Nouveau magazine de jardinage pancanadien

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Il n’y a plus de magazine de jardinage pour l’ensemble du Canada, imprimé ou virtuel, depuis un certain nombre d’années maintenant, mais un nouveau magazine trimestriel anglophone de jardinage est maintenant disponible: Canada’s Local Gardener. La première édition nationale est maintenant en kiosque à travers le pays.

De provincial à national 

En fait, ce n’est pas vraiment une revue tout à fait neuve. Les responsables, l’équipe mère/fille de Dorothy Dobbie, présidente/éditrice, et Shauna Dobbie, rédactrice en chef, publient des magazines de jardinage au Canada depuis maintenant 23 ans! Tout a commencé par Manitoba Gardener, puis elles ont ajouté Ontario Gardener et Alberta Gardener à leur liste. La différence est que les trois magazines se sont réunis en un seul qui a désormais une portée nationale et qui veut couvrir toutes les régions du Canada.

J’ai le plaisir de faire partie du comité consultatif de la rédaction avec d’autres jardiniers passionnés de partout au Canada, donc je vais pouvoir pousser pour un maximum de contenu québécois dans les éditions futures.

Dans le numéro en kiosque

Deux pages d'un article tiré du magazine, portant sur une maison dans un arbre.
Un jardin autour d’une maison dans un arbre? Quelle idée originale!

Le premier numéro est actuellement en kiosque. Il contient des articles de partout au Canada, dont des sujets tels que l’hugelkultur, la culture d’ananas à l’intérieur, la planification d’un jardin de fées, la culture de piments forts et bien d’autres. On y présente également de beaux jardins privés du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario, du Manitoba et de l’Alberta.

Comment faire paraître votre jardin dans le magazine

Article tiré de la revue: Looking for beautiful gardens.
Voici comment faire paraître votre jardin dans la revue.

Peut-être que votre jardin pourrait être en vedette dans une prochaine édition du magazine? Si votre jardin est au Canada et que vous pensez qu’il mérite d’être présenté aux lecteurs de partout au Canada, envoyez 10 photos à shauna@pegasuspublications.net. Mais avant de faire cela, je vous suggère de lire d’abord l’article Looking for beautiful gardens ci-dessus pour plus de détails. Je sais que le magazine veut absolument présenter des jardins du Québec bientôt.

L’abonnement

Vous pouvez vous abonner aux 4 numéros de l’édition imprimée par année, pour 35,85$ par an ou au magazine numérique (aussi 4 numéros) pour 15,50$ par an. Pour ce faire, vous n’avez qu’à cliquer ici: abonnements-Canada’sLocalGardener.

Mettez l’abonnement à Canada’s Local Gardener sur votre liste de cadeaux de Noël… et offrez-le en cadeau vous-même: avec autant de personnes confinées par le COVID-19, il n’y a rien de mieux que de photos superbes de magnifiques jardins et des articles de jardinage fascinants pour aider à passer un bel hiver.

Bonne lecture et bon jardinage!

Larry Hodgson 
Le jardinier paresseux
Fier membre du Comité consultatif de rédaction
Canada’s Local Gardener

Arbres qui résistent aux inondations

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La capacité des arbres à s’adapter aux inondations varie d’une espèce à l’autre. Photo: James Brooks, Wikimedia Commons

Étant donné les perturbations climatiques mondiales de l’époque actuelle, les inondations sont plus fréquentes que jamais… et se produisent à des saisons où elles ne se sont jamais produites auparavant. Bien que j’espère que votre maison est construite dans une zone bien sûre, loin de toute rivière en furie ou de tout lac qui déborde, une partie de votre propriété se trouve peut-être dans une zone inondable.

Le lac ou la rivière à proximité est probablement bordé d’arbres, car ils y sont souvent cultivés pour aider à prévenir l’érosion et, en outre, il n’est pas toujours possible de faire du jardinage intensif sur une rive en pente. De plus, les arbres ont simplement fière allure près de n’importe quel plan d’eau.

Alors, comment les inondations affectent-elles ces arbres?

Les racines écopent

Être sous l’eau pendant de longues périodes n’est pas bon pour les racines des arbres. Elles ont besoin d’oxygène qu’elles obtiennent généralement de l’air emmagasiné dans de minuscules espaces entre les particules du sol. Mais lorsque le sol est inondé, ces espaces d’air se remplissent d’eau et l’oxygène en est chassé. Les racines sont alors placées dans un état d’anaérobie: elles ne peuvent pas obtenir l’oxygène dont elles ont besoin pour respirer. 

Quand les racines trempent constamment dans l’eau, cela peut entraîner de nombreux problèmes, comme une accumulation de composés toxiques dans l’arbre et une réduction de l’absorption de nutriments, mais ce qui est surtout à craindre est la mort des racines. D’abord ce sont les radicelles, petites et faciles à remplacer, qui meurent, puis des racines de taille moyenne, puis des racines encore plus importantes. Et quand trop de racines meurent, l’arbre n’est plus capable de les remplacer.

Dame Nature a fourni à certains arbres des adaptations aux inondations. Certains ont des lenticelles (petites ouvertures) sur le tronc qui laissent entrer de l’air, d’autres ont des tissus spéciaux très aérés, appelés aérenchymes, qui permettent au gaz absorbé par les feuilles de descendre jusqu’aux racines et, finalement, d’autres ont la capacité de produire rapidement des racines adventives. Enfin, il y a d’autres mécanismes à l’œuvre que nous ne comprenons pas nécessairement très bien.

Le résultat que beaucoup d’arbres peuvent tolérer une semaine ou deux d’inondation, surtout lorsqu’elle survient tôt au printemps pendant les arbres sont encore dormants. D’autres, comme le peuplier deltoïde (Populus deltoides et des espèces apparentées), poussent tout naturellement dans les plaines inondables et peuvent tolérer des mois d’inondation, paraissant souvent encore feuillus et parfaitement à l’aise au milieu dans une mare d’eau lorsque la crue est lente à se résorber.

Arbres tolérants aux inondations

Grand érable argenté dans un parc
L’érable argenté (Acer saccharinum) est un exemple d’arbre très tolérant aux inondations. Photo: tennesseewholesalenursery.com

Voici quelques exemples d’arbres naturellement adaptés aux inondations… et que vous voudrez peut-être envisager de planter dans des zones sujettes aux débordements d’eau. Tous sont capables de survivre aux inondations ou aux sols saturés pendant 30 à 120 jours consécutifs pendant la saison de croissance.

