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Les paillis font foi de tout dans la nature!

Les paillis! On en parle de plus en plus, et pour cause! C’est qu’il s’agit d’une couche essentielle à la vie végétale. De plus, c’est la vie végétale qui les produit! Cependant, quelles matières végétales conviennent à nos cultures? Quelle culture en bénéficierait? Quelle épaisseur doit-on mettre? À quel moment est-ce nécessaire? Comment doit-on appliquer le paillis? Est-ce encore une mode de plus pour nous faire dépenser?

Autant de questions pertinentes auxquelles je vais répondre en abordant ce thème important sous un angle environnemental et non celui d’une technique de jardinage en compétition avec d’autres techniques qui n’utilisent pas les paillis.

Photo: Lara Jameson

Le paillis sous l’angle environnemental

La nature fait bien les choses! Elle démontre chaque jour, et partout sur la planète, qu’elle prend soin des végétaux de manière à ce qu’ils soient autonomes dans des écosystèmes où tous les êtres vivants impliqués trouvent leur compte. De la plus petite bactérie jusqu’au précieux ver de terre, toute cette vie contribue à la vie des autres dans un équilibre qui assure la vie à perpétuité.

Pour assurer cet équilibre, il y a des lois à respecter! Une société sans lois et sans règles deviendrait le chaos. En jardinage et en horticulture, c’est pareil! Si l’on transgresse des lois fondamentales en environnement, les problèmes surgissent et, avec eux, la consommation de produits pour tenter d’y remédier.

Les bonnes utilisations du paillis

L’utilisation de paillis fait partie du respect de ces lois fondamentales en environnement! Les paillis sont d’ailleurs la base même de tout l’écosystème bénéfique aux végétaux. Ils font partie du grand cycle de la vie. Dans un cycle, il n’y a ni début ni fin, cependant pour les besoins de l’article, considérons le paillis comme point de départ de ce cycle.

En nature, la matière végétale forme une couche de protection. Photo: Thesupermat

Dans la nature, lorsqu’une matière végétale meurt (feuilles des arbres, aiguilles de conifères, herbes dans les prairies), celle-ci se retrouve au sol et forme une couche de protection. Bien que les plantes d’où elle provient ne s’en servent plus, il n’en demeure pas moins qu’elle leur est encore très utile: elle devient une couche de protection pour la vie dans la terre, pour régulariser la température du sol et pour éviter que l’eau du sol ne s’évapore.

C’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas tout! Un rôle primordial et trop souvent ignoré dans le monde du jardinage est que les paillis dans la nature deviennent inévitablement la nourriture des propres plantes les ayant produits.

Le cycle de vie de la nature

Les plantes dans la nature n’ont pas besoin de se rendre au magasin pour s’acheter de l’engrais, du compost, des mycorhizes et autres, comme nous le faisons. Un jour, je me suis demandé s’il serait possible de prendre soin de mes plantes de la même façon que la nature le fait?

Photo: Getty Images

La première évidence que j’ai reconnue en observant la nature, c’est que partout où il y a des végétaux sauvages, il y a toujours trois couches de matière: le sol, l’humus recouvert d’une couche de végétaux morts ou vivants. C’est toujours comme cela dans la nature! C’est comme un pâté chinois (steak, blé d’Inde, patate), ce mets connu des Québécois, mais qui l’est moins ou pas du tout pour nos lecteurs d’outre-mer.

Trois couches distinctes et ayant des rôles bien définis et surtout très essentiels, c’est ce qu’il faut retenir! Il est donc logique d’avoir une couche de surface constituée de végétaux, morts ou vivants, qui cache le sol (paillis ou plantes couvre-sol). 

Lorsqu’on cultive des plantes d’une saison, tels les légumes et fines herbes ou des fleurs annuelles, il est impensable de mettre des couvre-sols, car ils n’ont pas le temps de s’établir. Alors il reste l’utilisation de paillis. Mais lesquels?

Quel type de paillis choisir?

Photo: Africa Images

On peut s’en faire proposer de tous les types… Quelles doivent donc être les qualités d’un paillis pour qu’il soit adéquat et joue tous les rôles que la nature lui fait jouer?

*Notez que le paillis de feuilles peut aussi être utilisé sur les cultures de plantes herbacées, car son rapport carbone/azote est relativement équilibré.

Les matières qui répondent à ces 6 qualités se retrouvent facilement dans la nature, dans notre environnement. Si, pour sauver la planète, on se doit de réduire la surconsommation, voilà donc un moyen de le faire en profitant de ce que la nature nous donne! Feuilles des arbres, herbes de toutes sortes, y compris les plantes aquatiques qui se compostent au fond de nos lacs au lieu de dans nos jardins, résidus de culture, aiguilles de conifères, copeaux de bois, BRF, autant de matières qui nous entourent. Il s’agit de choisir la bonne matière pour la bonne culture!

Maintenant, l’épaisseur!

On entend souvent dire qu’il faut mettre 5 à 10 cm de paillis. Je me suis souvent demandé: «Mais d’où vient cette affirmation?»

Sur le plan de la logique environnementale, je n’ai jamais vu dans la nature aussi épais de feuilles ou d’aiguilles dans les forêts et autant d’herbe morte dans les prairies sauvages! Imaginez pailler de 10 cm de matières vos petites carottes dans le jardin ou vos petites fleurs annuelles dans vos plates-bandes!
La nature n’ajoute qu’une fine couche de matière, rarement plus de 1 cm par année, mais elle en ajoute à chaque année, créant ainsi une superposition de matière à des stades différents de décomposition, apportant ainsi de la nourriture sur une base régulière, mais non excessive aux végétaux.

Photo: Getty Images

Qu’arrive-t-il lorsqu’on utilise de 5 à 10 cm de paillis?

Devant cette évidence de la nature, la seule raison que j’ai trouvée et qui justifierait l’emploi de tant de paillis serait de répondre à cette tentation forte de notre système économique à surconsommer des produits qui se vendent.

Pailler son potager est aussi très utile. Photo: Getty Images

Mes recommandations

Pour conclure, voici mes recommandations:

Bon jardinage!

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