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À chaque mois sa plante, janvier 2024 : le Mesembryanthemum cordifolium

Photo par Noric Couderc.

Même si c’est la galère pour écrire et prononcer ce nom, n’ayez pas peur: mon Mesembryanthemum cordifolium est probablement la plante m’ayant causé le moins de souci, de l’entretien à la multiplication. Une très belle découverte, 5/5, je la recommanderais à tous mes amis!

Origine du Mesembryanthemum cordifolium

Le Mesembryanthemum cordifolium est originaire d’Afrique du Sud. Il appartient au genre Mesembryanthemum, un genre composé de 108 espèces, dans la famille des Aizoacées. Une autre plante de cette famille qu’on cultive occasionnellement est le Lithops, la plante qui prétend être une pierre.

On retrouve aussi le mesembryanthemum sous le nom d’Aptenia cordifolia, une des quatre espèces du genre Aptenia (également dans les Aizoacées), mais son nom est officiellement Mesembryanthemum cordifolium depuis 2007. Ce qui est dommage pour moi, parce qu’Aptenia est vraiment plus facile à écrire…

On l’appelle aussi, en français, ficoïde à feuilles en cœur et en anglais, Baby sun rose, Heartleaved midday flower ou Heartleaf iceplant. Plusieurs mesembryanthemums sont nommés iceplant, «plante de glace», en raison de leur aspect luisant. Ses autres noms scientifiques, moins répandus et désuets, sont Litocarpus cordifolius, Ludolfia cordifolius et Tetracoilanthus cordifolius.

Même si on voit souvent mesembryanthemumcomme plante extérieure, grand classique des jardinières au soleil, c’est aussi une plante d’intérieur très facile à faire pousser. Photo par l’auteur d’une jardinière, au centre-ville de Montréal.

Description

Les mesembryanthemums sont des couvre-sols de petite taille, aux feuilles et aux tiges succulentes. Les tiges plus vieilles finissent par se couvrir d’écorce, mais c’est une forme qu’on voit rarement, car ce n’est pas une plante particulièrement longévive. Lorsque les plantes, d’abord paresseusement érigées, atteignent une taille d’environ 10 centimètres, elles commencent à retomber pour prendre une forme tombante. Comme les autres couvre-sols, le mesembryanthemum cherche à s’enraciner là où il touche le sol, se multipliant facilement de cette façon. Les tiges peuvent grandir jusqu’à 90 centimètres de long, mais elles sont souvent cassées bien avant.

Les feuilles de M. cordifolium, contrairement à ce que son nom laisse croire (cordifolium signifie «en forme de cœur», d’où son nom vernaculaire), sont plutôt ovoïdes ou s’approchent légèrement de la forme du cœur. Même chez les espèces plus âgées, les feuilles dépassent rarement les trois centimètres. Elles poussent opposées le long de la tige, avec un entre-nœud plutôt court. Au bout de la tige, une fleur solitaire rose, rouge ou pourpre apparaît et y vit quelques jours. Elle s’ouvre à la lumière du soleil et se referme la nuit ou les jours gris.

Ce qui semble être des pétales est en fait des étamines modifiées, des staminodes, la partie normalement jaune à l’intérieur des fleurs sur laquelle se trouve le pollen. Photo par JJ Harrison.

Variétés

On ne trouve presque jamais la version naturelle, qui a des feuilles vertes et des fleurs magenta, dans le commerce, au profit de cultivars plus attrayants.

Mesembryanthemum cordifolium, photo par Andrew Butko.

‘Red Apple’

C’est le résultat de l’hybridation entre M. cordifolium et M. haeckelianum, du nom de M. cordifolium ‘Red Apple’, qu’on voit vendu comme plante ornementale. Il propose une croissance plus vigoureuse, un port plus dense avec des feuilles d’un vert brillant et des fleurs rouges.

Mesembryanthemum ‘Red Apple’. Notons son port compact et les fleurs rouge vif qui en émergent. Photo par Kenpei.

Alors que ‘Red Apple’ est un hybride horticole, ‘Mescliba’ était une mutation spontanée, apparue sur ‘Red Apple’. Une mutation spontanée est un rejet ou une branche qui présente des caractéristiques différentes de la plante mère, comme des feuilles avec une tache de couleur ou une forme altérée. Pour plus d’information sur les mutations, vous pouvez lire l’article Les mutations au jardin.

