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Cultivez vos propres kalettes

Qu’obtenez-vous lorsque vous croisez un chou de Bruxelles avec un chou frisé? Des kalettes!

Photo: Euronaut, Wikimedia Commons

Qu’obtenez-vous lorsque vous croisez un
chou de Bruxelles avec un chou frisé?
Des kalettes!

Par Larry Hodgson

Kalettes. Elles sont sur le marché depuis quelques années maintenant, mais semblent soudainement avoir pris leur envol l’automne dernier, du moins là où j’habite. Elles étaient partout dans les supermarchés locaux en novembre 2021. De petites rosettes de chou kale frisé, vertes aux reflets violets, d’environ 5 cm de diamètre. Elles étaient mignonnes comme tout et ressemblaient à de petites fleurs. Juste ce dont vous avez besoin pour une petite salade personnelle ou un plat d’accompagnement.

Sac de kalettes d’un supermarché.
Les kalettes étaient largement disponibles l’automne dernier et pourraient devenir un légume saisonnier important. Photo: costcuisine.com

Et, comme les autres légumes crucifères, les kalettes sont une excellente source d’éléments nutritifs, en particulier les vitamines K et C, l’acide folique, les fibres et les caroténoïdes, sans parler des antioxydants.

J’ai reçu plusieurs questions à leur sujet. En général, les gens voulaient savoir ce qu’étaient ces «kalettes» ou comment en cultiver. Examinons alors les deux aspects.

Qu’est-ce qu’une kalette?

Le nom Kalette® est en fait une marque de commerce enregistrée auprès de Tozer Seeds de Grande-Bretagne.

Comparaison d’un chou de Bruxelles, d’une kalette et d’un chou frisé.
Les kalettes sont intermédiaires entre leurs deux parents: le chou de Bruxelles et le chou frisé. Photo: modernfarmer.com

Il y a une vingtaine d’années, des hybrideurs travaillant pour Tozer ont décidé de croiser le chou de Bruxelles avec le chou frisé, aussi appelé kale ou chou kale. Les deux sont des variantes du chou (Brassica oleracea), de sorte que le croisement ne présentait aucun complication génétique*. Ensuite, environ une décennie a été investie dans d’autres croisements et sélections, permettant finalement de développer la kalette, un petit kale porté sur la tige haute, épaisse et droite d’une plante mère à grandes feuilles frisottées, exactement de la même manière que les choux de Bruxelles sont produits. La différence, c’est qu’au lieu d’un petit bouton rond (le chou de Bruxelles), on se retrouve avec un petit kale feuillu: la kalette.

*Les kalettes ont été développées en utilisant des techniques de croisement traditionnelles, soit en prélevant le pollen de la fleur d’une variété pour le déposer sur la fleur d’une variété différente. Alors non, les kalettes ne sont pas des OGM!

Kalettes sautées au beurre et à l’ail.
Kalettes sautées au beurre et à l’ail. Photo: Tanyak Design, depositphotos

Les kalettes sont plus sucrées que le chou de Bruxelles et plus digestibles que le kale, avec un goût de noisette. On peut les servir d’une infinité de façons: crues, cuites à la vapeur, sautées au wok, passées au micro-ondes, rôties, bouillies, comme trempette, etc. Tout ce que vous pourriez penser faire avec un chou ou un kale leur conviendrait bien. Vous trouverez d’ailleurs une foule de recettes de kalettes sur Internet.

Les kalettes sont une culture d’automne ou d’hiver. Ainsi, dans l’hémisphère Nord, vous trouverez des kalettes fraîches au supermarché en novembre et décembre, même jusqu’en avril.

Pouvez-vous cultiver vos propres kalettes?

Bien sûr, et ce n’est même pas très difficile.

Semis de kalettes
Dans la plupart des cas, les kalettes sont semées à l’intérieur, puis transplantées dans le jardin. Photo: valerypetr, depositphotos

Vous pouvez semer les kalettes à l’extérieur dans les climats doux, une fois que le sol commence à se réchauffer au début du printemps, mais dans les climats tempérés, il est préférable de les démarrer à l’intérieur pour avoir une longueur d’avance sur la saison, car, comme les choux de Bruxelles, elles sont très lentes à mûrir.

Mieux vaut cultiver les kalettes avec en tête une récolte automnale ou même hivernale, car elles produisent davantage et ont meilleur goût quand elles mûrissent par temps frais. Donc, on sème au printemps, mais on ne récolte qu’assez tard à l’automne.

Étant donné que chaque plante produit de manière prolifique, vous n’aurez pas besoin de beaucoup de plantes: peut-être 4 ou 5 pour une famille moyenne si vous ne faites pas de conservation.

Donc, semez les graines à l’intérieur environ 4 à 6 semaines avant la date de dernier gel dans votre région. Placez-les à 6 mm de profondeur dans un pot ou alvéole de culture de 7,5 cm* en utilisant un terreau pour semis que vous aurez préhumidifié. Couvrez-les de terreau et arrosez doucement.