  • Aulne (Alnus spp.) 
  • Bouleau noir (Betula nigra)
  • Caryer d’eau (Carya aquatica)
  • Catalpa (Catalpa spp.)
  • Chêne d’eau (Quercus nigra)
  • Chêne lyre (Quercus lyrata)
  • Cyprès chauve (Taxodium distichum)
  • Épinette noire, épicéa noir (Picea mariana)
  • Érable à Giguère, érable négundo (Acer négundo)
  • Érable argenté (Acer saccharinum)
  • Érable rouge (Acer rubrum)
  • Frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica)
  • Liquidambar ou copalme d’Amérique (Liquidambar styraciflua)
  • Mélèze d’Amérique (Larix laricina)
  • Merisier à grappes (Prunus padus)
  • Métaséquoia (Metasequoia glyptostroboides)
  • Micocoulier (Celtis spp.)
  • Orme ailé (Ulmus alata)
  • Pacanier (Carya illinoensis)
  • Peuplier baumier (Populus balsamifera)
  • Peuplier deltoïde (Populus deltoides et espèces apparentées)
  • Peuplier noir (Populus nigra)
  • Plaqueminier de Virginie (Diospyros virginiana)
  • Platane (Platanus spp.)
  • Sapin argenté (Abies alba)
  • Saule (Salix spp.) 
  • Tupélo d’eau (Nyssa aquatica)

Arbres modérément tolérants aux inondations

Gros plan de feuilles et d'un gland de chêne à gros fruits
Le chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa) est l’une des espèces de chêne qui tolèrent une inondation d’une certaine durée. Photo: USDA

Ces arbres toléreront une inondation de jusqu’à 30 jours pendant la saison de croissance active. Ne les plantez à proximité d’un plan d’eau que si toute inondation est susceptible d’être de courte durée.

  • Amélanchier (Amelanchier spp.)
  • Arbre à neige (Chionanthus spp.)
  • Arbre à perruque (Cotinus spp.)
  • Bouleau à papier (Betula papyrifera)
  • Bouleau jaune (Betula alleghaniensis)
  • Caryer lacinié (Carya laciniosa)
  • Châtaignier (Castanea sativa et autres)
  • Chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa)
  • Chêne bicolore (Quercus bicolor)
  • Chêne des marais (Quercus palustris)
  • Chêne pédonculé (Quercus robur)
  • Chêne saule (Quercus phellos)
  • Chêne-châtaignier des marais (Quercus michauxii)
  • Érable à sucre (Acer saccharum)
  • Érable champêtre (Acer campestre)
  • Févier (Gleditsia triacanthos)
  • Frêne blanc (Fraxinus americana)
  • Frêne européen (Fraxinus excelsior)
  • Houx américain (Ilex opaca)
  • Marronnier (Aesculus spp.)
  • Nerprun cathartique (Rhamnus cathartica)
  • Noyer noir (Juglans nigra)
  • Orme champêtre (Ulmus minor)
  • Orme d’Amérique (Ulmus americanus)
  • Orme de Chine (Ulmus parvifolia)
  • Orme rouge (Ulmus rubra)
  • Ostryer (Ostrya spp.)
  • Peuplier blanc (Populus alba)
  • Peuplier faux-tremble (Populus tremuloides)
  • Pin à l’encens (Pinus taeda)
  • Prunier (Prunus spp.)
  • Sapin baumier (Abies balsamea)
  • Thuya ou cèdre (Thuja spp.)
  • Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata)
  • Tremble commun (Populus tremula)
  • Tupélo, gommier noir (Nyssa sylvatica)

Arbres intolérants aux inondations

Grand ginkgo dans un parc
Le ginkgo (Ginkgo biloba) a la réputation de résister à tout… mais ne tolérera pas très longtemps un sol inondé. Photo: Ginkgotree, Wikimedia Commons

Les arbres suivants, en grande partie les espèces que l’on trouve normalement dans les hautes terres à l’état sauvage, peuvent être endommagés par seulement quelques jours d’inondation s’ils surviennent pendant la saison de croissance. Même en dormance, plus d’une semaine de saturation peut carrément les tuer.

Évitez de planter les arbres suivants dans les zones où les inondations sont même une lointaine possibilité.

  • Andromède en arbre (Oxydendrum arboretum)
  • Arbre aux cloches d’argent (Halesia carolina)
  • Aubépine (Crataegus spp.)
  • Carya ovale (Carya ovata)
  • Caryer glabre (Carya glabra)
  • Cerisier (Prunus spp., sauf Prunus padus)
  • Chêne blanc (Quercus alba)
  • Chêne écarlate (Quercus coccineus)
  • Chêne noir (Quercus velutina)
  • Chêne rouge (Quercus rubra)
  • Chicot du Canada (Gymnocladus dioicus)
  • Cornouiller à fleurs d’Amérique (Cornus florida)
  • Cornouiller du Japon (Cornus kousa)
  • Épinettes, épicéas (Picea spp., sauf P. mariana)
  • Érable à écorce de papier (Acer griseum)
  • Érable de l’Amour (Acer ginnala)
  • Érable de Norvège, érable plane (Acer platanoides)
  • Érable du Japon (Acer palmatum)
  • Gainier (Cercis spp.)
  • Genévrier (Juniperus spp.)
  • Ginkgo (Ginkgo biloba)
  • Hêtre (Fagus spp.)
  • Lilas d’Inde (Lagerstroemia indica)
  • Magnolia (Magnolia spp.)
  • Noyer cendré (Juglans cinerea)
  • Orme de Sibérie (Ulmus pumila)
  • Orme liège (Ulmus thomasii)
  • Pin (Pinus spp., sauf P. taeda
  • Poirier (Pyrus spp.)
  • Pommier, pommetier (Malus spp.)
  • Pruche, tsuga (Tsuga spp.)
  • Robinier faux acacia (Robinia pseudacacia)
  • Sassafras (Sassafras albidum)
  • Savonnier (Koelreuteria paniculata)
  • Sorbier, cormier (Sorbus spp.)
  • Tilleul d’Amérique (Tilia americana)
  • Tulipier (Liriodendron spp.)
  • Virgilier jaune (Cladastris lutea)

Comment aider les arbres après une inondation?

Il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire pour aider un arbre après une inondation, sinon d’attendre. Si une nouvelle croissance saine apparaît, tout va probablement bien. Si la nouvelle croissance est faible ou chlorotique et que l’arbre ne se rétablit pas dans l’année qui suit l’inondation, il serait peut-être sage de le faire évaluer par un arboriculteur professionnel.

