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Printemps boueux? Pas chez moi!

Votre terrain est boueux le printemps venu? Toute la neige qui fond s’accumule dans des cuvettes de gazon qui mettent l’été à s’en remettre? Le lac déborde sur la terrasse? Vous avez presque envie de pêcher dans les trous d’eau de votre pelouse? Quand vous vous rendez à votre remise, vous vous sentez comme cet homme?

Photo: Emilio Sánchez

Ça pourrait bien être la dernière année que ça vous arrive si vous suivez mon conseil!

PLANTEZ!

Gérer l’eau du printemps, c’est aussi simple que ça.

La terre, une éponge à capacité limitée

Lors du dégel, la terre absorbe une grande quantité d’eau, ce qui est parfait: les plantes ont très soif! Toutes les racines qui puisent l’eau du sol l’assèchent, le laissant absorber plus d’eau. Mais quand les plantes sont insuffisantes pour «vider» l’eau du sol, vous imaginez bien que tout ce liquide ne peut pas disparaître comme par magie. La terre est comme une éponge, pas comme le drain d’un bain!

Vous avez déjà vu cette image ou un équivalent? Celle-ci vient d’un article de 1995, mais le concept a été beaucoup repris. Vous voyez la toute première plante à gauche? Celle qui ne ressemble qu’à une ligne plus épaisse? Ça, c’est de la pelouse. Ça dit tout! Voilà pourquoi elle n’est pas suffisante pour absorber la fonte printanière. Source: Michael-Lemke.

Ce qui est beau, c’est que certaines plantes se fondent dans la pelouse et font un super travail de séchage. Pensez aux pissenlits: leur racine n’est-elle pas assez profonde à votre goût? Le trèfle, l’oxalis, le lierre… ce sont toutes des plantes qui restent basses, peuvent passer dans la tondeuse, et qui, pourtant, feront la différence au printemps!

Photo: Pixabay

Une solution pas si efficace…

J’ai vu récemment une vidéo d’un homme qui épandait du sable sur sa pelouse, puis lissait le tout pour égaliser son terrain. La pelouse pousse alors au travers du sable, la cuvette n’est plus et pas besoin de tourbe: magie! Oui, la cuvette ne sera plus là, mais le problème ne sera pas pour autant réglé: l’eau s’accumulera quand même ailleurs, le sable finira par ruisseler et tout sera à recommencer. C’est comme réparer une fuite avec du ruban adhésif: oui, ça va marcher, mais seulement pour un temps!

Au lieu de travailler contre la nature, jouez-lui un tour: combattez la nature par la nature.

Si votre problème n’est pas dans votre pelouse, sachez qu’il existe une grande variété de plantes vivaces, buissons et arbres qui aiment avoir un sol humide: plantez-les là où l’eau a tendance à s’accumuler (ou tout près) et je vous promets que dans quelques années, quand un beau filet de racines se sera installé dans votre sol, vous aurez oublié ce problème d’inondation. En plus, vous aurez une jolie plate-bande ou un arbre majestueux qui sera à faible entretien!

Comment et quoi planter?

Je vous suggère fortement des plantes indigènes: les racines sont généralement longues et profondes et les autres espèces en profiteront. En plus, ce sont des plantes qui sont adaptées à notre climat, alors pas d’entretien supplémentaire pour le jardinier paresseux.

Idéalement, ne plantez pas pendant que votre cuvette est pleine d’eau. Déjà parce que travailler dans la boue, c’est moyen, mais aussi pour éviter de noyer votre jeune plant ou votre semence. Oui, on vise des espèces qui aiment les sols humides, mais laissez-leur la chance de s’installer un peu, de solidifier leurs racines et de s’habituer à leur nouveau sol.

Pour vous inspirer, voici quelques espèces du Québec (vous trouverez des équivalents locaux si vous êtes d’ailleurs) qui aiment les sols humides, voire inondés périodiquement.

Saule (Salix sp.)

Il existe plusieurs sortes de saules: certains plus buissonnants, d’autres gigantesques! Attention, si vous choisissez le «classique» arbre, il faut le planter loin de la maison, de votre puits artésien ou de votre fosse septique. Les racines des saules savent pénétrer la terre en profondeur et en largeur pour aller chercher l’eau là où elle se trouve. Il absorbera une grande quantité de liquide alors c’est peut-être un peu exagéré si vous n’avez qu’une petite flaque dans votre pelouse. C’est l’idéal si vous avez une rivière ou un lac cependant! Les racines agissent également comme filet de sécurité souterrain, empêchant la terre de ruisseler ou de s’éroder dans les cours d’eau.

Photo: Kaboompics.com

Mon rêve de petite fille est d’avoir un saule gigantesque chez moi sous lequel j’aurais un petit coin tranquille avec une balancelle. Mais bon… mon terrain est en pente et, sous la terre, il n’y a que de la roche: l’eau y ruisselle comme une cascade! On repassera pour le saule…

Pimbina (Viburnum sp.)

