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Jasmin: origine, variétés et conseils de culture

Photo par Kenpei

Qu’on s’en serve pour parfumer le thé, le riz ou le parfum, le jasmin a une l’odeur florale riche et sensuelle que plusieurs apprécient. Alors que la plupart des plantes à fleurs ne sont pas faciles à cultiver à la maison, plusieurs variétés de jasmin ont fait leurs preuves comme plantes d’intérieur pour les coins ensoleillés (ou, encore mieux, pour ceux qui ont la chance d’avoir une serre fraîche). Voici comment on peut cultiver son propre jasmin d’intérieur!

Origine

Il existe plus ou moins 200 espèces de jasmins. Ce sont des plantes cultivées pour la production de leurs fleurs, mais également des plantes ornementales dans les pays tropicaux. Seulement quelques-unes de ces espèces sont utilisées comme plantes d’intérieur. (On cultive également plusieurs plantes qu’on appellejasmin, à tort, mais seules les plantes du genre Jasminum sont de véritables jasmins.)

Le vrai jasmin fait donc partie de la famille des Oléacées, famille qui inclut également les oliviers (Olea), les lilas (Syringa) et les osmanthes à feuilles de houx (Osmanthus). Les jasmins se retrouvent naturellement dans les régions tropicales et subtropicales – on en voit donc tant en Asie qu’en Afrique, en passant par l’Océanie et l’Europe. Cela explique que les diverses variétés de jasmin demandent des soins différents, puisqu’on les retrouve sous des climats très variés. Les jasmins se sont naturalisés autour du bassin méditerranéen et du sous-continent indien. Malheureusement, certaines variétés ont été reconnues comme invasives à Hawaï, en Floride et en Australie.

Le jasmin est la fleur nationale de la Tunisie. Au Pakistan, la fleur nationale est le jasmin blanc (J. officinale), tandis qu’en Philippine, c’est la variété qu’on appelle jasmin d’Arabie (J. sambac). Une des trois fleurs nationales de l’Indonésie est également le jasmin sambac. Les fleurs font souvent partie des bouquets de mariées dans certains pays asiatiques.

Bien que ce ne soit pas la plante d’intérieur la plus facile à cultiver, le jasmin est une plante extérieure plutôt aisée. Photo par Muffinn.

Description

Les jasmins sont, pour la plupart, des plantes grimpantes, mais certaines sont également sarmenteuses, c’est-à-dire qu’elles poussent dans tous les sens en espérant trouver un support pour avoir le plus de lumière possible. Quand les jasmins sont grimpants, ils arrivent à se fixer grâce à leurs vignes volubiles qui s’entortillent autour des branches et des troncs des autres plantes aux alentours. Les tiges finissent par devenir plus rigides et par produire de l’écorce. Un jasmin peut devenir une plante assez imposante, jusqu’à dix mètres de hauteur pour un étalement de quatre mètres. Les jasmins tropicaux ont un feuillage persistant. Les feuilles de certains, comme J. sambac, sont ovales et opposées sur la tige, tandis que d’autres sont imparipennées, donc chaque feuille est divisée en 5 ou 7 folioles (par exemple, chez J. officinale et J. polyanthum). Les jasmins subtropicaux perdent leurs feuilles durant les mois plus froids.

Avec son port arbustif et ses feuilles non divisées, J. sambac est beaucoup plus facile à identifier par rapport aux autres jasmins qui ont des feuilles rappelant les frondes d’une fougère cheveux d’ange. Photo par David J. Stang.

Floraison

La plupart des jasmins fleurissent allègrement – c’est d’ailleurs pour leur floraison que la plante est connue! La fleur traditionnelle est blanche, en forme d’étoile, avec cinq pétales. Les boutons sont blancs ou rosâtres. Les fleurs dégagent leur parfum la nuit, pour attirer les pollinisateurs nocturnes tels que les papillons de nuit (qui voient mieux les fleurs dans l’obscurité quand elles sont blanches, évidemment). Les fleurs, utilisées dans la création de la précieuse huile essentielle de jasmin, doivent être cueillies la nuit pour en maximiser l’utilisation; l’huile essentielle est d’ailleurs assez dispendieuse, car il faut beaucoup de fleurs pour la produire.

