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«J’aime la nature, mais pas chez moi»

Vous me connaissez, j’adore la nature. Je me fais un point d’honneur de laisser ma pelouse pousser pour y abriter toutes sortes d’espèces végétales et animales et, cette année, j’avais décidé de laisser complètement la nature reprendre ses droits. Ma devanture représente environ un acre de pelouse… C’est long à tondre et ça n’apporte rien à personne de garder ça en pelouse.

Mais voilà que récemment, j’ai vécu une situation délicate. Ma friche pleine de fleurs sauvages dérange le voisinage, et on me l’a fait comprendre avec plus ou moins de délicatesse.

Des règlements obsolètes

Après avoir consulté la municipalité, j’ai été aberré de voir qu’il y a des normes pour l’entretien de la pelouse qui sont totalement en contradiction avec le respect de la biodiversité. Et, pourtant, on est en campagne et il y a littéralement un champ rempli de vaches à côté de chez moi! Si c’est comme ça en campagne, quels sont les règlements en ville?

Photo: Pixabay

Après avoir fait quelques recherches, j’ai découvert que toutes les municipalités n’ont pas la même réglementation quant à la longueur de la pelouse. En ce qui concerne la mienne, on s’attend à ce qu’elle demeure en dessous des 30 cm, mais pour certaines municipalités ce chiffre est de 15 cm. C’est ridiculement court si on considère que c’est le maximum. Pour éviter de passer chaque fin de semaine sur sa tondeuse, il faut vraiment couper au ras du sol!

Un vent de changement

Mais c’est avec bonheur que j’ai constaté qu’à certains endroits, il n’y a plus de réglementation sur la longueur maximale de la pelouse. Chaque citoyen est libre de choisir ce qu’il veut faire de son terrain: un tapis-gazon qui devient jaune en juillet, ou une jolie friche pleine de vie. C’est le cas notamment à Nicolet et dans certains arrondissements de Montréal où on pratique la coupe différentiée, c’est-à-dire que les bords de rues et certaines parties des parcs sont entretenus, alors que le reste est laissé en friche. Magog envisage également de réviser les règlements de la ville à l’automne.

Comme on dit en bon québécois, «il faut que les bottines suivent les babines». Plusieurs villes, villages, municipalités se vantent d’être «verts», de vouloir végétaliser leurs espaces et d’inviter la biodiversité chez eux. On ne cesse de vanter les asclépiades plantées dans les parcs afin d’attirer les monarques. Et pourtant, quand chez moi j’essaie de laisser pousser tout ce qui veut pousser, pour justement qu’il y ait des asclépiades, des monarques, des couleuvres, des souris, des insectes, je me fais dire que ça ne se fait pas.

Franchement, où est la logique?

Photo: Kristina Paukshtite

Ce que votre pelouse fait POUR VOUS

Outre la biodiversité, il y a d’autres avantages à laisser pousser les végétaux. Est-ce qu’il fait chaud chez vous? Est-ce que votre sol extérieur est poussiéreux? Est-ce qu’il y a beaucoup de mouches et de moustiques?

Devinez quoi! Ben oui, la pelouse longue est la solution!

Il a été démontré que le couvert végétal régule la température du sol en profondeur: plus d’un mètre de profondeur change de température selon la longueur du couvert végétal. Le jour, le sol est plus frais, et la nuit, il reste plus chaud. Ça signifie moins de stress pour vos végétaux, la vie souterraine en général, et un environnement plus contrôlé et frais en été.

Il fait trop chaud dans votre cour? Pas étonnant si vous tondez chaque semaine! C’est comme allumer les sièges chauffants de votre voiture. Avec une longue pelouse, vous gagnerez quelques degrés de fraîcheur. Imaginez ce que cela serait avec une friche!

J’ai consulté plusieurs études et, bien que je n’en aie pas trouvé qui aient été menées au Québec, j’ai pu constater qu’il peut y avoir une différence d’environ 10 C° à 10 cm de profondeur entre une pelouse courte et une pelouse longue.

Source: image.over-blog.com

Ensuite, la pelouse longue ne sèche pas aussi rapidement que la courte. Elle garde le sol plus humide, permettant à l’herbe de rester bien verte, et ce, même en cas de sécheresse. Point bonus: quand le sol est sec et l’herbe courte, au moindre coup de vent, la terre s’effrite et s’envole, recouvrant votre terrasse, laissant les pieds des enfants sales, et causant à la longue des trous dans votre terrain.

