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Rencontrez la famille des fougères

Promenez-vous dans les bois, où que vous viviez, et vous verrez certainement plusieurs variétés de fougères dissimulées dans l’ombre. Petites ou grandes, elles donnent aux boisés une atmosphère préhistorique que je trouve très attirante. C’est comme si vous marchiez au milieu de dinosaures et de libellules géantes. L’effet est encore plus saisissant les jours de pluie. Beaucoup d’entre nous cultivent des fougères dans nos jardins parce qu’elles sont faciles à cultiver et que nous aimons voir les grandes frondes parmi les autres plantes.

Les Victoriens

Les Victoriens aussi. Ils avaient même un nom pour cela: la ptéridomanie. À l’époque, les collectionneurs s’arrachaient les fougères pour les utiliser dans les herbiers (pour les spécimens séchés), dans les compositions de fleurs coupées, dans les jardins ou encore en pot.

Ceux qui pouvaient se le permettre disposaient de caisses de Ward (comme de grands terrariums) ou des serres pour leurs fougères. Ensuite, la récolte de fougères est devenue une activité à la portée de tous et a été présentée comme un moyen de développer son intelligence. C’est devenu un événement social que tout le monde pouvait apprécier. De nombreux livres ont été publiés sur les fougères et l’engouement a duré une cinquantaine d’années.

Source: Caisse de Ward, Wikipedia.

Le terme «ptéridomanie» a été inventé en 1855 par Charles Kingsley. Il fait référence à l’engouement pour les fougères et tout ce qui y ressemble en Grande-Bretagne entre les années 1840 et 1890. «L’ère victorienne a été l’apogée du naturaliste amateur. La ptéridomanie est généralement considérée comme une excentricité britannique, mais tout au long de son existence, la folie des fougères a envahi tous les aspects de la vie victorienne. Les fougères et leurs motifs apparaissent partout, dans les maisons, les jardins, l’art et la littérature. Leurs images ornaient les tapis, les services à thé, les pots de chambre, les bancs de jardin et même les biscuits à la crème pâtissière.» – Source: Historic UK.

Fougères en Alaska

Bien sûr, il existe d’autres fougères ornementales, comme la fougère peinte japonaise (Athyrium, ses sous-espèces et cultivars), mais ici, je veux parler de quelques espèces locales, donc de chez nous en Alaska. «Les fougères abondent dans les deux forêts nationales de l’Alaska, la Chugach et la Tongass, situées respectivement sur la côte sud-centrale et la côte sud-est. Ces forêts contiennent une myriade d’habitats où les fougères prospèrent. Les fougères les plus voyantes sont celles qui occupent le sol des forêts pluviales tempérées. Cependant, les fougères poussent dans presque tous les habitats non forestiers tels que les bordures de plage, les prairies humides, les prairies alpines, les hautes montagnes et les pentes d’éboulis. Le climat frais et humide fortement influencé par l’océan Pacifique crée des conditions de croissance idéales pour les fougères.» (extrait de la brochure du Forest Service, Ferns of National Forests in Alaska (Fougères des forêts nationales de l’Alaska).

Quelques variétés

Polypode du Chêne

(Polypode dryoptère, fougère du Chêne)

Gymnocarpium dryopteris

Du grec gymnos (nu) et karpos (fruit), drys (chêne) et pteris (fougère). Cette fougère couvre le sol de la forêt et mesure moins de 15 cm de haut. Elle apparaît tôt au printemps et donne un aspect vert aux bois.

Fougère polypode du chêne
Gymnocarpium dryopteris avec Cornus canadensis. Photo: Alaska Guide

Fougère autruche

(Matteuccie fougère-à-l’autruche, fougère-à-l’autruche,tête de violon)

Matteuccia struthiopteris

Cette fougère a été nommée en l’honneur de Carlo Matteucci (1800-1868), physicien italien et du mot struthiopteris, issu du grec stroutheios (de l’autruche) et de pteris (fougère), en raison de la ressemblance des frondes avec les plumes de cet oiseau d’Afrique. C’est la fougère dont les «têtes de violon» comestibles sont ramassées et consommées au printemps. Cet été, j’ai vu des fougères autruches d’un mètre cinquante de haut!

