Cactus ou euphorbe?

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Si vous cultivez des cactus et succulentes, vous avez probablement quelques euphorbes mélangées à travers les cactus. Source: mashtalegypt.com, montage: jardinierparesseux.com

Dans le monde des plantes succulentes, c’est-à-dire des plantes qui stockent de l’eau dans leurs tiges ou leurs feuilles enflées afin de pouvoir survivre aux conditions de grande aridité, il y a deux familles différentes que les jardiniers confondent souvent: les Cactacées (nombreux genres de cactus) et les Euphorbiacées (presque exclusivement le genre Euphorbia). En fait, beaucoup de gens appellent simplement toutes les euphorbes succulentes «cactus», sans comprendre que ce sont des plantes au bagage génétique très différent.

Les cactus et les euphorbes ont quand même des choses en commun : la plupart ont des tiges succulentes plutôt que des feuilles succulentes, sont épineux et viennent dans une vaste gamme de formes. Ils sont tellement semblables à bien des égards que la confusion est compréhensible, mais en fait ils ne sont pas plus apparentés que le chien et le chat.

Le chien et le chat sont tous deux des mammifères, sont couverts de poils, ont des dents pointues et sont carnivores, mais peu de gens confondraient un chien avec un chat. Si vous êtes jardinier, vous devriez vraiment apprendre à distinguer une euphorbe d’un cactus. Une fois que vous connaîtrez la différence, vous ne les confondrez plus jamais.

Convergence évolutive

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Suite à la convergence évolutive, de nombreux cactus et euphorbes ont pris le même chemin évolutionnaire et ont fini par se ressembler. Source: http://www.kajuard-plantes.com & http://www.uhlig-kakteen.de

La ressemblance entre les euphorbes et les cactus est un exemple de convergence évolutive. Les deux familles différentes ont évolué dans des conditions similaires — sous une extrême aridité — et ont alors adopté des tactiques de survie similaires, ce qui a engendré beaucoup de similitudes. Malgré cela, elles ont aussi leurs différences.

Comment les distinguer

Voici quelques trucs pour distinguer un cactus d’une euphorbe.

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Une aréole coussinée, avec ou sans épines, est un signe certain d’un véritable cactus. Source: http://www.krypton.ovh

  1. Les cactus ont des aréoles. Ce sont de petites excroissances duveteuses à partir desquelles poussent les épines, les nouvelles ramifications et les fleurs. Elles peuvent être blanches, beiges ou jaunes, mais sont présentes sur tous les cactus. Aucune autre famille de plantes n’a des aréoles. Donc, si vous regardez de près une plante succulente qui ressemble à un cactus et ne voyez aucune aréole, comme c’est le cas avec les euphorbes, cette plante n’est certainement pas un cactus! La présence ou l’absence d’aréoles est de loin la façon la plus simple de distinguer les deux.

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    Les épines d’Euphorbia, généralement simples ou appariées, font partie de la tige et sont difficiles à enlever. Les épines de cactus forment souvent un cercle et se détachent facilement.

  2. Les épines* des euphorbes font partie intégrante de la tige de la plante : vous ne pouvez pas les casser sans blesser la plante et faire couler de la sève. Elles sont généralement uniques ou jumelées et sont coriaces et épaisses. Les épines des cactus* sont souvent plus minces et se détachent assez facilement, sans provoquer de blessures très apparentes sur la plante. D’ailleurs, certaines sont conçues pour se détacher et pénétrer la peau des animaux prédateurs pour les repousser. Les épines des cactus forment souvent un cercle à l’extrémité de l’aréole, bien qu’il puisse aussi y avoir des épines plus longues au centre du cercle ou encore, une, deux ou trois épines placées de façon aléatoire plutôt qu’en rond. Elles proviennent toujours des aréoles en forme de petit coussin mentionnées ci-dessus.
*Notez qu’il existe à la fois des euphorbes et des cactus sans épines, de sorte que l’absence ou la présence d’épines ne constitue pas en soi une façon de distinguer les deux.
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Les euphorbes produisent une sève blanche laiteuse, ce que font rarement les cactus. Source: Norman E. Rees, USDA ARS

  1. Les euphorbes produisent une sève laiteuse si vous les blessez. Il s’agit d’un latex collant, souvent toxique ou irritant pour la peau, presque toujours blanc (il n’y a qu’une seule espèce à sève jaune, Euphorbia adbelkuri). La plupart des cactus ont une sève claire et rarement irritante, bien qu’il y existe quelques cactus à sève blanche, dont quelques mamillaires (Mammillaria spp.).

