Planifier facilement votre aménagement avec tisanji
Ça fait longtemps que je n’ai rien écrit dans les pages du Jardinier paresseux… que s’est-il passé? C’est que j’ai vendu la maison de campagne où j’ai habité pendant 23 ans et donc mon mari et moi avons été vraiment très occupés en 2025. Il a fallu ranger, nettoyer à fond, mettre la maison en vente et le pire: trier et élaguer tout ce que nous avions accumulé au cours des ans pour vivre désormais dans une maison et sur un terrain plus petits. Ce ne fut pas de tout repos, mais, un an plus tard, nous sommes très heureux de notre décision.
À la campagne, nous avions un terrain de 3,5 acres (environ 1,5 hectare) avec un grand potager, des arbres et arbustes fruitiers, une quantité de vivaces et un énorme pré fleuri. Une vingtaine d’années plus tard, nos forces ont décliné et nous avons ressenti le besoin de nous rapprocher des services essentiels et de nos enfants. Pendant 2 ans, nous avions testé à temps partiel la vie en appartement, mais nous avons vite compris que nous ne pouvions pas encore vivre sans jardin. Nous avons donc opté pour une maison de plain-pied dans une petite ville nichée entre le lac Memphrémagog et le Mont-Orford et toujours dans la magnifique région des Cantons-de-l’Est.
Un nouveau terrain de jeux
Notre nouveau terrain n’est pas aussi petit qu’on l’avait prévu: il fait 1 acre, soit un peu moins d’un demi-hectare, mais il comprend un petit boisé naturel à l’est et au sud ce qui réduit considérablement l’entretien. Il y avait cependant de grandes superficies gazonnées en façade et, dès le début, je projetais d’y planter massivement des arbres et arbustes à entretien minimum… avec de l’aide bien entendu.
J’avais déjà en tête toute une liste d’espèces que je voulais avoir chez moi, mais, dans le passé, j’ai eu tendance à planter trop serré et cela constitue un gros gaspillage d’argent et d’énergie. Bien sûr, c’est facile de trouver la dimension des plantes à maturité sur internet, mais on veut aussi planter assez densément pour éviter les adventices et combiner les hauteurs et les diamètres potentiels entre les espèces. Un vrai casse-tête! Bref, comment déterminer l’espacement et le nombre de plants requis sans se lancer dans des calculs compliqués?
Une application géniale!
C’est alors que j’ai pensé à l’application tisanji, dont Mathieu et Audray nous parlaient depuis 1 ou 2 ans avec «Pimpe ta plate-bande». C’est une application d’aménagement paysager, créée par Audray Pépin, Michel Leduc et Isabelle Falardeau, qui s’adresse autant aux professionnels qu’aux amateurs de jardinage. De base: l’appli est gratuite, mais il y a différentes options payantes qui offrent beaucoup plus de possibilités. Est-ce que c’est compliqué? Il y a des webinaires, des tutoriels et des cours de groupe qui sont organisés quelques fois par année, mais, comme je voulais planter dès l’automne 2025, Audray m’a proposé 3 heures de cours privé avec la licence «coquelicot» tout en élaborant ensemble mon plan d’aménagement. Cela a été une très belle expérience et je suis vraiment fière du résultat!
Comment ça marche?
Avec les tutoriels (rechercher l’ampoule dans l’application) et les exercices proposés (que l’on retrouve sur la page de cours), on pourrait en principe se débrouiller tout seuls sur tisanji. Mais c’est sûr qu’avec un peu de «coaching» cela va beaucoup mieux et plus vite.
Pour créer un nouveau plan de jardin, la première chose à faire est d’entrer notre adresse civique dans le système. Aussitôt, on voit apparaître l’image de notre terrain et de notre maison sur Google Map. Dans mon cas, j’ai vu seulement un terrain vierge, car ma nouvelle maison a été construite en 2020 et Google est un peu en retard dans ma région. Qu’à cela ne tienne, je pouvais aussi choisir d’utiliser les photos aériennes du ministère des Ressources naturelles du Québec (MRNQ) et j’ai aussitôt vu ma maison.
Ensuite, il suffit d’importer l’image du plan de localisation de notre maison ou un plan d’arpenteur, qui comprend toutes les dimensions du bâtiment et du terrain dont nous avons besoin. Grâce à un petit tour de passe-passe de tisanji, on peut superposer exactement notre plan avec la vue aérienne et le tour est joué. Ensuite on trace les contours de notre maison, du cabanon, des sentiers, etc., pour pouvoir occulter la vue aérienne et le plan de localisation et enfin on dispose les végétaux qui existent déjà sur notre terrain, car ils vont interférer avec nos nouvelles plantations (ex.: ombre).