On voit des fleurs jaunes surtout chez les variétés moins tropicales, qu’on surnomme alors «jasmins d’hiver». Cependant, la confusion est facile, car on nomme aussi «jasmin blanc d’hiver» certains jasmins qu’on fait fleurir à l’intérieur durant l’hiver… En fait, dans la nature, les jasmins fleurissent vers la fin du printemps ou au début de l’été. Dans la maison, la plupart vont fleurir l’hiver, car ils interprètent le petit refroidissement de l’automne comme un hiver et commencent alors à produire les boutons pour le printemps qui, dans leurs pays d’origine, survient seulement quelques mois après un tel refroidissement. Malheureusement, aucun jasmin n’est prêt à survivre aux hivers que nous rencontrons au Québec, et encore moins ceux que nous utilisons comme plantes d’intérieur!

J. polyanthum, également appelé «jasmin blanc d’hiver», ou jasmin rose pour ses boutons. Photo par Koichi Oda.

Variétés

La culture du jasmin est très ancienne, c’est une plante qui est appréciée des  jardiniers depuis longtemps. On a d’ailleurs de la difficulté à retracer exactement à quel moment la culture du jasmin a commencé.

Puisque les divers jasmins cultivés à l’intérieur demandent des soins parfois assez différents les uns des autres, ils seront présentés après la section sur les conseils de culture de base.

Fait intéressant, les variétés à fleurs doubles (donc qui ont plus de pétales que les fleurs simples, ce qui les rend généralement plus attrayantes) sont cultivées depuis au moins le XVIe siècle. Photo par Biswarup Ganguly.

Conseils de culture

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Lumière

Les jasmins d’intérieur peuvent survivre comme plante à feuillage dans une lumière vive constante, mais ils ne peuvent fleurir que lorsqu’ils sont sous une lumière intense, avec du soleil direct. Ils ne craignent pas la chaleur des fenêtres les plus chaudes.

Arrosage

Les jasmins croissent assez rapidement et préfèrent avoir un terreau constamment humide (sans que celui-ci ressemble à un marécage – attention à l’eau croupie dans le fond du cache-pot ou de la soucoupe).

Quand ils ne sont pas en période de croissance, c’est-à-dire durant l’hiver principalement ou quand la lumière et les températures sont basses, leur besoin en eau est très réduit et on peut attendre que le terreau sèche sur quelques centimètres avant d’arroser.

Cela étant dit, dès que les bourgeons sont formés ou que la plante est en fleurs, les besoins du jasmin en eau augmentent exponentiellement, ce qui est particulièrement vrai pour les plantes qui produisent une profusion de fleurs, comme J. polyanthum.

En général, on peut donc dire que les jasmins sont plutôt assoiffés.

Humidité atmosphérique

Le jasmin tolère correctement l’air sec de nos maisons, mais préfère davantage d’humidité.

Terreau et rempotage

Un terreau standard pour plantes d’intérieur convient bien au jasmin. Bien qu’il pousse rapidement, il accepte – comme beaucoup d’autres plantes grimpantes – de rester un peu à l’étroit dans son pot avant qu’un rempotage ne soit nécessaire. C’est plutôt lorsque le jardinier ne peut le garder suffisamment humide qu’il faudra songer à changer la taille de son pot.

Engrais

Un engrais tout usage lui convient durant la période de croissance.

Température

La plupart des jasmins acceptent les températures qu’on trouve à l’intérieur, donc entre 16 °C et 24 °C.

Et dehors?

Pour les jardiniers qui ont la chance d’habiter dans les pays tropicaux, les jasmins sont des plantes bien plus faciles à l’extérieur. Ils poussent sous le plein soleil ou l’ombre légère (ce qui peut réduire l’intensité de la floraison) et demandent à être arrosés régulièrement, car ils ont une tolérance moyenne à la sécheresse.
Autrement, ils n’ont pas nécessairement de problèmes de maladie et ne demandent pas de soins particuliers. Ils sont parfois attaqués par les pucerons, surtout les nouvelles pousses.

La plupart des jasmins à fleurs blanches sont tropicaux (zones 9 à 12) et ceux à fleurs jaunes sont un peu plus résistants (jusqu’à la zone 7, mais une protection hivernale est probablement nécessaire). Bien sûr, chaque jasmin a ses particularités de culture.

Attention au jasmin utilisé dans le jardin: il peut rapidement devenir envahissant.

Même les jasmins moins grimpants comme J. sambac (sur cette photo de Chhe) sont plus sarmenteux que buissonnants avec l’âge.

