Quatre autres plantes aux feuilles bizarres

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Le 30 novembre 2017, le sujet de ce blogue était Cinq plantes aux feuilles bizarres. Voici un autre blogue sur le sujet, avec cette fois-ci quatre plantes aux feuilles réellement étranges.

Albuca spiralé (Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’)

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Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’: ses feuilles sont réellement bizarres. Source: www.palmenmann.de

Personne ne sait pourquoi les feuilles de l’albuca spiralé poussent enroulées en tire-bouchon, mais c’est bel et bien sa façon de croître, en culture comme dans la nature dans le sud de l’Afrique. Peut-être que les feuilles enroulées offrent une certaine protection contre le soleil très intense du secteur? Personne ne le sait.

L’albuca ‘Frizzle Sizzle’ est très populaire et se vend par milliers en pots individuels au printemps, surtout comme «curiosité végétale». Je soupçonne que cette popularité diminuera, car la plante n’est pas nécessairement très facile à cultiver, du moins, quand on essaie de lui faire passer l’hiver, et ainsi peu de gens réussissent à la garder au-delà du premier été. Comme elle est plus curieuse que belle et assez coûteuse, aurez-vous vraiment une raison d’acheter une nouvelle plante tous les printemps une fois votre curiosité satisfaite?

C’est une petite plante de la famille des Asparagacées de 10 à 20 cm de hauteur et de 15 à 20 cm de diamètre qui pousse à partir d’un bulbe habituellement enterré… mais que vous pouvez laisser exposé aux trois quarts pour un effet encore plus bizarre si vous le voulez. Les feuilles spiralées sont vert moyen, parfois un peu glauque. Plus les conditions sont sèches, plus elles tire-bouchonnent. Les feuilles poussent à partir d’un bulbe verdâtre rappelant un peu un oignon, mais toxique.

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Fleurs d’Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’. Source: www.kukkala.fi

Les fleurs sont portées par groupe de 10 à 20 sur une tige dressée de 15 à 20 cm de hauteur et rappellent vaguement une jacinthe par leur positionnement alors que chaque fleur individuelle ressemble à un narcisse trompette retombant. En effet, il y a trois tépales qui s’ouvrent grandement et trois qui restent serrés, ces derniers formant la «trompette». Les fleurs sont vertes ourlées de jaune et pas nécessairement très voyantes. Leur parfum est agréable, mais de faible intensité.

Le cultivar ‘Frizzle Sizzle’ est une sélection de l’espèce faite par le Néerlandais Gerardus Adrianus Maria Zwidgerst. On le dit plus frisé que l’espèce (ce qui est discutable), mais surtout mieux adapté à une culture estivale. Alors que l’espèce semble limitée à un cycle de croissance relativement court, entrant rapidement en dormance après la floraison, ‘Frizzle Sizzle’ refleurit souvent plusieurs fois pendant l’été, notamment à la fin de l’été quand les températures baissent un peu. Bien que la plante soit à croissance hivernale sous le climat méditerranéen de son pays d’origine, on a réussi à l’adapter à un cycle de croissance printanière et estivale en culture et on la vend donc au printemps en pleine croissance.

Quand des bulbes secondaires se forment autour de la plante mère, vous pouvez les utiliser pour produire de nouvelles potées de cette plante.

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Quand les feuilles commencent à jaunir, il est temps de songer à mettre Albuca spiralis ‘Frizzle Sizzle’ en dormance. Source: ingrijireaflorilor.ro

Placez ‘Frizzle Sizzle’ dans un emplacement ensoleillé et arrosez seulement quand le sol est sec. Il tolère mieux un peu de sècheresse que trop d’eau. Pendant l’été, on peut le cultiver en plein air, habituellement comme annuelle, ou encore, comme bulbe tendre à rentrer à l’automne. Seulement dans les régions au climat méditerranéen, donc chaud et sec l’été et plus frais et pluvieux l’hiver (zones 8 à 10), peut-on songer à le cultiver en plein air toute l’année. Après la floraison, le feuillage commence à jaunir, signe qu’il est temps de cesser les arrosages et de mettre la plante en dormance, car cela aide à stimuler sa prochaine floraison. Comme habituellement cette plante est cultivée en pot, logiquement vous la laisserez dans son pot pendant sa dormance, désormais hivernale.

Il est aussi possible de le cultiver toute l’année si vous maintenez des arrosages plus fréquents, mais, sans période de dormance, il y a moins de chance que la plante refleurisse.

Malgré ces possibilités, la plupart des gens pensent qu’il est en train de mourir quand les feuilles jaunissent en fin de saison et ils jettent alors la plante à l’automne.

Arum titan (Amorphophallus titanum)

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La floraison d’Amorphophallus titanium est spectaculaire… mais son feuillage l’est tout autant. Source: Leif Jørgensen, Wikimedia Commons

Cette plante de la famille des Aracées est surtout connue comme la plante avec la plus grosse inflorescence au monde, atteignant parfois 3,5 m de hauteur. Quand elle fleurit dans un jardin botanique, c’est un grand événement médiatique et les gens viennent en grand nombre la voir et la sentir (car l’inflorescence dégage une odeur nauséabonde). La floraison ne dure qu’environ trois jours.

Sa forme est un peu spéciale aussi et le nom botanique le dit clairement: Amorphophallus titanum veut dire «pénis difforme géant». C’est le spadice central colonnaire, composé de milliers de fleurs minuscules, qui prend cette forme. Il est entouré d’une énorme spathe (bractée) verte à l’extérieur et d’un rouge vin lugubre à l’intérieur.