‘Mezoo™ Trailing Red’

Toutes les mutations ne donnent pas naissance à de nouvelles plantes, mais dans le cas de M. × ‘Mesblica’, elle était assez stable pour que la plante soit multipliée à grande échelle. On retrouve ce nouveau cultivar sous son nom commercial, ‘Mezoo™ Trailing Red’. Il conserve les caractéristiques attrayantes de ‘Red Apple’ (port dense, vigueur, fleurs rouges), qu’il vient agrémenter d’un feuillage vert généreusement panaché de bordures blanches.

Mesembryanthemum × ‘Mesblica’. On voit en premier plan les feuilles modifiées entourant le bouton de fleur prêt à s’épanouir au prochain jour ensoleillé. Notez la panachure blanche qui ceinture chaque feuille. Photo par Salicyna.

Comme si la confusion entre Mesembryanthemum cordifolium et Aptenia cordifolia n’était pas suffisante, on trouve aussi Mesembryanthemum × ‘Mesblica’ sous le petit nom de Dorotheanthus bellidiformis ‘Mezoo™ Trailing Red’. Pour l’information complète, voir l’article Mettons un nom sur une plante mystère sur ladite plante.

D’autres plantes très semblables à fleurs pourpres, blanches ou crème, existent et suscitent la confusion des taxonomistes – sont-ce des Mesembryanthemum ou des cousins proches, comme les Delosperma? Quoiqu’il en soit, on peut les traiter selon les conseils suivants.

Conseils de culture

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Lumière

M. cordifolium aime un endroit où il reçoit le plein soleil, surtout à l’intérieur. Il tolère une lumière vive, mais s’étiole rapidement sous une lumière moyenne.

Arrosage

En tant que plante succulente aux tiges épaisses, les mesembryanthemums offrent une belle tolérance aux jardiniers oublieux; cependant, en période de croissance, donc sous une lumière éclatante, ils pousseront mieux avec un arrosage fréquent. Laisser sécher durant les mois moins ensoleillés, où la plante se repose et est plus susceptible à la pourriture. 

Humidité atmosphérique

Le mesembryanthemum provient d’un climat désertique. L’humidité augmente les risques de pourriture.

Terreau, rempotage et engrais

C’est une plante de sols pauvres et désertiques; elle préfère les terreaux pauvres, qui s’assèchent rapidement, et n’apprécie pas tellement l’engrais. Comme les terreaux commerciaux sont souvent additionnés d’engrais, il peut être utile d’ajouter du sable; on réduit la quantité nécessaire de ce terreau trop riche et on augmente le drainage en bonus. Elle pousse très bien à l’étroit.

M. cordifolium est résistante au sel. Les rares fois où je la rempote, j’utilise la vieille terre de surfaçage {https://jardinierparesseux.com/2019/03/16/surfacer-pour-raviver-les-plantes-dinterieur/} des autres plantes. Photo par Mokkie.

Température

Éviter de soumettre M. cordifolium aux gels, qui lui seraient fatals. En dessous de 10 °C, la plante entre en période de repos. Elle préfère des températures fraîches durant l’hiver.

Attention à l’utilisation extérieure du mesembryanthemum: il s’est naturalisé dans le sud des États-Unis et au Mexique, en Australie et dans la Méditerranée, ce qui peut déséquilibrer un écosystème. Photo par Frank Vincentz.

Entretien

M. cordifolium est une plante d’entretien facile, qui demande toutefois de petits efforts pour lui donner une apparence encore plus belle.

À l’instar d’autres couvre-sols, le mesembryanthemum n’est pas nécessairement la plante la plus longévive. Les feuilles basales tendent à sécher, laissant des tiges dégarnies qui pendent tristement. Laissée à elle-même, elle peut aussi produire des tiges espacées, surtout chez l’espèce d’origine.

Pour lui donner une apparence fournie, il suffit de tailler et de réveiller les bourgeons secondaires. M. cordifolium se ramifie facilement. On peut bouturer facilement la plante durant la taille.

Chaque année, une taille sévère ou un bouturage complet permet de la renouveler.

J’avoue qu’avec les années, le mesembryanthemum devient légèrement défraîchi: cette potée gagnerait à être refaite à l’aide de boutures. Photo par Semnoz.

Multiplication

Rien de plus simple: il suffit de prélever une tige portant six ou huit paires de feuilles. Après avoir retiré les feuilles les plus basses pour révéler les nœuds, d’où émergeront les racines, vous pouvez planter directement dans un terreau. Contrairement à beaucoup d’autres plantes, le terreau n’a pas besoin d’être arrosé abondamment ou placé dans une serre: on privilégie même une terre plutôt sèche (mais pas désertique) et on évite les boutures dans l’eau. Placer la potée dans un endroit bien ensoleillé.

