J’ai vu un nouveau produit dans la section des terreaux de ma jardinerie locale : de petits rectangles verts marqués Terreau d’empotage Coco Terro. Il était toutefois difficile de croire qu’il s’agissait de terreau : on aurait dit des blocs de bois emballés de plastique.
Sur l’étiquette, on affichait 10 L. Le paquet que j’avais devant les yeux ne contenait assurément pas 10 L de terreau, mais peut-être 1 L au maximum. J’étais perplexe au début, mais j’ai subitement compris le sens: c’était du terreau comprimé, sérieusement comprimé!
Dans ce petit bloc de rien, il y avait 10 L de terreau, assez pour remplir 10 pots de taille moyenne. Et il y avait d’autres blocs de tailles différentes affichant 1L, 5L et 20L, selon la quantité de terreau dont vous avez besoin.
J’ai pris un des paquets de 10 L dans mes mains. C’était étonnamment léger. Et rigide. (Qui aurait pensé que du terreau pouvait être rigide ?) Aussi, si facile à manipuler. Pas du tout comme un sac de terreau ordinaire qui plie en deux quand on essaie de le saisir par le milieu.
J’ai décidé de donner une chance au nouveau produit. J’en ai mis 4 blocs de 10 L dans mon panier (après tout, j’étais venu acheter du terreau!), l’un sur l’autre : c’était comme assembler des blocs de construction pour enfants. «Ça va être drôlement facile à ranger, j’ai pensé, et occupera très peu d’espace chez moi.» Et ce fut effectivement le cas!
À la maison
De retour à la maison, j’ai mis un des blocs sur mon établi, qui est en même temps ma table d’empotage, pour étudier son utilisation.
Sur l’endos du paquet, il y avait une indication «3 étapes faciles et rapides» illustrée de photos. Il fallait d’abord ouvrir le sac. Et effectivement, en enlevant l’emballage de carton, j’ai découvert que le bloc de terreau était au fond d’un sac translucide quadrangulaire. Je l’ai ouvert et placé sur l’établi. «Ajouter 3 L d’eau», indiquait la note. Ça me paraissait beaucoup pour le mince bloc de terreau au fond du sac, mais j’ai suivi l’instruction. Comme mon arrosoir contient justement 3 L d’eau (une bonne coïncidence, n’est-ce pas?), je l’ai rempli et j’ai commencé à verser de l’eau dans le fond du sac, sur le bloc de terreau condensé et… un miracle s’est produit!
Je n’avais même pas terminé qu’il avait commencé à gonfler. Et il a contiué à gonfler. Et gonfler! C’était une vraie surprise. Bientôt, le sac était presque plein : 10 L de terreau à partir d’un petit bloc de rien du tout : c’était presque magique!
Je me suis promis que la prochaine fois que j’en préparerais, je devrais le faire devant mes petits-enfants : ils auront les yeux ronds de surprise!
Un terreau léger
Le terreau qui en résulte est très léger et égal : aucune perlite ou vermiculite comme dans les terreaux habituels, que des fibres marron. J’ai vite plongé mes mains dedans. C’était plus aéré qu’un terreau classique et ne salissait pas les mains, même sous les ongles, ni les objets. Et le terreau paraissait également humide : il n’y avait aucun besoin de le mélanger. «Ça va être facile à arroser», j’ai pensé.
Par la suite, j’ai procédé au repiquage des semis, puis, comme il restait du terreau, j’en ai profité pour rempoter quelques plantes d’intérieur : exactement comme je l’aurais fait avec un terreau à base de tourbe. Finalement, ce terreau est vraiment facile à utiliser!
Qu’est-ce que c’est?
J’avais déjà deviné que le terreau était fait à partir de fibres de coco, aussi appelé coir. Après tout, le produit ne se nomme-t-il pas Coco Terro? Le terreau est donc préparé à partir de la bourre qui recouvre les noix de coco, fruit du cocotier. J’ai quand même fait quelques recherches sur Internet pour en savoir plus.
J’ai découvert que le distributeur était québécois. J’ai appelé la compagnie Produits Multi-Formes de La Guadeloupe (La Guadeloupe du Québec, pas l’île des Caraïbes!).
Voici ce que j’ai appris :
La fibre de coco est produite au Sri Lanka à partir de résidus de noix de coco et recycle ce qui aurait pu être un déchet. De plus, sa préparation assure aux femmes srilankaises un environnement de travail décent et l’espoir d’une meilleure qualité de vie.
La fibre de coco est lavée, séchée et compressée dans l’usine partenaire de Multi-Formes à Sri Lanka, puis arrive au Québec pré-emballée pour le marché canadien et américain.
Le terreau est essentiellement de la fibre de coco pure, sauf qu’on a rajouté un engrais biologique de démarrage, assez pour assurer la croissance des plantes pendant la première saison : environ 4 à 6 mois. C’est un produit naturel, bien sûr, et aussi approuvé pour la culture biologique, étant en attente d’une certification d’Écocert Canada.
Voici quelques caractéristiques du terreau d’empotage Coco Terro :
• Il est naturellement très aéré et les racines des végétaux peuvent le pénétrer facilement.
• Le terreau d’empotage Coco Terro retient facilement et rapidement l’eau, mais laisse aussi tout surplus s’en drainer. Après la plantation, il s’agit d’entretenir vos plantes comme vous l’avez toujours fait, en arrosant bien dès que le terreau devient sec au toucher.
• Vous pouvez utiliser le terreau Coco Terro pour toutes vos cultures en pot : plantes d’intérieur, semis, jardinières, bacs surélevés et plus encore. Cela fait déjà des années que la fibre de coco est abondamment utilisée pour la culture des plantes un peu partout dans le monde et elle a fait ses preuves comme substrat efficace.
Autres produits
En faisant mes recherches pour cet article, j’ai découvert que Multi-Formes offre d’autres produits à base de fibres de coco aux jardiniers, toujours des produits biologiques certifiés Ecocert.
Par exemple, des pots de fibres de coco produits avec du latex naturel comme liant, parfaits pour les semis délicats, comme ceux de courges et de concombres. Le pot flexible, mais robuste, est biodégradable, laissant les racines le percer quand il est planté en pleine terre. Ainsi, couvert de terre, il se décompose en 3 mois. Si on l’utilise comme pot de culture pour les plantes d’intérieur, laissant ses parois exposées à l’air, le pot durera plus longtemps : jusqu’à 2 ans. Je le vois comme particulièrement intéressant pour les plantes qui préfèrent une excellente aération des racines, comme les orchidées et les anthuriums.
Il y a aussi un tapis de fibres de coco en rouleau qui pourrait servir à couvrir le potager pour empêcher la croissance des mauvaises herbes. Il laisse passer l’eau et l’air, mais pas les plantes indésirables, et aide, de plus, à réduire la perte d’eau due à l’évaporation, et ainsi, la fréquence des arrosages. Ce tapis anti-mauvaises herbes durera environ 2 ans, puis, en se décomposant, enrichira le sol de matières organiques. Ou placez le tapis au pied d’une haie pour une solution très naturelle à l’envahissement des mauvaises herbes et pour garder le sol plus frais.
Je suis bien content d’avoir trouvé ce nouveau terreau biologique et surtout, de ne plus avoir à transporter les lourds et gênants ballots de terreau de 27 kg que j’achetais jusqu’à tout récemment! Je pense que vous allez trouver ce terreau bien commode aussi!

