Ok! C’est fini le niaisage! Fais pas le saut, c’est ton jardin qui te parle! Ça commence à grouiller pas mal icitte! Y reste presque plus de neige, les oiseaux reviennent, les fleurs de petits bulbes printaniers percent la neige, y’a même des arbres en fleurs… bon, c’est pas spectaculaire des fleurs de saule pis d’érable, mais c’est des fleurs pareil! On voit peut-être déjà quelques bibittes par-ci par-là, des vivaces qui pointent le bout du nez, des arbustes qui commencent à débourrer… Je suis sur le point d’exploser de vie! Sur le point, j’ai dit! Faut quand même pas capoter! Le sol est encore ben mouillé. Faudrait pas aller jouer dedans pis tout compacter. Si ça colle aux bottes, c’est trop mouillé: sortez-moi de là! Même chose pour la pelouse: laissez-y le temps de se réveiller un peu. Attendez une couple de semaines après la fonte des neiges qu’elle reprenne un peu de vert avant d’aller vous promener là-dessus.... Lire la suite >
Avec l’arrivée des premiers colons européens en Amérique du Nord, les écosystèmes du continent ont été profondément bouleversés. Depuis, des espèces venues d’ailleurs se sont établies, transformant peu à peu les paysages et les équilibres écologiques. Dans 50 plantes envahissantes: protéger la nature et l’agriculture et 40 autres plantes envahissantes: protéger la nature aujourd’hui et demain (Publications du Québec, 2019 et 2022), Claude Lavoie avait déjà dressé un portrait éclairant de plusieurs plantes exotiques qui ont élu domicile chez nous, introduites volontairement ou par inadvertance, et qui redessinent, qu’on le veuille ou non, les paysages québécois. Animaux envahissants ou surabondants…: Le défi de la cohabitation On comprend rapidement que l’invasion végétale et animale sont les deux faces d’une même médaille écologique. Après Herbe à poux: 100 ans de guerre contre le rhume des foins et Pissenlit contre pelouse: une histoire d’amour, de haine et de tondeuse (Éditions MultiMondes, 2024 et 2025), deux récits scientifico-historiques consacrés à des plantes controversées, il revient aujourd’hui avec... Lire la suite >
Je cultive depuis trois ans des carottes dans des jardinières surélevées. J’obtiens une bonne récolte, mais les carottes sont toujours courtes, contrairement à la variété cultivée qui promet de longues racines. Pourquoi? Réponse La longueur d’une carotte dépend d’abord de la variété cultivée. Certaines carottes sont génétiquement programmées pour produire de longues racines élancées, comme les variétés de type Imperator, tandis que d’autres sont naturellement plus courtes et trapues, comme les carottes de type Chantenay. Il existe même des cultivars qui deviennent presque sphériques, comme les carottes rondes de type Paris Market ou ‘Atlas’. Cette différence vient de la manière dont la racine se développe. Chez la carotte, la forme est déterminée par la génétique de la plante. Les gènes contrôlent notamment la vitesse d’allongement de la racine et la façon dont les cellules se divisent et s’élargissent. Chez certaines variétés, la croissance privilégie l’allongement vers le bas; chez d’autres, l’expansion latérale domine davantage, ce qui produit des racines plus... Lire la suite >
Récemment, j’ai vu circuler plusieurs publications en ligne vantant l’utilisation des rouleaux de papier hygiénique comme contenants pour les semis. L’idée semble bonne à première vue: ils sont gratuits, biodégradables et on affirme qu’ils permettent d’éviter le choc de la transplantation, puisqu’ils se décomposent. Avec la saison des semis qui approche à grands pas, la question mérite d’être posée: qu’en est-il vraiment? S’agit-il d’un pot à semis écologique et efficace ou d’une fausse bonne idée? Composition des tubes de carton Au Canada, les rouleaux de papier hygiénique sont fabriqués principalement à partir de fibres de papier recyclées, issues de papiers et de cartons post ou pré consommation. L’utilisation de fibres vierges est généralement très limitée pour ce type de produit. Les tubes sont formés par enroulement en spirale de couches de carton, maintenues ensemble à l’aide de colles industrielles, le plus souvent à base d’amidon. De faibles quantités d’agents de renforcement ou de charges minérales (comme le calcium ou l’argile)... Lire la suite >
Dans un monde en changement, parfois instable et souvent déconnecté de la nature, l’autonomie alimentaire revient peu à peu dans les conversations. Pour plusieurs, c’est une façon de renforcer leur sécurité et de réduire l’impact du coût de la vie. Pour d’autres, c’est surtout un moyen de renouer avec la nature et de ralentir un peu le rythme. Dans ce nouvel épisode du balado Le cœur au jardin, réalisé en collaboration avec Gloco, je m’entretiens avec Dominic Lamontagne, écrivain-paysan installé à Sainte-Lucie-des-Laurentides. Il y exploite avec sa famille une petite ferme vivrière où il expérimente depuis plusieurs années différentes façons de produire une part importante de son alimentation tout en cherchant à réduire le travail. Il est notamment l’auteur de La ferme impossible (Écosociété, 2015), L’artisan fermier (Écosociété, 2019), La chèvre et le chou (écrit avec Jean-François Dubé, Écosociété, 2022) et Vivace: carnet d’autonomie élémentaire (Leméac, 2024). Il vient tout juste de faire paraître Toucher terre: Guide d’omniculture responsable (Écosociété, 2026), dans lequel il décrit très concrètement le fonctionnement de sa «ferme... Lire la suite >
