Retour à l’intérieur des orchidées après les vacances au jardin!
Après le retour à l’école des enfants, il est temps de rentrer les orchidées à l’intérieur. Cette opération importante demande une certaine vigilance et quelques précautions.
Après l’été, l’automne est la saison de maturation pour plusieurs orchidées!
En été, les orchidées connaissent une forte croissance et produisent de nouvelles racines et de nouvelles feuilles. Cela favorise une photosynthèse intense durant la belle saison. À l’automne, les jours raccourcissent et la production de sucres ralentit, mais elle permet tout de même de constituer les réserves nécessaires à la production d’inflorescences. C’est la première condition nécessaire à la floraison de nos orchidées: la formation de réserves suffisantes pour alimenter l’exigeante mise en fleur.
Au même moment, en automne, les écarts de température deviennent plus marqués et l’humidité change aussi. Ce sont les principaux facteurs déclenchant le processus de floraison, comme nous l’expliquions dans une chronique précédente.
Cependant, il faut se rappeler que la plupart des orchidées sont d’origine tropicale et qu’elles supportent mal les basses températures (surtout celles du Québec, bien sûr). Il faudra donc commencer à rentrer les orchidées dès que les températures nocturnes descendent régulièrement autour de 13 °C à 15 °C en commençant par les plus frileuses (par exemple les phalaenopsis et les vandas), suivies par les intermédiaires (comme les cattleyas et les oncidiums qui tolèrent jusqu’à 10 °C à 12 °C), pour finir par les plus résistantes (comme les cymbidiums et certains dendrobiums avant les 5 °C à 10 °C).
Une inflorescence? On les rentre rapidement!
Si certaines de vos plantes ont commencé à former une inflorescence, rentrez-les sans tarder, car les jeunes tiges à fleurs sont très fragiles et elles ne devraient pas être exposées à des températures inférieures à 15 °C. Les boutons floraux risqueraient de tomber après une nuit froide. Les jeunes plantes (immatures) sont également très sensibles au coup de froid et ne devraient pas subir de baisse de température en dessous de 15 °C.
Stimuler la floraison des orchidées matures
En revanche, si certaines de vos orchidées matures refusent de fleurir depuis plusieurs années, vous pouvez tenter de les laisser à l’extérieur un peu plus longtemps pour les inciter à fleurir. Cette méthode fonctionne occasionnellement avec des plantes devenues paresseuses à force d’être dorlotées dans des conditions de croissance trop confortables. Il semble que plusieurs Cymbidiums auraient même besoin de ce type de stimulus thermique pour bien fleurir.
Quel que soit le moment choisi, le retour à l’intérieur doit toujours être précédé d’un examen et d’un nettoyage minutieux.
Étape no. 1: L’inspection méticuleuse s’impose pour toutes les plantes qui reviennent à l’intérieur
Si vous suivez nos chroniques sur les orchidées, vous savez déjà qu’une inspection mensuelle de nos plantes est essentielle pour bien gérer une collection. C’est encore plus important au moment de la rentrée à l’intérieur qu’à tout autre moment de l’année.
On ne répétera pas tous les conseils donnés en juillet dernier, mais il faut tout de même résumer les principales recommandations:
- Inspectez le dessus et le dessous des feuilles et nettoyez si nécessaire.
- Vérifiez l’état du substrat (idéalement sans odeur de champignon ou de pourriture).
- Assurez-vous que le contenant est toujours adéquat et en bon état.
- Cherchez les signes de maturation comme des pseudo-bulbes bien joufflus, des feuilles épaisses et solides, et bien sûr, des inflorescences en formation. Normalement, il devrait y avoir une nette progression de la croissance de vos plantes après quelques semaines passées à l’extérieur.
Parallèlement, il est suggéré d’inspecter et de nettoyer les espaces de culture intérieure afin de s’assurer que les installations sont propres et pleinement fonctionnelles avant le retour des orchidées. Cela inclut la vérification des systèmes d’éclairage artificiel, de l’humidificateur, des ventilateurs et des thermostats, s’ils font partie de vos installations.
Ajustement de l’éclairage à l’intérieur
Il est fortement recommandé d’ajuster la durée de l’éclairage artificiel à une durée comparable à la durée du jour à l’extérieur afin de ne pas perturber les plantes dont le cycle annuel est synchronisé avec la durée du jour. C’est notamment le cas de plusieurs espèces de Cattleya. Un espace de culture intérieur offrant des conditions similaires à celles de l’extérieur sera généralement moins stressant pour vos plantes en transition.

