rouges, roses, blanches ou vertes. Ils sont si mignons qu’il est très tenant d’en faire l’essai, d’autant plus que leur prix est généralement raisonnable. Mais ils vivent rarement plus qu’une semaine une fois qu’on les a apportés à la maison. Pourquoi rendent-ils l’âme si rapidement?

Des plantes miniaturisées

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Le mini-poinsettia n’est pas vraiment une miniature, mais plutôt une plante standard cultivée à l’étroit.

Il faut d’abord comprendre que ces mini-poinsettias n’appartiennent pas à une nouvelle lignée de poinsettias génétiquement naines. Il s’agit de poinsettias classiques qui ont été miniaturisés par une culture assez spartiate merci et qui, sous d’autres conditions, auraient facilement pu être 5 fois plus gros.

Essentiellement, les producteurs prennent des boutures enracinées de poinsettia standards et les forcent, en les exposant à des jours courts, à fleurir avant leur temps. Pour ne pas que le poinsettia grossisse trop, ils restreignent la quantité de terreau disponible au minimum nécessaire pour la survie de la petite plante. Et le résultat est que le terreau s’assèche très rapidement, même après un bon arrosage. Ainsi, après seulement deux ou trois jours chez vous, la plante est souvent déjà dans un état de détresse hydrique profonde… et la mort suit rapidement.

Comment les garder en vie

Pour maintenir ces mini-poinsettias en vie, il faut donc briser une des règles les plus plus fondamentales de l’entretien des plantes d’intérieur. On dit habituellement de ne jamais laisser une plante tremper dans l’eau après un arrosage, que cela mène nécessairement à la pourriture, et donc de toujours vider la soucoupe 15 à 20 minutes après l’arrosage. Eh bien, voici un cas d’exception.

Pour une fois, laissez toujours ces mini-plantes tremper dans une mince couche d’eau, pas plus qu’un millimètre. Dès que cette eau est utilisée ou qu’elle s’évapore, arrosez de nouveau, maintenant un mince film d’eau dans la soucoupe. Si l’air dans votre maison est sec, il se peut que vous ayez à ajouter un peu d’eau – peut-être une cuillérée – quotidiennement.

Autres facteurs

Évidemment, comme ces poinsettias sont des plantes vivantes, il faut quand même leur offrir un éclairage au moins minimal (l’idéal serait un éclairage intense, mais sans soleil direct au milieu de la journée) et des températures au-dessus de 10˚C. Une bonne humidité atmosphérique fera en sorte que vous pourriez espacer les arrosages aux 2 ou 3 jours… mais regardez toujours: quand vous ne voyez pas refléter un peu d’eau dans la soucoupe, il faut arroser de nouveau.

Notez qu’il n’est pas nécessaire de les fertiliser pendant leur séjour dans un si petit pot.

Pot auto-irrigant

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Mini-poinsettias vendus dans un réservoir.

Certains producteurs vendent leurs mini-poinsettias non pas dans de simples pots de plastique, mais dans un pot auto-irrigant, c’est-à-dire, un pot décoratif muni d’un réservoir d’eau. Si vous levez la plante, vous découvrirez qu’elle est plantée dans un pot normal avec des trous de drainage, mais que ce pot est suspendu au-dessus du fond du pot auto-irrigant et qu’une mèche en fibre synthétique sort d’un des trous de drainage du petit pot et pend dans l’eau du réservoir. Ainsi, la plante peut «s’abreuver» en tout temps grâce à l’eau qui monte du réservoir via la mèche. Il se peut aussi que des racines descendent dans le réservoir, ce qui ne dérange pas: on peut les laisser pousser.

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C’est la mèche qui pend du trou de drainage qui permet l’arrosage de la petite plante.

Ces «mini-poinsettias sur réservoir» coûtent plus cher que les mini-poinsettias en pot ordinaire, mais sont plus faciles à garder en vie, car il a moins de risque qu’ils ne manquent d’eau.

Avant d’arroser cette plante avec mèche, enlevez la plante et vérifiez que le réservoir est sec ou presque sec, puis versez y environ 1 cm d’eau dans le réservoir. Autrement dit, vous arrosez le réservoir, pas la plante.

