Ça rampe dans mon ail, et c’est tant mieux!
Il y a quelque temps, j’étais en train de récolter ma fleur d’ail – vous savez, ce petit moment de bonheur où on essaie d’avoir la tige de fleur la plus longue? – quand j’ai remarqué un mouvement fluide au pied de mes plants. En regardant mon écran de téléphone (parce que bien sûr, j’étais en train de filmer ma récolte pour vous la partager), j’ai vu une petite couleuvre se promener entre mes tiges.

J’ai eu deux types de réactions quand j’ai partagé ça: les «JE SERAIS MORTE SUR PLACE, j’ai tellement peur des serpents!» et les «WAOUW quelle belle rencontre, quel animal utile au jardin!» Ça m’a fait réaliser qu’il y avait vraiment de l’intérêt pour ces animaux qui ne laissent personne indifférent, alors j’ai décidé de vous en parler!
Une peur qui remonte à Mathusalem (ou presque)
Avant de vous présenter nos couleuvres québécoises, parlons un peu de cette fameuse peur des serpents. Parce que, soyons honnêtes, même si vous faites partie de ceux qui trouvent ça «cool», vous avez probablement ce petit sursaut instinctif en voyant une couleuvre surgir entre deux bégonias, non?
L’ophiophobie – la peur des serpents – touche près d’une personne sur trois. C’est la phobie animale la plus répandue au monde, devant même les araignées. C’est une peur qui est ancrée dans notre cerveau et dans la culture depuis… eh bien avant même que l’espèce humaine soit. Nos ancêtres animaux aussi ont une crainte des serpents, car ceux-ci peuvent, dans certains coins du monde, représenter une menace mortelle.
(Une anecdote qui prouve bien mon point)
Je m’éloigne un peu du jardinage ici, mais j’adore cette histoire…
Mon patron de l’époque où j’étais encore une jeune adulte avait comme animal domestique un kinkajou (un animal de la famille des ratons laveurs, mais qui ressemble beaucoup à un singe avec sa queue préhensile).
(J’ai essayé de vous trouver une photo d’archive, mais les téléphones d’il y a 15 ans ne faisaient pas des photos très claires!)
Je sais, c’est mignon tout plein, mais dites-vous bien que ce n’est pas un animal à avoir chez vous, je travaillais dans un refuge pour animaux exotiques!
Sami, donc, était en liberté dans la maison et avait un penchant… disons prononcé pour les mauvais coups. C’est normal, c’est un animal très curieux! Cette semaine-là, ses fouilles le conduisaient irrémédiablement vers l’intriguant tiroir à épices. Pour l’en décourager, on avait mis une grosse peau de python réticulé dans le tiroir. (Bon, c’étaient des pièces particulières liées à mon emploi de l’époque, ne me demandez pas pourquoi on avait ça!)
Eh bien, dès que Sami a ouvert le tiroir et vu le motif d’écailles du python, il a eu tellement peur qu’il est parti se cacher dans le salon et n’a plus JAMAIS rouvert ce tiroir! Ce petit animal élevé en captivité n’avait pourtant jamais vu de serpent de sa vie. Le motif des écailles a déclenché une réaction de peur et de fuite chez lui, probablement sans qu’il ait conscience de ce que c’était qu’un serpent. C’est dire comment cette crainte est profonde et innée!

La peur des serpents serait-elle codée dans notre ADN? Encore aujourd’hui, les scientifiques font des recherches sur le sujet. L’hypothèse est que parmi nos ancêtres ayant été confrontés à des serpents dangereux, ceux qui en avaient peur survivaient plus longtemps que les autres. Ce trait aurait pu être génétique et aurait été transmis aux générations suivantes.
Mais voilà, une recherche plus récente (2023) remet cette théorie en question. Des études ont montré que les macaques ne repèrent pas plus vite les serpents que d’autres prédateurs. Mais entre repérer et ressentir la peur, il y a un monde… Alors, peur innée ou peur apprise? Le débat continue chez les scientifiques (c’est leur passe-temps préféré de se chamailler!).
Ce qui est certain, c’est que cette réaction de sursaut reste normale. Mais au Québec, permettez-moi de vous rassurer tout de suite: nous n’avons que des petites couleuvres complètement inoffensives.
Portrait de famille: nos couleuvres québécoises
Au Québec, on a entre 8 et 9 espèces de serpents selon qui fait le décompte. Toutes portent le nom de «couleuvre» et aucune n’est venimeuse. Je répète: AUCUNE. Nos couleuvres sont des petites bêtes qui ne dépassent généralement pas un mètre, avec des dents si petites que même si elles vous mordent (ce qui est rare), c’est plus insultant qu’autre chose!
