À la découverte des familles botaniques: les Solanacées
L’été bat son plein et les Solanacées font la part belle au potager. Les jardiniers le savent, plusieurs membres de cette famille sont connus pour leurs fruits savoureux et leurs récoltes plus que généreuses. On a qu’à penser à la pétillante tomate, au piment relevé, au poivron dodu ou à la douce aubergine. Les Solanacées ne redoutent pas les canicules et demeurent impassibles sous les rayons ardents du soleil, poussant même l’audace jusqu’à redoubler de vivacité alors que la chaleur moite de juillet prescrit si souvent l’immobilité.
Cette famille de plantes dicotylédones tissée serrée autour de la chaleur est particulièrement présente dans les régions tropicales et tempérées. L’Amérique du Sud compte à elle seule quarante genres endémiques, ce qui est plus qu’important considérant que la famille en compte près de cent. Associées à cette centaine de genres, quelque 2 700 espèces présentent autant des plantes herbacées, des arbustes, des lianes que parfois même des arbres.
Les plantes de la famille des Solanacées produisent aussi des alcaloïdes et sont par conséquent généralement des plantes toxiques à des niveaux variables. L’histoire recèle en cela de riches anecdotes racontant les fins tragiques de glorieux personnages ayant succombé aux effluves d’un breuvage trop parfumé à la belladone ou à la mandragore. Mais laissons ce volet aux historiens et passons à la description botanique des Solanacées.
Caractéristiques morphologiques
Feuilles et tiges
- Souvent poilues ou visqueuses, avec des trichomes (poils) glanduleux (ex.: tomate, pétunia)
- Feuilles toujours alternes
- Sans stipule
- Feuilles souvent odorantes
- Plusieurs genres forment des tubercules (tige ou racine selon le genre).

Fleurs
- Généralement hermaphrodites.
- Habituellement actinomorphes (symétrie radiale)
- Pétales et sépales groupés par 5 (fleurs pentamères). Note: certains cultivars présentent une variabilité quant au nombre de pétales.
- Les pétales et les sépales sont habituellement soudés.

Voici 4 fleurs de Solanacées
Vous pouvez observer cette même caractéristique: 5 pétales soudés à leur base.

Fruits
- Habituellement une baie (ex.: Solanum sp.) ou plus rarement une capsule (ex.: Datura sp., Nicotiana sp.).
Pollinisation
La pollinisation est principalement entomophile (par les insectes), notamment par les abeilles. Les colibris et certains oiseaux frugivores (pollinisation ornithophile) peuvent également contribuer à la pollinisation.
Pour certaines espèces, c’est notamment le cas de la tomate, les fleurs nécessitent une pollinisation vibratile pour permettre au pollen de se libérer. C’est une des raisons pour laquelle les bourdons sont employés dans les cultures de tomates en serres. C’est le fameux «buzz pollinisation».
La pomme de terre (Solanum tuberosum), une Solanacée?
Eh bien oui! Bien que nos regards se portent rarement sur les parties aériennes d’un plant de pommes de terre, si l’on observe attentivement ses fleurs et ses fruits, on remarquera les mêmes caractéristiques que chez la tomate (Solanum lycopersicum). Ici les fleurs et le fruit (une baie) de chacune de ces deux espèces.