Entretien

Nous en revenons maintenant à la culture du jasmin à l’intérieur.

Sans une lumière ou une humidité suffisantes, la croissance du jasmin peut être étiolée; une taille des pousses terminales stimule la ramification et un port plus dense. (Attention à ne pas couper une branche qui porte des boutons.)

Après la floraison, on peut enlever les fleurs séchées; sinon, celles-ci finiront par sécher et tomber d’elles-mêmes.

Il est recommandé de sortir le jasmin l’été pour qu’il profite de la lumière et de l’humidité accrues.

Comme la plupart des jasmins sont grimpants ou au moins sarmenteux, il est préférable d’ordonner leur croissance débordante à l’aide d’un tuteur. Il sera probablement nécessaire d’attacher les tiges volubiles, mais en ne les serrant pas trop.

Photo de Didier Descouens présentant J. polyanthum. La plante est tellement abondante qu’elle recouvre complètement son support.

Multiplication

On peut multiplier les jasmins sans trop de problèmes en faisant des boutures de tige.

Problèmes

  • Les ravageurs qui peuvent déranger les jasmins sont les cochenilles, les tétranyques, les thrips, les aleurodes et les pucerons (davantage à l’extérieur pour ces derniers).
  • Chute des feuilles: cela veut soit dire que la plante n’a pas assez de lumière (assez fréquent lorsqu’on la rentre après avoir passé l’été dehors) ou qu’elle a été trop arrosée.
  • Jaunissement des feuilles: la plante est stressée, ce qui peut être dû à un changement brusque d’environnement, à une sécheresse atmosphérique trop élevée ou à un problème d’arrosage. Les jasmins sont également plutôt friands d’azote (le premier des trois chiffres indiqués sur les emballages d’engrais) et le jaunissement des feuilles peut être dû à un manque d’azote. Par contre, il vaut mieux ne pas fertiliser tout de suite une plante qui vient de subir un choc.
  • Mildiou: ce champignon affecte les feuilles et laisse une sorte de poudre blanche. Il est mieux de supprimer les feuilles atteintes ou de les traiter avec un fongicide. Il peut être bénéfique d’augmenter la circulation d’air pour prévenir la réapparition de mildiou.

Toxicité

Le jasmin n’est pas toxique.

Si vous voulez utiliser les fleurs, par exemple pour faire du thé, il vaut mieux  les cueillir la nuit, quand elles sont le plus parfumées. On prélève alors les boutons de fleurs enflés, mais pas encore éclos. En revanche, rappelez-vous que les plantes achetées ne sont pas nécessairement produites pour la consommation: assurez-vous de choisir une plante dont vous êtes certain qu’elle n’ait pas été fertilisée d’engrais qui pourraient être nocifs.

Si la plante fructifie, ses fruits ne sont pas pour autant comestibles. Ici, J. fluminense. Gracieuseté du Parc National de Biscayne (Miami, Floride).

Conseils lors de l’achat

Comme pour les autres plantes fleuries, privilégiez une plante qui présente une abondance de boutons et seulement quelques fleurs déjà ouvertes. Cela vous assurera une plus longue période de sa floraison parfumée.

Où placer le jasmin dans la maison? Le mieux, ce serait dans la fenêtre la plus ensoleillée. S’il s’agit, comme chez moi, de la fenêtre de la chambre, voici un petit article sur les fleurs parfumées dans la chambre à coucher.

La question de la floraison

Comment faire fleurir un jasmin? La plupart des jasmins d’intérieur vont avoir des périodes de repos et de floraison assez simples à gérer. Généralement, ils forment leurs boutons et fleurissent l’hiver, poursuivant leur spectacle jusqu’à l’automne et au début de l’été. Vers la fin de l’été, ils se reposent ou se concentrent sur leur croissance et, à la fin de l’automne, reprennent ce cycle. Il y a cependant plusieurs conditions qui favorisent une floraison plus spectaculaire.

La première est de s’assurer que le jasmin ait suffisamment de lumière pour produire des boutons, ce qui signifie de le mettre le plus proche possible de la fenêtre la plus ensoleillée.

Ensuite, une petite période de quelques semaines au frais (pas moins de 15 °C) à l’automne aide le jasmin à «savoir» que c’est l’heure de se reposer, ce qui lui permettra alors de reprendre la production de fleurs. On peut atteindre ces températures en laissant la plante dehors au tout début de l’automne (attention à bien surveiller les températures nocturnes et à rentrer la plante gélive!) ou dans une serre froide. En revanche, éviter les garages et sous-sols sombres: la plante n’est pas en dormance complète, elle a quand même besoin de lumière.

