Categories

Recherche

Réponses à vos questions : plantes de l’amitié

Plante de l’amitié

J’ai reçu une plante de l’amitié d’une cousine. La mienne atteint 90 cm de hauteur et produit une grappe de petites fleurs roses au sommet. Les bébés tombent sur la terre du pot et repoussent d’eux-mêmes dans le pot. J’ai vu une plante d’intérieur similaire appelée «Mexican Hat Plant». Est-ce la même chose?

Réponse

Je dois me confesser: c’est moi qui ai lancé la «plante de l’amitié» en 2003 à l’émission télévisée Salut Bonjour Weekend. Je voulais voir à quelle vitesse une plante pouvait se propager par la «voie populaire», c’est-à-dire non pas par la vente commerciale, mais d’individu en individu via des échanges amicaux.

Kalanchoe laetivirens. Photo: Dijaxavier

J’avais trouvé en Kalanchoe ‘Big Momma’ (identifié plus correctement comme K. laetivirens) la plante idéale. Encore très peu répandue en culture à l’époque – et j’étais parmi les premières personnes au Canada à en posséder un spécimen –, elle produisait une quantité incroyable de bébés sur ses feuilles, ce qui rendait la multiplication très facile. Et comme c’est une plante grasse, elle n’avait besoin que d’un minimum de soins, soit surtout un éclairage assez intense et une protection contre le gel, donc presque toute personne, même novice en horticulture, pouvait la réussir.

Populaire, la plante de l’amitié

Pendant trois ans, j’en ai donné par milliers lors de diverses conférences et la plante de l’amitié est désormais bien établie un peu partout au Québec, voire au Canada anglais et, depuis peu aussi, aux États-Unis et en Europe. J’ai même été amusé de voir une lettre publiée dans une revue de jardinage de la Colombie-Britannique dans lequel une lectrice écrivait pour demander des renseignements sur la «Friendship Plant» et où l’éditeur avait répondu correctement, avec le bon nom botanique, disant qu’il avait reçu la plante à son tour «d’une amie québécoise»! C’est dire que la plante s’étend vraiment.

Kalanchoé de Daigremont. Photo: Benutzer:CrazyD

Quant à la «Mexican Hat Plant» que vous avez vue, appelée parfois Kalanchoé de Daigremont, il s’agit de K. daigremontiana, une plante apparentée qui produit aussi des bébés tout autour des feuilles, mais qui diffère de la plante de l’amitié par ses feuilles triangulaires et non arrondies et sa coloration vert foncé luisant sur le dessus des feuilles et vert pâle marquée de taches rouges au revers (K. laetivirens ‘Big Momma’ est bleu craie sur le dessus et sans marques au revers).

Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 5 février 2005.

Piléa de l’amitié

J’ai reçu en cadeau la plante qui provient d’une dame de 92 ans venant de décéder. Elle m’avait dit que cette plante vient du Sud et qu’elle avait déjà reçu de vous, par écrit, l’historique de cette plante. C’était ma dernière rencontre avec mon amie, rencontre inoubliable et remplie d’émotions et de tendresse. Apparemment, cette plante se vend peu en magasin, elle se multiplie d’une amie à une autre. Avez-vous des détails sur cette plante? Je serais très reconnaissante. Je joins deux photos de ce petit trésor.

Piléa à feuilles de pépéromie (Pilea peperomioides). Photo: Kulbir

Réponse

Il s’agit du piléa à feuilles de pépéromie (Pilea peperomioides), effectivement une plante d’intérieur qui était auparavant peu courant, mais qu’on trouve aujourd’hui plus facilement. Habituellement, on la recevait lors d’échanges avec d’autres jardiniers. Contrairement à la plupart des piléas, celui-ci ne porte pas de petites feuilles elliptiques, gaufrées et minces marbrées d’argent, mais de grandes feuilles vert foncé, lisses, charnues et aussi rondes qu’une pièce de monnaie, d’où l’un de ses noms communs: plante à monnaie chinoise.

L’histoire du piléa

Quant à mon écrit sur le sujet, votre amie doit se souvenir d’un article écrit dans Le Soleil en avril 1998. En voici un résumé:

Découverte dans la province du Yunnan, dans le sud de la Chine, en 1907 par le botaniste George Forrest et décrite officiellement par la suite, la plante a été vite reléguée aux oubliettes. En 1945, l’espèce a été redécouverte par le missionnaire norvégien Agnar Espegren, également au Yunnan, où elle était couramment cultivée en pot. C’était en temps de guerre et il a dû fuir le pays en catastrophe, mais non sans apporter une bouture avec lui. Il l’a ramenée en Europe, où il a distribué des boutures à des amis. Grâce à ces échanges entre amateurs de plantes, le piléa à feuilles de pépéromie s’est répandu de la Norvège au reste de la Scandinavie, puis en Allemagne, en France, en Angleterre, etc.

Une plante facile à bouturer. Photo: kaboompics

On commence à la voir apparaître au Québec et ailleurs au Canada dans les années 1980. Curieusement, pendant tout ce temps, personne ne savait ce que c’était. Généralement, on l’appelait la «plante mystère». Ce n’est qu’en 1983 que le Jardin botanique royal de Kew a demandé à ses chercheurs de faire une enquête sur cette plante sans nom que le jardin avait reçue d’un de ses membres et, après presque un an de recherche, ils sont tombés sur la description de la plante faite par George Forrest presque 70 ans plus tôt. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Kew Magazine en 1984 et, désormais, on peut correctement identifier cette plante curieuse.

Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil.

Une réponse à votre question?

Vous avez, vous aussi, une question de jardinage? Écrivez-nous à questions@jardinierparesseux.com.

Nous recevons un très grand nombre de messages, il nous est donc impossible de répondre à tout le monde. Mais qui sait? Votre question pourrait devenir le prochain article!


  1. Toujours aussi intéressant.
    J’invite vos lecteurs à participer financièrement
    à votre site.
    Très facile par virement Interac.
    Encore merci à toute l’équipe du Jardinier Paresseux.