Laissez les muscaris guider vos plantations!

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Un cercle de muscaris indiquera où les autres bulbes sont plantés. Source: www.dobies.co.uk

Vous voilà dehors à l’automne avec votre pelle et vos bulbes d’automne, prêt à rajouter encore plus de couleur à votre plate-bande. Il y a juste un hic. Vous avez planté des bulbes les années précédentes (tulipes, narcisses, jacinthes, etc.) et savez qu’ils dorment sous le sol de votre plate-bande… mais où exactement? Au printemps, c’est évident : leurs feuilles et leurs fleurs sont bien visibles! Mais à l’automne, on ne voit strictement rien : les bulbes sont complètement cachés sous le sol. Et vous ne voulez pas déterrer les «vieux» bulbes par accident en allant planter les nouveaux!

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Plantez des bulbes de muscari autour de vos autres bulbes et, au cours des années à venir, ils vous indiqueront que cet espace est occupé. Source: www.cliparthut.com, http://www.turpinlandscapedesign, melbournechapter.net & clipartxtras.com, montage: jardinierparesseux.com

Voici un vieux truc à essayer : quand vous plantez des bulbes, entourez-les d’un cercle de bulbes de muscari, aussi appelé jacinthe à grappe (Muscaria armeniacum), un petit bulbe bon marché.

Il se trouve que les muscaris, contrairement aux autres bulbes plantés à l’automne et dont le feuillage ne sort qu’au printemps, produisent des feuilles à l’automne (des feuilles étroites qui résisteront par la suite aux neiges d’hiver) même si leur floraison ne survient qu’au printemps.

Ainsi, dans les années à venir, quand vous verrez un cercle de feuilles de muscari à l’automne, vous saurez qu’il y a d’autres bulbes plantés au centre et pourrez alors planter de nouveaux bulbes ailleurs.

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Convertir une clôture en haie

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Cette «haie» d’ipomées (gloires du matin) est ultra-mince, mais fait oublier la présence de la clôture. Source: Kelly Crocker, pinterest.ca

Une clôture en grillage métallique («clôture Frost») est solide, durable… et d’une beauté très douteuse, doublement quand elle commence à rouiller. Souvent, le propriétaire plante une haie devant la clôture pour la cacher, mais quel gaspillage d’espace au sol! En plus, la présence du grillage métallique complique la taille de la haie. Et l’achat de plants à haie est coûteux. Pourtant, il est possible de convertir une clôture grillagée en haie très rapidement et à faible coût : faites-y grimper tout simplement des plantes grimpantes annuelles, comme le haricot d’Espagne (Phaseolus coccineus) ou l’ipomée ou gloire du matin (Ipomoea nil), ou des plantes grimpantes vivaces, comme la vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia, zone 3) ou la vigne à raisin (Vitis spp., zones 3 à 7, selon l’espèce).

Vous n’avez qu’à les semer (annuelles) ou les planter (vivaces) à la base de la clôture et elles y monteront toutes seules. Vous obtiendrez une haie aussi haute que la clôture (les plantes arrêteront tout simplement de grimper quand elles atteindront la tête de la clôture, ne trouvant plus d’appui), mais très étroite… et qui n’a même pas besoin de taille pour garder sa forme!

Préparez vos plantes d’intérieur pour l’hiver

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L’hiver est difficile pour les plantes d’intérieur: il faut les traiter aux petits oignons. Source: www.mygardenlife.com

Il y a tant de raisons d’avoir de belles plantes d’intérieur dans nos maisons : elles embellissent nos décors, filtrent l’air des polluants, ajoutent une humidité bienfaisante à l’air, réduisent la fréquence et la durée des rhumes et des grippes, augmentent le taux d’oxygène dans nos demeures, etc. Mais encore faut-il les garder en vie… et la saison hivernale est la plus difficile de l’année pour ces végétaux, du moins, à l’extérieur de la zone tropicale.

En effet, l’automne et l’hiver font la vie dure aux plantes d’intérieur. Les jours de plus en plus courts et de plus en plus gris réduisent sérieusement leur capacité de croître et l’air sec de nos demeures peut endommager ou même faire chuter leur feuillage. Comment alors préparer nos plantes d’intérieur aux dures conditions qui arrivent?

