Coin des débutants Fruitiers Légumes Truc du jour

Cultivez vos propres fraises… même sur le balcon!

Par Larry Hodgson

Le goût sucré des fraises: quel délice pour le palais! Je ne nie pas qu’on puisse facilement trouver des fraises fraîches dans tout marché ou épicerie, mais avez-vous déjà pensé que les fraises sont probablement les fruits les plus faciles à cultiver chez vous? 

En effet, contrairement aux autres fruitiers qui sont souvent des arbres ou des arbustes et qui nécessitent alors passablement d’espace, le fraisier est une petite plante vivace qu’on pourrait facilement cultiver dans le moindre petit coin d’un terrain ou même en pot, sur le balcon, la terrasse ou le rebord d’une fenêtre. Aussi, il produit l’année même de la plantation, alors que la plupart des autres fruitiers prennent plusieurs années avant d’y parvenir.

Voici comment cultiver des fraisiers chez vous!

Que de choix!

Il existe de nombreux cultivars de fraisier (Fragaria × ananassa) sur le marché, mais peu de marchands en offrent plus que deux ou trois. Parmi les variétés classiques, il y a des fraisiers hâtifs (début à fin juin), de mi-saison (mi-juin à mi-juillet) et tardifs (début à fin juillet), mais pour le jardin familial, je suggère les fraisiers remontants. Ces derniers produisent moins de fraises à la fois, mais pendant une plus longue période, de la mi-juin ou début de juillet presque jusqu’aux gels. 

Fraisier à fleurs roses et fruits rouges retombant sur une table de cuisine avec un bol de fraise.
‘Toscana’ est un fraisier remontant à fleurs roses qui est très productif. Photo: burpee.com

Il y a aussi le facteur «beauté» à considérer. La plupart des fraisiers ont des fleurs blanches, mais il y en a maintenant à fleurs roses et même rouges (Fragaria × rosea). À l’origine, ces derniers produisaient beaucoup de fleurs, mais peu de fruits, mais les variétés modernes, comme ‘Toscana’ et ‘Rosalyne’, produisent autant que les fraisiers à fleurs blanches et deviennent peu à peu les variétés les plus populaires pour le jardin familial. Et toutes les variétés de fraisiers à fleurs roses sont remontantes.

Un port spécial

Le fraisier est une plante vivace généralement bien rustique (zone de rusticité 3 si on utilise un paillis de protection) aux feuilles trifoliées et à marge dentelée. 

Les plants atteignent rarement plus de 20 cm de hauteur et 45 cm de diamètre, formant, avec leur feuillage, un monticule bombé sur le sol. 

Les fleurs à cinq pétales sont produites sur de courtes tiges, tiges qui s’allongent un peu à mesure que les fruits mûrissent. 

Illustration d'un fraisier entouré de longs stolons
Le fraisier produit de longs stolons avec des petits fraisiers au bout. Ill.: mariaflaya, depositphotos

Ce qui est original chez le fraisier, c’est qu’il produit de longs stolons parfois rouges. Ces stolons courent sur le sol ou retombent des pots et produisent un petit fraisier à leur extrémité. Si ce dernier touche le sol, il s’enracinera et formera un nouveau plant. On appelle cette sorte de multiplication — où une plante en produit une autre en touchant au sol — le marcottage.

Culture facile mais particulière

Les fraisiers ne sont pas du tout difficiles à cultiver, mais leur culture est tout de même un peu originale. 

Typiquement, on plante les fraisiers au printemps, mais une plantation automnale est aussi possible. (Dans ce cas, bien sûr, la première récolte aura lieu la 2e année.)

Astuce: Achetez toujours des fraisiers certifiés libres de virus.

On les cultive au plein soleil ou, à la rigueur, à la mi-ombre (un certain ombrage aux heures les plus chaudes de la journée est apprécié) dans un sol bien drainé et riche (l’ajout de compost peut être utile), légèrement acide (un pH de 5,5 à 6,5). Préférez un emplacement naturellement frais: les fraisiers tolèrent difficilement les longues canicules.

Fraisiers dans une jarre à fraisiers.
Fraisiers cultivés dans une jarre à fraisiers. Photo: Photo: whiteflowerfarm.com

Si on les cultive en pot, on peut choisir un pot classique ou une balconnière, mais pourquoi ne pas les essayer en panier suspendu d’où, grâce à leurs stolons, ils retombent joliment? Ou encore, les cultiver dans une «jarre à fraisiers» (ou pot à fraisiers), un pot à compartiments à différents niveaux?

Astuce: Dans les régions au climat chaud (zones de rusticité 9 et plus), on plante les fraisiers non pas au printemps, mais tard à l’automne en vue d’une production hivernale! Après tout, ce petit fruitier a besoin de fraîcheur pour bien pousser. Ainsi, on plante les fraisiers en novembre (dans l’hémisphère Nord) en vue d’une récolte en plein hiver. Il faut les considérer comme des plantes annuelles et les renouveler tous les automnes, car ils ne survivent pas aux étés tropicaux.