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    Les fleurs de cactus sont très variées et généralement colorées. La véritable fleur de l’euphorbe ci-dessus se trouve au centre et est tout à fait banale; elle n’est rendue attrayante que par les bractées colorées qui l’entourent. Source: Florence Rogers, Nevada Public Radio & http://www.backyardnature.net

  2. Les fleurs de cactus sont généralement voyantes et colorées, avec des organes typiques de fleurs, y compris des pétales et de nombreuses étamines. Notez aussi où elles sont placées sur la plante: elles poussent toujours à partir d’une aréole coussinée. Les fleurs d’euphorbe ont tendance à être petites et jaunes, sans pétale et généralement assez insignifiantes, bien que chez certaines espèces, et notamment chez la couronne d’épines (Euphorbia milii), elles soient entourées de feuilles modifiées appelées bractées qui peuvent être très colorées. Jamais les inflorescences d’euphorbe ne sont fixées à une aréole duveteuse.
* Attention! Des producteurs de cactus sans scrupules collent souvent de fausses fleurs sur des cactus avec un pistolet à colle. Si la fleur d’un cactus ne se développe pas à partir d’une aréole et que vous voyez une goutte de colle en dessous, vous avez été floué!
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De nombreuses euphorbes, comme cette euphorbe trigone (Euphorbia trigona), portent des feuilles sur leurs tiges succulentes. Peu de cactus en possèdent. Source: http://www.plantandpot.nz

  1. Les cactus sont presque toujours sans feuilles, au moins à l’âge adulte (tous portent deux cotylédons à la germination, toutefois). Il y a seulement quelques exceptions : les plantes du genre Pereskia, qui ne ressemblent pas du tout à des cactus de toute façon, et quelques Opuntia, par exemple, portent des feuilles à l’âge adulte. En revanche, de nombreuses euphorbes à tiges succulentes portent quand même des feuilles. Si vous voyez des feuilles sur une succulente à tige épaisse qui ressemble autrement à un cactus, il y a de très bonnes chances que ce soit une euphorbe.
  2. Les cactus ont évolué dans le Nouveau Monde. On les trouve donc à l’état sauvage en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Amérique centrale, ainsi que dans les Caraïbes. (Il n’y a qu’une seule espèce, Rhipsalis baccifera, qui est originaire d’Afrique et du Sri Lanka.) Les euphorbes succulentes, par contre, ont évolué dans l’Ancien Monde, principalement en Afrique, au Madagascar et dans les régions plus sèches d’Asie, et s’y trouvent dans la nature. En visitant le Nouveau Monde, vous pouvez présumer que les «cactus» que vous voyez sont des vrais alors que les plantes qui ressemblent aux cactus dans l’Ancien Monde sont probablement des euphorbes… ou d’autres plantes à tiges succulentes (peut-être des Alluaudia, des Didiera ou des Stapelia, par exemple). Par contre, certains cactus, notamment dans le genre Opuntia, se sont échappés de la culture pour devenir des espèces envahissantes dans d’autres parties du monde.

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    Toutes ces euphorbes font partie du genre Euphorbia, mais les cactus présentés ci-dessus appartiennent à plusieurs genres différents, dont Mammillaria, Trichocereus, AstrophytumOpuntia et Cereus. Source: lonelyplant_ph, deskgram.net & http://www.ebay.co.uk

  3. Les Euphorbia ne composent qu’un seul genre dans une famille plus vaste, les Euphorbiacées… mais c’est tout un genre, car il existe plus de 2 000 espèces d’Euphorbia, y compris plusieurs plantes d’intérieur populaires telles que l’euphorbe candélabre* (Euphorbia lactea), la plante crayon (E. tirucalli) et la couronne d’épines (E. milii). Les cactus, par contre, composent une famille de plantes: les Cactacées. La famille contient également environ 2 000 espèces, mais est divisée en 175 genres, dont Opuntia, Echinocactus, Mammillaria et Cereus.
*En fait, on l’appelle plutôt cactus candélabre, mais il faut vraiment éviter cet usage!