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La feuille d’Amorphophallus titanium ressemble à un arbre! Source: botanistspicnic.blogspot.ca

Ce que tout le monde semble oublier est que la feuille est tout aussi spectaculaire que la fleur. À son maximum, elle peut atteindre 7 m de hauteur et 5 m d’envergure. On dirait un épais tronc vert marbré de pourpre et coiffé de nombreuses feuilles ovales, mais en fait, le «tronc» n’en est pas un. C’est le pétiole parfaitement dressé de l’unique feuille que la plante produit et les «feuilles» au-dessus sont en fait un seul limbe fortement découpé. En fait, la feuille ressemble tellement à un arbre qu’elle est prise pour un arbre par ceux qui ne la connaissent pas. Malgré sa taille démesurée, la feuille est une structure temporaire et meurt après environ six mois de croissance quand la plante entre en dormance.

Les années où la plante fleurit (et elle ne fleurit qu’aux sept à dix ans), la floraison a lieu pendant la période où la feuille est dormante.

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L’énorme tubercule de l’arum titan. Source:  http://www.eiu.edu

Il ne faut pas passer sous silence le tubercule souterrain qui grossit année après année et qui peut atteindre le poids incroyable de 154 kg! Il faut un pot énorme (1000 litres) pour le contenir! Après une floraison, le tubercule rapetisse et la prochaine feuille aussi perd sa taille titanesque, n’étant pas plus haute que la taille d’un homme. Puis la feuille et le tubercule grossissent de nouveau année après année, emmagasinant de l’énergie en vue de la prochaine floraison.

Évidemment, cette plante n’est pas un bon choix pour la culture dans la maison ni dans le jardin, à moins que vous ne viviez soit dans une grande serre tropicale soit dans une jungle. Il ne faut qu’un éclairage moyen, mais une forte humidité (80% et plus) et des températures chaudes (21 à 30 °C le jour et jamais moins que 19 °C la nuit pendant la période de croissance) pour arriver à la faire pousser. Par contre, on trouve cette plante géante dans beaucoup de jardins botaniques.

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Amorphophallus konjac est de taille plus raisonnable, mais son feuillage impressionne tout autant. Source: laidbackgardener.ca

Il existe toutefois des espèces d’Amorphophallus de taille plus restreinte qui seraient plus intéressantes à essayer de cultiver, comme A. konjac (anc. A. rivieri), qu’on peut facilement cultiver en pot comme plante d’intérieur ou comme bulbe d’été pourvu qu’on respecte son besoin pour une dormance hivernale. Il peut même pousser en pleine terre (zones 7 et plus). La feuille unique atteint quand même une taille impressionnante: 1,2 à 1,8 m de hauteur! Et cette espèce peut fleurir annuellement… si les conditions sont exceptionnellement bonnes. Chez moi, par contre, je n’ai eu que deux floraisons en presque 20 ans! Notez bien qu’il faut recouvrir le tubercule d’au moins 15 cm de terre, car les racines émergent du haut du tubercule, pas du bas.

Tous les amorphophallus sont toxiques aux humains, chiens et chats, bien que le tubercule cuit soit comestible.

Bégonia ‘Bunchii’ (Begonia x erythrophylla ‘Bunchii’)

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Begonia x erythrophylla ‘Bunchii’. Source: Gail G Taylor, Pinterest

Passons maintenant à une plante de taille plus commode, une plante d’intérieur que tout jardinier pourrait facilement cultiver, mais avec des feuilles encore bizarres à souhait: le bégonia ‘Bunchii’.

Il s’agit d’un bégonia hybride, trouvé à l’origine par Lloyd Bunch en 1914 en tant que mutation sur le populaire bégonia nénuphar (B. x erythrophylla). Plutôt que d’être lisses, les marges des feuilles de ‘Bunchii’ sont fortement et bizarrement frisées, ce qui lui a mérité le nom de «lettuce leaf begonia» (bégonia à feuilles de laitue) en anglais. De plus, les feuilles ont une jolie coloration: vert bronzé avec un revers rouge vin… et la plante fleurit facilement l’hiver (c’est une plante à jours courts), produisant des nuages de petites fleurs rose pâle à cette période. C’est une plante d’intérieur patrimoniale largement distribuée à travers le monde… dans les maisons privées, mais rarement offerte dans le commerce… sans doute parce qu’elle n’est plus aussi à la mode qu’elle l’a été il y a 75 à 100 ans!

Le bégonia ‘Bunchii’ est de culture facile. Poussant à partir de rhizomes rampants qui courent sur la surface du pot et qui en retombent quand la plante est plus mature, il tolère facilement les conditions de maison, dont un éclairage moyen et des températures et niveaux d’humidité normalement trouvés dans un logement. Un peu d’engrais de temps en temps et parfois un peu de taille (pour que les rhizomes ne débordent pas trop du pot) peuvent être utiles. On peut facilement multiplier cette plante par boutures de rhizomes ou même par boutures de feuilles ou de sections de feuille.

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Le bégonia ‘‘Crestabruchii’ est encore plus frisé que «Bunchii», mais plus difficile à bien cultiver. Source Laurel Carlisle, http://www.begonias.org

Par contre, ‘Bunchii’ n’est pas le plus «frisé» des bégonias. Ce titre revient à B. ‘Crestabruchii’, similaire, mais aux feuilles plus grosses, poilues plutôt que lisses et beaucoup plus frisées à la marge. Par contre, je trouve ‘Crestabruchii’ difficile à bien cultiver, avec une nette tendance à aller en dormance à l’automne. Donc, la feuille de ‘Crestabruchii’ est plus bizarre, mais ‘Bruchii’ est beaucoup plus facile à cultiver.

