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Le paillis de cèdre est-il un bon choix pour les pots et les jardinières?

Je me demandais si je pouvais utiliser du paillis de cèdre autour de mes plantes cultivées en pots et en bacs.

Réponse

Oui, c’est tout à fait possible. Cependant, ce n’est pas le type de paillis que je recommanderais en priorité pour cette situation. En fait, de façon générale, je recommande rarement le paillis de cèdre. Vous comprendrez pourquoi lorsque nous aurons fait le tour de la question.

Les avantages du paillis de cèdre

Le paillis de cèdre est un produit très populaire dans nos jardins. Avec l’avènement des aménagements à faible entretien, le paillage est devenu presque indispensable, et le cèdre possède plusieurs qualités intéressantes.

Pour commencer, il donne une apparence soignée et uniforme aux contenants et aux plates-bandes. Il est offert dans plusieurs teintes, certaines plus naturelles que d’autres. Sur le plan esthétique, c’est probablement l’un des paillis les plus appréciés.

Photo: Getty Images

Comme tout bon paillis, il remplit plusieurs fonctions importantes. Il aide à conserver l’humidité du sol en réduisant l’évaporation, protège le terreau du vent et des rayons asséchant du soleil, limite les écarts de température au niveau des racines et réduit l’érosion causée par la pluie ou les arrosages. Il freine aussi la germination de nombreuses mauvaises herbes en bloquant la lumière. Enfin, il limite les éclaboussures de terreau sur le feuillage, ce qui peut contribuer à réduire certaines maladies transmises par le sol.

Son autre grand avantage est sa durabilité. Le bois de cèdre se décompose beaucoup plus lentement que la plupart des autres paillis organiques. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles cette essence est souvent utilisée dans les structures extérieures. Ainsi, un paillis de cèdre doit être remplacé moins souvent que d’autres matériaux comme les feuilles déchiquetées, la paille ou même le bois raméal fragmenté (BRF).

Le vrai problème

Le principal avantage du paillis de cèdre est aussi, paradoxalement, son principal inconvénient: il se décompose très lentement.

En pleine terre, cette durabilité est souvent appréciée. En contenant, c’est une autre histoire. On y cultive fréquemment des annuelles, comme des fleurs ou des légumes, que l’on remplace chaque année. Lors de ces travaux, une partie du paillis finit inévitablement par se mélanger au terreau.

Photo: Getty Images

Au fil des ans, les copeaux de cèdre s’accumulent donc dans le substrat. Comme ils se décomposent très lentement, ils peuvent modifier progressivement sa texture et déséquilibrer sa porosité. Un terreau contenant une forte proportion de fragments de bois grossiers retient beaucoup moins bien l’eau et les éléments nutritifs à court terme, provoquant un dessèchement anormalement rapide du pot, tout en devenant plus difficile à gérer au fil des saisons. De plus, lorsqu’il est mélangé à la terre, ce bois très riche en carbone force les micro-organismes à puiser l’azote du terreau pour essayer de le décomposer, ce qui peut temporairement réduire la quantité d’azote disponible pour les plantes.

Contrairement à d’autres paillis organiques, le cèdre contribue peu à enrichir le terreau à court terme. Les feuilles déchiquetées, le compost, la paille ou le bois raméal fragmenté finissent par se transformer en matière organique stable qui nourrit les organismes du sol et libère graduellement des éléments nutritifs. Même lorsqu’ils sont incorporés accidentellement au terreau, ces matériaux se décomposent relativement rapidement et participent à son amélioration.

Peu de bénéfices supplémentaires

Le paillis de cèdre protège donc efficacement la surface du terreau, mais il apporte peu de bénéfices supplémentaires une fois mélangé au substrat.

C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’utilise rarement, même en pleine terre. Je préfère les paillis qui contribuent à nourrir le sol en se décomposant graduellement, comme cela se produit dans les milieux naturels. En forêt, les feuilles mortes, les brindilles et les branches tombées au sol forment une litière qui nourrit continuellement la vie du sol. Dans les prairies, ce sont les feuilles et les tiges des graminées qui se décomposent année après année et enrichissent le sol.

