Pour des tomates sans maladies

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Nos plants de tomate croulent sous les maladies. Source: clipartpanda.com, http://www.barronheating.com & pngtree.com. Montage: jardinierparesseux.com

Indéniablement, les jardiniers qui aiment cultiver les tomates n’ont pas la vie facile. Ce légume, de loin le plus populaire auprès des jardiniers amateurs, est sujet à de plus en plus de maladies et, par conséquent, sa culture est de plus en plus difficile. Quel jardinier n’a pas déjà vu ses plants de tomate jaunir peu à peu, en commençant pas la base, un symptôme classique des maladies comme la fusariose, la verticilliose et le mildiou? Ces maladies sont tellement courantes qu’on ne sait plus à quel saint se vouer quand vient le temps de planifier le jardin estival.

Heureusement, on peut amoindrir les dommages en choisissant des variétés résistantes et en appliquant quelques techniques, cela afin de profiter d’une excellente récolte de tomates juteuses. Voici quelques conseils:

  1. Évitez de planter trop tôt

Les tomates mises en terre quand le sol ou l’air sont encore frais sont plus sensibles aux maladies. Dans ma région (ville de Québec), on peut par exemple rarement planter des tomates avec succès avant la mi-juin. Cultiver des plantes en pot peut aider, car on peut les rentrer à l’intérieur si la nuit s’annonce fraîche.

  1. Faites une très longue rotation

La plupart des maladies des tomates hivernent dans le sol sous forme de spores et sont trouvées là où les tomates ou d’autres plantes de la famille des Solanacées (les poivrons, les pommes de terre et les aubergines, notamment) ont été cultivées. En déplaçant le site de plantation annuellement, on devrait pouvoir alors les éviter.

Pour la culture en pleine terre, la tradition est de faire une rotation de quatre ans. L’idée est que, chaque année, un certain nombre de spores meurt et que donc, après quatre ans, il ne devrait plus rester assez de spores viables pour affecter les plants.

Malheureusement, cela s’avère de moins en moins exact pour les tomates. On trouve encore des spores dormantes, mais bien vivantes, jusqu’à 10 ans plus tard! Logiquement alors, une rotation de 10 ans serait nécessaire pour les tomates… ce qui est presque impossible dans beaucoup de potagers!

Si vous cultivez des tomates en pot, c’est beaucoup plus facile. Remplacez le terreau annuellement (il peut servir pour d’autres plantes qui ne sont pas des Solanacées) et nettoyez bien les pots avec du savon et de l’eau de Javel avant de les utiliser de nouveau et presto! Plus de maladies!

  1. Appliquez des mycorhizes sur les racines
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Application de mycorhizes sur des racines: cela stimule un meilleur enracinement, mais donne aussi une meilleure résistance aux maladies. Source: http://www.timesofisrael.com

On sait que les plantes traitées aux mycorhizes (des champignons bénéfiques) sont plus résistantes aux maladies qui pénètrent les tomates par leurs racines (fusariose, verticilliose, etc.) que les plantes qui ne le sont pas. On peut appliquer des mycorhizes, disponibles dans le commerce, lors du semis, ou encore, sur les racines des plants lors du repiquage. Il est aussi possible d’acheter un terreau qui contient déjà des mycorhizes, ce qui est très pratique si on fait ses propres semis.

  1. Cultivez vos tomates dans un potager surélevé

Un potager surélevé se réchauffe et s’assèche plus rapidement, aidant à prévenir les maladies, la plupart desquelles s’étendent davantage par temps froid ou humide.

  1. Espacez bien les plants

Laissez au moins 60 cm entre les plants de tomate pour permettre une bonne circulation d’air, ce qui assèche le feuillage après une pluie ou une forte rosée, aidant à prévenir l’établissement de maladies.

  1. Paillez les plants

Un paillis organique placé sur le sol autour des plants de tomate (eh oui, il devrait toucher la base des plantes, malgré une légende urbaine qui prétend le contraire!) empêchera les spores de maladie hivernant dans le sol d’être lancées sur le feuillage lors de fortes pluies. Préférez un paillis riche en matière organique, comme des feuilles déchiquetées ou du bois raméal fragmenté.