Des exemples
Plantes alimentaires
- Tomate (Solanum lycopersicum)
- Pomme de terre (Solanum tuberosum)
- Aubergine (Solanum melongena)
- Poivron & Piment (Capsicum spp.)
Plantes médicinales ou potentiellement toxiques
(Les Solanacées sont connues pour leurs alcaloïdes aux effets puissants, tels que la solanine, l’atropine, la scopolamine et la capsaïcine. Ces substances peuvent avoir des effets neurologiques, digestifs ou analgésiques.)
- Belladone (Atropa belladonna) – Contient des alcaloïdes comme l’atropine
- Ashwagandha (Withania somnifera) – Contient des alcaloïdes
- Datura (Datura stramonium) – Plante hallucinogène et toxique
- Mandragore (Mandragora officinarum) – Autrefois utilisée en médecine et en sorcellerie.
- Tabac (Nicotiana tabacum) – Nicotine
- Piment fort (Capsicum spp.) – Capsaïcine
Plantes ornementales
- Pétunia (Petunia spp.)
- Brugmansia (Brugmansia spp.)
- Solanum grimpant (Solanum jasminoides)
- Morelle faux jasmin (Solanum laxum)
- Nicotiana (Nicotiana alata)
- Coqueret du Pérou (Physalis peruviana)
- Datura (Datura spp.)
En résumé, ce sont les fleurs qui déterminent l’appartenance des plantes à la famille des Solanacées. Ces fleurs sont majoritairement pentamères avec une corolle et un calice soudés ainsi qu’une disposition caractéristique des étamines autour du pistil. Si les fleurs des Solanacées se montrent parfois frêles et peu visibles sur certaines espèces, elles peuvent atteindre des volumes impressionnants et présenter des couleurs ondoyantes sur d’autres espèces. De l’incontournable tomate à l’affriolant pétunia en passant par la maléfique mandragore et l’exubérant brugmansia, les Solanacées sont bien présentes en horticulture. À vous maintenant de partir à leur découverte!
Dans notre prochain volet… les Cucurbitacées!

Très éducatif. Travaillant dans un centre jardin, j’apprécie beaucoup ce type d’information qui alimente ma connaissance et améliore mon service à la clientèle. Merci et j’ai hâte d’en apprendre plus sur le curcubitacées. Bonne journée
La capsaïcine n’est pas toxique. elle est piquante, oui, mais pas toxique. elle active la circulation, désinfecte, stimule, met du mouvement, décongestionne, diminue le cholestérol et j’en passe.
Vraiment très intéressant d’en apprendre plus sur les différentes variétés de solanacées! Merci de partager vos connaissances, Chantal et Mathieu!
Je viens entre autres d’apprendre que la plante de cannabis que mon conjoint a fait pousser il y a quelques années (après la légalisation 🙂 ) faisait partie de cette famille de plantes car il regardait les trichomes au microscope pour connaître le moment idéal de la récolte. Autre passionné de jardinage, à sa façon! 😉
Bonne journée!
En commentaire à Diane; le cannabis n’est pas une solanacée mais fait parti de la famille des Cannabinaceae. Ce ne sont pas les poils trichomes qui permettent de déterminer l’espèce ou la famille mais la morphologie des fleurs.
Ah, d’accord, merci pour l’info, Pierre! J’ai sauté aux conclusions trop vite.
Preuve que j’ai encore beaucoup à apprendre au sujet des plantes, et de bien d’autres choses. 🙂
En fait toutes les solanacées contiennent, même celles que nous consommons couramment, des éléments plus ou moins toxiques : les feuilles de tomates, les feuilles et fruits des pommes de terre(Solanum tuberosum) par exemple. Le Physalis alkékenge (qui porte aussi entre autres le joli nom d’Amour en Cage ou de Lanterne d’Amour) produit de petits fruits rouge- orangé aigrelets qui sont comestibles. Par contre toutes les parties de l’Alkékenge coqueret aux belles fleurs bleues(Nicandra physaloïdes) qui porte aussi des fruits ressemblant beaucoup à ceux de l’alkékenge, sont extrêmement toxiques. Je ne sais si cette plante, devenue spontanée et parfois envahissante en France, comme le Datura stramonium (pomme épineuse) existe aussi en Amérique.
I like the efforts you have put in this, regards for all the great content.
Sic: Les Solanacées ne redoutent pas les canicules et demeurent impassibles sous les rayons ardents du soleil, poussant même l’audace jusqu’à redoubler de vivacité alors que la chaleur moite de juillet prescrit si souvent l’immobilité.
Euh… Pour le potager, quelques auteurs sur ce blog n’ont pas la même opinion à ce sujet….