Echeveria caronculé (Echeveria gibbiflora carunculata)

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Les feuilles très curieuses d’Echeveria gibbiflora carunculata. Source: yandex.ru

Le genre Echeveria est un genre de plantes succulentes originaires des régions arides d’Amérique centrale, nommé pour l’artiste botanique mexicain Atanasio Echeverría. C’est un membre de la famille des Crassulacées et il est très apparenté au genre Sedum. Typiquement, les echeverias produisent des plantes courtes et trapues formant une dense rosette de feuilles épaisses, souvent de couleur bleu glauque ou encore, fortement couvertes de poils blancs, et des épis dressés de fleurs en clochettes roses, rouges ou orange, souvent aux pointes jaunes. Elles font beaucoup penser aux joubarbes (Sempervivum spp.) de nos rocailles qui sont, essentiellement, les pendants européens rustiques des echeverias centraméricains gélifs.

L’echeveria caronculé est une variante de l’E. gibbiflora, aux feuilles lisses et épaisses. L’echeveria caronculé en diffère par ses feuilles caronculées, c’est-à-dire qui portent des caroncules, soit des excroissances charnues. Il n’est pas clair si cette forme existe à l’état sauvage et mérite alors vraiment son épithète botanique (carunculata) ou si elle est uniquement trouvée en culture (dans ce cas, il faudrait l’appeler ‘Carunculata’). Et la feuille est réellement bizarre, le limbe portant de multiples bosses irrégulières, comme si elle était envahie par un cancer métastatique: il n’y a pas deux feuilles pareilles. Les feuilles sont d’un bleu vert glauque rehaussé de rose, souvent à marge ondulée, et peuvent être de bonne taille, donnant une rosette de jusqu’à 30 cm de diamètre. Les fleurs estivales sont rouges et d’intérêt nettement secondaire comparativement au feuillage curieux.

Avec le temps, les feuilles inférieures tombent, libérant un «tronc» épais… mais la plupart des gens jugent cette façon de pousser disgracieuse et rempotent occasionnellement la plante, coupant le fond de la motte de racines de façon à pouvoir la placer plus au fond pot, puis enterrent la tige nue sur laquelle, bientôt, de nouvelles racines apparaissent. Ou encore, ils coupent la tête de la plante et la bouturent. Si vous continuez de cultiver le tronc, il produira des plantules que vous pourrez utiliser pour la multiplication.

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Echeveria ‘Etna’: une sélection ou hybride d’Echeveria gibbiflora carunculata, mais avec encore plus de caroncules. Source: World of Succulents

On trouve assez facilement cette plante en pépinière, mais elle est rarement identifiée. Généralement, on voit surtout des hybrides comme ‘Etna’ (le plus courant), ‘Cameo’, ‘Dick Wright’ et ‘Barbillion’, mais, sans étiquette, il est peu probable que vous sachiez un jour le vrai nom de votre plante.

Il faut à cette plante un maximum de lumière pour bien pousser, avec plusieurs heures de soleil direct, du moins pendant l’été. L’hiver, quand il est presque en dormance, il peut tolérer plus d’ombre. Les plantes placées un tant soit peu à l’ombre tendent à rapetisser peu à peu et finissent par mourir. Arrosez relativement abondamment au printemps et à l’été et vous pouvez même alors fertiliser un tout petit peu à cette saison (tout engrais conviendrait), mais l’automne et surtout l’hiver, il faut réduire les arrosages à un minimum, n’arrosant que quand le terreau est réellement sec en profondeur.

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Echeveria gibbiflora carunculata. Source: archivo.infojardin.com

L’echeveria caronculé tolère très bien la canicule estivale, mais préfère un hiver au frais et au sec. En théorie, il peut tolérer une touche de gel, mais je vous suggère de ne pas pousser le bouchon trop loin. La plante n’est pas à l’aise avec une forte humidité et il faut surtout éviter de verser de l’eau dans le feuillage l’hiver, car elle peut s’accumuler et provoquer une pourriture fatale.

On multiplie la plante par boutures de tige ou par séparation de plantules. Par boutures de feuilles, aussi, du moins en théorie, mais je n’ai jamais eu de succès avec cette méthode.


Et voilà! Quatre plantes à feuillages tout à faire remarquables. Il y en aura d’autres au cours des semaines à venir.20171211A www.palmenmann.de

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Quand dame Nature offre une taille inattendue

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Après une tempête hivernale sévère, il y a généralement des branches à ramasser au printemps, mais souvent les dégâts s’arrêtent là. Source: www.ontarioparks.com

Mère Nature ne supporte pas la faiblesse. Elle élimine impitoyablement les animaux et les végétaux imparfaits. En hiver, elle envoie la neige et la pluie verglaçante qui s’accumulent sur les branches et les arrachent et font même tomber des arbres entiers. En d’autres saisons, ce sont habituellement des orages et bourrasques qui causent des dégâts, jonchant le sol de branches et ramilles arrachés. Puis, subitement, la tempête est terminée, laissant le jardinier avec le travail de nettoyer les dégâts.

