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À chaque mois sa plante, août 2023: Le hoya

Photo de Fuad Al Ansari.

Pour la petite histoire: mon amour des plantes d’intérieur est né pendant la pandémie. J’ai commencé en achetant deux petits pots dans le but de rendre mon bureau moins austère, puis j’en suis rapidement venu à des quantités que la pudeur m’empêche de révéler ici. Je ne suis pas le seul: durant la COVID, beaucoup de personnes se sont tournées vers la culture des plantes d’intérieur et le catalogue des plantes disponibles s’est diversifié. Une des familles qui a le plus gagné en popularité est sans conteste celle de la plante de porcelaine, que je vous présenterai dans le présent article.

Origine

Le genre Hoya désigne plusieurs espèces de plantes de la famille des Apocynacées. Originaire des climats tropicaux et subtropicaux d’Asie et d’Océanie, on retrouve des membres de cette famille dans des environnements variés, sous une amplitude de températures, d’altitudes et de strates végétales. Les hoyas se sont donc développés selon diverses conditions, donnant naissance à un genre particulièrement varié, au grand bonheur des collectionneurs!

Certains hoyas, cultivés dans des familles de génération en génération, deviennent vraiment gros! Photo par David J. Stang.

La plante a été découverte et classifiée au début du 19e siècle. Bien qu’il connaisse une résurgence au niveau de la popularité, l’hoya est cultivé comme plante d’intérieur depuis plus de 200 ans (notamment Hoya carnosa, une des espèces les plus répandues). D’autres plantes de la famille des Apocynacées sont les asclépiades et les dischidias, qu’on cultive aussi occasionnellement comme plante d’intérieur.

Le botaniste et paléobotaniste écossais Robert Brown a nommé le genre en l’honneur de son ami Thomas Hoy. Ses noms communs sont plante de porcelaine ou fleur de porcelaine, et les traductions anglophones waxplant, waxvine ou waxflower.

Description

Il est difficile de dresser un portrait homogène des hoyas puisque la famille elle-même est éclatée sur deux continents aux climats bien différents! Les hoyas sont des plantes à feuillage persistant. Leurs feuilles adoptent des formes variées, généralement elliptiques, mais également rondes, linéaires ou en forme de cœur. Beaucoup sont lisses, certaines sont couvertes de taches argentées ou de petits poils, et d’autres se distinguent par des veines très apparentes, voire d’une autre couleur.

H. carnosa offre un peu un mélange de tout ça: les feuilles sont tachetées de points argentés parfaitement normaux, les nouvelles feuilles d’un vert plus tendres mettent en relief la nervation des feuilles et la tige la plus haute cherche à grimper sur un arbre aux alentours. Photo par Nikola236.

En nature

Dans la nature, les hoyas sont pour la plupart des vignes grimpant à l’aide de racines adventives qui les fixent sur l’écorce des arbres. D’autres espèces, moins nombreuses, adoptent des formes arbustives ou demeurent des couvre-sols. La majorité des hoyas sont épiphytes, poussant sur une autre plante sans toutefois la parasiter, mais quelques espèces poussent dans des crevasses rocailleuses ou dans le sol comme les plantes «traditionnelles». En raison de ce type de croissance, les hoyas ont développé divers mécanismes pour gérer la sécheresse et sont plus ou moins succulents.

Dimensions et fleurs

Au niveau des dimensions, impossible de dresser une moyenne. Certains hoyas sont petits et le restent toute leur existence, tandis que d’autres peuvent s’étaler sur plusieurs mètres lorsqu’ils ont un bon support. Quand les hoyas atteignent la maturité, ils produisent des pédoncules sur lesquels plusieurs fleurs en ombelle apparaissent (sauf chez certaines espèces, qui produisent des fleurs solitaires). Les fleurs sont très variables, souvent en forme d’étoile à cinq pointes plus ou moins définies. D’ordinaire blanches à roses, elles passent par toute une gamme de couleurs possibles dont sont exclus seulement le bleu et le violet. Elles peuvent être parfumées, et produire du nectar qui tombe à grosses gouttes, en attendant d’être pollinisées pour pouvoir répandre des capsules de graines aux quatre vents. Certains hoyas sont cultivés principalement pour leur floraison.