Couleuvre à ventre rouge
La couleuvre à ventre rouge (Storeria occipitomaculata) que j’ai rencontrée dans mon ail est l’une des plus communes dans les jardins puisqu’elle aime les milieux ouverts et les champs. Elle mesure 40 cm maximum, a un dos brun-gris avec des rayures discrètes et, comme son nom l’indique, un ventre orange à rouge vif. Comment la reconnaître? Elle est vraiment fine (la taille d’un crayon), avec souvent en motif plus ou moins subtil sur le cou trois taches qui s’étendent parfois jusqu’à former un collier. Cette petite discrète se nourrit de limaces et d’escargots – donc clairement, elle fait du ménage dans mon jardin.

Couleuvre à collier
Si vous habitez en altitude dans un milieu forestier, vous pourriez rencontrer une de mes préférées: la couleuvre à collier (Diadophis punctatus). Elle est d’un gris-noir foncé presque bleuté, mais a une bande colorée autour du cou qui est loin d’être discrète. Jaune, orange ou rouge, ce collier est de la même couleur que son ventre. Elle est également fine et ne dépasse pas les 40 cm. Elle est plus rare, mais magnifique!
Couleuvre rayée
La couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis), elle, c’est la grande sœur. Elle peut atteindre un mètre de long et elle a trois jolies rayures jaunes, oranges ou rouges qui courent sur son dos noir. Impossible de la manquer avec ses couleurs vives! C’est elle que vous avez le plus de chances de croiser en vous promenant en forêt. Comme elle est assez imposante et qu’elle fuit très rapidement en faisant de grands mouvements en S quand on la dérange, elle fait souvent sursauter le randonneur distrait en passant près de ses pieds!
Couleuvre d’eau
Il y a aussi la couleuvre d’eau (Nerodia sipedon), qui est notre plus grosse espèce et qui, comme son nom l’indique, aime bien nager. Elle a des bandes noires larges sur le corps et peut faire peur par sa taille, mais si vous voyez un serpent dans l’eau pendant que vous pagayez, pas de panique, ce n’est pas un anaconda! C’est juste madame la couleuvre d’eau qui fait ses affaires.
Toutes ces espèces sont malheureusement en déclin. Six de nos huit espèces sont susceptibles d’être désignées comme menacées ou vulnérables. Alors si vous en voyez une, ou mieux, si l’une d’elles élit domicile dans votre jardin, considérez-vous chanceux!
Nos petites couleuvres, amies du jardinier paresseux
Maintenant, parlons du côté pratique: pourquoi devriez-vous être content d’avoir une couleuvre dans votre jardin? Parce que c’est une exterminatrice discrète et généraliste.
Nos couleuvres mangent tout ce qui peut embêter votre jardin: limaces, escargots, vers blancs, campagnols (les fameux mulots qui grignotent vos racines), souris, sauterelles, criquets, etc. Elles peuvent consommer une quantité impressionnante de ces petites nuisances par jour.
Elles ont développé tout un arsenal pour chasser. Leur langue fourchue, qu’elles sortent constamment, ce n’est pas pour vous narguer: c’est leur odorat. Elles «goûtent» l’air pour détecter leurs proies. Elles peuvent désarticuler leur mâchoire pour avaler des proies plus grosses que leur tête (genre un mulot, pas un cerf!), et elles avalent tout rond.

Aussi, c’est important de mentionner que ce sont des animaux très craintifs. Si vous en voyez une, il y a de bonnes chances qu’elle vous ait déjà repéré et qu’elle se dirige vers la cachette la plus proche à toute vitesse. Elles ne sont pas du tout agressives et préfèrent toujours la fuite.
Quand a-t-on le plus de chances de les croiser?
Ce n’est pas un hasard si j’ai croisé ma couleuvre en juin. Le printemps et le début de l’été, c’est la saison des rencontres. Après leur long sommeil hivernal, nos couleuvres sortent d’hibernation affamées et ont besoin de se réchauffer au soleil, de se nourrir, et même de trouver un partenaire de reproduction. Elles font leur petite vie tranquille durant l’été jusqu’en septembre, et quand les températures refroidissent, elles commencent à se trouver un endroit où hiberner. L’hiver, elles dorment profondément sous terre, alors aucun risque de surprise hivernale dans votre remise!
