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Le retour des plantes à l’intérieur

Vos plantes étaient dehors cet été? Ce texte s’adresse à vous! Je suis Séréna, la lutteuse biologique, et voici mes conseils pour une rentrée de plantes bien réussie. 

Personnellement, j’adore sortir mes plantes l’été. Non seulement elles poussent plus vite sous le soleil et je n’ai pas à me soucier si je mets de l’eau partout quand je les arrose. Je ne me prive pas de les sortir!

Les insectes ne sont pas un problème quand on sait comment s’en occuper. Voici 5 grandes questions et leurs réponses sur la rentrée des plantes à l’automne. 

1. Faut-il absolument faire quelque chose quand on rentre nos plantes?

La réponse est non! Évidemment, rien ne nous oblige à quoi que ce soit, mais ça peut nous épargner bien des ennuis si on se prépare comme il faut. 

Ne rien faire, c’est risquer de laisser entrer les complications. Même quand tout a l’air beau à l’automne, c’est souvent bien plus tard qu’on se rend compte du problème. À ce moment-là, il est trop tard et il s’est amplifié. 

On accuse souvent à tort le manque de soleil et la froideur de l’hiver, alors qu’il s’agit en réalité d’insectes indésirables bien installés…

N’attendons pas que nos plantes dépérissent en pleine saison froide, agissons par prévention!

2. Avec quoi nettoyer ses plantes?

Avec l’interdiction des pesticides au Québec, la question se complexifie. Ce qu’on utilisait par habitude est peut-être désormais interdit.

Pourquoi banni? Parce que l’effet était beaucoup plus large que juste sur votre plante. Les produits interdits affectaient aussi les autres insectes, les poissons et même les animaux (comme nous). Qu’on les applique à l’extérieur avant de rentrer ses plantes ou dans la salle de bain, les effets délétères restent bien présents. 

Donc, qu’est-ce qu’on peut prendre pour nettoyer ses plantes, qui soit légal et sain?

De l’eau et du savon tout simplement! 

On ne lésine pas sur la pression (tant que la plante le supporte) et on porte une attention particulière au revers des feuilles (c’est là que les insectes se cachent souvent). Ils n’ont pas les griffes longues comme des chatons, ils ne peuvent pas s’agripper solidement si on les douche fort. C’est une excellente manière de les faire partir.

Pour ceux qui auraient résisté, le savon est un bon insecticide de contact qui ne laisse pas d’effet résiduel. Lorsque l’insecte en est recouvert, il s’étouffe. Lorsque le savon est sec, il ne fait plus effet. Le savon insecticide (ex. Safer’s) et le savon noir sont excellents. Vous pouvez aussi prendre de l’huile horticole (ou de dormance).

L’idée c’est que l’insecte soit pris dans le produit et qu’il manque d’air, donc n’hésitez pas à asperger jusqu’à ce que ça dégouline. 

Une bonne douche, un produit doux et répétez l’opération au besoin. Si la plante présente des signes évidents d’infestation, faites-le plusieurs fois à intervalle de 4-5 jours avant de la rentrer avec les autres. 

3. Est-ce qu’il faut rempoter ses plantes quand on les rentre

Si c’est pour lutter contre les insectes nuisibles, ce n’est pas nécessaire. Ça stresse les plantes qui s’apprêtent à s’endormir pour l’hiver. Laissez-les tranquilles, elles seront plus fortes et résistantes aux infestations.

Pour noyer les bibittes, vers de terre, etc., qui pourraient s’être cachés dans le pot, faites-le tremper pendant 1h dans une chaudière d’eau claire. Attention à ne pas les oublier là trop longtemps, sans quoi les racines pourraient étouffer. 

Bonus: vous entrez des plantes bien arrosées, qui ne couleront pas partout au prochain arrosage (si vous n’attendez pas trop longtemps).

Si vos plantes étaient posées directement au sol, c’est d’autant plus important. Des intrus peuvent facilement y avoir élu résidence pour se nourrir des racines ou de la terre qui se décompose.