Fougère
Matteuccia struthiopteris
Fougère tête de violon
Matteuccia struthiopteris. Photo: Marian Owen.

Fougère femelle

Athyrium filix-femina

Pousse de 0,5 à 1,5 mètre de haut. Les folioles commencent à être petites près de la base du stipe, sont plus longues au milieu, puis se rétrécissent jusqu’à une pointe à l’extrémité, formant une forme de diamant. Les spores sont produites sur la face inférieure des feuilles. Le nom du genre vient du grec athyros qui signifie «sans porte» en référence aux indusies (couvercles des spores) à charnières qui s’ouvrent lentement. L’épithète spécifique vient du latin filix qui signifie «fougère» et de femina, comme l’indique le nom commun de la fougère, qui signifie «femelle».

Athyrium filix-femina

Dryoptère dressée

Dryopteris dilatata

La dryoptère dressée est une fougère caduque formant une touffe dressée de frondes vert foncé, larges et triangulaires, finement divisées, à partir d’un rhizome écailleux. Le rhizome dressé ou ascendant produit souvent des ramifications qui peuvent être divisées. Elle est plus ouverte et plus aplatie que la fougère autruche à forme de vase.

Dryopteris dilitata. Photo: Pinterest.
Fougères têtes de violon sculptées dans la glace pour l’événement Brighter Winter Nights du Jardin botanique de l’Alaska.

commentaire sur "Rencontrez la famille des fougères"

  1. johanne dit :

    Merci.
    Ma forêt en est tapissée.
    Je suis toujours surprise de leur facilité d’implantation.

  2. Jacinthe dit :

    J’adore les fougères… Merci d’attirer notre attention sur leur diversité. Les voir surgir décrété au printemps m’a toujours fascinée!

    • Bernard Parenteau dit :

      Bonjour, j’aimerais que vous nous informiez de la façon dont on se doit s’y prendre pour faire pousser des fougères. Merci!

  3. Jacinthe dit :

    Oups erreur: « Les voir sortir du sol au printemps m’a toujours fascinée! »

  4. Marithé dit :

    Quelle espèce de fougère pouvons-nous avoir à l’intérieur? Et quelle est la façon de l’entretenir?
    Merci.

  5. Mich dit :

    Bonjour de Belgique. Je me souviens que lors de mon séjour au Québec j’ai acheté des crosses de fougères congelées et les avoir beaucoup appréciées. Pour reproduire l’expérience par la cueillette, j’aimerais avoir l’un ou l’autre indice pour éviter une erreur d’identification. Merci pour cette chronique magnifique.

  6. Sirois Louise dit :

    Sur mon terrain, il y a une très grosse roche brun rougeâtre et dont un côté semble être une autre sorte de roche, car elle est grise. De cette partie là, qui s’est fendue peu à peu chaque année, pousse une très belle fougère, petite et délicate et la talle grossit depuis. Comme j’ai une terre dans notre forêt gaspésienne, où poussent différentes variétés de fougères que je regarde bcp, je n’ai jamais vu celle-ci. Intéressant, n’est-ce pas.

  7. Pierre Jutras dit :

    Moi aussi j’apprécie les fougères, surtout lorsqu’elles apparaissent juste au bon endroit.

  8. Johanne dit :

    Nous habitons en forêt, énormément de fougère. Est ce vrai que cela empêche la repousse des arbres
    Merci

    • Mathieu Hodgson dit :

      Je n’ai jamais entendu cela, mais je ne crois pas que cela soit vrai. Nos forêts sont remplies de fougères!

      • Nicole dit :

        Merci pour cet article qui me fait apprécier encore plus les fougères! J’en ai beaucoup sur mon terrain qui poussent naturellement et quelques unes que j’ai transplantées, elles poussent très bien

  9. Angèle Dubé dit :

    Je ne partage pas votre amour des fougères. Je les trouve très envahissantes. J’en ai beaucoup sur mon terrain. Elles poussent autant à l’ombre que au soleil. J’en enlève beaucoup (en arrachant leur grande racine) mais ça repousse toujours. En avoir une ou deux sur mon terrain ne me dérangerait pas, mais pas à ce point.

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