Voilà! Il n’est pas si difficile de différencier les euphorbes des cactus quand on regarde attentivement. La présence d’une aréole (cactus) ou l’absence d’une aréole (euphorbe) devrait désormais faire en sorte que vous ne confondrez plus jamais les deux. Vous serez peut-être même surpris de découvrir que quelques-uns de vos «cactus» préférés sont en fait des euphorbes!

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Pomme : la Délicieuse enfin détrônée

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Pomme ‘Red Delicious’. Source: http://www.starkbros.com

La pomme Délicieuse rouge (officiellement ‘Red Delicious’, car les noms de cultivars ne se traduisent pas) fut pendant plus de 50 ans la pomme la plus vendue aux États-Unis, mais son règne est désormais terminé. «Seulement» 51,7 millions de pommes Délicieuse rouge seront vendues en 2018, une baisse de 10,7%, alors que la ‘Gala’ la dépassera avec 52,4 millions, une hausse de 5,9%. Déjà, les Américains commencent à bouder la Délicieuse rouge depuis une dizaine d’années et le gros de la production est maintenant vendu à l’étranger, mais ils adorent la ‘Gala’. Les producteurs n’arrivent pas à en produire assez alors une bonne partie des pommes ‘Gala’ consommées aux États-Unis est importée. Quant à la Délicieuse rouge, les vergers s’en débarrassent peu à peu et la remplacent par d’autres variétés.

Le problème de base est que la Délicieuse rouge n’est pas si délicieuse. C’est une pomme physiquement très attrayante, parfaitement rouge, et sa peau, épaisse et coriace, quasiment cirée, fait que c’est une excellente pomme pour le transport et la conservation. Mais le goût? Pas si extraordinaire… du moins, pas sous la forme offerte sur le marché.

Histoire d’une pomme pas si délicieuse

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Le vrai nom de la première pomme ‘Red Delicious’ était ‘Hawkeye’. Elle ressemble peu à la ‘Red Delicious’ que nous connaissons. Source: www.treesofantiquity.com

La Délicieuse rouge que nous connaissons aujourd’hui est apparue comme mutation sur la ‘Delicious’ (originalement ‘Hawkeye’), qui avait été renommée ‘Red Delicious’ en 1914 pour la distinguer de la ‘Golden Delicious’ (Délicieuse jaune ou Golden) quand cette dernière est arrivée sur le marché. Mais à cette époque, la nouvellement renommée ‘Red Delicious’ n’était pas encore parfaitement rouge, mais plutôt rouge strié jaune.

En 1923, un arboriculteur de l’État du New Jersey rapporta un cas bizarre. Une branche sur une de ses ‘Red Delicious’ produisait des pommes qui rougissaient hâtivement, avant que le fruit ne soit complètement mûr, alors que les autres pommes sur l’arbre étaient encore vertes. Et le fruit était parfaitement rouge, sans striures jaunes. Un représentant de la pépinière Stark Brothers paya 6 000$ (une fortune à l’époque) pour la branche et la pépinière s’est mise à la multiplier… massivement!

Moins de vingt ans plus tard, dès 1940, la nouvelle ‘Red Delicious’ était la pomme la plus populaire aux États-Unis. Pourquoi? C’est qu’il était possible de la récolter immature, mais complètement rouge. Or, les fruits immatures, à la peau plus épaisse, voyagent mieux que les fruits mûrs, sujets aux meurtrissures. Aussi, leur durée de conservation est énormément prolongée : on peut encore les vendre 9 mois après la récolte, une bénédiction pour les producteurs! Par contre, leur goût est beaucoup moins sucré, leur peau est amère et leur texture est dure.