Un éclairage maximal

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Approchez vos plantes des fenêtres pendant l’hiver. Source: gardenmagz.com.

Pour aider à compenser les journées courtes et grises de l’hiver, placez vos plantes plus près des fenêtres. Vous pouvez même les changer de pièce pour les mettre dans un emplacement plus éclairé. Pensez aussi que les grandes fenêtres laissent entrer davantage de lumière que les petites. Ouvrez les stores et les rideaux le jour et nettoyez les vitres (la poussière et les saletés réduisent de beaucoup la pénétration de la lumière). Si vous pouvez enlever les moustiquaires pour l’hiver, cela aidera aussi. À partir de la fin octobre, le soleil dans les régions septentrionales n’est plus assez fort pour brûler les plantes, même si vous les placez directement devant une fenêtre face au sud.

Il est aussi possible d’utiliser un éclairage artificiel, des lampes fluorescentes notamment, pour augmenter la durée du jour. Une simple lampe fluorescente à deux tubes (combinez un tube Cool White et un tube Warm White pour assurer une excellente qualité de lumière) munie d’une minuterie réglée à 14 heures ou à 16 heures par jour et suspendue à 30 cm au-dessus des plantes peut même stimuler les plantes d’intérieur à croître pendant tout l’hiver comme si c’était l’été. Il existe aussi des lampes DEL qui offrent un éclairage similaire.

Augmentez l’humidité

Saviez-vous que l’humidité relative d’une maison chauffée par temps très froid peut être de 15 % ou moins? Ainsi, l’air est plus sec que dans le désert du Sahara (25 %)! Et que la plupart des végétaux ont besoin d’une humidité relative d’au moins 50 % pour bien pousser? Pour corriger le problème, faites fonctionner un humidificateur dans la pièce où elles croissent. Ou regroupez les plantes en plaçant les végétaux aux feuilles les plus minces (plus sensibles à la sécheresse que les feuilles épaisses) au centre et les autres autour. Comme chaque plante dégage de l’humidité à cause de la transpiration, les plantes les plus fragiles au centre recevront une humidité plus forte.

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Plateau humidifiant. Source: http://www.sargentsnursery.com

Ou encore, fabriquez un plateau humidifiant. À cette fin, remplissez un plateau imperméable de pierres ou de gravier et placez vos plantes dessus, sans soucoupe (le plateau attrapera tout surplus d’arrosage). Maintenant, quand vous arrosez, versez un surplus d’eau dans le plateau. Le but n’est pas de couvrir les pierres d’eau (vous ne voudriez pas que le fond des pots trempe dans l’eau), mais tout simplement que la base des pierres trempe dans un fond d’eau. L’eau montera alors sur les pierres par capillarité et s’évaporera, offrant à vos plantes une humidité bénéfique.

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Vaporiser le feuillage est une pure perte de temps. Source: http://www.bobsmarket.com

Par contre, vaporiser les plantes manuellement avec de l’eau, une pratique pourtant fréquemment recommandée, est une perte de temps : l’effet ne dure que quelques minutes, insuffisamment de temps pour que les plantes puissent en profiter. Pour aider la plante, l’humidité doit rester élevée en tout temps.

Moins d’engrais

Il n’est pas très sage d’essayer de stimuler la croissance des plantes quand l’éclairage est faible : cela stimule l’étiolement (la croissance en orgueil), où les plantes semblent s’étirer avec des tiges anormalement longues et des feuilles vert pâle, une croissance qui n’est pas saine. Ainsi, arrêtez de fertiliser vos plantes en octobre pour ne reprendre qu’en mars.

Si vous utilisez un éclairage artificiel, par contre, les plantes pousseront très bien même l’hiver et vous pourrez continuer votre programme de fertilisation régulier.

Arrosages… selon les besoins

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Continuez d’arroser vos plantes d’intérieur quand le terreau est sec au toucher. Source: hihort.blogspot.com

Parfois, on voit le conseil d’arroser les plantes d’intérieur moins souvent l’hiver que l’été. Cela paraît logique, car n’est-ce pas que leur croissance est au ralenti à cette saison? D’accord, mais le gros de l’eau que les plantes absorbent est perdu à la transpiration… et les plantes transpirent davantage quand l’air est sec, donc l’hiver. Selon vos conditions (et notamment si vous avez ou non augmenté l’humidité), la plante peut avoir besoin de plus d’arrosages l’hiver que l’été!