  1. Arrosez le sol, pas le feuillage
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Si possible, arrosez le sol, pas les feuilles. Source: acti-sol.ca

Plusieurs maladies s’établissent surtout sur les feuilles humides. On peut difficilement contrôler dame Nature, avec ses pluies et ses rosées, mais on peut faire attention de mouiller uniquement le sol en arrosant, pas le feuillage. De plus, un arrosage le matin permettra au feuillage de s’assécher plus rapidement qu’un arrosage le soir, où les feuilles risquent de demeurer humides toute la nuit, ce qui peut plus que quadrupler le risque d’infestation.

  1. Supprimez les feuilles malades

Si, malgré tout, vos tomates semblent avoir des feuilles qui jaunissent, brunissent ou sont diversement tachetées (des symptômes de plusieurs des maladies), supprimer les feuilles atteintes peut ralentir le progrès de la maladie. Portez des gants et stérilisez le sécateur entre chaque coupe avec de l’alcool à friction pour éviter de transmettre les maladies d’une feuille à une autre. Ne taillez pas, toutefois, quand le feuillage est mouillé.

  1. Choisissez des variétés résistantes

Certaines tomates sont naturellement résistantes aux maladies et sont préférables lorsque vous avez eu des problèmes de maladies dans le passé. À cette fin, les producteurs de semences de tomate utilisent des lettres pour indiquer la résistance. Voici quelques exemples :

V                            résistant à la verticilliose
F                            résistant à la fusariose race 1
FF                          résistant à la fusariose races 1 et 2
FFF                       résistant à la fusariose races 1, 2 et 3
A                           résistant à l’alternariose
N                           résistant aux nématodes
PhPhR ou LB    résistant au mildiou
St                           résistant à la stemphyliose
T ou TMV            résistant à la mosaïque du tabac

Donc, les variétés de tomate avec toute une filée de lettres après leur nom, comme ‘Big Beef’ VFFNTA ou ‘Celebrity’ VFFNT, sont d’excellents choix pour les jardiniers ayant eu des problèmes dans le passé. Avant d’acheter un plant de tomate, demandez toujours au fournisseur de vous spécifier ses résistances.

Notez qu’une résistance à une maladie ne garantit pas que la plante ne l’attrapera pas, notamment si l’été est frais et humide ou si le sol est contaminé de spores de maladie, mais qu’elle retardera au moins le début de l’infestation ainsi que sa progression, permettant souvent une récolte très raisonnable.

Un cas spécial: le mildiou de la tomate

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Tomate sévèrement atteinte par le mildiou de la tomate. Source: blogs.cornell.edu

De nouvelles souches très virulentes du mildiou de la tomate (Phytophthora infestans), autrefois un problème relativement mineur, sont apparues au début des années 2010 et sont maintenant disséminées mondialement. Cette recrudescence a pris les semenciers et les jardiniers de court, car, au début, aucune tomate ne semblait résistante à ces nouvelles souches (l’US-23 et, à un moindre degré, l’US-22). Surtout courant dans les régions aux nuits fraîches et humides, le mildiou de la tomate est rapidement devenu la maladie de la tomate la plus dévastatrice dans les régions tempérées, notamment au Canada et dans le nord-est des États-Unis, dans le centre et le nord de l’Europe, etc.

De plus, contrairement aux autres maladies, qui tendent à affaiblir la plante et à réduire la récolte, mais sans nécessairement la tuer, le mildiou peut tuer la plante ou détruire tous ses fruits. Et comme ses spores s’étendent rapidement, apportées par le vent, plutôt que de rester dans le sol là où étaient plantées des tomates au cours des années précédentes, la rotation n’est pas très utile pour le prévenir.