Assurez-vous de supprimer toutes les mauvaises herbes avant de planter des fraisiers: vu leur petite taille, les fraisiers sont vite dominés par des plantes plus agressives. Mieux vaut faire table rase avant de les planter que de passer son été à désherber!

Plantez les fraisiers à environ 30 cm d’espacement. Il est très important de planter les fraisiers au même niveau qu’ils étaient dans leur pot de vente, soit avec la couronne juste au-dessus du sol. Si l’on enterre cette couronne, la plante risque de pourrir; si elle dépasse nettement le sol, elle peut s’assécher. C’est le seul défi dans la plantation qui, autrement, ressemble à celle de toute autre plante.

Fraises sur un paillis de paille.
Un paillis est toujours bénéfique aux fraisiers. Photo: Fruchthandel Magazin, pixabay.com

Après la plantation, appliquez une généreuse quantité de paillis tout autour du plant. Non seulement le paillis aide à maintenir un niveau d’humidité assez constant (les fraisiers détestent un sol qui s’assèche), mais il supprime la germination des graines de mauvaises herbes. De plus, les fruits produits reposeront sur le paillis plutôt que sur le sol et seront alors plus propres et moins touchés par les insectes.

D’ailleurs, le mot «paillis» vient à l’origine de la culture des fraisiers. On utilisait autrefois de la paille pour protéger les plantes, d’où le nom. Avec le temps, l’utilisation du paillis s’est étendue à d’autres végétaux… et à d’autres produits. Parmi les bons paillis, pensez au compost, aux feuilles déchiquetées, au paillis forestier, aux bois raméal fragmenté, aux aiguilles de pin ou même au papier journal en lambeaux. Évitez toutefois les paillis d’écorce de conifère, comme le paillis de cèdre, car ils causeront des problèmes en se mélangeant au sol.

Entretien

Pendant l’été, l’entretien est facile: il suffit d’arroser au besoin (si le sol est sec au toucher; enfoncez-y un doigt pour le savoir) et de désherber.

Il peut être utile de supprimer les stolons ou du moins, la plupart des stolons: cela stimule une meilleure floraison. Par contre, laissez-les pousser si vous voulez créer un effet de couvre-sol ou voir la plante retomber d’un panier suspendu.

Pose de paillis sur des fraisiers à l'automne.
Protégez les fraisiers avec un bon paillis à la fin de l’automne. Photo: extension.iastate.edu

À la fin de la saison, supprimez les feuilles mortes… mais laissez les autres en place, car les feuilles des fraisiers survivent à l’hiver et seront nécessaires pour la production de fruits l’année suivante. Couvrez les plants d’un épais paillis: logiquement, un paillis de feuilles mortes, puisqu’elles sont gratuites et abondantes à l’automne. Sinon, tout autre paillis léger. Les agriculteurs, par exemple, utilisent de la paille ou encore, une couverture de protection hivernale (géotextile blanc). Le paillis ainsi appliqué aidera à protéger les fraisiers contre les effets hivernaux. Et une bonne couche de neige les protégera aussi.

Même les fraisiers en pot survivent généralement au froid si on les paille bien. Il peut toutefois être utile de placer le pot à l’abri des vents froids et asséchants — par exemple, contre la fondation de la maison — et de bien l’emmitoufler sous une couverture de paillis léger ou d’une couverture de protection. 

Au printemps suivant, dégagez le paillis hivernal pour exposer les feuilles au soleil, appliquez une poignée de compost par plant… et vous voilà prêt pour une autre saison!

L’ennemi numéro un

Si les humains trouvent les fraises délicieuses, c’est aussi le cas des oiseaux. Tristement, ils ont l’habitude de faire un trou dans chaque fruit, puis de passer à un autre. 

Filet anti-oiseaux
Filet anti-oiseaux. Photo: gardening-naturally.com

La méthode la plus logique pour éloigner les oiseaux de votre récolte est d’étendre un filet au-dessus des plants, l’élevant au-dessus des fruits d’au moins 10 cm sur des piquets ou une structure quelconque. Des filets anti-oiseaux faits expressément à cet effet sont bon marché et faciles à trouver en jardinerie… si vous n’avez pas déjà un filet quelconque que vous pouvez recycler à cette fin. 

Une autre façon pour protéger vos fraises contre les oiseaux consiste à éparpiller vos plantations à travers d’autres végétaux. Car c’est la concentration de fraisiers aux fruits bien mûrs sur une petite superficie qui attire l’attention des bêtes ailées. Ainsi, un rang ou un carré de fraisiers est inévitablement attaqué. Mais si vous «cachez» vos fraisiers en les plantant çà et là à travers d’autres plantations, habituellement les oiseaux ne réussissent pas à les trouver… et c’est vous qui profiterez davantage des délicieux fruits!