Les moments les plus propices: les matinées chaudes après une rosée, quand elles sortent se chauffer sur les pierres, ou les fins d’après-midi. Le chaud soleil de l’après-midi ne leur plaît pas trop et elles restent souvent cachées à l’ombre pour cette période.
Comment cohabiter avec nos voisines à écailles
Si l’idée d’avoir une couleuvre dans votre jardin vous fait encore un peu frémir, je vous comprends. Mais sachez qu’il est tout à fait possible de cohabiter en harmonie!
D’abord, ne paniquez pas. Si vous en croisez une, arrêtez-vous, regardez-la (elle est probablement magnifique!), et laissez-lui le temps de s’en aller. Neuf fois sur dix, elle va disparaître avant que vous ayez eu le temps de dire «couleuvre». Elles préfèrent mille fois fuir que de vous affronter.
Si vous voulez les encourager à rester, créez-leur des habitats: un petit tas de pierres au fond du jardin, quelques planches ou rondins où elles peuvent se cacher et, surtout, laissez une partie de votre terrain un peu sauvage, avec des herbes plus hautes. Elles aiment les friches et les abords de forêts: un gazon tondu à ras partout, c’est joli, mais ça n’offre aucune cachette (ni nourriture) à nos amies.
Si au contraire, vous préférez qu’elles restent à distance, éliminez leurs sources de nourriture: contrôlez les populations de limaces et de rongeurs et gardez votre terrain bien dégagé.
SOS: J’ai une couleuvre dans ma maison/garage/remise!
Bon, là ça devient moins romantique, je vous l’accorde! Gardez votre calme (plus facile à dire qu’à faire, je sais!). Elle cherche juste une sortie.
La méthode douce:
- Mettez des gants de jardinage si ça vous rassure
- Approchez-vous LENTEMENT – si vous bougez vite, elle bougera vite!
- Prenez-la délicatement derrière la tête et soutenez son corps. Leur colonne vertébrale est très fragile, alors on y va en douceur
- Portez-la dehors et relâchez-la dans un endroit tranquille.
Si vous n’êtes vraiment pas à l’aise:
- Utilisez une pelle ou un balai pour la faire glisser délicatement dans un bac ou une boîte
- Couvrez avec un linge et sortez le tout dehors
- Libérez-la à bonne distance de la maison
Qui appeler en dernier recours: Un exterminateur peut venir la capturer et la relâcher ailleurs. Pas besoin de la tuer!
Quelques mythes à déconstruire
Tant qu’à parler de couleuvres, démontons quelques idées reçues:
NON, elles ne «piquent» pas. Elles n’ont pas de dard et la langue n’est vraiment qu’une langue, même si elle est fourchue. Elles peuvent mordre si elles se sentent acculées, mais c’est un réflexe de défense, pas une agression. Et leurs petites dents ne peuvent pas faire grand mal: elles sont plus fines que des aiguilles et parfois ça ne saigne même pas tant c’est petit!

NON, quand elles sortent leur langue, ce n’est pas parce qu’elles ont peur ou qu’elles vous menacent. Leur langue, c’est leur nez! Elles la sortent constamment pour «goûter» l’air et détecter les odeurs de leurs proies ou de leur environnement. C’est exactement comme quand votre chien renifle partout – c’est de la curiosité et de l’information, pas de l’agressivité.
NON, voir une couleuvre ne veut pas dire que vous en avez plein. Elles sont plutôt solitaires et territoriales.
NON, il n’existe pas de répulsifs efficaces. Les boules à mites, le soufre, l’urine de coyote… tout ça, c’est du marketing! La seule chose qui marche vraiment, c’est de modifier l’habitat.
NON, ce n’est pas visqueux. Vous l’imaginez ramper et se retrouver pleine de terre et de feuilles mortes collées partout? Sa peau est aussi sèche que la nôtre – et même plus, en fait! Ce qui lui donne cet aspect luisant, c’est simplement le fait que ses écailles sont très lisses. Touchez vos ongles: c’est EXACTEMENT la texture du serpent: lisse, doux, et sec.

Ma petite couleuvre dans l’ail
Pour revenir à ma rencontre dans le jardin d’ail, j’étais extrêmement contente de la voir! Ma couleuvre à ventre rouge était probablement en train de chasser les limaces et escargots attirés par l’humidité du sol autour de mes plants. Elle faisait son travail d’exterminatrice naturelle, et moi, je récoltais mes fleurs d’ail tranquillement.