Un plan personnalisé sur mesure
Je ne vais pas vous décrire ici toutes les étapes de mon aménagement, mais tisanji est une application géniale qui m’a énormément aidée à faire mon plan. Tout en gardant une vue d’ensemble, j’ai divisé le travail par espaces de plantation: secteur nord-ouest, bordure sud-ouest, parterre d’ombre, etc. Mais, avant de placer les végétaux, c’est important de définir les conditions environnementales du terrain: zone de rusticité, ensoleillement, nature du sol, pH, drainage, etc. Cela va servir de filtre lorsqu’on voudra importer des plantes.
Par exemple, si je voulais importer un abricotier dans ma zone 4b, l’appli va sans doute me dire que je n’ai pas les conditions idéales pour cette espèce dans ma zone de rusticité. Finalement, on peut insérer des végétaux dans notre plan à partir de la banque d’espèces de tisanji (plus de 2200 actuellement et toujours en évolution). Et il y a même un filtre «Jardinier paresseux» pour sélectionner des plantes à entretien minimum! On obtient alors un petit dessin schématique de notre arbre, arbuste ou plante vivace et on peut le déplacer ou le multiplier à volonté pour obtenir la densité désirée. On peut aussi créer notre propre fiche-plante en complétant les informations essentielles.
Réflexion et résultat
Bien sûr certains arbres et arbustes atteignent des dimensions considérables après 20 ou 30 ans et on ne veut pas laisser 10 m d’espace vide au moment de la plantation. Donc il vaut mieux prévoir une dimension dans 10 ans et planter plus serré pour avoir un effet rapide, après quoi on peut faire des ajustements. Pour ma part, j’ai prévu des épinettes blanches et des mélèzes dans ma section nord-ouest pour me protéger rapidement des vents dominants et faire un écran avec les voisins (pourtant très sympa). Je sais que mes épinettes peuvent atteindre 10 m de diamètre à maturité, mais, dans 10 ans, les arbustes que j’ai plantés alentour vont être arrivés à maturité et je pourrai éventuellement couper les conifères s’ils sont devenus trop gros.
Mathieu m’a également donné de bons conseils au sujet de l’espacement. Il aime bien faire des plantations assez denses pour éviter les adventices. Par contre, les plantes qu’on achète en jardinerie sont généralement très petites, mais ça pousse vite! Il m’a donc suggéré d’insérer des couvre-sols entre mes plantations: ils coûtent moins cher qu’un arbre et ils disparaissent tout seuls lorsque les conditions ne leur conviennent plus.
Des rappels et suggestions par courriel
Bref, j’ai encore du travail ce printemps, surtout que je ne me suis pas encore mise à mon plan de potager! Ce qui est formidable avec tisanji c’est que cela nous donne un calendrier de tâches au courant de l’année ainsi que des rappels par courriel (si on a activé cette fonction). Comme Audray est herboriste, je reçois déjà des messages pour récolter les bourgeons de mes épinettes et les fruits de mes pimbinas. Évidemment, mes arbres viennent juste d’être plantés et ce n’est donc pas pertinent pour le moment, mais je me réjouis de découvrir les vertus médicinales de toutes les plantes que j’ai mises en terre l’automne dernier. Et dès que j’aurai fait mon plan de potager, je recevrai un courriel lorsque le moment sera venu de semer tel et tel légume!
Je vous reviendrai sûrement sur tout ce que je découvre encore avec tisanji, car, si je croyais en savoir beaucoup sur le jardinage… j’entrevois l’ampleur de ce que je ne sais pas encore!
Voici le lien d’un webinaire récent qui montre les étapes essentielles pour réaliser un plan avec tisanji.







J’ai connu Edith Smeesters durant une de ses nombreuses conférences à Saint-Bruno où j’ai habité de 1987 à 1996. Grâce à elle, j’ai appris le compostage et le jardinage écologique que j’ai continué à pratiquer à Orford et maintenant à Gatineau. Je demeure en admiration de cette femme qui a réussi à faire changer des habitudes désastreuses pour l’environnement. Je lui souhaite du bonheur dans sa nouvelle demeure!
Merci Danielle pour ce gentil message et bonne vie à Gatineau!
Bonjour Édith, Ce fut un réel plaisir de t’accompagner dans ton projet! Longue vie à ce nouveau terrain remplis de possible!
Le plaisir fut réciproque Audray! J’ai hâte de faire mon potager…
Bonjour, je suis entourée de gens maniaques du gazon et des pesticides….Ils coupent leurs gazons toutes les semaines et tout devient jaune….Quelle tristesse. Alors je déménage !
Hélas, on n’a pas fini de sensibiliser les gens va les pesticides et le gazon! Mais il 6 a quand même un énorme progrès depuis 20 ans.