Tirer avantage d’une plante indésirable
La prêle des champs (Equisetum arvense) est une fougère (oui, les botanistes considèrent désormais qu’elle n’est plus une «plante apparentée aux des fougères», mais une fougère à part entière) très envahissante que beaucoup de jardiniers doivent arracher régulièrement. Mais tant qu’à l’arracher, ne pourrait-elle pas servir à quelque chose? Il n’est pas question de mettre ses rhizomes vivants dans le compost (souvent ils survivent au processus de compostage pour envahir de nouveau nos jardins quand on l’utilise), mais on peut utiliser la prêle d’une autre façon…
Comment utiliser la prêle des champs?
Il se trouve que la prêle est riche en silice (entre 5 et 10 % de sa matière sèche), ce qui en fait l’une des plantes qui en contiennent le plus. Or ce minéral aide les plantes à mieux résister aux maladies. On peut donc préparer une décoction maison pour aider à prévenir différentes maladies fongiques comme le blanc (oïdium), la tache noire du rosier, la pourriture grise (Botrytis), le mildiou et certaines rouilles.
À cette fin, faites macérer 50 grammes de prêle fraîche dans 1 litre d’eau pendant 24 heures, puis faites bouillir pendant 15 à 20 minutes et laissez refroidir. Filtrez pour enlever les résidus végétaux (qui peuvent maintenant aller au compost en toute sécurité).

Diluez ce concentré à raison de 200 ml par litre d’eau et pulvérisez toutes les deux semaines sur les végétaux sujets aux maladies, notamment les légumes, les phlox, les monardes et les rosiers. La pulvérisation permet aux plantes de profiter des composés présents dans la décoction, dont une partie de la silice.
En alternance, vous pouvez arroser le sol des plantes avec la décoction. Les racines pourraient ainsi absorber une partie du silicium rendu disponible.
Remarquez que, tout comme les fongicides commerciaux, la décoction de prêle ne peut pas guérir une maladie: une fois que les symptômes sont visibles, tout au plus peut-elle ralentir sa progression. Logiquement, donc, il faut l’utiliser en prévention, sur des plantes saines, mais sujettes aux maladies fongiques.


Yé!! Je suis littéralement INONDÉE de prêles des champs…
On nous dit toujours, en arrosant de ne pas mouiller le feuillage des plantes (légumes, la tomate particulièrement, rosiers, etc. ). 1. Dois-je comprendre, qu’ici, c’est le contraire, on doit viser les feuilles ?
2. Y -a-t’il un moment de la journée qui est mieux (le matin, les rayons du soleil sont déjà très présents, brulures en perspectives?; le soir, les feuilles n’auront peut-être pas le temps de sécher avant la nuit?…) ?
Merci encore pour ces précieux conseils!!!
Pour un arrosage normal, on essaie d’éviter de mouiller le feuillage, mais c’est un traitement, donc une exception. Idéalement on vaporise le matin: ainsi le feuillage sèche plus vite qu’en après-midi. Et justement, si le soir est moins recommandé, ce que le feuillage reste humide toute la nuit, d’où un plus important risque de maladies. Aucun risque que le feuillage ne brûle, même si on arrose en plein soleil. Il faudrait bien que j’écrive quelque chose là-dessus!
Si j’ai oublié de diluer une certaine quantité et ai arrosé sol et feuillage de tomates et piments poivrons, devrais-je rincer à l’eau claire ou laisser ça comme ça
Trop de silice peut endommager les cellules, mais seulement si la plante l’absorbe. Il serait sage de rincer la plante. Les dommages au sol sont moindres et aucune action n’est nécessaire.
est-ce que je peux faire de la tisane avec la prêle des champs?
oui.