Il n’y a qu’une seule façon de le savoir: vérifiez chaque plante une fois tous les quatre ou cinq jours en enfonçant l’index dans le sol jusqu’à la deuxième jointure. Si le sol est sec, arrosez abondamment, sinon, attendez la semaine suivante.

La question de la température

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Habituellement, les températures de nos demeures conviennent bien aux plantes d’intérieur, même en hiver. Source: Maker Crate, pinterest.ca

La plupart des plantes tropicales préfèrent des températures assez chaudes à l’année, du moins pendant la journée. La nuit, par contre, elles apprécient une bonne baisse, à 15 °C ou même moins. Et une baisse nocturne de la température est bonne pour les humains aussi. Donc, réglez le thermostat pour assurer une baisse nocturne ou encore, ouvrez la fenêtre un peu le soir.

Quelques plantes d’intérieur préfèrent une température basse jour et nuit : cactées (mais pas les autres succulentes), cyclamens, azalées, chrysanthèmes, romarin, pin de Norfolk, etc. Si vous pouvez leur trouver un emplacement frais (environ 15 °C le jour et 5 °C la nuit), ils l’apprécieraient.

Ne placez pas vos plantes si près d’une fenêtre que leur feuillage touche à la vitre, sinon il peut geler. Et évitez les coups de vent, notamment près des portes qui s’ouvrent et qui se ferment l’hiver.

Retardez les rempotages et bouturages

En octobre, il est encore loisible de rempoter et de bouturer les plantes d’intérieur, mais entre novembre et février (dans l’hémisphère Nord), mieux vaut s’en abstenir. Leur croissance étant au ralenti ou même complètement arrêtée, les plantes récupèrent moins bien de dérangements au niveau de leurs racines et les boutures tendent plus à pourrir qu’à s’enraciner.


Voilà! Avec quelques bons soins, vos plantes d’intérieur passeront l’hiver en parfait état et seront plus belles que jamais au printemps.

Entretien hivernal de votre tuyau d’arrosage

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Il faut rentrer les tuyaux d’arrosage à l’abri avant l’hiver. Source: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Un tuyau d’arrosage* est typiquement garanti entre 3 et 20 ans, selon le modèle, mais si vous tenez à le détruire auparavant en plus d’invalider la garantie, laissez-le à l’extérieur durant l’hiver.

Ce n’est pas tant que sa paroi soit fragile aux manipulations lorsque gelée, bien que cela puisse être un problème avec les tuyaux bas de gamme, mais plutôt que l’eau restée dans le tuyau gèlera. Or, comme on le sait, l’eau gelée prend de l’expansion et peut alors briser ou fêler le tuyau.

Rentrez plutôt votre tuyau à la chaleur, dans la maison ou dans un garage chauffé, durant l’hiver.

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Contrairement au tuyau d’arrosage, vous pouvez laisser un tuyau suintant en place tout l’hiver. Source: andiesway.blogspot.com

Il n’est pas nécessaire, par contre, de rentrer les tuyaux suintants : grâce à leurs nombreuses perforations, ils se vident de leur eau après chaque utilisation et résistent alors parfaitement au gel.

*Au Québec et ailleurs au Canada, on dit couramment «boyau d’arrosage» plutôt que tuyau d’arrosage, mais ce terme est considéré comme vieilli ailleurs dans la francophonie.

Comment hiverner un fuchsia en climat froid

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Un fuchsia hybride (Fuchsia hybrida) peut fleurir de la fin du printemps à la fin de l’automne, mais il faut penser l’abriter pour l’hiver. Source: Lori Smoot, pinterest.ca

Le genre Fuchsia, nommé d’après le botaniste allemand Leonhart Fuchs (1501-1566), contient plus de 100 espèces, dont plusieurs sont tropicales et incapables de tolérer la moindre fraîcheur, mais la variété la plus cultivée, le fuchsia hybride (Fuchsia x hybrida), dont il existe plus de 8 000 cultivars, est plutôt subtropicale et apprécie un automne et un hiver à une fraîcheur relative. Le fuchsia hybride peut même, à la rigueur, tolérer un léger gel.

