Des arbres fruitiers sans maladies? On en veut!
Par Julie Boudreau
Dans un monde de plus en plus préoccupé par l’environnement et les impacts des pesticides, il est tout à fait normal de rechercher des plantes qui sont exemptes de maladies. Les arbres fruitiers n’y échappent pas.

Ces maladies qui gâchent notre plaisir
Selon l’arbre fruitier que l’on cultive, les maladies problématiques diffèrent. Chez les pommiers, c’est souvent la tavelure qui est l’ennemi juré. Celle-ci dépose des taches rugueuses sur les feuilles et les fruits, ce qui les rend moins jolis. Une infestation importante de tavelure peut même provoquer la chute prématurée des feuilles. Cela dit, on peut manger sans crainte une pomme atteinte de tavelure. Les pommiers sont aussi occasionnellement attaqués par la rouille.

Chez les pruniers, les cerisiers et les poiriers, c’est plutôt la brûlure bactérienne (aussi appelé le feu bactérien) que l’on surveille de proche. Occasionnellement, on peut retrouver de la tavelure sur un poirier et un pommier peut être atteint de brûlure bactérienne. Les poiriers sont aussi sensibles à une maladie appelée le rot brun.
Comme vous serez à même de le constater, on ne trouve pas vraiment de pruniers ou de cerisiers véritablement résistants aux maladies. Car, en plus de la brûlure bactérienne, ces fruitiers sont aussi sensibles à la maladie de la pochette du prunier, au nodule noir ou au chancre bactérien. Bref, ils sont plus sollicités que les pommiers ou les poiriers! Quoi qu’il en soit, s’il fallait faire ressortir du lot les cultivars les plus résistants, ce serait les cerisiers ‘Meteor’, ‘Northstar’ et ‘Evans’. Chez les pruniers, on opterait pour ‘Mont Royal’, ‘Reine Claude’ et ‘Crescent’. Tout cela, sous toute réserve car aucune de ces variétés n’est entièrement résistante aux maladies.
Enfin, il est bien important de préciser qu’un arbre fruitier résistant aux maladies n’est pas automatiquement résistant aux insectes. Ainsi, la mouche de la pomme, les carpocapses et les charançons demeurent des petits coquins qui risquent de compromettre une partie de la production. Mais au moins, le problème des maladies est écarté.

Plusieurs pommiers
Voici une petite sélection de pommiers qui sont disponibles au Québec et qui présentent une bonne résistance aux maladies.
‘Akane’: Une belle pomme d’origine japonaise de taille moyenne à consommer fraîche ou en tartes. Elle porte aussi le nom de ‘Tohuku 3’ et de ‘Primered’. H.: 4 m; Zone 4
‘Battleford’: Une pomme de taille moyenne à grosse, découverte en Saskatchewan et possiblement originaire de Russie. Sa saveur est un peu surette. C’est une pomme à consommer fraîche ou à utiliser en cuisson. H.: 3 m; Zone 3
‘Fameuse’: C’est une variété ancienne qui était cultivée aux abords du fleuve Saint-Laurent au 18e siècle. Elle est parfois appelée la pomme des neiges. L’arbre produit de petites pommes polyvalentes: consommée fraîche, en cuisson, en cidre ou en gelée. H.: 5 m; Zone 3
‘Fireside’: C’est une pomme tardive de grosse dimension qui est surtout appréciée pour la compote. C’est aussi une très bonne pomme de conservation qui peut être gardée 4 mois au froid. H.: 5 m; Zone 4
‘Prairie Magic’: Une pomme savoureuse et hâtive, de taille moyenne, surtout utilisée pour la confection de desserts. H.: 6 m; Zone 3
‘Sweet Sixteen’: Même si c’est une très bonne pomme pour la consommation fraîche et la cuisson, on l’apprécie également dans le déshydrateur! Variété américaine développée dans les années 1950. H.: 4 m; Zone 3
‘Wolf River’: Très grosse pomme de texture un peu farineuse. Intéressante pour la cuisson en général, elle crée aussi un cidre intéressant. C’est une belle variété ancienne du 19e siècle qui aurait des origines québécoises. H.: 4 m; Zone 3
En plus de ces variétés, j’ai déjà présenté plus en détail les pommiers ‘Belmac’, ‘Freedom’, ‘Liberty’, ‘Redfree’, ‘Richelieu’, ‘Rouville’ et ‘Trent’ dans un article sur les pommiers résistants aux maladies.

