Comment sauver un cactus pourri

Par défaut

La pourriture est malheureusement un problème fréquent chez les cactus. Bien que des facteurs environnementaux entrent en jeu (la pourriture est plus fréquente lorsque la plante est trop arrosée, quand l’air est très humide, lorsque la tige a été blessée, après une infestation d’insectes, etc.), il est important de comprendre que la pourriture est en fait une maladie fongique ou bactérienne qui continuera probablement à se développer à moins que vous ne réagissiez.

La pourriture peut apparaître sur n’importe quelle partie d’un cactus, des racines à la pointe, bien que la pourriture de la couronne — celle qui commence à l’endroit où la tige rencontre le sol — soit peut-être la plus courante. Recherchez un tissu noir ou brun, mou, un peu enfoncé, parfois entouré de vert pâle ou de jaune.

La pourriture des racines est la plus sournoise, car elle est souterraine et donc hors de vue. Souvent, le premier signe est lorsque toute la plante commence à jaunir ou à s’affaisser.

20190212B los-plantalones.tumblr.com

La partie ligneuse et brune à la base de ce cactus n’est pas de la pourriture, mais un aspect de son vieillissement naturel: aucun traitement n’est nécessaire. Photo: los-plantalones.tumblr.com

Beaucoup de cactus deviennent ligneux en vieillissant et alors leur base brunit. Ce n’est pas de la pourriture, mais un état tout à fait normal pour cette espèce. Si vous avez des doutes, essayez de peser sur la partie brunie avec un doigt (ganté, bien sûr: vous ne voulez pas vous blesser sur les épines!). Si elle est dure, ce n’est pas de la pourriture. Si la tige est molle, oui, elle pourrit.

Sauver un cactus pourrissant

Dans la nature, les cactus semblent souvent se guérir eux-mêmes de la pourriture en entourant la plaie avec du tissu calleux pour l’empêcher de se propager. C’est moins le cas à l’intérieur, sous l’éclairage faible et l’humidité plus élevée qu’on y trouve inévitablement. En outre, même si la pourriture cesse de s’étendre, la section pourrie laissera une plaie permanente, nuisant à l’apparence de votre plante. C’est pourquoi une «intervention chirurgicale» est recommandée.

Heureusement, vous n’avez pas besoin de huit ans de formation en médecine chirurgicale pour la mener à bien.

Outils stériles

20190212C rwadamslaw.info.jpg

Stérilisez l’outil de coupe avant et après l’opération. Photo: rwadamslaw.info

Tout chirurgien vous dira que la stérilité en salle d’opération est vitale. Il en va de même pour l’intervention chirurgicale chez les cactus. Tout au long des opérations, gardez toujours vos outils de coupe stériles (couteau, sécateur, scie [pour les tiges très épaisses]) en les essuyant avec de l’alcool isopropylique (alcool à friction) avant de couper et entre chaque coupe.

Pourriture de la tige

20190212D Green Lady, www.youtube.com.jpg

Coupez la tête du cactus pour éliminer la pourriture au-dessus. Photo: Green Lady, http://www.youtube.com

En cas de pourriture au-dessus du sol, près de la pointe ou au milieu de la tige, il suffit de couper la partie supérieure à l’aide d’un couteau tranchant ou d’un sécateur et de la jeter par la suite. Étudiez la plaie sur ce qui reste de la tige pour vous assurer qu’il n’y a aucun signe de pourriture (tissu sombre ou même simplement un peu orangé). Si vous voyez de la pourriture, coupez de nouveau encore plus bas jusqu’à ce que le tissu restant soit de toute évidence en bonne santé.

Vous pouvez traiter la plaie avec du soufre en poudre, un fongicide naturel, pour empêcher des microbes indésirables de s’y installer.

20190212F www.kaktusmichel.de.jpg

Une ou plusieurs tiges de remplacement pousseront peu à peu. Avec le temps, elles finissent souvent par cacher la blessure. Photo: http://www.kaktusmichel.de

Au fil du temps, la plaie deviendra dure et calleuse et une ou plusieurs nouvelles tiges commenceront à se former juste en dessous. C’est à vous de décider si vous voulez conserver une tige ou plusieurs. Au fil du temps, la plante récupérera complètement… en supposant bien sûr que vous lui donniez les conditions de croissance qui correspondent à ses besoins.