J’essaie simplement d’imiter ces processus naturels. Un bon paillis ne sert pas seulement à couvrir le sol: il devrait aussi participer à sa fertilité à long terme.

Le meilleur paillis pour les contenants

À mon avis, le meilleur paillis pour les pots et les jardinières est sans contredit les feuilles déchiquetées. D’abord parce qu’elles sont généralement gratuites. On peut les produire soi-même à l’automne ou en récupérer chez des voisins qui cherchent à s’en débarrasser.

J’adore le paillis de feuilles. Photo: Pexels

Une fois déchiquetées en petits morceaux, les feuilles se décomposent relativement rapidement sous l’action des bactéries, des champignons, des insectes et des autres organismes qui vivent dans le terreau. Cette caractéristique est particulièrement intéressante en contenant. Si une partie du paillis se mélange au substrat lors des plantations ou des rempotages, elle se décompose rapidement et contribue même à améliorer sa structure en participant à la formation d’humus.

Personnellement, je ramasse les feuilles à l’automne, je les déchiquette et je les utilise directement comme paillis sur mes contenants. Au printemps, lorsque vient le temps de planter, je les écarte simplement, j’ajoute un peu de compost et un engrais à lent biologique – puis je remets le paillis en place.

Le principal défaut des feuilles déchiquetées est justement leur qualité: elles se décomposent rapidement. À la fin de la saison, il n’en reste parfois presque plus. Heureusement, comme elles sont gratuites et abondantes, il est facile d’en remettre une nouvelle couche l’automne suivant.

Le bois raméal fragmenté

Le bois raméal fragmenté est mon paillis préféré… en pleine terre, dans les plates-bandes de vivaces et d’arbustes. Il est fabriqué à partir de jeunes branches déchiquetées, souvent issues de travaux d’élagage. Certaines entreprises cultivent même des saules spécialement pour produire ce type de paillis, bien que la majorité du BRF provienne simplement de résidus de taille qui auraient autrement été jetés.

Il se décompose plus lentement que les feuilles déchiquetées, généralement sur plusieurs années. On n’a donc pas besoin d’en ajouter chaque saison. Comme les autres paillis, il protège le sol contre l’érosion, réduit l’évaporation de l’eau, atténue les écarts de température et limite les éclaboussures de sol pouvant propager certaines maladies.

Photo: Troy Tumbin

En contenant, toutefois, je suis un peu plus réservé. Comme le BRF se décompose lentement, il finit souvent par se mélanger au terreau lors des plantations et des rempotages. À court terme, cela peut modifier la texture du substrat. De plus, lorsqu’il est incorporé au terreau, sa décomposition provoque le phénomène d’immobilisation de l’azote évoqué plus haut.

Heureusement, lorsqu’il est utilisé en surface comme paillis, cet effet demeure généralement limité aux premiers millimètres du substrat et n’affecte que très peu les plantes.

Si une partie du BRF se retrouve tout de même enfouie, le problème est généralement temporaire. Comme il est composé de jeunes branches, il se décompose beaucoup plus rapidement que le paillis de cèdre commercial. Les micro-organismes du sol réussissent donc à le transformer plus vite en matière organique utile.

Pour cette raison, je préfère généralement utiliser des feuilles déchiquetées ou de la paille dans les contenants et au potager. Cela dit, je n’hésiterais pas à utiliser du BRF dans de grands bacs contenant des vivaces ou des arbustes qui resteront en place pendant plusieurs années.

Le meilleur paillis est souvent celui qu’on a sous la main

En définitive, ma philosophie demeure la même: pourquoi acheter un paillis lorsqu’on dispose déjà d’une excellente ressource gratuite à la maison? Si des feuilles tombent sur votre terrain chaque automne, elles constituent souvent le meilleur paillis qui soit.