Quand les araignées rouges attaquent nos plantes d’intérieur

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Les petites poussières qui bougent sur nos plantes d’intérieur sont des araignées rouges. Photo: gardeningheavn.com

L’araignée rouge (aussi appelée mite araignée ou tétranyque à deux points, Tetranychus urticae) est omniprésente: dans la nature l’été et sur nos plantes d’intérieur l’hiver. Malgré son nom commun, il ne s’agit pas d’une araignée, mais d’un lointain parent, un type d’acarien ou mite. Il s’agit d’un parasite minuscule qu’on voit à peine à l’œil nu et qui ressemble à une poussière, mais une poussière qui bouge. Il faut une loupe pour bien la voir.

Deux tétranyques à deux points
Araignées rouges vues sous une loupe. Photo: Gilles San Martin, Wikimedia Commons

Malgré ce que son nom laisse entendre, elle est rarement rouge, mais plutôt beige ou verdâtre et souvent (mais pas toujours) marquée de 2 points foncés.

De loin, le feuillage paraît un peu jauni; de proche, on voit de petites marques jaunes. Photo: lamtree.com

L’araignée rouge cause des dommages aux plantes en perçant les feuilles et les tiges pour aspirer leur sève. Cela provoque, en premier lieu, un jaunissement faible, mais généralisé.

Pour confirmer la présence d’araignées rouges, tenez une feuille blanche sous une plante et tapez doucement. Photo: Midwest Gardener

Pour les détecter à ce stade, placez une feuille blanche sous la plante et tapotez. Si vous voyez des poussières qui bougent sur la feuille, vous saurez qu’elles sont présentes.

Fils d'araignées rouges sur une plante
Lors des infestations sévères, la plante semble se couvrir de fils d’araignée. Photo: wallygro.com

Quand il y en a vraiment beaucoup, on voit des fils rappelant des fils d’araignée se former entre les feuilles et le long des tiges. Ces fils servent d’autoroute aux acariens pour aller d’une partie de la plante à une autre. Ils servent aussi de protection contre ses ennemis. Quand vous voyez ces fils, c’est que la plante n’est pas qu’un peu touchée, mais sérieusement infestée.

Les araignées rouges sont présentes sur les plantes d’intérieur tout au long de l’année, mais sont rarement remarquées tant que leur nombre est faible. D’ailleurs, les plantes n’en souffrent pas vraiment à ce stade. Mais la population explose sous certaines conditions, notamment quand l’air est chaud et sec. C’est pourquoi les araignées rouges semblent surgir de nulle part sur nos plantes d’intérieur à la fin de l’automne et pendant l’hiver: quand on chauffe une maison, son humidité baisse énormément, créant un milieu propice à leur reproduction.

Quelles plantes d’intérieur sont atteintes? Beaucoup peuvent supporter une petite population sans que cela ne paraisse, mais ce sont surtout les végétaux à feuillage mince qui souffrent visiblement d’infestations sérieuses : bananiers, brugmansias, calathéas, crotons, hibiscus, impatientes, lierres anglais, palmiers, scheffleras, etc.

Leur contrôle

Plante sous la douche.
Rien n’égale une bonne douche pour contrôler les araignées rouges! Ill.: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Pour contrôler les araignées rouges, commencez par laver la plante sous la douche ou avec un linge humide savonneux. Il faut enlever les fils d’araignée en premier lieu, sinon votre traitement acaricide ne sera pas efficace: les araignées rouges se cacheront derrière les fils. Après, vaporisez avec du savon insecticide, de l’huile de neem, de la pyréthrine, etc. si vous voulez, mais… mon expérience est qu’une bonne douche répétée régulièrement est généralement suffisante.

Brume dégagé par un humidificateur dans une étagère de plantes.
L’air humide décourage les araignées rouges. Photo: homeairhelper.com

Pendant les traitements, essayez de régler le vrai problème: les conditions de culture inadéquates. Baissez la température dans la pièce, surtout la nuit (les araignées se multiplieront moins rapidement à 15 °C qu’à 24 °C), et augmentez l’humidité atmosphérique. L’air humide seul ne guérira pas une infestation (une fois bien établies, les araignées continueront leur œuvre, peu importe les conditions!), mais préviendra le retour de l’ennemi. Donc, un humidificateur est souvent la meilleure prévention possible quand il s’agit d’araignées rouges!

N.D.L.R. Billet originalement publié le 7 décembre 2015

À chaque mois sa plante, décembre 2020 : le yucca

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L’histoire du yucca

Le yucca fait partie des Asparagacées (la famille de l’asperge), plus spécifiquement à la sous-famille des Agavoidées, qui comprend également une autre plante d’intérieur bien connue: l’agave (Agave spp.). 

À l’état sauvage, les yuccas poussent dans les régions chaudes et sèches d’Amérique du Nord et du Sud ainsi que dans les Caraïbes. Les plantes ont généralement des feuilles épaisses et coriaces en forme d’épée avec une pointe acérée. Ces feuilles peuvent pousser sous forme de rosette au sol, sans tige apparente, ou sur un tronc simple ou ramifié. Les fleurs blanches sont produites seulement sur les spécimens matures.

Origine du yucca d’appartement

Yuccas sans épines avec tiges ramifiées
Yucca sans épine (Yucca gigantea)

Le yucca le plus utilisé comme plante d’intérieur est, de loin, le yucca sans épine, Yucca gigantea (généralement vendu sous le nom de Y. elephantipes dans les commerces). C’est un yucca un peu spécial, car ses feuilles sont molles et flexibles, sans l’épine méchante à l’extrémité si caractéristique du genre. C’est aussi un grand yucca, essentiellement un petit arbre. Dans la nature, il peut atteindre 6 m de haut et son tronc épais, souvent marron, est recouvert de feuilles mortes. Au fil du temps, la base du tronc peut devenir enflée et rappeler une patte d’éléphant.

Le yucca sans épine est couramment cultivé dans les plantations de café en Amérique centrale et du Sud, où il fournit de l’ombre aux caféiers. Il est également utilisé comme clôture vivante, planté serré sur d’autres spécimens à la manière d’une haie.

Étant donné que le yucca sans épine croît d’environ 30 cm par an dans ce milieu, il grossit trop avec les années et doit être rabattu… ce qui se fait à la machette. Les tiges ainsi supprimées sont alors vendues comme boutures. Souvent, d’ailleurs, elles prennent rapidement l’avion, expédiées vers des serres européennes ou floridiennes. Là, on les plante debout dans un pot de terreau, les fait enraciner et, quand de nouvelles feuilles commencent à se former, les yuccas qui résultent de ce bouturage sont vendus comme plantes d’intérieur.

Fleurs blanches de yucca sans épine dans un bol

Saviez-vous que… la fleur du yucca sans épine est comestible? Il est vendu sous le nom d’izote en Amérique centrale et est même devenue l’emblème floral d’El Salvador.

