Les besoins essentiels pour une belle pelouse
Le printemps est arrivé et, même si on a encore beaucoup de neige au sol dans plusieurs endroits au sud du Québec, la plupart des amateurs de jardinage songent déjà avec enthousiasme à tout ce qu’ils vont faire pour embellir leur terrain cette année.
Étant donné que la pelouse occupe une place importante dans les aménagements paysagers en Amérique du Nord, plusieurs compagnies vous ont sans doute déjà envoyé des offres pour l’application d’engrais et de pesticides au cours de la belle saison, avant même d’avoir évalué les besoins réels de votre terrain.
La hauteur de coupe
Des entrepreneurs consciencieux se tournent heureusement vers de bonnes pratiques dictées par des préoccupations environnementales. Voyez les excellents conseils pratiques de Québec Vert, tant pour l’implantation d’une nouvelle pelouse que pour son entretien et même pour y apporter de la biodiversité!
Il est clair que le plus important n’est pas l’engrais, mais l’entretien du gazon et en particulier la hauteur de coupe qui ne doit pas être plus basse que 3 pouces (8 cm). Et on ne tond pas en période de canicule bien sûr.
Pour une pelouse durable, la qualité du sol sous-jacent très est importante et donc il faut bien préparer le sol avant de poser la pelouse! En principe, il faudrait semer ou installer le gazon en plaque sur 15 cm (5 1/2 pouces) de terre arable. Quand on voit sur quoi sont installés les rouleaux de gazon dans les nouveaux développements résidentiels, il ne faut pas s’étonner du résultat décevant… et cela va prendre des années d’efforts avant d’améliorer le sol en profondeur.
Mon expérience
Malheureusement, c’est ce que j’ai pu constater pour la pelouse qui entoure la nouvelle maison où j’ai emménagé l’an dernier. Mon terrain a été nivelé avec la terre d’excavation il y a 6 ans et il est très difficile d’y enfoncer une fourche à quelques cm de profondeur! En façade, l’ancien propriétaire avait étendu quelques cm de terre arable en surface et il a ensemencé avec le mélange standard vendu dans toutes les quincailleries soit: pâturin des prés, fétuque rouge traçante et ivraie. En ce qui concerne l’arrière de la maison, j’ai l’impression qu’il a simplement laissé pousser les «?mauvaises herbes?» qu’il a tondues, ce qui a donné une «?pelouse?» très clairsemée, surtout qu’elle est plus ombragée.
J’avoue que je n’avais pas envie de refaire toute ma pelouse l’an dernier, mais j’en ai plutôt éliminé 50 % en plantant un écran d’arbres et arbustes en façade et au nord. Par ailleurs, avant même de déménager pour de bon, j’ai semé du trèfle blanc au travers de la pelouse existante dès le mois de mai. Il pleuvait beaucoup chez moi au printemps 2025 et, au début juillet, j’avais déjà un peu de diversité qui s’installait dans ma pelouse. Mais dès la mi-juillet une canicule historique s’est installée au sud du Québec jusqu’en automne!
Dès lors, il a fallu laisser le plus de longueur possible aux brins d’herbe pour favoriser la photosynthèse et nous n’avons donc pratiquement pas tondu la pelouse pendant des semaines. Pourtant on entendait encore les tondeuses dans le voisinage et il y avait même des compagnies qui venaient appliquer des engrais et des pesticides en pleine sécheresse. La logique: vous avez payé pour tous ces produits, alors vous les aurez, quelles que soient les circonstances!
Une belle pelouse, ça prend surtout de l’eau!
Tout cela pour vous dire qu’on a beau appliquer tous les beaux principes d’entretien écologique, si l’eau vient à manquer pendant des semaines: la pelouse va jaunir, tomber en dormance ou peut-être même mourir pour de bon. Arroser la pelouse en période de canicule est inacceptable et plusieurs villes l’interdisent à juste titre. Mais, même si vous avez un puits, la nappe phréatique communautaire est à risque également, comme plusieurs municipalités en font l’expérience.
Alors que faire pour avoir un bel aménagement? Laisser faire la nature et l’encourager! Pour ma part, je me fie toujours au modèle de la nature où les monocultures n’existent pas, donc la biodiversité est un facteur clé pour moi. Sur mon nouveau terrain, j’ai constaté que la «?pelouse de mauvaises herbes?» en arrière de ma maison était bien plus verte que celle d’en avant. Il y avait toutes sortes de plantes qui vivent spontanément dans les endroits incultes et qui tolèrent une coupe occasionnelle: pissenlits, achillées, trèfles, renoncules, plantains, fraisiers, épervières, oseilles, mourons, prunelles, violettes, etc.
Donc au printemps prochain, je vais sursemer ma pelouse avec un mélange de semences qui demande peu d’entretien et moins d’eau, comme le mélange Eco-turf de Gloco, qui contient du trèfle blanc. La biodiversité naturelle va prendre sa place sans effort.