Vous les remarquerez en observant des tas de terre modelée qui sortiront des trous de vos pots… Dans ce cas, ressortez votre chaudière et baignez vos plantes.

Pour assurer la protection de votre terre contre les thrips et les larves de sciarides (mouches du terreau), il est possible d’y introduire des petits acariens terricoles très sympathiques qu’on appelle les stratiolaelaps. Ils vivent dans la terre de nos plantes et s’occupent de la protéger. 

4. Quels sont les meilleurs prédateurs naturels en prévention?

Pour protéger nos plantes, on peut demander de l’aide d’amis microscopiques. Les prédateurs naturels chassent les intrus avant qu’ils puissent se reproduire. Ils sont très utiles et faciles à utiliser. 

Ce sont les acariens prédateurs qui sont tous indiqués pour protéger vos plantes. Ils sont nos meilleurs alliés. Ne vous en faites pas, ils sont bien différents des acariens dans les lits et ils ne causent pas d’allergies. 

Voici 3 espèces très intéressantes pour faire de la prévention dans nos plantes d’intérieur:

Les stratiolaelaps pour protéger le sol

Ces petits acariens terricoles s’installent dans la terre et montent la garde. Ils mangent les larves et les œufs de mouches, les pupes de thrips et, en absence de proies, des algues et des débris. On saupoudre une petite cuillère par plante et c’est réglé.

Les cucumeris en sachets

Source: Sound Horticulture

Ces prédateurs sont excellents contre les thrips indigènes, que l’on retrouve naturellement à l’extérieur au Québec. Efficaces et bon marché, on accroche un sachet par plante et les thrips n’ont qu’à bien se tenir.

Les «swirskiing» de la protection

Un swirskii qui mange un tétranyque. Source: limoiland.com

Les swirskiis sont semblables en apparence aux cucumeris, mais ils sont plus polyvalents. Ils protègent les feuilles contre les thrips (exotiques et indigènes), les aleurodes et les tétranyques. Pour une protection plus globale, ils sont excellents.

C’est toujours plus facile de prévenir que de guérir! On accroche des sachets qu’on remplace aux 4-6 semaines ou on saupoudre les stratios sur sol et le tour est joué.

5. Quand savoir qu’on a un problème?

Plus tôt on découvre le problème, plus vite on peut intervenir et limiter les dégâts. 

Si on voit des feuilles déformées, que l’on constate un retard de croissance, qu’on voit des traces d’alimentation sur les feuilles ou même des insectes bouger, il est déjà tard, les insectes sont là depuis longtemps et ils sont rendus nombreux. 

N’attendez pas que les dommages soient évidents avant de les remarquer! Dépistez souvent et comme il faut! 

Pour dépister au mieux, équipez-vous comme il faut: 

  • Des trappes collantes capturent les adultes volants (mouches, thrips, aleurodes). Je préfère les jaunes aux bleues, parce que le contraste est meilleur pour les voir.
  • Puisqu’on est à la recherche d’insectes minuscules, utiliser une loupe n’est pas du luxe. Ça permet de réellement voir ce qui se passe sur les feuilles, avant d’y avoir observé des dommages.

Un dépistage efficace et hâtif permet d’éviter beaucoup de soucis!

En résumé, il est possible d’éviter les problèmes d’insectes indésirables quand on rentre nos plantes, en les prenant d’assaut préventivement. On nettoie ses plantes, on fait tremper ses pots, on installe des prédateurs naturels et on observe régulièrement. 


  1. Merci pour ce bel article, dans un bon timing, pour le we d’entrer des plantes. Ou ce procurer ces 3 amis prédateurs ? Merci de vos bons conseils. Et peux être un texte cet hiver… s’il y a un problème d’amis intrus… on fait quoi?

    • Séréna (la lutteuse bio)

      Salut McTessier !
      merci pour ton commentaire.
      Tu peux en acheter sur http://www.limoiland.com
      J’ai des points de chutes pour les récupérer gratuitement dans la ville de Québec et je propose la livraison à domicile également (20$) .
      N’hésites pas à en parler à tes amis vous voulez partager les frais de livraison !

