Réponses à vos questions: problèmes et solutions pour vos arbres
Olivier de Bohême à tailler
Peut-on faire tailler un olivier de Bohême âgé d’environ 14 ans, car il pousse vraiment en hauteur? Un arboriculteur consulté me dit que cela était possible, mais un autre m’a déjà dit que cela causait un stress pour l’arbre et qu’étêter un arbre mature était déconseillé. Merci de m’éclairer dans ma décision.
Réponse
Cela va certainement causer un stress à l’arbre (aimeriez-vous cela si on vous coupait les bras?), mais cela ne veut pas dire de ne pas le faire. Aucun arbre ne souhaite être étêté, mais c’est votre terrain et si vous jugez que sa hauteur est dérangeante, allez-y. L’arbre réagira en produisant de nouvelles branches très vigoureuses qui demanderont à être taillées de nouveau dans un an ou deux, donc cela devient très coûteux à la longue.
Dans le fond, l’idéal dans une telle situation est d’enlever l’arbre gênant et de le remplacer par un arbre de taille appropriée à votre situation.
Enfin, avis aux autres lecteurs: il faut toujours bien calculer l’espace qu’occupera un arbre avant de le planter. Et n’oubliez pas de prendre en considération autant la largeur éventuelle que la hauteur. Si vous choisissez bien l’espèce selon l’espace disponible, aucune taille ne sera nécessaire et votre arbre poussera en paix et en beauté durant de nombreuses décennies.
D’ailleurs, l’olivier de Bohême est de plus en plus considéré comme une espèce exotique envahissante. C’est peut-être le bon moment pour le remplacer par quelque chose de la bonne taille et mieux adapté au Québec.
Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 24 avril 2010.
Érable de Norvège malade
Je possède un érable de Norvège à feuillage rouge depuis près de 18 ans et il semble affecté par une maladie du tronc. En effet, depuis l’été passé, il perd son écorce par grandes plaques (localisées sur une branche en particulier) et celle-ci est recouverte de petits points rouges. J’aimerais savoir comment traiter ce problème. Un ouvrier de la construction a coupé quelques branches, mais j’ignore si cela a un lien avec la maladie.
Réponse
On dirait que cette branche est atteinte très sérieusement d’un chancre nectrien. Les petits points rouges que vous voyez sont ses sporocarpes. Sur les parties qui ont été tuées par le champignon, l’écorce lève par plaque et finit par tomber.
Cette maladie est embêtante parce qu’il n’y a pas nécessairement une raison évidente expliquant son apparition. C’est vrai qu’elle peut avoir été transmise par la taille, mais il n’y a pas nécessairement un lien de cause et effet. Pourquoi une plante ou seulement une branche est atteinte et pas une autre? Personne ne le sait.
Étant donné l’importance de ce chancre et le risque qu’il s’étende plutôt que de guérir, je serais toutefois porté à dire qu’il vaudrait mieux supprimer la branche malade pour éviter que la maladie s’étende au reste de l’arbre. Par contre, vous pourriez consulter un arboriculteur certifié pour avoir son avis.
Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 2 avril 2011.
Marronnier à l’allure triste
J’ai un marronnier qui donne de beaux bourgeons et de belles feuilles au début de l’été… puis les choses se gâtent: pas de floraison et peu à peu les feuilles qui jaunissent, se tachent de rouille et s’enroulent. Il reçoit du compost, du paillis et beaucoup d’eau. Comment réussir à en faire un arbre magnifique comme celui que j’ai déjà eu il y a une vingtaine d’années?
Réponse
Le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum) n’est pas très conseillé pour notre région à cause de sa rusticité faible (zone 5 b). (Certains auteurs lui attribuent une zone 4 b, mais ils sont un peu généreux à mon avis.) D’accord, il survit sous notre climat, mais est souvent endommagé l’hiver pendant lequel ses boutons floraux gèlent et il ne fleurit pas. De plus, comme le climat provoque un stress sévère, il devient très sujet à différentes maladies, qui enlaidissent ses feuilles l’été.

Vous faites bien de le pailler, car garder le sol humide aide à réduire les maladies. Par contre, votre remarque «reçoit beaucoup d’eau» m’inquiète un peu, car j’ai peur que vous l’arrosiez excessivement. Sous notre climat, l’arrosage est rarement nécessaire sauf pour le potager et les plantes cultivées en pot. Trop d’eau est aussi garante de stress (et des maladies qui s’ensuivent) que pas assez. Avec un bon paillis, des arrosages supplémentaires ne seront que rarement nécessaires.
Que vous ayez déjà eu du succès avec cet arbre ne me surprend pas, toutefois. Certains marronniers d’Inde semblent bien s’implanter dans la région et fleurissent même abondamment. Le problème est que les marronniers d’Inde vendus en pépinière proviennent habituellement d’ailleurs (notamment de l’Oregon) et ne sont nullement adaptés à notre climat. Je vous suggère de récolter quelques marrons d’un marronnier qui réussit bien dans la région et qui ne montre pas de signes de maladie. En les plantant, cela vous donnera de bonnes chances d’obtenir un arbre sain, florifère et assez résistant au froid pour notre zone, la zone 4 b.
Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 3 mai 2008.
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Joyeux Premier-Mai! Aurons-nous du muguet? Au Canada, j’en doute!