Les fleurs des hoyas sont généralement dans les teintes de rose, ressemblant le plus souvent à celles en haut à gauche. Elles sont souvent en forme d’étoiles, mais l’exemple en bas à droite fait défaut. Toujours est-il qu’elles sont bien jolies! Photos à gauche par ??, photo en haut à droite par Beatrice Murch et en bas à droite par B. Traeger.

Variétés

Il existe une vaste sélection de cultivars d’hoyas, certains communs, certains rares et convoités, certains d’une facilité déconcertante, certains peu adaptés pour la culture d’intérieur, certains dont le feuillage plaît particulièrement, certains dont on désire les fleurs, certains affreusement dispendieux… Avec de tels extrêmes, le présent article sera assez long sans que je prétende m’atteler à l’impossible tâche de présenter tous les hoyas du monde ou même tous les hoyas faciles d’intérieur. Je vais donc présenter les cultivars les plus couramment disponibles au Québec.

H. carnosa

  • H. carnosa, c’est l’hoya «traditionnel» aux feuilles vertes et aux fleurs blanches. Sa culture est ultra-facile, mais sa croissance lente.
  • H. carnosa ‘Krimson princess’ ou ‘Rubra’: je ne sais pas s’il existe une différence entre ces deux cultivars, mais c’est un hoya panaché dont la panachure se trouve au cœur de la feuille. Lorsqu’il obtient assez de lumière, les feuilles prennent une teinte rose qui s’estompe avec le temps. Comme beaucoup de plantes panachées, il lui arrive de redevenir vert, surtout quand il manque de lumière. Les fleurs sont blanches ou roses.
  • H. carnosa ‘Krimson queen’: hoya panaché dont la panachure blanche est sur le pourtour de la feuille. À l’occasion, il crée des feuilles entièrement blanches qui, si elles sont jolies, ne produisent pas de photosynthèse, affaiblissent la plante et meurent plus rapidement. Sur une petite plante, il vaut mieux les retirer. Les fleurs sont blanches ou roses.
  • H. carnosa compacta: mutation de H. carnosa dont les feuilles sont bouclées. La croissance est particulièrement lente et les tiges finissent par retomber sous le poids des feuilles. Outre ses drôles de feuilles, il se comporte comme H. carnosa. Il existe également en version panachée.
En haut à gauche, H. carnosa, photo par Dandarmkd. En bas à gauche, H. carnosa ‘Rubra’ ou ‘Krimson princess’, photo par Daderot. À droite, H. compacta variegata, photo par David J. Stang.

H. australis

Cette fois-ci, la famille est originaire d’Australie. L’hoya australis est un peu moins courant et son feuillage est légèrement plus arrondi. Il est de culture facile, mais sa tolérance à des situations de faible luminosité est moindre que pour les hoyas mentionnés jusqu’à présent. ‘Lisa’ est le nom donné au cultivar panaché d’H. australis.

H. pubicalix

C’est un hoya d’une autre famille, originaire des Philippines, de culture aisée et de croissance un peu plus rapide que H. carnosa. On le distingue grâce à son feuillage lancéolé. Différents cultivars existent, dont les fleurs sont de couleurs diverses (blanches, rouges ou pourpres) ou les feuilles sont particulières: par exemple, elles peuvent être tachetées (‘Supersplash’) ou très foncées (‘Hawaian Prince’).

On reconnaît H. australis, à gauche, par ses feuilles plus rondes, et H. pubicalix, à droite, par ses feuilles plus allongées souvent tachetées de points argentés. Photo de gauche par Forest & Kim Starr, photo de droite par William Crochot.