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La ‘Red Delicious’ se caractérise non seulement par sa coloration très rouge, mais par les cinq «pointes» à sa base. Source: www.threespringsfruitfarm.com

Une Délicieuse rouge mûrie à point et fraîchement récoltée d’un arbre est effectivement délicieuse… mais la Délicieuse du supermarché, rouge à l’extérieur, mais «verte» (immature) à l’intérieur, est à peine mangeable. Pourtant, pendant longtemps, c’était la seule pomme bon marché offerte dans les supermarchés américains. L’historien de la pomme, Tom Burford, appelle la ‘Red Delicious’ «la plus importante faiseuse de compost au pays», car les consommateurs l’achetaient, mais n’en mangeaient qu’environ deux sur trois : un tiers finissait à la poubelle. En un mot, Maman en mettait une dans le sac-repas, fiston la jetait rendu à l’école.

Mais le glas a déjà sonné pour la ‘Red Delicious’ et ce, depuis les années 1990. C’est alors que les consommateurs ont commencé à se montrer prêts à payer plus cher pour des pommes importées de meilleur goût (notamment des ‘Gala’ et des ‘Fuji’), abandonnant peu à peu l’insipide ‘Red Delicious’. Maintenant produites localement, la ‘Gala’, la ‘Fuji’, la ‘Granny Smith’ et la ‘Honeycrisp’ gagnent annuellement plus d’espace sur le marché américain alors que la Délicieuse s’en va au diable.

Ailleurs dans le monde

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La ‘Gala’ : l’étoile montante dans l’univers de la pomme. Source: www.specialtyproduce.com

En France, c’est la ‘Golden Delicious’ (appelée tout simplement Golden et, en fait, nullement apparentée à la ‘Red Delicious’) qui est la pomme la plus populaire, suivie de la ‘Gala’ et de la ‘Granny Smith’. On y connaît peu la ‘Red Delicious’. La ‘Red Delicious’ est encore couramment vendue au Canada, mais est peu produite localement. On l’importe des États-Unis. D’ailleurs, au Canada, notre préférée demeure la ‘Macintosh’, mais la ‘Gala’ la talonne maintenant de près et même domine en Colombie britannique alors que la ‘Cortland’ est populaire partout et que la ‘Honeycrisp’ est très tendance.


Adieu, Délicieuse rouge… mais avec un choix de plus de 7000 variétés de pomme, je ne pense pas que nous aurons de la difficulté à te remplacer!

Embrassez votre ficus: c’est la Semaine nationale des plantes d’intérieur!

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À chaque année, pendant la troisième semaine de septembre, se tient la Semaine nationale des plantes d’intérieur. En 2018, c’est du 17 au 23 septembre. L’événement a été créé pour promouvoir l’importance des plantes vivantes dans les espaces intérieurs et pour y sensibiliser le public. Et je suis tout à fait en faveur de ça! Pour l’amateur passionné de plantes d’intérieur que je suis depuis mon enfance (j’ai écrit mon premier article sur les plantes d’intérieur à l’âge de 14 ans!), les plantes d’intérieur font tellement partie intégrante de ma vie que je ne peux pas m’imaginer vivre sans elles.

La Fête des plantes d’intérieur… partout!

La Semaine nationale des plantes d’intérieur a été instaurée en 2007 par une association américaine de spécialistes en aménagement intérieur. Cette dernière a choisi le nom de National Indoor Plant Week (www.nationalindoorplantweek.com), mais personnellement, je pense qu’elle devrait le changer pour Semaine internationale des plantes d’intérieur, car il n’y a aucune raison pour que cette idée ne dépasse pas les frontières des États-Unis.

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Source: foliadesign.ca

La Semaine nationale des plantes d’intérieur a été créée pour sensibiliser le public à l’importance des plantes d’intérieur et à leurs nombreux bénéfices. Parmi eux, il y a d’abord le nettoyage et l’oxygénation de l’air que nous respirons. «L’oxygène arrive avec les plantes» est une des devises de l’association. Aussi, les statistiques prouvent que les plantes d’intérieur améliorent le moral au travail et à la maison. Il suffit de voir une plante dans son milieu de travail ou dans sa demeure pour se sentir un peu plus heureux.

