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Fabriquer un récupérateur d’eau de pluie, une pratique «éconologique»

On oublie trop souvent que l’eau qui sort du robinet est une eau potable. Pour ce faire, elle a dû être traitée et transportée sur de grandes distances avec toutes les conséquences écologiques et économiques que cela comporte. Pourtant l’eau de pluie est une manne qui tombe du ciel. Lorsqu’un récupérateur est utilisé pour la stocker, l’eau de pluie devient très utile pour arroser le jardin, humidifier le compost, laver le patio ou même l’auto.

L’eau qui sort du robinet est une eau potable.

Les Québécois sont parmi les champions utilisateurs d’eau potable. Un titre peu honorable si l’on considère que nous consommons 250 litres d’eau par personne par jour au niveau domestique, soit le double de la moyenne mondiale. Et que dire du fait que le quart des habitants de la terre n’a pas accès à l’eau potable. De bonnes raisons pour repenser notre usage de l’eau.

Pour tous les jardiniers qui ont accès à un terrain, la récupération de l’eau de pluie est avec le compostage domestique une des pratiques les plus «éconologiques» (un néologisme de mon cru qui signifie écologique et économique) qui soit.

Les saisons de jardinage se suivent, mais ne se ressemblent pas. Si au moment d’écrire ces lignes, les besoins d’arrosage sont réduits à cause des épisodes de pluie qui se succèdent, c’est loin d’être le cas habituellement. Même que dans l’avenir, ça sera encore plus pertinent de récupérer l’eau de pluie.

Acheter un récupérateur d’eau de pluie ou le fabriquer?

Vous serez peut-être tenté d’acheter un récupérateur d’eau de pluie vendu en quincaillerie ou en jardinerie. S’il s’agit d’un moindre mal, ce n’est pas le meilleur choix pour l’environnement. D’une part, ces récupérateurs plus ou moins sophistiqués et de forme parfois insolite (j’ai déjà vu un récupérateur en forme de cèdre) sont parfois de qualité discutable. J’ai souvent remarqué que le petit robinet en plastique était beaucoup trop fragile. Mais le hic vient surtout du fait que du «nouveau» plastique a dû être utilisé pour produire ce récupérateur.

Si vous avez la possibilité de mettre la main sur un récupérateur fabriqué de façon artisanale à partir d’un baril récupéré, il s’agit d’un bon choix. On peut trouver ce genre de récupérateur d’eau de pluie auprès de certains organismes du milieu[1].

Un récupérateur d’eau de pluie fabriqué à partir d’un baril récupéré est idéal.

Mais, vous pourrez fabriquer assez facilement votre récupérateur d’eau en suivant les directives suivantes. Pour l’avoir vécu, le principal défi sera de trouver les différentes pièces utiles.

Pour qu’un récupérateur d’eau de pluie soit à la fois «éconologique», pratique et utile pour de nombreuses années, il devrait comporter les caractéristiques suivantes:

  • avoir été fabriqué à partir d’un baril récupéré qui a servi à transporter des aliments;
  • être muni d’un couvercle solide que l’on peut ouvrir facilement pour nettoyer l’intérieur. De plus, l’ouverture du couvercle doit être dotée d’une moustiquaire pour éviter l’intrusion des moustiques;
  • être muni d’un robinet en laiton, d’un trop-plein et d’une rallonge.

Le matériel nécessaire

Le matériel nécessaire pour fabriquer un récupérateur d’eau de pluie.
  • Un baril de plastique robuste de grade alimentaire ayant servi à transporter des aliments tels que des olives ou des marinades. Optez pour un baril d’une capacité de 200 à 250 litres muni d’un couvercle dévissable. Ces barils sont disponibles auprès de certaines entreprises spécialisées dans la récupération[2].
  • Un robinet de laiton de 12 ou 20 mm muni d’un collet et fileté à la sortie pour recevoir un tuyau d’arrosage.
  • Un coude en ABS ayant un diamètre de 31 ou 38 mm fileté (mâle) à une des extrémités. Après plusieurs recherches, j’ai trouvé cette pièce chez un marchand spécialisé en matériel de piscine.
  • Un carré de moustiquaire ayant approximativement 20 cm X 20 cm.
  • Un grillage métallique (1/4 ou 1/2 pouce) ayant approximativement 20 cm X 20 cm.
  • Du ruban téflon et des rondelles d’étanchéité.
  • Une rallonge pour le trop-plein (un tuyau de drainage pour machine à laver ou une chambre à air de bicyclette feront l’affaire).
Opter pour un baril doté d’un couvercle large et dévissable.
Différents barils sont disponibles auprès d’entreprises spécialisées dans la récupération.

Les outils nécessaires

Les outils nécessaires pour fabriquer un récupérateur d’eau de pluie.
  • Une scie sauteuse ou une petite scie à découper manuelle.
  • Une perceuse et des mèches diverses (ordinaires, à trois pointes ou des mèches emporte-pièce).
  • Un couteau utilitaire.
  • Un ciseau à métal.
  • Une agrafeuse.
  • Un crayon marqueur.
  • Un gallon à mesurer.
  • Un marteau.

