Plus de 150 espèces à semer en dormance
À l’automne, pendant que la plupart des jardiniers rangent leurs outils et ferment le jardin pour l’hiver, la nature, elle, continue son travail. Les fleurs fanées laissent tomber leurs graines, qui se déposent sur la terre avant le gel. Elles passent les longs mois froids sous la neige, en dormance, attendant patiemment le retour du printemps pour germer. C’est exactement le principe du semis en dormance: une façon simple et naturelle de semer à l’automne.
Qu’est-ce que le semis en dormance?
Le semis en dormance consiste à semer lorsque le sol est froid, mais pas encore gelé, ce qui empêche les graines de germer immédiatement. Elles «dorment» sous la neige, protégées des écarts de température. Dès le retour du printemps, elles se réveillent d’elles-mêmes, exactement au bon moment, quand la température et l’humidité sont favorables.
Avantages
Cette méthode présente plusieurs avantages. D’abord, elle fait gagner beaucoup de temps au printemps, puisque tout est déjà en place. Dès que la nature se réchauffe, la germination se déclenche sans effort.

Pour les semences qui nécessitent une période de vernalisation, le semis en dormance permet d’imiter le cycle naturel des plantes. Au lieu de stratifier les semences au réfrigérateur, on laisse l’hiver s’en charger. Les plantules issues d’un semis hivernal sont souvent plus robustes, mieux adaptées aux conditions variables et moins sujettes à la fonte des semis. Et puis, pas besoin d’éclairage artificiel, de plateaux de plastique ou de terreau. Tout se fait dehors, au rythme de la nature.
Comment faire?
La méthode, quant à elle, est toute simple. On prépare d’abord la parcelle à l’avance: désherbage, légère aération du sol, ajout d’un peu de compost au besoin. Au moment venu, on sème comme au printemps, à la volée ou en rang, puis on recouvre d’un fin lit de terre ou de compost. Une mince couche de feuilles déchiquetées ou de paille aide à protéger les semences des oiseaux et des variations de température. Au printemps, il suffira d’attendre que la nature fasse son œuvre. Les graines germeront d’elles-mêmes dès que les conditions seront réunies, et vous n’aurez qu’à éclaircir ou repiquer les jeunes plants au besoin.

La bonne semence au bon moment
La réussite repose surtout sur le bon moment. Il faut semer assez tard pour éviter que les graines ne germent avant l’hiver, mais avant que le sol ne soit complètement gelé. En général, on vise la fin octobre ou novembre, parfois début décembre dans le sud du Québec. Le sol doit être froid au toucher – autour de 4 °C ou moins – mais encore meuble. Si on sème trop tôt, un redoux pourrait faire germer les graines et le froid suivant les tuerait. Si on s’y prend trop tard, le sol durcit et il devient impossible de semer. Mieux vaut donc surveiller la météo et profiter de la courte fenêtre entre le dernier redoux et le vrai gel hivernal.
Toutes les plantes ne se prêtent pas au semis en dormance, mais plusieurs le tolèrent très bien, surtout celles dont les graines sont naturellement programmées pour passer l’hiver. C’est le cas de nombreuses annuelles, de plusieurs bisannuelles, d’une grande variété de vivaces rustiques et de plantes indigènes, ainsi que de certaines fines herbes et légumes de saison froide. Les semences de plantes sensibles à la chaleur, quant à elles, ne survivent pas à cette méthode: trop fragiles, elles risqueraient de pourrir avant le printemps ou n’ont pas le temps d’arriver à maturité avant ayant germé trop tard.


Voici quelques espèces d’annuelles, bisannuelles, vivaces, fines herbes et de plantes potagères à semer en dormance:
Annuelles
- Alysse odorante (Lobularia maritima)
- Arctotide (Arctotis × hybrida, syn. Venidium)
- Centaurée annuelle (Centaurea cyanus et autres)
- Clarkia élégant (Clarkia unguiculata, syn. C. elegans)
- Cléome (Cleome hasslerana et autres)
- Cloches d’Irlande (Moluccella laevis)
- Coquelicot (Papaver rhoeas et P. commutatum)
- Coréopsis annuel (Coreopsis tinctoria et autres)
- Cosmidium (Cosmidium burridgeanum)
- Cynoglosse (Cynoglossum amabile)
- Datura (Datura metel, D. stramonium et autres)
- Euphorbe panachée (Euphorbia marginata)
- Gaillarde annuelle (Gaillardia pulchella)
- Gypsophile des murailles (Gypsophila muralis)
- Gypsophile élégante (Gypsophila elegans)
- Hélénie annuelle (Helenium amarum)
- Hunnemannie (Hunnemannia fumariifolia)
- Immortelle ailée (Ammobium alatum)
- Lavatère annuelle (Lavatera trimestris)
- Lin annuel (Linum grandiflorum, L. usitatissimum et autres)
- Linaire (Linaria reticulata, L. maroccana, etc.)
- Malcolmia maritime ou Julienne de Mahon (Malcolmia maritima)
- Némophile (Nemophila spp.)
- Nicandre (Nicandra physaloides)
- Nielle des blés (Agrostemma githago et autres)
- Nigelle (Nigella damascena et autres)
- Pensée (Viola × wittrockiana)
- Phacélie (Phacelia campanularia, P. tanacetifolia et autres)
- Phlox annuel (Phlox drummondii)
- Pied d’alouette annuel (Consolida ambigua, C. regalis, syn. Delphinium)
- Pois de senteur (Lathyrus odoratus)
- Pourprier (Portulaca grandiflora)
- Renouée orientale (Persicaria orientalis, syn. Polygonum orientale)
- Rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta)
- Sauge hormin (Salvia viridis, syn. S. horminum)
- Scabieuse des jardins (Scabiosa atropurpurea)
- Souci (Calendula officinalis)
- Tournesol ou soleil (Helianthus annuus et autres)
- Verveine bonne à rien (Verbena bonariensis)