Les humains ont tendance à considérer ce genre de dommages comme une catastrophe, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Pas du point de vue de mère Nature, du moins. Les branches arrachées étaient généralement mortes, mourantes ou faibles. La tempête a tout simplement fait le ménage. Quand un arbre entier tombe, c’est généralement parce qu’il était faible, vieux ou au mauvais endroit. Par exemple, une espèce pionnière aimant le plein soleil n’est plus en mesure de faire face à l’ombre grandissante lorsqu’une forêt mûrit et la tempête met fin à ses souffrances. Si nous laissons la nature suivre son cours, les arbres faibles seront remplacés par des spécimens forts… et quand les spécimens forts s’affaibliront, ils seront remplacés à leur tour.

Par contre, nous laissons rarement la nature suivre son cours… du moins, pas sur nos propres terrains. Nous aimons plutôt nous y immiscer, pensant bien faire: donner des coups sur les branches pour briser le verglas, tuteurer les branches faibles pour les redresser, remplacer un arbre mort mal adapté par exactement la même espèce, etc.

Apprenons à accepter la taille gratuite de dame Nature

Quand un arbre ou un arbuste subit des dégâts lors d’une tempête, il vaut la peine de se laisser un peu de temps pour penser avant de faire quoi que ce soit. (Et si les dégâts se produisent pendant l’hiver, vous aurez beaucoup de temps pour penser, car en général la taille se fera au printemps.) Peut-être que c’était, en fait, un mal pour un bien!

Rajeunissement des arbustes

Dans le cas de la plupart des arbustes, par exemple, quand on voit les branches plier au sol ou casser sous le poids de la neige ou du verglas, c’est comme si dame Nature nous disait très clairement qu’il est temps de leur faire une taille de rajeunissement. Il suffit de couper tout l’arbuste très court, à une hauteur de 15 à 30 cm du sol, ce qui éliminera les branches vieillies et faibles, les ramilles mortes, etc. Comme les arbustes feuillus ont la capacité de se régénérer complètement à partir de la base, l’arbuste se trouvera complètement rajeuni dans deux ou trois ans et sera probablement même plus attrayant qu’il ne l’a été depuis des années.

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Les branches de ce vieux lilas, cassées pendant une tempête hivernale, signalent au jardinier qu’il est peut-être temps de le rajeunir. Source: Bobscaping

Par exemple, quand trois grosses branches du vieux lilas d’un voisin ont cassé à la suite d’une tempête de verglas il y a deux ans, nous avons découvert qu’elles étaient minées par des perceurs et, de plus, fortement atteintes par la pourriture. En rabattant tout l’arbuste (car d’autres vieilles branches aussi étaient mal en point), nous avons pu éliminer les perceurs et la pourriture et maintenant l’arbuste repousse sainement et vigoureusement. Sans doute qu’il aura besoin d’une taille similaire aux 25 à 30 ans environ.

Dommages aux conifères

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Les conifères qui plient sous le poids de la neige remontent généralement à leur position normale l’été. On peut prévenir partiellement ce problème en évitant de trop les fertiliser et en les taillant régulièrement pour ralentir leur croissance. Source: missouribotanicalgarden.org

Dans le cas des conifères, les branches qui plient ou qui cassent, surtout chez les thuyas («cèdres»), sont souvent attribuables à une surfertilisation: les engrais azotés de type «beau cèdre» ont tendance à stimuler une croissance rapide mais faible. Sachez que les conifères établis ont rarement besoin d’engrais. Laissez-les pousser selon leur vitesse normale, tout simplement. Habituellement, ils arrivent très bien à trouver les minéraux qu’il leur faut sans votre aide. De plus, les conifères qui poussent lentement sont les plus solides.

S’il y a des dégâts chez les conifères (des branches cassées ou arrachées), vous ne pouvez pas faire de taille sévère pour les rajeunir: contrairement aux arbustes feuillus, la plupart des conifères n’ont pas la capacité de se régénérer à partir du vieux bois (l’if est une exception à cette règle). Le mieux que vous puissiez faire est de raccourcir les autres branches, restant toujours dans la partie verte des ramilles bien sûr, pour essayer d’équilibrer leur apparence. Avec le temps, des branches latérales peuvent peut-être venir remplir toute trouée.

Quand un conifère ne fait que se plier au sol sous le poids de la neige ou de la glace et qu’il n’y a pas de bris, la situation est moins compliquée. Probablement qu’il se redressera avec le retour du printemps. Vous pouvez toujours tenter de doucement enlever la neige avec un balai si elle est légère, mais si la tige est glacée et figée en place ou si les aiguilles sont recouvertes de glace, essayer de corriger la situation pourrait endommager la plante et causer plus de mal que de bien. Rappelez-vous juste que la neige et la glace finiront bien par fondre un jour.

Si, au printemps, le conifère ne retrouve pas tout à fait sa forme, n’hésitez pas à le tuteurer et à le ficeler temporairement pour le redresser. Il peut être utile aussi de le tailler plus régulièrement, toujours en restant dans la partie verte, bien sûr, pour ralentir sa croissance et ainsi laisser son bois se lignifier davantage.

Une tempête peut être une bonne chose pour les arbres

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La plupart des branches arrachées par une tempête sont mortes, malades ou faibles. Leur perte ne dérange pas l’arbre et peut même lui être bénéfique. Source: Tom Shortell, Wikimedia Commons

En général, les dommages causés aux arbres par les tempêtes sont plutôt anodins… du point de vue de l’arbre, du moins. Peut-être que vous trouverez beaucoup de branches mortes ou faibles jonchant le sol que vous aurez à ramasser, mais généralement les arbres eux-mêmes sont encore en assez bon état après ce «nettoyage». En fait, les arbres poussent plus sainement là où il y a des tempêtes chaque année. Ainsi, toute croissance faible est éliminée sans tarder. C’est quand il y a eu plusieurs années de temps doux d’affilée et que survient une tempête vraiment sévère que des dommages plus sérieux ont tendance à se produire.