De toute façon, concentrer vos fraisiers ensemble constitue une monocuture… et, une monoculture n’est jamais une bonne chose!

L’ennemi numéro deux

Illustration d'insecte piqueur qui injecte des virus à une plante.
Les insectes suceurs de sève, comme les cercopes et les pucerons, transportent des virus et autres maladies aux fraisiers de nos jardin. Ill.: jardinierparesseux.com

Les fraisiers vieillissent mal. Ils tendent à accumuler des maladies (virus et viroïdes) avec le temps, transportés de plante en plante par différents insectes. Ces infestations sont assez bénignes individuellement, mais leur effet cumulatif épuise les fraisiers qui produisent alors de moins en moins. Même les bébés produits par la plante mère — et les bébés produits par ces bébés! — seront infestés, car les virus voyagent facilement d’une plante à l’autre par leurs stolons. 

Ainsi, après 3 ou 4 ans, souvent la production des fraisiers baisse notablement. Le temps vient alors de les remplacer par des fraisiers certifiés libres de maladies. 

Notez que ces virus ne survivent pas dans le sol. Une fois que la plante malade est arrachée, l’infestation est terminée. Donc, théoriquement, replanter vos nouveaux fraisiers dans le même emplacement n’est pas un problème. Toutefois, il y a toutes sortes d’autres raisons pour éviter de telles monocultures. Mieux vaut alors changer vos fraisiers de place ou, dans le cas des fraisiers cultivés en pot, vider le pot, bien le nettoyer et remplacer le terreau avant de planter des fraisiers de nouveau.

Et d’autres ennemis…

Plusieurs insectes et maladies peuvent s’attaquer aux fraisiers, mais je trouve qu’il est assez facile de les éloigner avec des traitements qu’on applique habituellement à toute plante: pièges, couverture flottante, vaporisations de savon insecticide, etc. Vous trouverez plus d’information à ce sujet ici : La lutte contre les ravageurs des fraisiers.


Bon succès avec vos fraisiers!

À propos Larry Hodgson

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 500 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

15 comments on “Cultivez vos propres fraises… même sur le balcon!

  1. Pauline Talbot

    Bonjour, pouvez-vous nous indiquer où on peut se procurer des plants de fraisiers comme les variétés que vous parlez et surtout en petites quantités ?
    Toujours très intéressant de vous lire à chaque matin, merci pour toutes ces informations

  2. Habituellement chez JASMIN vous trouverez un grand choix de variétés. http://www.jardinjasmin.com

  3. quelle est la meilleure variété à choisir pour les fraisiers en plein sol ?
    Merci

  4. Les rongeurs aussi aiment les fraises. (Tamia rayé). Ils consomment toutes mes fraises des champs, camerises et prennent des croquées dans mes fraises de jardin. 😵‍💫

  5. Ghislain

    Salut pour vous dire que pour ma part ma patience commence a tomber avec les fraises je trouve pas si facile je n’ai jamais réussi a avoir un plant comme sur les photo de magasine, j’ai toujours mis un filet pour protéger mes quelque fraise des oiseaux si je laisse un moindre petit trou soit un oiseaux va le trouver ou un suisse, quand je bloque le trou les fraisier remontant commence a former de fraise rouge je salive a manger bientôt je retourne dans 1 a 2 jours la fraise manger plus a moitier par nos amis les guêpes elles aimes cela que je demande si au lieux des remontant de semer des fraiser d’été qui produise sur 2 a 3 semaines qui produise peut-être avant l’arriver des guêpes L’an passer sur 40 plants j’ai manger 10 a 15 fraise c’est tellement bon que je continu je fais surement un jour avoir une grosse production 😉

  6. Nathalie

    Bonjour, on oublie les ratons laveurs qui se délectent des fraises au complet de tout le rang…
    Non, ce n’est pas facile de cultiver des fraises lorsqu’on est dans la nature !

  7. Sylvain Tardif

    Est-ce-que les fraisiers ont besoin d’ etre pollinises^

  8. Jean Claude Fortin

    Pourrait-on combiner les fraisiers avec une plantation d’asperges?

  9. Anonyme

    Est ce que les graines des fraises mûres dans une jardiniere peuvent tomber au sol et repartir un plan au sol ?

  10. Anonyme

    Bonjour, moi j’ai remédier au problème je me suis crée un genre de boîtier recouvert d’un moustiquaire que je met par dessus mes fraisiers.

  11. Thérèese Houdr

    Oui ça prend un moustiquaire parce que le filets conventionnels peuvent piéger les suisses et écureuils et les empêcher de s’enfuir. Vous pouvez aussi mettre le tissu blanc qu’on se sert pour recouvrir les choux contre la ponte de la peride.

Laisser un commentaire

Inscrivez-vous au blogue du Jardinier paresseux et recevez ses articles dans votre boîte de courriel à tous les matins!

%d blogueurs aiment cette page :