Un autre point

Vous et vos poubelles êtes d’excellents lunchs pour les insectes «désagréables». Les prédateurs de ces insectes ont besoin d’un grand territoire de chasse avec des cachettes et de la fraîcheur: votre petit tapis vert n’est pas du tout viable pour eux.

Quand je parle de biodiversité, je fais rire de moi, alors voilà, d’autres avantages plus «accessibles». Mon tapis d’entrée n’est jamais boueux, et mes chiens adorent se coucher dans l’herbe longue et fraîche quand ils m’accompagnent au jardin. Est-ce qu’ils vont à l’ombre des arbres plus loin? Non! Le sol est assez frais pour qu’ils soient confortables partout. Enfin… plus maintenant que j’ai dû dépenser 50$ d’essence dans mon tracteur pour couper tout l’avant de la maison…

Le côté «caché» que je n’ai pas tondu
vs ma devanture…

Mon terrain, mes valeurs, mes convictions

Bref, je suis dégoûtée du massacre que j’ai dû faire. Vous avez des enfants qui jouent dans la pelouse, vous aimez le gazon tondu: PARFAIT, coupez-le. Mais chez moi, c’est chez moi, et j’entends bien faire mes propres choix et mettre de l’avant mes propres valeurs.

Vous pouvez être certains que je vais consulter la municipalité pour voir si on peut emboîter le pas aux villes visionnaires qui autorisent les îlots de biodiversité. (Ça sonne ridicule, non? «Autoriser» la biodiversité…) D’ici là, sachez qu’une magnifique haie sauvage s’élèvera tout autour de mon terrain: de jolis buissons et des arbres qui cacheront la vue de mon horrible terrain au reste du monde.

D’habitude, j’aime bien finir sur une note positive, une touche d’humour ou quelque chose à méditer, mais là, je ne sais pas…

Ah oui! J’ai trouvé: je vais terminer par le slogan de ma ville. Vous êtes prêts?:

Habitez la nature.

Quelle ironie, n’est-ce pas?


commentaire sur "«J’aime la nature, mais pas chez moi»"

  1. Bonjour Audrey et désolée qu’on vous oblige à un massacre, inesthétique en plus.
    Les normes périmées changent si lentement quand il n’y a pas de prise de conscience profonde, ni suffisamment de gens qui les combattent.
    Vous avez trouvé une belle solution, votre haie sauvage compensera et offrira certainement un refuge idéal à la vie naturelle, en plus d’être un rempart où votre pelouse sauvage pourra s’en donner à cœur joie protégée des regards obsolètes !
    Bon courage.

    • J’essaie aussi de me débarrasser de la pelouse en façade, en ville, dans un nouveau milieu malgré les pelouses bien rases et vertes. Seulement deux voisins ont des arrangements sans aucune pelouse. Je comprends cependant que les villes doivent demander de couper l’herbe le long des routes/rues et dans les champs abandonnés à cause de la présence de la très détestable “herbe à poux”. En plus de la crainte des tiques.

      • Chantal haché chocomimosugar@gmail.com

        L herbe a poux pousse à cause de nos massacre du milieu naturel,si les plantes indigène reprennent leur place ,le sol devient impropre à cet espèce

  2. J’essaie d’avoir une devanture acceptable pour mes voisin, Mais certainement pas une réplique de terrain de golf comme 98% de mon voisinage. J’expérimente le trèfle avec de petit ilot d’arbuste. On ma fait comme commentaire que ca fait rustique, je lai pris comme un compliment. Lache pas Audrey tiens ton bout et implique toi au conseil municipal. bonne journée

  3. L’humain peut être si bête parfois… Go pour faire bouger les choses à la municipalité, et je vous encourage à faire beaucoup de bruit, à impliquer des journalistes! Ça pourrait en encourager d’autres à faire de même, ou encore ça pourrait faire en sorte que des élus ici et là voient spontanément la lumière sans que des citoyens aient à les éclairer…

    • Bonjour,
      Je suis d’accord avec le fait de laisser pousser la pelouse, mais attention avec la hauteur de ta haie, ça aussi est souvent réglementé par les villes.

