Planter un «jardin d’oiseaux», ben voyons donc?
On a tous dans le cœur une belle fleur ou un bel arbre que l’on désire. On parle de plus en plus de biodiversité et de sa protection. Certains choisissent de planter différents végétaux, d’autres cherchent plus ardemment à attirer les oiseaux. Tout commence par des graines ou presque. Rappelez-vous les couleurs chatoyantes de votre oiseau favori ou encore du chant de celui-ci. C’est une histoire, c’est la vôtre. Planter un jardin d’oiseaux, c’est vouloir se rapprocher de la nature et des oiseaux qui, nous l’espérons pour ces derniers, viendront davantage nous visiter.
Planter un jardin d’oiseaux
J’ai travaillé comme éducateur pendant 16 ans au défunt Jardin zoologique du Québec. J’y planifiais et préparais des activités éducatives et des conférences. J’avais organisé une conférence sur les mangeoires d’oiseaux. Je comptais sur un vieil ornithogale avancé en âge. Il a donné une belle conférence, mais sur les «oiseaux de mangeoires» et non pas sur les «mangeoires d’oiseaux» et leurs secrets. J’ai donc décidé de préparer mes propres conférences. Et il m’est alors venu une idée. J’ai discuté avec le jardinier en chef du jardin et je lui ai demandé de quels graines ou fruits des végétaux qu’il avait plantés se nourrissaient les oiseaux. Il devait bien avoir de l’information là-dessus… Eh bien, non!
Je me suis mis à la recherche de cette précieuse information dans les livres et les revues des bibliothèques. Bizarre, nous étions à la fin des années 1990 et je ne trouvais presque rien sur le sujet au Québec. Rien ou presque, car certains auteurs avançaient que les oiseaux comme les geais se nourrissaient de graines, mais sans préciser lesquelles? Et quels geais? J’étais pourtant sur une bonne piste… je creusais. C’est là qu’est venue l’idée de planter pour faire un «jardin d’oiseaux» de mon petit terrain de banlieue dans la région de Québec; un espace de vie agréable à mon œil et à celui de mon entourage pour y attirer le plus d’oiseaux possible. J’ai cherché dans les livres, cherché encore et encore. Je n’accueillais chez moi que sept espèces d’oiseaux à cette époque. Ceux que l’on ne désire pas, dont, entre autres, le moineau domestique et l’étourneau sansonnet.
Attirer les oiseaux
Il fallait bien que je débute par quelque chose. J’ai ciblé dans mes recherches les végétaux qui pourraient être les plantes préférées de notre oiseau-mouche, le colibri à gorge rubis. De plus, un «jardin d’oiseaux» comprend aussi autre chose que des plantes. Les oiseaux qui se trouvent dans votre cour y sont pour au moins trois raisons. Ils recherchent un abri contre les prédateurs; les arbres jouent ce rôle. Ils recherchent leur pitance; il faut avoir des végétaux à fruits pour certaines espèces et des végétaux à graines pour d’autres. Ils désirent peut-être nicher chez vous; il faut varier les hauteurs des arbres et des arbustes.
Les oiseaux se nourrissent à 85% des végétaux dans la nature. Le 15% qui reste est fourni par les graines des mangeoires. Donc, il me fallait, pour être comblé, un réseau de mangeoires approprié et faire la plantation des végétaux. Certains oiseaux, comme les parulines, allaient trouver leur nourriture, les insectes, dans les végétaux.
Un jardin d’oiseaux ne saurait être complet sans que les oiseaux puissent se désaltérer et se baigner. J’ai décidé de leur porter assistance en leur aménageant un petit bassin. J’y surprends de nombreux oiseaux tout au long du printemps jusqu’à la fin de l’automne. Pour l’hiver, j’ai confectionné un petit bassin chauffé.
Un aménagement adapté pour eux
Avec ces installations de base, je suis passé de 7 espèces qui parcouraient ma cour à plus de 45 espèces, et tout cela en à peine 7 ans!