H. kerrii

Un des hoyas les plus succulents, il est très prisé à la Saint-Valentin pour ses feuilles obcordiformes. On vend souvent une petite feuille enracinée, mais on peut aussi le trouver en version plus traditionnelle, avec tiges et feuilles, et bien sûr en version panachée. Attention aux arrosages trop généreux: avec son côté très succulente, il tolère bien la sécheresse. Il est mieux de le cultiver sous le soleil direct.

«Obcordiforme» est un joli mot pour dire en forme de cœur, mais dont la pointe est liée par le pétiole à la tige de la plante, au contraire des feuilles cordiformes, où le pétiole joint la feuille par le côté rond. Photo par Tangopaso.

H. retusa

Comme son nom l’indique, cet hoya porte des feuilles rétuses, c’est-à-dire dont l’apex (le sommet) est arrondi, avec une petite entaille peu profonde. Bref, les feuilles ressemblent à des brins d’herbe. C’est un des hoyas dont les fleurs ne poussent pas en grappe, mais solitaires. Comme ses feuilles sont minces, il est bien de laisser le terreau s’assécher… mais pas trop longtemps!

H. linearis

Les feuilles ressemblent aussi à des brins d’herbe, comme pour H. retusa, mais elles sont plus denses sur la tige et les fleurs poussent en grappe. De loin, il ressemble un peu à de la mousse espagnole (Tillandsia usneoides), mais d’apparence seulement. Sa culture est similaire à celle de son sosie, H. retusa.

À gauche, H. retusa et à droite, H. linearis en fleurs. Notez comme les feuilles ressemblent presque à de l’herbe tant elles sont minces. Photo par Tangopaso (gauche) et par BotBln (droite).

H. lacunosa

Les feuilles sont ovales, voire lancéolées. La floraison aurait une odeur de cannelle, d’où son nom en anglais Cinnamon Hoya (hoya cannelle). On l’appelle aussi parfois H. suaveolens pour la même raison. Sa culture est similaire à H. carnosa.

H. kentiana et shepherdii

Bien que ce soient deux espèces distinctes, elles se ressemblent tellement qu’on les mélange souvent. Ici, les feuilles sont très lancéolées et ressemblent un peu à des cosses de haricot, d’où son surnom String Bean Hoya (hoya haricot).  H. kentiana existe aussi en version panachée. Culture aisée.

À gauche, H. lacunosa, dont les feuilles ressemblent à celle de H. pubicalix par leur forme allongée, mais en plus ovoïde. Photo par Maja Duma. À droite, H. shepherdiihoya ‘shepherdii’, photo par Steven Walling.

H. curtisii

Adorable petit hoya au feuillage cordiforme, dont les feuilles sont picotées de taches argentées. Tolérant la lumière basse, qui ralentit toutefois sa croissance, il convient de ne pas trop l’arroser, car, bien que les feuilles soient petites, elles sont succulentes.

H. bella

Un hoya miniature dont la culture est significativement différente de celle des autres familles susmentionnées. Il offre de mignonnes petites feuilles sur des tiges qui ne grimpent jamais. Il fleurit par grappes d’environ 8 à 10 fleurs, de manière abondante sous une lumière généreuse. Il aura sa propre rubrique après les conseils de culture pour les hoyas plus «traditionnels».

Il existe également en versions panachées (‘Luis bois’ pour la panachure au cœur de la feuille et ‘Anneke bois’ pour la panachure en bordure du limbe. Puisqu’il n’existe pas d’autorité en ce qui concerne les noms d’hoyas, on retrouve d’autres nomenclatures qui désignent, sensiblement, la même plante).

Le principal point en commun entre H. curtisii (gauche) et H. bella (droite) est la taille moindre des feuilles. Leur culture, par contre, est très différente. Photo par Sesamehoneytart (gauche) et par Andiwurm (droite).