*Il est toujours préférable de semer 2 ou 3 graines par pot, car la germination n’est jamais à 100%. Puisque vous ne voulez qu’une seule plante par pot, coupez simplement les plantes en excès plus tard, en ne gardant que la plus forte.

Placez vos bacs à semis à la lumière, mais pas encore en plein soleil, en les cultivant à l’étouffée au début. Autrement dit, en les recouvrant d’un sac en plastique transparent ou d’un dôme transparent pour maintenir une forte humidité. La germination peut se produire à des températures de 10 à 30°C et prend généralement 7 à 10 jours.

Après la germination, retirez progressivement le couvercle pour acclimater les semis à l’humidité ambiante. Il est maintenant temps de déplacer le plateau de semis en plein soleil ou sous un éclairage horticole intense. Gardez-les uniformément humides et donnez aux pots un quart de tour dans la même direction tous les quelques jours pour les maintenir dressés, sinon ils se pencheront vers la source de lumière.

À mesure que les températures se réchauffent à l’extérieur et que le risque de gel diminue, commencez à acclimater les semis aux conditions de jardin pendant environ 7 à 10 jours, en les habituant à l’ombre, puis à l’ombre partielle, puis au soleil. N’hésitez pas à les rentrer à l’intérieur lors des nuits très froides.

Retrait des plantes de kalette de leur plateau de semis pour la plantation.
Au début de l’été, plantez les semis dans le jardin. Photo: bonnieplants.com

Lorsque les plantes ont 6 à 8 feuilles, plantez-les en plein soleil. Dans beaucoup de régions, donc, à la fin de mai ou en juin.

Les kalettes préfèrent un sol au pH un peu alcalin — 6,5 à 7,5 —, bien que 6,0 soit acceptable. Un sol riche et bien drainé est préférable. Vous pouvez mélanger du compost, du fumier bien décomposé ou un engrais organique à libération lente au sol. Il n’est pas nécessaire d’ajouter des champignons mycorhiziens: ils «ne prennent pas» sur les plantes de la famille des choux.

Femme tenant une tige de kalettes.
La plante est haute et peut nécessiter du support. Photo: fruitnet.com

Espacez les plantes d’environ 45 à 60 cm. Le rang peut paraître plutôt vide au début, mais vous verrez: elles grandissent rapidement et remplissent en peu de temps tout espace vide. Tassez bien le sol autour des plantes, car elles ont un système racinaire assez limité, mais leur cime est lourde et vous ne voudriez pas que le vent les fasse tomber. Sinon, tuteurez vos plantes dès qu’elles commencent à gagner du galon.

Paillez pour aider à garder le sol frais et humide. Arrosez au besoin tout au long de la saison de croissance pour éviter la sécheresse qui réduit sérieusement la quantité et la qualité de la récolte. Et il est toujours préférable de recouvrir les plantes d’une toile anti-insectes (couverture flottante) immédiatement après la plantation afin de tenir leurs ennemis à distance, au moins pendant la première moitié de la saison.

La plante pousse fort et haut, jusqu’à environ 75 à 90 cm, ressemblant beaucoup à un chou frisé avec des feuilles bien espacées… sauf que des bourgeons commencent à se former à l’aisselle des feuilles à mesure que la plante mûrit, surtout avec le retour des températures plus fraîches.

Pour stimuler la maturation en vue d’une récolte plus concentrée, coupez la tête de la plante (vous pouvez la manger!) lorsque les rosettes près de sa base mesurent environ 1 à 2 cm de diamètre. Ne le faites pas si vous préférez une récolte prolongée, quelques rosettes à la fois.

Les kalettes se récoltent de préférence à l’automne, après les premières gelées. Photo: Crampton’s Market

C’est après que les plantes ont été exposées à des températures fraîches, et de préférence un peu de gel, qu’elles prennent leur meilleure saveur. Dans les climats doux (zones de rusticité 8 à 9), vous pouvez les récolter tout l’hiver. Dans un climat assez doux, les tiges peuvent même produire une seconde récolte si vous les laissez debout après la récolte principale! Dans les climats plus froids, rentrez les kalettes avant que le sol ne gèle.

Peut-on récolter les semences pour les années à venir?

Non. 

Capsules et graines de kalette.
Capsules et graines de kalette. Photo: ourochreway.com

Si la plante survit à l’hiver et fleurit la deuxième année (c’est une bisannuelle), elle produira, avec l’aide des abeilles et autres pollinisateurs, des semences viables, mais elles ne seront pas fidèles au type. Vous en obtiendrez une ribambelle de formes, certaines proches d’un kale, d’autres proches d’un chou de Bruxelles, certaines (mais seulement une minorité) proches d’une kalette et encore d’autres. Donc, à moins de vouloir expérimenter, il n’est pas utile de les récolter pour de futures productions. 