Photo: zoom50.wordpress.com

Que regarder lors de l’achat d’un yucca

Deux formes différentes de yucca sans épine: sans tronc et tronc avec plusieurs ramifications
Le yucca sans épine vient en plusieurs formes différentes.
  • Dimensions: La taille du pot doit être proportionnelle au nombre de têtes par tronc ou de troncs par pot, à la forme de la tige, à la hauteur de la plante et à l’âge de la plante.
  • Formes: Le yucca sans épine est offert sous différentes formes: une rosette au ras du sol, un tronc unique, en touffe (plusieurs plantes d’une même variété dans un pot), à tronc ramifié (deux branches ou plus sur le tronc principal), à souche et éventuellement avec une plantation au pied. 
  • Racines: Surtout pour les yuccas sur tronc, la plante doit être dotée de racines bien développées. Tirez légèrement la plante pour vous assurer qu’elle est bien ancrée dans son récipient.
  • Extrémités des feuilles: L’extrémité des feuilles ne doit pas être endommagée sur plus de 5 mm. 
  • Santé: la plante doit être saine, exempte de parasites et de maladies. Méfiez-vous en particulier des cochenilles farineuses, des cochenilles à carapace et des insectes qui percent le tronc.
Yucca sans épine à tête couverte de cire.
Quand on achète un yucca sans épine, la tête du tronc est souvent couverte de cire. Photo: plantopedia.com
  • Tête de tronc: La tête coupée du tronc est probablement scellée avec de la cire. Ce produit luisant a été appliqué afin d’éviter la pourriture causée par l’humidité ou la pénétration d’eau dans des conditions de serre et n’est pas le symptôme d’une maladie quelconque.

Assortiment

 yucca glauque covert de fils
Le yucca glauque (Y. glauca) est le plus rustique des yuccas et est cultivé avec succès au Yukon. Photo: James St. John, Wikipedia Commons

Il existe environ 40 à 50 espèces de yuccas, la plupart remarquables par leurs rosettes de feuilles coriaces en forme d’épée et à pointe acérée (le yucca sans épines est l’une des rares espèces à avoir une feuille molle et sans épine), mais peu de ces espèces sont proposées comme plantes d’intérieur. Toutefois, on voit parfois la dague espagnole (Y. aloifolia) ou le yucca rostré (Y. rostrata) dans les pépinières spécialisées.

Cependant, plusieurs espèces sont couramment cultivées dans les jardins extérieurs, en particulier le yucca flaccide (Y. flaccida) et le yucca filamenteux (Y. filamentosa), tous deux résistants aux hivers relativement froids et adaptés aux zones de rusticité 6 à 10, même 5 avec une certaine protection. Le yucca glauque (Y. glauca), l’espèce la plus septentrionale et le seul yucca indigène au Canada (on le trouve en Alberta et en Saskatchewan), est encore plus rustique, adapté aux zones de rusticité 3 à 10.

Yucca gigantea ‘Variegata à feuillage panaché
Yucca gigantea ‘Jewel’

Il existe également plusieurs formes panachées du yucca sans épine, comme Y.gigantea ‘Variegata’, avec des rayures jaunes variables et ‘Jewel’, aux feuilles marginées de bandes crèmes.

Conseils d’entretien

Plus le tronc est épais, plus la plante est facile à entretenir.

yucca sans épine pâle et étiolé
Ce yucca sans épine dépérit faute d’un éclairage suffisant. Photo: National Garden Association
  • Le yucca sans épine a besoin au minimum d’une lumière vive et de préférence du plein soleil. Il tolérera une faible luminosité pendant des années, mais se dégradera lentement s’il est ainsi traité. Une nouvelle croissance faible et pâle et des tiges plus minces à l’extrémité qu’à leur base sont des signes certains que la plante n’obtient pas la lumière dont elle a besoin.
  • C’est une plante succulente, alors arrosez abondamment, mais laissez ensuite le terreau bien sécher avant d’arroser à nouveau. Ne gardez pas le sol uniformément humide: cela peut entraîner la pourriture des racines ou du tronc.
  • Entre mai et octobre, vous pouvez placer votre yucca en plein air dans un endroit ensoleillé. Laissez la plante s’acclimater au soleil afin d’éviter des dommages aux feuilles.
Plusieurs yucca sans épine dans un pot bas et fibreux
Rentrez votre yucca avant l’arrivée du gel.
  • Pendant l’hiver, vous pouvez le maintenir à la température ambiante normale ou le déplacer dans un endroit plus frais (jusqu’à 10 C), auquel cas il nécessitera un arrosage peu fréquent.
  • Retirez les feuilles jaunies ou endommagées.
  • Rempotez au besoin dans un pot plus grand, et probablement plus lourd, car le yucca sans épines a tendance à devenir lourd et instable avec le temps. Vous pouvez utiliser un terreau pour cactus et succulentes ou tout terreau bien drainé. Il est préférable de faire ce rempotage entre la fin de l’hiver et la fin de l’été.
  • Les tiges supprimées pendant la taille peuvent se bouturer, bien que l’enracinement puisse prendre des mois. Insérez-les debout dans un pot rempli de terreau et arrosez à peine, tant que vous ne voyez pas l’apparition de nouvelles feuilles, signe que la bouture a pris racine. 
  • Quant à la floraison, ne comptez pas là-dessus! Il est très peu probable que cette plante fleurisse dans des conditions intérieures. 

Conseils pratiques pour la présentation

yuccas sans épine au tronc épaissi
Parfois on trouve des spécimens avec une base enflée.

Sa silhouette robuste et sa facilité d’entretien font du yucca une plante idéale pour ceux qui débutent avec les plantes d’intérieur. C’est un excellent cadeau pour la chambre d’étudiant, car il peut tolérer passablement de négligence. 

Ce yucca aura fière allure dans un pot en pierre robuste. Pour rendre la plante totalement tendance, pensez au bohémien chic, la plaçant dans un cache-pot coloré au design ethnique. 

Article basé sur un communiqué de presse de Maplantemonbonheur.fr
Sauf indication contraire, photos de Maplantemonbonheur.fr
Stylisme par Elize Eveleens, Klimprodukties

30 faits fascinants sur les végétaux

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Ill. : stux, Pixabay.com

L’autre jour, je fouillais sur certains sites Web offrant des faits intéressants sur les végétaux, car je pensais que le sujet serait intéressant pour ce blogue. Il y en a plusieurs, finalement, et la plupart répètent les mêmes informations, mais j’ai été étonné de voir que certains des «faits» mentionnés étaient en fait incorrects. 

