Comment créer votre propre tomate hybride

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N’importe quel jardinier peut créer sa propre lignée de tomate. Source: www.clipartpanda.com, http://www.clker.com & http://www.brainmindspecialist.com, montage: jardinierparesseux.com

Quand il s’agit de pollinisation, les tomates cultivées (Solanum lycopersicum) ne sont pas comme les autres légumes. La fleur de la tomate est essentiellement fermée, car le style (partie femelle) est plus court que ne le sont les étamines (parties mâles) qui forment un genre de tube autour de ce dernier: le tube staminique. Cela signifie que la fleur n’accepte pas facilement le pollen provenant de sources extérieures.

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Chez la fleur de la tomate cultivée, le style se trouve entouré par le tube pollinique. Source: tomatosphere.letstalkscience.ca, montage: jardinierparesseux.com

C’est pourquoi il est si facile de maintenir des souches de tomates patrimoniales. Contrairement à presque tous les autres légumes, la tomate ne pose pas de problèmes de pollinisation croisée, soit que le pollen d’une autre variété arrive et mélange les gènes pour créer un hybride naturel. Vous pouvez maintenir la plupart des tomates à pollinisation ouverte (non hybrides) tout simplement en récoltant et en ressemant leurs graines d’année en année sans autre souci.

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Chez la tomate sauvage, à gauche, le style, indiqué par la flèche, dépasse du tube staminique et ainsi une pollinisation croisée est presque assurée. Chez la tomate cultivée, à droite, le style est caché à l’intérieur du tube staminique, empêchant la pollinisation croisée. Source: blog.seedsavers.org

Cela n’a pas toujours été le cas. Les tomates sauvages s’entrecroisent allègrement, car leur style dépasse du tube staminique, ce qui favorise la pollinisation croisée. Mais il y a environ 1500 ans, sans doute quelque part dans les Andes, une fleur à style court, inaccessible aux insectes pollinisateurs, est apparue par mutation.

Les jardiniers de l’époque ont dû se rendre compte que les tomates à style court donnaient des plantes aux traits plus fidèles. Donc, avec ces tomates, il était plus facile de développer de nouvelles tomates plus grosses, plus juteuses et plus savoureuses sans que le pollen des tomates sauvages des environs ne vienne effacer le progrès en réinjectant des gènes moins désirables. Assez rapidement, les tomates à style court sont devenues la norme pour les tomates cultivées, un état qui perdure toujours. Presque toutes les tomates modernes sont à style court et sont donc plus portées à s’autoféconder qu’à se croiser avec d’autres.

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Les bourdons pollinisent les fleurs de tomate par vibration. Source: gardening.usask.ca

Cela dit, les tomates ont quand même besoin d’abeilles*, notamment de bourdons, pour la fécondation. Leurs vibrations libèrent les grains de pollen des étamines afin qu’ils puissent tomber sur le stigmate (ainsi appelle-t-on la partie fécondable du style, trouvé à son extrémité). On appelle cela une pollinisation vibratile. Cependant, le pollen tombe alors inévitablement sur le stigmate de la même plante, ce qui entraîne une autofécondation.

*En l’absence de bourdons, le vent peut parfois faire vibrer les fleurs des tomates et ainsi assurer leur pollinisation.

Aller contre nature

Pour hybrider les tomates, c’est-à-dire croiser une variété de tomate avec une autre, vous devez pratiquer une technique un peu contre nature. En effet, vous devez décortiquer la fleur et déplacer manuellement le pollen d’une fleur au stigmate d’une autre.