  4. Tu as raison. Reste le problème des tiques dans les herbes longues. Malgré toutes mes précautions je me fait piquer à tous les ans. C’est stressant à la longue. En plus des précautions recommandées telles que les pantalons dans les bas, manches longues, etc., j’en suis réduite à vaporiser du chasse-moustiques contenant du DEET sur mes vêtements. Je le fais à l’extérieur et je vois le gazon jaunir aux endroits où je m’installe pour vaporiser. Puis ça s’en va dans l’eau du lavage, etc. C’est aussi problématique pour les animaux de compagnie. M’enfin, d’un côté comme de l’autre je me sens déchirée. J’ai fini par choisir de couper mon gazon à environ 3 po et de laisser les déchets sur place et j’ai créé de nombreuses platebandes avec une attention particulière à la biodiversité et à l’environnement. J’ai vu mon gazon s’améliorer grandement et je continue de l’améliorer, et je n’ai pas tous ces problèmes dont tu parles. Muai quand même des tiques dans mes plates-bandes mais c’est un peu plus sécuritaire pour mon petit-fils. Bref, on fait du mieux qu’on peut.

    • Bonjour Maryse, suite à une rencontre avec des chercheurs universitaires, j’ai appris que les tiques ne se tiennent pas tant dans les herbes hautes que dans les arbustes. Intéressant! Car j’ai moi-même affaire avec des tiques chaque année et j’ai même eu la maladie de Lyme, heureusement traitée à temps. Par ailleurs il existe une alternative beaucoup moins toxique que le DEET comme répulsif: c’est l’Icaridine, disponible en pharmacie.

  5. Je voudrais me désabonné svp

  6. Jean-François Cloutier

    Ici à Sherbrooke la ville encourage les pelouse dites écologiques. On nous offre même de planter une affichette pour le signaler. Quel bonheur de sortir ma tondeuse à rouleau pour tondre seulement le petit espace que l’on utilise à l’arrière. À l’avant le terrain est en friche et régulièrement je sème des plantes et fleurs indigènes. Il y a même un organisme qui organise des prélèvements sur des terrains destinés au développement domiciliaire ce qui permet à la population d’acquérir gratuitement des végétaux pour les replanter chez soi.

    Trop lentement, les mentalités changent et c’est tant mieux!

    https://www.sherbrooke.ca/fr/services-a-la-population/environnement/arbres-plantes-et-pelouse/gestion-ecologique-des-espaces-verts

    https://www.laforetquimarche.org/

  7. Je comprends très bien vos revendications et les salue. Mais je suis de la vieille école et pour moi un beau gazon peut être sain, sans produits chimiques et coupé. Visuellement je trouve cela tellement plus beau. En campagne je comprends que le décor s’y prête bien, c’est bucolique mais en ville les maisons très près les unes des autres si un voisin tond et l’autre pas ce n’est vraiment pas joli. Chez moi j’ai trouvé un gros millepattes, une couleuvre se détend depuis 3 ans dans ma rocaille… il y a de la diversité animalière et beaucoup d’insectes. A chacun son opinion dans le respect

    • J’habite au centre ville d’une des plus grandes villes du Québec. Et sur ma rue, presque tout le monde a changé son carré de gazon en un carré de fleurs.

      Certains on des arrangements ordonnés, d’autres, comme moi, ont une philosophie de “je vais planter pleins de fleurs aggressive et elles vont s’organiser entre elles”. Une fois par mois (ou même par année pour certains) ils sortent leurs outils de jardinage, enlève les quelques plantes non voulues et c’est réglé en moins de temps qu’il n’en faut pour sortir la tondeuse.

      Notre rue est une de celle où il y a le plus marcheurs. On se fait complimenter.

      Le plus drôle c’est que ce sont les “slumlord” qui ont une pelouse bien entretenue!

      Donc non, le gazon n’est pas plus adapté à la ville. Le gazon est plus adapté à un climat frais et humide, ce qui n’est pas le cas du sud du Québec!

      • qu’est-ce qu’un slumlord en bon québécois

      • Les slumlords sont les propriétaires de logements qui entretiennent peu leur bâtisse. Ils louent (souvent trop cher) un loyer à peine salubre. Ce sont eux qui ont un gazon bien entretenu!

