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Plates-bandes indigènes

La neige fond, les oiseaux reviennent et vous pensez sans doute à votre aménagement paysager. Cette année, je vous lance un défi: incorporez quelques plantes indigènes dans votre planification. En plus d’être excellentes pour la faune locale, elles sont aussi bénéfiques pour votre sol, faciles à faire vivre, et si vous êtes du type «planter des vivaces, c’est moins de trouble», j’ai de bonnes nouvelles pour vous!

(Cet article, bien qu’il soit axé sur l’écologie, est une belle suite à l’article sur les jardins fouillis écrit par Julie Boudreau.)

Monarque et plantes indigènes
Photo : Chait Goli

Les animaux

Les pollinisateurs, c’est la mode, héhé! Je sais, on en parle beaucoup, mais le fait que les insectes responsables de la pollinisation soient généralement sur leur déclin est un vrai problème. Sans eux… difficile d’imaginer un monde sans végétaux, mais c’est ce qui risquerait d’arriver (dans un cas très extrême, on s’entend). Donc, prenons soin de nos insectes en leur offrant des plantes où ils peuvent se nourrir toute l’année.

«Ouais, mais il y a un champ de tomates à côté, qu’ils aillent là!»

Ouais, mais ce champ n’est pas en fleur toute l’année, n’est pas si grand et ne convient peut-être pas à un pollinisateur qui préfère les pommes!

En assurant une diversité, on permet à ces insectes de se nourrir toute l’année et de poursuivre leur rôle dans l’équilibre de la nature. Les animaux insectivores en profiteront grandement aussi.

Les animaux granivores (qui se nourrissent de graines) trouveront également de quoi se nourrir sans endommager vos plantes. Même les prédateurs comme les renards ou les oiseaux de proie pourraient trouver intéressant de venir chasser chez vous si vous avez toute cette vie!

Si vous aimez observer la nature, vous adorerez l’effet des plantes indigènes!

Photo : JonathanRieder

Votre sol

Beaucoup de plantes d’ornement ont un système racinaire faible. Il s’étend peu, reste en surface et cause finalement bien des soucis. Au Québec, avec le vent, la pluie, la sécheresse, il est important que la plante ait une certaine autonomie, sans quoi vous passerez votre été à arroser et à mettre de l’engrais. Une magnifique fleur de sous-bois tropicale n’est sans doute pas à son meilleur en plein milieu de votre terrain, exposée aux éléments. Les pissenlits par contre: un succès!

Photo : John Ernest

Tous les systèmes racinaires ne sont pas équivalents, comme on le voit sur cette image.

Les plantes qui vivent bien dans notre climat changeant (et parfois extrême) disposent d’un bon ancrage qui leur permet d’aller chercher l’eau et les nutriments en profondeur. Ces racines participent également à l’oxygénation du sol, à sa rétention et au recyclage des nutriments assuré par la vie microscopique sous la surface. Autrement dit: un beau sol, bien en santé, rempli de vie, qui se draine bien lors de pluies abondantes et qui ne s’affaisse pas ou ne s’écoule pas avec le ruissellement de l’eau.

Wow! Qui aurait pu savoir que des racines pouvaient en faire autant?

C’est facile d’entretien

Je sais que c’est joli un palmier, mais honnêtement… à quel point vous aimez vous donner du trouble?

C’est pour vous là, mais choisir une plante qui vit dans un climat très différent de celui qu’on a chez nous, c’est de se tirer dans le pied.

Si on veut faire plus simplement, il faut choisir des plantes qui vivent bien toutes seules, dans nos conditions météorologiques.

Voulez-vous arroser tous les jours? Voulez-vous enlever des feuilles mortes sans arrêt? Voulez-vous être déçu chaque fois que vous passez devant vos fleurs en vous disant qu’elles étaient «tellement plus belles sur la photo»?

Pour moi, une paresseuse de compétition, la réponse est non.

Vous commencez sans doute à me connaître, mais ma devise niveau plantes, c’est: vit ou meurt! Si tu n’es pas bien et que tu n’arrives pas à t’en sortir seule (ou presque), voici le compost!

S’acharner à faire vivre une plante est souvent une source de déception: vous vous en occupez beaucoup, elle redevient belle, et dès qu’il y a une nouvelle perturbation (sécheresse ou autre), elle recommence à dépérir.