Bisannuelles
- Chardon écossais (Onopordum acanthium)
- Delphinium de Chine (Delphinium grandiflorum, syn. D. chinensis)
- Digitale pourpre (Digitalis purpurea)
- Molène (Verbascum bombyciferum, V. olympicum, etc.)
- Myosotis (Myosotis sylvatica et autres)
- Œillet de poète (Dianthus barbatus)
- Pâquerette (Bellis perennis)
- Pavot d’Islande (Papaver nudicaule)
- Sauge sclarée (Salvia sclarea)

Vivaces
- Achillée (Achillea spp.)
- Agastache (Agastache foeniculum et autres)
- Alchémille (Alchemilla mollis)
- Amsonie (Amsonia spp.)
- Ancolie (Aquilegia spp.)
- Anthémis des teinturiers (Anthemis tinctoria)
- Arabette (Arabis caucasica et autres)
- Aster (Aster spp., syn. Symphyotrichum, Eurybia et autres)
- Astilbe (Astilbe spp.)
- Astrance (Astrantia major et autres)
- Aubrétie (Aubrieta spp.)
- Aulnée (Inula spp.)
- Baptisia ou faux indigotier (Baptisia spp.)
- Barbe de bouc (Aruncus dioicus et autres)
- Benoîte (Geum spp.)
- Bergenia (Bergenia cordifolia et autres)
- Buglosse d’Italie (Anchusa azurea et autres)
- Campanule (Campanula spp.)
- Centaurée vivace (Centaurea montana, C. macrocephala et autres)
- Chardon bleu ou boule azurée (Echinops ritro et autres)
- Chrysanthème vivace (Chrysanthemum × grandiflorum, syn. Dendranthema × grandiflorum)
- Clématite (Clematis spp.)
- Coquelourde des jardins (Lychnis coronaria)
- Corbeille d’or (Aurinia saxatilis, syn. Alyssum saxatile)
- Coréopsis (Coreopsis grandiflora, C. lanceolata et autres)
- Corydale (Corydalis spp.)
- Croix de Malte (Lychnis chalcedonica, L. × arkwrightii)
- Cupidone (Catananche caerulea)
- Delphinium ou pied-d’alouette vivace (Delphinium × elatum, syn. D. × cultorum)
- Doronic (Doronicum spp.)
- Échinacée ou rudbeckie pourpre (Echinacea purpurea)
- Edelweiss (Leontopodium alpinum)
- Éphémérine (Tradescantia × andersoniana, T. ohioensis)
- Euphorbe vivace (Euphorbia myrsinites, E. polychroma, etc.)
- Fétuque bleue (Festuca ovina glauca et autres)
- Galane ou chélone (Chelone glabra et autres)
- Gazon d’Espagne (Armeria maritima et autres)
- Gentiane (Gentiana septemfida, G. acaulis et autres)
- Géranium vivace (Geranium spp.)
- Grande camomille ou chrysanthème matricaire (Tanacetum parthenium, syn. Matricaria parthenium, Chrysanthemum parthenium)
- Hélénie vivace (Helenium spp.)
- Hélianthe ou tournesol vivace (Helianthus divaricatus et autres)
- Héliopside (Heliopsis helianthoides)
- Hémérocalle (Hemerocallis spp.)
- Heuchère (Heuchera spp.)
- Hosta (Hosta spp.)
- Incarvillée ou gloxinia rustique (Incarvillea delavayi et autres)
- Iris (Iris spp.)
- Jasione vivace (Jasione laevis, syn. J. perennis)
- Joubarbe ou poule et ses poussins (Sempervivum spp.)
- Knautia (Knautia macedonica, K. arvensis, etc.)
- Lavatère vivace (Lavatera thuringiaca, L. cachemeriana, etc.)
- Liatride (Liatris spicata et autres)
- Lobélie vivace (Lobelia cardinalis, L. siphilitica et autres)
- Marguerite (Leucanthemum × superbum, syn. Chrysanthemum maximum)
- Nepeta ou herbe aux chats (Nepeta × faassenii et autres)
- Œillet mignardise (Dianthus plumarius et ses hybrides)
- Œillet de rocaille (Dianthus deltoides, D. gratianopolitanus et autres)
- Onagre (Oenothera spp.)
- Oreilles d’agneau (Stachys byzantina, syn. S. lanata)
- Panicaut (Eryngium alpinum, E. planum et autres)
- Pavot bleu (Meconopsis betonicifolia et autres)
- Pavot d’Orient (Papaver orientale, P. bracteatum et autres)
- Pavot tangerine (Papaver rupifragum)
- Petite pensée (Viola cornuta, V. tricolor et autres)
- Phlomis tubéreux (Phlomis tuberosa)
- Physostégie ou fleur charnière (Physostegia virginiana)
- Pigamon (Thalictrum spp.)
- Platycodon (Platycodon grandiflorum)
- Pois vivace (Lathyrus latifolius)
- Polémoine ou échelle de Jacob (Polemonium caeruleum, P. reptans, etc.)
- Potentille vivace (Potentilla spp.)
- Brunelle (Prunella grandiflora et autres)
- Pulsatille (Pulsatilla vulgaris et autres, syn. Anemone pulsatilla)
- Pyrèthre (Tanacetum coccineum, syn. Pyrethrum coccineum, Chrysanthemum coccineum)
- Ratibida (Ratibida columnifera, R. pinnata et autres)
- Rudbeckie brillante (Rudbeckia fulgida)
- Saponaire (Saponaria ocymoides et autres)
- Sauge superbe (Salvia × superba, S. nemorosa)
- Saxifrage (Saxifraga spp.)
- Scabieuse du Caucase (Scabiosa caucasica)
- Sédum ou orpin (Sedum spp.)
- Silène (Silene spp.)
- Thermopsis ou faux-lupin (Thermopsis villosa et autres)
- Thym serpolet (Thymus serpyllum, T. praecox et autres)
- Valériane rouge (Centranthus ruber)
- Véronique (Veronica spp.)

