Comment j’ai appris à jardiner sur un balcon

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Il est difficile de cultiver de beaux gros légumes dans de petites balconnières. Photo: getinterior.me

Mon premier potager sur un balcon, cultivé il y a près de 40 ans, a été un échec lamentable. Ayant eu ma propre parcelle dans le potager de mon père depuis ma plus tendre enfance, je pensais en savoir assez sur le jardinage, mais jardiner en contenant est quelque chose de tout à fait différent. Ainsi, cette première année, je n’ai presque rien récolté sauf quelques feuilles de laitue plutôt amères.

Au moins, j’ai rapidement compris où était le problème.

J’avais utilisé les contenants les moins chers que j’avais pu trouver (j’étais étudiant avec un très petit budget): trois petites balconnières en tôle de 10 cm de largeur et de profondeur. Le problème? Elles s’asséchaient très rapidement. Par temps chaud, je devais les arroser abondamment deux fois par jour, matin et soir, et même quand je me précipitais à la maison après mon travail d’été à 17 h 30, les plantes étaient souvent déjà flétries.

Dans de petits pots, les légumes sèchent rapidement et la récolte est diminuée. Photo: Christina Sanvito, Flickr

Il faut comprendre un détail sur les légumes: quand ils fanent sérieusement, ou encore, à de multiples reprises, le stress ainsi causé nuit à la production et au goût. Dans mon cas, c’était le désastre. Soit les plantes mouraient rapidement, soit elles montaient en graine avant même je puisse commencer à les récolter!

Deuxième essai

La deuxième année, j’étais mieux préparé. Comme il était clair pour moi que mes mini-balconnières étaient terriblement trop petites, j’ai ramassé des pots de peinture qui avaient une taille que je jugeais convenable pour une plante de laitue ou une carotte ou deux. Évidemment, j’ai percé des trous dans le fond pour le drainage. Ce n’était pas encore la perfection et je voyais bien qu’ils étaient encore trop petits. La preuve? Il fallait encore arroser au moins une fois par jour et parfois deux pour prévenir le stress hydrique. Au moins, j’ai pu avoir une récolte raisonnable. 

Cependant, j’avais également récupéré un vieux seau rouillé d’environ 12 litres dans lequel j’avais également percé des trous de drainage. Dans ce pot, j’avais inséré un seul plant de tomate. Quelle différence! La tomate a atteint une assez bonne taille et a produit des dizaines de tomates fraîches, rouges et délicieuses. Et elle avait seulement besoin d’arrosage tous les deux ou trois jours, pas deux fois par jour. J’étais sur la bonne piste!

Plus c’est gros, mieux c’est

En préparation de la troisième année, je suis parti à la recherche de pots encore plus gros… et j’ai trouvé ce qu’il fallait! Les épiceries, boulangeries et restaurants achètent beaucoup de denrées dans des seaux de 20 l (5 gallons): farines, olives, sauce soya, etc. Et ils ne coûtaient rien: il suffisait de les demander au marchand qui, autrement, les jetait. (Aujourd’hui, la plupart des épiceries, etc. en offrent encore, mais facturent un petit montant: 1$ [0,70€] par seau, du moins dans mon patelin.)

Les seaux de qualité alimentaire semblent être exactement de la bonne taille pour la culture des légumes. Photo: The Rusted Garden, youtube.com

Alors, je m’en suis ramassé une bonne quantité puis, après un bon lavage, j’ai percé des trous de drainage dans le fond. L’argent que je n’ai pas investi dans l’achat de pots est allé dans l’achat de terreau convenable* — un terreau pour pots et jardinières — et oui, il m’en fallait une bonne quantité pour remplir tant de seaux! Heureusement qu’on peut utiliser le terreau acheté encore et encore pendant de nombreuses années: il suffit de rajouter un peu de compost annuellement pour l’aérer.

*N’employez pas en contenant de la terre de jardin ou encore, récoltée dans le jardin: elle devient rapidement dure et compactée et, de plus, contient presque toujours des limaces et d’autres bestioles indésirables.

Le fonctionnement

Ces seaux contiennent une grande masse de terre. Or, une terre aérée est aussi un très bon réservoir d’eau, avec plein d’espaces vides où l’eau peut s’infiltrer et s’accumuler. Le résultat est une excellente autonomie d’arrosage. J’ai trouvé que dans la plupart des cas, il suffisait d’arroser une fois par semaine, rarement plus. Je sais que beaucoup de jardiniers utilisent de tels seaux en y installant diverses sortes de réservoirs d’eau, espérant ainsi fournir encore plus d’autonomie, mais je n’ai jamais eu besoin de faire cet effort supplémentaire: un arrosage par semaine — approfondi, bien sûr! — c’était parfait pour mes besoins. 

On a utilisé de gros pots, recyclés pour la plupart, pour ce potager sur balcon. Photo: The Rusted Garden, youtube.com

Au fil des années, j’ai aussi appris à utiliser comme contenants de culture les grands bacs de rangement en plastique de type Rubbermaid (dans lesquels on peut vraiment faire des rangs comme dans un potager «terrestre»), ainsi que des balconnières extra larges et profondes que l’on peut accrocher à la balustrade du balcon afin de gagner encore plus d’espace de culture. La culture en panier suspendu est possible aussi, mais plus délicate, car les suspensions sont très exposées au vent et alors sèchent plus vite. Choisissez alors le plus gros panier que vous pouvez manipuler, sachant qu’il pourrait malgré tout falloir arroser 2 ou 3 fois par semaine.

La taille du récipient est la clé de succès!

Toutes les autres «complications» du jardinage sur balcon sont bien mineures comparativement aux bénéfices d’un contenant de culture de bonne taille. 

Oui, vous avez besoin de fertiliser, de pailler, de tuteurer et d’offrir des cordes ou un treillis pour les légumes grimpants. Aussi faut-il trouver une façon plus commode pour arroser qu’un arrosoir rempli dans la cuisine et apporté, laissant tomber des gouttes d’eau sur le plancher, jusqu’au balcon. (J’utilisais à cet effet un tuyau d’arrosage: oui, même au 4e étage. Lisez à cet effet Pour faciliter l’arrosage sur un balcon.) Et oui, le soleil aussi est vital… mais la plupart des balcons étant en saillie, ils offrent plus de soleil que vous ne le pensez au premier abord. D’accord, vous n’aurez probablement pas assez de place sur votre balcon pour faire pousser du maïs sucré, des asperges ou de la rhubarbe, mais tout autre légume poussera à merveille.

