Réponses à vos questions: composts municipaux
J’aimerais avoir votre opinion sur le compost qu’on peut se procurer dans les centres municipaux de compostage, comme celui de Compo-Haut-Richelieu. Ont-ils bonne réputation? J’hésite avant d’aller m’en chercher.
Réponse
La production de compost municipal a beaucoup évolué au Québec au cours des dernières décennies. Plusieurs municipalités sont maintenant dotées d’un système de collecte des matières organiques, notamment des résidus alimentaires, qui sont ensuite valorisés par compostage ou par biométhanisation, selon les installations. Auparavant, le compost municipal était principalement produit à partir de feuilles mortes et de résidus de jardin ramassés par les municipalités.
Votre hésitation est tout à fait légitime: on entend tout et son contraire au sujet des composts municipaux! Pour vous répondre franchement, vous pouvez cesser d’hésiter. Le compost de votre région est non seulement de bonne réputation, mais il provient aussi d’une infrastructure qui fait figure de modèle au Québec.

Le compost municipal au Québec
Les centres de compostage municipaux sont encadrés par la réglementation environnementale du Québec et doivent respecter les exigences du ministère de l’Environnement applicables à leurs activités, notamment les lignes directrices sur la manutention et le compostage des matières organiques.
Ces exigences prévoient notamment un suivi de la qualité du compost, de la gestion des odeurs et des eaux de lixiviation («jus» de compost), ainsi que des conditions de traitement permettant de réduire les agents pathogènes. Des analyses en laboratoire sont également réalisées afin de vérifier différents paramètres, comme la présence de métaux lourds, de microorganismes pathogènes (notamment les salmonelles) et la maturité du compost.
Certaines installations vont encore plus loin en obtenant la certification du Bureau de normalisation du Québec (BNQ). Il s’agit d’une certification volontaire reposant sur des audits indépendants et des analyses régulières du compost. Les composts certifiés peuvent appartenir à différentes catégories selon la norme BNQ. Ceux répondant aux exigences de la catégorie A satisfont aux critères les plus élevés en matière de qualité et sont couramment utilisés en horticulture, en agriculture et dans les projets d’aménagement paysager. Plusieurs donneurs d’ouvrage publics et acheteurs professionnels privilégient d’ailleurs les composts certifiés.
Les défis du compost de masse
Les centres de compostage municipaux doivent relever plusieurs défis pour produire un compost de qualité. L’un des plus importants est la qualité du tri effectué par les citoyens. Malgré les campagnes de sensibilisation et les équipements de tri, des objets non compostables se retrouvent encore dans les bacs bruns. Les installations modernes retirent la grande majorité des contaminants, mais il est pratiquement impossible d’éliminer tous les très petits fragments de plastique ou de verre lorsqu’ils sont introduits dans la collecte. Elles doivent ensuite atteindre des températures suffisamment élevées pour éliminer les agents pathogènes et réduire la viabilité des graines de mauvaises herbes. Enfin, elles doivent s’assurer que le compost est suffisamment mûr avant sa distribution afin d’éviter qu’il continue de se décomposer une fois au jardin.
Le cas spécifique: Compo-Haut-Richelieu
Inauguré à la fin de 2023, le centre de compostage de Saint-Jean-sur-Richelieu est le premier au Québec où tout le processus de compostage, y compris la maturation, se déroule entièrement sous bâtiment. D’une capacité de 50?000 tonnes par année, il traite les matières organiques provenant des bacs bruns des municipalités de la région ainsi que les résidus verts. Le procédé permet un contrôle étroit de la température, de l’humidité, des odeurs et des eaux de lixiviation, ce qui favorise la production d’un compost de qualité. Celui-ci est ensuite redistribué aux citoyens et utilisé pour enrichir les jardins, les espaces verts et les terres agricoles de la région.
Autre élément qui vous rassurera: le compost distribué par Compo-Haut-Richelieu est produit sans boues d’épuration. Les biosolides municipaux peuvent être valorisés de façon sécuritaire lorsqu’ils respectent les normes en vigueur, mais leur utilisation demeure controversée auprès d’une partie du public, notamment en raison des préoccupations entourant certains contaminants émergents. Dans ce cas-ci, le compost est fabriqué uniquement à partir des matières organiques du bac brun et des résidus verts.
Valider son compost municipal
Même si les composts municipaux sont aujourd’hui soumis à des exigences de qualité, quelques vérifications simples permettent de les utiliser en toute confiance.
Le test de l’odorat
C’est le test le plus révélateur. Prenez une poignée de compost et humez-la. Elle devrait dégager une agréable odeur de terre, de sous-bois ou d’humus forestier. Une odeur d’ammoniaque, d’œuf pourri ou d’égout indique généralement que le compost est encore immature ou qu’il a manqué d’oxygène durant le processus. Dans ce cas, laissez-le reposer en tas pendant quelques semaines avant de l’utiliser.
Le test visuel
Observez la texture du compost. Un bon compost est généralement foncé, homogène, friable et grumeleux. Malgré les efforts de tri, il peut arriver que quelques petits morceaux de plastique, de verre poli ou d’étiquettes de fruits soient encore présents. Retirez simplement les débris les plus visibles. Si le compost est particulièrement contaminé, il est préférable de le tamiser avant de l’utiliser au potager.
S’informer sur son origine
Un coup d’œil au site Web de votre municipalité ou à la page de RECYC-QUÉBEC sur la collecte municipale des matières organiques, ainsi qu’une question à l’employé de l’écocentre, peuvent vous en apprendre beaucoup. Vous pourrez notamment savoir quelles matières entrent dans la fabrication du compost, si celui-ci contient ou non des biosolides et, dans certains cas, s’il est certifié BNQ. Une certification BNQ constitue un excellent gage de qualité, sans être indispensable.
Choisir les bonnes plantes
Les composts municipaux peuvent présenter un pH légèrement alcalin et une teneur en sels solubles un peu plus élevée que d’autres composts. Ils conviennent très bien à la plupart des légumes, des vivaces et des pelouses. Utilisez-les toutefois avec plus de modération autour des plantes qui préfèrent les sols acides, comme les bleuets, les rhododendrons et les azalées, par exemple.
Le verdict sur le compost municipal
Aucun compost n’est parfait, qu’il soit municipal, commercial ou produit à la maison. L’important est de connaître son origine, sa qualité et de l’utiliser à bon escient. Lorsqu’il est bien produit, le compost municipal demeure un excellent amendement pour améliorer la structure du sol de votre jardin et nourrir la vie qu’il abrite. Dans le cas de Compo-Haut-Richelieu, vous pouvez donc y aller en toute confiance. Son procédé de fabrication, les contrôles effectués et la qualité des matières utilisées en font l’un des meilleurs exemples de compost municipal actuellement produits au Québec.
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