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La deuxième année, rien n’a poussé… L’histoire de presque tous les potagers!

Recolte de seconde année.

Depuis 2020, nos vies ont énormément changé. On observe un regain pour l’autosuffisance, un exode vers les régions rurales, la découverte de passe-temps en nature, etc. 

Beaucoup se sont mis au jardinage! Si c’est votre cas, vous en êtes peut-être à la deuxième ou troisième année de votre jardin et vous remarquez que les résultats sont moyens comparés à la première année. 

Moyens? Dis plutôt catastrophiques! ?

Que se passe-t-il avec votre si beau potager? Pourquoi est-ce que ça allait si bien et maintenant, les tomates sont envahies d’insectes, les poivrons ne poussent pas, et les mauvaises herbes envahissent?

Cet article est pour vous!

La première année du jardin

Cette année, on fait pousser nos concombres!

Et c’est si facile: on achète de la nouvelle terre, on la met dans un nouveau contenant ou dans une nouvelle boîte de jardin, on plante de nouvelles graines avec nos nouveaux outils de jardinage, on y va tous les jours pour admirer l’évolution et arroser ces magnifiques légumes-fruits croître. On leur donne plein d’amour, plein d’argent et plein de temps.

Énorme courge ‘Banana Pink’

Les résultats sont souvent stupéfiants. On récolte plein de choses, on mange de bons produits frais tout l’été, on se découvre même un goût pour la salade! On en donne aux voisins parce que, soyons réalistes: «on ne mangera jamais tous ces légumes en si peu de temps!». 

Et on est si fiers! 

L’été se termine, on fait des conserves, on range nos outils, on se dit que l’été prochain, on essaie de nouveaux légumes, et on a déjà hâte!

La première année où j’ai planté des tomates (TROP!), je récoltais deux saladiers pleins… par jour! Plus personne ne voulait avoir de mes tomates ?

La deuxième année du jardin

Ça a perdu l’attrait de la nouveauté, mais les résultats de l’année précédente étaient si exceptionnels qu’on plante nos légumes, comme l’année précédente, on y ajoute de nouvelles variétés, et on laisse pousser. 

On y va… deux fois par semaine… 

On arrose… quand on y pense…

Après tout, l’année dernière était si productive, que même si on n’a que la moitié, ce sera suffisant!

Et puis voilà l’horreur. Rien ne semble bien aller. Les plants sont petits et fragiles, infestés d’insectes, les mauvaises herbes envahissent, et la moitié des graines n’ont même pas germé!

Mais que s’est-il passé?

C’est très simple: la nature a fait son travail et elle doit trouver son équilibre dans votre jardin.

1.     La composition du sol ?

Il n’est pas naturel de faire pousser autant de plantes gourmandes dans un périmètre si rapproché. 

Pensez à ces belles tomates: elles ne sont pas apparues par magie! Chaque cellule de cette tomate est constituée d’éléments tirés du sol… et ça en a déjà pris une grande quantité l’année d’avant! La terre riche et neuve que vous aviez achetée est maintenant vidée de ses éléments nutritifs; il faut l’engraisser pour qu’elle puisse à nouveau offrir ces nutriments à vos plants. 

Fumier, compost, feuilles mortes déchiquetées: lequel on met? 

Pourquoi pas… un peu de tout? 

Une terre n’est jamais trop enrichie! Personnellement, je n’ai pas remis de terre dans mes boîtes de jardin depuis des années. À la place, je mets une bonne quantité de purin de cheval, un peu de purin de poule, le compost distribué par la ville, ainsi que mon compost personnel de l’année, qui est encore en morceaux (donc plus jeune) et qui finira de se décomposer directement dans le jardin. 

J’ai transformé deux vieilles poubelles en bacs à compost que je vide chaque année tôt au printemps directement dans mon jardin. J’en ai deux, car à l’automne j’aime bien mettre de côté le bac plein pour le laisser se décomposer avant d’aller au jardin. Je commence à remplir le 2e bac durant l’hiver et il aura à son tour l’hiver suivant de pause avant d’être ajouté au jardin au printemps.

Pourquoi ça? Ce n’est pas une recette miracle, c’est tout simplement ce que j’ai sous la main! 

Prenez ce que vous avez et remplissez-moi cette terre de plein de bonnes choses!

2.     La vie dans le sol ?

Avez-vous vu passer l’excellent blogue de Julie Boudreau sur la vie dans le sol dernièrement? Il est juste ici: Le sol, toujours le sol! et je vous le conseille fortement pour comprendre votre sol.

Les vers, les insectes, les champignons, les bactéries, les araignées et des centaines d’autres organismes vivants sont essentiels à la bonne qualité du sol. C’est grâce à eux s’il est aéré, s’il est recyclé, s’il se draine bien, s’il vit finalement! 

La terre neuve ne contient pas toute cette vie, mais elle est déjà parfaite! 

L’année suivante, elle l’est beaucoup moins; le sol a été compacté par les racines de l’année précédente, il ne retient plus l’eau suffisamment pour que les nouvelles plantes puissent bien s’abreuver, et il n’y a personne pour le faire bouger. 

