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Renouée du Japon : lutter avec réalisme

Dans une rubrique récente sur ce blogue, j’explique que la lutte contre la renouée du Japon est une expérience difficile et qu’il faut en conséquence choisir ses combats. Si vous êtes décidé à l’entreprendre, certaines méthodes donnent de meilleurs résultats que d’autres, pourvu que l’on soit patient (très) et déterminé. Aussi, une lutte musclée n’a de sens que si l’on s’attaque à l’ensemble d’un clone, pas seulement à la partie qui occupe votre terrain.

Photo : Rébecca Matte.

Il n’y aura pas de miracles

Comme spécialiste des plantes envahissantes, je suis couramment questionné sur les méthodes miracles en matière de lutte. Ces méthodes ont souvent ceci en commun: 1) elles sont technologiques (ça fait plus sérieux), 2) elles coûtent cher (ça doit donc forcément fonctionner) et 3) elles permettent de régler rapidement le problème sans effort (et voilà le miracle).

Pour paraphraser une vieille publicité, si ces méthodes existaient, on le saurait. Dans le cas de la renouée du Japon, les «miracles» proviendraient de machines qui ébouillantent ou qui électrocutent les racines, de microbes qui éliminent l’oxygène du sol, de fauches répétées des tiges toutes les semaines qui épuisent les réserves des rhizomes, de solutions salines qui, une fois pulvérisées sur le feuillage, agissent comme des herbicides ou de chèvres gourmandes qui ne font qu’une bouchée de la plante.

Ces solutions ont parfois un effet immédiat en surface, mais elles ne s’attaquent pas de manière efficace au cœur du problème, c’est-à-dire aux rhizomes souterrains qui représentent la majeure partie de la biomasse estivale. La fauche ou le broutement peuvent empêcher un clone de s’agrandir et diminuer sa vigueur, mais ni l’une ni l’autre ne parviennent à l’éradiquer. Si c’est là votre objectif, il faut passer à autre chose.

Excavation automnale d’un clone de renouée du Japon avec l’aide d’une pelle mécanique. Photographie: Claude Lavoie.

Excavation: efficace, mais cher

La seule manière sûre et rapide de se débarrasser d’un clone de renouée du Japon est d’excaver le sol où se trouvent les rhizomes. Une étude suisse très récente (pas encore publiée) montre que dans un loam sableux, donc dans un sol plus ou moins poreux, ces rhizomes sont presque tous concentrés dans les 60 premiers centimètres du sol, et jamais à plus de 80 cm. C’est probablement encore moins profond dans un sol argileux compact. Nicolas Trottier, de Quadra Environnement, me signale toutefois que les rhizomes d’un clone situé près d’une fondation ont tendance à s’infiltrer un peu plus profondément. Quoiqu’il en soit, dans la majorité des cas, il s’agit de retirer environ 1 m d’épaisseur de sol sous le clone, avec une bande de sécurité de 2-3 m au-delà du clone pour aller chercher les rhizomes baladeurs.

Avec une pelle mécanique, c’est un jeu d’enfant, même s’il faut prendre bien soin de nettoyer ensuite la machinerie. Mais attention: vous devrez disposer du sol (beaucoup!) qui, puisqu’il contient les rhizomes d’une plante envahissante, est légalement considéré au Québec comme un matériel contaminé. Comme il serait irresponsable et illégal de le déposer en nature (ou chez votre voisin!), vous devrez trouver un site d’enfouissement autorisé à le recevoir et payer une note salée pour vous en débarrasser, sans compter le coût du transport. À cela s’ajoutent les frais pour reboucher le trou et refaire l’aménagement paysager.

Dans les faits

Très peu de gens ont recours à cette solution extrême, mais elle est relativement fréquente dans les gros chantiers (routiers, par exemple) où l’on se contente la plupart du temps d’enfouir sur place et en profondeur le matériel excavé.

Pulvérisation d’un clone de renouée du Japon avec un herbicide. Comme on peut le voir, le travail est fastidieux et ne peut être effectué que par du personnel qualifié et certifié, et seulement là où le Code de gestion des pesticides et les règlements municipaux le permettent. Photographie: Nicolas Trottier.