Mon potager sur balcon était réellement très productif! Ill.: Claire Tourigny, tirée du livre Les idées du jardinier paresseux: Potager

Malgré tout, même si je n’ai plus de balcon (je vis maintenant dans un plain-pied en banlieue avec beaucoup plus d’espace de jardinage), je n’ai jamais obtenu d’aussi bons résultats avec des légumes que sur un balcon. Je ne disposais même pas de 10 mètres carrés d’espace pour cultiver mon potager et pourtant, je produisais assez de légumes pour en donner. À vrai dire, mon balcon était une véritable ferme urbaine miniature! L’absence de limaces, de rongeurs et d’autres parasites sur un balcon est bien sûr d’une grande aide. Et, au cas où vous vous le demanderiez, oui, les abeilles visiteront et polliniseront vos plantes même si vous jardinez au 23e étage.


Le jardinage sur balcon: d’accord, il y a quelques techniques à apprendre, mais si vous voulez vraiment réussir, retenez surtout le conseil suivant: gros contenant = récolte réussie!

Le chénopode blanc: comestible, mais éloignez-le vos légumes!

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Le chénopode blanc (Chenopodium album), aussi appelé chou gras, poule grasse ou poulette grasse, est une mauvaise herbe commune à travers le monde. Il a l’avantage d’être comestible et en fait, très nutritif. Il contient très peu de graisses saturées et de cholestérol et constitue une bonne source de niacine, d’acide folique, de fer, de magnésium et de phosphore, ainsi qu’une très bonne source de fibres alimentaires, de protéines, de vitamine A, de vitamine C, de thiamine, de riboflavine, de vitamine B6, de calcium, de potassium, de cuivre et de manganèse. Et il est délicieux, avec un goût rappelant l’épinard.

Mais avant de décider d’embrasser le chénopode blanc comme le légume du siècle pour votre potager, réfléchissez-y deux fois plutôt qu’une, car cette plante a un côté sombre… et même, plusieurs côtés sombres.

Les bémols

Chénopode blanc en fleurs. Photo: Rasbak, Wikimedia Commons

Tout d’abord, le chénopode blanc est incroyablement envahissant: en raison de son émergence précoce et de son taux de croissance rapide, il peut réduire la production de bon nombre de légumes. Par exemple, il a été démontré que, dans les grandes cultures, les pertes de récolte atteignaient 13% chez le maïs, 25% chez le soja et 48% chez la betterave à sucre.

Pire encore, il héberge un grand nombre de maladies que des insectes suceurs pourraient facilement se transmettre à vos légumes, dont les suivantes:

  • Virus de l’enroulement apical de la betterave;
  • Virus de la gravure du tabac;
  • Virus de la mosaïque de l’orge;
  • Virus de la mosaïque de l’aubergine;
  • Virus de la mosaïque de la betterave;
  • Virus de la mosaïque de la courge;
  • Virus de la mosaïque de la glycine.
  • Virus de la mosaïque de la laitue;
  • Virus de la mosaïque de la luzerne;
  • Virus de la mosaïque de la pastèque.
  • Virus de la mosaïque de la primevère;
  • Virus de la mosaïque de soja;
  • Virus de la mosaïque du concombre;
  • Virus de la mosaïque du houblon;
  • Virus de la mosaïque du navet;
  • Virus de la mosaïque jaune du haricot;
  • Virus de la tache annulaire de la tomate;
  • Virus de la tache annulaire du poivron;
  • Virus de la tache annulaire nécrotique du prunier;
  • Virus des anneaux noirs de la pomme de terre;
  • Virus des nervures jaunes du trèfle;
  • Virusdes taches en anneauxdu mûrier
  • Virus du rabougrissement jaune des cucurbitacées;
  • Virus X, M et S de la pomme de terre;

Une étude d’Elizabeth T. Maynard, du département des sciences biologiques de l’Université de Purdue, a montré qu’une seule plante de chénopode blanc dans une parcelle de 1 mètre carré réduisait le rendement de courges de 10 à 15 % en moyen.

Oh, et ai-je mentionné que son pollen léger est également une cause du rhume des foins?

Donc, récoltez le chénopode blanc dans la nature si vous voulez ou cultivez-le dans sa propre parcelle, loin de toute autre culture, mais vous ne voudrez probablement pas l’incorporer à votre potager familial! 

Le jardin en lasagnes: un guide pour les débutants

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Article écrit par le blogueur invité Jeff Antilla de Redfin

Traduit de l’américain par Larry Hodgson

Souhaitez-vous faire votre propre jardin en lasagnes? Le jardinage en lasagnes est devenu une technique de jardinage sans labour de plus en plus populaire qui utilise des couches de matériaux compostables, notamment des déchets de cuisine, du carton, du marc de café, ainsi que de nombreux autres matériaux pour faire pousser des légumes.

En outre, le jardinage en lasagnes est durable, résulte en peu de mauvaises herbes et, en plus, vous avez probablement la plupart des matériaux nécessaires sous la main.

Si vous souhaitez essayer le jardinage en lasagnes chez vous, voici tout ce que vous devez savoir sur cette excellente méthode pour la culture de concombres, aubergines, courges, carottes, ail, tomates, etc.

Le jardin en lasagnes: des couches alternées

Le jardin en lasagnes est vraiment comme préparer un plat de lasagnes en cuisine: tout se fait par couches alternées des différents ingrédients. 

Ce qui fait que le jardinage en lasagnes est si intéressant pour les jardiniers paresseux est que vous n’aurez pas à creuser et à retourner la terre pour planter et semer. Tout ce que vous avez à faire est de délimiter la forme de votre future planche de culture et de commencer à préparer les différentes couches.