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Pour créer une tomate géante (ici ‘Belgian Giant’, synonyme ‘Giant Monster’), croisez deux grosses tomates, puis, chaque année, conservez les graines du fruit le plus gros pour les ressemer l’année suivante. Avec un peu de chance, vous développerez peu à peu une lignée de tomates géantes. Source: Jack Seeds

Supposons que vous avez une tomate préférée qui offre une saveur exceptionnelle et une grande résistance aux maladies, mais qu’elle n’est pas trop productive. Et une autre tomate que vous cultivez qui est ultra-vigoureuse avec une production massive… de fruits pas très savoureux et, aussi, malheureusement, qui est terriblement sujette aux maladies. Vous pourriez essayer de croiser les deux afin de créer une tomate vigoureuse, savoureuse, productive et résistante aux maladies: la tomate de vos rêves, quoi!

Voici comment faire:

Des outils à rassembler

Vous aurez besoin :

  • de petites étiquettes à fixer au pédicelle des fleurs pollinisées (les étiquettes de bijoutier conviendraient parfaitement!);
  • d’un stylo ou d’un crayon;
  • d’une petite pince, comme une pince à épiler;
  • d’un pinceau d’artiste;
  • de deux variétés de tomates différentes;
  • de lunettes de lecture… ou du moins, pour la plupart d’entre nous!

Étape par étape

Croiser des tomates nécessite beaucoup de minutie et, au début, vous risquez d’endommager les fleurs sur lesquelles vous travaillerez. Soyez alors patient. La technique n’est pas si difficile dans le fond et bientôt vous vous montrerez bien plus habile!

Il faut aussi avoir sous la main, et en fleurs, les variétés de tomates que vous avez l’intention de croiser. Aussi, surveillez la météo : il faut choisir une période où il y aura quelques jours d’affilée de beau temps, car les fleurs de tomate ne mûrissent pas nécessairement par temps pluvieux.

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Préparez d’abord quelques étiquettes. Source:  http://www.zakkacanada.com, montage: jardinierparesseux.com

  1. Commencez par préparer les étiquettes, y écrivant le nom des parents (et peut-être la date aussi).
  2. Décidez quelle plante sera la parente femelle, soit celle qui portera le fruit (logiquement, préférez la plus vigoureuse des deux). Sur cette plante, choisissez une fleur au bon stade de maturité. Elle doit être en bouton avancé, jaune ou jaunissante, mais encore fermée. Si elle est déjà ouverte, il est trop tard, car la pollinisation aura probablement déjà eu lieu: une autofécondation, car la fleur aura été fertilisée par son propre pollen.
  3. Retirez toutes les autres fleurs de la grappe afin d’empêcher tout transfert accidentel de pollen d’une autre fleur sur la même plante. Votre fleur doit être seule.
  4. Retirez les pétales jaunes, en les arrachant doucement un par un avec la pince.

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    Après avoir enlevé les pétales, saisissez doucement le tube staminique avec la pince et tirez pour l’enlever. Source: tomatosphere.letstalkscience.ca & amazon.com, montage: jardinierparesseux.com

  5. Vous devez maintenant émasculer la fleur (enlever ses parties mâles). C’est extrêmement délicat et il est facile d’endommager le style en essayant de supprimer les étamines. Attendez-vous alors à rater quelques fleurs. Vous pouvez décoller les étamines de leur tube et essayer de les enlever une par une, mais il est encore plus facile, une fois que vous saisissez les nuances du mouvement, de saisir délicatement le tube staminique avec la pince et de tirer tout droit vers l’avant. Souvent alors le tube décolle au complet, vous laissant avec un style nu prêt à être pollinisé.
  6. Répétez avec 4 ou 5 autres fleurs pour être sûr de connaître le succès.
  7. Fixez une étiquette sur le pédicelle de la fleur afin de mieux la retrouver le lendemain car, dans la plupart des cas, le stigmate ne sera pas encore réceptif. Alors, vous devrez attendre normalement de 24 à 36 heures avant d’effectuer la pollinisation.

Notez qu’il n’est pas nécessaire d’ensacher la fleur émasculée pour la protéger contre les pollinisateurs: sans pétales pour les attirer, les insectes ne s’y intéresseront pas.