La procédure

Étape 1 – Poser le robinet

Marquez l’emplacement du robinet à environ 15 à 20 cm de la base du baril. Il doit être assez bas pour recueillir le maximum d’eau, mais assez haut pour éviter de laisser passer les sédiments qui se déposeront au fond du baril. Évitez la partie courbe du baril.

Percez l’emplacement à l’aide de la mèche appropriée. Placez une ou deux rondelles d’étanchéité contre le collet du robinet, puis insérez le robinet dans le trou. Pour la suite des choses, vous devrez avoir de très grands bras ou ne pas souffrir de claustrophobie, car il vous sera utile de travailler à l’intérieur du baril afin de placer une ou deux rondelles d’étanchéité, pour finalement visser l’écrou fermement.

La pose du robinet.

Étape 2 – Poser le trop-plein

Pour marquer l’emplacement du trop-plein, placez le baril muni de son robinet face à vous. Faites pivoter votre baril selon un angle de 45 degrés vers la droite ou vers la gauche selon l’endroit où le trop-plein sera approprié. Tracez une ligne verticale. Puis, à partir du haut du baril, tracez une ligne horizontale le plus haut possible tout en évitant la partie trop courbe. L’emplacement se retrouvera à la rencontre des deux lignes. Percez le trou avec la mèche appropriée puis vissez la partie filetée du coude dans le trou. Si l’ensemble ne semble pas assez étanche, posez un joint de silicone.

La pose du trop-plein

Étape 3 – Modifier le couvercle

Tracez l’emplacement de l’ouverture centrale du couvercle à l’aide d’une soucoupe ayant un diamètre de 12 à 15 cm. Entaillez l’ouverture.

Taillez le carré de moustiquaire et celui du grillage de la bonne dimension. Ils doivent recouvrir l’ouverture adéquatement. Placez le carré de moustiquaire puis le carré de grillage à l’endos du couvercle et fixez le tout à l’aide d’une agrafeuse. Retournez le couvercle, puis repliez les extrémités des broches à l’aide d’un marteau.

La modification du couvercle

Installer le récupérateur d’eau de pluie

Ça y est, votre récupérateur est prêt. C’est le moment de l’installer pour qu’il soit fonctionnel et sécuritaire.

  • Aménagez un socle de façon qu’il soit possible de glisser un arrosoir sous le robinet. Le socle pourra être en bois ou en béton, mais dans les deux cas, il devra être très solide; un récupérateur plein d’eau, c’est très lourd. En fait, 200 litres d’eau équivalent à 200 kg.
  • Enlevez le coude de la descente de gouttière.
  • Installez le récupérateur sur le socle.
  • Coupez la descente de gouttière de la longueur appropriée puis replacez le coude de la descente de gouttière de façon à diriger l’eau au centre du couvercle.
  • Installez la rallonge du trop-plein et dirigez la sortie dans le gazon le plus loin possible de la maison.
La descente de gouttière doit être coupée de la bonne longueur.
Comme rallonge du trop-plein, vous pourrez utiliser une chambre à air de bicyclette.
Le socle doit être très solide et assez haut pour qu’il soit possible de glisser l’arrosoir sous le robinet.

Ça y est, votre récupérateur d’eau est prêt. Il ne vous reste qu’à attendre la prochaine pluie.

Hiverner le récupérateur

À l’approche de l’automne, il faudra hiverner votre récupérateur. Voici comment procéder:

  • Videz et nettoyez l’intérieur du récupérateur à l’aide d’une brosse munie d’un long manche.
  • Rangez le récupérateur à l’envers dans un endroit protégé.
  • Réinstallez la descente de la gouttière.
À l’automne, le récupérateur d’eau de pluie doit être nettoyé et rangé à l’abri.

Voilà, j’espère que vous apprécierez ce projet «éconologique». Et peut-être que dans peu de temps, vous profiterez de deux ou même de trois récupérateurs d’eau de pluie tout comme je le fais. D’ailleurs, j’ai pris l’habitude de camoufler celui de façade avec des végétaux… qui ne risquent pas de manquer d’eau.

Un récupérateur d’eau bien camouflé.

Ce texte est tiré en partie de mon livre Guide de l’eau au jardin publié en 2011 avec la collaboration d’Édith Smeesters.

Guide de l’eau au jardin publié aux Éditions MultiMondes.

1. Dans la région de Québec, on peut se procurer ce type de récupérateur à un coût très abordable à la boutique Vélo Vert de Beauport. De surcroît, vous encouragerez cet organisme voué à l’intégration à l’emploi de personnes vivant des difficultés.

2. Des barils récupérés de toutes sortes sont en vente chez Mercier CP autoroute 40, une entreprise située à 25 km à l’est de Trois-Rivières le long de l’autoroute 40, sortie 220.