Ne laissez jamais la mèche sécher complètement. Sinon, elle risque de ne plus être efficace (elle doit être «amorcée», soit humidifiée, pour bien fonctionner). Si jamais vous trouvez le réservoir complètement vide et la mèche sèche au toucher, remplissez le réservoir à moitié d’eau et plongez le pot dedans: après 30 minutes, la mèche sera réactivée et vous pourriez vider tout surplus d’eau.

Après Noël

Personne ne prétend que vous pourriez maintenir un mini-poinsettia longtemps de cette façon. Même les producteurs l’admettent. Après un mois ou deux, il est certain que la plante commencera à dépérir. Essentiellement, après les Fêtes, il est temps de mettre votre mini-poinsettia au compost.

Vous voulez tenter de le conserver malgré tout? Commencez par coupez l’inflorescence (la maintenir draine le peu d’énergie que lui reste; le supprimer stimulera alors la plante se régénérer). Maintenant rempotez la plante dans un pot plus gros: peut-être un pot de 10 (il ne faut jamais passer d’un petit pot à un très grand pot trop rapidement). Commencez à l’arroser de façon normale pour une plante d’intérieur, soit en mouillant complètement la motte de racines par un arrosage abondant, puis en attendant que le terreau soit un peu sec avant d’arroser de nouveau.

Vous pouvez aussi commencer à le fertiliser à partir du mois de mars.

Avec ce nouveau traitement, la plante grossira considérablement, produisant sûrement plusieurs branches. Au cours de la saison, d’ailleurs, il peut falloir la rempoter une deuxième ou même une troisième fois, car la plante prendra beaucoup de volume. Et à l’automne, il faut lui donner un traitement aux jours courts pour stimuler une nouvelle floraison.

Votre poinsettia sera alors non plus un mini, mais un poinsettia de taille normale, avec beaucoup plus de fleurs et sera, de plus, plus facile à maintenir.


Le mini-poinsettia: un défi à maintenir, mais si vous le jugez mignon…!20161204c

Pommetiers aux fruits persistants

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Malus ‘Sugar Tyme’

Les pommetiers (Malus) sont de petits arbres très populaires, surtout utilisés, avec raison, pour leur belle floraison printanière, mais plusieurs ont des attraits supplémentaires, comme un feuillage coloré ou des fruits assez gros pour pouvoir servir en cuisine.

Cependant, mes préférés sont les pommetiers qui prolongent leur intérêt au-delà de la saison de croissance avec des fruits qui persistent l’hiver, souvent jusqu’en mars. Habituellement, ce sont des variétés à petits fruits, mais même si les fruits sont de taille réduite, ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas créer un superbe effet pendant l’hiver… ni attirer les oiseaux frugivores!

Avant de présenter quelques variétés à intérêt hivernal, veuillez noter que j’ai soustrait de la liste suivante les variétés trop sensibles aux maladies, comme la tavelure, le blanc, la rouille et la brûlure bactérienne. Après tout, qui veut planter un arbre ornemental qu’il faut traiter encore et encore avec des fongicides si on veut le maintenir en bon état? àToutes les variétés présentées ici ont au moins une bonne résistance aux maladies courantes des pommetiers, sinon une excellence résistance. (Par «bonne résistance», je veux dire que la maladie est présente, mais ne cause pas des symptômes assez visibles pour mériter un traitement.)

Les pommetiers sont de culture facile, s’adaptant aux emplacements ensoleillés dans tout sol bien drainé et la plupart sont très rustiques. La plupart offrent de plus l’avantage d’être assez bas pour pouvoir se cultiver sous les fils électriques sans nécessiter une taille draconienne.

11 variétés à intérêt hivernal

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Effet hivernal

M. ‘Adams’: port arrondi. Boutons rouges donnant des fleurs roses semi-doubles. Très petits fruits rouges. Curieusement, les oiseaux ne les aiment pas! Dimensions: 6 m x 6 m. Zone 4.

M. ‘Adirondack’: port dressé étroit. Boutons rose foncé, fleurs blanches à marge rose foncé. Fruits rouge orangé. Dimensions: 5,5 m x 3 m. Zone 4.

M. baccata ‘Jacki’: port plutôt dressé. Boutons blanc rosé, fleurs blanches très parfumées. Fruits pourpres. Dimensions: 9 m x 5,5 m. Zone 3.

