Qu’est-ce qu’une orchidée?
La saison des expositions d’orchidées arrive à grands pas! Avant votre visite, il pourrait être utile de savoir ce qu’est vraiment une orchidée. Vous pourriez ainsi passer pour un orchidophile vous-même!
Une grande famille
Les orchidées sont des plantes appartenant à une seule famille de plantes, les Orchidacées, et dérivent donc toutes d’un lointain ancêtre commun. Ces plantes à fleurs sont des monocotylédones, c’est-à-dire qu’elles produisent un seul cotylédon à la germination, et sont alors plus proches parentes des graminées, des iris, des lis et des palmiers que des dicotylédones (à 2 cotylédons), comme les tomates, les marguerites, les bégonias et donc, en fait, la majorité des plantes que nous cultivons.
Comment les distinguer?
Ce qui distingue principalement les orchidées des autres monocotylédones est leur fleur. La plupart des monocotylédones ont des fleurs à 6 segments: 3 pétales (intérieurs) et 3 sépales (extérieurs). En général, les 6 segments se ressemblent. Ainsi, la fleur semble alors porter 6 «pétales» quasi identiques. C’est le cas d’une tulipe ou d’un lis, par exemple.
Chez les orchidées, bien qu’il y ait toujours 6 segments, l’un des segments n’est pas comme les 5 autres. Il a été modifié pour former un labelle, du mot latin pour langue, car souvent il ressort de la fleur comme une langue. Le labelle est presque toujours d’une couleur différente du reste de la fleur et peut être découpé, froissé ou en forme de coupe. Il est si original que la plupart des gens reconnaissent facilement une orchidée dès qu’ils en ont vu deux ou trois exemplaires.
Mâle ou femelles
D’autres caractéristiques moins évidentes aident aussi à les identifier. Comme le fait que les organes sexuels mâles et femelles sont regroupés dans une même structure appelée colonne et que le pollen n’est pas libre, comme chez les autres fleurs, mais ramassé dans une «boule» appelée pollinie.
Aussi, les graines des orchidées sont, pour la vaste majorité, incroyablement petites, car elles n’ont pas les lourdes réserves de nourriture que portent les autres graines. Elles sont tellement légères qu’elles partent au vol au moindre vent et c’est ainsi que les orchidées se dispersent dans la nature. Par contre, l’absence de réserve de nourriture fait qu’elles ne peuvent pas germer toutes seules: elles ont besoin de rencontrer, là où le vent les amène, un champignon bénéfique (mycorhize) qui les nourrira, en échange de quelques hydrates de carbone que la jeune orchidée produira plus tard.
Les orchidées tropicales
Il existe des orchidées presque partout sur la planète, sauf en Antarctique et en milieu aquatique. Même le Québec est le milieu naturel de plusieurs orchidées sauvages. Par contre, il y a relativement peu d’orchidées de climat tempéré: la vaste majorité est originaire des pays tropicaux et subtropicaux… et ce sont ces dernières que vous allez voir dans les expositions, car elles sont plus faciles à cultiver dans nos demeures chauffées.

La plupart des orchidées tropicales sont des épiphytes: elles ne vivent pas au contact du sol comme le font nos orchidées indigènes, mais sur les branches et les troncs d’arbres. Pour se fixer à leur hôte, elles ont des racines épaisses qui sont exposées à l’air: on les appelle, logiquement, des racines aériennes. C’est pourquoi il ne faut pas s’inquiéter si les racines d’une orchidée débordent de leur pot. On les cultive souvent dans un milieu très aéré, souvent à base d’écorce, qui rappelle leur tronc-hôte d’origine. Très peu d’orchidées sont cultivées dans un terreau ordinaire.
Des monopodiales et des sympodiales
Deux formes de croissance sont courantes chez les orchidées et sont très évidentes chez les orchidées tropicales.
Les orchidées monopodiales produisent une tige unique qui s’allonge d’année en année et qui peut fleurir de nombreuses fois. Les feuilles sont typiquement alternes, placées donc de part et d’autre de la tige comme sur une échelle primitive. La tige peut être longue et très évidente, comme chez les Vanda ou les Vanilla (où, oui, la vanille est une orchidée!), ou courte et à peine visible, comme chez le très populaire Phalaenopsis.
Les orchidées sympodiales produisent des tiges multiples reliées par un rhizome. Typiquement, chaque tige ne fleurit qu’une seule fois… mais la plante produit annuellement de nouvelles tiges qui fleurissent à leur tour. Souvent, la tige est courte et arrondie, en forme de bulbe, et on l’appelle alors un pseudobulbe. Si la tige est plus longue, on parle souvent d’une canne.
Que de choix!
La famille des Orchidacées est considérée comme l’une des plus vastes au monde, avec plus de 800 genres et environ 25 000 espèces sauvages… et des dizaines de milliers d’hybrides cultivés. Les fleurs peuvent être plus grosses qu’un pamplemousse ou plus petites que votre petit ongle, vivement colorées ou ternes, unicolores ou multicolores, individuelles ou massées.
D’ailleurs, les expositions offrent habituellement une sélection d’orchidées à vous procurer!




Ce que j’aime dans les chroniques de Larry c’est la clarté de l’exposé. Le sujet est habilement amené et merveilleusement présenté. En quelques mots, l’essentiel est dit et l’intérêt est à coup sûr éveillé. Chapeau Monsieur Hodgson, père et fils.
Très exact Juliette! C’est l’anniversaire de ma soeur bientôt et elle adore les orchidées. Je lui poste une carte avec une orchidée faite avec la technique du papier roulé. C’est superbe. Et je lui transfère cet article concis et instructif. Merci!
Tellement clair ! Merci beaucoup ??