Nouvelle carte de rusticité des plantes du Canada
Quand on choisit des plantes pour son jardin, on prend en compte toutes sortes de facteurs: l’ensoleillement, le type de sol, l’humidité, etc. Mais le plus important, surtout pour les jardiniers nordiques, c’est la rusticité: la capacité d’une plante à survivre à l’hiver dans sa région. Sans connaître la rusticité d’une plante, on ne peut pas savoir si elle passera l’hiver sans dommage ou même si elle survivra. C’est donc le premier critère à considérer lorsqu’on sélectionne une plante.
Ressources naturelles Canada a mis à jour, en juillet 2025, sa carte de rusticité des plantes du Canada, une première depuis 2014. L’ancienne carte reposait sur les données climatiques de 1981 à 2010, tandis que la nouvelle utilise la période de 1991 à 2020. La toute première carte, publiée dans les années 1960, couvrait la période de 1930 à 1960, suivie d’une mise à jour pour la période de 1961 à 1990. Or, le climat change plus rapidement, particulièrement au Canada, ce qui rend ces anciennes données vite dépassées. Les avancées technologiques permettent désormais de produire des cartes plus précises, fiables et économiques.
Qu’est-ce qu’une zone de rusticité?
Une zone de rusticité indique les conditions climatiques minimales qu’une plante peut tolérer pour survivre à l’extérieur, notamment durant l’hiver. Au Canada, les zones de rusticité sont établies à partir d’un indice multivarié qui tient compte non seulement de la température minimale extrême, mais aussi d’autres facteurs comme la durée de la saison de croissance, les précipitations, l’épaisseur de la couverture neigeuse et la force du vent. Elles sont exprimées en chiffres de 0 à 9, parfois accompagnés d’une lettre (a ou b) pour plus de précision, les chiffres les plus élevés correspondant aux climats les plus chauds. On peut généralement cultiver des plantes adaptées à sa zone de rusticité ou à une zone inférieure (plus froide), mais pas à une zone supérieure (plus chaude). Aux États-Unis, le système USDA repose uniquement sur la température minimale annuelle moyenne.
Ces zones constituent un outil essentiel pour les jardiniers, agronomes et horticulteurs, car elles les aident à choisir des plantes adaptées à leur climat local, augmentant ainsi leurs chances de réussite au jardin ou en culture.
Ce qui a changé
Les résultats de la plus récente mise à jour des zones de rusticité montrent une augmentation généralisée des zones de rusticité au Canada. Dans de nombreuses régions, on observe une hausse de ½ à 2 zones complètes, ce qui représente un changement significatif pour les jardiniers, agriculteurs et horticulteurs. Cette tendance confirme que les plantes autrefois marginales dans certaines régions sont désormais plus susceptibles d’y survivre à l’hiver.
Les plus grands changements ont été observés en Colombie-Britannique et dans le Nord-Ouest du Canada – des régions très sensibles au réchauffement du climat. Quand on compare les données météo de 1961-1990 avec celles de 1991-2020, on découvre que presque toutes les zones qui ont changé sont devenues plus chaudes.
Ce réchauffement est principalement dû à trois variables climatiques intégrées dans le calcul canadien de la rusticité:
- la température minimale du mois le plus froid, qui influence la survie hivernale directe des plantes;
- la durée sans gel, qui prolonge la saison de croissance;
- la température maximale du mois le plus chaud, qui contribue à une meilleure maturation des plantes aimant la chaleur.
Ces facteurs combinés expliquent pourquoi certaines plantes qui peinaient à survivre il y a 30 ans prospèrent aujourd’hui dans plusieurs régions canadiennes.

Et au Québec?
Au Québec, il n’y a pas eu d’augmentation aussi marquée que dans l’ouest du Canada, mais un coup d’œil rapide m’a permis de constater que certaines parties de la ville de Montréal sont maintenant classées en zone 6a, plutôt qu’en 5b. La région de Québec demeure en zone 5a, mais cette zone au climat plus clément s’est élargie autour de la ville.
Consultez le répertoire de rusticité par municipalité pour connaître votre zone. Et chez vous, y a-t-il eu des changements? Faites-le-nous savoir!
Implications pratiques au jardin
Avec l’augmentation généralisée des zones de rusticité, plusieurs jardiniers et horticulteurs découvrent de nouvelles possibilités de culture. Des plantes qui étaient autrefois réservées aux régions plus chaudes deviennent maintenant envisageables plus au nord, puisque la période de croissance est plus longue. Par exemple, la culture de vignes, de figuiers rustiques ou même de certains arbres fruitiers plus fragiles, gagne du terrain dans des régions comme le sud du Québec, l’Ontario ou certaines vallées de la Colombie-Britannique. C’est une bonne nouvelle pour ceux qui aiment expérimenter et diversifier leur jardin.
Mais il faut garder en tête que le climat demeure instable. Malgré la tendance au réchauffement, les risques de gels tardifs au printemps, de canicule en été ou de périodes de froid intense en hiver sont toujours bien présents. C’est pourquoi de nombreux producteurs et jardiniers amateurs préfèrent avancer avec prudence. La porte s’ouvre à de nouvelles cultures, mais il vaut mieux y entrer un pied à la fois, pour ne pas se faire geler!


La carte n’est pas assez zoomable pour répondre à ta question. Mais feu Claude Villeneuve disait que l’érable à sucre se plairait au Saguenay même si ça semblait invraisemblable!
Y sommes-nous? Bravo pour votre excellent travail!
La carte de rusticité est à cette adresse par ville.
PlanthardIness.gc.ca
Nous à sainte Adèle on a monté de B à À.
Nous à Gatineau on est passé de 4b à 5a
Le jardin productif du solognot réduit à néant par la tempête de Juillet tout perdu cause grêle , fortes chaleurs .Trop âgé pour se baisser encore pour un légume , tondeuse naturelle fera son travail (mouton)
Bien désolée d’apprendre cela… Signe qu’on est totalement dépendant de ce climat changeant, n’est-ce pas? Meilleure chance l’an prochain, et aussi bon appétit au mouton! 😉
dans la carte afficher sur le site il n’y a aucune zone 6b à Montréal, De plus sur la carte d’avant il y avait une large bande 5a le long du fleuve de Québec à Rimouski cette bande n’existe plus on voit maintenant du 4b.
À Terrebonne, nous sommes passés de 5a à 5b
À Coaticook, on serait monté à 5a!?
À Coaticook, on serait monté à 5a ! ?
Selon les données par ville Montréal n’aurait pas changé. Elle reste à 5b et les changements sont plus au nord. D’où sort la donnée de 6b?
Le lien suggéré mène à une page Web mise à jour en 2020. La carte porte la date de 2014… Soit le lien est erroné, soit le webmestre est lent sur le piton…
Les cartes complètes mises à jour ne sont pas encore disponibles, encore moins par municipalités. Portez attention aux dates en haut des colonnes du tableau du gouv. ? Il faut croire que le déploiement de l’information se fera par étapes..