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Choix des pollinisateurs pour arbres fruitiers

Abeille qui apporte du pollen d'une fleur de pommier à l'autre, ce qui donne une pomme.

Liste non exhaustive des fruitiers présentant des particularités pour assurer la fécondation et la production de fruits

Par Louise Lambert

Plusieurs fruitiers sont autostériles, c’est-à-dire que leur pollen ne peut pas féconder les fleurs du même cultivar. D’autres sont faiblement autofertiles (ou autoféconds) et produisent peu de fruits lorsqu’ils sont seuls. Enfin, certains fruitiers sont dioïques, c’est-à-dire que les fleurs mâles et femelles sont portées par des plantes différentes. 

Ainsi, pour la majorité des fruitiers, il faudra 2 cultivars différents ET compatibles entre eux pour assurer la pollinisation nécessaire à la production de fruits.

Notez que pour la plupart des espèces, la distance maximale recommandée entre les fruitiers compatibles est de 30 mètres. 

Ce petit aide-mémoire servira à identifier, pour chaque fruitier capricieux, ses compagnons compatibles ou les conditions particulières à respecter pour produire des fruits.

Pour certains fruitiers, la compatibilité est présentée sous forme de tableau. 

Hippophae rhamnoides — Argousier    

Argouses. Photo: SZier, pixabay.com

L’argousier est une plante dioïque: chaque plant porte les fleurs d’un seul sexe. Il nécessite au moins un plant mâle et un plant femelle pour produire. Le kiwi (Actinidia spp.) est aussi une plante dioïque.

Vaccinium — Bleuetier (myrtillier)     

Bleuets. Photo: pixabay.com

V. corymbosum — Bleuetier cultivé ou bleuetier en corymbe, myrtillier américain

V. angustifolum — Bleuetier à feuilles étroites* ou bleutier nain, myrtillier à feuilles étroites

*Indigène au Québec; excellent pollinisateur

Les bleuetiers sont faiblement autofertiles. La recommandation est de cultiver au moins deux cultivars différents à proximité, même idéalement trois. Attention, les producteurs qualifient la majorité des bleuetiers d’autofertiles, mais ils produiront beaucoup moins seuls.

Ribes — Groseillier, Gadellier, Cassissier

Sambucus — Sureau

Du haut à droite dans le sens de l’horloge: gadelles (groseilles à grappes), sureaux, groseilles (groseilles à maquereau) et cassis. Photo: pxhere.com

Les groseilliers, gadelliers, cassissiers, sureaux et presque tous les autres petits fruits sont considérés comme partiellement autofertiles. Comme la pollinisation croisée les rend plus productifs, il est préférable de planter deux cultivars à proximité l’un de l’autre.

Malus — Pommier     

Pommes. Photo: muktevi, pixhere.com

Règle générale, les pommiers sont autostériles. Il faut deux pommiers de variétés différentes pour assurer la pollinisation. Les pommiers sont compatibles à l’intérieur d’un même type. Comme toutes les variétés de pommiers cultivés relévent de l’espèce Malus domestica, ils peuvent donc se polliniser entre eux.

Les pommetiers ou pommiers décoratifs sont d’excellents pollinisateurs pour tous les pommiers. Botaniquement, il n’y a aucune différence entre un pommetier et un pommier. Les deux sont des sélections de Malus domestica. Grâce à l’abondance du genre Malus presque partout au Québec, il est rare qu’un pommier qui fleurit ne donne pas de fruits.

Lonicera caerulea — Camérisier

Camérises. Photo: Hansicanada, Wikimedia Commons,

Le camérisier est un chèvrefeuille arbustif aussi appelé chèvrefeuille bleu à cause de la couleur des fruits. Tous les camérisiers sont autostériles.

Plusieurs études ont permis d’identifier les variétés compatibles qui dépendent de plusieurs facteurs, notamment la période de floraison ainsi que la structure même de la fleur. Le tableau suivant est extrait du document La camerise et la pollinisation*, produit par Martine Girard, directrice générale de Végétolab inc., entreprise spécialisée dans la production de camérisiers à Alma, Québec.

Tableau des variétés compatibles:
Ill.: https://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Regions/Outaouais/Cameriseetpollinisation.pdf

Prunus — Abricotier

Abricots. Photo: 1010888, pixabay.com

Les abricotiers sont généralement autofertiles et compatibles entre eux.

Prunus — Cerisier

Cerisier sucré. Photo: depositphotos

Les cerisiers sucrés (Prunus avium) nécessitent la présence d’une autre variété de cerisier sucré pour favoriser la pollinisation.

Les cerisiers acides ou griottiers (Prunus cerasus) sont généralement autofertiles, mais performent mieux en présence d’un autre cerisier acide.

Les cerisiers greffés ‘4 en 1’ sont autofertiles, puisqu’ils sont composés de plus d’une variété du même type.

Important!

Différentes espèces d’abeilles assurent la pollinisation de la grande majorité des arbres et arbustes fruitiers: évitez d’appliquer des pesticides toxiques.

Prunus — Prunier

Prunes européennes. Photo: pxfuel.com

Règle générale, les pruniers sont compatibles à l’intérieur d’un même type. 

Le prunier noir (Prunus nigra), le prunier indigène au Québec, est le meilleur pollinisateur pour tous les pruniers de type américain et asiatique, ainsi que leurs hybrides. Le prunier d’Amérique (P. americana), indigène aux États-Unis et en Ontario, est aussi un excellent pollinisateur pour les espèces de ce groupe.

Les pruniers greffés ‘4 en 1’ sont autofertiles, puisqu’ils sont composés de plus d’une variété du même type.

Pyrus — Poirier

Poires européennes. Photo: piqsels.com

Règle générale, les poiriers sont autostériles. Il faut deux poiriers de variétés différentes pour assurer la pollinisation. Les poiriers sont compatibles à l’intérieur d’un même type. Certains poiriers sont faiblement autofertiles, mais ils performent mieux lorsqu’ils sont accompagnés.

Au sujet de l’auteure

Louise Lambert est conseillère chez Fleuri-Cap — Serres et centre jardin. Jardinière passionnée, elle accompagne les clients dans leur choix de végétaux, parmi une vaste sélection de fleurs annuelles, de plantes potagères, de vivaces, d’arbres et arbustes soigneusement préparés par une équipe dévouée. 

Principales références

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