Jardin en lasagnes: des couches alternatives de matériaux. Ill.: jardinierparesseux.com

Pensez au jardin en lasagnes comme étant un tas de compost, mais un tas que vous allez cultiver. Si vous laissez aux résidus qui le composent le temps de se décomposer, le terreau produit deviendra riche en nutriments et vous pourrez alors commencer à jardiner. Lorsque vous préparez les différentes couches, l’objectif devrait être d’ajouter autant de carbone et d’azote au sol que possible.

Alors, qu’est-ce qui entre dans les couches de résidus verts (riches en azote) et les couches de résidus bruns (riches en carbone)?

Couches vertes (résidus riches en azote)

Résidus verts. Photo: civileats.com

On utilise les matériaux dits «verts» pour incorporer de l’azote au jardin. Parmi les résidus verts, il y a des ingrédients tels que les restes de fruits et de légumes, le marc de café, les rognures de gazon, le fumier et les déchets de jardin.

Couches brunes (résidus riches en carbon)

Residus bruns. Photo: gardenerd.com

Vous pouvez ajouter de nombreux matériaux «bruns» à votre jardin, tels que les feuilles mortes, la sciure de bois, les copeaux de bois, les brindilles, la paille, le bois raméal fragmenté, les journaux déchiquetés et la tourbe de sphaigne («peat moss»). Ces matériaux sont riches en carbone. Utilisez tout simplement ce qui est facilement disponible dans votre secteur.

Quand démarrer un jardin en lasagnes?

Vous pouvez assembler un jardin en lasagnes à tout moment de l’année. Il est cependant pratique de commencer à l’automne, car on trouve alors une abondance de feuilles mortes. De plus, il faut laisser quelques mois à vos couches pour qu’elles se décomposent un peu et deviennent alors un terreau riche en nutriments adapté à la plantation. Donc, tout sera prêt pour une plantation en bonne et due forme au printemps.

Il est quand même possible de monter votre jardin en lasagnes au début du printemps et quand même le planter le premier été. Utilisez autant de résidus verts et de bruns que possible pour permettre à un terreau riche en éléments nutritifs de se former assez rapidement. 

Si vous démarrez votre jardin en lasagnes à la fin du printemps ou en été et voulez alors planter immédiatement, les résidus n’auront bien sûr pas assez de temps pour se décomposer. À ce moment, ajoutez une étape supplémentaire: couvrez votre potager en lasagnes d’une couche de 15 cm de bonne terre et semer et repiquer dans cette couche de terre. Ainsi vos plantes auront assez sans tarder à un terreau riche pour débuter leur croissance. 

Comment créer votre propre jardin en lasagnes

L’essentiel est d’essayer de maintenir un rapport C/N (carbone/azote) de 2: 1. Autrement dit, il faut utiliser 2 cm de matériau riche en carbone pour chaque 1 cm de matériau riche en azote. 

Une fois que vous avez tous les ingrédients sous la main et avez localisé un espace approprié dans votre cour, vous pouvez assembler le jardin en procédant comme suit:

Commencez en couvrant le sol d’une barrière de papier journal ou de carton. Photo:NatureIn, Wikimedia Commons

1. Placez une couche de papier journal d’au moins six feuilles d’épaisseur sur la zone que vous souhaitez utiliser pour votre jardin. Vous pouvez également utiliser du carton non ciré. Le but de cette couche est d’étouffer le gazon et les mauvaises herbes à cet endroit, réduisant ainsi le nombre de mauvaises herbes à contrôler dans le jardin en développement.

2. Faites tremper le carton ou le papier journal dans de l’eau auparavant pour qu’il ne parte pas au vent.

3. Ajoutez une couche de résidus azotés (déchets de cuisine, déchets de jardin, etc.) sur une épaisseur de 5 à 7,5 cm. Si vous choisissez d’utiliser du fumier, assurez-vous qu’il provient uniquement d’animaux herbivores. N’utilisez pas les excréments de chat ou de chien, car ils pourraient véhiculer des maladies ou des vers intestinaux: pas quelque chose que vous voulez dans votre jardin en lasagnes!

Couvrez la couche verte de résidus bruns. Photo: Flickr, Jessica Reeder

4. Ajoutez de 10 à 15 cm de matériaux riches en carbone (donc, deux fois plus!), tels que les feuilles mortes, la paille, la sciure de bois ou les brindilles. Si vous utilisez des brindilles ou du bois, pensez à les réduire en très petits morceaux pour assurer une décomposition rapide.

5. Appliquez une autre couche d’ingrédients riches en azote, suivie d’une autre couche d’ingrédients carbonés. Ne vous inquiétez pas si votre jardin commence à paraître assez haut: les couches diminueront lorsque les ingrédients commenceront à se décomposer.

6. Couvrez votre jardin en lasagnes avec un film de plastique transparent pendant les premiers jours. Ce revêtement protégera la couche supérieure du vent et des graines de mauvaises herbes apportées par le vent tout en assurant une bonne chaleur pour faciliter le processus de décomposition.

7. Si possible, laissez votre potager en lasagnes se reposer pendant quelques mois afin que les matériaux aient le temps de se décomposer. Le terreau ainsi formé contiendra tous les éléments nutritifs nécessaires à la croissance de vos plantes et devrait être friable et moelleux, se brisant en miettes dans votre main lorsqu’il est prêt. Ne soyez pas surpris de voir le «gros tas» d’origine baisser considérablement de hauteur!

Tomates plantées dans un jardin en lasagnes. Photo: NatureIn, Wikimedia Commons

8. Lorsque votre terreau est prêt à planter, semez ou repiquez vos légumes de la même façon que dans tout autre potager. Toutefois, si vous avez utilisé du carton pour votre couche de base, il vous sera peut-être nécessaire de le couper afin de pouvoir y repiquer certains végétaux qui ont une bonne motte de racines. Cela ne sera pas difficile à faire, car il sera passablement décomposé à cette étape.

Comment entretenir un jardin en lasagnes au fil des ans

Vous pouvez facilement entretenir votre jardin en lasagnes année après année. 