M. ‘Guinevere’: port arrondi. Fleurs mauves et blanches. Fruit rouge vif. Dimensions: 2,5 m x 4,5 m. Zone 4.

M. ‘Jewelberry’: port arrondi. Fleurs roses. Petits fruits rouges. Dimensions: 4,5 m x 3,5 m. Zone 4.

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Malus ‘Molten Lava’. Photo: Dawes Arboretum

M. ‘Molten Lava’: port légèrement pleueur. Boutons rouge cerise, fleurs blanches. Fruits rouge orangé. Dimensions: 4,5 m x 3,5 m. Zone 4.

M. ‘Prairifire’: port dressé et évasé, éventuellement arrondi. Fleurs rose vif. Feuillage pourpré devant vert rougeâtre. Écorce rougeâtre. Fruits rouge foncé. Dimensions: 6 m x 6 m.

M. sargentii: Port bas et étalé. Abondantes petites fleurs blanches. Petits fruits rouge vif. Dimensions: 2,5 m x 3,5 m. Zone 4.

M. sargentii ‘Tina’: Très petit arbre arrondi greffé sur une tige dressée. Boutons rouges, petites fleurs blanches. Dimensions: 1,5 m x 2 m. Zone 4.

M. ‘Sugar Tyme’: port évasé oval. Boutons rose pâle, fleurs blanches parfumées. Fruits rouges. Dimensions: 5,5 m x 4,5 m. Zone 4.

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Malus x zumi ‘Calocarpa’

M. x zumi ‘Calocarpa’: port large et arrondi. Boutons roses, petites fleurs blanches parfumées. Petits fruits rouge vif. 6 m x 7,3 m. Zone 5.

Bon jardinage!20161203bsugar

 

Comment tuer une orchidée

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Orchidée mal en point.

La floraison des orchidées dure souvent des mois. Pire encore, elles ont tendance à fleurir de nouveau quand on les traite trop bien. C’est donc bien ennuyeux!

Heureusement qu’il est possible de tuer une orchidée si on y met juste un peu d’efforts. Voici comment faire!

1. L’arroser avec un glaçon

C’est la méthode préconisée par les producteurs malhonnêtes et ça fonctionne vraiment! Non seulement les orchidées sont-elles des plantes tropicales qui détestent le froid, mais un glaçon ne fournit pas assez d’eau, donc la plante est toujours stressée par un manque d’humidité. C’est une excellente méthode pour les gens sadiques, car la plante meurt très lentement.

2. Laissez l’orchidée tremper constamment dans l’eau

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Pourriture des racines provoquées pour un arrosage trop assidu.

C’est si facile à faire! De nos jours, les orchidées sont souvent vendues dans des pots transparents placés dans un cache-pot sans trou de drainage. Il s’agit alors de toujours verser abondamment d’eau sur les racines sans jamais vérifier si les racines trempent dans l’humidité par la suite. Surtout, il ne faut jamais vider le cache-pot 15 à 20 minutes après un bon arrosage, sinon votre orchidée risque de durer des années!

3. Arrosez à tous les jours

N’attendez surtout pas que le terreau soit sec au toucher avant d’arroser: les orchidées aiment bien trop ça!

4. Placez-la près d’un radiateur en hiver et surtout, ne faites rien pour augmenter l’humidité ambiante!

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Évitez les plateaux humidifiants!

Il est bien connu que les orchidées aiment l’air humide et que nos maisons sont super sèches en hiver. Il ne faut donc pas se plier aux caprices de votre orchidée en augmentant l’humidité ambiante. Évitez alors les humidificateurs et les plateaux humidifiants, mais une place directement devant un radiateur chaud la tuera en peu de temps.

5. Placez-la dans un coin noir

Les orchidées vivent du soleil comme nous vivons de la nourriture et il n’y a rien de plus sûr pour les tuer que de les affamer! Placez la vôtre au fond de la pièce, dans une salle de bain sans fenêtre, derrière un rideau ou à côté de la fenêtre plutôt que directement devant. Mieux encore, placez-la dans un coin sombre pendant des mois, puis déplacez-la subitement, en plein été, directement devant la fenêtre la plus ensoleillé de la maison. Elle va littéralement brûler! (Hi hi hi!) Évitez surtout les emplacements bien éclairés profitant d’un peu de soleil direct le matin: elle risque de vivre des années!

6. Fertilisez-la massivement

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Appliquez-en de l’engrais!