Que faire? Ma réponse est un peu ennuyante, mais… rien? Il faut laisser le temps à la nature de créer son équilibre dans ce nouvel environnement qu’est votre jardin, et ça peut prendre deux ou trois années. Laissez s’installer les insectes et apprenez à les reconnaître; plusieurs sont très utiles et vous serez heureux de voir leur nombre croître durant la saison.

3. Les indésirables ?

3.1 Les mauvaises herbes étaient si rares la première année! Que s’est-il passé?

Les plantes sauvages tout autour du jardin ont fait des graines l’année dernière et celles-ci ont été transportées par le vent ou les animaux dans un beau carré de terre nue, sans pelouse qui recouvre ce sol. Une chance inouïe de s’installer facilement!

Cette année, j’ai agrandi mon jardin… et j’ai manqué de temps pour m’en occuper! Regardez cette belle boîte pleine de vie: j’y avais planté de l’ail. J’ai eu une très belle récolte, mais sans paillis, sans désherbage, regardez ce que ma boîte est devenue en deux mois. (J’accepte les bénévoles pour venir la désherber, en passant!)

Solution: je vous invite à pailler votre jardin. Larry a fait plusieurs billets vantant les mérites du paillage et honnêtement, désherber un peu, c’est bien, mais rien ne sert de devenir trop acharné à la tâche: il y aura toujours un pissenlit pour envoyer ses graines là où on n’en veut pas!

Mes panais ont quelques voisins… Et je vis bien avec ça.

3.2  Des taches, des feuilles jaunes, des plants qui meurent… et ces bestioles qui gigotent partout! ?

Eh oui, vos radis, si beaux la première année, ont été trouvés par des altises. Ils n’ont pas vraiment fait de dommage sur le coup, mais la deuxième année, pas un seul radis! Tout a été tué dans l’œuf par de mystérieuses larves… Les altises ont pondu la première année et maintenant, leurs œufs qui ont passé l’hiver dans votre jardin sont éclos, et des bébés altises ont mangé tous vos radis (navets et choux compris) dès la germination de vos graines ?!

Oups! Ça, c’était mon histoire! ?

Plusieurs insectes ayant trouvé cette nouvelle source de nourriture y reviendront, ou y laisseront leurs œufs. C’est la nature! Si vous trouviez une épicerie gratuite avec de plus beaux légumes qu’ailleurs, vous y retourneriez aussi!

La solution n’est pas simple encore une fois: tant que l’équilibre ne sera pas installé, vous risquez d’avoir des surprises! Essayez la rotation des cultures, espérez que les prédateurs s’installent rapidement, et renseignez-vous sur votre insecte. Certains doivent s’enlever manuellement, d’autres sont repoussés par certaines plantes aromatiques. La couverture flottante peut aider et parfois, inévitablement, on pense aux pesticides. Mais voulez-vous vraiment risquer de tuer les prédateurs qui commencent tout juste à s’installer? 

J’ai trouvé des excréments dans mes maïs et je croyais que tout était perdu. Je ne m’en suis pas occupée et, quelques semaines plus tard, ils sont magnifiques et en fleurs! Voyez-vous mon allié dans cette photo? Eh oui, les coccinelles sont de grandes prédatrices d’insectes.

4.     Les semences ?

Les graines ne sont pas éternelles et il est normal qu’elles germent de moins en moins bien si vous les gardez d’année en année. Jetez donc un œil à cet article pour en savoir plus.

Également, il faut bien s’informer. Si vous faites pousser de nouveaux végétaux cette année, assurez-vous de faire vos recherches! Les aubergines, les topinambours, les melons, les cerises de terre… Ces légumes moins connus que carotte, concombre et radis peuvent avoir des besoins différents des variétés que vous aviez l’année précédente. 

Méfiez-vous: ce n’est pas parce que c’est dans la famille des courges que votre cantaloup a les mêmes besoins que votre courgette!

5.     Les maladies ?

En tant que jardinière paresseuse… Je ne lave pas tous mes pots et outils comme je le devrais. Je suis cependant vigilante: si j’ai eu un plant malade, je ne réutiliserai pas son pot l’année suivante. Si mes outils de jardinage ont été en contact avec une maladie, je les lave bien avec du savon, je les mets en quarantaine 14 jours, je m’assure d’éviter les contacts rapprochés, ils mettent un masque, toussent dans leur coude, et… 

Mais non, je blague! Mais vous avez compris l’idée: ne contaminez pas votre matériel de jardinage en cas de maladie.

Conclusion à ce long article: persévérance, constance, patience… et recherches! ?

Le jardinage évolue chaque année. Il faut garder en tête qu’il faut s’adapter à plusieurs facteurs et que ce n’est pas parce que vous n’avez jamais eu de limaces que vous n’en aurez jamais. La météo, les émergences cycliques d’insectes, les changements climatiques, les variétés que vous ajoutez… TOUT modifie ce bel organisme vivant qu’est votre jardin.

Avez-vous des animaux? Je vous présente mon aide-jardinier: Sayanel. Il RAFFOLE des tomates! Il a fallu lui apprendre à éviter de se mettre les pattes dans les plantes, mais il mange les gros criquets: une donnée de l’équilibre de mon jardin comme une autre!

Conseils en vrac

Avec les bons outils, les bonnes sources d’information et de la patience, vous aurez de belles récoltes pour les années suivantes!
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