Herbicides: le coup de massue, jamais le coup de grâce

Pour qu’un herbicide soit vraiment efficace contre la renouée du Japon, il doit être systémique. Il doit donc pénétrer dans les vaisseaux et être véhiculé par la sève jusqu’aux rhizomes. Le plus connu et légalement autorisé au Canada contre la renouée est le glyphosate. Pulvérisé au bon moment (été, automne) et à quelques reprises, avec le dosage adéquat et par du personnel qualifié et certifié, le glyphosate peut éliminer plus de 90 % de la biomasse. L’injection de l’herbicide dans les tiges avec un pistolet ne donne pas de meilleurs résultats. C’est fastidieux et requiert plus de produit qu’une simple pulvérisation; ce n’est donc pas recommandé.

N’est-ce pas là le miracle attendu?

Oui et non. Malgré ce résultat impressionnant, on parvient rarement à éradiquer un clone d’importance avec pour seul outil le glyphosate. Il faut ensuite poursuivre la lutte, notamment par arrachage, autrement, tout sera à recommencer quelques années plus tard. Comme tous les herbicides, même biologiques, le glyphosate est un produit toxique. Or, si le clone est vaste, il faut en utiliser des quantités appréciables, pendant plusieurs années (surtout la première), pour que son effet se fasse sentir durablement. Les herbicides de synthèse sont interdits d’usage dans plusieurs municipalités, ce qui rend cette solution caduque. Enfin, comme il faut recourir aux services d’une entreprise spécialisée qui utilise les solutions commerciales de glyphosate (les produits domestiques ne sont pas assez puissants), les pulvérisations coûtent cher et ne sont pas toujours effectuées dans les règles de l’art.

Dans les faits

Les personnes ne sont pas toujours satisfaites, après usage, de la solution herbicide. Plusieurs se questionnent sur le coût environnemental, sans compter celui sur la santé. Elle n’a de sens que dans une lutte combinant plusieurs méthodes. Et de grâce, laissez de côté les herbicides maison, comme l’eau de Javel, le gros sel ou les hydrocarbures: c’est illégal et pire pour l’environnement qu’un herbicide de synthèse.

Bâchage avec géotextile d’un clone de renouée du Japon, avec plantation de saules arbustifs. Photographie: Nathan Daumergue.

Bâchage: pour les gens très patients

J’ai déjà donné dans ce blogue mon opinion sur le bâchage avec géomembrane (plastique imperméable), une solution que je considère, dans le cas de la renouée du Japon, ni efficace, ni écoresponsable. Un bâchage avec géotextile perméable est un peu plus intéressant. Après une préparation du terrain (fauches répétées à l’an 1), on étend sur le clone un géotextile épais (an 2), puis on plante au travers des plançons de saules arbustifs à croissance rapide (an 3). Une fois que les saules ont atteint leur pleine grandeur (an 5 ou 6?), on retire le géotextile et on laisse la compétition végétale faire son œuvre pour étouffer les inévitables repousses de renouée qui, vous vous en doutez bien, ne se laissera pas éliminer sans riposter.

Dans les faits

Cette méthode, exigeante, est encore peu éprouvée, même si en France il existe des exemples probants. Elle nécessite beaucoup de soins et un suivi régulier pour éliminer les tiges qui s’infiltrent dans le géotextile ou qui poussent au pourtour. Un géotextile haute qualité est un produit industriel coûteux qui terminera son existence au dépotoir. Les saules arbustifs à croissance rapide sont peu nombreux sur le marché québécois et les plançons ne survivent pas toujours à la plantation, surtout en conditions sèches; il faut donc fréquemment les remplacer. Si cette solution vous intéresse, il est préférable de recourir aux services des quelques rares entreprises qui en maîtrisent la complexité.

Un an après le début de l’arrachage des tiges et du déterrage de surface des rhizomes, ce clone de renouée du Japon est, en 2017, encore très vigoureux. Mais avec la poursuite du travail, il est réduit à sa plus simple expression en 2021, avec quelques tiges rougeâtres en émergence. Photographie: Claude Lavoie.
En 2025, donc après 10 ans de travail, je n’ai aperçu lors de mon passage (juillet) qu’une seule tige. Photographie: Claude Lavoie.

