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Un iris pour tous les jardins

Par Julie Boudreau

On reconnaît la fleur de l’iris à des milles à la ronde. Avec ses trois pétales recourbés vers le bas et ses trois pétales dressés, comment ne pas tomber sous le charme? Et quand on peut compter les fleurs par dizaines, l’effet est spectaculaire. La grande diversité des iris permet d’en trouver un parfait pour chaque jardin! De plus en combinant différentes espèces, il est possible de profiter de la floraison des iris du début du printemps à la fin de l’été.

L’iris de Sibérie ‘Gatineau’. Photo: Julie Boudreau

Un iris pour célébrer le printemps

En fleur à peu près en même temps que les crocus, les iris bulbeux (Iris reticulata) sont de rares iris à se développer à partir de bulbes et non de rhizomes (tiges souterraines). C’est aussi un iris unique, car on le plante à l’automne, en même temps que les tulipes et les narcisses!

Ces iris peuvent mesurer 15 cm de hauteur et ils sont les tout premiers à fleurir au printemps. L’idéal est de les planter en petit massif dense pour obtenir un effet intéressant. On peut aussi les naturaliser dans la pelouse.

Mon petit favori de ce groupe est ‘Katharine Hodgkin’ qui est un iris qui fleurit fidèlement dans mon jardin depuis plus de 10 ans. La couleur de la fleur est très pâle, ce qui est un bel ajout parmi tous ces bulbes printaniers aux couleurs vives et clinquantes!

L’iris bulbeux ‘Katharine Hodgkin’ est planté à l’automne, en même temps que les tulipes. Photo: Julie Boudreau

Un iris pour le jardin alpin

Les amateurs de jardins de rocaille et de plantes alpines seront heureux de découvrir un petit iris prolifère du nom de l’iris à crêtes (Iris cristata). C’est aussi un petit iris d’environ 15 cm de hauteur qui se développe avec de fins rhizomes qui rampent à la surface du sol. Avec les années, il forme un petit massif très aéré. J’ai tendance à le laisser courir librement au travers des autres plantes alpines. Sa jolie fleur bleu clair est démesurément grande comparée à la grosseur du feuillage. Fiable et charmant comme tout!

Iris cristata. Photo: Julie Boudreau

Un iris pour les bordures

L’iris nain (Iris pumila) est un peu plus connu des jardiniers. Il est semblable en tout point à l’iris des jardins que nous verrons un peu plus bas, sauf qu’il est tout petit! Mesurant de 15 à 30 cm de haut, il déploie d’immenses fleurs aux coloris variés. Ce petit iris forme de beaux massifs denses et il se couvre de fleurs, juste après la floraison des tulipes, un peu en même temps que les pivoines à floraison hâtive. La floraison dure environ deux semaines.

L’iris nain développe des rhizomes charnus qui doivent ramper à la surface du sol. On ne doit pas enterrer ces rhizomes ou les recouvrir de terre. Pour obtenir une belle floraison, on installera la plante au plein soleil dans un sol bien drainé.

L’iris nain est une version miniature de l’iris des jardins. Ici, le cultivar ‘Cyanea’. Photo: Julie Boudreau

Un iris parmi les vivaces

L’iris des jardins (Iris x germanica, anciennement I. x barbata ou I. x hybrida) est sans contredit la plante idéale pour une plate-bande de vivaces mixtes de peu d’entretien. On les appelle parfois les iris barbus à cause des poils présents sur les sépales. Cette plante forme assez rapidement un imposant massif de larges feuilles qui contraste bien avec les plantes aux feuillages fins et découpés, comme les géraniums vivaces. Les grandes fleurs s’épanouissent à peu près en même temps que les pivoines. Même si la floraison ne dure que deux semaines, elle est spectaculaire.

Comme les hémérocalles, c’est une des plantes qui a été abondamment hybridée, car il existe des milliers de cultivars. On a surtout cherché à améliorer la grosseur de la fleur, mais surtout la diversité des coloris, car cet iris est naturellement jaune et mauve. La hauteur varie de 40 à 120 cm. Pour obtenir une belle floraison, on le plante au plein soleil.