Toutes les photos sont de Lili Michaud


  1. Merci pour ces informations bien détaillées. Cependant, pourquoi le rentrer en hiver alors que c’est le moment il va pleuvoir et où l’on pourra faire des stocks. J’ai 8 grandes poubelles de 80 litres avec couvercles dans lesquelles je transvide l’eau quand le récupérateur est plein.

    • J’imagine que vous n’habitez pas au Québec. Ici durant l’hiver, il fait très froid durant l’hiver. En laissant en place un récupérateur d’eau de pluie, le gel et le dégel de l’eau accumulée risque de porter préjudice non seulement au récupérateur d’eau mais également à la maison. Je ne conseille pas de laisser un récupérateur à découvert. Cela devient un site de ponte pour les moustiques. De plus, un petit animal et même un jeune enfant pourrait s’y noyer.

  2. Comment garder l eau afin que elle ne prenne pas d algues er sente mauvais ?

    • C’est simple, il s’agit d’utiliser l’eau accumulée régulièrement. Lorsque mes récupérateurs sont plein, qu’on annonce de la pluie et que je n’ai pas besoin d’eau pour mes jardins, j’en profite pour arroser le compost. Si l’eau ne stagne pas sur de longues périodes, vous n’aurez pas de problèmes.

  3. Bonjour
    Vu la fragilité des robinets je remplis mon arrosoir de 8 litres (taille adaptée à mon récupérateur) directement dans la cuve, c’est bien plus rapide et ensuite je referme le couvercle. Nous avons plusieurs bidons à côté de notre récupérateur et nous transvasons l’eau du récupérerateur dans ces bidons (gratuits et recyclés) lors des fortes pluies.
    Avec un petit seau cela n’est pas très fatiguant et c’est vite fait.

    • C’est une bonne pratique, surtout si vous refermez le couvercle. Attention à ce que les bidons soient fermés afin de ne pas offrir un site de ponte aux moustiques.

  4. J’imagine que vous n’habitez pas au Québec. Ici durant l’hiver, il fait très froid durant l’hiver. En laissant en place un récupérateur d’eau de pluie, le gel et le dégel de l’eau accumulée risque de porter préjudice non seulement au récupérateur d’eau mais également à la maison. Je ne conseille pas de laisser un récupérateur à découvert. Cela devient un site de ponte pour les moustiques. De plus, un petit animal et même un jeune enfant pourrait s’y noyer.

  5. Bonjour, j’ai trouvé sur marketplace pour 30$. Il est très efficace. Selon les exemples que vous avez proposé

    • Possible mais négligeable dans les faits et sur les conséquences négatives sur les cultures, surtout si l’eau de pluie est distribuer sous la terre comme le permet un système d’arrosage de type Logissol-O.

  6. Excellent article qui permet de sauver notre eau traitée.
    J’ai par-contre des réserves sur l’utilisation que vous suggérez. Une eau qui a coulé sur les bardeaux d’asphalte du toit risque d’être contaminée, je ne l’utiliserais pas pour le jardin ou le compost. Pour la pelouse et les plates-bandes de fleurs, pas de problème.

  7. Bonjour Lili, plusieurs barils peuvent aussi être connectés ensembles. Il suffit que le tuyau de trop plein entre au sommet, légèrement plus bas dans un second baril qui se remplira avec le trop plein du premier, et ainsi de suite.
    Un boyau d´arrosage peut être fixé au bas du dernier baril au lieu d´un arrosoir.
    Je n´utiliserai pas pour le potager l´eau provenant d´un toit à tuiles de bardeaux afin de ne pas intégrer les granules de goudrons .

    Ceux ayant un drain français n´ont qu´à ajouter un tuyau pour le remplissage du baril à celui du drain français la dirigeant vers un puits perdu. Connectez votre tuyau de trop plein à celui du drain allant dans le sol. Ainsi vous continuerez à alimenter votre sol en eau, surtout s´il est argileux.
    Pour ceux utilisant un puits artésien pour leur eau potable vont ménager leur pompe de puits, prolonger sa durée de vie, sauver en électricité et ne pas épuiser la nappe phréatique. De plus l´eau provenant du drain français est propre, partiellement filtrée par le sol.
    Pour l´hiver, retirez le tuyau du drain français remplissant votre baril et reconnecter le à celui dans le sol. Le recouvrir d´un isolant si nécessaire pour éviter le gel.

    • Merci à Daniel,
      Je vais essayer de récupérer l’eau provenant du drain français. Je la regarde souvent avec convoitise cette belle eau propre, quand elle s’éloigne de la maison…

  8. bonjour
    j ai recupere une ancienne cuve a fioul,1500l,que j ai nettoyé, aucune trace d irisation sur la surface de l eau me confirme qu elle n est pas polluée, cela dit le probleme etait de poser un robinet a la base,
    eh bien il existe une solution,, il faut faire un trou au bon diametre et introduire un « passe paroi » qui est muni d un joint caoutchouc qui se gonfle en resserrant l ecrou
    je l ai trouve sur le site de « multicuves.com »