Tous les ans, ajoutez de nouvelles couches vertes et brunes. Photo: Tulsa Master Gardeners

Il faut comprendre que votre potager en lasagnes n’est pas permanent: vous devez donc ajouter de nouvelles couches au fil des années pour que votre sol reste riche en éléments nutritifs chaque année. Vous pouvez ajouter des brindilles, des rognures et du compost. Si vous ajoutez de la sciure de bois, n’en ajoutez pas en trop à la fois.

Vous pouvez ajouter des vers de terre à votre jardin, car ils vous aideront à mélanger les matériaux. Vous pouvez soit les extraire de votre tas de compost, soit les acheter chez un marchand de fournitures de pêche. 

Aussi, déchiquetez vos ingrédients le plus finement possible afin qu’ils puissent se décomposer plus rapidement et se transformer en ce terreau riche en nutriments que vous recherchez.: plus ces matériaux sont finement hachés, meilleur sera la qualité du terreau. 

Arrosez votre jardin en lasagnes régulièrement pour empêcher le sol de se dessécher.

Pourquoi jardiner en lasagnes?

Avec un jardin en lasagnes, vous aurez une récolte abondante pendant toute la belle saison. Photo: extension.unh.edu

Les jardins en lasagnes offrent de nombreux avantages par rapport aux méthodes de jardinage plus traditionnelles, telles que:

Pas besoin de creuser ou de labourer: si vous aimez le jardinage, mais n’aimez pas les travaux manuels exténuants tels que creuser et labourer, c’est la technique de jardinage qui vous convient. De plus, comme le jardinage en lasagnes ne nécessite pas de labour, il conserve mieux les micro-organismes importants pour le succès de votre jardin.

Moins de mauvaises herbes:le jardinage en lasagnes est une excellente technique de jardinage pour limiter le nombre de mauvaises herbes et d’autres plantes indésirables que vous devrez contrôler.

Flexibilité:tout le monde peut pratiquer cette technique de jardinage, car elle nécessite peu d’espace et vous pouvez commencer à n’importe quel moment de l’année, en respectant toutefois les limites de votre climat. Le jardinier de Cannes ou de Miami, par exemple, aura un horaire très différent de celui de Paris ou de Montréal. Tout ce qu’il vous faut est un petit espace dans votre cour où vous pouvez commencer à créer votre jardin.

Utilisation de matières organiques:l’utilisation de matières organiques dans le jardinage en lasagnes ajoute des nutriments au sol, créant ainsi un environnement riche qui stimule la croissance des plantes. De plus, vous n’aurez pas besoin d’utiliser beaucoup d’engrais, car vos plantes prospéreront en comptant presque entièrement sur le compost formé par la décomposition des résidus.

Accessibilité: vous pouvez adapter les dimensions de votre jardin en lasagnes à vos besoins. Il peut être aussi haut ou large que vous le souhaitiez.

Moins d’arrosage:un jardin en lasagnes nécessitera des arrosages moins fréquents, car les matériaux utilisés pour le composer retiennent mieux l’humidité que la plupart des sols.

Conseils d’expert pour un jardin en lasagnes réussi

  • Évitez l’utilisation du bois traité.
  • Si vous utilisez du carton, retirez-en les agrafes, la colle et le ruban adhésif.
  • Le meilleur moment pour démarrer votre jardin est en automne, car vous avez alors accès à beaucoup de matières organiques.
  • Utilisez la moitié moins de résidus verts que de résidus bruns.
  • La paille est meilleure que le foin lors de la création d’un jardin en lasagnes. Le foin met longtemps à se décomposer et libérer son azote, tandis que la paille se décompose facilement.

Source: Redfin

Mangez vos mauvaises herbes!

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Votre potager est envahi par le pourpier, votre pelouse est jaune de fleurs de pissenlit et l’herbe aux goutteux a avalé votre jardin d’ombre tout rond. Autrement dit, les mauvaises herbes dominent votre vie! Que pouvez-vous faire?

Eh bien, plutôt que d’essayer de les arracher ou de les empoisonner, pourquoi ne pas les manger? Beaucoup de mauvaises herbes sont parfaitement comestibles. Et si vous mangez vos mauvaises herbes, non seulement cela vous aidera à les contrôler, mais elles ne seront plus, par définition, des mauvaises herbes, mais des plantes utiles. Vous gagnez sur toute la ligne!

Voici quelques mauvaises herbes que vous pouvez mettre dans l’assiette:

Quand le chénopode blanc apparaît dans votre potager, mangez-le! Photo: tropical.theferns.info.

Chénopode blanc (Chenopodium album): Cette mauvaise herbe annuelle fort répandue, aussi appelée chou gras, poule grasse ou poulette grasse, a une longue histoire d’utilisation comme légume et peut se consommer crue ou cuite. Toute la plante se mange, des feuilles aux tiges, en passant par les graines et les fleurs.

Qu’elles soient vertes ou panachées (comme ici), les jeunes feuilles de l’herbe aux goutteux sont comestibles. Photo: http://www.baumschule-horstmann.de

Herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria): Cette plante vivace envahissante a des feuilles comestibles… qui d’ailleurs dégagent un bel arôme frais lors de la récolte. C’est un légume printanier: vous voudriez la récolter avant que la floraison débute, car les feuilles mûres ont un goût désagréable… et un effet laxatif pas toujours apprécié.

Portez des gants quand vous récoltez l’ortie. Photo: Michael Gasperl, Wikimedia Commons

Ortie (Utrica dioica): Certes, vous devez faire attention lorsque vous récoltez cette plante aux poils si irritants, mais la soupe à l’ortie est délicieuse et les jeunes feuilles constituent un excellent substitut pour les épinards, en particulier dans les soupes et les ragoûts. Les feuilles séchées peuvent être utilisées pour faire une tisane médicinale et il existe même une bière d’ortie! Le séchage ou la cuisson enlèveront l’effet irritant de la plante.