Arrachage: pour les gens très, très patients

Arracher les tiges qui émergent au printemps est peu efficace si l’on se contente d’éliminer la partie aérienne. En revanche, retirer avec une pelle par la même occasion les rhizomes qui se trouvent près de la surface améliore singulièrement l’efficacité. Si l’on poursuit l’opération de manière assidue durant la saison chaude pendant de nombreuses années, on parvient à l’éradication. Je sais que c’est difficile à croire, mais je connais plusieurs exemples de propriétés où des citoyens tenaces ont obtenu ce résultat.

Dans les faits

Si ça fonctionne, il faut être réaliste. À moins de convoquer tous vos voisins à une corvée, la superficie du clone à éliminer ne peut pas dépasser quelques dizaines de mètres carrés, autrement, l’effort devient herculéen. Le travail est particulièrement ardu les deux premières années, mais ensuite, l’effort diminue de manière exponentielle. Un clone âgé requiert une bonne dizaine d’années de travail avant que l’on puisse conclure l’exercice, et l’on ne peut jamais baisser la garde. C’est donc un pensez-y-bien.

Confinement: une solution à tester

Comme on vient de le voir, l’éradication d’un clone de renouée du Japon est une expérience qui risque d’en décourager plusieurs. Votre clone est-il si dérangeant? Si vous voulez simplement l’empêcher de prendre de l’expansion, vous pouvez le confiner à son emplacement de deux manières, soit en plantant sur son pourtour une ceinture très dense d’arbustes (cornouillers, saules), soit en insérant dans le sol, à la verticale et sur un mètre de profondeur, une membrane rigide épaisse qui bloquera l’expansion latérale des rhizomes, ou préférablement les deux.

Dans les faits

Si je suggère régulièrement cette stratégie, je ne connais pas beaucoup de cas où on l’a mise en œuvre. La membrane rigide est un produit industriel coûteux. Pour l’insérer dans le sol, il faut creuser une tranchée étroite avec une petite pelle mécanique, ce qui n’est pas si facile à faire. Comme la solution est expérimentale, on ne sait pas si elle fonctionne véritablement, même si les quelques essais effectués au Québec sont encourageants.

Alors, toujours intéressé à vous débarrasser de votre renouée du Japon? Faites part de vos expériences dans ce blogue afin de bonifier cette rubrique.

Merci à André Evette (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et Nicolas Trottier (Quadra Environnement) pour leurs commentaires sur cette rubrique.

Pour en savoir plus:


  1. Avant je contrôlais la renouée japonaise en taillant les bourgeons de fleurs avant la floraison. Au moins, elle n’éparpillait pas ses semences partout.
    Il y a 4 ans, mon conjoint a arraché les rizhomes et il continue de le faire chaque semaine. Dès que l’on voit une pointe de renouée apparaitre, on l’arrache et enfin, notre terrain est libéré de cette plante. Vraiment? Non…Si on baisse la garde, elle reprendra avec force en peu de temps…

    • Frédéric Baillargeon

      Juste pour éviter la confusion, la renoué du Japon est stérile. Si elle pouvait propager ses semences, la fin du monde serait assurément proche ;). Vous pouvez la laisser fleurir tranquille, sans empirer votre problème. Les abeilles en font d’ailleurs un très bon miel de couleur rouge.

      • Désolé de vous contredire, mais la renouée du Japon est fertile. Tous les plants sont femelles, mais ils produisent des semences s’il y a une renouée hybride (de Bohème) ou de Sakhaline dans les parages qui, elles, produisent du pollen. Nous avons au Québec récolté des milliers de semences qui germent en laboratoire, mais c’est très rare en nature.

  2. Article très interessant. Pour ma part j’ai de la rounouée au fond du terrain près de la forêt, à quelques dizaines de mètres de la maison. Comme elle ne dérange pas et est envahie de fougère j’ai décidé de ne pas lutter. Je préfère profiter de l’été et de mon terrain que de le détruire.