Des hoyas spéciaux

Il y a vraiment des hoyas bizarres! On a mentionné l’hoya bouclé (H. carnosa compacta), mais il existe aussi un hoya dont les feuilles paraissent perpétuellement manquer d’eau (H. imbricata), un hoya aux fleurs semblables à des étoiles filantes (H. multiflora) et un hoya dont les tiges rappellent une queue de poisson (H. polyneura), pour ne citer que ceux-ci!

De haut en bas, H. imbricata, photo par James Steakley; H. multiflora, photo par Ping an Chang; H. polyneura, photo par Steven Walling.

Conseils de culture

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Lumière

L’hoya accepte différentes conditions lumineuses. On accuse sa croissance d’être lente, mais on le met souvent en lumière moyenne ou même basse. Il y survivra… mais ne fera pas grand-chose d’autre que survivre! Idéalement, il doit obtenir le plus de lumière possible, même celle du soleil direct.

Malgré sa réputation de plante tolérante à un faible d’éclairage, ce n’est que sous une bonne lumière que l’hoya assez âgé pourra fleurir. Photo de By ??.

Arrosage

Les besoins en eau des hoyas dépendent de leur succulence: un hoya aux feuilles bien charnues, comme H. kerrii, tolérera mieux la sécheresse qu’un hoya aux petites feuilles minces. Cependant, tous les hoyas craignent plus de rester dans des sols perpétuellement humides: on essayera donc de les arroser quand le sol est sec sur plusieurs centimètres. Dans le doute, on attendra quelques jours. La plupart des hoyas reprennent bien même si on a oublié de les arroser.

Humidité atmosphérique

Bien qu’il tolère la sécheresse rencontrée habituellement dans les maisons, il bénéficiera d’une humidité accrue.

Terreau et rempotage

Avec son petit système racinaire d’épiphyte, l’hoya aime les terreaux légers et aérés: on parle de terreaux pour cactus ou succulentes, voire des terreaux pour orchidées, ou un mélange de ces deux-là avec du terreau traditionnel.

On peut même planter l’hoya sur une plaque! Voir l’article plus détaillé.

Ici, un H. australis en fleurs qui semble pousser sur un morceau d’écorce, ou du moins autour. Photo par Botbln.

Rempotage

L’hoya tolère de looooooongues années dans le même pot et dans un espace restreint. S’il a une grande tolérance pour plusieurs choses (lumière, sécheresse, étroitesse du pot), il se montre toutefois inflexible sur une chose: l’adaptation! Eh oui, un simple changement d’emplacement peut lui causer un choc. On évitera donc les rempotages qui ne sont pas absolument nécessaires et les changements d’emplacement fréquents.

Pour savoir si l’hoya a besoin d’être rempoté, on regarde si les racines dépassent par les trous de drainage, si le terreau s’assèche en quelques heures ou si la plante est perpétuellement assoiffée. Tous ces éléments sont des indicateurs qu’il est probablement temps de rempoter.

Le rempotage se fait de la même manière que pour toutes les plantes d’intérieur, mais il convient d’agir avec une prudence accrue afin de déranger la motte de racines le moins possible. On rempote dans un pot seulement légèrement plus grand.

Les hoyas fleurissent-ils davantage dans des pots plus serrés? C’est ce que la rumeur dit, mais est-ce un mythe horticole? Chose certaine, il ne fleurit pas s’il est en adaptation à un changement (déménagement, rempotage), donc on fait d’une pierre deux coups en le laissant dans un pot serré!

Avec les hoyas, la patience est de mise: ils peuvent mettre jusqu’à 5 ou 10 ans avant de fleurir! Mais ils récompensent notre patience de belles fleurs parfumées la nuit (…ou pas du tout parfumées, comme c’est le cas de mon Hoya bella qui fleurit généreusement alors que c’était une bouture il y a un an à peine, mais qui ne sent absolument rien).

H. bella à divers stades de floraison. Photo par Clint Budd, qui a un excellent nom pour présenter une plante avec des boutons de fleurs (buds, en anglais).