  1. Le lendemain, récoltez une fleur mature (ouverte) du parent mâle.
  2. Ouvrez le tube staminique de la fleur mâle dans le sens de la longueur, en insérant la pince dans l’une des fentes de son côté et en poussant pour écarter les étamines.
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    Passez le pinceau sur la surface intérieure de l’étamine pour ramasser du pollen. Source: pollinator.com & pmgimg.com, montage: jardinierparesseux.com
  3. Frottez doucement l’extrémité du pinceau contre la surface intérieure d’une étamine, de bas en haut, et du pollen — comme une poudre blanche — s’y collera.
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    Appliquez du pollen sur le stigmate, à l’extrémité du style, de la fleur émasculée. Source: tomatosphere.letstalkscience.ca & pmgimg.com, montage: jardinierparesseux.com
  4. Apportez le pollen à la fleur émasculée et appliquez-le sur le stigmate, le petit renflement à la pointe du style. À ce stade, le stigmate devrait être un peu collant et le pollen y adhérera facilement. Appliquez-en suffisamment pour couvrir le stigmate de pollen blanc.
  5. Répétez environ 12 heures plus tard au cas où le stigmate n’aurait pas été réceptif la première fois.

Il serait sage de faire plusieurs croisements, car certains «ne prennent pas». Vous saurez que vous avez réussi quelques jours plus tard quand l’ovaire à la base de la fleur commencera à enfler et que vous verrez un fruit amorcer son développement.

Comment cultiver vos hybrides

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Conservez les semences dans une enveloppe de papier. Source: dayz.gamepedia.com & http://www.clipartpanda.com, montage: jardinierparesseux.com

Lorsque les fruits que vous avez pollinisés sont mûrs (vous pouvez les distinguer des autres fruits sur la même plante par les étiquettes qui y sont toujours fixées), récoltez-les et extrayez-en les semences, puis nettoyez-les et faites-les sécher. Conservez-les dans une enveloppe en papier jusqu’au printemps, notant le nom des parents et peut-être aussi la date sur l’enveloppe.

Au printemps, semez les graines environ 6 à 8 semaines avant la mise en terre prévue. À mesure que les plantes mûrissent et produisent des fruits, choisissez un fruit mûr de la plante qui correspond le mieux à votre objectif et conservez ses semences. L’année suivante, faites la même chose. Et l’année suivante. Et ainsi de suite.

À force de choisir annuellement la plante la plus proche de vos attentes, probablement pendant au moins 6 générations, vous finirez par obtenir une lignée stable où toutes vos plantes sont essentiellement identiques. Félicitations! Vous avez créé une nouvelle variété de tomate! Vous pouvez désormais lui attribuer le nom de votre choix et la partager avec le monde entier.

Les résultats vous déçoivent?

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Parfois, vos tomates hybrides ne sont pas exactement ce que vous vouliez! Source: www.pinterest.ca

Il arrive souvent que vos résultats ne soient pas très intéressants. Que voulez-vous? Certaines tomates ne donnent pas des «enfants» très forts quand on les combine. Alors, réessayez avec d’autres parents et rappelez-vous que vous faites cette expérience pour le plaisir de la faire, pas pour survivre.

D’ailleurs, même les hybrideurs professionnels de tomates, qui ont une excellente connaissance de la génétique des tomates, ont des ratés. De plus, certaines combinaisons de traits sont tout simplement difficiles à fixer. Les pros peuvent travailler pendant 12 ans et plus avant qu’une nouvelle variété soit à leur goût!

Cela dit, essentiellement toutes les tomates patrimoniales qui abondent sur le marché aujourd’hui ont été développées par des jardiniers amateurs: ‘Brandywine’, ‘Mémé de Beauce’ et ‘San Marzano’, pour ne citer que quelques exemples, n’ont pas été créées par des hybrideurs professionnels, mais dans de petits potagers privés. Cela prouve que certains jardiniers amateurs ont déjà pu décrocher le jackpot en développant une tomate de valeur commerciale et il n’y a aucune raison pour que cela ne vous arrive pas aussi.