Par exemple, un «fait» qui circule est que les chênes ne produisent pas de glands avant l’âge de 50 ans, ce qui n’est manifestement pas le cas. J’ai cultivé plusieurs chênes à partir de glands, provenant de différentes espèces, et je peux confirmer que, s’ils sont en effet très lents à fleurir et à produire des glands, la plupart y parviennent entre l’âge de 20 à 30 ans, ce qui est quand même beaucoup moins que 50 ans.

Et il y avait plusieurs autres informations dans ces articles qui, lorsque je les ai vérifiées, se sont avérées fausses ou douteuses. 

Alors, voici quelques « faits sur les végétaux » que je crois être réellement véridiques… et fascinants aussi!

  1. Il existe quelque 320000 espèces de végétaux et l’on en trouve sur tous les continents, même en Antarctique.
  2. 90% des aliments que nous consommons proviennent de seulement 30 plantes, mais il existe plus de 80000 plantes comestibles dans le monde.
  3. Un arbre mature typique peut fournir suffisamment de bois pour fabriquer 170100 crayons.
  4. Le chou, le brocoli, le chou frisé, le chou-fleur et le chou-rave sont tous des variantes de la même espèce, Brassica oleracea, mais ont été développés de manière sélective pour des usages différents, au point qu’ils ne se ressemblent plus.
Deux morceaux d'ambre avec des insectes à l'intérieur.
L’ambre contient parfois des insectes et autres invertébrés qui sont restés prisonniers dans la résine.
  1. L’ambre est une résine fossilisée provenant d’anciens conifères. Il a généralement plus de 90 millions d’années.
  2. Si les pommes flottent, c’est qu’elles contiennent beaucoup d’air: 18% ou plus.
  3. L’odeur de gazon fraîchement coupée est en fait une espèce de cri de détresse aromatique conçue pour avertir les autres graminées du secteur de la présence d’un herbivore… sauf que cette fois-ci, l’herbivore se trouve être une tondeuse !
  4. La plante à la croissance la plus rapide au monde est le bambou de Birmanie (Bambusa burmanica). Il peut pousser de 91 cm par jour. On peut presque le voir grandir !
Homme qui pleure en tranchant un oignon.
  1. Si les oignons vous font pleurer, c’est parce qu’ils dégagent de l’acide sulfurique, un irritant, lorsque vous les hachez.
  2. Le mot banane vient du mot arabe banan et signifie «doigt» à cause du fruit digitiforme. Et une grappe de bananes s’appelle une main.
Grand baobab à tronc enflé
Le tronc du baobab contient beaucoup d’eau. Photo: aduna.com
  1. À la fin de la saison des pluies, les immenses baobabs des savanes arides de l’Afrique et du Madagascar sont composés à 76% d’eau et peuvent contenir jusqu’à 120000 litres de ce liquide précieux dans leur tronc et leurs branches gonflés.
  2. On appelle Cenchrus purpureus (anc. Pennisetum purpureum), une graminée originaire de l’Afrique, herbe à éléphant, car à 4,5 m de haut, elle est suffisamment haute pour que les éléphants puissent se cacher derrière les denses touffes qu’elle forme. Et aussi, les éléphants adorent la bouffer!
  3. La caféine du caféier et la théine du théier ont évolués comme insecticides pour décourager les insectes de les manger.
  4. Au cours de la période de la tulipomanie aux Pays-Bas, au milieu du 17e siècle, certains bulbes de tulipes valaient plus que leur pesant d’or.
Bois-brésil en fleurs, fleurs jaunes
Fleurs du bois-brésil ((Paubrasilia echinata). Photo: flickriver.com
  1. Le Brésil doit son nom à un arbre, le bois-brésil (Paubrasilia echinata, anciennement Caesalpinia echinata). Il est devenu aussi l’arbre emblématique de ce pays.
  2. Les premières carottes étaient violettes plutôt qu’orange.
  3. Les chênes sont plus souvent frappés par la foudre que tout autre arbre.
  4. Les graminées représentent 26% de toute la vie végétale sur terre.
Vanillier en fleurs, fleurs jaune citron
Le vanillier se vend aussi comme plant d’intérieur, mais uniquement pour son port et son feuillage, car il ne fleurit presque jamais à l’intérieur et n’y produit pas, bien sûr, de gousses aromatiques. Photo:orchidinsanity.com
  1. La seule orchidée utilisée dans l’alimentation humaine est le vanillier (Vanilla planifolia et autres), une espèce grimpante dont les gousses matures aromatiques sont comestibles.
  2. Environ 85% de la vie végétale mondiale se trouve dans l’océan.
Grosse fleur rouge marron et charne du rafflesia
Rafflesia dans la forêt indonésienne. Photo: Rahmat andriansa, Wikiimedia Commons.
  1. La plus grande fleur individuelle du monde est le rafflesia (Rafflesia arnoldii). Elle peut atteindre 1 m de diamètre et peser jusqu’à 11 kg.
  2. Une superficie de 232 m2 (2 500 pi2) de gazon produit suffisamment d’oxygène pour une famille de 4 personnes.
Plantes de wolffie sur 2 doigts humains.
Chacune de ces petits points verts est une plante de wolffie entière. Photo: Christian Fischer, Wikimedia Commons
  1. La plus petite plante à fleurs du monde, ne mesurant que de 0,1 à 0,2 mm de diamètre, est une wolffie asiatique (Wolffia globosa). C’est une plante flottante apparentée aux lentilles d’eau.
  2. On estime que 64% des espèces végétales du monde sont menacées de disparition. 
  3. Un aménagement paysager attrayant peut augmenter la valeur d’une maison jusqu’à 20%.
  4. Les premiers raisins à vin de l’histoire ont été cultivés il y a environ 8000 ans en Mésopotamie.
Belle fleur blanche de l'orchidée fantôme.
La belle fleur de l’orchidée fantôme… et ses racines chlorophylliennes. Photo: NC Orchids, Wikimedia Commons
  1. L’orchidée fantôme (Dendrophylax lindenii), de la Floride et des Caraïbes, ne porte aucune feuille. Il fait la photosynthèse grâce à ses racines aériennes chlorophylliennes.
  2. Sur les 1750 espèces de cactus de la planète, 1749 sont originaires du Nouveau Monde.
Deux fleurs de chou puant sortant de la neige.
Les fleurs curieuses du chou puant font fondre la neige. Photo: jcdoty, naturetreasurehunt.com
  1. Le chou puant (Symplocarpus foetidus) produit de la chaleur lors de sa floraison à la fin de l’hiver, faisant fondre la neige autour d’elle. Sa température interne se maintient à environ 22 °C pendant jusqu’à 2 semaines et peut alors être jusqu’à 35 °C supérieure à celle de l’air ambiant.
  2. Des scientifiques russes ont réussi à faire germer des graines vieilles de 32 000 ans provenant d’une petite plante appelée silène à feuilles étroites (Silene stenophylla). Elles avaient été emmagasinées dans un terrier de spermophiles dans le pergélisol en Sibérie. Les plantes ainsi produites ont fleuri et donné des graines viables.