C’est bien connu que les orchidées ont moins besoin de minéraux pour leur survie que la plupart des autres végétaux et qu’un régime réduit à un quart ou à un huitième de la dose recommandée peut les garder en vie éternellement. Alors, allez-y! Doublez, triplez ou quadruplez la dose d’engrais recommandée. Après tout, si un peu est bien, beaucoup doit être mieux, non? Et appliquez-en souvent! Rien de mieux pour faire crever une petite orchidée incapable de se défendre!

7. Ne rempotez pas ou rempotez au mauvais moment

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Le terreau pour les orchidées, c’est pour les mauviettes! Donnez-leur de la vraie terre de jardin!

Pourquoi rempoter quand, après 2 ou 3 ans, le terreau de votre orchidée commence à ramollir et à retenir trop d’eau? Après tout, vous êtes si près de l’achever! Si vous décidez de la rempoter malgré mon avis, faites-le pendant que la plante est en pleine floraison ou encore, en décembre ou janvier quand elle est à trois quarts endormie. Ainsi le choc risque de la tuer. La pire chose à faire si vous voulez que votre orchidée meure est de la rempoter dans un terreau pour orchidées très aéré. Prenez plutôt de la terre prélevée directement dans votre platebande: dense, compacte et pleine de microbes douteux. Elle lui sera rapidement mortelle.

8. Ne demandez jamais des renseignements auprès d’un expert ni ne consultez un site Web ou un livre dédié aux orchidées quand vous avez des questions ou des doutes

Ces sources semblent dédiées à prolonger la vie des orchidées. Quelle idée! Il ne faut jamais survivre leurs conseils.


Et voilà! Avec un peu de négligence délibérée, n’importe qui est capable de tuer une orchidée. Essayez et vous verrez!

Votre fleur de naissance

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Saviez-vous que vous avez aussi, en plus d’une pierre de naissance, une fleur de naissance? L’idée de relier chaque mois lunaire à une fleur spécifique est une vieille tradition qui est antérieure au christianisme. Elle s’est fixée peu à peu au cours des siècles, notamment suite à l’adoption du calendrier grégorien. Voici ce qu’il en est.

Décembre

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Houx

Il y a deux fleurs de naissance pour décembre, même trois: le houx et le narcisse Paperwhite pour «le reste du monde» et le poinsettia pour les États-Unis.

Le houx (Ilex spp.) n’est pas une fleur, mais un arbuste surtout cultivé pour ses feuilles luisantes et épineuses et ses fruits rouge vif. En fruits, c’est l’un des symboles de Noël les plus connus. Dans le langage des fleurs, le houx est le symbole de l’insensibilité.

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Narcisse Paperwhite

Maintenant, le narcisse Paperwhite (Narcissus papyraceus). Comme il est facile à faire fleurir en pot en décembre, c’est un bon choix de plante d’intérieur temporaire, mais n’essayez pas de le cultiver en pleine terre à moins de vivre sous un climat doux (zone de rusticité 8 à 10): ce bulbe n’est pas rustique dans les régions froides. Ses fleurs blanches fortement parfumées symbolisent la froideur et l’estime de soi.

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Poinsettia

Aux États-Unis, c’est le poinsettia (Euphorbia pulcherimma) qui est la fleur de décembre. Achetez-en un déjà en fleurs et il est facile à maintenir non seulement pendant le mois de décembre, mais même jusqu’au printemps. Il faut surtout assurer un arrosage adéquat, car s’il manque d’eau, les feuilles et les bractées colorées qui composent l’inflorescence tendent à tomber. Le poinsettia est moins facile à faire refleurir, mais si vous voulez essayer, voici comme le faire.

Janvier

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Œillet

La fleur de janvier est l’œillet (Dianthus caryophyllus) qui porte habituellement une fleur double très parfumée et qui peut être une annuelle ou une vivace, selon la lignée choisie. Il ne fleurit pas naturellement en janvier, bien sûr, mais est offert à l’année sous forme de fleur coupée. Selon le langage des fleurs, l’œillet symbolise l’amour, la fierté, la beauté, la pureté, la distinction et la fascination.

Si vous n’aimez pas l’oeillet, l’autre fleur de janvier est le perce-neige (Galanthus nivalis) qui fleurit dès janvier dans certaines régions d’Europe. Il est synonyme d’espoir.