Pourriture des racines ou de la couronne

Lorsque les racines ou la base de la tige montrent des signes de pourriture, il faut une intervention chirurgicale plus radicale. Oui, vous devrez décapiter la plante et bouturer la tête ainsi prélevée!

Cela ne fonctionnera que si la partie supérieure est toujours saine et verte. Si elle jaunit ou est déjà un peu molle, puis-je suggérer de tenir un petit service funèbre de cactus… puis d’aller en acheter un nouveau spécimen?

Présumons toutefois que la tête de la plante est encore saine, alors,  l’aide d’un couteau ou d’un sécateur, coupez le haut de la plante au-dessus de la pourriture visible. Après, éliminez la partie inférieure tout simplement. Si vous décidez de conserver le pot, veillez à bien le vider et le nettoyer avant de le réutiliser; et ce, pour éliminer les spores de pourriture qui pourraient y résider.

20190212E www.kuentz.com.jpg

Quand vous voyez qu’il y a encore de la pourriture, tranchez encore un peu plus haut! Photo: http://www.kuentz.com

Examinez maintenant la plaie de la bouture. Le tissu est-il sain? Si vous voyez la moindre nuance de brun ou d’orange, posez la bouture sur le côté et tranchez-en une autre section, comme vous trancheriez une carotte, puis répétez s’il le faut jusqu’à ce que la section restante ne présente plus de trace de pourriture. Parfois, vous constaterez en décapitant votre cactus que même si sa tête paraissait saine de l’extérieur, la pourriture s’est déjà largement propagée dans les tissus. Dans ce cas, il ne vaut pas la peine de continuer, mais courage! Dans la plupart des cas, la pourriture est plutôt assez localisée et vous atteindrez donc rapidement un tissu sain.

20910212J thesucculentsource.com.jpg

Bouture fraîchement coupée. Laissez-la former un cal bien sec avant de la mettre en terre. Photo: thesucculentsource.com

20190212K I'd Tap That, www.youtube.jpg

Appliquez du soufre sur la plaie. Photo: I’d Tap That, http://www.youtube.com

Lorsque vous êtes certain d’avoir excisé toute la pourriture et la «pré-pourriture» (tissu orangé), appliquez du soufre en poudre sur la plaie à titre préventif.

Finalement, mettez la bouture de côté le temps qu’un bon cal se forme.

20190212G www.shroomery.org.jpg

On peut laisser les boutures aux tiges épaisses, lentes à former un cal, debout. Photo: http://www.shroomery.org

La formation du cal peut prendre à peine une semaine pour un cactus à tige mince, mais jusqu’à trois mois ou plus pour un cactus à tige épaisse. Normalement, il suffit de poser la bouture sur le côté le temps que le cal se forme, mais si le processus doit durer quelques mois, l’extrémité supérieure de la tige commencera alors à se redresser, devenant alors courbée, ce qui gâchera la symétrie future du cactus. Pour prévenir cela, placez la bouture en position verticale, tout simplement.

20190212H www.zamnesia.com.jpg

La bouture est prête quand le cal est sec et dur au toucher. Photo: http://www.zamnesia.com

Lorsque le cal est bien formé et donc que toute la surface coupée est sèche et dure, plantez la bouture dans un terreau sec en utilisant un terreau pour cactus si tel est votre choix. N’arrosez pas tout de suite. Donnez plutôt à la bouture quelques semaines dans un sol sec jusqu’à ce que des racines commencent à se former. Puis, commencez à arroser légèrement. Lorsque vous commencez à voir une nouvelle croissance saine au sommet de la tige, vous pouvez commencer à arroser normalement.

Cactus qui pousse en touffe

Dans le cas des cactus qui forment une touffe composée de nombreuses tiges, lorsque la pourriture apparaît sur seulement une tige ou deux, le traitement peut être aussi simple que de couper ou d’arracher les tiges atteintes de la maladie.