Que de curiosités dans le monde végétal!

Insecticide à l’ail maison

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Ill.: clipartmax.com & clipartzone, montage: jardinierparesseux.com

Il y a tellement de remèdes maison inefficaces ou inutiles qui circulent dans le monde du jardinage qu’il est facile d’oublier que certains fonctionnent vraiment. Et un traitement qui donne des résultats vérifiables est l’insecticide à l’ail.

Non pas que cet insecticide tue les insectes très efficacement. C’est plutôt un répulsif. Les pucerons et les aleurodes (mouches blanches) ainsi que la plupart des coléoptères vont éviter les parties de la plante qui en ont été aspergées pour s’établir ailleurs sur la plante ou sur une plante voisine. Il n’est pas efficace contre les insectes peu mobiles, comme les cochenilles farineuses et les cochenilles à carapace.

La recette

Ingrédients: Mélangeur, gousses d'ail, bol, passoire, vaporisateur
Illus.: clipartmax.com, montage: jardinierparesseux.com
  1. Ajoutez une gousse d’ail et deux tasses d’eau à un mélangeur.
  2. Faites fonctionner l’appareil à haute vitesse jusqu’à ce que l’ail soit réduit en purée. 
  3. Versez le liquide dans un plat. 
  4. Recouvrez et laissez-le reposer pendant une journée.
  5. Passez le liquide à travers une étamine (coton à fromage), une passoire ou un tamis pour enlever la pulpe.
  6. Mélangez la solution dans 4 litres d’eau.
  7. Ajoutez-y une cuillerée de savon insecticide pour en améliorer l’adhésivité. 
  8. Vaporisez-en sur des plantes infestées de pucerons, d’aleurodes ou d’autres insectes volants.

Vous pouvez conserver cette solution jusqu’à 2 semaines.

Si vous ne tenez pas à préparer votre propre insecticide à l’ail, sachez qu’il y a des variantes commerciales sur le marché.

Comic de vampire qui proteste contre l'ail.

L’effet de l’insecticide à l’ail durera aussi longtemps que la plante sentira l’ail, jusqu’à deux semaines dans les meilleures circonstances.

Et qui sait: peut-être qu’il éloignera aussi les vampires?

Ill.: vampires.com

N.D.L.R. Adapté d’un billet originalement publié le 4 février 2016 

Quand les boutons d’un cactus de Noël tombent

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Les boutons des cactus de Noël et d’automne sont fragiles, surtout au stade où ils commencent à grossir. Photo:@dkerr96

Question : Mon cactus d’automne est en fleurs, mais plusieurs boutons sont tombés avant de fleurir. Est-ce parce que je l’ai changé de place? Avant l’apparition des boutons, je le laisse au sous-sol, mais je le monte à l’étage quand il commence à fleurir, pour le voir!

Lisette Provencher

Réponse : C’est un problème courant avec cette plante, soit le cactus de Noël (Schlumbergera buckleyi) et le très apparenté cactus d’automne (S. truncata), appelé «Thanksgiving cactus» en anglais (lisez Quand votre «cactus de Noël» fleurit trop tôt pour savoir comment distinguer les deux).

Boutons floraux tombés d'un cactus de Noël
Les boutons floraux tombent quand les conditions changent trop radicalement. Photo:ask.extension.org

Lorsque les conditions changent radicalement, les boutons floraux ont tendance à chuter. Cela arrive quand on déplace le cactus d’une partie de la maison à une autre, mais de façon encore plus radicale lorsqu’on le rapporte du magasin et que la plante doit faire la transition entre une serre très éclairée et fort humide et un salon sombre où l’air est sec.

Pour prévenir ou réduire la chute des boutons, essayez de déplacer la plante lorsque les boutons floraux sont encore très petits. Le choc du déplacement sera moindre.

Deux cactus de Noël en fleurs
Maintenez la même orientation après un déplacement. Photo: pflanzenblog-in.de

Si la floraison est plus avancée, essayez de maintenir la même orientation qu’à l’origine. Autrement dit, placez le côté de la plante qui faisait face à la fenêtre dans votre sous-sol de façon à ce qu’il soit aussi tourné vers le soleil dans son nouvel emplacement. On dirait que les boutons se détachent davantage quand cette orientation est perturbée. 

Aussi, même si cette plante est un cactus, elle apprécie l’air humide et l’air dans un sous-sol est habituellement plus humide que l’air au rez-de-chaussée. Essayez alors de placer la plante sur un plateau humidifiant dans son nouvel emplacement. 

Avec ces méthodes en tête, vous devriez être capable de déplacer votre cactus d’automne sans perdre le moindre bouton.

Négociez vos prix en jardinerie

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Le prix indiqué n’est pas nécessairement le prix à payer. Photo: dlpng.com

Quand vous achetez une bonne quantité de végétaux ou des végétaux très coûteux, essayez de négocier. Pour ça, il faudra normalement voir le gérant du département, pas seulement un commis. Souvent, vous pouvez repartir avec une facture moindre, plus de plantes, quelques sacs de compost ou des outils. 

Vos chances d’obtenir un rabais augmentent aussi si vous faites l’achat à un moment tranquille dans la saison de jardinage, ou à l’automne quand les chances pour de vendre les végétaux avant la saison hivernale s’amenuisent pour la pépinière. 

Bulbes de tulipe vendus en vrac
Fin de novembre: une excellente période pour négocier le prix des bulbes. Photo: dailyherald.com.

Exemple: à la mi-novembre, je vais en jardinerie acheter des bulbes pour le forçage hivernal. À cette date, dans ma région, il est très tard pour planter les bulbes (l’hiver arrive très tôt à Québec où je réside) et je sais pertinemment que la plupart des bulbes dans les étalages à cette date finiront au compost. Pourtant, les bulbes sont encore au même prix qu’à leur arrivée en magasin en septembre. Dans cette situation, j’arrive à négocier un excellent prix: souvent un quart du prix affiché!

Alerte COVID-19: Je n’ai pas réussi ce négoce en 2020. Tous les bulbes étaient vendus lors de ma visite en jardinerie le 21 novembre alors qu’habituellement il en reste encore amplement dans les étalages à pareille date. C’est du jamais vu! Mettons la faute sur le confinement causé par le COVID-19: tellement de gens ont découvert les plaisirs du jardinage en 2020 que les plantes de toutes sortes se vendaient comme de petits pains chauds! Cela a été le cas depuis le printemps. Tant mieux si tant de gens ont développé la passion du jardinage, mais les marchandeurs devront attendre une autre année pour obtenir de bons prix!