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Si une branche est emprisonnée dans la neige ou la glace, dégagez la neige si vous pouvez le faire en douceur, mais n’essayez pas de casser la glace, de creuser pour libérer les branches ou de redresser une branche gelée: cela ne ferait qu’aggraver les dégâts. Laissez la neige fondre tout simplement, même si cela signifie d’attendre jusqu’au printemps. Source: jardinierparesseux.com

Si une branche majeure casse et que vous jugez que l’arbre est quand même récupérable, il faut sérieusement envisager d’appeler un arboriculteur certifié, non seulement pour obtenir son opinion, mais pour accomplir le travail. C’est le genre de taille qu’il vaut mieux faire faire par un professionnel, surtout si vous avez besoin de monter dans une échelle pour l’accomplir. Je conseille toujours aux jardiniers amateurs de toujours garder les deux pieds solidement au sol pour tailler. Si vous ne pouvez pas atteindre la blessure de cette façon, c’est un cas pour un arboriculteur professionnel! Et si vous décidez de risquer le travail par vous-même,  portez au moins un casque de protection.

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Coupez tout chicot juste au-delà du bourrelet cicatriciel. Source: jardinierparesseux.com

Si la branche s’est complètement arrachée du tronc, utilisez un couteau bien aiguisé pour égaliser les bords de la blessure, enlevant l’écorce déchirée ou décollée, les éclats de bois, etc.  N’appliquez pas de peinture ou pâte d’émondage. Ainsi, la blessure pourra se compartimenter (se recouvrir d’écorce) rapidement. S’il y a encore un chicot important, enlevez-le juste au-delà du bourrelet cicatriciel de la branche (gonflement là où la branche rencontre le tronc). Si seule une partie d’une branche est arrachée, élaguez-la juste au-delà d’une branche de remplacement qui pointe dans environ la même direction que celle qui a cassé.

Et si l’arbre est complètement renversé ou est endommagé de façon irréparable, acceptez simplement que son heure soit venue. Ce ne sont pas tous les arbres qui sont faits pour devenir centenaires! Appelez plutôt l’arboriculteur pour l’enlever.


Les dégâts de tempête peuvent facilement nous intimider quand nous les voyons au lendemain de l’orage — toutes ces branches cassées et arrachées! —, mais rappelez-vous que c’est généralement un mal pour un bien: une taille gratuite de la part de mère Nature!20171210A www.ontarioparks.com

Un livre horticole comme cadeau de Noël?

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Montage de quelques-uns de mes livres au Jardin botanique de Montréal.

Si vous cherchez une idée de cadeau de Noël pour un amateur de jardinage, pourquoi ne pas lui offrir un livre sur le sujet… notamment un de mes livres? J’en ai écrit plus de cinquante au cours de ma vie et plusieurs sont encore facilement disponibles en librairie. Je vous invite à visiter le site de mon éditeur, les Éditions Broquet, pour voir les livres qui sont disponibles. Il y a des versions imprimées de tous ces livres et des versions PDF et ePub (pour lecture sur téléphone intelligent ou tablette) pour certains.

N’oubliez pas d’acheter vos livres cadeaux sans tarder… ainsi vous aurez assez de temps pour les lire avant de les offrir!;-)

Les graminées malmenées résistent mieux à l’hiver

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Panic érigé (Panicum virgatum ‘Northwind’) se tenant fièrement debout l’hiver… mais ce n’est pas toujours le cas. Source: grasstalk.files.wordpress.com

Les graminées ornementales comme le miscanthus (Miscanthus spp.), le calamagrostide à fleurs étroites (Calamagrostis x acutiflora) et le panic érigé (Panicum virgatum) sont devenues populaires pour leur effet hivernal. Même si elles perdent leur vert estival et virent à diverses nuances de beige et de brun à l’automne, elles se tiennent encore debout l’hiver, leurs panaches argentés encore pleinement déployés, pour un effet saisissant, surtout sur un fond de neige.

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Les graminées trop protégées sont incapables de résister au vent et à la neige en hiver et s’écrasent au sol. Source: http://www.obsessiveneuroticgardener.com

C’est génial quand ça fonctionne… mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois, la première tempête hivernale les aplatit et elles passent le reste de la saison couchées sur le sol. Bien sûr, vous pouvez toujours planter un tuteur en plein centre de la touffe et essayer de les remonter avec de la corde, mais l’effet est rarement bien réussi.

Un été au plein soleil et au vent

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Il faut exposer les graminées au plein soleil et au vent si vous voulez qu’elles restent debout l’hiver. Source: clipartpig.com, fantendo.wikia.com & favata26.rssing.com

Pour éviter complètement une telle situation, rappelez-vous que ces herbes sont originaires de situations fortement exposées au soleil et au vent: prairies, prés, steppes, etc. Si vous les plantez dans un endroit partiellement ombragé ou trop à l’abri du vent, elles produiront des tiges minces, souples et faibles, sujettes à s’affaisser. Si vous cultivez les mêmes graminées au soleil brûlant, malmenées par des coups de vent tout l’été, cependant, leurs tiges seront plus épaisses et plus robustes.

C’est que, quand une plante subit un ensoleillement intense et se fait régulièrement secouer par le vent depuis le début de la saison, elle réagit à cette «torture» en produisant plus de lignine (la substance qui donne au bois sa résistance) que la normale. Le résultat est une graminée plus robuste, résistante au vent et au poids de la neige.