20190212I Michael Wolf, Wikimedia Commons.jpg

Divisez la touffe et replantez les éclats. Photo: Michael Wolf, Wikimedia Commons

S’il s’avère que la pourriture est plus avancée, peut-être une pourriture des racines ou du collet qui affecte tout un côté de la plante, la meilleure solution est probablement la division. Retirez alors la plante de son pot et séparez la touffe en ne conservant que des tiges saines. Elles porteront probablement déjà des racines et, dans l’affirmative, vous pouvez simplement les planter dans un nouveau pot, sans pour autant arroser avant une semaine ou deux.

Si les tiges ne sont pas enracinées, considérez-les comme de petites boutures. Nettoyez-les et laissez-les sécher à l’air pendant quelques semaines, le temps que la toute petite plaie provoquée lors de la division forme un cale, puis mettez-les en pot. Encore, ne les arrosez pas au début. Commencez à le faire normalement lorsque vous observez qu’elles commencent à pousser.


Ainsi, oui, vous pouvez sauver un cactus pourri… du moins, la plupart du temps! Il vous suffisait de savoir comment faire.

Publicités

Bien réussir les plantes succulentes

Par défaut
20170322AStephen Boisvert.jpg

Exposition de cactus et d’autres succulentes. Photo: Stephen Boisvert

Les plantes succulentes sont des plantes charnues généralement adaptées pour survivre dans les milieux arides. Leur caractéristique principale est leur capacité d’emmagasiner de l’eau dans leurs feuilles, leurs tiges ou leurs racines sous forme de sève (suc). D’ailleurs, le terme «succulent» veut dire «plein de suc».

20170322F, Raul654.jpg

Les feuilles ou les tiges des succulentes sont pleines de suc. Ici, un aloès. Photo: Raul654, Wikimedia Commons

On appelle aussi ces végétaux «plantes grasses» à cause de leurs tiges ou feuilles épaisses qui leur donne une allure obèse, mais les botanistes préfèrent le terme «succulentes», car en fait, elles ne contiennent pas de graisse.

Cactus ou succulente?

20170322B.jpg

Les cactus (ici un Rebutia) sont tous des succulentes. On les reconnaît par leurs épines, leur tige dodue, l’absence de feuilles (à quelques exceptions près) et surtout, par leur aréole, la petite pointe de croissance poilue d’où partent les épines et les fleurs.

On dit couramment «cactus et succulentes», mais en fait, cette utilisation est redondante. Les cactus sont des succulentes, apparentant tous à l’une des rares familles végétales dont tous les membres sont des succulentes, les Cactacées. Donc, tous les cactus sont des succulentes… mais toutes les succulentes ne sont pas des cactus!

Une réaction évolutive à la sécheresse

La succulence a évolué indépendamment maintes fois dans la nature. D’ailleurs, on trouve des succulentes dans plus de 65 familles de plantes, allant des Bégoniacées aux orchidées!

En réaction à un climat qui devient de plus en plus sec, les plantes les plus capables de tolérer la sècheresse survivent et se multiplient alors que les plantes moins tolérantes sont graduellement éliminées. Quand ce processus se répète pendant des générations, éventuellement une plante mieux adaptée à la sécheresse évolue.

Évidemment, il y a plus d’une façon pour survivre à la sécheresse. Certaines plantes apprennent en entrer en dormance quand l’eau est rare, d’autres réduisent la taille de leurs feuilles (une bonne partie de l’eau que les plantes absorbent est perdue par évapotranspiration à partir des feuilles), encore d’autres adoptent une mode de vie annuelle et croissent et fleurissent après une pluie pour mourir seulement quelques semaines plus tard, etc. Stocker des réserves d’eau dans ses tiges ou ses feuilles est toutefois la façon la plus visible pour faire face à un climat aride.