Des plantes pour nos conditions

Choisissez des plantes qui aiment vivre dans les conditions que vous avez chez vous: ensoleillement, vent, humidité, etc. Vous manquez d’inspiration? Promenez-vous près d’un terrain vague, sur une piste cyclable ou autre et observez. Chez moi, il y a des marguerites, de la chicorée, des iris, des hémérocalles, du mélilot, de la valériane, des asclépiades… Et ça, ce ne sont que quelques fleurs qui poussent autour de chez moi, il y en a des dizaines d’autres. Et si on parle de couvre-sol, de buissons, de verdure, le choix est très vaste.

Mon point, c’est que si ces plantes vivent bien près de la route de béton passante, dans un terrain jamais entretenu ou à côté de mon cabanon, elles seront parfaitement capables de vivre devant chez moi dans un joli arrangement.

Truc de pro: je n’ai pas appris à identifier ces plantes sur un banc d’école. J’ai traîné des livres avec moi dans la forêt, fait des recherches… et un jour j’ai découvert PlantNet: une application gratuite qui identifie les plantes à partir de photos. Ma vie a changé! Essayez-la, c’est gratuit et surprenant d’efficacité.

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Annuelles ou vivaces?

Personne n’est payé pour planter des graines dans le terrain vague. Et pourtant, vivaces, annuelles, bisannuelles et autres se côtoient. Comment est-ce possible?
 
Je sais que ça va être dur à croire, mais… la nature… est autonome! (Je sais, ça fait un choc…)
 
Les graines tombent au sol et germent le printemps suivant. Elles peuvent être équipées d’un petit parachute qui les fait voyager grâce au vent (pissenlit). Les oiseaux mangent les fruits puis les graines sont expulsées plus loin dans un magnifique jet d’engrais (d’excréments). Certains cachent les graines pour l’hiver et quand l’une d’elles est oubliée, elle germe. Les mammifères se retrouvent avec des graines prises dans leur pelage, ce qui les fait voyager et retomber plus loin…

Photo : Herbert

Les façons de promener et de planter les graines sont infinies et nos plantes d’ici ont des graines résistantes qui survivent à l’hiver, aux gels et dégels printaniers, aux inondations, etc.

Tout ça pour dire que si vous plantez de la chicorée (qui est bisannuelle), il y a de fortes chances qu’elle se ressème d’elle-même, comme par magie. Tadam!

Donner des conseils, c’est bien, passer à l’action, c’est mieux!

J’ai un projet cette année: je veux planter des végétaux indigènes devant ma maison en n’utilisant qu’une pelle et ce que je trouverai autour. Pas de pépinière!

Ça risque de prendre deux ou trois ans avant d’être vraiment joli, mais je commence cette année. Voulez-vous me suivre dans ce projet? Que diriez-vous d’une nouvelle vidéo «Les essais et erreurs d’un jardinier paresseux?»


commentaire sur "Plates-bandes indigènes"

  1. Nicole dit :

    Super article, vous me rejoignez dans mes valeurs en faveur de la vie sous toutes ses formes.

  2. Mylène dit :

    J’ai une plate-bande gigantesque qui fait tout mon terrain arrière.
    Elle contient des sections de fleurs, arbres, arbustes indigènes.
    Ça virevolte été comme hiver.

  3. Rachel Lesage dit :

    Beau projet! J’aimerais le suivre!

  4. Dave dit :

    c’est, oui pour la vidéo de suivi!

  5. Josée dit :

    Ben oui!

  6. HUGUETTE DUVAL dit :

    Ça m’intéresse au plus haut point parce que je prends de l’âge et que mon corps ne suit plus comme avant.
    C’est oui pour la video de suivi.

  7. Marie Claude Bergerin dit :

    Très intéressante, comme toujours , bravo , oui j ai déjà des plantes indigènes, mais tu me donnes le goût d en essayer de autre , merci Audrey

  8. Monique dit :

    Oui je veux vous suivre.