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Le fuchsia rustique (F. magellanica) produit d’innombrables et très petites fleurs et peut même servir de haie dans les zones de rusticité 8 à 10. Source: www.amazon.com

Il existe tout de même un «fuchsia rustique» (F. magellanica et ses hybrides), un arbuste qui survit en zone 7 si on le paille très bien (autrement, en zone 8) et qui peut donc pousser en plein air dans une bonne partie de l’Europe occidentale et méridionale ainsi que dans les régions aux hivers plutôt doux de l’Amérique du Nord, jusqu’à Vancouver (au Canada).

Ceci dit, la plupart des autres fuchsias sont insuffisamment rustiques pour hiverner en pleine terre dans les régions tempérées. Il faut donc soit les traiter comme annuelles et les laisser geler à l’automne (ce que font la plupart des jardiniers) ou encore, trouver le moyen de les hiverner à l’abri du gel.

Différentes techniques

J’ai des amis en Europe (zone de rusticité 8) qui les hivernent en les débarrassant de leur feuillage et en les couchant dans une tranchée dans le jardin pendant l’hiver, les recouvrant de terre et d’un épais paillis, ce qui m’a toujours paru une énorme tâche. Et, de plus, dans les zones 7 et moins (et je réside dans la très froide zone 4), la terre peut geler en profondeur, ce qui annule cette possibilité.

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F. triphylla (ici, le populaire cultivar ‘Gartenmeister Bonstedt’) se distingue des fuchsias hybrides (F. x hybrida) par ses fleurs à long tube et son feuillage au revers pourpré. Il est plus tropical que les fuschias hybrides. Source: www.monrovia.com

On peut aussi les hiverner dans la maison comme plantes d’intérieur, devant une fenêtre très ensoleillée, mais cela amène son lot de problèmes. Je le fais seulement avec le fuchsia à trois feuilles (F. triphylla) et ses cultivars, comme le classique ‘Gartenmeister Bonstedt’, une espèce plus tropicale que le fuchsia hybride. Il semble très bien s’adapter aux températures plutôt chaudes (16 à 22 °C) maintenues dans nos demeures l’hiver.

Les fuchsias hybrides (F. x hybrida) font de moins bonnes plantes d’intérieur. Ils préfèreraient un hiver nettement plus au frais (4 à 10 °C) et perdent donc beaucoup de feuilles à l’entrée, puis produisent par la suite des tiges étiolées, minces et faibles sous la combinaison de la chaleur et du manque de lumière (le soleil est très faible l’hiver dans les régions au climat tempéré). Aussi, ils tolèrent difficilement l’air sec si courant dans nos maisons l’hiver.

Si vous pensez néanmoins garder des fuchsias hybrides en croissance l’hiver, faites très attention de bien traiter les feuilles avec un insecticide convenable à la rentrée pour ne pas entrer des aleurodes (mouches blanches), sinon vous aurez un gros problème en mars quand ces insectes se réveilleront et commenceront à proliférer.

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Il est possible d’hiverner des fuchsias sous forme de boutures. http://www.gardenersworld.com

Une troisième option consiste à rentrer des boutures plutôt que des plantes (un traitement contre les aleurodes demeure essentiel). Appliquez une hormone d’enracinement et faites enraciner les boutures dans un pot de terreau humide. Les jeunes plants qui en résultent semblent mieux tolérer les températures chaudes de nos maisons que les plantes adultes. Malgré tout, une taille occasionnelle pour réduire l’étiolement et stimuler la ramification serait utile.

Une dormance forcée

Voilà la méthode de choix pour la plupart des jardiniers. Il vous faut un emplacement à l’abri du gel où la température se maintient entre 4 à 10 °C, éclairé ou non. Souvent, on trouve de telles conditions dans un sous-sol, une chambre froide, un garage un peu chauffé ou une véranda (solarium). L’air peut être humide ou sec : cela importe peu quand la plante est en dormance.

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Fuchsia taillé, débarrassé de ses feuilles et prêt à hiverner à l’abri du gel. Source: fuchsiabonsailady, gardenweb.com

Quand le gel menace (on peut aussi laisser les plantes subir un gel léger), rentrez les plants. Rabattez les tiges d’un tiers. Débarrassez les plants de toute feuille restante (ils en auront beaucoup perdu après avoir subi des températures automnales fraîches). C’est que vous ne voudriez pas entrer des aleurodes par accident; or, ces insectes hivernent fixés sur l’envers des feuilles.