Bonne chance!20180715A www.clipartpanda.com, www.clker.com & www.brainmindspecialist.com.jpg

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Mythe horticole: il est bon d’arroser les plantes avec du Coca-Cola

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Est-il vrai qu’il est bénéfique d’arroser les plantes avec du Coca-Cola? Source: http://www.lovethegarden.com & pngtree.com, montage: jardinierparesseux.com

Décidément, on entend toutes sortes de choses dans le domaine du jardinage et l’une des (franchement) plus bizarres est qu’il est bon d’arroser les végétaux avec du Coca-Cola. Et vous pouvez remplacer le Coca-Cola par la boisson gazeuse de votre choix dans cette déclaration, car on entend la même chose pour le Pepsi, le Sprite et autres.

La réalité est que les boissons gazeuses, dont le Coca-Cola, ne sont pas bonnes pour les plantes. Il s’agit essentiellement d’eau qu’on a gazéifiée en y injectant du CO2 (dioxyde de carbone) et à laquelle on a ajouté énormément de sucre. L’eau carbonatée en elle-même n’est pas nuisible aux plantes et pourrait même leur être bénéfique dans certaines circonstances limitées, mais ce n’est pas le cas du sucre ou, devrais-je plutôt dire, des sucres, car il peut y avoir différents sucres dans les boissons gazeuses: glucose, fructose, saccharose, etc.

Certes, les plantes produisent leurs propres sucres et les utilisent pour leur croissance, mais elles ne peuvent pas les absorber par leurs racines: ces molécules sont beaucoup trop complexes pour que les racines puissent les ingérer. Et quand les sucres se décomposent, ils ne donnent que des éléments que les plantes peuvent facilement obtenir de l’air et de l’eau de pluie: hydrogène, oxygène et carbone. Alors, où est le bénéfice?

Côté négatif, ajouter trop de sucre au sol peut faire assécher la plante, car quand la terre contient plus de sucres que la racine, l’eau a tendance à quitter la racine afin de les diluer. (Rappelez-vous ce que vous avez appris sur l’osmose à l’école!)

De plus, les bactéries et les champignons qui décomposent les sucres ne sont généralement pas des variétés bénéfiques pour les plantes et certains deviennent nocifs, notamment en proliférant au point de bloquer la circulation d’air et d’eau. D’autres envahissent les racines et provoquent la pourriture.

Donc, arroser avec des boissons gazeuses ne fait pas de bien particulier et peut éventuellement causer du tort.

Je suggère juste d’arroser les plantes avec… de l’eau! C’est moins cher et meilleur pour leur santé!

Plus d’engrais pour les plantes en jardinière

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Pour des jardinières resplendissantes, il ne faut pas oublier la fertilisation. Source: colorado.ourcommunitynow.com

Si vous voulez de spectaculaires jardins en balconnières ou en paniers suspendus ou des bacs débordant de fines herbes et de légumes savoureux et productifs, il vous faudra les arroser et les fertiliser davantage que les mêmes plantes cultivées en pleine terre.

Les plantes en pots se dessèchent beaucoup plus rapidement que les plantes au jardin. D’ailleurs, leur détresse, montrée par un flétrissement général, est si évidente que la plupart des jardiniers, même les débutants, saisissent tout de suite que cela ne va pas et apprennent rapidement à les arroser plus fréquemment. Premier problème réglé!

Mais ce que beaucoup de gens ne saisissent pas est que les plantes cultivées en jardinière ont également besoin de plus de minéraux (donc, de plus d’engrais) que les plantes bien ancrées dans la terre. Et cela est dû au fait que les minéraux sont régulièrement lessivés par les précipitations et l’arrosage.

