La forêt qui marche
Alors que je terminais les plantations sur mon nouveau terrain l’automne dernier, je cherchais à boucher des trous, surtout dans la partie de boisé naturel où nous avions fait un grand ménage avec des arboriculteurs pour éliminer une quantité de bouleaux gris et quelques peupliers faux-trembles. D’après mes nouveaux voisins, nos terrains sont situés sur une ancienne carrière de sable et une végétation primaire s’y est installée depuis 10 ou 20 ans avec ces espèces pionnières. C’est très joli les bouleaux gris, mais leur durée de vie est limitée et ils ont tendance à plier et casser sous le poids de la neige et du verglas. Donc je me suis retrouvée avec un petit boisé clairsemé où quelques petits pins et épinettes essayaient de se frayer un chemin parmi toutes sortes d’arbustes que je n’ai pas encore identifiés.
La forêt qui marche
C’est alors qu’un ami m’a parlé de la «forêt qui marche» car il y avait justement une activité à la mi-octobre tout près de chez moi. Qu’est-ce que c’est que ça? En bref: c’est une façon de sauver des plantes indigènes sur des terrains destinés à la construction en les offrant à la population. L’idée est née à l’APCHQ (Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec) et plus exactement en Estrie où les dirigeants ont pris conscience de l’urgence d’agir pour combattre les changements climatiques et protéger l’environnement.
En 2019, ils entament des discussions avec le maire de Sherbrooke et ils tentent de trouver des solutions pour réduire l’impact des projets de construction. Un des administrateurs de l’APCHQ Estrie découvre alors l’essai de maîtrise en environnement de Nicole Comtois où elle propose une façon de récupérer des plantes indigènes avant la construction. Le nom de «La forêt qui marche» lui est inspiré par le film Le Seigneur des anneaux où on voit des arbres qui se déplacent pour partir en guerre contre le méchant sorcier Saruman qui détruit des forêts. Mais ici l’idée est plus pacifique!
Création d’un organisme à but non lucratif (OBNL)
Un OBNL est alors créé afin de réaliser ce projet sous la présidence de Nicole Comtois et avec l’aide financière de L’APCHQ Estrie et de plusieurs partenaires locaux, entre autres des compagnies de construction ainsi que des citoyens bénévoles. Sa mission est de récupérer et de valoriser les arbres et les végétaux indigènes avant le déboisement lors de projets de développement d’infrastructures et d’habitations.
15 077 plantes indigènes sauvées depuis 2021!
Les objectifs principaux de «La forêt qui marche» sont de sauver le maximum de végétaux et d’en améliorer la connaissance et l’utilisation par le public en général, dans les aménagements publics et privés dans une perspective de développement durable. Ainsi, ce sont 15 077 arbres, arbustes et vivaces indigènes ont été transplantés depuis 2021 et mis gratuitement à la disposition des citoyens.
Une très belle organisation!
Lorsque j’ai participé à la dernière collecte de l’année, le 11 octobre 2025 à Magog, j’y suis allée avec ma pelle et assez peu d’attentes. À ma grande surprise, il y avait un beau comité d’accueil sous une tente, il y avait des pelles à ma disposition (bien meilleures que la mienne) ainsi que des brouettes et même un professionnel pour m’aider à identifier les plantes. Je suis repartie très heureuse avec une dizaine de petits chênes rouges, des pins et des épinettes que des bénévoles m’ont aidée à emballer dans de la toile de jute pour éviter de salir ma voiture. Un service exceptionnel!
Pour le moment, il y a environ 8 cueillettes par année en Estrie et elles commencent au début mai. Elles sont gratuites, accessibles au grand public et encadrées par des professionnels pour une exécution sécuritaire. J’ai appris aussi qu’il y a un nouveau programme de valorisation qui permet aux pépinières locales et à la population de s’approvisionner en paillis forestier revalorisé provenant des sites voués au développement.
Voilà une belle idée qui mérite d’être multipliée partout!
Pour plus d’information: laforetquimarche.org





Le monde actuel a bien besoin de savoir qu’il existe aussi belles idées pour sourire à la vie. Merci pour votre article.
Super idée Il faudrait la lancer aussi en France !! Bravo les Canadiens
Tout à fait d’accord avec Joo ! Malheureusement on est bien loin de ce genre d’actions en France, je pense, notamment, au scandale de l’autoroute A69.
Merci d’avoir partagé ça avec nous. C’est génial! J’aimerais que cet organisme se multiplie dans d’autres régions du Québec.
Quelle belle initiative. Longue vie et que l’idée se propage !
Très bonne idée !
Je demeure dans les basses Laurentides et votre projet m’intéresse beaucoup car je fais un peu cela sur mon terrain.
Est-ce que vous avez un site où on peut s’abonner pour partager des connaissances, des idées, …
Contactez: https://www.laforetquimarche.org
Ils vont vous conseiller.
Bravo!
La valorisation contrairement à la destruction ou l’élimination! Voilà vers quoi il faut orienter nos pratiques dans nos sociétés sur-consommatrices de ressources et productrice de déchet. C’est le genre d’initiative qui m’allume et que j’encourage. La nature est généreuse et nous donne plein de ressources qui, lorsqu’on s’efforce de trouver la manière de les utiliser, permettent d’abaisser notre coût de vie. Mais les choses gratuites sont mal vues et bouder par notre système dont le but est de faire de l’argent et non d’en sauver. Il n’y a que les citoyens ordinaires qui peuvent prendre ce genre d’initiative, du moins, pour l’instant, jusqu’à ce que ce gros bon sens oblige nos décideurs à aller dans cette direction.
Quelle belle initiative, c’est génial ! 🙂
En espérant que ce programme va durer longtemps et, s’étaler à plusieurs autres régions du Québec.
Merci d’avoir partagé ces informations avec nous !
Ça fait du bien à lire un projet pareil. Bravo !
Très beau projet de récupérer des plantes et arbres. Je vais le proposer à ma ville de Lantier afin de protéger de plus de nature possible dans notre belle forêt des Laurentides. Merci pour ce partage !!!
Dommage qu’il y ait une si belle ligne haute tension si près !
Comment espérer se sentir bien dans un environnement aussi toxique et pathogène ?
C’est justement grâce au fait que plein de québécois endurent cet environnement “toxique et pathogène” qu’on peut, entre autre, se chauffer tout l’hiver et chaque jour se faire de bons repas. Merci à tous ceux qui font ce sacrifice d’accepter cette contrainte sur leur terre pour qu’on puisse tous bénéficier de notre électricité.
moi aussi c’est ce que je fais sur mon terrain chaque fois que je vois une nouvelle pousse je la transplante dans un bac a légume et les laisse progresser .Là j’ai un génévrier un cèdre et un sapin qui sont rendu entre 6 et 8 po
Excellente initiative qui pourrait se faire partout au lieu de détruire des boisés complets pour que les promoteurs aient le site bien nivelés. En Arizona ce sont des pépiniéristes qui vont chercher cactus et plantes grasses sur ces terrains qui seront construits. Tout doit être naturalisé. À imiter. Par ici