Cactus et succulentes

Les cactus : mes nouveaux amours!

Pendant les 10 premières années de mon métier d’horticultrice, je me suis tenue loin des cactus. Ça meurt tout le temps ces petites bêtes-là. Ça se dit la plante la mieux adaptée aux pires conditions climatiques extrêmes, mais ça ratatine au moindre soin qu’on veut leur prodigue dans la maison. En vérité, j’ai évité les cactus pendant des années parce que je ne savais pas comment les garder en vie!

Personne assis sur un sofa avec des cactus

Mais cela a changé. En 2009! Cette année-là, je devais organiser une session photo pour une revue de jardinage, et le thème était la terrasse au plein soleil, avec une petite touche de cour intérieure à la mexicaine. Les cactus étaient de mise. J’avais donc fait l’acquisition d’une dizaine de cactus en pots de terre cuite à disposer ici et là sur la terrasse. Des beaux cactus!

Un épineux problème

Une fois la journée terminée, on retourne au magasin le mobilier, les coussins et les objets décoratifs. Je rapporte chez moi les cactus. Oh non. Pas les cactus! Je les ai laissés dehors tout l’été et l’automne, dans un recoin semi-ombragé du jardin, les ignorant complètement. Loin du regard, j’espérais qu’ils meurent discrètement. Me voilà débarrassée!

Ce fut tout le contraire. Lorsqu’est venu le temps de transférer toutes mes plantes sensibles au froid dans la maison, quelle ne fut pas ma surprise de trouver dans la broussaille du fond de mon jardin une dizaine de cactus tous plus heureux les uns que les autres! Beaucoup trop beaux pour être compostés… Dans ma grande philosophie du jardinage, la première règle est «pousse ou crève!» J’ai une assez bonne capacité à me remettre du deuil de la mort de mes plantes. Je n’hésite pas à mettre au compost une belle plante envahie de cochenilles (adieu! Mandevilla). Je peux détruire en quelques coups de pelle une plante rare qui me cause des ennuis (oui, je parle de toi, Vernonia ‘Alba’), sans me sentir coupable. Mais tuer une plante qui va bien, très bien… ça jamais!

J’ai donc, douloureusement, dans tous les sens du terme, rapatrié les esseulés de mon jardin pour leur ouvrir les portes de mon royaume végétal intérieur. Mais où les mettre?

Cactus vieil homme péruvien
Le vieil homme péruvien (Espostoa lanata), un cactus qui me tient compagnie depuis plus de 15 ans. Il mesurait à peine 10 cm de haut quand je l’ai acheté. Photo: Julie Boudreau.

Les conditions gagnantes pour cultiver des cactus à l’intérieur, version JulieB

Dans mon cas, l’option fut de placer mes cactus en période de dormance. J’ai donc opté pour un emplacement au sous-sol, où la température tourne autour de 16 à 18 degrés Celsius. La fraîcheur ralentit la croissance. J’ai aussi choisi de les placer directement sur le rebord d’une fenêtre orienté à l’est. Mes cactus reçoivent un peu de soleil le matin et de la bonne lumière le reste de la journée. Aussi, la fraîcheur dégagée près de la fenêtre en hiver ne les dérange aucunement.

Je vous confirme, pour les avoir plus ou moins volontairement oubliés à l’extérieur après quelques nuits froides, que les cactus peuvent survivre à un gel léger. Jusqu’à -4°C environ. Donc, pas d’inquiétudes du côté de la température. Et enfin, la cerise sur le sundae: je n’arrose pas mes cactus… de tout l’hiver! Pas une goutte. Rien. Nada. Nothing. Ils figent. Pas de croissance, pas de floraison. Ils dorment.

Car elle est là, la principale cause de mortalité des cactus dans ma maison. Je les arrosais l’hiver. Et comme vous, j’étais tentée à les arroser un peu plus quand je les voyais ratatiner. Cela m’a pris bien du temps pour comprendre qu’ils ratatinent à cause de l’excès d’eau. Bref, je ne soigne pas tout à fait mes cactus comme recommandé, mais qu’importe; ça fonctionne pour moi!

Quand le beau temps revient, je les sors devant la maison, sous la corniche où ils sont à l’ombre et je les arrose un bon coup, pour les sortir de leur torpeur. Et la vie reprend! Puis ils retournent au jardin pour l’été, mais cette fois, dans des emplacements plus respectables!

Fière de mes premiers succès, j’ai continué à prendre soin de mes beaux cactus sans noms (car souvent, on vend les cactus en plateaux mélangés et ils ne sont pas identifiés par leur nom latin). J’ai même rempoté certains de mes premiers cactus dans des pots plus gros. L’été les fait grossir!

La famille s’agrandit!

Et me voici en 2022, à ajouter bon an mal an un ou deux nouveaux cactus à ma collection. J’ai un faible pour les mammillaires (Mammillaria spp.), qui sont très généreux de leur floraison. Ce sont en général des cactus en forme de boule. J’aime particulièrement le Mammillaria candida, M. hahniana et le M. duwei, qui sont assez facile à dénicher dans les assortiments de cactus sans nom. Il y a toujours de petites fleurs en éclosion sur ces cactus en forme de boule. Ils sont assez faciles à faire fleurir.

