La photographie d’oiseaux, oui! Mais à quel prix?
Oui, oui, je me pose la question et je vous la pose: à quel prix? Vous avez peut-être en tête une caméra numérique dispendieuse, une lentille photo hors de prix… mais est-ce vraiment de ce prix-là dont je parle?
Mais en fait, moi, je vous parle d’un tout autre prix, celui de pratiquer une activité très agréable, méritoire même, mais en vous assurant de protéger la biodiversité, la faune ailée et son environnement!
Mais où est-ce que je m’en vais avec tout ça, vous dites-vous? Compliquée, mon histoire, non?
Photographie et éthique de la faune
Comme vous le savez, il y a un grand nombre de photographes amateurs qui parcourent nos parcs et nos habitats naturels à la recherche de la meilleure photo possible de nos oiseaux. Tous ont le même but, mais pas nécessairement la même éthique ni le même sens du devoir lorsqu’il s’agit de protéger la faune. Cela arrive parce que certains ignorent les faits ou, tout simplement, parce qu’ils s’en moquent.
Comme vous le savez, la recherche d’un oiseau pose parfois un défi, mais le faire en respectant l’oiseau et son environnement afin de photographier notre vedette du jour relève d’un autre. Mais peut-on tout faire lorsqu’il s’agit de revenir à la maison avec de magnifiques photos? Avons-nous le droit de casser des branches, de les couper, de marcher hors des sentiers des parcs et de nous mettre devant tout le monde pour prendre notre photo? Peut-on déranger les voisins et les propriétaires en passant sur des terrains privés? Si je nomme ces comportements, c’est que cela s’est déjà vu!
Est-ce que les gestes énumérés sont responsables? S’ils sont responsables de quoique ce soit, c’est bien des torts attribués à «tous les photographes», et cela à cause de quelques ignorants, ou de personnes qui désirent sciemment ignorer les règles de l’art. Ici, je ne parle pas de photographie, mais bien du respect de la nature et des citoyens!
Les grandes règles pour l’observation d’oiseaux
Il existe un code d’éthique véhiculé par le regroupement QuébecOiseaux pour rappeler à tous le savoir-faire et le savoir-être en nature, que vous pouvez consulter ici pour rafraîchir vos connaissances.
Les grandes règles:
- Respectez l’oiseau, la distance entre vous et lui afin de ne pas lui causer de stress inutile. En fait, pensez à lui laisser tout l’espace pour ne pas l’effrayer ni même le déranger. Il en va de son bien-être et peut-être de sa survie.
- Respectez l’environnement, son habitat. Restez dans les sentiers lorsque vous êtes dans un parc ou tout autre site protégé.
- Faites attention où vous mettez les pieds! Les plantes ont aussi droit à la protection. Le passage sur certaines d’entre elles devrait être évité.
- Respectez tous les citoyens et tous les ornithologues sur place. Certains sont arrivés avant vous. Ne passez pas devant eux sans leur demander la permission. Après tout, vous n’aimeriez pas que l’on vous dérange si vous étiez à leur place.
- Respectez les terrains privés! Ne passez jamais sur une propriété privée sans en avoir obtenu l’autorisation du propriétaire.
- Soyez prévoyant en ne divulguant pas la localisation d’une espèce sensible. Les oiseaux comme le harfang des neiges ou d’autres membres de la famille des Strigidés (hiboux et chouettes) entre autres, peuvent subir un tort irréparable s’ils sont dérangés. On a déjà vu des harfangs se faire frapper par des voitures en s’enfuyant d’ornithologues trop centrés sur leur but plus que sur l’oiseau.
- Après tout, vous n’êtes pas seul. Si vous apercevez des gens qui ne respectent pas ce code, rappelez-leur avec gentillesse et avec courtoisie. Peut-être ne sont-ils que dans leur bulle!
Pensez aux autres et aux oiseaux!
C’est une réflexion simple, mais combien importante!
Dans notre société, il y en a qui sont pour la photographie d’oiseau et il y en a qui sont contre. Je désire vous rappeler comment la photographie d’oiseaux est importante dans notre environnement culturel. Que seraient nos guides d’identification de l’avifaune sans les photos? Que seraient nos livres d’écoles, nos documentaires, les films de National Geographic ou les images de certains sites web? Ce n’est pas parce que vous voyez un ornithologue photographe ne respectant pas les règles que cette activité devient nuisible. Après tout, ce n’est pas parce qu’il y a un conducteur d’automobile ivre sur la route que tous les conducteurs sont ivres!
Un passe-tête fascinant
La photographie animalière est un passe-temps agréable pour les uns, une activité bénéfique et un mode de vie pour les autres, et une carrière pour ceux qui nous font bénéficier du fruit de leur labeur, dans le respect de la nature.
Ici, je pense entre autres à madame Sophie Thibault, cette ancienne chef d’antenne à TVA, qui nous rend la vie si belle avec ses expositions de photos. Je pense aussi à Daniel Dupont, photographe professionnel et auteur de plusieurs livres de photos d’oiseaux. Son talent nous émerveille et nous aide à mieux connaître la nature qui nous entoure. Je pense aussi à Maxime Légaré-Vézina, un autre photographe animalier qui se distingue par ses photographies témoignant d’un art et d’une conscience de la nature. Vous pouvez avoir un avant-goût de son talent. Il a été nommé photographe canadien de la faune de l’année 2025 par la revue Canadian Geographic.
Comme dans tous les domaines de notre vie, on peut apprendre de la nature, et la photographie d’oiseaux, quelle qu’elle soit, nous y aide.
Soyons attentifs à nos gestes et à ce qui nous entoure, le vivant.
Et vous? Êtes-vous respectueux de nos oiseaux?







Merci Monsieur Morin, c’est un excellent rappel à des règles d’éthiques et de respect que dans le feu de l’action on oublie parfois. Merci pour la référence à quelques professionnels photos. Je ne les connaissais pas et je les ai ajoutés à mes favoris.
J’ai dédié plusieurs années et beaucoup d’argent à faire de la photographie. Depuis un certain temps, personnellement, je remets en question cette activité. En premier, de bonnes photos, il en pleut. Encore plus depuis le numérique. Encore plus depuis la qualité des cellulaires. Ensuite, j’ai réalisé que de m’attarder à photographier – choisir le bon angle, attendre le bon moment, sélectionner la bonne lentille et les bons paramètres de l’appareil… – me privait du précieux moment présent. Les adeptes de la pleine conscience et de méditation me comprendront davantage. Au final, je préfère m’imprégner l’esprit de ce que je vois et m’en souvenir davantage. Et une bonne paire de jumelles est bien moins dispendieuse! Cela dit, je comprends toujours la joie d’obtenir soi-même une belle photo.