Donc, si vos graminées s’affaissent l’hiver, essayez de les déplacer vers un site plus exposé au printemps prochain et vous verrez comme le spectacle hivernal sera spectaculaire l’an prochain!20171208A Panicum virgarum Northiwind grasstalk.files.wordpress.com.jpg

Déplacez les araignées plutôt que de les tuer  

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Les araignées peuvent aider à contrôler les ennemis de nos plantes d’intérieur. Source: clip.dj & Stickpng

Quand vous trouvez une araignée dans votre maison, ne la tuez surtout pas! Allez plutôt la mettre dans une plante d’intérieur.

Si un puceron, un aleurode, une sciaride (mouche de terreau) ou un autre insecte indésirable devait s’aventurer trop près de votre plante, vous pouvez être certain que l’araignée le mangera en moins de deux, empêchant peut-être le début d’une terrible infestation! Ainsi, vous avez tout intérêt à avoir une certaine population d’araignées domestiques parmi vos plantes.

Et ne libérez pas les araignées domestiques dans votre jardin en pensant bien faire. La majorité des araignées de maison (et il y en a plusieurs espèces) cohabitent avec les humains depuis des milliers d’années. Elles ont depuis longtemps abandonné la vie en plein air: l’intérieur de nos demeures est désormais leur milieu naturel. Les libérer au jardin, c’est les condamner!

On estime que seulement 5% des araignées trouvées dans une maison typique sont rentrées de l’extérieur et, même là, ces araignées égarées ne vivent pas longtemps dans nos demeures. Il est donc inutile de boucher les points d’accès possibles, comme les fentes et les fissures autour des portes et des fenêtres, pour empêcher les araignées d’entrer. (Par contre, il peut être sage de le faire pour prévenir la rentrée de créatures moins désirables!)

Et les araignées domestiques ont bien d’autres avantages. Lisez l’article Les araignées sont nos amies pour en savoir plus.

Comment déplacer une araignée sans la blesser

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Outil attrape-araignée. Source: amazon.com

Évidemment, vous voudrez déplacer l’araignée sans nécessairement la toucher. (La plupart des gens ont un dédain inné des araignées.) Si oui, sachez qu’il existe des outils à long manche spécialement conçus pour attraper les araignées (et autres bestioles) sans devoir les approcher et qui les «ramassent» sans les blesser.

Si vous n’en avez pas sous la main, utilisez tout simplement la méthode verre et feuille de papier.

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Pour déplacer une araignée, placez un verre par-dessus et glissez un papier sous le verre. Source: jardinierparesseux.com

  1. Attrapez l’araignée avec un verre transparent.
  2. Glissez doucement une feuille de papier sous la tasse, ce qui forcera l’araignée à monter sur le papier.
  3. Amenez la tasse et le papier jusqu’à vos plantes d’intérieur.
  4. Libérez l’araignée.

Oui, il faut l’admettre, les araignées sont rarement très jolies, mais elles sont les grandes amies des jardiniers, à l’intérieur comme à l’extérieur!20171207A FR clip.dj & Stickpng

Quand une plante d’intérieur souffre de gel

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Feuilles de caféier ayant subi du gel. Source: vnexpressnews.net

Question: J’ai un caféier qui a passé l’été à l’extérieur et il allait super bien. Étant très occupé à la fin de l’été et à l’automne, j’ai retardé la rentrée et, malheureusement, il a subi du gel. Lorsque je l’ai rentré, les feuilles sont devenues molles et ont séché, puis sont tombées après quelques jours. J’ai placé mon caféier à un endroit très lumineux et sans chauffage pour l’aider à s’acclimater. Ma question est, maintenant, que dois-je faire avec mon plant qui n’a plus une feuille. Va-t-il mourir ou puis-je encore le sauver?

Maxime Riverin

Réponse: Normalement, vous ne devriez pas exposer les plantes d’intérieur au gel. La grande majorité, comme le caféier (Coffea arabica), sont des plantes tropicales incapables de supporter même des gels légers. Et même les espèces d’origine subtropicale, théoriquement capables de tolérer quelques degrés de gel à l’occasion, seront endommagées si le gel arrive au mauvais moment ou persiste trop longtemps.

Je recommande toujours de rentrer les plantes d’intérieur à la fin de l’été, soit à la fin d’août ou au tout début de septembre dans la plupart des régions. Lorsque la température et le niveau d’humidité à l’intérieur et en plein air sont à peu près égaux, la transition se fait tellement plus facilement! De cette façon, les plantes ne subiront aucun choc ou perte de feuilles lors de leur retour à l’intérieur.

Cela dit…

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Aloès oublié à l’extérieur un peu trop longtemps à l’automne. Source: Dezidor, Wikimedia Commons

Rares sont les jardiniers qui n’ont pas exposé une plante frileuse au froid par inadvertance. Peut-être, comme vous, nous étions très occupés à la fin de l’été. Ou à l’extérieur de la région quand il y a eu un gel hâtif. Ou (et cela m’est arrivé plus d’une fois), nous pensions avoir rentré toutes nos plantes, pour ne réaliser qu’après que le gel ait frappé qu’une ou deux étaient toujours en plein air.

Et parfois, des dommages dus au gel peuvent survenir à l’intérieur de la demeure. Si le chauffage manque l’hiver et que la situation persiste pendant plusieurs jours, la température peut descendre sous 0 °C même dans la maison la mieux isolée.