Je vous en ai déjà parlé il n’y a pas longtemps: beaucoup d’ensoleillement et un sol bien humide, oiseaux en prime avec cet arbuste! C’est l’idéal pour les ravins de bord de route. Vous savez, ces faussés le long des chemins campagnards qui sont généralement pleins de jolies fleurs sauvages parce que la tondeuse ne se rend pas? C’est un habitat génial pour les arbustes comme les viornes.

Viorne cassinoïde. Photo: chasseurdeplantes

Amélanchier (Amelanchier canadensis)

Un autre arbuste à petits fruits qui aime les sols bien humides. Ses fruits sont délicieux tels quels ou cuisinés, mais les oiseaux aussi en raffolent alors si après quelques années votre sol a finalement séché assez pour que vous puissiez vous approcher sans votre maillot de bain, pensez à installer un filet sur votre amélanchier pour pouvoir récolter vos baies… ou pas! Profiter du chant des oiseaux, c’est bien aussi!

Photo: bogend

Échinacée sp. (Echinacea sp.)

Originaire de chez nous, cette plante qui fait de jolies fleurs colorées est facile à trouver en jardinerie. Très populaire, très appréciée des insectes et très facile d’entretien, elle supporte même les sécheresses.

Photo: jocelyn-willis-papi

Si vous êtes «une sorcière», comme le dit de moi mon conjoint, sachez que l’échinacée est utilisée en médecine traditionnelle pour traiter les symptômes du rhume et de la sinusite, et plusieurs autres choses.

Si vous aimez le style, sachez que les rudbeckies (Rudbeckia sp.) aussi sont des alliées contre les inondations.

Photo: winterglow

Asclépiade des marais ou incarnate (Asclepias incarnata)

Il existe plusieurs types d’asclépiades et celle-ci adore avoir les pieds dans l’eau! Si vous aimez les colibris, abeilles indigènes et monarques, c’est la plante à mettre chez vous. Comme toutes les asclépiades, elle est toxique, mais elle l’est moins que l’asclépiade commune. Comme elle produit beaucoup de graines, elle se ressème d’elle-même pour faire de jolies talles.

Photo: sfencott

Vous voulez d’autres suggestions? Je vous invite à consulter ces deux articles de Larry Hogdson qui traitent du sujet: Plantes qui aiment un sol détrempé et Arbres qui résistent aux inondations.

Vous connaissez maintenant le secret pour avoir un printemps agréable et relativement sec! Bon, si vous aimez vos trous d’eau, vous faites comme vous voulez, hein!


commentaire sur "Printemps boueux? Pas chez moi!"

  1. Cristian Caraballo dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article, qui va sans doute m’ épargner beaucoup de temps, cependant je me demandais si les végétaux suggérés s’ adaptent si l’ endroit détrempé est à l’ombre?

  2. Nathalie dit :

    Bonjour,
    Concernant l’accumulation d’eau, est-ce que la qualité du sol peut aussi influer sur la rétention d’eau, présence de glaise par exemple. Est-ce qu’il existe des solutions?
    Nathalie

    • Mathieu Hodgson dit :

      Le rétention d’eau est fortement influencée par la qualité du sol, en particulier par la présence d’argile, qui peut entraîner un mauvais drainage. Vous pouvez ajouter au sol des matériaux comme le compost ou du sable grossier pour améliorer la structure et la porosité du sol. Créer des buttes ou des lits surélevés, installer des systèmes de drainage comme les drains français, choisir des plantes adaptées aux sols humides, aérer régulièrement le sol, et utiliser du paillis sont autant de méthodes efficaces pour optimiser le drainage.

  3. anna donofrio dit :

    Merci pour tous tes supers articles. C’est toujours un plaisir de te lire.

  4. Michele dit :

    Bonjour Mme Martel, toujours intéressant de vous lire.
    Tout comme vous, j’adore les pimbinas. J’en avais 6 sur mon terrain, mais je devrai me résoudre à couper le dernier. Il y a environ 3 ans, le goût des fruits en gelée m’interpellant (même les jaseurs se sont mis à les bouder), car de plus en plus amers. Je suis donc passée en mode inspection. Petits trous à la base du tronc! Un insecte perce le tronc à la base et l’arbuste meurt peu à peu. Cet insecte, est venu à bout de tous mes pimbinas. (Région de St-Hyacinthe) ??

  5. Benoit Piché dit :

    Des faussés ? Hum hum… ?

  6. Andrée Nault dit :

    Est ce qu’on peut planter des viornes trilobés à 15 pieds d’une fosse septique

    • Mathieu Hodgson dit :

      J’ai n’ai pas d’information spécifique sur les Viburnum trilobum par rapport aux fosses septiques, mais en général, on devrait éviter de planter un arbre ou un arbuste à une distance égale à la hauteur à maturité de la plante. Dans ce cas, une viorne trilobée fera environ 4 m ou 13 pieds de hauteur, il ne devrait pas avoir de problème.

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