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Fruit atteint par le mildiou de la tomate. Source: www.extension.umn.edu

On reconnaît le mildiou de la tomate par ses symptômes. D’abord, vers la fin de l’été (les anglophones appellent cette maladie late blight [mildiou tardif], car justement elle survient tardivement), des taches brunes s’installent sur les feuilles inférieures et grossissent rapidement jusqu’à ce qu’elles soient complètement brunes. À l’endos des feuilles, ces taches peuvent être couvertes de «mousse» blanchâtre. La maladie monte successivement vers le haut, affectant feuille après feuille. Souvent, les tiges aussi brunissent. Pire encore, juste au moment où le fruit est presque mûr, une ou des dépressions molles et brunes ou noires s’y forment et il n’est bon que pour la poubelle.

Heureusement, il y a maintenant quelques variétés résistantes à ce fléau. C’est notamment le cas de ‘Mountain Magic’, ‘Mountain Merit’, ‘Defiant PhR’, ‘Iron Lady’, ‘Plum Regal’, ‘Juliet’, ‘Jasper’ et ‘Fantastico’. Pour une liste plus complète, allez à Achetez des semences de tomate résistantes au mildiou. Si vous avez eu des problèmes dans le passé avec cette maladie, mieux vaut rechercher une de ces variétés résistantes pour votre jardin estival!20180614A clipartpanda.com, www.barronheating.com & pngtree.com .jpg

 

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4 réflexions sur “Pour des tomates sans maladies

  1. Line Bertrand

    Si je comprends bien nous ne devrions pas mettre les feuilles malades dans notre compost car les spores survivront à nos hivers.

    • Pas nécessairement.

      Les spores du mildiou de la tomate ne survivent pas d’une année à l’autre, du moins, pas dans les climats froids, car elles ne tolèrent pas le gel. Comme mentionné dans le texte, elles doivent être apportées par le vent et viennent généralement alors des serres de production de tomates insuffisamment stérilisées. Les feuilles atteintes de cette maladie peuvent donc toujours aller au compost sans crainte dans toute région où le compost gèlera.

      Et si votre sol est contaminé par des maladies hivernant dans le sol (fusariose, verticilliose, etc.), aussi bien de composter ces feuilles aussi. Car en général, le mal est déjà fait: le sol de presque tout potager où on a cultivé des tomates depuis 10 ans ou moins est déjà contaminé.

      Mais en plus, si le compostage est fait correctement, il détruira les spores. (Je parle d’un compost fini, pas d’un compost encore actif où le travail de décomposition n’est pas terminé.) Et sinon, il faut quand même que les très rares spores survivantes aboutissent au pied d’une plante de la bonne espèce et que, par miracle, ces spores atteignent le feuillage de la plante en question (peu probable si vous paillez vos plantations), sinon, elles ne peuvent pas germer.

      Personnellement, je composte toutes les feuilles malades de toutes les plantes. Si je soupçonnais un risque de contamination chez les tomates, il suffirait que je n’en mette pas au pied des tomates, voilà tout!

  2. Tomate urbaine

    Lorsque l’on met en terre nos plants de tomates, à quelle distance minimale de l’endroit où on a cultivé des tomates l’année précédente devrait-on le faire? C’est un vrai casse-tête pour moi, car j’ai très peu de soleil dans ma cour. Mais j’utilise des mycorhizes. D’ailleurs combien de temps se conserve une boîte de mycorhizes? Je cultive pour la première fois des poivrons en pots. Je suppose qu’il serait bon de mettre du paillis autour du pied tout comme pour les tomates. Est-ce que cette pratique est indiquée quel que soit le légume? Vous dites que pour la culture en pot, il est préférable de changer la terre. Devrait-on faire la même chose pour tous nos légumes? C’est-à-dire, ne pas planter, par exemple, de la laitue dans la même terre que l’année précédente. Merci.

    • 1. Distance de séparation: difficile à dire, car beaucoup de facteurs interviennent (type de sol, taille de la plante, etc.), mais au moins 1,2 m.
      2. Mycorhizes: les producteurs de mycorhizes mettent généralement 2 ans comme date de péremption, mais en fait, il n’y a pas de limite tant que les spores restent secs et à l’abri du gel et de forte chaleur.
      3. Le paillis est toujours bon pour les légumes, même en pot.
      4. Changer le terreau annuellement: seulement si la plante est très sujette aux maladies. Pour les autres, une rotation de 4 ans est généralement adéquate.

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