Des études scientifiques ont été menées pour mesurer le lien entre l’installation de plantes dans les bureaux et l’amélioration de la santé physique. Les améliorations de la santé ont été notables: les résultats de ces études démontrent une forte réduction de la fatigue, des maux de tête et de la toux chez les employés ainsi qu’une augmentation du bien-être en général.

En outre, de nombreuses études ont démontré que les plantes ont un impact psychologique positif sur les humains. Selon une étude récente, les employés exposés aux plantes d’intérieur sont plus enthousiastes vis-à-vis de leur travail et dégagent davantage d’émotions positives telles que le bonheur, la convivialité et l’affirmation de soi.

C’est la fête… et vous pouvez participer!

Comment participer à cette fête? Les professionnels de l’industrie (décorateurs d’intérieur, serres, fleuristes, etc.) peuvent organiser un don de plantes: ils le font à chaque année dans les villes américaines (7 000 plantes d’intérieur seront distribuées gratuitement à Chicago cette année, par exemple!). Pouvez-vous imaginer l’enthousiasme suscité chez les citadins pour les plantes d’intérieur quand on leur en offre une sans frais avec un petit dépliant expliquant son entretien?

Pour les jardiniers amateurs comme vous et moi, la Semaine nationale des plantes d’intérieur est une bonne occasion pour nous acheter une nouvelle plante ou pour en donner une à un ami ou à un voisin.

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Donnez à vos plantes d’intérieur une attention toute spéciale pendant la Semaine nationale des plantes d’intérieur. Source: www.midlandshealthyliving.com

Ou encore, pensez à profiter de la Semaine pour donner quelques bons soins à vos plantes d’intérieur actuelles. Pourquoi ne pas leur offrir une bonne douche pour enlever la poussière qui s’est accumulée sur leurs feuilles? Ou encore, pourquoi ne pas rempoter une plante qui est dans le même pot depuis des années? Et si vous habitez l’hémisphère Nord, sachez qu’il est assurément temps de rentrer à l’intérieur celles qui ont passé l’été en plein air, car les nuits froides de l’automne arrivent.

Peu importe le nombre de plantes d’intérieur que vous avez déjà, les cultiver est tellement bon pour vous à tant de niveaux que, dans le fond, vous avez réellement besoin d’au moins une — et peut-être plusieurs! — plante de plus.

Tenez-vous le pour dit : vous méritez une plante d’intérieur aujourd’hui! Ne vous gênez pas pour vous en procurer une!

 

L’automne: le moment de la triste rentrée pour les plantes d’intérieur grimpantes

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Mon cissus rose (Cissus adenopoda, maintenant Cyphostemma adenopoda) qui essaie de prendre le contrôle d’une épinette. Source: jardinierparesseux.com

C’est en septembre que je dois rentrer dans la maison toutes les plantes d’intérieur que j’avais mises en plein air pour l’été… et celles qui sont les moins heureuses de ce retour à l’intérieur sont les plantes grimpantes.

Je suspends leurs paniers dehors pour l’été dans les branches des différents arbres de mon terrain… et elles adorent ça! Après de longs mois à l’intérieur, où leurs tiges n’ont pas eu d’autre choix que de pendre mollement vers le bas, faute d’autre support, elles peuvent enfin faire ce qu’elles veulent vraiment et grimper vers le ciel. Ainsi, elles se fixent rapidement aux branches de leurs arbres hôtes et commencent à s’y hisser.

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Mon dischidia blanchâtre (Dischidia albida) envahit massivement mon pommier. Source: jardinierparesseux.com

Certaines ont des vrilles ou des tiges qui s’enroulent autour des branches, d’autres se collent sur l’écorce grâce à des racines adhésives, des ventouses ou des crochets. Des années de culture à l’intérieur n’ont pas brimé leur vraie nature et elles s’adaptent joyeusement à leur nouveau mode de vie aérien.