L’entretien pendant cette période est minimal : il faut tout simplement arroser suffisamment pour que le terreau ne s’assèche pas complètement. À cette fin, un arrosage par mois est habituellement suffisant.

À la fin de mars ou en avril, rentrez les plants dans la maison ou dans une serre chauffée, les plaçant au plein soleil. Recommencez alors à arroser plus assidûment, ce qui provoquera assez rapidement un début de croissance. À mesure que les feuilles repousseront, les besoins en arrosage augmenteront et bientôt il faudra arroser vos fuchsias autant que toute autre plante d’intérieur. Quand la croissance reprendra, vous pourrez commencer à les fertiliser de nouveau aussi.

Avec ce traitement, vos fuchsias seront en pleine croissance, voire en début de floraison, juste à temps pour leur saison estivale que vous leur ferez passer en plein air, de préférence à la mi-ombre.

Narcisse ou jonquille?

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Deux jonquilles, n’est-ce pas? En fait, seulement la plante à droite (‘Baby Moon’) est une jonquille véritable. L’autre est un narcisse à trompette (‘Dutch Master’). Source: http://www.jparkers.co.uk & http://www.dutchbulbs.com

Il y a une grande confusion entre les termes «narcisse» et «jonquille», deux noms pour un bulbe à floraison printanière que nous plantons à l’automne.

Beaucoup de gens utilisent les deux termes indifféremment, ou encore, croient que les variétés à fleurs jaunes sont des jonquilles, surtout quand la fleur est en forme de trompette, et qu’on devrait appeler «narcisse» toute autre variété, soit à fleurs blanches ou bicolores ou sans trompette proéminente.

En fait, cependant, narcisse est presque toujours le bon terme à utiliser, car il fait référence à toute plante du genre Narcissus.

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La vraie jonquille avec ses petites fleurs à petite couronne et ses feuilles tubulaires rappellant celles d’un jonc. Source: worldoffloweringplants.com

Le mot «jonquille» veut dire «petit jonc» et s’applique spécifiquement à une seule des quelques 67 espèces de narcisses soit Narcissus jonquilla, ainsi appelée parce que ses feuilles sont tubulaires, comme un jonc, et non pas aplaties comme celles de la plupart des autres narcisses. La jonquille a donné plusieurs hybrides aux petites fleurs souvent parfumées de couleur jaune ou blanche, généralement portées à plusieurs par tige. Notez aussi que la jonquille véritable a une toute petite coupe, jamais une longue trompette comme la jonquille de notre imagination!

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Toutes ces fleurs sont des narcisses; aucune n’est une jonquille. Source: www.jparkers.co.uk

Même si le terme jonquille est souvent employé, les vraies jonquilles sont rarement cultivées dans nos jardins, notamment au Canada, dans ce dernier cas à cause de leur faible rusticité. Les bulbes de Narcissus que nous plantons appartiennent presque toujours à d’autres catégories. La plupart d’ailleurs ont des feuilles aplaties et ne sont alors assurément pas des «petits joncs»! Même la «jonquille» du Mois de la jonquille de la Société canadienne du cancer et de la campagne Une jonquille pour Curie contre le cancer en France n’est pas une jonquille, mais un narcisse trompette!

Donc, bannissons le terme «jonquille» de notre vocabulaire de jardinier. Narcisse est le terme approprié pour 99% des Narcissus que nous cultivons.

Résidus de végétaux laissés dans le jardin: ce que les scientifiques en disent

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Les agriculteurs modernes laissent les résidus de récolte dans leurs champs afin de maintenir et d’améliorer la qualité du sol. Les jardiniers amateurs devraient apprendre à le faire aussi! Source: Fabian Fernandez

Je n’ai jamais été très porté sur le ménage d’automne dans le jardin, car je n’en ai jamais compris le but. Après tout, dame Nature ne ramasse pas les racines, les tiges et les feuilles des annuelles, légumes et céréales morts à l’automne et qui sait mieux qu’elle comment faire?