J’ai chez moi une immense baie vitrée orientée sud-est, remplie de plantes de toutes sortes. En été, le soleil est très haut et se lève tôt, mais comme j’habite dans un quartier entouré de grands arbres feuillus, très peu de lumière entre dans la maison: c’est presque toujours ombragé. En hiver, c’est l’inverse: le soleil est plus bas et les arbres n’ont plus de feuilles, ce qui décuple la luminosité à l’intérieur. Fait surprenant, mes plantes poussent beaucoup plus en hiver qu’en été. Dois-je comprendre que mon «hiver» correspond en réalité à l’été pour mes plantes à cause de la luminosité? Devrais-je leur donner davantage d’engrais durant l’hiver? Réponse C’est pareil chez nous! La maison étant entourée de grands arbres feuillus, peu de lumière entre à l’intérieur en été: la maison reste plus fraîche, mais aussi beaucoup plus sombre. Personnellement, je sors mes plantes d’intérieur à l’extérieur pendant les mois d’été pour cette raison. Le feuillage des arbres explique bien... Lire la suite >
Les semences ne sont pas que de simples graines. Elles transportent avec elles des fragments d’histoire, des gestes transmis de génération en génération et une part bien vivante de notre mémoire collective. Dans ce nouvel épisode du balado Le cœur au jardin, réalisé en collaboration avec Gloco, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Lyne Bellemare, semencière artisanale et fondatrice de Terre Promise. À l’occasion de la parution de son livre Cultiver la mémoire – Les belles histoires de nos végétaux menacés (Québec Amérique, 2026), elle nous ouvre la porte d’un univers où le jardinage, la culture alimentaire et les récits humains sont intimement liés. D’un jardin communautaire à une vocation Le parcours de Lyne ne commence pas sur une ferme, mais dans un jardin communautaire de Montréal. Avec peu d’expérience au départ, sa curiosité l’amène rapidement à se poser mille questions. C’est en cherchant des réponses qu’elle découvre le monde des semences patrimoniales et reproductibles. Une révélation qui orientera toute... Lire la suite >
Ouin… c’est encore moi. Ton jardin. Heille… ça brasse pas mal chez vous! Je t’entends t’énerver dans la maison avec tes plateaux à semis. Pis tes lampes horticoles qui allument à 6 h du matin… Ça me prendrait quasiment des lunettes fumées. Je sais ben ce que tu penses: «Ah ben là, c’est mars, le printemps, ça va fondre, on va pouvoir jardiner, youpi!» Whoa les p’tits nerfs! Je viens de passer tout le mois de février à fêter. Des fêtes des semences par-ci, des fêtes des semences par-là! Je suis encore à moitié gelé! Que je te vois débarquer avec ta pelle! Donne-moi au moins un couple de semaines après la fonte des neiges pour pas tout compacter avec tes gros sabots! Pis comme si c’était pas assez, même la nature commence à faire du bruit! Ça commence à grouiller dans le compost, les racines bougent, la sève monte, les oiseaux se mettent à chanter… il manque juste un... Lire la suite >
Il y a quelque chose de touchant quand deux jardiniers réalisent qu’ils partagent exactement le même souvenir d’enfance. Dans le nouvel épisode du balado Le cœur au jardin, réalisé en collaboration avec Gloco, je reçois Vincent Marcoux, cofondateur de l’Académie potagère et coauteur du livreLe potager abondant: méthode pour cultiver mieux et récolter plus, écrit avec Dany Bouchard (Les Éditions de l’Homme, 2026). Notre discussion commence de façon inattendue: par une carotte. Pas n’importe laquelle. Une carotte sortie du sol, frottée rapidement sur les pantalons et croquée sur place. Ce moment, partagé avec quelqu’un qui nous était cher, a marqué un avant et un après dans nos relations avec la terre. Le parcours d’un jardinier-maraîcher À partir de cette première carotte, la conversation remonte le fil de son parcours. Rien ne laissait pourtant présager une carrière en agriculture. Après des études en sciences, puis un passage en philosophie, Vincent cherche encore sa voie. C’est en travaillant pour Équiterre qu’un déclic... Lire la suite >
Chaque année, au cœur de l’hiver, lorsque le froid et la neige frappent nos contrées tandis que les tempêtes soufflent encore, bousculant souvent nos vies si bien organisées, les jardiniers bravent la météo inhospitalière pour se regrouper et célébrer le printemps avec les gens de leur région. Ce rituel revêt une importance unique pour moi, car mon père participait chaque année à la Fête des semences et de l’agriculture urbaine de Québec, ma ville natale et où j’ai grandi, depuis les débuts de l’événement, et je prends maintenant sa place chaque hiver. Selon l’endroit, il peut s’agir d’un simple échange de semences dans une bibliothèque ou d’une grande fête des semences avec des dizaines de semenciers, d’artisans, d’organismes communautaires et de conférenciers locaux. Mais l’essence demeure la même: tisser des liens dans nos communautés, mais aussi avec notre territoire. La force des réseaux invisibles Dans les dernières décennies, l’agriculture a commencé à mieux reconnaître le rôle essentiel des communautés vivantes dans... Lire la suite >