Négocier dans un magasin fait un peu surprenant au 21e siècle où le prix est clairement indiqué sur l’étiquette, mais je vous assure que nos ancêtres prenaient pour acquis que le prix offert n’était que le début de la négociation. Aussi, il faut garder en tête que les gérants ont l’habitude de négocier. 

Essayez! Ça fonctionne!

Ces légumes qui se ressèment tout seuls

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Dans le potager du paresseux, on peut laisser certains légumes et fines herbes se ressemer tout seuls. Photo: silverserviceconsultancy.co.uk

Traditionnellement, le jardinier amateur achète des semences de légumes et les sème lui-même au printemps. Ou encore, il récolte des semences au cours de la saison précédente et les ressème lui-même au printemps. Dans les deux cas, il y a une action à accomplir : on prépare le sol et l’on sème les graines. 

Mais saviez-vous que certains légumes (et plusieurs fines herbes aussi) peuvent se ressemer tout seuls? Il ne suffit que de permettre à au moins un spécimen de monter en graines et de lui laisser une partie du potager libre de paillis (les plantes ne peuvent pas se ressemer sous un paillis, aussi mince soit-il). Et voilà! Mère Nature fait le travail à votre place.

Un peu de surveillance

Il reste qu’il est pratique de savoir à quoi ressemblent les jeunes semis qui paraîtront. Vous ne voudriez pas laisser pousser de petits plants inconnus qui s’avèreront être de redoutables mauvaises herbes!

Aussi, il est très possible que la plante se ressème… où vous ne voulez pas qu’elle le fasse. Dans ce cas, la solution est facile : vous déterrez le jeune plant et la replantez ailleurs.

Facteurs climatiques

Tomate qui s'est ressemée
Souvent les tomates se ressèment, mais sous les climats aux étés courts, ne parviennent pas à produire des fruits murs. Photo: tipsfromashton.wordpress.com

Évidemment, certaines plantes qui se ressèment facilement — la tomate en est une — n’auront pas le temps de mûrir sous les climats aux étés courts. La règle est que, s’il faut normalement semer ce légume à l’intérieur afin de pouvoir profiter d’une bonne récolte, il n’est pas un bon choix pour l’autoréensemencement dans votre région. 

Oignon avec boule de fleurs blanches
L’oignon est une bisannuelle: il ne fleurira que la deuxième année. Photo: plantsam.com

Aussi, un nombre surprenant de nos légumes sont bisannuels. Ce détail n’est pas évident, puisqu’on les récolte au cours de leur première année, donc on ne voit pas que ces légumes ne fleurissent (ni ne produisent des graines) que la deuxièmement année. Si c’est le cas, afin de leur permettre de se ressemer, il faut nécessairement laisser au moins quelques plantes en terre à l’automne pour servir de maman à la génération suivante. C’est notamment le cas des betteraves, des carottes, des choux et des oignons.

Légumes qui se ressèment

Voici une liste de légumes qui peuvent se ressemer… avec quelques détails sur leur comportement :

  1. Ail (Allium sativum) (à partir de bulbilles)
  2. Amarante (Amaranthus cruentus et autres)
Arroche à feuilles rouges
L’arroche se ressème facilement… et on reconnaît instantanément ses semis par leur couleur rouge. Photo: johnnyseeds.com
  1. Arroche (Atriplex hortensis)
  2. Bette à carde (Beta vulgaris flavescens) (bisannuelle)
Les betteraves sont normalement bisannuelles, mais parfois «montent en graine» (fleurissent avant le temps) et produisent alors des graines la première année. Photo: gardeningknowhow.com
  1. Betterave (Beta vulgaris conditiva) (bisannuelle)
  2. Carotte (Daucus carota) (bisannuelle)
  3. Céleri et céleri-rave (Apium graveolens) (bisannuelle)
  4. Cerise de terre (Physalis pruinosa et autres) 
  5. Chou (Brassica oleracea capitata et autres) (bisannuelle)
  6. Courge (Cucurbita pepo et autres) 
  7. Cucamelon (Melothria scabra)
  8. Épinard (Spinacia oleracea)
  9. Épinard fraise (Blitum capitatum, syn. Chenopodium capitatum)
  10. Fenouil (Foeniculum vulgare) (bisannuelle)
  11. Kale (Brassica oleracea acephala) (bisannuelle)
  12. Laitue (Lactuca sativa)
  13. Mâche (Valerianella locusta)
  14. Morelle noire (Solanum nigrum et autres)
Moutarde en fleurs
La moutarde monte rapidement en graine… et se ressème parfois trop abondamment! Photo: plants.ces.ncsu.edu
  1. Moutarde (Brassica juncea et autres)
  2. Navet (Brassica rapa rapifera) (bisannuelle)
  3. Oignon (Allium cepa) (bisannuelle)
  4. Oseille (Rumex acetosa) (vivace)
  5. Panais (Pastinaca sativa) (bisannuelle)
  6. Poireau (Allium porrum) (bisannuelle)
  7. Pourpier potager (Portulaca oleracea)
  8. Quinoa (Chenopodium quinoa)
  9. Radis (Raphanus sativus
  10. Roquette (Eruca sativa)
  11. Rutabaga (Brassica napus) (bisannuelle)
  12. Tétragone ou épinard de Nouvelle-Zélande (Tetragona expansa)
  13. Tomate (Solanum lycopersicum) (climats aux étés longs seulement)
  14. Tournesol (Helianthus annuus)

Fines herbes qui se ressèment

  1. Aneth (Anethum graveolens)
  2. Angélique (Angelica archangelica) (bisannuelle)
  3. Basilic (Ocimum basilicum)
Bourrache à fleurs bleues
Il suffit de semer la bourrache une seule fois. Par la suite, il revient annuellement. Photo: amazon.ca
  1. Bourrache (Borago officinalis)
  2. Camomille allemande (Matricaria chamomilla, syn. Matricaria recutita)
  3. Capucine (Tropaeolum majus)
  4. Cerfeuil (Anthriscus cerefolium)
  5. Ciboulette (Allium schoenoprasum)  (vivace)
  6. Ciboulette ail (Allium tuberosum) (vivace)
  7. Coriandre ou cilantro (Coriandrum sativum)
  8. Fenouil (Foeniculum vulgare) (bisannuelle)
  9. Mélisse (Melissa officinalis) (vivace)
Nigelle à fleurs bleues
Beaucoup de jardiniers cultivent la nigelle comme annuelle, sans savoir qu’elle est comestible. Photo: WIldfeuer, Wikimedia Commons
  1. Nigelle de Damas (Nigella damascena)
  2. Origan (Origanum vulgare) (vivace)
  3. Pavot somnifère (Papaver somniferum)
  4. Persil (Petroselinum crispum) (bisannuelle)
  5. Souci (Calendula officinalis)
  6. Thym (Thymus vulgaris) (vivace)