C’est parmi les iris des jardins que l’on trouve les plus belles floraisons. Ici, l’iris ‘Loop the Loop’. Julie Boudreau

Un iris pour les endroits difficiles

On ne peut pas dire que les iris des jardins sont difficiles de culture. Toutefois, pour des endroits où ce dernier refuserait de pousser, on peut se rabattre sur l’iris de Sibérie (Iris sibirica). Cet iris développe des feuilles plus étroites et dressées et à maturité, le feuillage forme une rosette assez dense. Au-dessus du feuillage vont apparaître des fleurs qui sont plus petites et moins spectaculaires que celles de l’iris des jardins, mais tout de même fort jolies. Même si les cultivars proposent moins de coloris que les iris des jardins, l’iris de Sibérie mérite toute notre attention, car il tolère bien la mi-ombre et les sols moins bien drainés. C’est aussi un iris qui est résistant au perceur de l’iris qui attaque parfois les iris nains et les iris des jardins. Les iris de Sibérie mesurent entre 60 et 100 cm de haut et il fleurit en juin et juillet.

L’iris de Sibérie ‘Perry’s Blue’ est une variété bien endurante et très fiable au jardin. Photo Julie Boudreau

Un iris pour son parfum

Parmi les autres iris qui se plaisent dans les plates-bandes ensoleillées, il y a un iris à feuillage panaché. L’iris de Dalmatie (Iris pallida) développe un feuillage panaché de blanc crème (‘Variegata’) ou de jaune doré (‘Aureovariegata’). Outre ce feuillage très décoratif, la plante émet de belles fleurs mauves très parfumées. L’odeur rappelle à s’y méprendre celle du jus de raisin!

C’est un bon iris à implanter dans les aménagements paysagers de peu de soins et les endroits qui reçoivent peu d’arrosage.

Iris pallida ‘Variegata’. Photo: Julie Boudreau

Un iris pour les endroits plus humides

L’iris du Japon (Iris ensata) nous amène complètement ailleurs. C’est une plante qui aime avoir les deux pieds dans l’eau, pour ne pas dire carrément dans la boue. Cela dit, dans un sol arrosé régulièrement, on peut le planter dans une plate-bande ordinaire. Les fleurs sont d’une grande beauté. C’est une plante qui mesure environ 75 cm de hauteur.

Il y a une touche de charme évidente qui émane des iris du Japon. Le cultivar ‘Inada-no-sagi’ arbore des fleurs blanches aux larges pétales. Photo: Julie Boudreau

Un iris pour fêter le solstice d’été

Au même moment que se déroule la fête nationale des Québécois (la St-Jean-Baptiste), qui coïncide à peu près avec le solstice d’été, apparaissent les fleurs de la plante emblème du Québec. L’iris versicolore (Iris versicolor) est une plante indigène du nord-est de l’Amérique du Nord que l’on retrouve souvent en bordure des lacs ou dans les jeunes tourbières. La fleur est principalement violette avec une touche de jaune et de blanc. En plus de pousser facilement les deux pieds dans l’eau, cet iris tolère bien la mi-ombre.

On ne peut pas parler des iris sans célébrer l’iris versicolore, emblème floral de la province du Québec. Photo: Julie Boudreau

Ainsi, on découvre le vaste potentiel des iris qui peuvent nous épater avec leurs belles fleurs, de la fonte de la neige à la fin de l’été. Il existe une foule d’autres espèces à découvrir et on peut affirmer que les iris sont des plantes très faciles de cultures.

Iris de Sibérie ‘China Spring’. Photo: Julie Boudreau

Étiquettes + Iris, Plantes tolérantes à la sécheresse


  1. Un très beau sujet, je ne savais pas qu’il en existait autant… tes textes sont toujours très instructifs et faciles à comprendre. C’est certain que mon objectif sera de voir des iris en fleurs tout l’été chez moi, mais je suis en région éloigné alors les plants seront difficile à trouver.

  2. J’ai pendant des années cultivé une plate-bande d’iris germaniques de toutes les couleurs – abricot, pourpre, chocolat, toutes les nuances de bleu et de violet. Puis la mineuse (ou perceuse) de l’iris les a repérés, et en quelques années ma collection a été totalement décimée. Seuls les iris sibériens qui n’ont pas de bulbes charnus ont survécu. Heureusement, au fil des ans lors des divisions j’ai donné des plants a plusieurs de mes amis où je peux aller revoir les descendants de mes beaux iris.

  3. J’adore les Iris

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