Peut-on compléter cet aménagement? Oui, les oiseaux, du moins certains, recherchent peut-être un endroit pour nicher. Rien de plus naturel pour moi que de retourner dans mes souvenirs d’enfance et de vouloir accueillir un couple ou plus d’hirondelles bicolores. J’ai donc installé un nichoir à leur intention et quelques autres de différentes tailles pour d’autres espèces d’oiseaux.
En quelques années, j’ai établi une petite oasis de verdure qui donne aux oiseaux de quoi se mettre sous le bec, qui leur fournit une ressource en eau et où ils trouvent des mangeoires pour les graines. J’avais aussi misé sur mon peu de connaissances des végétaux qui nourrissaient les oiseaux pour me lancer dans un «petit» projet: colliger toutes mes informations dans des fiches pour produire un document indispensable pour les citoyens, horticulteurs, ou autres, afin de les informer des possibilités.
Des ressources sur les oiseaux
À cette époque, nous étions alors à la fin des années 1980, l’ordinateur n’était pas disponible pour tous. J’ai fait cela sur papier. J’ai rédigé un document pour le public qui contenait mes trouvailles. Je me souviens qu’un jour une collègue de Larry Hodgson, le père de Mathieu, m’a demandé si je souhaitais mettre une petite annonce dans les annonces classées. J’ai dit oui, sans y penser!
En l’espace de deux jours, les autorités du Jardin zoologique ont dû répondre à plus de 300 demandes. Une leçon, quand la production de ce type de document de plus de 200 pages et sa distribution n’étaient pas planifiés dans le budget. Maintenant, en 2025, le résultat de cette recherche est devenu accessible à tous dans une base de données informatique disponible grâce au Regroupement québécois des clubs d’ornithologie du Québec, QuébecOiseaux. Cette organisation abrite cette base de données sur leur site web. Vous pouvez y accéder en rejoignant leur site web ou en tapant «Fleur-O-Bec» sur votre fureteur.




Merci pour ce retour d’expérience, vous rivalisez toutes et tous d’idées splendides sur le Jardinier paresseux.
Je n’ai pas de jardin, juste un grand balcon et j’habite en France… mais ça me fait bien rêver votre belle transformation d’un jardin ordinaire au Québec en un havre pour les oiseaux, passer de 7 à 45 visiteurs ailés différents en 7 ans, quel exploit ! Bravo !
Que c’est émouvant cette recherche patiente et généreuse consacrée aux oiseaux et dont les résultats sont partagés avec tous. J’emménagerai à l’été dans une maison entourée de verdure, de plates-bandes et d’arbres. Je retournerai sans doute à cette base de données au moment de choisir des arbres, des arbustes ou des plantes. Merci monsieur Morin!
Dans ces années, ce sont les livres d’André Dion qui m’ont aidé à structurer le jardin que je possède aujourd’hui. Ses astuces étaient fort précieuses. Mon jardin est visité par les oiseaux depuis nombre d’années et de nouvelles variétés s’ajoutent encore.
Ce que je sais sur les plantes, c’est mon père qui me l’a appris et pour les annimaux c’est ma mère. Elle adorait les colibris et au chalet ils en avaient et c’était drôle. On commence avec un couple puis les années suivantes, il faut ajouter des mangeoirs parce que chaque enfant du premier couple reviennent de même que leur grand enfants, au point de départ et c’est la chicane entre eux pour savoir qui a droit de ,manger en premier à la mageoir.
Merci beaucoup de partager le fruit de vos recherches. Et bravo pour votre beau travaille, il arrive à point pour moi qui suis justement à concevoir un grand jardin et désire y attirer les oiseaux.
Ornithogale ornithogalum umbellatum , o .arabicum
Merci beaucoup pour l’information
merci beaucoup pour l’information !
merci de votre grande recherche, suggestion bassin chauffé??