Le roi de la forêt se fait petit
Par Julie Boudreau
Les arbres de petite taille sont devenus une nécessité dans les 30 dernières années. Et on ne parle pas ici d’un jeune chêne rouge qui atteindra plus de 25 mètres à maturité. On parle ici d’arbres qui ne dépasseront pas plus de sept mètres de hauteur, même à taille adulte.

Leur nécessité dans les aménagements est arrivée en même temps que l’explosion pour les maisons de ville aux terrains minuscules et aux espaces de plus en plus restreints. Ajoutons à cela la contrainte des fils électriques. Dans la majorité des nouveaux développements, planter des arbres de grande dimension est carrément impossible. Pourtant, la présence des arbres est essentielle à l’équilibre d’un bel aménagement paysager. Et aussi, certaines municipalités, qui ont bien saisi l’importance du verdissement comme agent de lutte aux changements climatiques, rendent obligatoire la plantation d’arbres en façade.
Petit arbre ou gros arbuste?
La définition de ce qu’est un arbre n’est pas coulée dans le béton. Mais, en général, on s’entend pour dire qu’un arbre possède un tronc unique sur lequel se développent des branches, la ramure. À l’opposé, un arbuste développe plusieurs tiges à partir du sol et les nouvelles pousses peuvent partir du sol. Mais la définition d’un arbre ne peut pas être aussi simple. En effet, certains petits arbres développent plusieurs troncs, comme l’érable de l’Amur (Acer tataricum) ou certains amélanchiers (Amelanchier sp.). À la limite, certains sont carrément de gros arbustes dont on dégage la base. C’est souvent le cas des lilas communs (Syringa vulgaris). Et enfin, les pépinières proposent une vaste panoplie d’arbustes greffés sur tige qui entrent dans la définition des petits arbres. L’exemple le plus célèbre est l’hydrangée «P.G.». Ainsi on peut dire que tout ce qui a une base dégagée et qui mesure moins de sept mètres de hauteur peut être considéré comme un petit arbre.

Petits, mais indispensables
Les arbres, petits ou grands, ont toujours été essentiels à la réussite de l’aménagement d’un jardin. Ils forment le squelette, créent le lien entre la terre et le ciel (poésie, sors de ce corps) et constituent les premiers éléments à mettre en place au jardin. Déplacer une vivace ou un arbuste mal positionné est une pacotille. Mais déplacer un arbre… c’est une autre histoire.
La réalité des jardins de plus en plus petits diminue l’intérêt pour les gros arbres. Ceux-ci font trop d’ombre, leurs racines superficielles compliquent la plantation et bien sûr, ils occupent trop de place dans des endroits qui n’en possèdent déjà pas beaucoup.
Pourtant, le jardin a bel et bien besoin d’éléments de structure et de hauteur. C’est alors que les petits arbres s’avèrent particulièrement utiles.

Dans les grands espaces aussi
Il ne faut surtout pas restreindre les petits arbres aux petits jardins. Les arbres de petite dimension ont aussi de grandes réalisations à accomplir dans les grands espaces. Ils sont très utiles pour créer des jeux de hauteur avec les grands arbres ou faire la transition entre le sous-bois et les plates-bandes au soleil. Ils complètent bien les brise-vent en se plaçant devant les conifères dont la base peut se dégarnir avec les années.
Les petits arbres peuvent aussi servir d’arrière-plan, pour donner de la hauteur et mettre en valeur des arbustes aux textures et aux couleurs contrastantes. On peut aussi les positionner au centre d’une large plate-bande ou encore marquer l’extrémité de la maison.