20170322C Petar43, WC.JPG

Euphorbia obesa est un exemple d’une succulente qui a abandonné ses feuilles et qui fait sa photosynthèse à partir de sa tige gonflée. Photo: Petar43, Wikimedia Commons

Plusieurs plantes succulentes, et notamment les cactées, ont abandonné leurs feuilles en cours de route. Ces plantes ont appris à faire la photosynthèse uniquement par leur tige verte. Ainsi les feuilles, qui peuvent perdre plus d’eau qu’une tige à cause du plus grand nombre de stomates qu’elles portent, ont été mises à l’écart. Dans le cas des cactus, les feuilles sont devenues des épines.

20170322DPerle Von Nurnberg, Leonora Enking, Flickr.jpg

Le feuillage succulent de l’Echeveria ‘Perle Von Nürnberg’ est tellement couvert de pruine qu’il paraît plus bleu que vert! Photo: Leonora Enking, Flickr

D’autres plantes, et notamment les nombreuses Crassulacées (crassulas, kalanchoés, sédums, etc.), ont conservé leurs feuilles, mais le nombre de stomates est réduit ou encore, les feuilles sont couvertes de cire blanche (pruine) ou de poils denses pour réduire la perte d’eau en reflétant les rayons intenses du soleil plombant.

L’évolution des succulentes a aussi mené à un type de photosynthèse assez surprenant, soit ce qu’on appelle un métabolisme acide crassuléen ou CAM.

La plupart des végétaux ouvrent grands leurs stomates le jour pour absorber le dioxyde de carbone (CO2) et font alors leur photosynthèse le jour à partir du gaz en circulation libre. Pour ne pas perdre trop d’eau à l’évapotranspiration, ils ferment leurs stomates la nuit, quand il n’y a pas de photosynthèse en cours.

Les plantes CAM, par contre, retardent leur respiration, n’ouvrant leurs stomates que la nuit quand la température est plus fraîche, ce qui réduit l’évapotranspiration. Pendant leur respiration nocturne, elles convertissent le C02 en acide malique et l’emmagasinent en attendant le retour du soleil. Puis elles la libèrent de nouveau le jour pour faire la photosynthèse en présence du soleil, alors que leurs stomates sont solidement fermés. C’est comme si la plante retenant son souffle pendant toute la journée!

Encore, le CAM a évolué indépendamment dans différentes familles de plantes.

Entretien des succulentes

20170322E Opuntia polyacantha, Ken Eckert, WC.png

Opuntia polyacantha à l’état sauvage dans la très froide province de l’Alberta (zone 3), une belle preuve que certains cactus tolèrent bien les hivers froids.

Il existe des succulentes adaptées aux climats froids, notamment parmi les sédums (Sedum spp.) et les joubarbes (Sempervivum spp.). Il y a même des cactus rustiques (certaines Opuntia notamment)! Mais la majorité des succulentes sont des plantes tropicales ou subtropicales qu’on cultive, dans les régions froides, comme plantes d’intérieur.

20170322G.jpg

Il n’est pas du tout logique de cultiver des succulentes, qui préfèrent un milieu aride, dans un terrarium, où l’air est très humide… ce qui n’empêche pas aux stylistes d’en préparer pour la vente.

Les succulentes sont présentement très populaires auprès du grand public et on les voit utilisé à toutes les sauces, même dans des milieux où ils ne peuvent pas survivre, comme dans les intérieurs ombragés et les terrariums. Elles ont l’avantage, pour les stylistes (je fais une distinction entre les stylistes, qui sont des «placeurs de plantes» sans aucune connaissance des besoins des succulentes et les vrais horticulteurs qui, eux, savent comment les cultiver), de croître lentement et donc de mourir lentement. Même quand on les maltraite, elles peuvent souvent survivre pendant des mois.

20170322H.jpg

Succulentes couvertes de peinture: un crime contra la nature!

Certains énergumènes vont jusqu’à vaporiser de la peinture sur les succulentes avant de les vendre pour les rendre plus accrocheurs. Certains vendeurs prétendent même que cela ne nuit pas à leur santé. C’est évidemment faux. La peinture réduit la capacité des succulentes de faire de la photosynthèse et la photosynthèse est à la base-même de la survie de toute plante. Les vendeurs de plantes peintes comptent sur la capacité des succulentes de survivre longtemps malgré les mauvais traitements qu’on leur inflige, voilà tout. Un tel traitement relève davantage de l’horreurculture que de l’horticulture!