Si tout se passe bien, d’ici deux ou trois semaines, quand vous allez tirer délicatement sur les tiges, elles devraient offrir une certaine résistance, signe que les racines ont commencé à se développer. On peut alors commencer à faire de petits arrosages parcimonieux et graduellement traiter la plante comme l’adulte.

On peut aussi récolter les graines et les planter. Photo d’un fruit, par Boronian.

Problèmes

On ne dénote aucun problème d’insecte ou de maladie, outre la pourriture en situation d’humidité trop abondante. Si la plante manque de lumière, elle sera pâle et étiolée.

Toxicité

Cette plante n’est pas toxique. À vrai dire, elle est comestible et pourrait être utilisée comme des épinards! Mais faites quand même attention aux pesticides des pépinières et à l’engrais des terreaux commerciaux. D’ailleurs, les hybrides n’ont pas été conçus pour leurs qualités gustatives, alors c’est peut-être mieux d’éviter.

Conclusion

Donc oui, le nom est long et je me suis régalé de l’abréviation M. cordifolium dès que je le pouvais lors de la rédaction de cet article, mais à part ça, c’est quand même une excellente plante qui ne cause aucun problème, parfaite pour la paix d’esprit!

Photo par JJ Harrison.

commentaire sur "À chaque mois sa plante, janvier 2024 : le Mesembryanthemum cordifolium"

  1. claude rivard dit :

    Depuis peu, je commence à m’intéresser à ce type de plante. D’ailleurs, je le plante directement au-dessus de drain et ça se développe bien!

  2. Anne dit :

    Merci Collin !
    Découverte d’une famille qui m’était inconnue. C’est certain que je vais en mettre en pot surtout justement où l’air est sec car très ensoleillé.
    & bonne année !

  3. Michele Chassay dit :

    J’ai plutot un probleme. J’ai un hibiscus qui vit en pot dehors depuis le mois de mai 2023.Je l’ai rentré a l’intérieur a l’automne. Il a produit 2 champignons jaunes il y a + ou – 2 semaines que j’ai jetés. Ce matin, mon mari a constaté que le pot rempli de terre et de pierres décoratives en surface est couvert de ces memes champignons. Nous l’avons remis dehors. Nous sommes inquiets.
    Que faire?

  4. Huguette dit :

    Ben moi, j’en ai profité à l’extérieur tout l’été puis je l’ai rentrée à l’automne et… et… j’ai réussi à la faire mourir… je m’en veux encore. Je réessaie l’été prochain !

  5. Breton dit :

    J’ai fait des boutures cet automne avant que les employés communaux ne vident les jardinières ! Je n’en connaissais pas le nom? Est ce que je m’en souviendrai au printemps. C’est moins sûr

  6. Clarisse dit :

    Merci Colin pour ton article. Je commence à apprendre les plantes d’intérieur dans mes cours d’horticulture et ton article m’aide à découvrir celle- ci que , je crois, nous avons dans notre serre. J’ai bien envie d’en faire une petite bouture….

  7. Francine dit :

    Merci pour ce bel article qui donne envie de cultiver cette plante chez soi.

  8. Jennifer Desrochers dit :

    J’en ai eu une il a quelques années dans un arrangement floral extérieur et quelle merveille!!! Malheureusement à l’époque je ne savais pas que je pouvais l’entrer à l’intérieur, résultat elle n’a pas repris au printemps suivant. Depuis je la cherche tous les ans et je ne l’ai trouvé que cet été, elle a poussé en fous. Je me suis amusé à la bouturer pour agrémenter mes autres plantes en pots et ce fut un succès. Par contre à l’automne elle n’a pas survécu dans la maison. Je vais continuer de la chercher et reessayer pour l’intérieur!!

  9. sylvie sarian dit :

    J’ai découvert cette plante voici quelques années, avec mon bénévolat dans une serre à l’école.
    j’en garde toujours plusieurs pots en hiver car à l’intérieur, elle est plutôt difficile à conserver ( manque de lumière en hiver). En floraison, elle est magique!! Elle supporte les sécheresses quelques jours l’été si vous la placez à la mi ombre et ses fleurs sont ravissantes. en composition avec mes cannas, elle retombe et ses feuilles panachées égayent mes pots. Merci pour faire découvrir cette plante qui , effectivement est facile et très facile à reproduire.

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