Dommages causés par le gel

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Feuilles d’orchidée touchées par le gel. Source:  Maja Dumat, Wikimedia Commons

Le gel cause des dommages dévastateurs aux cellules végétales. Lorsque l’eau gèle, elle se dilate, faisant éclater les cellules. Puis, lorsque les températures se réchauffent encore, ces cellules subissent d’autres dommages dus à la déshydratation. Les jeunes cellules sont les plus fragiles et, ainsi, les jeunes feuilles et aussi les fleurs et les boutons floraux sont les plus endommagés. Les cellules plus matures peuvent mieux tolérer un peu plus de froid ou, du moins, des périodes de froid plus durables. Le froid traverse rapidement les tiges minces, mais prend plus de temps à pénétrer les tiges plus épaisses… et l’écorce, s’il y en a, offre aussi une certaine isolation. C’est pour ces raisons que, lorsque la plante survit au gel, les parties les moins touchées tendent à être celles à l’intérieur de la ramure (donc moins exposées au vent), les branches les plus anciennes… et la base de la plante.

Les plantes d’intérieur qui ont la capacité de se régénérer à partir de leur base, de leurs racines ou de rhizomes, bulbes ou tubercules souterrains sont les plus susceptibles de se remettre du gel. Le terreau a tendance à retenir la chaleur et plus le pot est gros et la masse de terreau importante, mieux il isole. Il peut falloir plusieurs nuits froides d’affilée avant que le terreau ne gèle complètement.

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Sur ce dracéna, seulement les pointes des feuilles ont subi du gel et la plante récupère bien. Les feuilles touchées, par contre, ne récupéreront jamais: aussi bien les supprimer. Source:  The Seeded Gardener

C’est la pointe et le bord des feuilles qui sont les plus susceptibles au gel, puis le reste du limbe. Les nervures, étant plus épaisses, sont mieux isolées et souvent restent vertes plus longtemps mais, si le gel persiste, éventuellement toute la feuille succombera, devenant alors brune ou noire et détrempée. Parfois elle tombe, parfois elle s’assèche. Les fleurs et les boutons floraux réagissent de la même manière. Les feuilles sur la partie interne de la plante peuvent rester intactes, surtout s’il y avait peu de vent. Les tiges non ligneuses deviennent brunes ou noires quand elles gèlent et peuvent se recourber, ramollir ou même s’effondrer; celles qui sont plus ligneuses peuvent ne montrer aucun autre signe de dommage que la chute des feuilles.

Tout peut ne pas être nécessairement perdu

N’abandonnez pas automatiquement une plante d’intérieur, même sérieusement endommagée par le gel. Il peut y avoir des bourgeons dormants encore en vie sous l’écorce ou au niveau ou au-dessous du sol. La récupération peut cependant être lente: il peut falloir plusieurs mois avant que la croissance recommence et, selon l’espèce, la plante peut prendre des années pour reprendre sa taille initiale. Vous devez décider si vous êtes prêt à attendre ou préférez recommencer avec de nouvelles plantes.

Si l’une de vos plantes d’intérieur a subi des dommages dus au gel, rentrez-la à la chaleur dès que possible. Ne vous inquiétez pas de l’acclimatation: elle est déjà en état de choc et demande plutôt les premiers soins. L’acclimatation viendra plus tard.

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Supprimez les feuilles gelées. Source: Tim Burr, gardenersworld.com

Coupez les feuilles endommagées et toute croissance manifestement morte. Si c’est une plante arbustive, vous feriez aussi bien de la tailler sévèrement, raccourcissant le tronc et les branches principales: cela lui donnera un aspect futur plus dense… si elle récupère.

Placez la plante dans une pièce chauffée (18 °C et plus) et éclairée, à une humidité modérée à élevée. Gardez le sol légèrement humide, jamais plus.

Et attendez.

Il peut falloir des mois avant que les signes de vie ne reviennent. Et malheureusement, parfois la plante commence à produire de nouvelles pousses et vous pensez l’avoir sauvée, mais elle meurt soudainement: cela arrive quand les dommages étaient réellement trop sévères. Habituellement, cependant, si une croissance verte apparaît, c’est que la plante se rétablira et deviendra à nouveau une plante d’intérieur saine et fonctionnelle.

Mais ne la laissez plus souffrir du gel!20171206E vnexpressnews.net

Botanique 101: la fleur

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Cet hibiscus est un bon exemple d’une fleur simple: il porte un nombre normal de pétales et des étamines et stigmates bien en vue. Source: Petr Kratochvil, PublicDomainePictures.net

Nous avons probablement tous appris quelques rudiments de botanique à l’école… et en avons certainement oublié quelques aspects depuis. Dans un blogue sur le jardinage, il n’est donc pas si mauvais de faire un rappel de temps en temps de quelques éléments de botanique. En voici un, très simplifié, sur la fleur.

La fleur

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Fleur typique: 1. Réceptacle; 2. Sépale; 3. Pétale; 4. Étamine; 5. Pistil. Source: Petr Dlouhý, Wikipedia

La fleur est l’organe reproducteur de la plante: le lieu où les graines, qui donneront naissance à la prochaine génération de la plante, sont produites à la suite du transfert du pollen venant normalement d’une autre plante de la même espèce.

Elle est portée sur une petite tige appelée pédoncule qui se joint à un réceptacle: la base de la fleur.

On appelle l’enveloppe extérieure de la fleur, surtout visible quand la fleur est en bouton, le calice. Il est constitué de sépales généralement verts, mais parfois colorés. Il peut à l’occasion y avoir une ou des feuilles colorées supplémentaires appelées bractées à la base de la fleur (c’est le cas du poinsettia, par exemple).