Puis vient l’automne et le retour à la vie domestique à l’intérieur. Je ne prends même plus la peine d’essayer de démêler les tiges entrelacées: je sais par expérience que cela ne fait que les briser. Je coupe tout simplement, au sécateur, toutes les tiges fixées à l’arbre et rentre les plantes à l’intérieur, fraîchement rasées.

Les grimpantes veulent grimper

Quelles plantes grimpent si vigoureusement pendant leur séjour estival à l’extérieur?

D’abord, il s’agit uniquement de plantes naturellement grimpantes, des vignes si vous voulez.

Beaucoup des plantes que nous cultivons en paniers suspendus ne sont pas vraiment des plantes grimpantes. Plantes araignées ou phalangères (Chlorophytum comosum), fougères de Boston (Nephrolepsis exalata ‘Bostoniensis’), sédums queue d’âne (Sedum morganianum) : voilà des plantes qui sont très jolies en suspension, mais qui n’ont pas les organes nécessaires pour grimper. Ce sont des plantes retombantes, pas grimpantes.

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Mon hoya d’amour (Hoya kerrii ‘Variegata’) a produit une tige longue de 2 m cet été, tige qu’il faudra que je supprime. À l’intérieur, il pousse rarement de plus de 15 cm par année! Source: jardinierparesseux.com

Par contre, les cissus (Cissus spp.), avec leurs vrilles spiralées, grimpent véritablement, ainsi que les mandevillas (Mandevilla spp.), avec leurs tiges volubiles. Même les hoyas (Hoya spp.) et leurs proches parents, les dischidias (Dischidia spp.), pourtant à croissance si lente dans la maison, se réveillent en plein air et se mettent à grimper avec vigueur.

Curieusement, les aracées grimpantes, comme les divers philodendrons (Philodendron spp.) et pothos (Epipremnum spp.), semblent réticentes à reprendre leur vie de vigne et retombent tout simplement vers le bas tout l’été. Je dois quand même les «raccourcir» à la rentrée, car leurs tiges poussent rapidement en plein air et deviennent alors trop longues. Après tout, je ne veux pas de plantes dont les tiges courent sur le plancher de mon salon!

C’est un peu la fermeté affectueuse que j’applique à ces plantes. Je sais qu’elles détestent être taillées, mais ce sont des plantes tropicales, incapables de tolérer même un soupçon de gel, et elles ne peuvent tout simplement pas résider en plein air en permanence, pas dans mon climat aux hivers si froids. Alors, je supprime ce qu’il faut et les rentre dans la maison.

Je suis certain que ces plantes passent l’hiver à rêver à leur retour aux sublimes conditions d’extérieur de l’été prochain!

Le nicandre : la plus jolie annuelle que vous n’avez jamais plantée

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Jacinthe avec son nicandre. Source: Jacinthe Emond

Question : Pouvez-vous identifier cette belle grande plante? Elle est apparue dans ma plate-bande toute seule; je ne l’ai jamais plantée.

Jacinthe Emond

Réponse : Il s’agit d’un nicandre faux-coqueret ou, tout simplement, nicandre (Nicandra physalodes). C’est ce que j’appelle une belle d’autrefois: une plante bien connue de nos grands-parents, mais qu’on voit rarement dans les jardins modernes. Toutefois, elle se ressème et les graines égarées peuvent facilement voyager d’un terrain à un autre, transportées par les oiseaux. Ainsi, le nicandre s’est maintenu comme plante spontanée, apparaissant çà et là dans les champs et les jardins jusqu’à nos jours.

Le nicandre est originaire de la cordillère des Andes, en Amérique du Sud, mais est bien établi sur tous les continents comme plante adventice. D’ailleurs, il semble être en recrudescence : je reçois beaucoup de questions à son sujet.

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Fleur de nicandre. Source: Boronian, Wikimedia Commons

C’est une grande annuelle de 90 à 150 cm de hauteur, même 250 cm quand on lui laisse assez d’espace. Le nicandre produit des fleurs violettes en forme de cloche qui éclosent de juin ou juillet à septembre ou octobre. Les feuilles sont grandes (jusqu’à 30 cm de longueur), vert foncé à marge très dentée. Les fleurs à l’odeur musquée sont réputées éloigner les aleurodes* (mouches blanches), d’où le nom anglais «shoofly plant» (plante chasse-mouches). Les anglophones l’appellent aussi «apple of Peru» (pomme du Pérou) à cause de ses fruits ronds.