(Éventuellement, les succulentes peintes produiront des feuilles normales dans un effort de survivre au mauvais traitement, mais plusieurs meurent du traumatisme avant de récupérer complètement.)

En tant que jardinier, je tiens à traiter les plantes que je cultive avec respect et j’espère que c’est aussi votre intention. Voici alors quelques conseils :

Éclairage

20170322I.jpeg

Tristes succulentes: la store coupe leur lumière et elles sont plantées dans des pots sans trous de drainage. Il est peu probable qu’elles survivent longtemps.

Pour la vaste majorité des succulentes, le plein soleil, donc une fenêtre exposée au sud, est idéal. Par contre, elles s’accommoderont quand même assez bien d’un éclairage moyen (près d’une fenêtre à l’est ou à l’ouest, par exemple), tant qu’elles reçoivent quelques heures de soleil direct chaque jour. La plupart souffrent, par contre, quand on les éloigne de plus d’un mètre de la fenêtre. L’hiver, surtout, quand la lumière est si faible, l’idéal est de les placer tout près d’une fenêtre orientée au sud.

20170322K.jpg

Cactus sérieusement étiolé par un manque chronique de lumière

Une succulente qui manque de lumière ne montre pas toujours clairement sa détresse, mais si sa tige s’allonge excessivement, si ses branches deviennent retombantes plutôt que dressées et si ses feuilles sont plus petites qu’elles ne l’étaient à l’achat, la plante essaie de vous dire que ça ne va pas. Certaines succulentes arrêtent tout simplement de pousser quand la lumière est insuffisante. Si la vôtre ne croît pas du tout, surtout l’été, ce n’est pas bon signe!

20170322J.jpg

Les feuilles de ce crassula ou plante jade (Crassula ovata) sont ourlées de rouge pendant l’été, un signe qu’il reçoit assez de lumière.

Un signe que la plante reçoit un éclairage adéquat est quand le feuillage devient ourlé de rouge pendant les mois d’été. Cela démontre qu’elles reçoivent vraiment l’éclairage qu’elles préfèrent. On voit notamment ce phénomène chez les crassulas et les echeverias.

20170322L.jpg

Haworthia fasciata tolère relativement bien une certaine ombre.

Il existe toutefois quelques succulentes qui tolèrent l’ombre (mais il doit quand même y avoir un peu de soleil quotidien!), notamment certains haworthias (Haworthia spp.), surtout les variétés à feuilles vert foncé, gasterias (Gasteria spp.) et sansevières (Sansevieria spp.). Si vous devez placez une succulente loin du soleil direct ou devant une fenêtre faisant face au nord, ce sont de bons choix. Notez que même ces succulentes préfèrent un bon éclairage (la sansevière, notamment, ne fleurira que lorsqu’elle est placée au soleil), mais elles «tolèrent» bien moins que l’idéale.

Arrosage

La vaste majorité des succulentes ont une croissance nettement saisonnière. Elles croissent au printemps et à l’été et entrent en dormance (ou presque) à la fin de l’automne et à l’hiver. Donc, il faut arroser davantage entre mars et octobre et moins l’hiver.

20170322M.jpg

Arrosez bien les succulentes, puis laissez le terreau s’assécher complètement.

Si vos succulentes poussent dans un pot avec des trous de drainage, l’arrosage est facile. Pendant l’été, arrosez-les comme n’importe quelque plante d’intérieur, humidifiant complètement la motte de racines à chaque fois, mais jetant tout surplus d’eau qui s’accumule dans la soucoupe. Touchez au terreau pour être certain qu’il est sec avant d’arroser nouveau, mais normalement, un arrosage par semaine conviendrait.

Pendant l’hiver, vaut mieux laisser le terreau s’assécher avantage. Il est plus difficile de juger leur besoin en arrosage à cette période, mais souvent un arrosage aux deux semaines suffit. Et si vous gardez la température très fraîche l’hiver (5 à 10˚C), peut-être même qu’aux 2 mois!

