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10 petites plantes indigènes pour embellir son jardin au printemps

Par Julie Boudreau

Ce n’est pas compliqué, toutes les motivations pour rendre notre monde meilleur aboutissent toujours aux plantes indigènes! Développement durable? Plantes indigènes. Sauvegarde des pollinisateurs? Plantes indigènes. Jardin naturalisé et de peu de soins? Plantes indigènes. Protection contre l’érosion, végétalisation des berges, solutions aux enjeux climatiques? Eh oui, plantes indigènes!

Thé du Labrador. Photo: Gilles Ayotte.

Alors, dans cette optique d’ajouter plus de plantes indigènes au jardin, je vous en présente 10 qui présentent un intérêt printanier. Sauf pour le populage des marais, vous remarquerez que ce sont toutes des plantes de sous-bois. En effet, ces plantes profitent du fait que les arbres sont sans feuilles pour charmer quelques insectes pollinisateurs et emmagasiner un maximum de soleil. Aussi, il y a beaucoup de floraisons blanches. Une des théories avancées pour expliquer ce phénomène est que les premiers insectes pollinisateurs à se réveiller au printemps seraient des mouches et des abeilles solitaires et qu’elles sont davantage attirées par l’intensité lumineuse que par les couleurs. Et enfin à l’exception du rhododendron du Groenland, que je considère comme un incontournable dans les jardins du Québec, il s’agit d’une sélection de plantes herbacées rustiques qui renaissent du sol chaque printemps.

Achetez… d’une source fiable!

Il est impossible d’aborder le sujet des plantes indigènes sans souligner l’importance de respecter le milieu naturel. Les prélèvements en forêt ne sont pas conseillés par l’autrice de ce texte. Je fais ici exception des milieux naturels qui sont en voie d’être détruits pour le développement résidentiel ou commercial. Dans ce cas-ci, on fait œuvre de sauvetage!

Toutes les plantes de la présente liste sont produites par des pépiniéristes de confiance, au Québec. Car, nous avons effectivement plusieurs producteurs de plantes indigènes qui travaillent avec une rigoureuse éthique professionnelle. Ces plants sont généralement produits en pépinière, à partir de semis, de boutures ou de divisions. Méfiez-vous des contenants qui contiennent autre chose que la plante convoitée. Il s’agit souvent de prélèvements directement en milieu naturel, ce qui n’est pas souhaitable. Aussi, notez que le prix élevé des plantes indigènes produites en pépinière est largement justifié. Par exemple, un trille peut prendre 7 à 10 ans avant d’émettre sa première fleur, à partir du semis. Certaines plantes produisent très peu de semences ou se multiplient lentement.

#1 Trille blanc (Trillium grandiflorum)

Quand on a vu une fois dans sa vie des tapis de trilles blancs en fleurs, à perte de vue, on frétille d’émotion devant cette plante! C’est un grand trille qui peut atteindre 35 cm de hauteur maximum. Plante de sous-bois riches, il aime pousser au pied des arbres feuillus. La plante tombe en dormance après la floraison. Zone 4.

#2 Uvulaire à grandes fleurs (Uvularia grandiflora)

L’uvulaire est une plante un peu plus discrète, car sa floraison jaune est recourbée vers le bas et les pétales n’ouvrent jamais tout à fait. Atteignant 45 à 60 cm, c’est une plante de sous-bois qui se multiplie par rhizomes. Il est possible de la planter en petite colonie dans un sol riche et frais. Zone 4.

#3 Tiarelle cordifoliée (Tiarella cordifolia)

La tiarelle est déjà bien connue des jardiniers, car il existe de nombreux cultivars ornementaux développés à partir de cette espèce. C’est une excellente plante d’ombre qu’on a avantage à cultiver de couvre-sol. Cela dit, elle est aussi très intéressante en spécimen unique, en mélange avec d’autres plantes d’ombre. Le feuillage est semi-persistant, ce qui veut dire qu’il est déjà présent dès la fonte de la neige. C’est une petite plante de 25 cm de haut. Zone 3

#4 Caulophylle faux-pigamon (Caulophyllum thalictroides)

C’est une belle curiosité! La fleur bourgogne et verdâtre du caulophylle, aussi appelé actée à grappes bleues, n’est peut-être pas la plus spectaculaire, mais elle a tout de même du charme. C’est une plante au feuillage délicat qui a effectivement l’allure d’un pigamon (Thalictrum spp.). Elle forme un bel arrière-plan pour les uvulaires. Dans un sol bien riche, comme il les aime, le caulophylle peut atteindre jusqu’à 90 cm. En fin d’été, la plante produit des baies bleues très décoratives. Zone 3.

#5 Smilacine à grappes (Maianthemum racemosum, anciennement Smilacina racemosa)

La smilacine à grappes mériterait une plus grande présence dans les jardins d’ombre. On cherche souvent une plante similaire au sceau-de-Salomon (Polygonatum spp.) mais pas aussi haute. Aussi, au lieu de petites fleurs retombantes le long des tiges, la smilacine fleurit au bout de la tige. La plante atteint entre 30 et 90 cm de hauteur et elle préfère les sols riches et drainés. Zone 3.