      C’est une excellente idée de texte, je la prend en note !

  2. Bonjour merci pour ces informations . Peut on mettre ces acariens en prévention ou seulement lors de manifestations ?

    • Séréna (la lutteuse bio)

      Salut Yves,
      merci de m’avoir lue ! 😀
      Ceux que j’ai décris dans le texte peuvent être mis en prévention !
      Les stratios peuvent s’installer assez confortablement dans le sol des plantes quand la terre reste humide.
      Les acariens dans les sachets sortent pendant 4 à 6 semaines, après on les remplace.
      On peut les commander sur http://www.limoiland.com ( je propose même des formules d’abonnements à prix réduits q

      • Séréna (la lutteuse bio)

        ** désolée j’ai pesé envoyé sans fait exprès**
        comme je disais : ( je propose même des formules d’abonnements à prix réduits qui permettent une protection continue sans se casser la tête)

  3. Bonjour
    Très très intéressant votre article. MERCI.
    J’ai 2 lauriers, un nobilis et un rose.
    À chaque année, lorsque je les rentre dans la maison quelques semaines plus tard, ils sont infestés de cochenilles à carapace . J’ai tout essayé, mais la seule façon de combattre ces parasites que j’ai trouvé est d’utiliser du Malathion pour le laurier rose ?. Auriez-vous une recette miracle?

    • Monique, rive-sud Mtl

      J’ai perdu un pêcher envahi par des cochenilles à carapace. Un vieux monsieur qui travaillait chez un pépiniériste m’a donné ce truc. Prenez une guenille, versez-y de l’huile d’olive (rancie ça fait l’affaire) et promenez-la sur les cochenilles. Elles s’enlèveront toute seules. C’est un peu dégueux, la guenille devient rouge sang. Mais ça les enlève toutes avant qu’elles fassent plus de ravage. Et c.est très écolo ! En passant c’est avec ce rouge-sang des cochenilles qu’on se maquillait aux siècles derniers (le rouge carmin).

  4. Séréna (la lutteuse bio)

    Bonjour Danielle !
    merci beaucoup pour votre lecture et commentaire , ça me fait plaisir !!

    Les cochenilles à carapace sont difficiles à faire partir parce qu’elles sont très discrètes, avec leur couleur brune sur écorce brune.
    Chaque cochenille qu’on voit est une femelle qui pond sans cesse.
    Il faut absolument toutes les enlever sinon elles continuent de se reproduire.

    Voici ma méthode :
    – tailler toutes les parties atteintes (ou toute la plante si vous le pouvez/souhaitez)
    – Pulvérisez du savon partout partout
    – Armez vous dune brosse à dent et passez sur chaque cm de la plante en la brossant comme il faut (vous pouvez refaire cette étape la 1x semaine, plusieurs fois)
    – Introduisez des chrysopes qui vont manger les bébés invisibles qui seraient restés
    – Vérifiez chaque semaine, si vous voyez réapparaître du miellat collant, c’est qu’il y en a encore, on recommence à l’étape 1

    les chrysopes restent actives 3 semaines dans la plante et l’arpentent à la recherche de quelque chose à manger, vous pouvez les commander sur http://www.limoiland.com

    à bientôt !

  5. Bravo Séréna pour cet article d’une grande pertinence. Un premier article sur le site du JP réussi! Impatience de lire vos articles suivants.

  6. Bonjour
    Article très intéressant. Est-ce que vos recommandations sont utiles pour les aleurodes qui se tiennent tranquilles durant l’hiver et commencent à faire des ravages sur nos plantes à compter du printemps (lu dans un article du jardinier paresseux publié à nouveau dernièrement).

  7. The thrill of coaching shines as Retro Bowl 26 in the middle of its season lets you manage rosters, call plays, and handle press duties like a real NFL coach.