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Nous sommes le Jardinier paresseux

Avant de devenir le Jardinier paresseux, mon père, Larry Hodgson, faisait partie de tous les groupes horticoles imaginables – à Québec bien sûr, mais aussi par correspondance avec des passionnés à travers le Canada et les États-Unis. C’est en œuvrant comme bénévole dans ces associations qu’il a fait ses premières armes comme communicateur. Une graine était semée.

Mon père et moi.

Je me souviens en particulier de la Société des Amis du Jardin Van den Hende, un organisme qui soutenait les activités du jardin universitaire du même nom, à l’Université Laval. J’étais encore enfant, mais il m’emmenait souvent avec lui. Pendant que les adultes s’affairaient, je me perdais dans les allées du jardin.

Ce lieu a beaucoup changé depuis mon enfance, mais il existe toujours. Et c’est là que je me suis souvent réfugié pendant les derniers jours de mon père, hospitalisé tout près, à l’Hôpital Laval.

Autant aujourd’hui que dans ma jeunesse, la nature est mon refuge.

Le passage des saisons

Cela fera bientôt trois ans qu’il nous a quittés, le 26 octobre 2022. A-t-il fait exprès de partir à cette période de l’année, quand nos jardins tombent en dormance? Je ne sais pas, mais je crois qu’il n’aurait pas pu choisir un meilleur moment.

Quand vous lirez ces lignes, je serai dans le fin fond du Témiscouata. La fin octobre marque pour moi une accalmie: mon rythme de travail ralentit enfin, et j’ai le temps de me laisser bercer par le paysage québécois qui se prépare à l’hiver. Les dernières feuilles colorées s’accrochent encore aux branches, les rayons du soleil percent parfois la grisaille, illuminant les inflorescences séchées qui se balancent au vent, parfois dressées au-dessus d’un léger voile de neige. C’est, à mes yeux, l’un des plus beaux moments de l’année.

Il porte, bien sûr, des souvenirs doux-amers de mon père, mais aussi une grande paix.

C’est aussi une période où le raccourcissement des jours nous pousse à regarder vers l’intérieur: à faire un bilan de la saison de jardinage, à repenser nos réussites, nos échecs, nos caprices météo. Chaque année, les extrêmes s’accentuent: il pleut trop ou pas assez, il fait trop chaud ou trop froid. Il devient difficile de prévoir quoi que ce soit, et cette incertitude, nous la partageons tous, jardinières et jardiniers.

Traverser les saisons

Pour le blogue Jardinier paresseux, les dernières années ont été, elles aussi, une succession de tempêtes et d’éclaircies.

La perte du fondateur, les changements technologiques, les défis financiers, mais aussi du positif: une équipe de collaborateurs passionnés, une nouvelle formation en ligne, et surtout le soutien indéfectible de notre communauté.

Depuis trois ans, j’ai reçu d’innombrables messages d’encouragement et de condoléances. J’ai rencontré des centaines – sinon des milliers – de jardiniers qui m’ont raconté comment Larry les avait initiés au jardinage par ses livres, ses articles ou ses émissions de télévision. Des professionnels de l’horticulture m’ont confié avoir choisi leur carrière grâce à lui. Et plusieurs communicateurs m’ont dit que c’est grâce à Larry qu’ils ont osé suivre la même voie, celle de partager le savoir horticole.

Même s’il n’est plus parmi nous, ses enseignements, ses connaissances et son amour des plantes vivent encore en chacun de nous.

Le Jardinier paresseux n’est peut-être plus là, et il me manque autant qu’à vous… mais son esprit, lui, est toujours bien présent.

Le poids du doute et la force du collectif

Je dois vous avouer que, malgré tous mes efforts pour garder le Jardinier paresseux vivant, j’ai souvent douté.

J’y ai mis des heures, de l’énergie, et même mes économies personnelles. Malgré tout, les résultats tardaient à venir. On me disait que d’ici la fin de l’année, je devrais peut-être mettre la clé sous la porte.

À bout de souffle, j’ai lancé un simple appel à l’aide: un petit message sur le site web, demandant un soutien financier.

La réponse a été immédiate.

C’est à ce moment que j’ai compris que je n’étais pas seul. Grâce à cette vague de solidarité, nous avons pu traverser ce passage particulièrement difficile. Comme nos jardins assoiffés durant cet été sec et chaud, votre soutien a été un arrosage régulier et profond, qui nous a permis de continuer à pousser et de récolter, malgré tout.

Les défis ne sont pas derrière nous, mais le sol est encore assez fertile pour poursuivre, et j’espère de tout cœur qu’il le demeurera. Sans ce soutien, cette année aurait été la dernière saison du Jardinier paresseux.

Poursuivre ensemble

Je n’ai pas le talent d’écriture ni la mémoire encyclopédique de mon père, mais il m’a transmis sa passion pour la nature et pour la simplicité du jardinage. Et surtout, j’ai compris que je n’avais pas à le remplacer: nous pouvons poursuivre sa mission ensemble.

Dans la nature, les plantes ne vivent pas isolées. Elles forment des communautés où chacune joue son rôle: certaines protègent du vent, d’autres enrichissent le sol, d’autres encore attirent les pollinisateurs dont tout le monde profite. C’est cet équilibre qui rend un écosystème fort et résilient.

Aujourd’hui, je suis entouré d’une équipe exceptionnelle: des collaborateurs aux expertises variées, des fées du jardin, invisibles mais indispensables, à la révision, à la programmation et à la mise en page, sans oublier les lecteurs qui commentent, partagent et encouragent.

Photo: Greta Hoffman

Et aussi, des petites entreprises locales qui croient en notre mission et qui nous épaulent du mieux qu’elles le peuvent.

Je comprends donc de plus en plus que la survie du Jardinier paresseux ne repose pas sur mes seules épaules, ni même sur celles de notre petite équipe.

C’est nous tous – lecteurs, professionnels, entreprises, organismes – qui portons cette aventure. Ensemble, nous pouvons continuer ce que Larry a commencé, il y a plus de quarante ans.

Nous sommes le Jardinier paresseux.

Les Amis du Jardinier paresseux

Je caresse un rêve depuis quelques années et je veux le partager avec vous.

J’aimerais qu’un jour, notre communauté s’officialise sous le nom Les Amis du Jardinier paresseux. C’est un clin d’œil à la Société des amis du Jardin Van den Hende des débuts de Larry, mais aussi une façon de rassembler toutes celles et ceux – passionnés, communicateurs, entreprises – qui souhaitent participer à l’aventure.

Je ne sais pas encore exactement quelle forme prendra ce groupe ni quelles en seront les activités, mais je sais que son objectif sera toujours le même. Continuer ce que mon père a commencé: rendre le jardinage simple, écologique et accessible, pour que chacun puisse cultiver la beauté et le vivant autour de soi.

Si vous souhaitez participer à cette aventure – comme membre, collaborateur, entreprise ou organisme – écrivez-nous et dites-nous comment vous aimeriez contribuer.

Ensemble, faisons vivre l’esprit du Jardinier paresseux.

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