Couronne d’épines sans branche

Par défaut

Photo: Rachel Bernier

Question: J’ai eu il y a environ 2 ans cette plante (qui était beaucoup plus petite!). Comment faire pour avoir d’autres tiges sur la même plante au lieu d’un tronc central unique? 

Rachel Bernier

Réponse: Votre plante est une couronne d’épines (Euphorbia milii), aussi appelée épine du Christ. Il en existe de nombreux cultivars avec des fleurs de toutes sortes de couleurs et aussi des variétés qui se ramifient beaucoup et d’autres presque pas. On dirait que les variétés à tiges minces et à petites feuilles se ramifient plus facilement que les variétés à grosses feuilles et à tiges épaisses comme la vôtre. 

Après une taille sévère, cette couronne d’épines a produit plusieurs ramifications. Photo: http://www.weh.net

Pour la forcer à produire des rameaux, coupez-lui la tête.  Cela élimine la «dominance apicale» et oblige une redistribution des hormones de croissance qui, espérons-le, stimuleront le réveil de quelques boutons dormants plus bas sur la tige.

Vous pouvez tout simplement «pincer» (avec un sécateur, car cette plante est trop épineuse pour pincer avec le pouce et l’index!), soit tailler seulement la pointe de croissance, ou vous pourriez la rabattre sévèrement, peut-être à 10 cm du sol. Cela obligera la couronne d’épines à produire au moins une branche et probablement plusieurs. 

Portez des gants pour tailler une couronne d’épines: non seulement la plante est-elle piquante, mais sa sève est irritante, même toxique si on l’avale. Et après la taille, vaporisez la blessure d’eau fraîche pour arrêter la production de sève blanche qui, autrement, peut couler quelque temps.

Si jamais votre plante ne produit qu’une branche, laissez la nouvelle tige pousser un peu et supprimez encore son extrémité. Il faut parfois répéter la taille pour forcer certaines plantes récalcitrantes à se ramifier. 

L’autre possibilité serait de bouturer la tête (encore, vaporisez la blessure pour arrêter l’écoulement de la sève) et de la planter dans le même pot. Si vous faites cela 2 ou 3 fois, la potée paraîtra bien fournie même si aucune plante ne se ramifie.

D’autres plantes aussi

Et couper la tête de la plupart des autres plantes d’intérieur au port vertical aura le même effet: supprimer la partie supérieure stimulera la production de branches plus bas. Donc, si votre schefflera, avocatier, dieffenbachia, etc. semble vouloir monter tout droit vers le plafond, tranchez-lui la tête! Il y a bien quelques exceptions (les palmiers, par exemple, ne produisent pas de ramifications), mais elles sont très rares.

Publicités

Cultivez l’herbe à chat vous-même

Par défaut

Herbe à chat. Photo: tractive.com

Vous en avez sans doute vu en animalerie ou en jardinerie: des trousses d’herbe à chat (cat grass) remplies de graminées que les chats aiment bien croquer.

Ne confondez pas l’herbe à chat avec l’herbe aux chats ou cataire (Nepeta cataria), une plante très différente qui rend certains chats un peu dingues. Cette dernière ne ressemble nullement à une graminée avec ses feuilles larges à marge crénelée, mais plutôt à une menthe. On la cultive en pleine terre, pas dans la maison.

Donc, le produit en question, c’est vraiment de l’herbe: il contient des graminées, en fait, des céréales. «Il suffit d’ajouter de l’eau!» indique sans doute l’emballage. Et c’est vrai que l’herbe à chat n’est pas compliquée à produire. 

Essentiellement, en achetant ce produit, vous achetez une barquette de terreau dans laquelle le fabricant a pré-semé des graines de céréales: orge, blé, avoine ou seigle. 

Avantages pour les minous

Nécessaire d’herbe à chat. Photo: ww.walmart.ca

Manger des graminées est bon pour les chats: elles contiennent de l’acide folique, d’autres vitamines et des fibres, bons pour leur santé, et ont un léger effet laxatif qui aide à purger leur système de restes de nourriture non assimilables. Elles aident aussi à évacuer les poils que le chat avale en léchant son pelage, ce qu’il fait en les régurgitant. 