Un engrais riche en phosphore est tout à fait approprié pour les plantes à fleurs. Pour savoir si l’engrais est riche en phosphore, on doit regarder les trois chiffres sur l’emballage (NPK): le premier représente l’azote (N), le deuxième le phosphore (P) et le troisième le potassium (K).

Enfin, il faut se concentrer la lumière: les jasmins sont des plantes à jours courts. Comme les cactus de Noël (Schlumbergera) ou les kalanchoés (Kalanchoe), il faut faire attention à ne pas garder le jasmin dans une pièce éclairée le soir par une lumière artificielle. Si vous avez du succès avec la floraison de ces plantes, sachez que le jasmin est moins dépendant des jours courts que les autres.

Notez que les jasmins fleurissent sur le nouveau bois: une petite taille régulière permet de les garder compacts et de stimuler une floraison. Le mieux est de les tailler à la fin de la floraison, mais avant la période de repos. La question de la floraison est délicate et les différents jasmins ont presque tous leurs particularités. La section suivante aborde justement les différentes variétés plus en détail.

Bien que les boutons soient roses, les fleurs finiront par être blanches sur ce J. polyanthum, une des variétés à la floraison la plus abondante. Photo par Didier Descouens.

Variétés cultivées à l’intérieur et conseils de culture particuliers

On cultive principalement trois variétés de jasmin à l’intérieur, bien que d’autres variétés se retrouvent sur le commerce.

Les jardineries se garnissent parfois de différents types de jasmins, au grand bonheur des collectionneurs. C’est surtout quand on les met côte à côte qu’il est possible de les distinguer. Ici, on peut voir le port plus buissonnant de certains comparativement au port plus retombant des autres. Photo par l’auteur.

Jasminum polyanthum

Le jasmin le plus souvent vu est Jasminum polyanthum, ou jasmin à nombreuses fleurs. On l’appelle aussi jasmin rose, mais ce ne sont pas ses fleurs qui sont roses, seulement les boutons. On le reconnaît à ses feuilles à cinq ou sept folioles qui rappellent un peu les frondes d’une fougère. C’est le jasmin le plus facile à garder en intérieur; il pousse relativement vite et peut atteindre des tailles assez impressionnantes. Avec une coupe de cheveux régulière, sa ramification est facile et la plante est attrayante toute l’année.

Ce jasmin très florifère produit des grappes de longs boutons légèrement roses qui éclosent sur des fleurs étoilées à cinq pétales blancs. Elles sont extrêmement parfumées et peuvent même se montrer un peu trop intenses pour certaines personnes, surtout le soir ou dans une pièce fermée. La floraison dure généralement quelques semaines, durant l’hiver ou au printemps. Les besoins en eau de ce jasmin sont particulièrement élevés durant cette période: il peut demander d’être arrosé plusieurs fois par semaine et son terreau ne devrait jamais s’assécher.

La principale différence de culture du Jasminum polyanthum par rapport aux autres jasmins est son besoin d’un refroidissement pour fleurir. On vise à le garder environ six semaines à des températures entre 4 °C et 15 °C. D’ailleurs, ce jasmin préfère un endroit frais dans la maison, pour des températures entre 13 °C et 18 °C en tout temps. Cela permet à sa floraison de durer plus longtemps. En revanche, malgré sa tolérance au froid, il ne supporte pas les gels.

Voici comme J. polyanthum est généralement présenté dans les jardineries. Photo par Leo Michels.

Jasminum sambac

Un autre jasmin qu’on cultive à l’intérieur est Jasminum sambac, ou jasmin d’Arabie. Cette plante a un port plus arbustif que les autres jasmins, formant un petit buisson sarmenteux plutôt qu’une plante proprement grimpante. On le reconnaît à ses feuilles ovales, qui le distinguent des autres jasmins dont les feuilles sont souvent divisées en folioles.

Le jasmin d’Arabie est définitivement tropical et se plaît à des températures chaudes toute l’année. Il ne tolère pas les températures de moins de 15 °C. Il n’a pas vraiment besoin de période de repos et tend à fleurir sporadiquement toute l’année.