Si la succulente pousse dans un pot sans trou de drainage, en terrarium ou dans un montage décoratif quelconque, l’arrosage est beaucoup plus compliqué. Juste un peu trop d’eau et la pourriture s’installe. Donc, habituellement il faut plutôt compter sur la capacité des succulentes de tolérer les mauvais traitements et les arroser moins que ce qu’elles n’auraient préféré. Elles peuvent vivre pendant des mois, même pendant des années, dans un état de stress hydrique sans que cela ne paraisse trop. Essayez de leur donner quelques cuillerées d’eau à la fois, mais seulement quand leur terreau est bien sec.

Température

La plupart du temps, la température de nos demeures est adéquate pour la culture des succulentes: elles tolèrent à la fois la chaleur de l’été et la fraîcheur relative de l’hiver. Les cactus désertiques et les agaves, pour la plupart, préfèrent toutefois une température carrément froide l’hiver (combinée avec des arrosages très espacés): 5 à 10˚C. Dans le cas des cactus désertiques, cela aide à stimuler la floraison qui suivra au printemps ou à l’été.

Humidité

On n’a pas rarement de prendre en considération l’humidité ambiante quand on culture des succulentes. Elles s’accommodent autant de l’air sec que de l’air moyennement humide (l’humidité dans nos maisons dépasse rarement 50%). Attention toutefois: quand l’air est très humide, plus de 60%, comme dans un terrarium, les besoins en arrosage deviennent minimaux et les risques de pourriture augmentent sérieusement.

Terreau

Ces plantes à croissance lente peuvent passer dans années dans le même pot. Quand on les rempote, on peut utiliser un terreau à cactus ou même un terreau ordinaire.

Beaucoup de gens aiment bien couvrir leur terreau avec une couche de pierres décoratives. Ça fait chic, mais attention: il faut tasser les pierres et toucher au véritable terreau pour juger si la plante a besoin d’arrosage.

Engrais

Donnez-en parcimonieusement, à pas plus que 1/8e de la dose recommandée, et seulement de mars à octobre. N’importe quel engrais conviendra. D’ailleurs, si jamais vous n’appliquez d’engrais, elles vont quand même très bien pousser!

Multiplication

Chaque succulente offre des possibilités de multiplication différentes: boutures de tiges, boutures de feuille, division, semis, greffage, etc. Consultez une fiche sur la plante en question avant de procéder.

Insectes et maladies

20170322OAnn Verga, Flickr.jpg

Cochenilles farineuses sur un Opuntia. Photo: Ann Verga, Flickr

Les trois insectes nuisibles les plus répandus chez les succulentes sont les cochenilles farineuses, les cochenilles de la racine et les cochenilles à carapace. Tous arrivent sur les plantes infestées, donc isoler les nouvelles plantes pendant 40 jours et les inspecter attentivement avant de les présenter à votre collection. Ils peuvent être difficiles à éliminer et il peut être nécessaire d’éliminer la plante infestée.

La pourriture des racines et la pourriture de la tige, causées par toute une gamme d’espèces de champignons, sont les maladies les plus courantes. Pour les prévenir, évitez de maintenir le terreau trop humide et assurez une bonne aération. Une fois que la pourriture est présente, la seule chose à faire est d’essayer de prendre des boutures à partir d’une section de plante non infectée.

Un été en plein air

20170322N.jpg

Les succulentes préfèrent passer l’été en plein air… tant que leur pot contient des trous de drainage, du moins.

La plupart des succulentes apprécient beaucoup un été en plein air, mais ne sortez pas les succulentes cultivées dans un pot sans trou de drainage: comme il n’y a aucune possibilité d’évacuer les surplus d’eau, la moindre pluie pourrait leur être fatale.

Il faut quand même acclimater graduellement les succulentes au soleil à leur sortie, en les plaçant quelques jours à l’ombre et ensuite quelques jours à la mi-ombre avant de les exposer à sa pleine intensité du soleil direct.

Et voilà! Un rapide survol des succulentes: à vous maintenant de les découvrir!20170322AStephen Boisvert