  3. Mon fils a suivi mes conseils quand il a acheté une propriété qui avait un massif de renoué à cheval sur la propriété voisine et la sienne. Partageant dans mes livres une approche écologique de gestion des mauvaises herbes en général, nous avons mis en oeuvre la méthode de barrières verticales, de bâchage et d’arrachage. Comme son voisin ne se préoccupait pas de contrôler sa partie infestée, la barrière verticale sur une profondeur de 60 cm devenait essentielle pour isoler la partie de massif à éliminer sur le terrain de mon fils. Simultanément, un bâchage pendant 2 années et un surveillance pour couper toute tige qui voulait apparaître sont venus à bout d’épuiser la renouée. Depuis, son terrain est en pelouse et en jardin pendant que son voisin demeure infesté. Preuve à l’appui à Fortierville, Qc

  4. À Gaspe au bord de la rivière, j’ai réussi à éliminer un vieux massif de 5x 3m en bâchant 4 ans et en vaporisant du glyphosate des qu’une pousse se montrait le nez sur les côtés et entre les bâches. Dans Les Laurentides, je crois avoir détruit ce printemps un massif de même dimension en vaporisant très tôt, dès les premières pousses. Quelques pousses à retoucher un mois plus tard. Je surveille, mais il me semble que très tôt au printemps, la plante assimile plus fortement le glyphosate. À suivre.

    • Bonjour Nathalie, le glyphosate fonctionne mieux lors des canicules. Les stomates du feuillage, un peu comme les pores de notre peau sont grands ouverts, absorbant mieux le poison. Moi c´est l´herbe à puces. Une vraie plaie. Un jeune plant un arrosage suffit. Pour un vieux bien implanté, il faut y revenir sur plusieurs années……et si les voisins ne font rien, les oiseaux mangent les graines et les redistribuées dans leurs fientes. Joli cadeau le long de la maison. Bonne chance. Que ferons nous lors du bannissement du produit ?
      J´utilise un grade commercial agricole plus puissant.

    • Je l’arrache avec le plus de racines possibles à chaque semaine, pendant la saison chaude. Cela fait 4 ans et j’en ai beaucoup moins. Ce qui m’encourage est de voir les fougères et les arbres repousser. 10 minutes par semaine, ce n’est pas une corvée difficile quand on commence au printemps et qu’on ne la laisse pas pousser en hauteur. Mon rêve est que tout le monde participe. Ensemble on peut arriver à la contrôler.

  5. Merci pour cet article hyper intéressant. Je ne suis pas aux prises avec la renouée mais plutôt avec la pétasite du Japon. Pouvez-vous nous en parler lors d’un prochain article? Merci beaucoup.

    • C’est toujours le même principe pour toutes les plantes. Les pétasites sont encore plus facile à contrôler que la renouée car ses rhizomes sont moins profonds. Barrières verticales, bâchage et arrachage donne de bons résultats en moins de 2 saisons.

    • Je vais essayer (d’en parler) et mon ouvrage 40 autres plantes envahissantes (Publications du Québec, 2022) comporte deux rubriques sur les pétasites géants, mais on connaît très peu de choses sur ces espèces, et encore moins sur la lutte.

  6. Bonjour,
    Avez-vous un truc miracle pour éradiquer le fameux LISERON.
    Merci

    • C’est toujours le même principe pour toutes les plantes. Le liseron est bien plus facile à contrôler que la renouée car ses rhizomes sont moins profonds. Barrières verticales, bâchage et arrachage donne de bons résultats en seulement 4 mois dans la saison de croissance.

  7. C’est toujours le même principe pour toutes les plantes. Le liseron est bien plus facile à contrôler que la renouée car ses rhizomes sont moins profonds. Barrières verticales, bâchage et arrachage donne de bons résultats en seulement 4 mois dans la saison de croissance.

  8. Merci pour cet article, je lutte contre la renouée de mon voisin qui essaie de faire une percée chez moi. Il m’a permis de bacher sur son terrain mais, il ne luttera pas contre elle. J’ai donc perdu la partie, mon Agastache fenouille qui était si beau est clairement affaiblit par ce monstre vert.