Étape no. 2: Nettoyage des plantes, des pots et des cabarets
Lors de l’examen des plantes, on finit généralement par trouver quelques petits défauts à corriger comme des taches sur le feuillage ou des débris dans les pots et les cabarets (plateaux à compartiments conçus pour recevoir des pots de culture). Chez moi, il y a beaucoup d’araignées et il y a presque toujours des toiles à nettoyer sur mes plantes. Je commence donc par un nettoyage à grande eau à l’aide du boyau d’arrosage et d’un pistolet à plusieurs jets différents. J’en profite pour vider et nettoyer mes cabarets. Je vaporise ensuite de l’alcool à friction (à 70% ou plus) dans les cabarets afin de les désinfecter.
Si nécessaire, je nettoie ensuite chaque feuille avec une lingette désinfectante (par exemple, Lysol ou Clorox). C’est un peu fastidieux, mais je trouve cette opération très utile et j’apprécie grandement la propreté exemplaire de mon feuillage après cela. J’en profite également pour supprimer les feuilles malades et les racines endommagées, car elles seront peu utiles et elles présenteront un risque de contamination par la suite.
Si le pot est taché, souillé ou endommagé, je n’hésite pas à le remplacer. Cela ne coûte presque rien et ça rend la collection beaucoup plus hygiénique.


Étape no. 3: Traitement insectifuge sur le feuillage
Au cas où il y aurait des passagers clandestins lors du déménagement à l’intérieur, il est recommandé de vaporiser ensuite une solution insectifuge sur le feuillage de vos plantes. Il existe une multitude de produits prêts à l’emploi en vente dans les jardineries. Comme nos lecteurs sont répartis dans plusieurs pays différents (en Amérique et en Europe), il peut être nécessaire de demander conseil à un expert local pour connaître la réglementation en vigueur dans votre région.
Je vous propose toutefois un mélange maison composé de savon «Murphy», d’huile de margousier (Neem Oil en anglais) et de peroxyde d’hydrogène. C’est une solution insectifuge très peu toxique et donc probablement universelle. Les doses recommandées sont indiquées dans la légende sous la photographie qui apparaît plus loin. Il y a plusieurs autres formulations possibles, mais j’apprécie l’efficacité et la faible toxicité de cette recette.
Les ingrédients du traitement insectifuge maison
Nettoyant concentré pour le bois Murphy
Le nettoyant concentré pour le bois «Murphy» est un savon à base d’huile végétale de noix de coco et de citronnelle naturelle. Il s’avère être un produit efficace pour le contrôle des insectes, tout en étant non toxique pour les enfants et les animaux domestiques. Il est très économique quand on le compare aux produits spécialisés vendus en jardinerie.
Huile de margousier
L’huile de margousier (ou Neem Oil en anglais) est vendue en pharmacie dans le rayon des produits de beauté pour le visage et les cheveux. C’est également un produit de très faible toxicité (il s’agit après tout d’un produit de beauté), mais qui est tout de même efficace pour repousser les insectes. Cette huile végétale adhère à la surface des feuilles et elle repousse les insectes pendant quelques semaines. Elle contiendrait aussi certaines molécules qui perturbent la croissance et l’appétit des insectes tentant de manger le feuillage des plantes.
On peut mélanger les deux huiles dans le même vaporisateur pour bénéficier d’une efficacité immédiate (grâce au savon Murphy) et d’une efficacité à plus long terme (grâce à l’huile de margousier). Vaporisez et laissez sécher. La majorité des plantes tolèrent très bien ce mélange d’huiles naturelles. Dans le doute, identifiez une ou deux feuilles que vous traiterez et observerez pendant quelques jours. La plante vous «dira» si elle n’apprécie pas.
Peroxyde d’hydrogène
Enfin, le peroxyde d’hydrogène (3%), que l’on trouve en pharmacie, confère une efficacité antibactérienne et antifongique à la solution insecticide. Après tout cela, votre feuillage devrait être très propre et représenter un risque minimal de contamination ultérieure.

Étape no. 4: Traitement insectifuge du substrat
Pour garantir l’hygiène du substrat, je saupoudre de la terre diatomée en surface du substrat et autour du pied de la plante afin de bloquer le passage des insectes rampants qui auraient trouvé refuge dans le pot. La terre diatomée est un abrasif microscopique sur lequel les insectes en déplacement se coupent, provoquant ainsi une hémorragie mortelle. Ce genre de produit est disponible en quincaillerie ou en jardinerie. Je recommande de choisir la terre diatomée de grade alimentaire (prélevée en eau douce), car elle est très peu toxique pour les humains et les animaux domestiques (étant comestible). Toutefois, il est recommandé d’éviter d’inhaler la fine poussière qui se dégage lors de la vaporisation.
La terre de diatomée
L’efficacité de la terre diatomée est souvent meilleure dans les substrats à base d’écorce (et de perlite comme ceux utilisés pour la culture des orchidées) que dans les terreaux traditionnels. Cela s’explique par le fait que la terre diatomée restera en surface des particules de substrat malgré l’arrosage régulier. Dans les terreaux et les sols de jardin, la terre diatomée se mélange aux fines particules, ce qui entraîne une grande perte d’efficacité abrasive. Renouveler l’application s’il n’y a plus de poudre abrasive apparente en surface de vos pots après quelques semaines.
Une solution de peroxyde d’hydrogène
Si vous détectez une odeur de champignon (ou de pourriture bactérienne), vous pouvez verser une solution de peroxyde d’hydrogène diluée à 1% pour stopper la prolifération des pathogènes. Le peroxyde est sans danger pour les racines à cette concentration. Pour prévenir une réinfestation, de nombreux orchidophiles vont saupoudrer de la cannelle moulue en surface de leur potée. La cannelle est, en fait, l’écorce intérieure de certains arbres de la famille du laurier qui a été séchée et broyée. Elle est non toxique, sécuritaire et offre une bonne protection contre les champignons et les bactéries pendant plusieurs semaines.