Fines herbes
- Aneth (Anethum graveolens)
- Angélique (Angelica atropurpurea)
- Bourrache (Borago officinalis)
- Camomille allemande ou matricaire (Matricaria recutita, syn. Matricaria chamomilla)
- Ciboulette (Allium schoenoprasum)
- Ciboulette ail ou ciboule de Chine (Allium tuberosum)
- Hysope (Hyssopus officinalis)
- Mélisse (Melissa officinalis)
- Origan (Origanum vulgare)
- Persil (Petroselinum crispum)
Légumes
- Carotte (Daucus carota)
- Persil (Petroselinum crispum)
- Épinard (Spinacia oleracea)
- Betterave (Beta vulgaris)
- Navet (Brassica rapa)
- Rutabaga (Brassica napus)
- Radis (Raphanus sativus)
- Panais (Pastinaca sativa)
- Laitue (Lactuca sativa)
- Pois (Pisum sativum)
- Fève des marais ou gourgane (Vicia faba)
- Oignon / Ciboulette (Allium cepa, A. schoenoprasum)
- Asperge (Asparagus officinalis)





Merci ca peut nous donner d’autres idées…Je le fais chaque année pour un massif de coquelourdes.
Vous l’avez mise dans les Vivaces mais c’est une bisannuelle…. du moins la variété que j’ai
Je n’ai pas vu l’asclépiade.
Merci on pense souvent à tort qu’il faut tout semer au printemps….
Merci pour cette belle et longue liste.
Tellement plus facile de semer juste avant le froid. Moins de presse. Soulagement de savoir qu’on respecte les cycles de la nature, qu’on ne les « force » pas…
Merci pour toutes ces informations. Est-ce cela vaut aussi pour les semences de gazon?
@ Lucie Hébert
Ici on sur-sème le gazon toujours à l’automne, mais faut vraiment attendre que la température soit en bas de 4C. on le fait souvent début décembre, ou tard en novembre. On a un taux de germination exceptionnel en faisant ainsi!
J’en suis à mon 3ieme essai pour semer des glaucidium mais je subis un échec . Existe t’il un truc que vous me conseiller.
Bonjour, j’aimerais savoir si je peut mettre quelques vers à composte de mon composteur maison dans ma plante de poire melon que j’ai à l’intérieur
Un pot offre un environnement trop sec, trop restreint et dépourvu de matière en décomposition suffisante pour nourrir les vers. Vous pouvez utiliser le compost pour nourrir votre plante.