Une explication:

Les hauts et les bas des minéraux

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Quand les minéraux des plantes cultivées en pleine terre sont entraînés vers le bas par la pluie, ils remontent ensuite, ce qui n’est pas le cas pour les plantes cultivées en pot où les minéraux sont lessivés du pot et perdus. Source: moziru.com & clipartstation.com, montage: jardinierparesseux.com

Lorsque la pluie tombe sur une plante qui pousse en pleine terre (ou lorsque vous l’arrosez, le résultat est le même), les minéraux solubles présents dans le sol ont tendance à percoler vers le bas, suivant le mouvement de l’eau. Cependant, quand la pluie s’arrête et que le sol près de la surface commence à s’assécher, l’eau remonte, «tirée» vers le haut par l’action capillaire… et les minéraux la suivent. Le résultat est que les minéraux ont tendance à rester plus ou moins dans la zone des racines de la plante. Exactement ce qu’il faut pour de bons résultats!

Par contre, lorsque vous arrosez une plante en jardinière (ou qu’il pleut), l’eau excédentaire s’écoule du pot par le trou de drainage… et les minéraux aussi. Ils ne peuvent plus remonter lorsque le sol s’assèche. C’est donc le lessivage! Et puisque vous arrosez les plantes en jardinière beaucoup plus souvent que les plantes en pleine terre, souvent plusieurs fois par semaine, ce lessivage répété appauvrit passablement le sol, menant à une croissance faible, une diminution de la floraison et des rendements moindres.

Deux engrais valent mieux qu’un seul

Beaucoup de jardiniers ont découvert que la solution la plus simple pour garder leurs plantes en jardinière productives est de combiner deux stratégies de fertilisation: une fertilisation avec un engrais à dégagement lent et une autre avec un engrais soluble.

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En préparant vos jardinières, mélangez du compost et un engrais à dégagement lent avec le terreau.  Source: Larry Hall, youtube.com

Tout d’abord, à la plantation au printemps, mélangez au terreau un engrais à libération lente (généralement bon pour au moins trois mois), selon le mode d’emploi. (Ajoutez aussi des champignons mycorhiziens, très efficaces pour aider les racines des plantes à absorber l’eau et les minéraux.) Les engrais en bâtonnets et en comprimés qu’on insère dans le sol appartiennent également à la catégorie des engrais à libération lente, donc à appliquer au printemps. Si vous avez sauté cette étape au printemps, vous pouvez en rajouter à tout moment pendant l’été, mélangeant les granules au sol (ou y insérant les bâtonnets ou comprimés).

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Les algues liquides sont un populaire engrais soluble, parfait pour la culture en jardinière. Source: www.semisurbains.com

Voilà pour la fertilisation de base, mais fertilisez aussi avec un engrais soluble. Il suffit de l’ajouter à votre arrosoir et de l’appliquer à chaque fois que vous arrosez vos plantes*. On appelle cette fertilisation à chaque arrosage une «fertilisation constante».

*Pendant les périodes de chaleur extrême, il peut être judicieux d’arrêter de fertiliser pendant un certain temps, surtout si cette chaleur provoque un arrêt de la croissance de vos plantes. Vous reprendrez alors votre fertilisation lorsque les températures reviendront à la normale et que la croissance de vos plantes redémarrera.
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Vous pouvez équiper votre tuyau d’arrosage d’un applicateur en bouteille pour fertiliser en même temps que vous arrosez. Source: http://www.spray-n-growgardening.com

Si vous arrosez au moyen d’un tuyau d’arrosage, vous pouvez trouver en jardinerie un applicateur en bouteille qui se fixe sur le tuyau et qui permet d’appliquer de l’engrais tout en comblant le besoin des plantes en eau.