Toutes les parties du pissenlit sont comestibles. Photo: keyserver.lucidcentral.org

Pissenlit (Taraxacum officinale): À peu près tout est comestible sur cette plante utile. Les jeunes feuilles sont délicieuses dans les salades et les quiches, tandis que les plus matures ne seront pas aussi amères si vous les faites cuire à la vapeur. Les fleurs et les boutons floraux, doux et croquants, sont comestibles crus ou frits ou peuvent être utilisés pour faire du vin de pissenlit. Vous pouvez bouillir ou rôtir les racines et les manger comme légume racine ou encore les sécher et les faire rôtir pour faire un substitut de café.

Mauvaise herbe urbaine par excellence, le plantain peut pousser presque n’importe où, même dans les fissures d’un trottoir. Photo: http://www.naturespot.org.uk

Plantain  (Plantago major): Légume-feuille nutritif, le plantain est riche en calcium et en vitamines A, C et K. Les jeunes feuilles sont tendres et délicieuses. Les plus matures ont besoin d’un peu de cuisson et conviennent mieux alors aux soupes et aux ragoûts. C’est aussi une plante médicinale qu’on peut appliquer sur les plaies et les piqûres pour faciliter la guérison et prévenir l’infection. Le plantain est un peu l’aloès des climats tempérés!

Le pourpier ressemble à une mini plante jade. Photo: plants-animals-northeast-colorado.com

Pourpier (Portulaca oleracea): Il suffit de le rincer, le hacher et le manger! Les feuilles et les tiges peuvent être utilisées dans les salades, les sautés, les soupes, les ragoûts et bien d’autres recettes encore. Et il est bon pour la santé: le pourpier contient plus d’acides gras oméga-3 que tout autre légume à feuilles!

Les jeunes pousses de la renouée du Japon peuvent remplacer la rhubarbe. Photo: lovindublin.com

Renouée du Japon (Fallopia japonica, maintenant Reynoutia japonica): Certainement l’une des mauvaises herbes les plus envahissantes de la planète, cette vivace géante est quand même comestible. Dans certaines régions d’Asie, on l’appelle d’ailleurs la rhubarbe des pauvres et, en effet, elle a vraiment le même goût que la rhubarbe. On récolte les pousses printanières qui ressemblent alors à des turions d’asperge. On peut les manger crues, mais elles sont meilleures cuites avec du sucre: elles peuvent alors servir dans n’importe quelle recette qui demande de la rhubarbe. 

Le trèfle est courant dans les champs et les pelouses. Ses feuilles et fleurs sont comestibles. Photo: Hugo.arg, Wikimedia Commons

Trèfle blanc (Trifolium repens) et trèfle rouge (Trifolium pratense): Les deux espèces ont des feuilles et des fleurs comestibles. Ajoutez-les à presque n’importe quel plat ou utilisez les fleurs pour faire de la gelée. Vous avez probablement déjà mangé du trèfle indirectement, car le miel de trèfle, produit par les abeilles à partir de fleurs du trèfle, est largement disponible.

Et beaucoup d’autres

Voici quelques-unes des nombreuses mauvaises herbes qui sont comestibles. Vous en découvrez davantage sur leur utilisation culinaire* sur n’importe quel site Web consacré aux plantes sauvages comestibles.

  1. Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
  2. Aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria)
  3. Amarante (Amaranthus spp.)
  4. Aralie chassepareille (Aralia nudicaulis)
  5. Armoise commune (Artemisia vulgaris)
  6. Asclépiade de Syrie (Asclepias syriaca)
  7. Aster de la Nouvelle-Angleterre (Symphyotrichum novae-angliae)
  8. Bardane (Arctium spp.)
  9. Bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris)
  10. Brunelle commune (Prunella vulgaris)
  11. Bugle rampante (Ajuga reptans)
  12. Camomille sauvage ou camomille allemande (Matricaria recutita)
  13. Campanule fausse raiponce (Campanula rapunculoides)
  14. Cardère (Dipsacus spp.)
  15. Carotte sauvage (Daucus carota)
  16. Cataire ou herbe aux chats (Nepeta cataria)
  17. Centaurée noire (Centaurea nigra)
  18. Chardon vulgaire (Cirsium vulgare)
  19. Chénopode (Chenopodium spp.)
  20. Chicorée (Cichorium intybus)
  21. Claytonia perfolié (Claytonia perfoliata)
  22. Cresson des vignes (Cardamine hirsuta)
  23. Dentaire à deux feuilles (Dentaria diphylla)
  24. Éphémère de Virginie (Tradescantia virginiana)
  25. Épilobe à feuilles étroites (Chamerion angustifolium)
  26. Eupatoire pourpre (Eupatorium purpureum, maintenant Eutrochium purpureum)
  27. Euphraise officinale (Euphrasia officinalis)
  28. Fougère à l’autruche (Matteuccia struthiopteris)
  29. Gaillet gratteron (Galium aparine)
  30. Géranium herbe à Robert (Geranium robertianum)
  31. Grande aulnée (Inula helenium)
  32. Herbe à l’ail (Alliaria petiolata)
  33. Herbe de Sainte-Barbe (Barbarea vulgaris)
  34. Hydrophylle de Virginie (Hydrophyllum virginianum)
  35. Immortelle vivace (Anaphalis margaritacea)
  36. Julienne des dames (Hesperis matronalis)
  37. Kudzu (Pueraria lobata)
  38. Laiteron (Sonchus spp.)
  39. Lamier amplexicaule (Lamium amplexicaule)
  40. Lamier maculé (Lamium maculatum)
  41. Lamier pourpre (Lamium purpureum)
  42. Lépidie densiflore (Lepidium densiflorum)
  43. Lierre terrestre (Glechoma hederacea)
  44. Linaire vulgaire (Linaria vulgaris)
  45. Luzerne (Medicago sativa)
  46. Marguerite commune (Leucanthemum vulgare)
  47. Marrube blanc (Marrubium vulgare)
  48. Matricaire odorante (Matricaria discoidea)
  49. Mauve (Malva spp.)
  50. Mélilot blanc (Melilotus albus)
  51. Millepertuis commun (Hypericum perforatum)
  52. Molène (Verbascum thapsus)
  53. Monarde fistuleuse (Monarda fistulosa)
  54. Mouron des champs (Anagallis arvensis)
  55. Myosotis ou ne m’oubliez pas (Myosotis spp.)
  56. Onagre bisannuelle (Oenothera biennis)
  57. Oseille crépue (Rumex crispus)
  58. Oxalide dressée (Oxalis stricta)
  59. Pensée sauvage (Viola tricolor)
  60. Petite oseille (Rumex acetosella)
  61. Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)
  62. Plantain maritime (Plantago maritima)
  63. Podophylle pelté (Podophylllum peltatum)
  64. Potentille ansérine (Potentilla anserina)
  65. Prêle des champs (Equisetum arvense)
  66. Quenouille (Typha latifolia)
  67. Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
  68. Renouée persicaire (Persicaria maculosa, syn. Polygonum persicaria)
  69. Salsifis des prés (Tragopogon pratensis)
  70. Stellaire moyenne (Stellaria media)
  71. Tabouret des champs (Thlaspi arvense)
  72. Trèfle couché (Trifolium campestre)
  73. Tussilage (Tussilago fafara)
  74. Valériane (Valeriana officinalis)
  75. Verge d’or (Solidago spp.)
  76. Vergerette annuelle (Erigeron annuus)
  77. Vergette du Canada (Erigeron canadensis)
  78. Verveine hasté (Verbena hastata)
  79. Vigne sauvage (Vitis riparia et autres)
  80. Violette (Viola spp.)