On retrouve quelques cultivars de jasmin sambac, comme ‘Maid of Orleans’, à fleurs simples et très parfumées; ‘Belle of India’, avec des fleurs simples et doubles dont les pétales sont allongés et ‘Grand Duke of Tuscany’ avec des fleurs particulièrement grosses ressemblant à de petites roses, mais moins parfumées.

Le cultivar ‘Grand Duke of Tuscany’, à gauche en boutons (photo par Jayachandranjay) à droite lorsque les fleurs sont écloses (photo par Scott Zona.

Jasminum officinale

Le dernier jasmin facile à trouver est Jasminum officinale. Il possède des feuilles pennées ressemblant à celles de J. polyanthum, qui peuvent atteindre jusqu’à 9 folioles. Ses fleurs blanches en étoile sont aussi plus grosses et parfumées. On le nomme aussi jasmin commun.

Ce jasmin est un peu comme le mélange des deux jasmins évoqués précédemment. Il n’a pas besoin d’une période de froid aussi marquée que J. polyanthum, mais il demande quand même un petit repos au frais. On peut le garder aux températures habituelles dans la maison par la suite. Il tolère mieux les chutes de température que J. sambac, mais devrait quand même être gardé au-dessus de 13 °C.

C’est surtout la taille qui permet de distinguer J. officinale de J. polyanthum; le jasmin commun est plus gros, des feuilles jusqu’aux fleurs.Photopar C. T. Johansson.

Quelques cultivars du jasmin commun ont fait leur apparition: ‘Devon Cream’ ou ‘Clotted Cream’ propose des fleurs aux pétales tellement larges qu’ils s’empilent les uns sur les autres; ‘Inverleith’ a des boutons rouges (mais des fleurs blanches); les feuillages de ‘Fiona Sunrise’, ‘Frojas’ et ‘Sunbeam’ sont entièrement chartreux (particulièrement visible sur les nouvelles pousses) et, enfin, ‘Argenteovariegatum’ a un feuillage panaché.

Attention! Ces cultivars sont souvent destinés à la culture extérieure, où le jasmin est une plante facile. Ce n’est pas le cas à l’intérieur. Il est peut-être mieux de s’en tenir au jasmin entièrement vert pour commencer, car il est possible que même la meilleure lumière soit insuffisante pour nourrir un jasmin panaché ou une plante au feuillage coloré qui, par définition, fait moins de photosynthèse. Photo de ‘Fiona Sunrise’ par Acabashi.

Autres variétés extérieures

Mis à part ces trois variétés, il est rare qu’on utilise les autres jasmins comme plantes d’intérieur. Notons cependant certaines variétés dignes de mention.

Les jasmins à floraison jaune (et moins parfumée), tels que J. mesnyi (gauche, photo par Lionel Allorge) et J. nudiflorum (droite, photo par Famartin), sont plus rustiques, mais pas tout à fait assez pour les cultiver à l’extérieur au Québec; les jardiniers européens auraient peut-être du succès avec eux.
J. beesianum ‘Ruby’ est un jasmin à floraison rose, ce qui le distingue de la floraison typiquement blanche ou crème des autres jasmins. Photo par A. Barra
J. azoricum n’a pas le parfum habituel des autres plantes: ses fleurs sentent le citron.

Si ces variétés ne peuvent être cultivées à l’intérieur de la maison, on peut les garder en vie durant l’hiver en les faisant pousser dans une serre froide et en les sortant au printemps suivant. Toutefois, ce ne sont pas des plantes pour les jardiniers amateurs et encore moins pour les paresseux… Je m’en tiendrai aux trois jasmins d’intérieur évoqués plus haut!

Faux jasmins et autres imposteurs parfumés

Il existe d’autres «jasmins» qu’on cultive à l’intérieur, mais qui n’en sont pas véritablement.

Stephanotis floribunda, ou Jasmin du Madagascar,est la plus commune. Pour plus d’information sur sa culture, voir cet article. Photo par Farhadib.
Trachelospermum jasminoide, ou Faux Jasmin, est une plante de culture similaire au jasmin, demandant beaucoup de lumière et produisant des fleurs étoilées parfumées. Photo par Meneerke bloem.
Murraya paniculata, ou Jasmin Orange, est une plante peu commune de la famille des Rutacées. Elle fleurit toute l’année et se cultive comme les autres agrumes, qui font partie de la même famille. Sa floraison est odorante. Photo par B. Navez.
Gardenia jasminoides, ou Jasmin du Cap, produit des fleurs qui rappellent les cultivars doubles de J. sambac. C’est une plante qu’on retrouve souvent dans les jardineries, mais les gens ont un succès varié à l’intérieur. Photo par James Steakley.
Mandevilla laxa, ou Jasmin du Chili, est une mandevilla blanche. Les mandevillas sont plutôt des plantes de terrasses estivales qu’on peut hiverner à l’intérieur plus que de vraies plantes d’intérieur. Elle fleurit à la fin de l’été. Vous trouverez des informations sur les soins à leur apporter en visitant cet article. Photo par Peganum.