Une fois à l’intérieur, restez attentif!
La clé du succès en matière d’hygiène des collections d’orchidées est la rigueur. Il faut rester attentif et discipliné durant les premières semaines suivant le retour à l’intérieur. Pour détecter la réapparition d’insectes dans les espaces de culture intérieure, il peut être utile d’installer de petits pièges collants jaunes (anti-insectes) et de les vérifier périodiquement.
N’hésitez pas à prendre une plante dans vos mains pour l’examiner sous tous les angles. Si vous suspectez une récidive, répétez le traitement insecticide une fois par semaine pendant un mois pour une éradication complète. Il peut être nécessaire de varier le type de traitement afin d’éviter que les insectes ne développent une résistance à votre solution insecticide. En cas de doute, consultez un spécialiste dans un centre de jardinage ou au sein d’une association d’orchidophiles dans votre région.
Si votre plante est très mal en point malgré vos tentatives de nettoyage et de traitement préventif, il vaut mieux vous en débarrasser plutôt que de la garder dans votre collection. Les orchidées sont difficiles à sauver quand elles sont très infestées, et sachez que les dommages visibles sur le feuillage ne cicatrisent pas vraiment. Elles constituent un risque élevé de contamination de votre collection.


Merci bcp pour cette chronique très bien détaillée,
Je me demandais si ce traitement est aussi efficace pour toutes les autres plantes d’intérieur qui on passe un petit séjour dehors
Au plaisir de vous lire
Oui, moi aussi je voudrais savoir si votre mélange Murphy/Neem/peroxyde peut être utilisé sur nos autres plantes intérieures?
Et moi aussi je voudrais savoir si votre mélange Murphy/Neem/peroxyde peut être utilisé sur nos autres plantes intérieures? Ex: Oxalis Triangularis dont certaines feuilles sont partiellement mangées depuis 2 semaines. Je ne voudrais pas contaminer les autres plantes de la maison. Merci de nous revenir.
Chères Geneviève, Julie, Johanne, et toute les autres 😉
Oui, j’utilise cette solution insecticide sur toutes mes plantes sans problème. Je ne recommanderais pas son utilisation sur des plantes carnivores ou ultra sensibles (ex mimosa pudica) mais il y a peu de plantes réfractaires à cette solution qui est vraiment très douce et naturelle.
Si vous avez un doute, ne traitez qu’une ou deux feuilles et attendez quelques jours. La plante vous dira si elle n’aime pas ce traitement.
Merci de partager vos expériences…
Pardon : toutes les autres 😉
Merci beaucoup pour toutes ces suggestions !
Auriez-vous un truc pour les fourmis qui se sont invitées dans le terreau des pots?
Merci, votre travail est tellement apprécié !
Merci pour les bons mots.
Contre les fourmis, j’utilise un mélange de borax (5 ml) et de sucre blanc (15 ml) que je mélange à sec pour enrober les grains de sucre avec le borax. Les fourmis devraient transporter le sucre enrobé jusqu’au nid et disparaître en quelques jours. Il y a plusieurs préparations possibles mais celle-ci est économique, efficace et non toxique pour la maisonnée.
voir : https://integralxt.ca/le-borax-est-il-efficace-contre-les-fourmis/
Encore un article intéressant avec plein de recettes maison très utiles. J’espère vous lire bientôt sur les Hoyas, une famille de plantes également fascinantes.
Été après été, je constate l’effet très bénéfique sur mes plantes d’intérieur d’un séjour au balcon. Maintenant, on sait quoi faire avant de les rentrer! Merci, Robert.
Heureux d’avoir des nouvelles de ma Juliette au balcon,
Il a plusieurs articles sur les HOYAs sur le site du Jardinier Paresseux dont quelques uns par le maître Larry …
Il suffit de faire une recherche en utilisant la fenêtre en haut à droite pour les consulter.
Colin Laverdure a publié en 2023 une « toute-à-fait excellente » synthèse. J’ai en fait peu de choses à ajouter !
voir l’ article de Colin:
https://jardinierparesseux.com/2023/08/01/a-chaque-mois-sa-plante-aout-2023-le-hoya/
Merci de continuer à commenter. C’est très apprécié.
Ro___
Effectivement, mes recherches sur le site du Jardinier paresseux sont toujours fructueuses. Je vais continuer de commenter car quand j’aime je l’écris.
Que doit-on faire lorsque notre orchidée a plein de tiges qui s’en vont vers le bas et qui sont très rigides? Dois-je en couper quelques unes ou rempoter ma plante dans un plus grand vase en essayant d’entrer le bout de ces tiges en terre. Ces tiges servent-elle de racines?