* Ne consommez aucune plante sauvage à moins que 1) vous puissiez l’identifier correctement et 2) vous avez vérifié auprès d’une source fiable son utilisation en cuisine. Après tout, certaines mauvaises herbes sont toxiques en tout temps ou à certaines périodes de l’année et beaucoup d’autres, même si elles ne sont pas toxiques, ne sont tout simplement pas comestibles.

Résolutions de jardinier paresseux

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Pour la nouvelle année, passez de jardinier forcené à jardinier paresseux. Source: Claire Tourigny, tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

En cette veille du Nouvel An, quoi de mieux que de vous proposer des résolutions à prendre pour réduire vos efforts en jardinage? Après tout, avoir un terrain encore plus beau qui n’exige que le quart de l’entretien n’est-il pas un but intéressant à viser? Voici donc 10 résolutions qui vous seront utiles :

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Si votre sol est humide, n’y plantez pas de cactus! Source: Sayed Abdo, pngtree.com & jardinierparesseux.com

  1. Je ne planterai que des végétaux adaptés à mes conditions. Si votre jardin est ombragé, ne plantez que des végétaux adaptés à l’ombre. Si le sol y est toujours sec, cultivez-y des variétés adaptées à la sécheresse. Si vous savez que votre sol est très acide, limitez-vous aux plantes qui tolèrent un sol acide. Dans les régions aux hivers froids, prenez en considération la zone de rusticité et ne plantez que les plantes de votre zone ou des zones moindres (exemple, si vous vivez en zone 5, ne cultivez que des plantes des zones 1 à 5). Beaucoup de ces renseignements sont indiqués très clairement sur l’étiquette de la plante en pépinière. Il est toujours sage de bien la lire avant d’acheter.
  2. Je laisserai les rognures de gazon sur le gazon. Quel effort inutile que de ramasser le gazon tondu quand on sait que, si on le laisse sur place, il disparaît tout seul, en nourrissant le gazon de surcroît! On appelle cette technique l’herbicyclage. Votre municipalité vous aimera davantage, d’ailleurs, car elle fait sans doute campagne depuis des années pour vous encourager à le faire. Imaginez les coûts monétaires et environnementaux du ramassage et de l’enfouissement ou du brûlage de ce «déchet qui n’en est pas un».
  3. J’enlèverai les plantes qui sont toujours malades. Certains végétaux sont attaqués par des bestioles ou investis de maladies tous les ans, vous forçant à appliquer des traitements pesticides, souvent au risque de votre propre santé (il y a toujours un risque à appliquer un pesticide, même biologique). Arrachez ces plantes (les hostas mangés par les limaces, les lis dévorés par les criocères, les phlox attaqués par le blanc, les pommiers atteints de tavelure) et remplacez-les par des végétaux qui n’ont pas d’ennemis majeurs. Et, croyez-le ou non, il existe des hostas qui ne sont pas mangés par les limaces, des phlox qui ne sont pas attaqués par le blanc et des pommiers qui ne sont pas atteints de tavelure. Quant aux lis, la nouvelle est moins bonne : ils sont tous sujets aux criocères. Remplacez-les par des hémérocalles, qui ont des fleurs semblables, mais pas de problèmes de santé majeurs.

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    Laissez les plantes prendre leur forme naturelle. Source: clipartlibrary.com

  4. Je ne taillerai plus pour des raisons strictement esthétiques. Supprimer les fleurs d’un lilas ou tailler un arbuste en boule, en carré ou en spirale, voilà de bonnes façons de gaspiller de l’énergie pour rien. Supprimer les fleurs d’un lilas ne vous donne absolument rien (malgré une croyance tenace qui dit le contraire, cela n’augmentera pas le nombre de fleurs l’année suivante). Et la majorité des arbustes prennent une belle forme tout naturellement : pourquoi les forcer à en prendre une autre?
  5. Je vérifierai les dimensions futures d’une plante avant de la planter. La majorité de la taille faite sur les terrains (une tâche bien ingrate dont on pourrait facilement se passer) consiste à réduire la taille des arbustes et des arbres qui deviennent trop gros pour l’espace disponible. Et aussitôt la taille terminée, ils repoussent avec encore plus de vigueur, vous obligeant à les tailler de nouveau. Il est plus facile de vérifier, avant d’acheter une plante ligneuse quelconque (arbre, arbuste ou conifère), quelles sont ses dimensions éventuelles… et d’en choisir une qui convienne à l’espace disponible.