Et l’engrais?
Lorsque j’habitais à la campagne, je n’ai pas mis d’engrais sur ma pelouse pendant plus de 20 ans et elle a toujours été magnifique grâce à une tonte élevée et à l’herbicyclage. Aucune infestation de vers blancs ou autres ravageurs non plus. C’est ce que je vais continuer à faire sur mon nouveau terrain, d’autant plus que l’application d’engrais, même naturels, est interdite dans ma ville située au bord d’un des plus beaux lacs du Québec.
Malheureusement, ce règlement n’est absolument pas appliqué, car l’équipe municipale des espaces verts a d’autres chats à fouetter que de faire la police. Il est évident qu’il y a application d’engrais et même de pesticides, surtout dans les secteurs de condos ou de logements locatifs où les propriétaires confient l’entretien du terrain à des contractuels. Quand on voit une pelouse vert fluo au printemps et uniforme, sans aucun pissenlit… c’est évident qu’il y a eu application d’engrais et d’herbicides sélectifs.
Malheureusement, une bonne partie de ces produits s’écoule dans les égouts pluviaux après une forte pluie et finit par aboutir dans nos lacs. On observe aujourd’hui une multiplication de plantes aquatiques et même d’algues bleu-vert dans presque tous les lacs du Québec situés en zones urbaines ou de villégiature, et ce malgré l’augmentation des bandes riveraines et la surveillance accrue des fosses septiques.
Appel à tous!
Alors, si vous voyez des pelouses «?parfaites?», sans pissenlits, et que votre ville ou municipalité a un règlement qui interdit les engrais et les pesticides sur les pelouses, parlez-en à votre conseil municipal ou aux inspecteurs municipaux. Il est temps de relancer des campagnes de sensibilisation sur l’entretien écologique des pelouses et d’assurer un peu plus de surveillance.





Merci pour ce rappel. J’ai un sol compacté et jusqu’à 2024 j’avais un gazon avec plantes multiples. Malheureusement, tout a été détruit suite à réparations de foundation. J’ai dû faire appel à une compagnie pour niveler le terrain et retourber. Pas assez de bonne terre sous la tourbe. Cette année je vais faire comme vous, echo-turf Gloco… Aussi, pré fleuri sur un côté de la maison…
Merci pour cette chronique. Est-ce possible de semer du thym rampant dans une pelouse clairsemé?
Le thym va bien dans les pelouses ensoleillées mais le semis est difficile car les semences sont minuscules et sont souvent étouffées par le gazon ou les autre plantes. Le mieux est d’acheter de petits plants: ça se répand bien, mais toujours en plein soleil.
Merci beaucoup!
Bonjour,
On a eu le même problème ici. En fait tout est mort. Juste dire que ça nous a pris 3 ans pour t’avoir du “vert”. En plus d’eco Turf, on a ajouté du trèfle et du thym rampant. Et des crocus. Et on a mis du fumier de poule “La mère Poule”. Au début il n’y avait que du trèfle. Maintenant on sent bien que le sol se refait. J’ai hâte de voir cette année ! Faut juste être patient.
Merci Édith de faire ce rappel! C’est difficile pour le commun des mortels de faire le pas pour passer à une pelouse plus écologique. La difficulté n’est pas dans l’établissement de celle-ci, au contraire, mais c’est de passer par dessus l’influence du lobby corporatif qui fait une fortune à maintenir les gens dans la pelouse traditionnelle. Je félicite les entreprises écoresponsables qui amorcent le virage et sensibilisent les citoyens à de meilleures pratiques moins impactantes pour l’environnement. Je peux vous confirmer que les lacs en prennent pour leur rhume avec tous les engrais et pesticides lessivés provenant de l’entretien des pelouses traditionnelles. Ce n’est pas normal de devoir apporter autant de produits pour faire pousser des plantes! C’est le signe que ces traditionnelles graminées n’ont pas leur place dans un écosystème équilibré. N’en déplaise à certains, il s’agit d’un constat appuyé par la logique environnementale et la nature aura toujours raison.
Votre article est fort intéressant. Sur notre terrain, les plants de fraisiers des champs croissent sur le terrain chaque année. Nous parvenons à récolter un peu de fraises des champs. Qu’est-ce que la croissance de ces plants indiquent de l’état de santé du gazon et du terrain? Cela semble positif selon votre article.
J’ai un gros chien. Pour ses besoins il se concentre toujours au même endroit. Mon problème est qu’il adore se rouler dans le gazon donc mon gazon devient très clairseme et même à nu dans certains endroits. Quel serait les meilleurs semences pour semer du nouveau gazon.
Merci, j’attends avec impatience votre réponse….Merci