De plus, en l’absence d’herbe à chat, certains félins se mettent à croquer vos plantes d’intérieur dont certaines peuvent être toxiques pour eux. (Lisez 200 plantes d’intérieur toxiques pour plus de renseignements.)

Pour économiser

Reste que ces trousses coûtent assez cher, surtout qu’elles ne durent qu’environ 15 à 20 jours. 

On peut trouver des graines de céréales dans la section des graines à germer. Photo: nuts.com

Heureusement, vous pouvez obtenir le même résultat pour beaucoup moins d’argent en semant tout simplement des graines de graminées (cherchez dans la section «graines à germer» de votre jardinerie ou magasin d’aliments naturels) sur la surface d’un pot rempli de terreau pour plantes d’intérieur. Il suffit alors d’arroser: vous n’avez même pas besoin de les enterrer! 

Gardez le pot au soleil ou sous une lampe fluorescente ou DEL, arrosez occasionnellement et, en seulement quelques jours, il y aura amplement de verdure pour minet. Ces pots de graminées ne font toutefois pas long feu: il faudrait en semer d’autres toutes les deux ou trois semaines.

Cultiver votre propre herbe à chat? Pourquoi pas?

Collier élisabéthain comme outil d’empotage

Par défaut

Rempoter un cactus de Noël (Schlumbergera truncata) n’est pas facile. Avec ses tiges arquées et son port en parapluie, même pleureur, on peine même à le dépoter sans briser des branches. Mais vous pouvez utiliser le collier élisabéthain de votre chien ou votre chat pour délicatement repousser les branches vers le haut, hors du champ de vision et de la zone de travail, pendant le rempotage, assurant un rempotage facile et sans dommage.

Cactus fraîchement transplanté, sans aucun dommage.

Essayez la même méthode pour rempoter d’autres plantes à feuilles ou tiges arquées comme la fougère de Boston (Nephrolepis exaltata) ou la plante-araignée (Chlorophytum comosum).

Merci à Denise B. pour le truc et les photos!

Aide pour les jardiniers âgés: fixer un tuyau d’arrosage sans vous plier

Par défaut

Raccord rapide et protecteur de tuyau installés sur un robinet d’arrosage. Photo: Dramm Corporation

Je ne sais pas comment le robinet d’arrosage est installé sur votre maison, mais le mien est tout près du sol. Auparavant, je devais me mettre à quatre pattes pour y installer le tuyau et, même dans ce cas, il me fallait plier le tuyau à un angle exagéré (presque 90 degrés!) pendant que je tentais de le visser au robinet, ce qui rendait l’action très gênante. 

Alors, chaque automne, du moins jusqu’à cette année, je me trouvais encore agenouillé, ce à quoi mon corps vieillissant s’opposait vigoureusement, dévissant avec difficulté le tuyau pour l’apporter à l’intérieur à l’abri du gel, puis chaque printemps, j’étais de nouveau agenouillé dans la boue en essayant de revisser le tuyau à cet angle ridicule avec des doigts gelés. C’était très inconfortable, mais je n’avais jamais pensé qu’il pouvait y avoir une solution facile.

Un tuyau constamment plié ne durera pas très longtemps. Ill.: pixabay.com, montage: http://www.jardinierparesseux.com

De plus, il va sans dire que non seulement un tuyau constamment plié à un tel angle offre un débit d’eau réduit, mais que ce pli important finit par abîmer le tuyau à la longue.

Mais j’ai vu le système facile qu’un ami avait installé sur son robinet et je l’ai imité chez moi. Il n’a fallu que combiner deux accessoires de jardin faciles à trouver en quincaillerie. Un problème récurrent depuis plus de 20 ans réglé en un tour de main!