Quelques poiriers
Du côté des poiriers, on trouve quelques variétés résistantes aux maladies, incluant une variété de poire asiatique! À noter que, comme les pommiers, il faut cultiver deux variétés différentes de poiriers pour obtenir des fruits, car les arbres sont généralement autostériles.
‘Cold Snap’: Une poire d’origine canadienne, surtout jaune, savoureuse et juteuse. Bonne durée de conservation. H.: 4 m; Zone 4
‘Luscious’: Fruit jaune légèrement teinté de rouge, croustillant et juteux. H.: 4 m; Zone 3
‘Patten’: Une poire de grande dimension, surtout jaune, recherchée pour sa bonne saveur. H.: 5 m; Zone 4
‘Summercrisp’: Fruit teinté de rouge intéressant pour sa bonne rusticité. Ne pas confondre avec la variété de pomme du même nom! H.: 4 m; Zone 3
‘Shinseiki’: Un poirier asiatique au fruit bien rond, comme une pomme. Le fruit jaune est croquant à souhait. Ne convient pas à tous les jardins, car la rusticité est faible. H.: 6 m; Zone 5


Pêches, nectarines et abricotiers?
Nous commençons à accueillir de plus en plus de variétés de pêches, de nectarines et d’abricotiers qui sont suffisamment rustiques pour le Québec. Toutefois, pour l’instant, bien peu se qualifient du côté de la résistance aux pathogènes. La seule variété qui est véritablement reconnue pour sa résistance aux maladies est une nectarine (une pêche pas de poils!).
‘Hardired’: Dans les jardins plus abrités, on pourra cultiver cette nectarine à gros fruits. La chair est jaune et ferme. H.: 4 m; Zone 5

Et un amandier?
Lors de ma recherche pour dénicher ces beaux arbres fruitiers sans maladies, il m’est soudainement apparu un amandier. Quoi? Un amandier, au Québec? Je croyais avoir trouvé une petite pépite d’or. Je note le cultivar: l’amandier ‘Javid’s Iranian’. Puis je lis la description… Déception! Il y est dit que la plante est très résistante… au froid. La révélation de ce bel amandier est simplement qu’il est rustique en zone 5. Un peu décevant, mais quand même intéressant!
Bien sûr, dépendant des régions et même du continent, pour nos lecteurs de France et de Belgique, les disponibilités et le choix des variétés peuvent varier grandement. Il est intéressant de remarquer que ce sont rarement des nouveautés qui se démarquent pour leur résistance aux maladies. Souvent, il s’agit plutôt de variétés anciennes qui refont surface parce qu’on redécouvre leur saveur et leurs autres belles qualités! Comme quoi, on trouve parfois de beaux trésors quand on fouille dans nos vieilles affaires!
Merci !
Wow une liste de fruitiers pour nous éclairer dans nos choix!!
J’ai un pommier golden delicious mais, comme tu dis, petits insectes qui blessent les fruits. On fait de la compote & zone touchée ne passe pas dans le chinois. Mais poirier japonais, oh que c’est une super idée!
Ahhhh, merci Julie! Justement, l’idée d’un pommier (ou deux, pour la pollinisation croisée?) pour agrémenter ma cour m’avait traversé l’esprit. Votre chronique tombe pile! On vous souhaite de belles récoltes, sucrées à souhait!
Merci Julie pour cet article fort intéressant !
J’ai dans ma cours un pommier Liberty depuis plus de 20 ans et, à notre grande joie, une année sur deux,
j’ai encore de très belles récoltes.
J’en profite toujours pour faire des réserves de compote, fruits au congélateur etc. 😀
bonjour
je reste etonné de trouver des pechers au quebec, ca reste un arbre du climat chaud
j aime bien votre definition de la nectarine, peche sans poils, il existe aussi le brugnon idem, l un est un prunier greffe sur un pecher, l autre est un pecher greffe sur un prunier, difference au gout neant
j ai eu plante un pommier qui a ete infeste de pucerons,apres traitement les pucerons sont restes mais l arbre a disparu