Plusieurs cactus
Mes chouchous du moment. Photos: Wikimedia Commons. Montage: Canva.

J’ai aussi beaucoup de plaisir à découvrir l’incroyable diversité des cactus raquettes, du genre Opuntia, donc O. microdasys, O. humifusa et O. monacanthos.

Et enfin, quelques espèces uniques ont fait leur entrée sur mon bord de fenêtre : le cactus cônes de pin (Tephrocactus articulatus var. inermis) et le cactus ‘Fairy Castle’ (Ancanthocereus tetragonus ‘Fairy Castle’). Tout ça pour dire que maintenant, je les achète volontairement et que je me réjouis de découvrir de nouvelles espèces.

Toutefois, il y a une certaine limite au nombre de cactus que je peux entasser au bord de ma fenêtre de sous-sol. Qu’à cela ne tienne! J’ai maintenant trois grandes filles en appartement à qui je peux refiler mes surplus. Et puisqu’elles ne lisent pas mon blogue, elles ont toujours de la place pour un nouveau cactus… vivant! ?

À propos Julie Boudreau

Julie Boudreau est horticultrice, diplômée de l’ITA de Saint-Hyacinthe. Elle œuvre dans le domaine l’horticulture depuis plus de 25 ans. Elle a publié une dizaine de livres et participé à de nombreuses émissions de télévision et de radio. Elle est enseignante au Centre de formation horticole de Laval. Passionnée de son métier, Julie Boudreau se consacre à promouvoir le jardinage, le design de jardin, la botanique et l'écologie, sous toutes ses formes. Un peu grano, écolo depuis toujours, gourmande et essayeuse, Julie est une épicurieuse avec un fort penchant pour tout ce qui se prononce en latin.

15 comments on “Les cactus : mes nouveaux amours!

  1. Fabienne Hubert

    J’adore votre légèreté pleine de piquant. Mon côté infirmière contrariée me fait parfois acheter une plante mourante pour la soigner …

  2. Johanne Lebeau

    Très drôle votre article sur les cactus ! J’adore votre sens de l’humour. Ça me rappelle mes anciennes expériences. On veut donc en prendre soin et qu’ils ne meurent pas…ce qui fait qu’on les arrose toujours trop, surtout en hiver ! Très hâte de vous lire encore.

  3. monaliss1716

    Toujours agréable de vous lire, vos chroniques ont du piquant! 😉

  4. Wow je commence la culture des cactus, vous m’avez convaincu….Merci gente dame

  5. Manon Martineau

    Merci Julie pour ton blog sur les cactus !

  6. J’en ai reçu un assez gros en cadeau de ma tante au pouce vert… mais il est mort cet automne… probablement trop arrosé! J’en ai d’autres petits qui sont encore un mystère pour moi… En vous lisant, je viens peut-être de comprendre pourquoi ils me causent tant de soucis! L’été prochain, dehors les cactus! Merci Julie!

  7. Lise Ranger

    Les cactus affichent leur diversité avec tant de naturel qu’ils m’intimident! Vous ayant lue ce matin, je remets en question ma décision de ne pas en avoir. Votre article est très amusant et livre de nombreuses informations qui me seront utiles.. Merci, Julie! 😉

  8. J’ai un cactus de Noel et il est actuellement tout en fleurs. Je ne l’arrose pas souvent, une fois aux deux ou trois semaines environ et abondamment. Il fleurit lorsque les journées sont courtes et il est dans un solarium quatre saisons avec toiture non tranparente. Ça semble être son lieu préféré.

  9. toujours très humoristique et je confirme, je n’arrose pas mes cactus en hiver, je recommence tout juste au mois d’avril et hop à l’extérieur en mai (à l’abri du soleil au début bien sûr).

  10. J’adore!

  11. Bonjour Julie,
    Quelle belle nouvelle ! Je suis amatrice de plantes et fleurs, qu’elles soient intérieures et extérieures. Le problème pour celles intérieures est que je passe l’hiver dans le sud…j’ai donc dû me limiter à quelques-unes que je plonge dans des chaudières remplies à moitié d’eau ! Plutôt compliqué ! Grâce à vous, je vais me convertir aux cactus et ainsi pouvoir augmenter ma « collection » de plantes intérieures dont je pourrai profiter du printemps jusqu’à l’automne. Merci !

  12. Marjolaine Gagné

    Bonjour Julie B. Félicitations pour les cactus et leur histoire. Marjolaine SHEVDS

  13. Johane Cantin

    Bonsoir Julie, très intéressante votre description sur les cactus. Ça me donne le goût de faire comme vous, même si c’est de mon balcon au salon. Juste un détail en terminant. Les mots amour, délice et orgue sont féminins au pluriel. Et donc, vous pourrez écrire mes nouvelles amours la prochaine fois

  14. Caroline Schmidt

     »Dans ma grande philosophie du jardinage, la première règle est «pousse ou crève!»  »
    lol ‘J’aime vraiment !

  15. Véronique Boissonnet

    Bonjour Julie. J’ai un cactus du genre acanthocereus (un seul tronc)qui grime grimpe grimpe encore. J’ai entendu dire que je pouvais le couper de biais et faire sécher la base coupée puis la replanter pour en faire 2. Est-ce vrai ? Quelle est la procédure parfaite ? Est-ce la même procédure pour greffer une fleur dessus ?

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