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    La protection hivernale devient inutile si on choisit des plantes bien adaptées au climat. Source: paysagesrodier.com

  6. Je n’emballerai plus les végétaux de protection hivernale. Vous découvrirez que la plupart des plantes n’ont nullement besoin de protection, qu’elles poussent et fleurissent parfaitement sans qu’on s’en occupe le moindrement à l’automne. Quant aux végétaux qui crèvent ou qui se comportent mal sans protection, remplacez-les par des végétaux qui n’ont pas besoin de cet effort. Imaginez la différence d’entretien que cela donnera!
  7. Je ne planterai plus de végétaux envahissants. Herbe aux goutteux, renouée du Japon, lysimaques de toutes sortes… il y a beaucoup de végétaux qui poussent rapidement, tellement qu’ils prennent votre terrain d’assaut et deviennent des mauvaises herbes. Ne les plantez pas… et si vous en avez sur votre terrain, éliminez-les. (Suggestion : toute plante exige de la lumière pour survivre, donc si vous couvrez une plante hors de contrôle d’une toile noire, elle finira par mourir sans même que vous ayez à l’arracher).

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    Le ménage d’automne est essentiellement inutile. Pourquoi continuer de le faire? Source: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

  8. Je ne ferai plus de ménage à l’automne. Couper les tiges et les feuilles des plantes à l’automne nécessite beaucoup d’efforts et donne de mauvais résultats. D’abord, ces soi-disant déchets que sont les tiges et les feuilles de vos plantes sont en fait leur protection naturelle contre le froid. En les éliminant, vous risquez de perdre vos plantes. Mais aussi, la plupart de ces déchets se décomposent tout seuls au cours de l’hiver et du printemps. Quand la neige fondra, vous découvrirez qu’il n’y aura presque pas de ménage à faire. Quelle économie de temps!
  9. J’éviterai le plus possible les monocultures. Planter en masse des spécimens de la même plante, que ce soit un gazon uniquement composé de pâturin des prés, d’un rang complet de pommes de terre dans le potager ou d’un massif de la même vivace, est une invitation ouverte aux insectes et aux maladies, ce qui vous force à faire des traitements souvent coûteux ou, du moins, qui demandent beaucoup de votre temps. De plus, cela épuise le sol, vous obligeant à rajouter de l’engrais. Plantez plutôt en mélangeant les végétaux : une plate-bande mixte, par exemple, ou un potager en carré en mélangeant les végétaux plutôt qu’un potager traditionnel en rangs, réduira facilement des deux tiers les traitements nécessaires, car il y aura peu ou pas de problèmes d’insectes ou de maladies et presque plus besoin d’engrais. Quant au gazon… il n’y a pas de loi qui dise qu’il doive être composé uniquement d’une seule variété de graminée. Juste le fait d’y ajouter du trèfle éliminera aussitôt presque tous les problèmes d’insectes, par exemple. Et si d’autres végétaux s’insèrent dans le gazon, laissez-les y pousser. Plus le gazon est varié, moins il nécessitera d’entretien.
  10. Je lirai assidument les blogues du jardinier paresseux dans la nouvelle année. Quoi de mieux pour vous tenir informé sur les meilleurs moyens de «jardiner en toute paresse»! Et il y en a un par jour, assez pour vous donner un petit peu de lecture quotidienne!

Peut-on cultiver du pourpier au potager?

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Le pourpier est un légume, mais aussi une mauvaise herbe tenace. Source: antropocene.it

Question : Peut-on cultiver le pourpier dans nos jardins au Québec? Si oui, doit-on rentrer la plante à l’automne pour qu’elle puisse passer l’hiver? Je pose la question, car j’ai lu que c’est le principal aliment végétal du régime crétois, d’où leur si bas taux de maladies cardio-vasculaires. Elle fait aussi partie des plantes médicinales avec plusieurs vertus.

Nathalie Capilla

Réponse : On peut cultiver le pourpier au potager, mais je ne suis pas certain que vous voudriez le faire.

Le pourpier ou pourpier maraîcher (Portulaca oleracea), une petite plante basse aux tiges rampantes souvent rougeâtres et aux feuilles succulentes, est une annuelle à croissance rapide qui se cultive comme légume, mais est aussi une mauvaise herbe très courante, échappée de la culture il y a très longtemps au Québec, et d’ailleurs, presque partout dans le monde. Une fois qu’on l’a semé une première fois, donc, il devient souvent plus un ennemi à combattre qu’une plante désirable.

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Le pourpier pousse très rapidement. Récoltez-le avant que les capsules de graines s’ouvrent. Source: Loasa, Wikimedia Commons

Si vous décidez de le cultiver, assurez-vous de récolter les tiges avant que les capsules de graines* s’ouvrent pour répandre de la semence partout.

*Comment le pourpier peut-il produire des semences puisqu’il ne semble jamais fleurir? En fait, il fleurit, mais très discrètement, avec de petites fleurs jaunes qui ne sont ouvertes que quelques heures en matinée par une journée ensoleillée.

Autrement, paillez abondamment pour ne pas donner aux semences la chance de germer… ou cultivez la plante en pot, loin du potager. Certainement, il ne faudrait pas introduire ce légume dans un jardin communautaire où il risque d’emmerder les autres jardiniers.

Récoltez-le dans la nature

D’ailleurs, il y a de très bonnes chances pour que le pourpier pousse déjà spontanément dans votre secteur, dans un champ ou en bordure d’un chemin, par exemple, même dans les fissures du trottoir, auquel cas vous pourriez l’y récolter et n’auriez pas besoin de le cultiver.

À l’intérieur

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Micropousses de pourpier. Source: everlingcoastalfarm.com

Comme le pourpier est une annuelle, il meurt à la fin de la saison. Ainsi, il ne sert à rien d’essayer de le rentrer dans la maison dans un effort pour le sauver. Par contre, vous pourriez semer à l’intérieur des graines que vous auriez récoltées pour servir de germes ou de micropousses. Ainsi, vous auriez du pourpier frais tout au long de l’année.

Les légumineuses ajoutent-elles vraiment de l’azote au sol?

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Dans la plupart des potagers, les légumineuses ne sont pas une aussi bonne source d’azote qu’on le prétend. Source: mcclendonsselectblog.com

Si vous appliquez les règles de base de la rotation des cultures, vous savez que vous devez suivre un plan de quatre ans dans l’ordre suivant: légumes-feuilles la première année, légumes-fruits la deuxième et légumes-racines la troisième. Ainsi, vous passez des plantes qui utilisent le plus d’azote aux plantes qui en utilisent le moins. Puis, la quatrième année, il vous faut cultiver des légumineuses afin de recharger le sol en azote. Ensuite, vous recommencez le cycle.