Nos couleuvres québécoises sont de précieuses alliées au jardin. Elles sont inoffensives, discrètes, et elles travaillent pour nous 24h/24 à éliminer les vraies nuisances de nos jardins. Dans un monde où la biodiversité diminue, avoir une couleuvre dans son jardin, c’est un privilège et un signe que notre petit écosystème se porte bien.
Je comprends que tout le monde ne soit pas prêt à crier de joie en voyant une couleuvre. Cette peur, qu’elle soit innée ou apprise, elle est bien réelle pour beaucoup de gens. Mais j’espère vous avoir donné quelques raisons de voir ces petites bêtes d’un œil un peu plus bienveillant, et vous avoir appris à les laisser aller se cacher d’elle-même lorsque vous en croisez une qui vous déstabilise.
Au plaisir d’écouter vos histoires en commentaires!






Chez moi, une couleuvre qui courait après une grosse grenouille s’est glissé dans la piscine, (une piscine creusée) comme un serpent venimeux qui attaque en forme de S à la verticale. Je me demandais ce que la couleuvre voulais je n’avais pas vu la grenouille entrer dans l’eau et se réfugié à l’ombre de mon corps pour ne pas être vu. L’autre la couleuvre a perdu sa proie, elle est parti. Je n’avais pas peur mais ….ça surprend tout de même. Vraiment impressionnant une couleuvre qui chasse.
Super intéressant merci. Je n’ai pas peur des couleuvres; je m’en approche même pour les prendre en photo
Je le sais bien que toutes nos couleuvres sont inoffensives mais, c’est plus fort que moi. Les 3 ou 4 étés où une a adopté les pierres plates de notre entrée, j’ai bien essayé de l’observer avec « attendrissement », sans succès. Je sortais par le porte de côté de crainte de la croiser…
Votre chronique était bonne pareil!!!
Moi je fais ça avec les araignées, j’essaie de les observer pour finir par avoir moins peur d’elles mais ça ne fonctionne pas très bien… Je suis déjà sortie de mon auto par la porte passager pour éviter une araignée.
Joli.
Merci.
Biz Biz
ssssssssssssssssssssss
Merci.
Je vais « essayer » de faire lire à mes petits enfants.
Quelques années passées, nous avions un beau petit bassin artificiel dans la cour, autour duquel quelques jolies petites grenouilles avaient élu domicile et vivaient leur belle petite vie de grenouilles, tantôt plongeant dans le bassin pour leur petite nage matinale puis remontant se prélasser au soleil sur les roches et bouts de bois que nous avions aménagés pour elles. De toute beauté à observer! Mais un jour, quelle ne fut pas notre surprise de voir surgir une couleuvre qui lorgnait manifestement la petite grenouille que nous avions surnommée Gertrude. Mon conjoint a eu le réflexe de se lancer dans l’arène, d’attraper la couleuvre par le cou et de lui faire faire un vol plané qui la déposa (gentiment) dans la forêt avoisinante. Mais… quelques minutes plus tard, une autre couleuvre s’est pointé le bout du nez et a fait un bond tellement rapide que nous n’avons malheureusement rien pu faire pour l’empêcher d’engloutir tout rond notre belle petite Gertrude… 🙁 Je vous avoue que nous avons versé quelques larmes en assistant en direct à ce triste spectacle qui, je sais, fait pourtant partie du cycle naturel de la vie. Depuis ce jour, nous ne donnons plus de nom aux mignonnes petites créatures qui nous entourent. Ça fait un peu moins mal quand elles nous quittent soudainement … 😉
Araignée piqûres serpent fifiz une couloeuvre? Vous jouer les infirmières malpropres?valerie Audrey Fabienne Sylvie Diane un travail?
Diane, comme je vous comprends ! C’est difficile d’aimer la nature mais aussi d’accepter et respecter son fonctionnement…
J’en vois une ou deux dans ma serre (souvent). Merci de m’aider à me réconcilier avec leur présence.
Oh! Je trouve cet article très intéressant car je ne savais pas qu’il y avait autant de variétés de couleuvres. Je demeure dans le bois et vraiment j’ai hâte de rencontrer ma prochaine couleuvre pour la détailler. Je n’ai jamais eu peur des couleuvres au contraire, je capote de joie quand j’en vois une… Merci pour ces beaux renseignements!
Bel article très instructif et détaillé, Audrey!
C’est rare que le sujet des couleuvres est traité et pourtant elles sont si utiles dans l’environnement. Je suis certain que ton article va aider certaines personnes à mieux accepter ce chaînon essentiel à un écosystème en santé!