Diluez bien l’engrais

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Il faut bien sûr diluer correctement un engrais soluble avant de l’utiliser. Source: www.firsteditionsplants.com

Le mode d’emploi de la plupart des engrais solubles propose une application mensuelle, mais pour le jardinier paresseux — ou distrait! —, il est plus facile de ne pas oublier de fertiliser si vous le faites à chaque arrosage. Alors, fertiliser deviendra une partie de votre routine, au même titre que l’arrosage même. Cependant, il est alors très important de diluer l’engrais en conséquence: typiquement, vous appliquerez l’engrais soluble à un quart ou même à un huitième de la dose mensuelle recommandée. La proportion exacte à appliquer, bien sûr, variera beaucoup selon la marque d’engrais que vous utiliserez. (Lisez toujours le mode d’emploi avant d’appliquer un engrais!)


Donc, pour une culture en jardinière réussie, il faut un engrais à dissolution lente pour assurer la fertilisation de fond, puis un engrais soluble utilisé comme fertilisation constante. Deux fertilisations: c’est la meilleure méthode pour obtenir un développement et un rendement optimal des plantes qui poussent en pot!20180713A colorado.ourcommunitynow.com

Les boutures d’arbuste : si faciles!

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Bouturer des arbustes: beaucoup plus facile que vous ne le pensez! Source: gorgeousshinythings.blogspot.com.

La plupart des jardiniers achètent les arbustes qui décorent leur terrain. Mais saviez-vous que vous pouviez les bouturer… et assez facilement, de surcroît?

On peut bouturer des arbustes à différents stades, mais pour la plupart des espèces, le meilleur moment est probablement quand la plante est semi-aoûtée (fin de juin, début ou milieu de juillet).

Comment faire

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Prenez une bouture et supprimez les feuilles inférieures. Source: robbinslist.com & http://www.vectorportal.com, montage: jardinierparesseux.com

Prélevez des sections d’environ 15 cm de longueur (il faut qu’il y ait au moins 3 ou 4 nœuds), si possible d’une branche sans fleurs. (S’il y a des fleurs, supprimez-les.) Coupez à un angle de 45 à 90°.

Enlevez toutes les feuilles sur les 10 cm inférieurs de la tige.

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Appliquez une hormone d’enracinement. Source: robbinslist.com & http://www.deviantart.com, montage: jardinierparesseux.com

Appliquez une hormone d’enracinement sur l’extrémité inférieure et glissez la bouture dans un pot rempli de terreau légèrement humide.

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Les boutures réussissent mieux quand on les fait enraciner à l’étouffée. Source: robbinslist.com, design.tutsplus.com, http://www.royalbag.com, montage: jardinierparesseux.com

Scellez le pot dans un sac transparent ou placez-le dans une mini-serre pour créer une forte humidité autour des feuilles (culture à l’étouffée).

Installez l’ensemble dans un emplacement chaud et bien éclairé, mais sans soleil direct, dans la maison ou en plein air. Après quelques semaines, quand vous verrez de nouvelles feuilles apparaître, la bouture sera enracinée.

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On peut repiquer les boutures enracinées dans une pouponnière (beaucoup de jardiniers utilisent un coin du potager) pour les faire grossir. Source: hedgerowrose.com

Après, il peut être pratique de repiquer la petite plante dans une «pouponnière» pour un an ou deux (selon sa vitesse de croissance) pour qu’elle prenne un certain développement, puis après : hop, dans son emplacement permanent.

Les boutures d’arbuste : si faciles et si bon marché!20180812 hedgerowrose.com

Eau du toit pour le potager?

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Est-ce que l’eau venant du toit peut servir pour arroser les légumes? Source: www.pinterest.ca

Question: Est-ce que l’eau de pluie recueillie d’un toit de bardeaux peut être nocive pour les légumes et autres plantes du potager?

Marie-Claude Chevrette

Réponse: L’eau qui ruisselle du toit prend son lot de contaminants en passant, dont des produits chimiques venant des bardeaux et de la gouttière, des déchets d’oiseaux et d’animaux et des tanins et autres composés venant des feuilles mortes présentes dans les gouttières. De plus, des micro-organismes peuvent proliférer dans le réservoir. Donc, on la considère comme non potable dans la plupart des pays, du moins, lorsque utilisée sans filtration. (Curieusement, dans d’autres pays, les habitants ne sont pas aussi délicats et cette eau est leur source principale d’eau potable!)