Les accessoires

Protecteur de tuyau souple. Photo: http://www.homedepot.com

Le premier accessoire est un protecteur de tuyau souple. C’est une section de tuyau extra flexible et, dans le cas du modèle que j’ai acheté, solidifié avec une spirale en aluminium malléable. C’est lui qui écope de l’angle réduit plutôt que le tuyau d’arrosage, assurant un très bon débit tout en supprimant tout pli dans le tuyau qui pourrait mener à son usure prématurée. De plus, vous pouvez saisir le protecteur et le diriger carrément vers le haut pendant que vous installez le tuyau, ce qui facilite énormément sa fixation. Vous aurez moins besoin de vous pencher et plus du tout de vous mettre à genoux.

Raccord rapide de tuyau. Photo: http://www.bricorama.fr

Mais ce n’est que la première étape! Avant d’installer le tuyau, ajoutez un raccord rapide pour tuyau (raccord-clic) à son extrémité et à l’extrémité du protecteur. On en trouve plusieurs modèles en quincaillerie.

Maintenant, lorsque vous devez installer le tuyau, pliez le protecteur vers le haut à un angle commode, puis enclenchez le tuyau en un instant. Et détachez-le tout aussi rapidement à la fin de la saison ou pour déplacer le tuyau.

Fixer et retirer un tuyau d’arrosage devient alors un jeu d’enfant, même quand le robinet frôle le sol ou presque. Il suffisait d’y penser!

Décorez vos balconnières pour l’hiver

Par défaut

Photo: Ashley McCarthy, pinterest.ca

Il n’y a rien qui dit mieux «c’est l’automne et je suis déprimé» qu’une balconnière vidée de ses annuelles. Pourtant, il est si facile de convertir une balconnière estivale vide en une décoration qui donnera du punch à votre aménagement hivernal. Il suffit d’utiliser votre imagination!

Idéalement, votre boîte serait toujours en place, vidée de ses végétaux, mais encore remplie de terreau… car le terreau servira de support pour les décorations que vous allez ajouter. 

La tournée de ramassage

Photo: Stone Style Gardens & Bouquets

Faites une tournée de votre cour ou, avec permission, de celle d’un voisin, à la recherche de beauté naturelle. Ayez sous la main des sécateurs et un panier, un seau ou un gros sac dans lequel déposer vos trouvailles pendant le ramassage. 

Quoi récolter? Ce qui vous plaît! Les végétaux qui conservent leur feuillage l’hiver sont un «must»: branches de conifère (if, thuya ou pin, par exemple), tiges de fusain, de houx ou d’autres arbustes à feuillage persistant, etc. Pensez aussi aux arbres, arbustes et grimpantes à fruits persistants: houx verticillé, viorne trilobée, bourreau des arbres, certains pommiers d’ornement, etc. Et n’oubliez pas les branches à l’écorce colorée des cornouillers et saules qui viennent en rouge, orange ou jaune lime. Les cônes de conifère sont aussi très attrayants, surtout les plus gros, sans parler des tiges, feuilles et plumeaux des graminées et des fleurs séchées des hydrangées. Ou encore, les tiges en tire-bouchon de certains saules et du noisetier tortueux (Corylus avellana ‘Contorta’). 

Arrangements de Noël. Photo: http://www.parolesvaines.fr

Allez-y doucement dans votre récolte, surtout avec les arbustes et les arbres: vous ne voulez pas couper des branches qui seront utiles l’année suivante. Mais il est généralement facile de trouver des tiges secondaires ou un peu cachées de la vue qui peuvent disparaître sans que cela paraisse. 

Et des végétaux?

Photo: enlivenplanters.com

Sous un climat doux, on peut facilement incorporer des végétaux rustiques dans la balconnière: même les choux décoratifs y gardent leur coloration tout l’hiver. Là où les hivers sont très froids, par contre, la plupart des végétaux meurent gelés assez rapidement lorsqu’on les plante dans un pot l’hiver. Vous pouvez toutefois faire des essais en région froide avec de petits conifères, des sédums à feuillage persistant ou des plants de petite pervenche (Vinca minor). Le sol gèle plus profondément en pot qu’en pleine terre: il vaut mieux alors choisir des végétaux extra rustiques, comme des plantes des zones de rusticité 1, 2, 3 ou 4 pour une balconnière en zone 5.