Petits arbres, grandes missions
Ce qui rend les petits arbres attrayants, c’est qu’ils deviennent facilement des points d’intérêt visuel. Ce sont des plantes idéales pour accentuer certains endroits du jardin, pour attirer l’attention. On peut même augmenter la présence de l’arbre par la plantation d’un couvre-sol bas. D’ailleurs, les troncs dégagés des petits arbres permettent des plantations intéressantes au pied de ceux-ci.
Dans les petits jardins, le fait que l’on puisse voir «au travers» de l’arbre, grâce à sa base dégarnie donne l’impression que le jardin est plus grand et plus profond qu’il n’y paraît. Et, le feuillage cache quand même une partie de ce qui se trouve au-delà, ce qui conserve un certain effet de surprise.
Quelques précautions à l’achat
Étant donné que ces arbres risquent de devenir des plantes vedettes, il est important de choisir des plants ayant une disposition de branches bien balancées. On recherchera aussi une disposition originale des branches. Bien sûr, on évite toute plante qui ne semble pas vigoureuse ou qui montre des signes de maladies.
Outre l’allure générale de la plante, on prendra soin de s’assurer que la plante est bien rustique pour notre région. On doit aussi choisir un arbre adapté aux conditions existantes de sol et d’ensoleillement du site.


S’il s’agit d’un arbuste sur tige, on vérifiera aussi si les greffes sont de bonne qualité et bien cicatrisées. Ici aussi, même si la plante est jeune, la disposition équilibrée des branches autour du tronc est une garantie que la plante se développera avec charme.
Quelques conseils de plantation
Dans une certaine mesure, planter un petit arbre est un geste aussi symbolique que de planter un gros arbre. L’arbre est là pour durer et prendre de la maturité. Sa splendeur est peut-être moins impressionnante que celle d’un grand chêne, mais un petit arbre peut dégager un certain charme lorsqu’il atteint sa pleine maturité, du haut de ses sept mètres!
Ainsi, il est vraiment important de prendre en compte les dimensions à l’âge adulte de la plante, afin de bien la positionner. Même si ce sont de petits arbres, il ne faut pas se fier à la taille de la plante au moment de l’achat. Ces plantes vont continuer de grandir en hauteur et en largeur.
En somme, même si l’espace est restreint, plantez des arbres! Même si des fils électriques traversent la propriété, plantez des arbres. Même si ramasser des feuilles à l’automne est un fardeau, plantez des arbres.


Belle trouvaille comme sujet je pensais que les petits arbres n avaient pas pas
fini de grandir .Merci toujours un plaisir de vous lire en passant je demeure dans un 3 1/2 pièces pas trop ensoleillé j ai réussi à faire pousser une plante araignée ma première est morte.Bonne journée
Très belle chronique! J’ai un bel Érable de l’Amur dans ma cours, et cette année il est spectaculaire par sa belle couleur automnale. Tu as raison , plantons des arbres , ç’a égaie notre environnement …..
Très bonne chronique!!! Dans les petits quartiers anciens aux rues étroites et aux terrains limités, le bon vieil érable de toutes les sortes prend beaucoup de place! Il ya tellement d’autres variétés d’arbres de taille acceptable en-dessous desquels, comme vous dites, on peut planter des couvre-sols (aspérule, pervenche) et des hostas tout en laissant des espaces pour les végétaux de lumière et de soleil!
Très intéressant, cela me rappelle, la belle conférence que tu nous a donné sur les jardins de villes à la SPARQ.
Ici, j’ai un beau cornus alternifolia, il est une vedette, au printemps avec ses fleurs blanches, en été car il attire les viréos aux yeux rouges et à l’automne avec la belle coloration des feuilles. La structure des branches est magnifique en hiver. Merci à toi !
Bonjour! C’est la première fois que je vois un Cercis canadensis ‘Ruby Falls’ (la photo que vous avez mise dans votre article). Magnifique! J’ai fait une recherche rapide sur l’Internet et je n’ai vu aucune pépinière au Québec qui vend ce petit arbre. Que des sites de France, de Caroline du Nord, de Nouvelle-Écosse, de Californie…. Est-ce que le Cercis est résistant à nos hivers québécois?
J’aime beaucoup la la nature, je forestier au Mali, je sauterais me former en aménagement urbain
Merci pour ce bel article que j’aurais aimé lire avant de planter un tilleul pour remplacer notre cher bouleau pleureur en fin de vie…s’il ne tient pas le coup, j’aurai de bonnes idées!
Ne regrettez pas! Le tilleul est un bel arbre qui ne vient pas trop grand. Il a naturellement une belle forme et il embaume l’air.
Par contre, certaines sortes produisent beaucoup de repousses à la base du tronc.