Février

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Violette

Si février est le mois de votre naissance, votre fleur est la violette odorante (Viola odorata). Petite et discrète, mais réputée pour son parfum suave, la violette est une vivace des champs et des bois. Elle est comestible et parfois utilisée dans la fabrication de bonbons alors que les feuilles odorantes sont utilisées en parfumerie. Dans le langage des fleurs, la violette, dont la tête est toujours un peu penchée, est le symbole de la modestie.

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Iris

Autrefois, la violette odorante était couramment forcée en serre pour la production de petits bouquets. Cela se fait encore un peu dans le sud de la France, mais autrement, la violette n’est nullement disponible en février. Aussi les fleuristes lui substituent l’iris (Iris spp.), car il est produit en serre et offert en toute saison pour la fabrication des bouquets. L’iris symbolise la foi, le courage et la sagesse.

Aux États-Unis, c’est la primevère (Primula spp.) qui est la fleur de naissance de février. À cette saison, on peut l’acheter en pleine floraison en pot, mais rares sont les places où il fleurit aussi tôt en pleine terre. Dans le langage des fleurs, elle symbolise la modestie, la distinction et la vertue.

Mars

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Narcisse

La fleur du mois de mars est le narcisse (Narcissus spp.), surtout le narcisse à trompette jaune, faussement appelé jonquille. Ce bulbe bien pérenne qui pousse merveilleusement dans nos jardins est l’une des premières fleurs du printemps et fleurit bien en mars en Europe et dans d’autres régions aux climat modéré, mais, au Canada, fleurit rarement avant la fin d’avril. Heureusement, il est facilement disponible comme fleur coupée en mars.

Le narcisse jaune symbolise la renaissance et les nouveaux commencements ainsi que l’amour non partagé. Le narcisse blanc, par contre, symbolise – vous l’aurez deviné – l’égotisme!

Avril

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Pois de senteur

Les avis sont presque également partagés ce mois-ci entre le pois de senteur (Lathyrus odoratus) et la marguerite (Leucanthemum vulgare).

Le pois de senteur produit des fleurs dans une vaste gamme de couleurs. À l’origine le pois de senteur était comme son nom le suggère, très parfumé, mais la majorité des cultivars modernes sont inodores. C’est une annuelle qu’on sème directement en pleine terre au printemps en vue d’une floraison estivale, mais on peut le forcer en serre pour en avoir en fleurs en avril. Le pois de senteur symbolise la modestie et la simplicité.

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Marguerite

La marguerite, par contre, est une vivace des champs introduite de l’Eurasie et maintenant bien établie dans les prés un peu partout dans les régions tempérées. Les rayons blancs sont censés avoir un certain pouvoir «divinatoire»: qui ne se rappelle pas du jeu où une jeune fille, avec un garçon de prédilection en tête, dénudait une marguerite en répétant «il m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout» à chaque rayon tombé. Évidemment, rendue au dernier rayon, elle avait sa réponse.

La marguerite symbolise l’innocence et la pureté et est la fleur du cinquième anniversaire de mariage.

Mai

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Muguet

C’est le muguet (Convallaria majalis) qui est la fleur du mois de mai. Les clochettes blanches (rarement rose pâle) sont le symbole même du printemps en Europe… mais il fleurit plutôt en juin au Canada. C’est une vivace couvre-sol très rustique… et fortement envahissante. Attention, le muguet est très toxique et ses fruits rouges peuvent attirer les enfants. Le muguet symbolise l’humilité, la chasteté et le bonheur.

En Amérique du Nord, les fleuristes substituent le lis au muguet comme fleur du mois, car il fait un meilleur bouquet! Il symbolise pureté et majesté.

Juin

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Rose

Juin est le mois de la rose (Rosa spp.) et, effectivement, les roses sont à leur meilleur en ce mois, à la fois en Europe et en Amérique du Nord. Les roses se déclinent dans une vaste gamme de couleurs et peuvent être simples, semi-doubles ou doubles, à petites ou grosses fleurs, parfumées ou inodores.

C’est un arbuste ou arbuste grimpant de rusticité variable. On peut trouver des rosiers rustiques comme des rosiers qu’il faut protéger l’hiver: il faut s’en informer à l’achat.