Maintenant, on décore

À vous de décider comment vous organisez votre arrangement! Piquez dans la terre de la boîte les tiges placées debout, penchées, même à l’envers. Et laissez certains «ingrédients» déborder du pot. Un peu de fil de fer peut être nécessaire pour fixer les cônes de conifère et autres trouvailles à leur place. 

Balconnière décorée pour Noël. Photo: Michael Molesky Interior Design

Vous pouvez bien sûr vous limiter aux «ingrédients naturels», mais pour un effet noëlesque surtout, il n’est pas défendu d’ajouter des boucles blanches ou rouges, des boules de Noël ou des guirlandes de lumières.

Je suis certain que vous allez être satisfait de vos arrangements sur le coup, mais la venue d’un peu de neige va rehausser leur intérêt encore davantage.

N.D.L.R. Texte adapté d’un billet originalement publié le 8 novembre 2015.

L’eau Brita est-elle sans danger pour les plantes?

Par défaut

Ill.: http://www.blinq.com & http://www.cleanpng.com, montage: http://www.jardinierparesseux.com

Question: J’ai un pichet Brita que j’utilise pour améliorer la qualité de mon eau potable. Puis-je aussi utiliser cette eau sur mes plantes d’intérieur?

M. Carmichael

Réponse: Bien sûr, mais pourquoi? 

Les plantes, ainsi que les microbes qui vivent sur leurs racines, sont d’excellents filtreurs d’eau. Les végétaux absorbent les impuretés qui pourraient être nocives pour les humains et les utilisent pour leur propre croissance. 

Les filtres Brita, et les autres de ce type, sont essentiellement constitués de granules de charbon activé qui sont très efficaces pour éliminer l’excès de chlore présent dans l’eau. Ils filtrent également, dans une bien moindre mesure, souvent à peine détectable, les métaux lourds tels que le plomb et le cadmium. Fondamentalement, ils sont conçus pour rendre l’eau plus agréable au goût, mais les plantes n’ont aucun sens du goût… que nous connaissions!

Le chlore est essentiel à la croissance des végétaux. Ill.: lesonetlesplantes.wixsite.com

Il faut souligner que le chlore n’est pas aussi nocif pour les plantes que le prétend la croyance populaire. Ce n’est pas le chlore qui brûle les extrémités des feuilles de nos plantes d’intérieur (cette condition est le plus souvent causée par l’air sec, un arrosage insuffisant chronique, un terreau contaminé par un excès de minéraux ou une eau très dure). En fait, le chlore (Cl) est un élément essentiel dont les plantes ont besoin pour leur croissance!

Si votre municipalité ajoute du chlore à l’eau, c’est pour vous protéger contre les agents pathogènes, tels que les bactéries, les virus et les protozoaires, qui peuvent se former dans les canalisations en cours de route vers votre robinet et qui sont susceptibles de provoquer des maladies chez les humains. Le chlore est un désinfectant très efficace. Mais si vous versiez une eau contaminée sur le sol des plantes, cela ne les gênerait nullement. Les mêmes agents pathogènes qui nuisent aux humains seraient filtrés et même consommés par les plantes et les microbes du terreau quand l’eau passerait à travers le terreau lors de l’arrosage.

D’accord, il existe des plantes qui ne tolèrent pas l’eau dure, c’est-à-dire une eau contenant une grande quantité de sels dissous et de minéraux tels que le magnésium et le calcium (les plantes carnivores en sont l’exemple le plus évident), mais les filtres de type Brita n’adoucissent pas l’eau, du moins, pas à un degré notable. Vous devriez arroser de telles plantes avec de l’eau de pluie, de l’eau de déshumidificateur ou de l’eau distillée, jamais avec l’eau de robinet, filtrée ou non.