Les fleurs annuelles et bisannuelles aussi

Évidemment, si les légumes et les fines herbes peuvent se ressemer, d’autres végétaux peuvent le faire aussi. Les bisannuelles — roses trémières, digitales, œillets des poètes, molènes, etc. — se ressèment presque toutes (c’est une de leurs caractéristiques de base) et beaucoup d’annuelles aussi. Vous trouverez des détails sur ces dernières dans cet article : Les meilleures annuelles se ressèment. Et les vivaces dites «de courte vie» (lisez l’article Les vivaces ne sont pas toujours éternelles) sont en fait des variétés dont la stratégie de survie implique un réensemencement facile et fréquent.

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Un potager qui se ressème et qui pousse presque tout seul : l’objectif ultime de tout jardinier paresseux!

Comment forcer des jacinthes

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Photo: ibulb.org

Voici un petit projet facile pour tout type de jardinier, adulte comme enfant: le forçage des jacinthes (Hyacinthus orientalis). Il est particulièrement approprié en cette année de confinement, car non seulement sa réalisation vous occupera et vous donnera un sentiment d’accomplissement, mais à l’aboutissement du projet, vous aurez de belles potées fleuries à offrir à un parent ou un ami particulièrement affecté par le confinement. 

Pourquoi la jacinthe plutôt qu’un autre bulbe? Eh bien, la jacinthe offre deux avantages. Premièrement, elle est très facile à forcer, car elle n’exige pas des conditions difficiles à offrir. Deuxièmement, elle est à la fois belle, très, très parfumée et embaume toute une pièce. Tu parles d’un beau cadeau pour remonter le moral! 

Matériel

Pour forcer les jacinthes, rassemblez les éléments suivants : 

Bulbes de jacinthe dans une assiette
Bulbes de jacinthe. Photo: ibulb.org
  • un sac de terreau pour plantes d’intérieur;
  • un seau ou un grand bol;
  • un arrosoir ou un pichet d’eau;
  • un transplantoir ou une grande cuillère;
  • des pots avec des trous de drainage;
  • 2 ou 3 paquets de bulbes de jacinthe; 
  • quelques sacs de plastique transparent, type grand sac de congélation;
  • quelques attaches torsadées.

Technique

  1. Comme le terreau doit être humide avant que vous commenciez la plantation, versez-en dans un seau ou dans un grand bol, ajoutez-y de l’eau et mélangez bien. Quand il est uniformément humide, mais pas détrempé, il est prêt.
  2. Remplissez les pots aux deux tiers de terreau. 
Empotager de bulbes de jarcinthe
Placez les bulbes sur la surface du terreau. Photo: ibulb.org
  1. Placez densément les bulbes sur le terreau, partie aplatie vers le bas. Malgré que beaucoup de sites Web insistent que les bulbes ne doivent pas se toucher, en fait, cela n’est pas un problème. D’ailleurs, plus il y a de bulbes dans le pot, plus l’effet sera saisissant!
  2. Rajoutez du terreau pour couvrir les bulbes au moins aux deux tiers: ce n’est pas grave si la pointe du bulbe est à l’air libre. 
  3. Enfermez les potées de bulbes dans un sac de plastique et fermez-le hermétiquement.
Pot de bulbes de jacinthe dans un sac de plastique prêt à mettre au frigo
Placez les bulbes dans un endroit froid mais libre de gel. Ill.: design.tutsplus.com, cleanpng.com, clipart-library.com, montage: jardinierparesseux.com
  1. Placez les sacs dans un endroit frais, comme un frigo, une chambre froide ou un garage à peine chauffé. Température : entre 1 et 10 °C. Aucun éclairage n’est nécessaire. 

La période d’hivernage vient de commencer: il s’agit maintenant de «convaincre» le bulbe que c’est l’hiver.

Préparez autant de potées que vous voulez.

Longue attente et forçage

Il faut environ 13 semaines de froid avant qu’un bulbe de jacinthe soit prêt à fleurir. Durant ce temps, il est en pleine croissance. Oui, même à la noirceur dans un frigo! Il produira d’abord des racines — beaucoup de racines! — puis une pousse jaune pâle. 

Durant ce temps, vérifiez mensuellement que le terreau est toujours au moins un peu humide et ajoutez de l’eau s’il le faut.

Bulbes de jacinthe qui poussent au frigo.
Après environ 13 semaines, les bulbes seront prêts à être forcés. Photo: gardenersworld.com

Après 13 semaines de froid, vous pouvez commencer à «forcer» vos bulbes… ou vous pouvez attendre encore. Rendu au stade «prêt à forcer», le bulbe arrête son développement et attend l’arrivée du printemps. Si vous avez plusieurs potées (et un gros frigo!), vous pourriez sortir une potée ou deux du froid par semaine et ainsi prolonger la saison de floraison jusqu’au mois de mai.

En sortant le pot du réfrigérateur, enlevez le sac de plastique.

Idéalement, vous placerez les bulbes fraîchement sortis de leur emplacement d’hivernage dans une pièce ensoleillée et fraîche, à environ 15 °C : cela donnera des plantes plus compactes qui n’auront pas besoin de tuteur. Si vous n’avez pas une telle pièce, un endroit ensoleillé et à une température normale d’intérieur suffira… mais les tiges auront peut-être besoin d’un court tuteur comme support : un bâtonnet de café, peut-être.

Pots de jacinthes bleues
Les bulbes fleurissent environ 2 semaines après leur exposition à la chaleur. Photo: ibulb.org

Les bulbes seront en fleurs après deux semaines seulement! N’oubliez pas de les arroser, car le terreau doit rester humide et, une fois le sac enlevé et leur croissance amorcée, ils utilisent passablement d’eau.

C’est le moment de faire votre « père Noël du printemps ». Faites la tournée de vos parents et amis confinés et isolés et… partagez le parfum du bonheur!

Après le forçage

Quand les fleurs fanent (la floraison durera environ 2 semaines), mettez les bulbes au compost, tout simplement. Il n’est pas évident de les forcer pour une deuxième floraison et les bulbes forcés ne donnent pas de bons résultats en pleine terre non plus, car le forçage les épuisent.

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Qu’attendez-vous, donc? Si vous êtes confiné vous-même, vous avez probablement le temps pour le faire!