La rose symbolise, en général, l’amour et l’appréciation et est aussi la fleur du 15e anniversaire de mariage, mais chaque couleur de rose a sa propre symbolique : rouge, amour et respect; jaune, autrefois jalousie et infidélité, mais, aujourd’hui, amitié; blanche, innocence, révérence et humilité; rose, grâce, appréciation et gratitude et noire, haine ou mort.

Juillet

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Delphinium

La fleur de naissance de juillet est le pied d’alouette. Il peut s’agir d’un pied d’alouette vivace (Delphinium) ou annuel (Consolida). Tous deux produisent de hauts épis aux fleurs habituellement violacées, mais parfois bleues, blanches, roses ou rouges alors que le feuillage est fortement découpé, rappelant, il faut croire, la patte d’une alouette.

Le pied d’alouette vivace se cultive facilement par semences ou on peut acheter des plants. Il est rustique et vit plusieurs années. Un tuteur est presque toujours nécessaire pour soutenir son épi floral très lourd. Le pied d’alouette annuel, plus petit, est seulement offert par semences qu’il faut semer à l’extérieur, soit à l’automne ou très tôt au printemps.

Dans le langage des fleurs, pied d’alouette signifie «légèreté».

Août

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Pavot d’Orient (Papaver orientale)

C’est un doublé pour le mois d’août, avec deux fleurs de naissance : le pavot et le glaïeul.

Il existe de nombreux pavots, la plupart du genre Papaver, qui peuvent être des annuelles, des bisannuelles ou des vivaces et qui fleurissent, selon leur espèce, au printemps ou à l’été. Les fleurs en forme de coupe ont une texture satinée et froissée et se déclinent dans une bonne gamme de couleurs. La capsule qui reste après la floraison rappelle une salière par sa forme et est souvent récoltée pour en faire une fleur séchée. Le pavot a la réputation de provoquer le sommeil et symbolise donc le sommeil éternel et le néant, mais aussi l’imagination.

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Glaïeul

Quant au glaïeul (Gladiolus), il se cultive chez nous comme plante à floraison estivale, mais, sauf dans les régions au climat très doux, il faut hiverner le bulbe à l’intérieur l’hiver pour pouvoir le conserver d’une année à l’autre. Chaque bulbe (en fait, un corme) produit sept à neuf feuilles linéaires et un épi densément couvert de fleurs plutôt tubulaires offertes dans une vaste gamme de couleurs.

C’est une excellente fleur coupée qui sert à souligner le 40e anniversaire de mariage. C’est son port étroit qui lui a mérité ses noms botanique et commun, car Gladiolus tout comme glaïeul dérivent du mot latin signifiant «glaive» (épée).

Le glaïeul symbolise force de caractère et, dans le langage des fleurs, on l’utilise aussi pour préciser, par le nombre de fleurs portées par l’épi, l’heure d’un rendez-vous galant.

Septembre

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Aster

Si vous êtes né en septembre, votre fleur de naissance est l’aster (Aster et plusieurs autres genres) qui fleurit justement à l’automne, entre septembre et novembre. C’est une vivace à tiges dressées et à feuilles étroites, portant de nombreuses petites fleurs en forme de marguerite dans une vaste gamme de couleurs. Le Canada regorge d’asters sauvages — au moins une quarantaine d’espèces — et il existe beaucoup de variétés cultivées aussi.

L’aster symbolise l’amour, l’élégance et la délicatesse.

Octobre

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Souci

La fleur de naissance d’octobre est le souci (Calendula officinalis) qui rappelle par sa forme générale une marguerite jaune ou orangée. C’est une annuelle à croissance rapide, facile à semer à l’intérieur comme en pleine terre. La couleur orange de ses fleurs déteint sur les mets qu’on prépare et on l’utilise alors pour remplacer le safran, très coûteux, l’appelant parfois le safran des pauvres. Dans le langage des fleurs, le souci symbolise le chagrin, la peine et le désespoir, soit des états bien automnaux!

Novembre

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Chrysanthème

La fleur du mois de novembre est le chrysanthème (Chrysanthemum x morifolium) qui produit d’abondantes fleurs rappelant des marguerites ou des pompons dans une vaste gamme de couleurs. Il fleurit tout naturellement à l’automne.