  9. Jacinthe dit :

    Oui! Oui! Et oui! C’est déjà un peu comme ça chez moi… j’apprends à reconnaître ces plantes et je m’émerveille! J’ai des asclépiades communes qui sont apparues depuis quelques années… je croise les doigts que des monarques les visitent… Hier j’ai enfin identifié la ronce odorante qui s’est invitée chez moi et qui fait mon bonheur par sa beauté ainsi que celui des pollinisateurs! J’ai aussi des tussilages pas d’âne (que beaucoup de gens confondent avec les pissenlits), des sanguinaires du Canada déjà en fleurs… J’essaie d’encourager mes voisins à faire la transition vers les plantes indigènes aussi! Depuis plusieurs années, nous avons des hémérocalles indigènes de couleur orange qui poussent sur notre rue (vis à vis des terrains adjacents à la forêt marécageuse) sans aucun autre soin que ceux de la nature… difficile à croire qu’on n’ait pas encore compris leur secret!

  10. Gisele Richer dit :

    oui pour la vidéo 🙂 merci et bon été

  11. Je viens d’aménager à la campagne et ça m’intéresse vivement de mélanger les plantes.

  12. Luci dit :

    Je suis très intéressée par votre projet!
    Je vais vous suivre avec plaisir!

  13. J’adorerais te suivre avec ton jardin de végétaux indigènes.

  14. Sylvie F dit :

    Très intéressant, cependant d’aller piger dans la nature pour garnir ses plate bandes peu abîmer l’environnement. Comme vous disiez si bien les plantes indigènes ont un système racinaire complexe, alors vous risquez plus de les tuer que de les transplanter. Il suffit de penser à l’asclépiade qui est quasi impossible à transplanter et qui pousse dans d’affreuses conditions. Plusieurs plantes printanières ont des bulbes minuscules enfouis très profondément au milieu de racines d’arbres que vous devrez couper pour les atteindre. De plus pour s’établir ces plantes indigènes printanières ont mis DES années à former des colonies Plusieurs pépinières offrent des plants et des graines de plantes indigènes de grande qualité. J’ai pu entre autre me procurer des asclépiades communes, de l’achillée millefeuille indigène blanche, des ronces odorants et plusieurs autres. Si vous tenez absolument à vous servir dans l’environnement de grâce prenez les graines, jetez en à l’endroit où vous les prendrez et plantez le reste chez vous. C’est certain que s’il y a un développement domiciliaire qui est en construction, on se gêne pas pour tenter d’aller récupérer des plantes qui sont vouées à une mort certaine.. Alors ayez conscience des gestes que vous posez quand vous pigez dans l’environnement. Ceci dit une levée de fossé où la ville vient passer la pépine à chaque 2-3 ans fait très bien l’affaire pour aller récupérer des épervières orangées!

    • Sylvie Nault dit :

      À l’aide pour les asclépiades: j’ai acheté des racines, pas poussé, semé des centaines de graines sans faire de stratification, évidemment pas poussé, où puis-je acheter des plants? J’habite Blainville. Merci à tous.

      • Bernier dit :

        Bonjour, Vous pouvez vous procurer des plants chez Aiglon-Indigo, pépinière spécialisée dans les variété indigènes. Sauf que c’est situé un peu loin de Blainville. Par contre, la livraison est offerte. Vous pouvez toujours faire une recherche pour une pépinière du même genre plus prêt de chez-vous. Peut-être la Pépinière Rustique, dans le coin de Sherbrooke je crois. Mais là encore, la livraison est possible.

  15. Alice O dit :

    Très beau projet que je suivrai avec enthousiasme

  16. Nicolette dit :

    Votre projet m’intéresse, je voudrais le suivre.

  17. Suzanne Bonnette dit :

    Je vais suivre votre projet

  18. Pierre Jutras dit :

    Très bonne idée. Je suis toujours content quand je vois une plante indigène s’installer dans mes plates-bandes. Comme la molène faux bouillon on, comme l’été dernier un magnifique spécimen de grande bardane. J’ai hâte de les voir revenir. Et j’ai aussi hâte de voir ce que vous allez trouver chère Audrey. Un gros MERCI!

  19. Aria dit :

    Je vais te suivre avec grand plaisir et curiosité !

  20. Line boudreau dit :

    Merci pour l’offre, je suis intéressé par la vidéo. Nous avons un très grand terrain en campagne avec plusieurs variété de plantes indigène et de conifères . On laisse poussé quelques sections que l’on coupe 2 fois par année. Le problème c’est que le « foin » prend le dessus, les cônes de conifères se plantent ça et là et ça devient une forêt . Pour le reste du terrain on tond mais c’est de plus en plus lourd. Je rêve d’un terrain rempli de fleurs sauvages mais je ne sais vraiment pas par quel bout commencer. Les plates bandes demandent aussi beaucoup de travail. Hâte de voir votre vidéo.