Alors, allez-y: utilisez votre pichet Brita pour arroser vos plantes d’intérieur si vous le voulez, mais ne vous attendez pas à ce que cela les aide le moindrement!

Connaissez-vous le fruit miracle?

Par défaut

Le fruit miracle: Synsepalum dulciferum. Hamale Lyman, Wikimedia Commons

Je n’ai pas l’habitude d’abuser du mot «miracle», mais la baie de la plante appelée fruit miracle ou fruit miraculeux (Synsepalum dulciferum) a vraiment quelque chose de très spécial. Le petit fruit rouge oviforme n’est pas particulièrement sucré en soi, bien qu’il soit tout à fait comestible. Ce qui est surprenant est ce qui se passe après son ingestion. C’est que le fruit contient une glycoprotéine appelée miraculine (oui, c’est bien son nom!) qui se lie à vos papilles gustatives. Alors, si par la suite vous mangez quelque chose de sûr ou d’amer, cela active les récepteurs sucrés, ce qui donne l’impression d’un goût sucré.

Fruits miracles. Photo: MiracleFruitFarm

Une fois, j’ai apporté des baies à une conférence que je donnais sur des plantes d’intérieur inhabituelles et j’ai fait mâcher le fruit à quelques volontaires (je n’avais que 7 baies mûres à partager). Après, je les ai fait mordre dans une tranche de citron. Vous auriez dû voir le regard d’étonnement sur leurs visages! J’aurais pu leur faire essayer, de la même façon, des radis, des cornichons sûrs, des piments forts, de la moutarde, des tranches de pamplemousse ou de la bière. (Pour moi, la bière qu’on boit après avoir mâché un fruit miracle a un goût près de celui du champagne!)

Les fraises pour lesquelles vous avez payé une fortune, mais qui ne sont pas assez sucrées? Mâchez un fruit miracle et elles seront divines! Ou glissez un fruit miracle dans votre poche avant de vous rendre chez votre belle-mère dont la cuisine est tout simplement abominable. Ou faites mâcher une baie à un enfant (enlevez d’abord le pépin pour éviter tout risque d’étouffement) avant de lui administrer un médicament amer.

L’effet de la miraculine dure environ 20 à 60 minutes, soit le temps nécessaire pour que votre salive élimine la protéine.

Histoire

Distribution du fruit miracle à l’état naturel. Photo: florawww.eeb.uconn.edu.

Le fruit miracle n’a rien de nouveau: son effet est connu depuis des siècles. Il est originaire d’Afrique de l’Ouest où l’on cueille et mâche traditionnellement le fruit avant le repas. Le Chevalier des Marchais, cartographe et capitaine de navire négrier, a écrit un texte à son sujet dès 1724. En général, les efforts de commercialisation du fruit ont échoué, ainsi vous ne le trouverez pas en épicerie, mais il est néanmoins possible d’acheter des tablettes à base de fruits miracles sur Internet. 

Apparence 

Fruit miracle cultivé en plein air aux Philippines. Photo: http://www.galleon.ph

Le fruit miracle est un arbuste à feuilles persistantes mesurant environ 1,8 à 4,5 m de haut à l’extérieur, mais rarement plus de 1,5 m à l’intérieur, avec des feuilles elliptiques denses, vertes, lisses et allongées groupées en verticilles aux extrémités des branches. Les grappes de petites fleurs tubulaires brunes à blanches de 6 mm apparaissent sporadiquement tout au long de l’année, mais ne sont pas très remarquables. Les baies rouges de 2 à 3 cm, cependant, sont assez frappantes, ressemblant beaucoup aux cerises de caféier et avec un pépin de taille similaire à l’intérieur (que vous pouvez cracher discrètement), bien que les deux plantes ne soient pas apparentées. (Coffea arabica appartient à la famille des Rubiacées, le fruit miracle à celle des Sapotacées.)