  9. J’ai exactement le même problème mais c’est avec l’herbe aux goûteux qui a envahi toutes mes plates bandes. J’ai tout essayé la toile noir creuser et essayer d’enlever tous les rizomes mais ce qui a fonctionné le mieux ça été de mettre de la tourbe et sacrifié quelques belles plantes.

    • Bonjour,
      Sur notre terrain boisé que nous habitons depuis plus de 50 ans ,nous avons découvert il y a 3 ans 3 plants de Renouée parmi quelques arbres et plantes sauvages . Nous avons essayé de retracer d’où ces plants venaient et avons découvert une grosse colonie à 500 mètres de notre terrain . De plus dans le village avoisinant il y a quelques colonies sur les terrains privés . Nous avons cru que nos plants venaient des semences. Vous écrivez que c’est presque impossible . Alors comment nos plants ont-ils pu s’implanter selon vous ?
      Nous avons beaucoup apprécié lire vos recommandations sur la façon de les contrôler . Merci bien !

  10. Bonjour,
    J’attendais avec impatiente votre article.
    J’ai acheté il y a environ 7 ans, un lot de 35 000 pieds carrés situé à côté de ma propriété. J’estime que environ 18 à 20 000 pieds carrés étaient recouverts de renouée du Japon, avec des rhizomes de près de 24 pouces de diamètre et certainement à 3 pieds de profondeur. Nous avons débroussaillé le plus près du sol à 3 reprises la première année, question de retirer un peu de vigueur au plant, avant d’installer des bâches sur une portion du terrain, à l’automne (à environ 400$ la bâche, je n’avais pas les ressources financières suffisantes pour recouvrir l’ensemble de la colonie). Beaucoup de poids en ciment et pierres pour retenir la toile au sol ont été installés, beaucoup d’heures à replacer la toile qui se soulevait par fort vents.
    4 ans plus tard, j’ai commencé à cultiver sur ce sol. Les rhizomes avaient composté et amélioré grandement mon sol argileux. J’ai maintenant environ la moitié de la parcelle cultivée, l’autre demi attend son tour.
    Si vous êtes intéressé par mon expérience très concluante, je vous invite à me contacter par courriel, je me considère presque comme une spécialiste en la matière!
    Même si les toiles finissent par perforer, je réussis à les conserver en mettant du ruban adhésif pour toiles de roulottes. Mes plus vieilles toiles ont maintenant 7 ans et sont encore très performantes.
    Je crois que même avec un impact environnemental certain (toiles de plastique), les résultats côté environnement sont quand même positifs.
    Bonne journée!

  11. Bonjour merci pour la suite de votre rubrique et sur ce super site du jardinier paresseux!
    Nous avons commencé à contrôler la renoué en 2015 sur le fossé près de la route en la coupant environ au 2 semaines. La première année elle poussait seule et puis la biodiversité a repris sa place depuis. Nous sommes passé de 38 sacs poubelles à 1/4 de sac mais elle pousse toujours et a tendances à s’étendre encore! Malgré tout, nous ne lâchons pas prise et devenons plus en phase avec la nature en devenant conciliant et en se partageant l’espace. De toute façon, la renoué nous survivra certainement!!

  12. Votre article tombe juste à point!
    En nettoyant les fossés qui longent mon terrain et la bande riveraine qui en fait partie, je suis tombée face à face devant deux beaux bosquets de renouée du Japon. Mon conjoint nettoyait une partie du fossé qui semble n’avoir jamais été dégagée, face à cette zone de protection riveraine (un ru). En coupant les arbres qui étaient installés aussi dans le fossé, il a dégagé la vue… Et c’est a ce moment que les plants sont apparus.
    Votre article ne permet de me calmer et nous avons choisi de laisser faire la nature, au moins jusqu’au printemps prochain. D’ici-là, je me permets d’admirer la beauté de ces renouées.

  13. Article fort intéressant. J’ai plusieurs Nerprun à travers mon boisé. Plus je les coupe ras le sol, plus ils prennent de la vigueur. J’ai essayé la toile opaque pendant 3 ans sur une parcelle du boisé. Je n’ai plus rien qui pousse
    Nous avons creuser pour enlever les quelques racines qui restaient.