S’il vous reste des semences de votre premier semis, par contre, sachez que les semences de kalette demeurent viables pendant environ 5 ans si on les conserve au sec et au frais.

Entreposage

Kalettes individuelles prêtes pour la conservation.
Vous pouvez conserver les kalettes dans un caveau à légumes ou encore congeler leurs feuilles. Photo: Digifuture, depositphotos

En plus de les manger fraiches ou d’en faire de la choucroute de kalette, vous pouvez aussi conserver les kalettes environ une semaine au réfrigérateur et de 4 à 6 semaines dans un caveau à légumes (chambre froide) à 2°C avec une humidité relative de 95–98%. Et vous pouvez également retirer les feuilles des rosettes et les congeler pour une utilisation future. Pour cela, blanchissez-les d’abord dans de l’eau bouillante, puis plongez-les dans de l’eau glacée pour stopper la cuisson, égouttez-les bien, puis essuyez-les. Placez les feuilles sur une plaque à pâtisserie pour les congeler, puis transférez-les dans un sac hermétique pour les conserver au congélateur.

Où se procurer des semences?

Jusqu’à maintenant, je ne vois pas de semences de kalette dans les jardineries ni même chez les semenciers au Québec, mais les semences sont facilement disponibles ailleurs, notamment chez Stokes Seeds et West Coast Seeds au Canada et Johnny’s Selected Seeds, et Territorial Seed Company aux États-Unis. En Europe, elles sont largement disponibles, entre autres chez LesGrainesdeFrance.com et Willemse.

Soyez prévenu, cependant, que les kalettes sont des hybrides F1 et que, par conséquent, les graines doivent être produites en croisant physiquement deux parents différents. Cette manipulation supplémentaire signifie que les graines vont coûter plus cher que celles des choux de Bruxelles et des kales non hybrides. 

Kalette ‘Autumn Star’.
Kalette ‘Autumn Star’. Photo: sarahraven.com

Il existe 3 cultivars de kalette. 

Pour les climats à saison courte, la meilleure variété est sans doute ‘Autumn Star’. Arrivant à maturité environ 110 jours après le repiquage en pleine terre et dotée d’une grande tolérance au gel, elle aura le temps de mûrir. ‘Snowdrop’ (140 jours) est le meilleur choix pour les climats à longue saison où il produira tout l’hiver. Entre les deux se trouve ‘Mistletoe’ (également commercialisé sous le nom de ‘Christmas Rose’). Avec une maturation de 125 jours, cette variété est surtout adaptée aux climats où la récolte reste possible jusqu’à la fin décembre. 

Certaines entreprises offrent ces trois variétés en mélange.


Vous en savez maintenant beaucoup plus sur les kalettes. Peut-être devriez-vous en essayer dans votre jardin cet été?

À propos Larry Hodgson

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 500 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

7 comments on “Cultivez vos propres kalettes

  1. Linda Pilon

    Merci de nous faire découvrir cette variété!

  2. Merci de nous avoir fait connaître cette variété. Toujours très intéressant de vous suivre.
    Cet hiver vous m’avez fait connaître certaines informations dont je vais tenir compte, comme sur les tournesols.

  3. Richard Côté

    Salut Larry, j’ai trouvé ces semences chez Chilternseedsdirect.com en Angleterre , mais la variété n’est pas présicée. C’est mon fils qui est chef restaurateur qui m’en a parlé et qui m’a fait connaître ce nouveau légume. Bonne journée

  4. Jardinière débutante

    Bonjour,
    En France, j’ai acheté les semences de kalettes/Flower sprout auprès de Promesse de fleurs. Faisant un premier essai de carré potager, je n’ai fait germer en pot que 3 graines (100% de réussite).
    Je voudrais dire qu’en plus d’être bons, les plants sont magnifiques dans le jardin. D’abord vert foncé, le feuillage vire au violet sous l’effet du froid. C’est assez spectaculaire !
    Par contre, je déconseille d’en mettre dans des carrés potagers : les racines sont très ancrées dans la terre. Mon carré potager étant divisé en espaces de 30×30 cm délimités par des tasseaux de bois, j’ai bien failli tout abîmer en arrachant les pieds ! A réserver plutôt à de grands potagers ou directement dans une zone plus ornementale du jardin.

    • Bonjour, l’idéal c’est de couper la tige et de laisser la racine en terre, elle nourrira votre terre en se décomposant de la même manière que du compost :o)

      • jardinière débutabte

        Merci Nat pour ce retour. En fait, je voulais semer directement là ou étaient les plants, d’où mon acharnement… mais je prends note du conseil et laisserai les racines en terre l’année prochaine, dans une zone du jardin moins sollicitée !

      • Très bon conseil, j’avais pensé à cette réponse avant de la lire.
        Et qui sait, des pousses repartiront peut être du pied
        Par contre, je n’avais encore jamais entendu parler de ce joli légume.
        Merci à Larry de nos l’avoir présenté.

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