*Réputation sûrement surfaite, car on trouve parfois des larves d’aleurodes au revers des feuilles.

Après la floraison se forme un calice enflé vert qui rappelle celui du coqueret (lanterne chinoise), Physalis alkekengi, ou encore, de la cerise de terre, P. pruinosa, deux plantes du genre voisin Physalis, les trois plantes appartenant à la famille des Solanacées. On peut faire sécher les calices de nicandre pour utilisation dans les arrangements floraux.

À la différence de la cerise de terre, comestible, le fruit du nicandre serait toxique, comme ses feuilles d’ailleurs. Malgré cette toxicité supposée, les graines et les feuilles de nicandre sont consommées dans certaines parties du monde et on attribue à la plante plusieurs utilisations médicinales.

Comment le cultiver

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Calice de nicandre, probablement du cultivar ‘Violacea’ étant donné sa coloration pourprée. Source: www.aphotoflora.com

Si le nicandre ne se présente pas spontanément chez vous, vous pouvez l’acheter sous forme de semences, offertes dans certains catalogues.

Sachez que, curieusement, le meilleur moment pour semer le nicandre est à l’automne, car les graines germent mieux après un traitement à températures basses. Sinon, on peut le semer en pleine terre tôt au printemps, quand le sol est encore frais ou, pour une plante d’extra grande taille, à l’intérieur 4 à 6 semaines avant la date du dernier gel dans des pots biodégradables (recommandés pour ne pas endommager les racines fragiles lors du repiquage).

Semez sans recouvrir les semences, qui ont besoin de lumière pour germer. Cultivez la plante dans un emplacement ensoleillé ou, à la rigueur, mi-ombragé, dans tout sol bien drainé, même pauvre. Après tout, le nicandre est une mauvaise herbe : pensez-vous qu’il ait besoin d’un sol de jardin parfait?

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Une branche particulièrement panachée du cultivar ‘Splash of Cream’. Source: normsnursery.blogspot.com

C’est souvent le cultivar ‘Violacea’, aux fleurs de couleur plus foncée et aux calices pourprés, qu’on voit, non seulement dans les catalogues, mais même spontanément dans les jardins. La variété ‘Splash of Cream’, aussi offerte, présente un feuillage panaché irrégulièrement picoté de jaune pâle.

Sources

Voici quelques catalogues qui offrent des semences de nicandre :

La société des plantes
Semences Solana
Semailles
Chiltern Seeds


Le nicandre: une belle d’autrefois, certes, mais toujours aussi jolie au 21e siècle!

Les plantes d’intérieur qui aiment passer l’automne à l’extérieur

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La plupart des cactées aiment passer l’automne en plein air, mais attention, pas nécessairement les autres succulentes! Source: succulentgarden.blogspot.com & http://www.kisspng.com, montage: jardinierparesseux.com

Il est important de rentrer assez tôt les plantes d’intérieur qui ont passé l’été en plein air, souvent dès le début de septembre. C’est que la vaste majorité de ces végétaux sont des plantes tropicales et n’apprécient pas le refroidissement graduel des nuits d’automne. Elles préfèrent être rapatriées avant que les nuits ne deviennent froides.

Même des nuits à 15 °C, surtout si elles se répètent et que le terreau commence aussi à refroidir, peuvent causer des réactions négatives : arrêt de croissance, chute des fleurs, avortement des boutons floraux, feuillage qui jaunit et tombe, etc.

Certaines plantes aiment la fraîcheur

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Le clivia est parmi les plantes d’intérieur qui apprécient un automne frais. Source: archluther.com

Eh bien, on dit qu’il y a des exceptions à toute règle et c’est aussi le cas ici. Il existe une petite minorité de plantes d’intérieur qui ne sont pas vraiment d’origine tropicale, mais plutôt subtropicale. Autrement dit, dans leur milieu d’origine, elles subissent des températures fraîches une partie de l’année, sans toutefois être touchées par le gel.