  14. Bonjour,
    Je vous fait part de mon expérience professionnelle. L’élimination de la renouée se fait sur 2 ans avec un herbicide systémique (grade professionnel). En débutant au printemps de la première année, après nettoyage des fanes de l’année précédente, lorsqu’elle est en croissance active, idéalement lorsqu’elle a 30 cm et moins de 60 cm on procède à une première pulvérisation. Le glyphosate est plus facilement absorbé par la plante et la translocation vers le système racinaire se fait plus efficacement, c’est d’ailleurs la recommandation du fabricant.
    On utilise moins de produit et il y a moins de dérive en étant plus près du sol. La photo où un applicateur est juché sur un escabeau est un non sens et démontre une incompréhension d’une lutte efficace et rationnelle.
    Bien sûr, la renouée ne disparaitra pas du premier coup, la constance et la persévérance sont de mise pour ne pas lui laisser reprendre le dessus. À la deuxième année, ce n’est plus que des ersatz de renouée qui font leur apparition, des plants difformes et rougeâtres de moins de 15 à 20 cm. qui ressemblent à des choux pommées souffrant d’un éréthisme mortifère.
    Il faut poursuivre le traitement pour étouffer le système racinaire. L’année suivante la renouée complètement épuisée ne refera plus surface.
    Cette méthode est efficace, nécessite moins d’efforts que les autres méthodes évoquées et sans doute moins dispendieuses tout comte fait. Et dans certaines circonstances, grandes superficies, terrains avec un dénivelé et/ou présentant des obstacles rocheux où il est impossible de recourir à l’excavation ou au bâchage, les produits de synthèse demeure une solution très pertinente qu’on évacue trop facilement ou qu’on écarte, pour des principes que je respecte, mais essayer de décourager les jardiniers ne fait pas avancer les choses. Face à la renouée, le glyphosate reste le choix du jardinier le plus paresseux mis à part une acceptation fataliste des choses.

    • Merci pour ce commentaire pertinent, mais je note «expérience professionnelle», donc je présume que vous détenez la certification nécessaire pour la pulvérisation de pesticides. Ce genre de travail ne devrait, en effet, n’être effectué que par des professionnels. Le problème est que le glyphosate est de plus en plus interdit par les autorités municipales et ne constitue donc plus guère une option. Reste à savoir si la renouée est problèmatique au point de lutter avec un pesticide… Parfois oui, mais souvent non.

  15. bravo pour cette suite sur la renouee
    glyfosate avezvousdit? absolument interdit en europe,interdit egalement d en posseder sous peine d amende, et pour cause destruction totale de la flore et de la faune souterraine,a quand l interdiction sur votre continent?reste le meilleur desherbant : l huile de coude!

  16. Nous avons une longue bande de renouée pas trop développée sur une distance d’environ 70 pieds, dont une partie était plus importante. Nous avons excavé le secteur plus contaminé (une 20aine de pied) à environ 2 pieds de profondeur, et recouvert cette partie de toiles noires imperméables que nous laisserons en place pendant les 4 prochaines années. Pour le reste, nous empilons année après année nos tas de feuilles mortes sur les plants de renouée pour les étouffer. Bien que certaines tiges tentent de percer, il est très facile dans ce substrat de les retirer. Mon hypothèse est que comme elle ne doivent pas faire trop d’effort pour sortir, elle poussent seulement en surface et il est donc plus aisé de les enlever. Nos efforts sont récompensés, de moins en moins de tiges apparaissent au fil du temps!

  17. J’ai renoncé a l’arracher, maintenant que je sais qu’elle se consomme, je profite pleinement de cette abondance pour me nourrir…ça se consomme comme une aspergé et c’est très bon…

  18. Très intéressant, merci.
    Auriez-vous un avis concernant les prêles des champs ? J’en suis infesté !
    Apparemment, cela descend très profondément. L’excavation est donc a priori inenvisageable …
    Merci

  19. Bonjour,
    Je viens de vous envoyer un commentaire mais il est apparu entre les dates du 3 et 4 septembre au lieu d’aujourd’hui le 20 octobre . J’espère que vous le lirez quand même . Merci