  21. Irène Poudrette dit :

    Très intéressée par votre vidéo sur l’amènagement avec des plantes indigènes.

  22. Zofia Walnik dit :

    Je suis très intéressée par votre projet, alors Oui!!!

  23. Anonyme dit :

    Ay

  24. Anonyme dit :

    Audrey, J’adore tout ce que vous écrivez sur la nature, fleurs, plantes, bibittes et, particulièrement, votre article sur les plantes indigènes.
    J’ai une bonne idée de ce que je pourrais semer dans ma bordure du 19e étage.
    Merci, France

  25. Anonyme dit :

    Je suis partante pour vois suivre dans ce projet. C’est aussi ma philosophie mais je ne sais pas trop comment m’y prendre.

  26. Claire dit :

    Quelqu’un pourrait-il me dire comment se débarrasser de la PHRAGMITE Existe-t-il un herbicide assez puissant et comment se le procurer ? Merci

  27. Hélène Grandmaître dit :

    Super. Je voulais faire la même chose. Oui pour la vidéo de suivi.

  28. Monique Boivin dit :

    Super bonne idée, j’embarque !
    Et merci !

  29. Jo Coderre dit :

    Moi aussi, je veux suivre ce projet. Merci tellement de nous transmettre vos connaissances.

  30. Johanne dit :

    Je dois couper plusieurs vieux cèdres dans mon fonds de cour et ça me donne envie de planter uniquement des espèces indigènes autour, dans cette bande de 25 x 20 pieds. Un petit « sous-bois » sauvage à Laval. Suggestions?

  31. Annick dit :

    Super idée! À ce sujet, j’aimerais qu’on fasse la distinction entre plantes indigènes et plantes introduites spontanément ou échappées des jardins. Au meilleur de ma connaissance, l’hémérocalle orange très répandue n’est pas indigène mais, étant donné sa vigueur, elle s’est échappée en pleine nature. De même, les lythrums poussant maintenant spontanément dans les lieux humides ne sont pas indigènes. On s’est inquiété de ce qu’ils prennent la place des plantes de milieux humides réellement originaires d’ici. Je ne sais pas où en est la réflexion à leur sujet, mais je crois qu’il convient d’être prudent aussi de ce côté. C’est pas parce que ça pousse dans un champ que c’est indigène, les petasites et les renouées du Japon en donnent une illustration frappante: ce sont des tueuses d’écosystèmes! En étant sensibilisé à la question, avec un bon guide d’identification en main comme vous dites, papier ou numérique, ça devrait aider à faire des choix éclairés. De mon côté, je prélève parfois les graines de végétaux indigènes que je souhaite introduire sur mon terrain. Ça demande de la patience, mais ça permet de multiplier les espèces parfois un peu trop éloignées de mon jardin pour attendre que le vent ou les oiseaux fassent le travail… et ça fait de très agréables promenades. J’ai hâte de voir la suite que vous nous offrirez de ce projet, merci à l’avance!

    • Elise dit :

      Oui en effet ! C’est important de faire la différence comme par exemple même le pissenlit n’est pas indigène! Il faut être sûr de nos espèces, en consultant certaines recherches même ou le centre de données Canada Vascan. De plus, si vous trainer une pelle pour en ramasser autour et mettre dans votre jardin, faites attention d’en laisser et de ne pas tout prendre, car certaines sont plus vulnérables que d’autres. C’est en comprenant son environnement qu’on peut mieux le protéger, avec des cueillettes responsables et de s’assurer d’avoir les bonnes espèces. Très bon article merci !

  32. Lise Blais dit :

    Très intéressée surtout pour les fleurs, terrain déjà boisé.

  33. Denise dit :

    Pour ma part je laisse pousser mon arrière court une grande partie de l’été. Quand les marguerites sont fanées, je passe la tondeuse et de nouvelles fleurs prennent le dessus jusqu’à l’automne. C’est ma façon d’attirer les polinisateurs aussi je mets une plante à fleurs très voyante au milieux de ma serre. J’ai de belles récoltes.

  34. Francine Rouleau dit :

    Oui très intéressé à suivre ce projet de plantes indigènes

  35. Louise dit :

    Oui j’aimerais suivre

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