  8. Bonjour Audrey, bravo pour votre chronique que je lis toujours avec plaisir. J’ai un mini commentaire qui se veut bienveillant : on ne doit pas dire “en campagne” mais bien “à la campagne” . C’est une faute qui est très répandue
    https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/22124/la-syntaxe/les-prepositions/preposition-devant-un-nom/les-prepositions-en-et-a-devant-les-noms-campagne-et-ville

  9. Belle Audrey, comme il est difficile de faire l’unanimité dans ce dossier. Si vous habitez à la campagne, j’imagine que le fait de ne pas tondre la pelouse, ou d’avoir de grands espaces de végétaux libres ne cause aucun problème. Dans un quartier résidentiel comme le mien, je pense que ce n’est qu’avoir du respect pour le voisinage quand on entretient sa pelouse. Sans être un terrain de golf, la nôtre est coupée quand elle doit l’être, et le terrain est traité contre les vers blancs, lesquels dévorent tout ce qu’ils peuvent rencontrer ! Je possède une pelouse bien entretenue, certes. Mais j’ai aménagé partout de splendides plates-bandes remplies de fleurs et de végétaux qui attirent une infinie multitude d’abeilles, d’oiseaux et de papillons. Et j’en prends un soin jaloux. Je considère que ma pelouse tondue, comme celle des mes voisins, est bien peu de chose, comparativement à tous les végétaux et arbres plantés dessus. Et mes tout-petits ne craignent pas les tiques. C’était mon opinion, en toute modestie. Dame Nature comprendra.

    • Je n’ai pas une aversion radicale de la pelouse, pas d’inquiétude ! Mon point est plutôt que chacun fait ce qu’il veut chez lui, dans la mesure de ses convictions et du possible. Évidement, les gens avec enfants gardent ça court, et c’est parfait! Si on aime l’esthétique de la pelouse, libre à nous d’en avoir une bien verte et entretenue. Je ne juge aucunement les choix des autres, surtout quand ils ont des beaux îlots de nature en plus!

  10. J’ai un voisin qui laisse son terrain en friche et j’avoue que je n’aime pas ça
    D’accord pour ne pas le couper en avril, mais rendd
    Gd

  11. Quelle affaire! Bien désolée que l’histoire se termine ainsi pour ton coin nature. Oui, je pense aussi que les municipalités doivent absolument revoir tous les règlements désuets le plus rapidement possible. Quand on voit toute la belle vie qui habite les lieux en friche, on ne les regardent plus de la même façon. Des fois il s’agit tout simplement de planter quelques arbustes et quelques fleurs annuelles au travers pour changer le look et faire en sorte que ça ait l’air voulu que ce soit comme ça et non un lieu abandonné.

  12. Super article comme toujours! Je demeure en ville. J’ai tout retiré le gazon devant chez moi. J’y ai planté une grande variété de plantes qui ne nécessitent que peu d’arrosages et d’entretien. (variétés de sédum, lavande, rosiers rustiques, etc. ) Les passants me disent que c’est très joli…toutefois les moufettes et raton-laveurs sont partis chez mes voisins faute de vers blanc. Les abeilles semblent quant à elles bien contentes.

  13. Intéressant et judicieux !

  14. Comme nous partageons un espace mitoyen, nous avons emménagé notre côté avec différents arbustes, rosiers, lilas sur tige, hydrangées, spirées, hostas, echinacées, rudbekias, houx et un grand sapin bleu couronne le tout!
    Tout fleurit et les couleurs se multiplient.
    Bref! Notre côté a 10 minutes de gazon à tondre au lieu de 40 minutes chez le voisin.
    Bon été!

    • Tant d’hypocrisie et de “paraître ” dans le slogan judicieusement cité par Audrey. Et puis, ne devrait-on pas un peu moins “habiter la nature”, et se laisser davantage habiter par elle ?

  15. Bonjour Audrey,

    Félicitations pour ta chronique ! Je suis tout à fait d’accord avec toi. J’aimerais juste suggérer une deuxième solution pour les amateurs de prairie fleurie : faites des sentiers bien visibles (par exemple, avec du paillis). Dès qu’il y a une plate-bande et un sentier, même si c’est en friche, on dirait que les gens sont plus tolérants.

