En rempotant, on grossit le pot… mais pas trop
En général, quand on rempote une plante, on en profite pour grossir le pot. Normalement, il faut choisir un pot de seulement 2 à 5 cm plus large que le pot précédent, soit environ 10 à 20 % de volume supplémentaire. Cette règle n’est pas arbitraire : elle correspond à la vitesse à laquelle les racines peuvent coloniser un nouveau volume de terre et y rétablir un équilibre fonctionnel entre l’eau et l’air. Rempoter une plante dans un pot beaucoup plus gros (d’un diamètre d’environ 7 cm ou plus que le pot précédent) peut mener à de la pourriture.

En effet, les racines ne colonisent jamais instantanément le terreau nouvellement ajouté. Leur croissance se fait graduellement, à partir de la motte existante, par l’émission de racines fines. Une partie du substrat demeure alors sans racines actives ; cette zone, parfois appelée « sol mort », n’est pas stérile, mais elle n’est pas encore régulée par l’activité racinaire. Elle reste humide plus longtemps après l’arrosage et s’oxygène mal. Cette diminution prolongée de l’oxygène entraîne une asphyxie racinaire (hypoxie), un stress physiologique qui affaiblit les tissus des racines.
Les risques de pourriture dans un pot trop gros
Il est important de comprendre que le problème ne vient pas d’un excès d’eau ponctuel, mais bien d’une humidité persistante. Dans ces conditions, l’eau occupe les pores normalement remplis d’air dans le terreau, empêchant la respiration cellulaire des racines. Ce milieu favorise alors l’activité de micro-organismes opportunistes naturellement présents dans le substrat, notamment ceux responsables de la pourriture racinaire. Les dommages aux racines surviennent généralement bien avant l’apparition de symptômes visibles sur le feuillage, ce qui rend difficile à établir le lien avec un pot trop grand.
D’ailleurs, il n’est pas toujours nécessaire de changer pour un pot plus gros lors du rempotage. Un pot plus grand stimule la croissance du système racinaire et, par conséquent, celle de la plante entière. Toutefois, si l’on souhaite simplement maintenir la plante à une taille stable, il est tout à fait possible de rempoter dans un pot propre de la même taille. On profite alors du rempotage pour remplacer le terreau, qui, après un an ou deux, tend à se compacter et à accumuler des sels minéraux, ce qui nuit aux échanges d’air et d’eau au niveau des racines. Cette pratique est courante en horticulture, notamment pour les plantes matures ou à croissance lente, chez lesquelles une augmentation de pot doit être particulièrement prudente.


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