En France et dans certains autres pays européens, c’est la fleur de la Fête des fidèles défunts (ou tout simplement le Jour des morts) le 2 novembre, le lendemain de la Toussaint. On place des potées de chrysanthèmes sur les tombes à cette date et ainsi, pour bien des Français, le chrysanthème représente la fleur de la mort! C’est tout un contraste dans d’autres pays, comme le Canada, où le chrysanthème s’offre en cadeau en toute saison sans la moindre pensée moribonde. Et en Orient, où l’on dit que le chrysanthème apporte le bonheur et les rires, il est considéré comme la fleur du soleil.

Cette plante est une vivace solidement vivace en Europe, mais de rusticité plus douteuse au Québec: certains chrysanthèmes peuvent pousser en pleine terre au Québec et survivent à l’hiver, alors que d’autres gèlent.

Dans le langage des fleurs, le chrysanthème symbolise l’amitié, l’éternité et l’abondance.


Au prochain anniversaire d’un être cher, pensez à offrir une plante ou un bouquet représentant sa fleur de naissance avec une petite carte expliquant la symbolique. Je pense que vous ferez bien plaisir au destinataire!20161201R.jpg

 

Le romarin comme sapin de Noël

Par défaut
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Romarins taillés en forme de sapin de Noël.

Vous avez sans doute vu, dans une jardinerie ou même un supermarché ou grande surface, de petits sapins de Noël en pot qui sont en fait des plantes de romarin (Rosmarinus officinalis). Comme les feuilles du romarin sont comme des aiguilles, que l’arôme sublime qu’il dégage est presque coniférien et que, de plus, on l’a taillé pour lui donner un port pyramidal, la plante est un véritable sosie d’un sapin de Noël… mais un sosie aux «aiguilles» comestibles. Quelle bonne idée pour la décoration du temps des Fêtes!

Sauf que… très peu de ces sapins romarins vendus en novembre ou au début de décembre survivent jusqu’à Noël. D’ailleurs, la plupart sont déjà mal en point au magasin.

Le pour et le contre du «romarin d’intérieur»

Il faut savoir d’avance que le romarin ne fait pas une très bonne plante d’intérieur. Dans son milieu naturel, soit autour de la Méditerranée, il serait au plein soleil et au frais mais pas au froid pendant la période des Fêtes. Il trouve alors nos maisons très sombres et très chauds. Et aussi l’air y est très sec alors qu’il vit une grande humidité atmosphérique l’hiver dans son milieu naturel: habituellement l’humidité relative s’y maintient à 60% et plus alors que, dans bien des maisons, il est plus près de 10%.

Cela dit, si vous choisissez bien votre plante et la placez correctement à la maison, il est possible de non seulement la maintenir en bon état jusqu’à Noël, mais même pendant tout l’hiver.

Comment choisir un sapin romarin

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Si le terreau est couvert de feuilles tombées, ce n’est pas bon signe.

Le facteur le plus important est le choix d’une plante en santé. Tristement, les sapins romarins sont souvent déjà en piètre état avant l’achat. Si les plantes que vous voyez sont asséchées, perdent des feuilles ou si le terreau est jonché de feuilles tombées, laissez-les en magasin: elles sont déjà en train de mourir. Même un terreau très sec au toucher un mauvais signe: la plante est peut-être déjà en détresse, mais ne le montre pas encore. Le terreau devrait être humide, mais pas détrempé.

Idéalement vous acheteriez votre sapin romarin dès son arrivée en magasin, surtout s’il s’agit d’un supermarché ou d’une grande surface (les jardineries, au moins, savent bien entretenir leurs végétaux en attendant la vente!): on peut au moins présumer que ces plantes fraîchement livrées n’ont pas encore commencé leur déclin!

S’Il fait moins de 5˚C à l’extérieur, faites bien emballer la plante avant de la rapporter. Encore, les supermarchés et les grandes surfaces ne savent pas bien emballer les végétaux. Il ne faut pas que les feuilles soient exposées au froid du tout, donc la plante doit être complètement couverte. Souvent il faut placer le pot dans un sac et couvrir la tête de la plante avec un deuxième sac. N’acceptez rien de moins!

Et ne laissez pas la plante dans une auto froide pendant que vous continuez vos achats. Retournez à la maison sans tarder avec votre nouveau bébé.

À la maison

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Le romarin a besoin de beaucoup de soleil.