Engrais

Engrais tout usage durant la période de croissance, mais à dose moindre que ce qui est indiqué sur le paquet.

L’hoya est assez singulier dans sa croissance: il paraît immobile pendant quelques mois, puis pousse d’un coup à une vitesse folle, avant de se rendormir. Ce n’est pas anormal pour lui. Il aura aussi tendance à produire de longues tiges apparemment dépourvues de feuilles. Toutefois, si vous les regardez bien, de minuscules feuilles sont présentes sur ces tiges particulières (qu’on nomme tendrils en anglais, au lieu de stem, le nom habituel pour tige). Les feuilles finiront par pousser, mais l’hoya peut prendre des mois avant de produire des feuilles sur les tiges nues. C’est d’ailleurs exactement le moment pour le fixer à un support, car il y a moins de risque d’abîmer ses feuilles.

Si on y regarde plus près, les tiges sont déjà serties de minuscules feuilles qui grandiront un jour pour devenir des feuilles normales. Photo par Salicyna.

Température

Des températures tropicales entre 15 et 29 degrés Celsius lui conviendront parfaitement à longueur d’année.

Les hoyas, dont on accuse une croissance si lente, adorent sortir se dorer au soleil l’été.

Certains sont même uniquement cultivés pour la teinte rougeâtre que prennent leurs feuilles lorsqu’elles sont exposées au soleil direct dehors. Ici, H. obscura, photo de David M. Doolin.

Toxicité

Pas de problème pour pitou, minou ou bébéchou: les hoyas ne sont pas toxiques.

Entretien

Les plantes à croissance lente requièrent d’habitude un entretien minime et l’hoya ne fait pas exception. À l’occasion, on retire une feuille qui jaunit et c’est tout. Il apprécie aussi être nettoyé quand il prend la poussière. S’il n’est pas dans un panier et retombant, on peut fixer ses tiges sur un treillis pour lui donner la forme qu’on veut. Si vous avez la chance d’avoir des fleurs, il suffira de les enlever quand elles fanent ou de balayer le plancher. Attention à la floraison qui répand un abondant nectar, de quoi tacher les planchers et les meubles!

La taille est rarement nécessaire, mais on peut le faire si on désire une croissance plus compacte ou plus ordonnée (personnellement, j’ai un faible pour les hoyas un peu chaotiques, je trouve que ça représente bien cette plante qui pousse et fleurit quand bon lui semble!). Pincer les extrémités stimule parfois la ramification. Attention à ne pas couper n’importe où: les pédoncules peuvent fleurir chaque année, d’une floraison plus abondante. Plus de détails sur la taille, lisez cet article.

Gardez-vous bien d’endommager l’éperon sur lequel croissent les fleurs, qu’on peut voir ici. Photo par SAplants.

L’entretien de l’Hoya bella

Et l’Hoya bella?
 
J’ai réservé une section particulière pour la culture particulière de cet hoya et pour tous les autres dont les feuilles sont minces, à peine succulentes (par exemple, H. polyneura fait également partie de la même catégorie). C’est que leur culture est un peu plus délicate.
 
o   Lumière: moyenne, mais sous une lumière généreuse, il fleurit toute l’année. L’hoya bella peut supporter un peu de soleil direct, mais il tolère moins bien la sécheresse que les autres: il faut donc être plus prudent en le plaçant au soleil.
o   Eau: arrosages fréquents, garder le terreau très légèrement humide en tout temps.
o   Terreau: pour plantes d’intérieur, additionné de quelques éléments drainants. Éviter le terreau pour orchidées qui ne retient pas assez l’eau pour H. bella.
o   Entretien: bien qu’il soit souvent présenté sur un treillis, il ne produit pas de racines adventives et ne grimpe donc pas vraiment. Les tiges naissent droites, puis finissent par pendre sous leur poids.
 