Mais assez de mes croyances de simple jardinier amateur. Voici un article qui présente le point de vue de la science sur le sujet, article que j’ai vu sur l’excellent site de vulgarisation scientifique Soils Matter de la Soil Science Society of America (une association professionnelle de pédologues, soit les scientifiques qui étudient le sol). L’article est traduit de l’anglais.

Quel est l’effet de laisser des déchets de légumes dans le potager pendant l’hiver? Comment cela améliore-t-il les conditions du sol?

Intentionnellement ou non, de nombreux jardiniers laissent des résidus végétaux dans leurs jardins et plates-bandes pendant l’hiver. C’est en fait une bonne chose pour le sol et d’ailleurs quelque chose que tout jardinier devrait réellement apprendre à mettre en pratique à chaque année!

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Ensemencement de céréales à travers la litière végétale de la saison précédente: c’est la culture sans labour maintenant recommandée par les agronomes. Le jardinier amateur peut faire la même chose à (beaucoup) plus petite échelle. Source: nrcs.usda.gov

Les scientifiques — notamment les agronomes et les pédologues — qualifient de «litière» les résidus restés au sol l’hiver. Laisser la litière en place pendant l’hiver plutôt que de la retirer ou de l’enfouir dans le sol offre de nombreux avantages pour le sol et pour le jardin.

  • Les résidus végétaux réduisent l’érosion et la perte de la si importante «couche arable». La litière recouvre le sol et le protège après que la saison de croissance des plantes soit terminée. Les résidus de récolte attrapent les précipitations et réduisent ainsi la force d’impact des gouttelettes de pluie individuelles sur la surface du sol. La litière ralentit également l’écoulement de l’eau de la fonte des neiges, lui permettant de pénétrer le sol. Tout cela aide à protéger la structure du sol, la gardant intacte pour les cultures de l’année suivante.

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    Lorsqu’il ne reste aucune litière sur le sol, il peut se former une croûte. Cela réduit la capacité naturelle du sol à absorber l’eau de pluie et celle de la fonte des neiges et peut augmenter l’érosion. Source: Kate Norvell

  • La présence de résidus de plantes à la surface du sol empêche également ce dernier de se croûter. Vous avez peut-être remarqué que, lors de fortes pluies, un sol croûté n’absorbe aucune eau. Pire encore, de petits ruisseaux se forment parfois sur un sol sec pour devenir ensuite de véritables torrents qui emportent le sol et ses nutriments importants.
  • La matière végétale résiduelle réduit les mauvaises herbes en recouvrant et en ombrageant le sol. Les mauvaises herbes germent souvent au début du printemps et ces résidus inhibent leur croissance. Les résidus de culture limitent aussi la quantité de sol disponible pour la germination et la croissance de ces plantes indésirables et réduisent également les ressources et l’espace nécessaires à la croissance des jeunes plants de mauvaises herbes.

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    Comparaison des températures du sol par une journée où la température de l’air était de 29,5 °C. Source : Ann Fischer

  • Les résidus végétaux fournissent de l’ombre et aident à contrôler la température du sol. Ils contribuent à garder les sols plus frais pendant toute la saison morte et jusqu’au début de la saison de croissance suivante. Des températures de sol plus fraîches fournissent des conditions plus appropriées pour le développement des microbes bénéfiques du sol. Ces microbes sont nécessaires au maintien d’un sol productif, ce qui permet un développement maximal des cultures.
  • Des températures de sol plus fraîches contribuent également à la rétention de l’humidité du sol, ce qui est aussi favorable à la germination des graines au printemps, puis à la croissance des cultures.
  • Les résidus de culture fournissent des microhabitats qui protègent et favorisent les semences de plantes en germination et l’établissement de jeunes plants.
  • La litière constitue une source de matière organique pour le sol. Or, la matière organique est essentielle à la santé du sol. Elle aide à créer un environnement favorable à la croissance des cultures. Les matières organiques constituent une source d’énergie pour les populations microbiennes du sol, ce qui accélère les taux de décomposition et libère les nutriments essentiels à la croissance des cultures. La matière organique du sol aide également à maintenir la bonne structure du sol lui-même, ce réduit davantage l’érosion tout en améliorant l’infiltration d’eau et l’aération du sol.
Texte de Kelley House, pédologue agréée (Duraroot) et Kate Norvell, pédologue agréée et agronome professionnelle agréée (North 40 AG, Inc.). Traduction : jardinierparesseux.com