Il y a juste un hic! Les légumineuses n’apportent pas vraiment beaucoup d’azote au potager et, en fait, en utilisent probablement plus qu’elles n’en ajoutent, du moins lorsque vous les cultivez comme le font la plupart des jardiniers.

Pas de symbiose, pas d’azote

Une explication :

La plupart des légumineuses (les pois, les haricots et les fèves sont les légumineuses les plus cultivées, tandis que le trèfle, la vesce et le mélilot sont parmi les légumineuses sauvages les plus communes) vivent en symbiose avec des bactéries (rhizobiums) qui absorbent l’azote atmosphérique et le convertissent en substances que les plantes peuvent utiliser, comme l’ammoniac et le nitrate. Ces bactéries habitent les nodules situés sur le système racinaire de la plante. Lorsque la légumineuse meurt, cet azote est lentement libéré sous une forme que les autres plantes peuvent absorber. Génial! Toutes les plantes du potager peuvent en bénéficier! Sauf que…

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Si vous n’ajoutez pas d’inoculant, il est peu probable que vos légumineuses entreront en symbiose avec les bactéries fixatrices d’azote. Source: shop.victorygardensvancouver.ca

Les légumineuses que vous cultivez ont-elles déjà été inoculées avec les bonnes bactéries? Si non, il vous faudra appliquer un inoculant. Il existe des souches spéciales pour les haricots, les pois, le soja, etc. ou vous pouvez utiliser une variété polyvalente qui traite la plupart des légumineuses de potager. Vous devez appliquer cet inoculant lorsque vous semez vos légumineuses pour la première fois. Une fois établies dans le sol, les bactéries peuvent rester vivantes, mais en dormance, pendant plusieurs années. Ainsi, passer quelques années sans partenaire légumineux ne les tuera pas. Donc, vous n’avez à les appliquer qu’une seule fois. Alors, quand vous sèmerez de nouveau des légumineuses la quatrième année de votre rotation des cultures, les bonnes bactéries seront toujours là.

Cela dit, parfois les rhizobiums appropriés trouvent votre potager par eux-mêmes ou étaient déjà dans le sol pour commencer, mais c’est assez peu courant. Et sans le bon rhizobium, vos légumineuses ne fixeront tout simplement pas l’azote!

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Nodules sur les racines d’un haricot mung. Source: www.greenpatchseeds.com.au

Pour vérifier si les bons rhizobiums ont trouvé votre potager, déterrez une légumineuse (pois, haricot, fève, etc.). S’il n’y a pas de nodules (croissances grumeleuses de différentes tailles) sur les racines, ce qui est le cas dans la plupart des jardins, cela signifie que vos légumineuses sont de nets utilisatrices d’azote, pas des fournisseurs. Il vous faudra les inoculer l’année suivante.

Mais attention! Les légumineuses sont paresseuses. Si vous enrichissez fortement le sol en azote (avec un engrais ou un apport de compost) juste avant de semer des légumineuses, celles-ci ne se donneront pas la peine d’établir une symbiose avec les rhizobiums et utiliseront tout simplement l’azote du sol, si facilement disponible. L’inoculation fonctionnera mieux lorsqu’aucune source d’azote n’a été ajoutée au sol au cours des deux dernières années.

Question

Pourquoi les semenciers n’ajoutent-ils pas une petite cuillérée du rhizobium approprié dans chaque sachet de semences de graines de légumineuse? Il me semble que ce serait la chose la plus logique à faire. Mais, pour autant que je sache, ce service n’est jamais offert.

Laissez les légumineuses se décomposer sur place

Supposons que les choses se passent bien et que la nodulation est bien présente sur les racines de vos légumineuses. Génial! Maintenant, n’allez pas gâcher les choses en les arrachant à la fin de la saison.

Voici pourquoi:

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C’est en utilisant des légumineuses comme engrais vert qu’on enrichit le plus facilement le sol en azote. Source: www.groworganic.com

La manière la plus efficace pour enrichir le sol en azote consiste à utiliser les légumineuses comme engrais vert. Quand elles commencent à fleurir, c’est-à-dire lorsqu’elles sont les plus riches en azote, retournez-les dans le sol où elles se décomposeront et libéreront l’azote qu’elles ont stocké. Ne les laissez pas monter en graine, car alors l’azote migrera largement des racines vers les graines. (C’est d’ailleurs pour cette raison que les graines des légumineuses sont si riches en protéines, car l’azote en est un composant essentiel.) Ainsi, avec la méthode de l’engrais vert, vous ne mangez pas vos haricots et vos pois: vous les laissez pourrir sur place!

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N’arrachez pas les légumineuses à l’automne: laissez leurs racines se décomposer sur place! Source: www.garden.eco

Cependant, il y a un compromis possible, une façon de fertiliser le sol tout en nourrissant votre famille. Cultivez vos pois, haricots, fèves, etc. comme vous le faites habituellement, récoltant (et mangeant) leurs graines, mais ne les arrachez pas à l’automne. Au lieu de cela, coupez les feuilles et les tiges au sol si vous le voulez (bien que vous puissiez les faire pénétrer dans le sol aussi), mais surtout, laissez les racines dans le sol où elles pourront se décomposer. C’est que tout l’azote ne s’est pas déplacé vers les graines; une partie est restée dans les racines. Ainsi, les racines en décomposition contiennent encore une part décente d’azote dont vos futures cultures pourront profiter.

Côté pratique

Le jardinier moyen peut continuer de faire une rotation des cultures comme à l’habitude: c’est une excellente technique pour toutes sortes de raisons. Mais la prochaine fois que vous sèmerez des légumineuses, ajoutez le bon inoculum (disponible dans les jardineries, les coopératives agricoles, les catalogues de semences et en ligne) et ensuite, lorsque vous récolterez votre potager, laissez les racines des légumineuses dans le sol.

Ce n’est pas si compliqué, n’est-ce pas?