Pour les autres catégories (humidité, rempotage, engrais et température), il est de culture similaire aux autres hoyas.

H. bella par Krzysztof Ziarnek, Kenraiz.

Ne soyez pas effrayé par ces conditions plus capricieuses: personnellement, H. bella est une de mes plantes coups de cœur et mon hoya préféré! Il est de croissance plutôt rapide et convient très bien à la culture en panier suspendu, en raison de son port retombant qui laisse bien en vue sa floraison généreuse. À la différence des autres hoyas, les pédoncules tombent une fois la floraison finie. Une taille sporadique favorise la ramification des branches (il semble fleurir seulement sur les nouvelles branches). Le mien est devant une fenêtre au sud, au plein soleil, et il fleurit toute l’année. Certes, la culture est plus délicate que pour les autres hoyas, mais ô combien satisfaisante!

Multiplication

On peut faire des boutures de tiges dans l’eau ou dans la terre. Les feuilles individuelles peuvent faire des racines, mais, sans morceau de tige, ne produiront pas de plante entière. Même avec un morceau de tige, la feuille bouturée peut prendre plusieurs années avant de produire une deuxième feuille. Pour plus d’informations, découvrez cet article.

Photo par Mokkie.

Problèmes

  • Feuilles qui se rident: lacune d’arrosage. Si le terreau est sec, la plante est grandement déshydratée, il convient de l’arroser abondamment pour bien humidifier le terreau (un arrosage par bassinage peut être nécessaire). Si le terreau est encore humide, mais que les feuilles sont ridées, il est possible que la pourriture affecte le système racinaire (voir: https://jardinierparesseux.com/2018/11/30/la-pourriture-chez-les-plantes-dinterieur/). 
  • Longues tiges sans feuilles: c’est normal pour les hoyas. Les tiges se garniront de feuilles éventuellement.
  • Ravageurs: cochenilles diverses, thrips, pucerons.
  • Perte des boutons floraux ou des nouvelles feuilles: manque d’eau, manque de lumière, sécheresse ambiante trop élevée. De mon expérience, il arrive que malgré nos meilleurs efforts, les hoyas abandonnent une nouvelle croissance, qui s’assèche et tombe alors qu’elle est encore petite. Ces petites pertes sont rarement fatales pour la plante. On fait notre deuil et la plante reprend sa croissance sans trop de problèmes!

Conseils de présentation

Les hoyas sont généralement vendus comme plantes retombantes et ne souffrent pas du tout de ce traitement. Cependant, vous pouvez aussi le fixer sur un tuteur de la forme que vous voulez (on les voit souvent sur un tuteur rond); c’est particulièrement facile de le faire lorsqu’il produit ses longues tiges sans feuille.

Exemple de présentation d’un hoya (H. pubicalix), sur un treillis en forme de cercle. On peut voir une nouvelle tige, plus foncée, qu’on pourrait enrouler sur le treillis avant qu’elle ne soit plus rigide. Photo par KorAn

Conclusion

Très à la mode actuellement, l’hoya est une des meilleures plantes d’intérieur: il tolère les écarts de culture, dont la lumière et l’eau, il s’adapte à l’humidité habituelle dans nos maisons et surtout, tant ses feuilles que ses fleurs sont attrayantes. Pour un plus gros défi, choisir des hoyas à feuilles minces, tels que H. bella, qui sont de culture plus délicate. Le seul défaut des hoyas, c’est qu’ils peuvent causer la dépendance et vous transformer en collectionneur d’hoyas… On a connu pire, non?

Photo par Yvan Leduc.

Étiquettes + Hoya, Hoya carnosa, hoya pubicalix, hoya retusa, hoya linearis, hoya lacunosa, hoya shepherdii, hoya curtisii, hoya bella


commentaire sur "À chaque mois sa plante, août 2023: Le hoya"

  1. Anonyme dit :

    Merci pour ce beau travail! Que de choses à connaître!