L’enveloppe intérieure de la fleur est appelée la corolle. Elle est souvent colorée et est composée de pétales.

Parfois, il y a peu de distinction entre les pétales et les sépales (lis, tulipes, hémérocalles). On parle alors de tépales.

La plupart des fleurs sont bisexuées (hermaphrodites): on y trouve la partie mâle et la partie femelle.

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Structure de l’étamine. Source: www.funscience.in

La partie mâle est composée d’étamines en forme de filet coiffé d’une anthère qui contient des sacs polliniques remplis de pollen (gamètes mâles). Le pollen est généralement transporté par les insectes, plus rarement par les oiseaux ou les mammifères ou encore, par le vent, et très rarement par l’eau (seulement certaines plantes aquatiques).

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Structure d’un carpelle. Source: Source: www.funscience.in

Le pistil (la partie femelle) est composé d’un ou de plusieurs carpelles, chacun constitué d’un ovaire enflé, d’un style tubulaire et d’un stigmate en forme de bouton. L’ovaire peut être simple ou composé et contient les ovules qui deviendront les graines. Quand il est mature, le stigmate devient collant et sert à capter les grains de pollen.

La fécondation

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Lors de la fécondation, le grain de pollen produit un tube pollinique et féconde l’ovule. Source: jardinierparesseux.com

Une fois que le grain de pollen est déposé sur le stigmate, il émet un tube pollinique qui s’allonge jusqu’à l’ovaire par lequel les gamètes mâles peuvent pénétrer pour féconder l’ovule. Alors, un embryon se développe qui se transforme en graine. Quand la graine est mature et tombe au sol (ou sur toute autre surface appropriée), elle germe et produit une nouvelle plante.

Quelques exceptions

La plupart des fleurs (environ 90%) ont les deux sexes (elles sont hermaphrodites) et on les dit parfaites.

D’autres fleurs sont imparfaites. Elles peuvent être entièrement femelles ou entièrement mâles. Parfois, comme chez le kiwi (Actinidia spp.), les fleurs femelles ont des parties mâles visibles, mais non fonctionnelles. Le contraire aussi est possible: des fleurs mâles aux parties femelles visibles, mais non fonctionnelles.

Quand une seule plante porte des fleurs parfaites, elle est dite hermaphrodite, mais elle peut aussi être:

  • Monoïque: elle porte des fleurs mâles et des fleurs femelles séparées, mais sur la même plante (les courges, les concombres et les bégonias, par exemple).
  • Dioïque: elle porte des fleurs mâles et femelles sur deux plantes différentes (les saules, les peupliers et les houx, par exemple). Celle qui ne porte que des fleurs femelles est dite gynoïque; celle qui ne porte que des fleurs mâles, androïque.
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Tulipe double: toutes les étamines ont été converties en pétales. Source: Source: Max Pixel

Les fleurs doubles constituent un cas à part. Il s’agit de fleurs avec un nombre de pétales largement supérieur à la normale: un trait qui apparaît généralement sous forme de mutation. Cette caractéristique est généralement nuisible dans la nature, car elle empêche souvent la pollinisation, mais est très prisée chez les jardiniers et on cultive beaucoup de fleurs doubles dans nos jardins. Parfois, ce sont vraiment les pétales qui se multiplient de façon anormale, ou encore, les sépales, mais habituellement, les fleurs doubles surviennent quand les étamines se transforment en pétales: on les appelle alors étamines pétaloïdes.

Les fleurs semi-doubles ont plus de pétales que les fleurs simples (la forme normale des fleurs dans la nature), mais ont habituellement des étamines non mutées bien visibles au centre de la fleur.

Inflorescences composées

L’inflorescence est la disposition des fleurs sur la tige d’une plante… et les possibilités de placement — individuel, en ombelle, en cyme, en épi, etc. — sont presque sans limites. Il faudrait bien qu’on discute éventuellement de ce sujet dans ce blogue, mais pour l’instant, je veux tout simplement clarifier la situation des inflorescences composées, car ce sont elles qui causent le plus de confusion chez les jardiniers.

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Inflorescence composée. Source: pixio.com

Les inflorescences composées, soit celles de la très vaste famille des Astéracées (plus de 22 000 espèces), ressemblent à une fleur simple — on dirait des pétales entourant des stigmates et des anthères —, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt de nombreuses fleurs minuscules (on les appelle fleurons) regroupées dans un capitule, c’est-à-dire serrées les unes à côté des autres. Parmi les exemples les plus courants, pensez aux tournesols, aux pissenlits, aux chardons et aux marguerites. Souvent, il y a deux sortes de fleurons: des fleurons tubulaires au centre qui forment un disque et qui sont généralement bisexués et fertiles et des fleurons ligulés (appelés rayons) qui entourent le disque et qui imitent alors les pétales des fleurs simples. Souvent, mais pas toujours, les rayons sont stériles et servent uniquement à attirer les pollinisateurs vers les fleurons tubulaires fertiles au centre.

Théoriquement, on ne devrait pas dire «fleur» en faisant référence à une Astéracée, mais toujours utiliser les termes inflorescence ou capitule, mais je dois faire mon mea culpa à ce sujet! Je brise cette règle régulièrement et d’ailleurs volontairement: il est trop facile d’appeler fleur ce qui ressemble à une fleur et je le fais quand je n’ai aucune raison spécifique de faire une distinction. J’espère que vous me pardonnerez.


J’espère que ce petit article vous a aidé à démystifier un peu le sujet complexe de la fleur!20171205B Petr Dlouhý, Wikimedia Commons.png