Dahlias trop avancés
Question
J’ai parti mes dahlias trop tôt. Je trouve qu’ils ont poussé en longueur et semblent fragiles. La période de plantation en terre est seulement en fin mai. Est-ce que je peux les rabattre sans les sacrifier?
Réponse
Effectivement, ce n’est jamais une bonne idée de partir une plante trop tôt dans la maison, que ce soit des bulbes ou tubercules comme le dahlia ou des semis. Les plantes trop mûres s’étiolent (montent en orgueil), avec des tiges longues et faibles. Mieux vaut avoir des plantes un peu trop jeunes que trop matures.
Dans le cas des dahlias, toutefois, oui, une taille maintenant va aider. Rabattez les plants à environ 15 cm du sol. Cela forcera la plante à produire de nouvelles tiges qui seront plus courtes et donc plus maniables et moins portées à se briser quand vous repiquez la plante en pleine terre.
Taille de «conifères nains»
Question
J’ai un conifère (Picea pungens ‘Fat Albert’) planté depuis trois ans. À la plantation, ce conifère mesurait environ 70 centimètres de haut et 35 cm de large. Il mesure actuellement environ 1,5 m haut et 55 cm de large. Ses nouvelles pousses ont de belles aiguilles bleu vert. J’aimerais ralentir sa croissance et la maintenir à un maximum de 1,8 à 2 m. Comment pourrais-je procéder pour le tailler adéquatement? Faudrait-il couper la flèche périodiquement pour l’empêcher de croître en hauteur, au risque de lui faire pousser plusieurs flèches? Pour en restreindre la largeur, faut-il pincer quelques bourgeons des nouvelles pousses sur les branches latérales?
Réponse
Voilà la polémique des soi-disant «conifères nains»: ils poussent leur vie durant et donc arrêtent éventuellement d’être petits et mignons. D’ailleurs, la plupart dépassent facilement de 2 fois les dimensions indiquées sur l’étiquette.
Oui, vous pouvez contrôler les dimensions de votre plante par la taille. Lorsqu’elle atteindra environ la taille désirable, commencez à tailler tous les printemps dans les nouvelles pousses de l’année. Raccourcissez-les de 2/3 pour réduire au maximum la croissance. Il faut le faire pendant qu’elles sont encore tendres au toucher et de couleur pâle. Normalement la plante gardera assez fidèlement sa forme pyramidale large, mais si, après quelques années, vous trouvez qu’elle prend une forme trop arrondie, laissez les flèches (la plante aura tendance à en produire plusieurs maintenant que vous avez supprimé l’originale) un peu plus longues que les pousses latérales.
Avocatier en déclin
Question
L’été dernier j’ai fait germer un noyau d’avocat et, miracle, j’ai réussi à obtenir une plante. Quel bonheur! Puis l’automne et l’hiver m’ont permis d’observer la croissance de la plante: deux feuilles, quatre feuilles… Mais, ce matin, je viens de découvrir sur une feuille des taches brunes. Je touche à la feuille et cette dernière tombe au sol. Dois-je abandonner ma plante? Peut-on parler d’une maladie passagère? Je n’ai utilisé que de la terre en pot, un peu d’engrais, pas beaucoup d’eau (une fois par semaine). J’étais aux petits soins pour cette plante, mais ai-je commis une erreur?
Réponse
L’avocatier (Persea americana) est un grand arbre de la forêt tropicale américaine. On peut faire germer des noyaux prélevés dans des fruits et en produire des plantes dans la maison, mais le résultat est rarement très satisfaisant à long terme: nos maisons sont trop sombres et l’air y est trop sec pour que la plante prospère réellement. De plus, malgré le plaisir qu’on peut ressentir en faisant germer soi-même un jeune avocatier, il ne devient pas un très beau plant, tendant à produire un long fouet avec relativement peu de feuilles, et même si on le pince régulièrement, il sera peu porté à se ramifier.
Le feuillage des avocatiers peut brunir pour plusieurs raisons: air trop sec, arrosages excessifs ou insuffisants, excès d’engrais, manque de lumière et plus encore. Toutefois, tant que de nouvelles feuilles paraissent pour remplacer les feuilles mortes ou mourantes, cela n’est pas si grave. Il faut accepter qu’un avocatier d’intérieur sera toujours plus un «sujet de conversation» qu’une «grande beauté».
Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Le texte a été publié à l’origine dans Le Soleil le 26 mai 2012.