Cultiver votre propre fruit miracle

Fruit miracle cultivé en tant que plante d’intérieur. Photo: http://www.logees.com

Le fruit miracle est un arbuste tropical. Dans les climats tempérés, il faut le cultiver à l’intérieur, du moins de l’automne au printemps. Il aime les sols acides (un pH 4,5 à 5,8), alors mélangez 50% de tourbe horticole («peat moss») ou d’un autre substrat acide à votre terreau pour plantes d’intérieur habituel. Pour les heureux lecteurs qui vivent sous les tropiques, là aussi il faut normalement amender le sol pour qu’il soit suffisamment acide.

Au début, j’ai eu du mal avec cette plante: elle semblait avoir besoin d’une très forte humidité et souffrait l’hiver sous les conditions de ma maison où je peine à maintenir une humidité relative de 50 %. J’ai donc appris à l’enfermer dans un grand sac de plastique transparent pour l’hiver, en utilisant des tuteurs pour que le plastique n’appuie pas sur les feuilles. Dans cette serre personnelle où le taux d’humidité approche les 100%, la plante passe l’hiver en parfait état, se croyant probablement de retour chez elle en Afrique de l’Ouest!

À l’état sauvage, le fruit miracle pousse à l’ombre partielle. À l’intérieur, loin des tropiques, où l’intensité du soleil est sérieusement diminuée, je suggère de lui donner le plus de soleil que vous pouvez tout en évitant les emplacements extrêmement chauds. Le fruit miracle préfère quand même les températures tropicales toute l’année. Évitez donc les températures inférieures à 15 °C si vous en avez la possibilité. On dit que les plantes établies peuvent tolérer un gel léger… mais elles ne l’aimeront pas!

Offrez-lui un arrosage «normal». Autrement dit, laissez le sol sécher légèrement, puis arrosez abondamment, et ce, à l’année. J’utilise pour l’arrosage l’eau municipale directement du robinet. (Non, je ne perds pas mon temps à laisser l’eau reposer 24 heures avant de l’utiliser.) Pour maintenir le pH bas, je fertilise du printemps au début de l’automne avec un engrais soluble acidifiant (essayez un engrais pour rhododendrons ou pour conifères) à un huitième du taux recommandé.

Les fleurs sont très bien cachées. Photo: Paulina Daruk, Twitter

Théoriquement, les fleurs du fruit miracle s’autopollinisent, mais pour être sûr, je pollinise quand même les fleurs avec un pinceau d’artiste si la plante est à l’intérieur au moment de la floraison. Si elle est en plein air (et presque toutes mes plantes d’intérieur passent l’été en plein air), je laisse les insectes s’en charger. 

En général, seulement un ou deux fruits par grappe mûrissent, rarement trois, du moins sous mes conditions. Habituellement, il y a 2 récoltes par année chez moi, s’étalant sur environ 45 à 60 jours, mais d’autres jardiniers en signalent 3 ou 4. Et je ne parle pas de paniers pleins de fruits: plutôt une poignée ou deux à la fois. J’ai vu cette plante en climat tropical à plusieurs reprises et même là, la production semble être plutôt clairsemée.

Le fruit miracle n’est pas immun aux insectes: faites attention aux cochenilles farineuses, aux cochenilles à carapace et, si l’air est sec, aux tétranyques (araignées rouges). Et la pourriture guette la plante dont le sol demeure trop humide ou qui est placée trop à l’ombre.

Quant à sa multiplication, on peut bouturer cet arbuste assez facilement. Faites-le à l’étouffée (sous plastique) dans un terreau humide et utilisez une hormone d’enracinement. On peut aussi semer les graines fraîches. Cependant, les plantes cultivées par semences ne produiront probablement pas de fruits avant de nombreuses années.

Où le trouver?

Parfois, on trouve des plantes de fruit miracle en jardinerie. Si vous en voyez une, achetez-la sans délai: c’est un événement assez rare!

J’ai obtenu ma plante par la poste de Flora Exotica (Canada). En Europe, essayez AlsaGarden. Aux États-Unis, vous pouvez commander une plante d’Amazon.com.

Mais ne faites pas venir cette plante frileuse en plein hiver: attendez la belle saison!