    Aussi, pour finir sur une note positive, même s’il est désarmant de voir la lenteur à laquelle les choses évoluent, rappelez-vous comment un potager en devanture choquait il y a 5 ou 6 ans… et aujourd’hui, le parlement de Québec arbore fièrement son potager en devanture. Il y a donc de l’espoir !

  16. Le seul carré de pelouse que j’entretien à l’occasion est le devant de ma maison. Dans ma cour, j’ai une partie de mon terrain qui n’est pas en jardin recouvert de trèfles et de pervanges. J’ai des pivoines, des rosiers, des hostas et des iris dans quelques plates-bandes. Ma cour est bordée d’un côté par une haie de caraganas que je taille rarement et de l’autre par un ensemble de caraganas, de seringas et de lilas. J’aime le côté sauvage de mon terrain d’autant plus qu’il se débrouille très bien sans moi.

  17. Bonjour, j’adore votre article, pourriez-vous m’expliquer ou me donner une référence pour comprendre pourquoi une pelouse longue aide à avoir moins de moustiques? Ça c’est l’argument qui fera pencher la balance chez nous!

    • Dans la nature, tout est une question d’équilibre. Les insectes, comme les animaux, s’installent où il y a de la nourriture et un milieu pour se reproduire. Dans le cas des moustiques, les femelles se nourrissent de sang, les mâles de nectar, et les oeufs sont pondus dans l’eau stagnante. Si la pelouse est courte, elle absorbe moins d’eau et des flaques peuvent se créer quelques jours, lieu idéal pour la ponte.

      Si au contraire, vous avez un éden, les mouches, les abeilles, les bourdons, les papillons, et pleins d’autres animaux viendront s’installer chez vous. Arbres, fleurs, pelouse longue et une grande variété d’insectes, logiquement, ce qui suit, ce sont les prédateurs. Certains sont des insectes, d’autres des mammifères, oiseaux, amphibiens ou reptiles. Une chose est certaine: si vous avez une plus grande diversité, les moustiques seront beaucoup moins dérangeants. Moins d’endroit où se reproduire, plus de prédateurs, et en plus, ils pourraient décider d’aller piquer les autres animaux à sang chaud. Vous ne les éradiquerez pas, mais vous pouvez en diminuer le nombre, ainsi que l’intérêt qu’ils vous portent.

  18. Ironique tu dis? Ce matin même je me suis fait réveillée par le voisin qui passe la débrousailleuse! J’habite en pleine campagne sur une petite rue sans issue et derrière chez moi c’est la forêt. Nous ne sommes que 4 à vivre ici à l’année. Les autres (4) ne viennent que très rarement (trop de mouches qui disent), ce sont des chalets. Mes voisins d’en face viennent à toutes les semaines uniquement pour passer le tracteur à gazon. Ils restent 2 jours et repartent après avoir tout coupé. Hier ils ont passé le tracteur et aujourd’hui la débrousse. Quand ils ont fini il ne reste plus rien. Pas un seul grain d’herbe qui dépasse, pas d’arbre, rien. Un grand désert. Comme tu dis en juillet ça va être jaune et chaud. Chez moi c’est tout l’inverse. Je ne coupe RIEN. Pour eux c’est une aberration. Pour moi c’est un bonheur de voir toutes les choses incroyables qui poussent sur mon terrain. Ben oui c’est le fouillis, mais un beau fouillis. J’ai des fleurs sauvages de toutes sortes et des arbres et arbustes fruitiers au grand bonheur des oiseaux. En bonus je peux récolter plein de choses pour me faire des tisanes et des confitures. Quel bonheur! Pour avoir la paix j’ai donné la permission à mes voisins de couper la bordure près du chemin adjacente à la rue. Ils se font un plaisirs de la couper mais de l’autre coté de la clôture c’est mon paradis!

  19. Désolant d’avoir dû couper toute cette belle végétation printanière…
    Suggestion : Couper à la tondeuse le pourtour de l’espace-champ pour faire un chemin assez large pour y déambuler (pour satisfaire les fonctionnaires de la “propreté”) et quelques autres sentiers à travers le “pré fleuri”, genre dédale-labyrinthique planifié selon votre créativité… Ceci réduirait le temps de coupe et deviendrait un jardin “entretenu” en plus de permettre de cheminer pour admirer les plantes, les oiseaux et les insectes qui vivent en milieu naturel.
    Hâte de voir des photos !!!