#6 Aralie à grappes (Aralia racemosa)

Cette plante forme un généreux buisson de feuillage au-dessus duquel se développe une floraison de grappes blanc crème. Par la suite, la plante produit une multitude de petites baies passant du vert au rouge puis au noir, chacune à un stade différent. C’est une plante assez haute et large qui peut atteindre 120 cm. Elle a une préférence pour l’ombre et la mi-ombre, mais en sol bien frais, elle peut tolérer le soleil. Zone 3

#7 Ancolie du Canada (Aquilegia canadensis)

C’est une de nos beautés indigènes, avec ses fleurs d’une certaine complexité. Les pétales rouges dégradent vers le jaune et ce sont les éperons allongés derrière la fleur qui lui donne son allure unique. C’est une plante délicate, d’environ 75 cm de hauteur, qui aime les sols rocailleux. Elle pousse généralement à la mi-ombre. Zone 4.

#8 Thé du Labrador (Rhododendron groenlandicum, anciennement Ledum groenlandicum)

Le seul arbuste de ma sélection du moment, mais quel arbuste! Au printemps ce petit rhododendron se couvre de boules de petites fleurs blanches. Dans son milieu naturel, on le trouve alternativement dans les tourbières ou au sommet des montagnes. Cela dit, il pousse bien dans un sol naturellement acide, dans un endroit ombragé ou mi-ombragé. L’important est de ne pas le cultiver dans un sol sec. Cette plante est d’une rusticité hors du commun. Zone 1.

#9 Populage des marais (Caltha palustris)

Le populage des marais est bien différent du reste de cette sélection, car il s’agit d’une plante de milieux humides. Ses habitats de prédilection sont les ruisseaux en forêt, les tourbières et les marécages. Au jardin il conviendra donc aux fossés ou à un emplacement où le sol ne s’assèche jamais vraiment. Malgré tout, sa floraison jaune est remarquable, tout comme la belle masse de feuilles arrondie d’environ 30 cm de diamètre. Zone 2.

#10 Violette parente (Viola sororia)

Cette petite pensée a une floraison hâtive. C’est une plante de sous-bois qui se fera un plaisir de naturaliser votre pelouse. Pas plus haute que 15 cm, elle porte des fleurs généralement mauves à gorge blanche, mais il y a souvent de la variation dans les semis, ce qui donne toute une palette de mauves plus ou moins pâles. Zone 3.

Il y a bien d’autres belles plantes indigènes à floraison printanière, comme la sanguinaire (Sanguinaria canadensis), les actées (Actaea spp.) ou les arisèmes petits-prêcheurs (Arisaema triphyllum). Même si elle est très belle en photo, je ne vous conseille pas la culture de l’anémone du Canada (Anemonastrum canadense, anciennement Anemone canadensis) en raison de sa tendance très envahissante. Mis à part cette exception, ce sont de belles occasions pour introduire des plantes indigènes dans son jardin, histoire de charmer les insectes qui s’éveillent hâtivement de leur hibernation. Mais surtout de vous charmer, vous, avec ces belles floraisons inouïes!

Photos: Trillium: CCCP; Uvularia: The Cosmonaut; Tiarella: Evan M. Raskin; Caulophyllum et Viola: Cbaile19; Maianthemum et Rhododendron: Robert Flogaus-Faust; Aralia: Cephasu; Aquilegia: Ragesoss; Caltha: H. Zell. Toutes les images proviennent de Wikimedia Commons.

Étiquettes + Floraison printanière


commentaire sur "10 petites plantes indigènes pour embellir son jardin au printemps"

  1. Doris dit :

    Thé du Labrador- J’aimerais savoir si l’on peut se faire du thé (tisane) à partir des feuilles de cet arbuste?

    • Rivard dit :

      Avec moderation. Le thé du labrador est un rhododendron, donc toxique. Toutes les parties de la plante, même le nectar, contiennent une substance toxique, l’acétylandromédol. Des cas d’intoxication après consommation de miel de rhododendron sont décrits. Chez l’animal, l’ingestion de déchets de taille peut entraîner une intoxication mortelle.

      • Gérard Gilbert dit :

        Oui, excellente tisane que j’aime consommer, spécialement les feuilles de la pousse annuelle; ”stupéfiant léger” selon Marie Victorin…

      • Micheline Topping dit :

        Le thé du Labrador est toxique??? Savez-vous quelle quantité maximale on peut utiliser en tisane?

  2. Sylvie F. dit :

    Parfaitement d’accord et surtout pour l’achat en pépinière. Moi je vais à la pépinière rustique de St-Adolphe d’Howard qui ont un vaste choix de plantes indigènes qu’ils produisent eux- même.. Car si les gens garnissent leurs plate-bandes avec des plants prélevés en nature ; ce sera une destruction assurée des milieux naturels.

  3. Lorraine dit :

    J’aime beaucoup cet article et je vais m’y référer en planifiant mon terrassement! J’apprécie aussi que les zones soient inscrites car on pense peu au personne qui habite plus au nord ?
    Est-ce possible de faire le même type d’article pour les plantes d’été et d’automne? Ainsi les gens penseront davantage aux plantes indigènes de notre province comme plantes décoratives. Nous avons des merveilles dans la nature! Merci pour votre beau travail???

  4. Lise H dit :

    Merci beaucoup! J’ai TOUT pris en note pour notre maison en forêt avec un ruisseau. ??

  5. Sylvie dit :

    Merci, très intéressant.

  6. Carmen dit :

    Bonjour Julie, mille mercis pour toutes infos .j’ai tout pris en note. WoW que tes articles sont intéressants et précieux .
    Merci xxxx

    • Denise Villeneuve dit :

      EPICURIEUSE
      Ce mot n’existe point dans la langue française. Donc, je soupçonne que vous avez invertébré ce mot . Qu’avez-vous l’intention de nous révéler avec ce mot?

      J’attends donc vos commentaires

  7. Dave dit :

    Toujours un plaisir de vous lire!

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