Ces plantes, contrairement aux autres, préfèrent passer l’automne à l’extérieur et tolèrent des températures aussi basses que 1 °C. Rentrez-les seulement quand on annonce du gel et, même quand vous les rentrez, conservez-les si possible dans un emplacement frais (moins de 15 °C) durant l’hiver.

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Un automne de fraîcheur aide à stimuler la formation de boutons floraux chez l’azalée de l’Inde (Rhododendron simsii). Source: www.plantslive.in

Dans cette catégorie, on trouve l’azalée de l’Inde (Rhododendron simsii), certaines orchidées (notamment les Cymbidium), le cactus de Noël (Schlumbergera spp.), la plupart des autres cactées, le clivia (Clivia spp.) et le lis du Nil (Agapanthus). D’ailleurs, laisser ces plantes à l’extérieur plus longtemps tend à stimuler une meilleure floraison quand vous les rentrez enfin… en octobre, voire même en novembre.

Enfin, peu importe quand vous rentrez vos plantes, voici comment le faire sans rentrer aussi des insectes indésirables : Pour une rentrée sans insectes.

Tulipes rouges pour le Parkinson

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La tulipe rouge est le symbole de la maladie de Parkinson. Source: wallpaper.wik

Saviez-vous que la tulipe rouge est le symbole de la maladie de Parkinson? Cette maladie dévastatrice du système nerveux affecte environ 7 à 10 millions de personnes à travers le monde, dont 100 000 personnes au Canada et 200 000 en France, et d’ailleurs va en augmentant. Les spécialistes prévoient que le nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson doublera d’ici 2042.

La tulipe rouge a été adoptée comme symbole mondial de la maladie de Parkinson à l’occasion de la 9Journée-conférence sur la maladie de Parkinson tenue au Luxembourg le 11 avril 2005. Le lien est que la tulipe pousse à partir d’un bulbe et que la maladie affecte le bulbe rachidien de notre cerveau.

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La tulipe Triomphe ‘Doctor James Parkinson’. Source: mijikam, http://www.pinterest.ca

Il existe d’ailleurs une véritable tulipe ‘Doctor James Parkinson’, une tulipe Triomphe rouge à marge blanche nommée pour le médecin anglais qui a décrit la maladie en 1817, mais ce bulbe est rarement disponible. De toute façon, c’est la tulipe rouge qui a été choisie comme symbole de la maladie; il n’est pas nécessaire de planter une variété spécifique.

On peut planter des tulipes rouges en guise de soutien à un ami ou à un parent qui souffre de la maladie, ou encore en l’honneur d’une personne qui est décédée des suites de la maladie ou tout simplement pour montrer son appui moral aux personnes souffrant de la maladie. Dans certaines régions, il est maintenant courant de voir des tulipes rouges cultivées devant les hôpitaux et les hospices qui reçoivent des patients atteints du Parkinson et c’est peut-être une tradition qu’il vaudrait la peine de commencer dans votre région aussi.

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Jardin Jean-Paul L’Allier à Québec avec ses tulipes rouges pour le Parkinson. Source: Parkinson région Québec Chaudière-Appalaches

Depuis 2014, par exemple, l’association Parkinson région Québec Chaudière-Appalaches organise l’Opération des tulipes rouges pour le Parkinson avec une corvée de plantation de milliers de bulbes de tulipe rouge sur plusieurs sites de la région de Québec et, au printemps, invite la population à visiter ces sites lors du Parcours des tulipes. (Des compagnies, associations ou individus peuvent commanditer un site de plantation en versant un don. Pour en savoir plus, contactez information@prqua.ca.)

Un don, svp

Planter des tulipes rouges en signe de compassion pour une maladie, c’est une excellente idée, mais les différentes Société Parkinson du monde ne carburent pas seulement aux fleurs. Soyez généreux et chaque fois que vos tulipes fleurissent, pensez à faire un don à votre Société Parkinson locale.

Montrez donc votre appui à la Société Parkinson en remplissant cet automne vos plates-bandes de bulbes de jolies tulipes rouges!