  2. Anonyme dit :

    Super interressant,merci

  3. manon dit :

    Complet! j’en n’ai un…j’attends les fleurs!
    merci

    • Pierrette Picard dit :

      Moi aussi j’attends les fleurs. J’ai 1 hoya depuis l’été dernier. Il est très beau et j’ai hâte qu’il fleurisse.

  4. Suzanne dit :

    Merci pour cette description vraiment complète du Hoya! Je suis accro à cette plante magnifique! J’en ai actuellement 3 différentes!

  5. Dame escargot dit :

    Bonjour Colin,
    Encore un article passionnant qui nous donne envie de nous lancer dans la culture du Hoya. Bravo vous faites de l’excellent travail. Longue vie à votre chronique.

  6. Salim dit :

    Merci pour cet excellent article! Votre passion pour le hoya est “contagieuse” et vous nous éclairez de tous les aspects utiles et pratiques qui nous permettent de faire judicieusement son (ses!) choix.

  7. Suzanne Joly dit :

    Très belle plante mais… j’ai développé une forte intolérance à cette plante. Pendant des années médecin et dermatologue ont cherché la cause et lorsqu’une amie m’a parlé de cette allergie, je me suis débarrassée de ma plante et depuis plus de problèmes de démangeaisons et psoriasis. Quel soulagement !

  8. Diane dit :

    Merci Colin pour cet autre article super intéressant et instructif!
    Je ne serais pas prête à dire que tu n’as d’autres qualifications que ton nom de famille, comme indiqué dans ta courte bio. 😉 Tu as un réel don pour l’écriture et j’espère un jour pouvoir trouver l’un de tes romans dans une librairie près de chez nous.

  9. Merci pour votre article sur les Hoyas qui m’aide avec les quelques Hoyas que j’ai eu un coup de cœur il y a trois ans
    J’en ai huit différentes que j’ai hâte de voir fleurir un jour

  10. Salem dit :

    Le mienil a 20 ans , il mesure 7 pieds de haut, 2 pieds à sa base et un pied en haut, il grimpe sur des tuteurs en bambou, il fleurissait en abondance pendant plusieurs mois, j’ai décidé de le remporter il y a 5 ans, il a décidé de ne plus fleurir depuis mais il grandit beaucoup, j’espère revoir ses fleurs bientôt.
    Désolé je n’ai pas réussi à poster une photo de mon Hoya ici.

  11. Ghislaine dit :

    Enfin un nom sur une plante qui embellit mon quotidien depuis plus de 40 ans! Merci pour toutes ces informations pertinentes qui m’aideront à prolonger sa vie encore quelques décennies, je l’espère!

  12. Anonyme dit :

    Moi aussi, j ai échangé, les orchidées ,et les pensées maison,pour des cactus, j ai perdu confiences en moi ,à cause des petites mouches,

  13. Danielle dit :

    J’adore les hoyas et les fleurs sentent merveilleusement bon!

  14. Hélène dit :

    Est-ce possible d avoir cette chronique sur papier ou courriel
    J adore cette information elle est bien détaillé merci

  15. Geneviève dit :

    Très bon article, merci! Le hoya est une plante fascinante! Je possède une vingtaine de variétés et ce n’est pas terminé! Sur Facebook, il existe un super groupe ” Hoya Québec” où les échanges y sont très intéressants 🙂

  16. Line dit :

    Bonjour, je vous transmets mon expérience sur la toxicité. Depuis longtemps j’ai des Hoyas et j’ai perdu une perruche qui avait grignoté quelques feuilles et une amie a tout juste eu le temps d’emmener sa perruche chez le vétérinaire et lui faire faire une lavement d’estomac pour la réchapper. Alors soyez prudent si vous possédez une perruche.

  17. marty pierrette dit :

    bonjour tout le monde….
    cette plante me plaît énormément. En quelle saison et dans quel magasin les trouvent-on ?

    merci pour votre retour

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