Le meilleur paillis est souvent celui qu’on a sous la main! Feuilles, tiges et brindilles déchiquetées, aiguilles de pin, résidus de récolte du potager, plantes arrachées avant la montée en graines, algues, copeaux issus de travaux d’élagage, fanes de légumes et même les feuilles mortes de vos plantes en pot peuvent servir de paillis.

La nature produit déjà une quantité impressionnante de matières capables de protéger et de nourrir le sol. Pourquoi les envoyer à l’écocentre pour ensuite acheter des sacs de paillis?

Vous remarquerez que je n’ai pas mentionné le paillis de cèdre. C’est peut-être parce que je n’en ai presque jamais sous la main!

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  1. Sous mon épinette bleue j’ai beaucoup d’épines est-ce bon de m’en servir comme paillis et est-ce nuisible pour les plantes autour.Merci

    • Edith Smeesters

      Le paillis d’épinettes est idéal sous les épinettes. Idem pour le pins, etc. Les conifères créent ainsi un environnement qui élimine la compétition. Regardons ce qui pousse dans une forêt de conifères: peu de plantes tolèrent ce conditions. Donc il vaut mieux ne pas utiliser leurs aiguilles ailleurs.

  2. J’utilise le paillis de noix de coco. Provoque-t-il le même problème que le bois raméal fragmenté lorsqu’incorporé à la terre?

  3. Bonjour, merci pour cette information cruciale. J’ai commencé à utiliser la paille dans le potager, un peu salissant mais je verrai en fin de saison les résultats!

  4. François L’Abbé

    Le paillis de feuilles, c’est super! Mais attention à certaines espèces d’arbres. Mon chêne rouge de plus de 65 pi me donne plus de feuilles que j’en ai besoin. Par contre, le ph du paillis de ses feuilles déchiquetées est beaucoup trop acide. J’ai « tué » deux buis « Green Mountain » avant de m’en rendre compte ($$) Maintenant, je le neutralise avec des coquilles d’oeufs moulues et de la cendre de bois. Mais il faut bien doser pour ne pas aller trop « de l’autre bord », (trop alcalin) donc je continue mes essais/erreurs… ?

  5. Bonjour à tous,
    En temps que technicien en agroforesterie, je ne peux qu’admirer cet article particulièrement bien écrit, très complet et pertinent. Vraiment chapôôô …
    J’y rajouterai 3 points :
    – Les paillis de conifères sont des paillis acides à privilégier en terre calcaire et éviter ailleurs mais c’est un peu « un détail » car l’évolution du pH des sols est extrêmement lent.
    – Le « BRF » dont il est parlé dans l’article est bien la meilleure couverture organique possible au jardin : dans les pots de fleurs, autour des arbustes et surtout au potager. La tondeuse à gazon sur toutes les tailles d’arbustes et les feuilles mortes à l’automne, permet de se fabriquer ce produit à la maison qui, mélangé à un peu de pelouse, nous fait disposer d’un paillis remarquable à étaler par exemple au pied de tous les légumes.
    Il disparait assez vite au fil du temps, se mélangeant à la terre en lui apportant texture et fertilisation (modeste)
    – Enfin, on peut être tenté de ramener brindilles et feuilles mortes des bois ou de la forêt.
    Quelques sacs dans le coffre de la voiture, lors d’une sortie aux champignons, compenseront le manque de matière du jardin pour disposer de ce paillis.
    Ne faisons jamais cela !!!
    Non pas parce que c’est interdit (c’est exact) mais parce que nous risquons de ramener dans ces feuilles mortes, des spores d’un champignon « mortel » pour les arbres et qui risque de pousser dans le jardin : l’Armillaire couleur de miel (Armillaria mellea).
    C’est un « tueur d’arbres vivants » qui développe très lentement un mycélium profond dans le sol et très invasif : https://www.promessedefleurs.com/conseil-plantes-jardin/ficheconseil/larmillaire-ou-pourridie-reconnaitre-et-lutter-contre-ce-champignon-des-arbres/

    @+++

  6. 90% du pailli de feuilles déchiquetés que j’avais mis dans mon bac a été dispersé par le vent. Celui de paille aussi. Je suis revenu au pailli de cèdre.

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