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Réponses à vos questions : haie de thuyas, rosier albinos et dégâts par le sel

Faut-il tailler une haie de thuyas?

Notre future propriété en zone rurale est entourée d’une belle haie de thuyas âgés de plus de 10 ans et qui semble avoir toujours été scrupuleusement taillée chaque année. Est-il obligatoire que je continue à la tailler, ou puis-je au contraire la laisser pousser librement et naturellement? Je suis du genre paresseux, mais très amoureux de «naturel».

Haie de thuya, ou haie de cèdre. Photo: Getty Images

Réponse

Tout dépend de l’effet que vous voulez obtenir. C’est que les thuyas (Thuja occidentalis) ne sont pas des arbustes, mais des arbres. Si on cesse de les tailler, ils grandiront rapidement et vous n’aurez plus une haie, mais un écran végétal de 10 m de haut ou plus. De plus, les thuyas sont probablement plantés très serrés, ce qui est parfait pour une haie, mais moins propice à de grands arbres qui souffriront alors de la contiguïté. Donc, si vous voulez que la haie reste une haie, il faut la tailler.

Par contre, il est possible que les anciens propriétaires taillaient plus d’une fois par année pour donner un effet «coupé au couteau» à la haie ou qu’ils la taillaient en rectangle. Si vous préférez une allure plus naturelle, ne faites qu’une seule taille par année. Idéalement, attendez la fin de la période de nidification des oiseaux. Les haies de thuyas servent très souvent de sites de nidification au printemps et au début de l’été. Tailler trop tôt peut détruire des nids ou provoquer l’abandon des couvées.

La taille des haies de thuya est suggérée à partir de la mi-juillet. Photo : Getty Images

À partir de la mi-juillet, la majorité des nichées ont quitté le nid, ce qui en fait le meilleur compromis entre la protection des oiseaux et la santé des thuyas. Une taille encore plus tardive, vers la mi-août, est d’autant plus sécuritaire pour la faune. Toutefois, dans les régions froides, une taille en septembre peut stimuler une légère repousse qui n’aura pas le temps de durcir avant les premiers gels, ce qui peut entraîner du roussissement hivernal.

Les jardiniers paresseux ne plantent que des arbustes en haie. Contrairement aux arbres comme le thuya, les arbustes ont une hauteur maximale qu’ils ne dépassent pas. Ainsi, aucune taille n’est nécessaire pour contrôler leur croissance et une haie d’arbustes non taillée (appelée haie libre) prendra tout naturellement un port arrondi.

Rosiers albinos?

Surprise en allant chercher du bois dans mon garage: le rosier que nous avions taillé et entreposé a produit des tiges blanches coiffées de roses rouges. Pas de lumière, pas d’eau depuis octobre, endroit humide et température maintenue à 10 °C. Comment expliquer ce phénomène? Que faire maintenant?

Rosier albinos. Photo: reddit

Réponse

Il n’y a rien de très surprenant à ce que cela arrive. Les rosiers entrent en dormance quand les températures frisent la congélation, mais poussent à des températures de 7 °C et plus. Dans votre garage, la température est suffisante pour stimuler la croissance. Or, sans lumière, la plante ne peut pas faire de photosynthèse et ne produit donc pas de chlorophylle, le pigment vert qui donne aux feuilles et aux tiges leur coloration verte habituelle. Sans chlorophylle, les tiges restent pâles et s’étiolent (s’allongent anormalement), produisant des feuilles jaune pâle. La pigmentation rouge des fleurs n’est pas dépendante de la lumière et la fleur elle-même prend donc à peu près sa couleur normale.

Je vous suggère de couper les fleurs et de les utiliser pour décorer votre demeure. Ensuite, rabattez ce qui reste des tiges à 5 à 10 cm de leur point de départ et arrosez légèrement la plante (puisqu’elle a poussé, elle a dû puiser de l’eau dans ses réserves et aura alors «soif»). Si possible, placez le rosier dans un emplacement plus froid, sans toutefois l’exposer aux températures extérieures. Au printemps, plantez votre rosier à l’extérieur dans un emplacement ensoleillé. Il risque d’être un peu «fatigué» de son expérience hivernale, mais devrait reprendre assez rapidement.

Dégâts par le sel

La grande marée du 6 décembre a déferlé sur le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Les résultats furent désastreux pour beaucoup de riverains, d’autres ont vu leur terrain inondé et fortement imprégné par l’eau salée. Pour ma part, j’ai eu des débordements de sable et de cailloux avec évidemment beaucoup d’eau.

La question que beaucoup se posent est: que deviendront au printemps les pelouses et les fleurs pérennes: rudbeckias, crocus, tulipes, sédums et certains arbustes comme les caraganas?

Caragana. Photo: Getty Images

Heureusement, tout était en dormance en décembre, mais au moment du réveil, les racines puiseront certainement le sel demeuré dans le sable et la terre, alors… quel traitement pourrions-nous appliquer pour sauver quelques plants et arbustes?

La nature pourvoira peut-être d’elle-même à ce sauvetage en lavant la terre par les pluies du printemps…

Réponse

Effectivement, c’est l’eau douce qui viendra au secours de vos plantes. Des pluies abondantes peuvent aider, mais aussi des arrosages au dégel. On appelle ce traitement un «lessivage».

Certaines plantes tolèrent mieux le sel que d’autres. C’est le cas du caragana, du rosier rugueux, de la shepherdie, parmi les arbustes, et des armoises, du gazon d’Espagne, des sédums, des hostas et des hémérocalles, parmi les vivaces. Le gazon et la plupart des vivaces sont très peu résistants au sel et seront peut-être un peu abîmés au printemps, mais un bon lessivage aidera beaucoup à leur récupération.


Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 8 février 2012.


  1. Moi aussi à notre nouvelle demeure ouf une haie de  »cèdres » toute la longueur du côté et pourtant il y avait deux gros hêtres et deux lilas. Imaginez le combat pour l’eau ils sont collés dessus! Là où sont les grands arbres, le cèdre dépérit et c »est ainsi à chaque endroit où il est collé à un arbuste.
    Derrière, il y en avait une autre qui avait de la difficulté à survivre. Je l’ai arrosé avec un boyau percé presque tout l’été et l’été suivant elle était pareille . Alors je l’ai enlevé et j’ai planté des arbustes différents pour leurs fleurs et/ou leurs fruits. Moins d’entretien et c’est mieux!