Conclusion

Bien que je ne pense pas qu’il soit bien sage d’en produire du thé, il reste que le jasmin peut faire office de plante attrayante dont les fleurs odorantes raviront les sens. Ce n’est certes ni la plus facile ni la plus difficile des plantes d’intérieur, mais ses caprices de repos au frais en valent la peine dès que ses fleurs blanches commencent à répandre leur parfum!

Photo par Fanghong.

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commentaire sur "Jasmin: origine, variétés et conseils de culture"

  1. Manon dit :

    Bravo, bel article, complet. J’en ai eu un l’an passé, acheté dans une jardinerie en fin de saison. Il avait le mildiou…traitement, et encore traitement, il a fallu que je m’en départisse, je vais m’en procurer un autre. J’adore cette plante avec ses petites fleurs blanches, l’odeur!!!

  2. Sandra Collin dit :

    Merci! J’adore le jasmin. J’en ai presque perdu un, je lui avais fait prendre l’air d’été mais sans soucoupe à sa base, il s’est déshydraté. J’ai fais des boutures avec quelques branches et il a survécu de cette façon. Ses fleurs sentent tellement bon! Merci pour cet article.

  3. Lorraine dit :

    Merci pour cette article

  4. Bernard Tessier dit :

    Très instructif.

  5. Jocelyn Sévigny dit :

    Bonjour,
    Serait-il possible que la page web du début soit entièrement en français. C’est agaçant de voir la moitié en français et l’autre moitié en anglais.

  6. Je suis très contente de vous retrouver.
    Je suis une horticultrice diplômée, excessivement passionnée

  7. Juliette Claire dit :

    Un article complet et fort intéressant. Merci de cette belle recherche, Colin.
    Ayant perdu un Gardenia il y a quelques années, je ne sais pas si je vais faire un nouvel essai.
    Quoi qu’il en soit, j’aurai aimé savoir lequel est le plus facile. J’ai une fenêtre très ensoleillée côté sud ouest.

  8. Marie Proulx dit :

    Bonjour,
    Depuis le 16 mai dernier, je ne réussis pas, depuis mon ordinateur, à atteindre la suite des articles en cliquant sur le lien “continue reading” que vous fournissez dans les courriels. Quand mon curseur pointe le lien, je vois une fenêtre qui contient l’URL, mais rien ne s’ouvre.
    Par contre, quand j’ouvre le courriel par mon iPhone, je n’ai pas le problème : je clique sur le lien et votre page s’ouvre dans mon navigateur.
    Qu’est-ce qui a changé?
    Merci!

    • Stoquart Monique dit :

      Bonjour,
      Merci pour cet article. J’ai un Jasminum polyanthum depuis plusieurs années (plus ou moins 10 ans) Les premières années (3 ans?) il a bien fleuri mais depuis, il fait de la verdure mais plus de fleurs. Il est en pot à l’intérieur (Belgique) et passe tout l’été dehors. Que puis-je faire pour le faire refleurir?
      Merci de votre réponse

      • Mathieu Hodgson dit :

        Vérifiez également que les racines ne sont pas à l’étroit et rempotez si nécessaire. Ils préfèrent une température fraîche en hiver (entre 10 et 15°C). Gardez le sol légèrement humide sans le détremper, réduisez l’arrosage en hiver, et fertilisez lorsqu’en période de croissance. Taillez-le après la floraison pour encourager la croissance de nouvelles tiges.

  9. Andree desrosiers dit :

    Quand on cultive les légumes dans les bacs en bois surélevé. Si il y a une pluie abondante. Est cecqu il faut couvrir les vais. Ou bien l eau va s ecouler?
    Merci et bonne journée

    • Mathieu Hodgson dit :

      normalement l’eau se drainera. Si ce n’est pas le cas, il y a peut-être un problème au niveau de la structure du sol.

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