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Les racines ont une membrane perméable, mais sélective: elles ne laissent pas n’importe quelle molécule pénétrer. Source: www.sciencewithme.com

L’eau qui pénètre dans les plantes est, par contre, filtrée de diverses façons: par leurs racines, par les microbes du sol, etc. Et de plus, les plantes ont la capacité d’utiliser certains produits que nous considérons comme des polluants en les convertissant en produits qui leur sont utiles. Normalement, donc, les plantes qui utilisent cette eau sont suffisamment propres pour la consommation.

Pour éviter tout problème, il serait sage d’appliquer l’eau sur les racines seulement, pas sur le feuillage, au moyen d’un tuyau suintant par exemple. Si l’on s’en sert pour arroser le feuillage, il serait sage de le rincer avec de l’eau propre avant la consommation.20180711A www.pinterest.ca

Le blanchissage du poireau n’est pas obligatoire

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Poireaux cultivés selon la méthode traditionnelle avec un fût (tige) très blanc. Source: www.cityparkmarket.co.ke

Un long fût blanc est très recherché par les amateurs du poireau (Allium ampeloprasum) qui se donnent la peine de le planter dans des tranchées et de remplir graduellement celles-ci de terre pour couper la lumière à la base des feuilles. Mais ce n’est pas assez pour eux : quand la tranchée est remplie, ils ramènent encore de la terre contre la tige, formant une butte, de façon à ce que seulement les feuilles en dépassent. Le fût, étant alors privé de lumière, devient d’un beau blanc. Par contre, c’est aussi cette technique qui donne le sable qui s’infiltre parmi les feuilles du fût et qui a donné le dédain du poireau à plus d’un.

 

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Poireaux non blanchis: le fût n’est pas aussi blanc que celui des poireaux du commerce, mais cela ne change pas son goût. Source: www.pd4pic.com

Sachez que la blancheur du fût n’est qu’esthétique et que, d’ailleurs, elle est aussi «moins santé», car le fût blanchi est moins riche en minéraux que le fût exposé au soleil. Ce buttage n’est nullement nécessaire pour la santé ou la survie du poireau non plus. Il n’améliore même pas son goût (bandez les yeux à un fin gourmet et faites-lui goûter un poireau blanchi et un poireau non blanchi: il sera incapable de les distinguer!). Et le fût d’un poireau non blanchi est quand même relativement blanc, mais plutôt blanc verdâtre ou vert très pâle que blanc pur. Enfin, quand vos convives croqueront dans vos poireaux non blanchis, personne ne risquera de se casser une dent sur une pierre!

Pour blanchir sans terre remuer

Mais vous tenez quand même à un fût blanc?

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Poireau autoblanchissant: aucun tranchage n’est nécessaire pour obtenir un fût quand même assez blanc. Source: www.territorialseed.com

Sachez d’abord qu’il existe maintenant des poireaux autoblanchissants comme le cultivar ‘Takrima’. Aucune tranchée ni butte n’est nécessaire pour ces variétés au fût naturellement blanc.

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Poireaux paillés. Source: u.osu.edu

Ou encore, blanchissez vos poireaux avec du paillis. Repiquez donc vos semis de poireaux en pleine terre sans tranchée et recouvrez aussitôt leur base de 10 cm de paillis. Rajoutez-en davantage à mesure que l’été avance et que le fût s’allonge: souvent vous finirez avec jusqu’à 25 cm de paillis autour des plants! Le paillis coupera la lumière au fût, qui deviendra très pâle… et avec tant de paillis, il n’y aura pas de mauvaises herbes à supprimer! Et le sol s’assèchera moins: parfait pour les poireaux, qui préfèrent un sol également humide.