  20. De mon côté, mes voisins m’ont suggéré de venir appliquer un herbicide sur mon terrain, (qui est aussi mon potager), parce que mes pissenlits les dérangent! Impossible d’y ajouter des arbres fruitiers puisque lorsqu’ils appliquent leur ”traitement” les arbres en subissent les contrecoups. C’est triste…

  21. J’ai constaté que les adeptes de la biodiversite l’étaient bien avant que le sujet devienne populaire.

    Les motivations leur appartiennent.
    Pour ma part, je préfère offrir une belle floraison à longueur de saison aux pollinisateurs.
    Je respecte chacun de mes voisins dans leurs différences. Je ne suis pas sans en souffrir. Je priorise la bonne entente.

  22. Je te comprends à 100%, j’habite la campagne également et des signalements anonymes, j’en ai pour bien des niaiseries. Les gens disent qu’une pelouse coupée à ras qui ressemble à une phase terminale “Ça fait propre…”. Comment oses tu, toi humain qui est en relation de parasitisme sur cette belle planète que tu détruis, dire que la nature est salle et que l’œuvre destructeur d’un parasite est propre?

    Je suis quand même graduée de l’université Laval et comme toi, j’ai des bons points pour argumenter. Malheureusement c’est presque toujours la croyance populaire qui l’emporte sur la science.

  23. É’arpillez des arbustes fruitiers au travers….

  24. Bonjour,
    La pelouse, ça fait jaser! Je me souviens que mon papa laissait certains endroits de la pelouse non tondus et faisait des sentiers au travers avec la tondeuse. C’était bien joli! Mais il n’y avait pas de tiques là- bas. Ici, en Estrie, cela peut être problématique.
    Mais sur un grand terrain, je le ferais car on n’a pas besoin de marcher partout et personnellement, je trouve ça moche un grand espace tondu et vide!
    La compagnie Bionik est en train de mettre au point un mélange de graines pour faire un gazon fleuri. La différence avec le pré fleuri c’est que les fleurs ne dépasseront pas 10 pouces environ je crois. A surveiller!
    A la maison, j’ai fait un grand cercle où je ne tond pas sauf une fois au printemps, et au centre, j’ai mis un bac d’un pied environ avec un mélange de pré fleuri et quelques marguerites des champs. C’est sauvage et encadré à la fois. Au centre du bac, il y a un poteau avec des pancartes de différents couleurs avec des directions ( villages ou lieux alentours) question de mettre un brin de folie ?
    Il y a toujours moyen de trouver un compromis!
    Bon été à tous!

  25. Très intéressant! Je suis désolée avec vous 🙁 Bonne bataille! Je pressens que vous serez gagnante!!

  26. Dans ma ville en Illinois, beaucoup de résidents ont trouvé un truc très esthétique pour contourner les restrictions assez strictes .
    Ils ne tondent que le pourtour de leur terrain en laissant un ou plusieurs îlots plus ou moins grands au milieu. Le résultat est d’apparence naturelle et soignée.

  27. J’aime bien l’expression “d’apparence naturelle”; prairies naturelles, préfleuris et autres sont, certes, de belles façons d’introduire plus de biodiversité que le “beau gawzon”. Mais, juste pour être bien conscient de ce dont on parle, au sud du Québec, les seuls milieux vraiment naturels sont la forêt et certains marécages. Tout le reste, le “beau gawzon” comme les prés fleuris, ce sont des milieux d’apparence plus ou moins naturelle qui sont créés et entretenus par l’homme à sa convenance….

  28. J’ai installé une haie sèche il y a peu. Et c’est incroyable à quelle vitesse elle a été adoptée par la faune locale. Des grenouilles s’y sont installées en moins d’une semaine.
    J’avoue que l’esthétique risque de ne pas convenir aux amateurs de gazons parfaits… Mais peut-être qu’en en installant une en retrait, en jouant avec une haie vivante qui ferait aussi le bonheur des oiseaux, tu retrouverais un bon moyen d’accueillir la biodiversité, tout en satisfaisant les yeux du voisinage. De plus, les haies sèches sont fabriquées avec des “déchets” de jardin et on peut leur donner la forme que l’on veut. Elles sont souvent utilisées en permaculture pour faciliter les aménagements de terrain et amener des auxiliaires au potager.