Il y a quelques années, en me promenant dans le jardin, je vois UN SERPENT !!!! (b’en non, une couleuvre que mon papa m’a dit…). Je ne l’ai pas dérangée. J’ai frôlé la crise d’apoplexie ! Je ne l’ai plus jamais revue. Elle a dû craindre pour ma santé mentale !!!! Sérieusement, avec les années j’ai pris un peu de maturité (à peine) et je la laisserait toujours tranquille mais je ne promet rien quand à ma santé mentale !!!!
Bonjour.
J’ai toujours eu une phobie et une peur des serpents, quels qu’ils soient ! ?
Il y a deux ans environ, j’ai eu un serpent qui s’est malencontreusement pris dans un filet à oiseaux à la base de la porte de la Grange !
Puis ensuite 2 , 3 , et jusqu’à 7 prisonnières de ce filet ! ?
Je me suis ensuite aperçu que c’était des couleuvres ! ?
Trop tard , je ne me sentais pas le courage de les libérer de ce piège. ?
Merci pour ce superbe article fort instructif, et rassurant 😉
Bonjour Audrey. J’enseignais au primaire, en 5e année. Nous avions un vivarium avec dedans une couleuvre qu’un élève avait attrapée. Les enfants capturaient des mouches qu’ils lui donnaient à manger. Un matin, j’arrive à l’école bien avant les enfants et, en ouvrant la porte de ma classe, j’entends un grand cri dans la classe voisine. Je me précipite et trouve ma collègue debout sur sa chaise. Notre couleuvre avait trouvé un petit interstice et s’était sauvée.
D’où la panique de ma collègue devant la petite bête qui ondulait sur le plancher! J’attrapai la couleuvre et la remis dans le vivarium en colmatant bien le petit trou par lequel elle était passée. Comme je suis bavard. tout le monde sut dans l’école ce qui s’était passé et ma collègue fut un peu taquinée! Quand les élèves eurent terminé leurs observations, la petite bête fut remise en liberté au bord du ruisseau qui coulait près de l’école.
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Je suis amie des couleuvres. Signe chinois: serpent. Réaction habituelle devant le danger : me cacher. J’ai deux anecdotes à leur sujet. La première se passe quand j’ai environ une douzaine d’années. Mon frère, qui passe ses journées dans les bois, rapporte une belle couleuvre à ventre rouge à la maison et ma mère lui trouve un vivarium, dans lequel André installe sa couleuvre. Comme il est parti à ses études toute sa semaine, c’est nous qui la soignons. J’aime beaucoup la faire glisser sur mes mains, entre mes doigts. Mais un jour, ça bouge beaucoup là-dedans : c’était une femelle, enceinte, elle a eu une dizaine de petites couleuvres toutes mignonnes. Je me rappelle avoir joué avec elles aussi, puis un jour mon frère les a relâchées dans la nature.
Deuxième anecdote : j’ai une maison et un foyer au bois, un couple de couleuvres rayées ont élu domicile dans ma corde de bois. Mais, je vais déménager bientôt, alors je vends la corde de bois. Je m’inquiète pour mes petites pensionnaires, car je ne les vois plus. Peu après, je fais un trajet de plus de deux heures en auto. À mi-chemin, nous arrêtons à une halte (sortie 55) et allons nous dégourdir les jambes. Mais en revenant à l’auto, ma petite-fille s’exclame : mamie ! Ta couleuvre est rendue ici !
J’essaie de l’attraper mais en vain, bien qu’encore étourdie par le voyage dans mon pneu d’auto, elle attaque et je recule, par surprise. Puis elle se dirige vers une autre auto et monte dans le pneu… Elle vient de déménager aussi ! La dame de l’auto s’en vient et je lui explique : madame, une belle couleuvre vient de monter dans votre pneu, s’il-vous-plaît, ne la tuez pas et trouvez-lui un endroit pour vivre, me promettez-vous ? Elle a promis.
Ce printemps, j’ai vu une belle couleuvre rayée sur mon terrain, où j’ai fait un aménagement avec beaucoup de pierres, un muret, des sentiers étagés…
Article intéressant et d’actualité pour moi; au chalet au nord du Lac-St-Jean cette semaine, j’ai vu à 2 reprises des genres de nids de couleuvres, où j’ai pu en compter 9 et 7. Je n’ai jamais vu autant de couleuvres de ma vie!
J’en ai aussi une cette année au jardin, ce que je n’avais jamais observé. Bien contente d’apprendre qu’elle m’aide à me débarrasser des limaces! Je suis toutefois toujours sur mes gardes pour ne pas faire le saut de la voir!