Si vous voulez que votre sapin romarin dure longtemps, il ne faut pas le placer en vedette au centre de la pièce: il doit aller directement dans l’emplacement le plus ensoleillé et le plus frais que vous avez, donc près d’une grande fenêtre, de préférence à moins de 15˚C la nuit. Placez-le sur un plateau humidifiant ou ouvrez un humidificateur pour augmenter l’humidité ambiante.

Si le pot est emballé d’un couvre-pot décoratif, il faut soit l’enlever ou percer un trou dans le fond afin de laisser sortir tout surplus d’eau, sinon la pourriture est presque assurée.

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Vous pouvez décorez votre sapin romarin pour le temps des Fêtes.

Vous voulez le décorer pour le temps des Fêtes? Allez-y, ça ne dérange pas… tant que vous utilisez des guirlandes DEL qui ne dégagent pas de chaleur.

Si l’air dans votre maison est chaud et sec, le terreau de votre romarin séchera rapidement. Il faudrait peut-être l’arroser deux fois par semaine. Attendez que le terreau soit sec au toucher, puis arrosez bien, imbibant toute la motte. Ne laissez pas le pot tremper dans l’eau de la soucoupe, par contre.

Ne fertilisez pas votre plante à cette saison: elle est en mode «survie» pendant l’hiver.

Surveillez les tétranyques (araignées rouges) et s’ils se présentent, donnez une bonne douche au feuillage (dans l’évier ou le bain) pour enlever les fils et les mites.

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Chez le romarin, le blanc paraît presque ornemental au début, mais la plupart des feuilles atteintes meurent par la suite.

Malheureusement, à cause de la mauvaise circulation de l’air à l’intérieur pendant l’hiver, le blanc, une maladie fongique qui fait que les feuilles semblent se couvrir d’une poussière blanche poudreuse, est très fréquent chez le romarin. Pour réduire son effet, passez les branches sous la douche pour un maximum de spores, puis vaporiser du neem ou un autre fongicide sur le feuillage pour empêcher la maladie de réapparaître. Vous aurez probablement à supprimer des tiges mortes aussi. Le romarin se remet du blanc, mais la maladie entraîne souvent une perte de symétrie qu’il est difficile de corriger.

Au printemps et à l’été

Quand les journées rallongent pour la peine, normalement en mars, vous verrez que votre romarin commencera à produire de nouvelles feuilles. C’est le moment pour le rempoter dans un pot de plus grande dimension (il était probablement cultivé dans un pot trop petit à l’origine, question de réduire les coûts de transport). Tout terreau pour plantes d’intérieur conviendrait.

Vous pouvez fertiliser en douceur (le romarin n’est pas «gourmand») dès que sa croissance reprend. Tout engrais que vous aurez sous la main serait approprié: appliquez-le selon la fréquence recommandée sur le mode d’emploi, mais à 1/8e de la dose préconisée.

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Une taille régulière est nécessaire pour maintenir la forme de votre sapin romarin.

Il faut penser le tailler aussi. La forme pyramidale qu’il avait à l’achat n’est pas naturelle: son port véritable est plutôt évasé. Il faut donc réduire la longueur des branches qui dépassent la forme d’origine. Répétez au 3 ou 4 semaines pendant toute la saison de croissance. Évidemment, toute partie taillée peut servir en cuisine!

Quand arrive l’été, placez votre romarin à l’extérieur. À l’ombre pendant 2 ou 3 jours, puis la mi-ombre pendant 2 ou 3 jours, avant de le placer au plein soleil. Continuez les arrosages en faisant plus attention: une plante en pot cultivée en plein air sèche plus rapidement qu’une plante d’intérieur. Le but est le même: le terreau doit être toujours un peu humide, jamais complètement sec ni détrempé.

Notez que les romarins taillés sévèrement afin de conserver une forme pyramidale fleurissent rarement. Si vous laissez votre romarin reprendre sa «forme naturelle», par contre, il est possible qu’il produise de belles petites fleurs bleu pâle.

À l’automne

À moins que vous ne restiez sous un climat très doux (zone 9 ou plus), rentrez votre plante en septembre, la plaçant au soleil, et recommencez le régime recommandé pour le premier Noël: arrosages au besoin et humidité accrue. Voir À la maison ci-dessus pour plus de détails.


Avec de bons soins, vous pourrez conserver votre romarin pendant de nombreuses années.20161130C.jpg