L’avantage du paillis par rapport à la culture en tranchée et au buttage est non seulement qu’il est plus facile à appliquer, mais que le paillis ne s’infiltrera pas à travers le feuillage de vos poireaux qui seront alors plus propres et sans sable.


Reste maintenant à contrôler la terrible teigne du poireau, cet insecte qui cause tant de dégâts aux poireaux dans bien des régions. Pour cela, je vous réfère à l’article Sauvez ail et oignons de la teigne.

Sève d’asclépiade contre herbe à la puce : pas une bonne idée!

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N’appliquez pas la sève laiteuse de l’asclépiade sur les irritations cutanées! Source: Emma Pelton/Xerces Society

On voit parfois la recommandation de traiter les irritations causées par un contact cutané avec l’herbe à la puce (Toxicodendron radicans, anciennement Rhus radicans) en applicant une goutte ou deux de sève d’asclépiade (Asclepias spp.), aussi appelée petits cochons, sur la blessure. On prétend que non seulement cette sève blanche et collante réduit l’irritation, mais qu’elle accélère la guérison. Mais appliquer de la sève d’asclépiade sur la peau, c’est jouer avec le feu!

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Par ses couleurs vives, la chenille du monarque indique aux prédateurs: «ne me mangez pas, je suis toxique!» Sa toxicité vient des feuilles d’asclépiade qu’elle mange. Source: Judy Gallagher, Wikimedia Commons

Il faut comprendre que la sève d’asclépiade est toxique. La toxicité varie selon l’espèce, mais c’est néanmoins une caractéristique du genre Asclepias. D’ailleurs, c’est en mangeant des feuilles d’asclépiade, la seule nourriture des chenilles du papillon monarque (Danaus plexippus), que cette chenille devient toxique à son tour et se protège ainsi contre ses ennemis.

Normalement, il faut ingérer la sève d’asclépiade pour s’empoisonner*, mais certains individus plus sensibles réagissent tout simplement au contact de la sève. Donc, appliquer la sève d’asclépiade risque d’empirer la situation, provoquant une irritation encore plus sévère.

*C’est vrai que les Amérindiens consommaient certaines espèces d’asclépiade, notamment l’asclépiade commune (A. syriacus), comme légume, mais alors, ils faisaient cuire la plante pour neutraliser la toxine avant de la manger. Certaines autres asclépiades, par contre, sont tellement toxiques que leur consommation n’est jamais recommandée, même après cuisson.
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Quand la sève d’asclépiade aboutit dans les yeux, l’irritation peut être sévère. Source: www.firmoo.com

Le risque principal en appliquant de la sève d’asclépiade sur la peau est toutefois de la transférer accidentellement aux yeux par la suite. Là, la réaction est beaucoup plus sévère. Irritation, larmoiement, douleur extrême, même vision embrouillée et aveuglement (temporaire, mais persistant jusqu’à trois jours) sont presque assurés.

Pas touche!

Donc, évitez si possible de manipuler l’asclépiade et, lorsque vous n’avez pas le choix de le faire, portez des gants, des manches longues et des lunettes de protection ou, à tout le moins, lavez-vous les mains immédiatement après l’action. Surtout, ne portez jamais une main souillée de sève d’asclépiade à vos yeux!

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La sève de l’impatiens du Cap (Impatiens capensis) peut vraiment aider à réduire l’irritation causée par l’herbe à la puce. Source: Fritz Geller-Grimm, Wikimedia Commons

Quant aux irritations causées par un contact avec l’herbe à la puce, commencez par vous laver immédiatement après le contact à l’eau savonneuse, puis consultez un pharmacien pour un traitement médicinal fiable si ce premier traitement s’est avéré inefficace. Si vous tenez à une solution naturelle, la sève de l’impatiens du Cap (Impatiens capensis) a la réputation de soulager l’irritation… et n’est pas toxique pour les humains!20180705A Emma Pelton:Xerces Society.jpg