  29. Ça fait 2 ans que je plante des vivaces si possibles indigènes et bonne pour la biodiversité locale sur mon terrain en avant. Ma maison est patrimoniale et a cette époque, la pelouse c’était pas vraiment la norme. Bref, je revisite le côté champêtre. Cette année j’ai découvert la subvention de la ville de Laval (oui oui Laval, la ville du béton et de l’asphalte pour le tout-à-l’auto) pour justement permettre aux citoyens d’enlever leur pelouse et de favoriser la biodiversité. Comme quoi, c’est un mouvement en cours. Seul bémol, faut être aménagiste ou grand lecteur-trice du blogue jardinier paresseux pour respecter tous les critères.

    Bon courage avec les contrôleurs de pelouse et de l’esthétisme de ton côté

  30. Chère Audrey, pas facile de plaire à tout le monde… Je suis entièrement d’accord avec toi !
    Depuis cette année, la municipalité nous a permis de ne pas tondre en mai: je n’ai pas attendu leur OK pour laisser pousser les pissenlits & autres plantes indigènes ( & je n’étais pas la seule) car le déclin des abeilles est plus que préoccupant. Aux “gawzons” rase-mottes, je préfère accueillir sur mon terrain tout ce que la nature y apporte généreusement. Et je n’utilise pas d’herbicides puisque ces produits sont dangereux: Mr. Larry nous a bien appris sur ce sujet. Un jardin à l’anglaise, c’est magnifique !

  31. Allo chère Audrey….pour te dire que je suis entièrement d’accord avec toi.

  32. Depuis plus de 20 ans, j’entretiens avec amour une “pelouse” composée de trèfle blanc, fraisiers sauvages, pissenlits et autres espèces qui n’ont rien à voir avec le paturin de mes voisins. C’est parfait, ça reste toujours vert, ça ne demande pas d’entretien à part une petite tonte decente de temps en temps. Or, la municipalité, après avoir massacré une partie de mon terrain en façade pour des travaux, m’a imposé du gazon en plaques qui, d’une part jure avec ma pelouse très mixte et qui, d’autre part demande des arrosages fréquents. Comme je n’ai pas passé mes soirées à gaspiller de l’eau potable, eh bien je me suis faite engueuler parce que ça a jauni! Et dire que ma ville se targue de prioriser les pratiques écologiques… Je trouve ça aberrant.

    Finalement, pour avoir la paix, j’ai profité de la meteo pluvieuse pour jeter un sac de semence de trèfles sur le fameux gazon… D’ici peu, ça devrait être assez vert pour ces ayatollahs du gazon!

  33. Bonjour,
    Ce n’est donc pas une “pelouse” mais un “grand massif de fleurs sauvages”. La distinction libère donc de l’obligation de racourcir les plantations fleuries en train de pousser. Qui dirait le contraire ?

  34. Joanne Boissonnault

    WoW les municipalités devraient permettre moins de pelouse merci

  35. La tradition gazon vert subit un changement rapide à Québec: remplacée par des jardins de devantures comprenant fleurs, couvre-sol, arbustes, graminées, etc. Et on n’y parle plus de limite de 30cm. L’esthétique, la biodiversité, les plantes indigènes qui cohabitent avec les vivaces, asclépiade s et compagnie. C’est à voir et les tontons macoutes de la règlementation n’ont qu’à aller se rhabiller. Pourtant, à Trois-Rivieres, vous risquez d’être mis à l’amende si un brin d’herbe dépasse 30 cm alors que vous favorisez les pollinisateurs, ménagez l’eau en coupant plus long et laissez plus de place aux espèces indigènes. Les gestionnaires municipaux auraient intérêt à voir ce qui se fait à Québec et à comprendre vraiment avant de réglementer.

    • J’adore tes articles et je suis bien d’accord que c’est ridicule de raser un aussi long terrain. Ma municipalité est beaucoup plus conséquente dans ses règlements et je te souhaite que la tienne révise les siens. Pour ma part, j’ai mis un maximum de végétaux à l’avant, mais je garde des bouts de pelouse aussi parfaits que possible dans un esprit de compromis avec mes voisins. L’arrière, c’est mon terrain de jeu. 🙂

  36. ?? Un beau sujet pour “l’InfoMan” Peut-être ?