Légumes Maladies des plantes Truc du jour

Pommes de terre galeuses

Tubercules de pommes de terre marqués de gale.

Par Larry Hodgson

Question : J’ai cultivé trois sacs de pommes de terre cette année et les deux tiers ont été attaqués par la gale. C’est tout sauf appétissant. Seraient-elles comestibles si je les épluchais? Et la terre dans laquelle elles ont poussé sera-t-elle bonne pour l’an prochain? Pour des plantes potagères ou seulement pour des fleurs? Je cultive bio et ça me tient à coeur de savoir avant de jeter les pommes de terre et la terre.

Louise Paquette

Réponse : Vous n’aurez pas à jeter la terre et probablement pas les pommes de terre non plus.

La gale, aussi appelée gale commune, gale liégeuse ou gale en liège, est une maladie bactérienne qui provoque des lésions liégeuses brunes à marron clair de forme irrégulière sur les tubercules de pomme de terre. Elles peuvent mesurer de 5 à 10 mm de diamètre. Il peut y avoir seulement quelques gales par tubercule… ou presque tout le tubercule peut être galeux. 

Les gales ne rendent pas les pommes de terre toxiques: enlevez-les en pelant le tubercule; ce qui reste demeure parfaitement comestible. Notez que peler va bien quand les gales sont surtout en surface, mais que parfois elles pénètrent plus en profondeur, rendant la récupération plus difficile.

Aussi, la maladie n’évolue plus après la récolte: donc, vous pouvez quand même conserver les tubercules. Par contre, la valeur commerciale du tubercule galeux est nulle : tous les acheteurs, même les fabricants de croustilles, veulent des pommes de terre parfaites! 

La bactérie en question (différentes espèces de Streptomyces) vit dans le sol et peut persister plusieurs années après l’infestation originale. Par contre, en général elle n’affecte sérieusement que les pommes de terre (certaines souches peuvent parfois toucher légèrement d’autres légumes racines comme les carottes et les navets). 

Autrement dit, votre terre demeure bonne pour toute autre culture – fleurs, légumes, fines herbes, fruitiers, etc. – sauf celle des pommes de terre.

Que faire?

Pomme de terre avec quelques gales
Pomme de terre avec quelques gales. Photo: JasonG1313, Wikimedia Commons

Une rotation de 4 ans ou plus sans légumes racines est recommandée avant de cultiver de nouveau des pommes de terre à cet emplacement. Idéalement, il ne faut planter que des pommes de terre certifiées libres de maladie et, de préférence, une variété résistante à la gale, comme ‘Avon’, ‘Gold Rush’, ‘Hilite Russet’, ‘Huron’, ‘Netted Gem’, ‘Norland’, ‘Péribonka’, ‘Pike’, ‘Russet Burbank’, ‘Superior’ ou ‘Viking’. Attention aux tubercules ayant séjourné dans le sol l’hiver : ils sont souvent infestés.

Aussi, la bactérie fait peu de dégâts dans les sols acides et donc des traitements au soufre pour ramener le pH à moins de 6, même jusqu’à 5, peuvent aider à l’avenir. Et évitez le chaulage (traitement à la chaux) qui rend le sol plus alcalin et alors tend à augmenter les dommages.

N’ajoutez pas non plus de compost ou de fumier frais au sol au printemps au moment de la plantation des tubercules, car ces deux produits nourrissent les bactéries. 

Enfin, le sol ne doit pas non plus rester constamment humide pendant la période de production ni sécher complètement. Pensez à laisser le sol s’assécher au moins un peu avant d’arroser abondamment. Les années de grande pluie stimulent souvent une résurgence de la maladie… mais là, la situation est hors de votre contrôle.

20 comments on “Pommes de terre galeuses

  1. Paul Gagné

    Une tonne de renseignements! J’en apprend tous les jours avec votre blog. Bravo!

  2. Danielle Robinson

    Habituellement, je lis votre chronique via l’infolettre, mais depuis 3 jours, lorsque je tente de l’ouvrir, il m’apparaît un écran rouge avec un avis que le site hébergé par jardinierparasseaux.com est signalé comme n’étant pas sûr. De plus, Microsoft recommande de ne pas continuer vers ce site. Je tenais à vous en informer au cas où vous n’auriez pas été mis au courant de la situation.

  3. Suzanne Baillargeon

    Bonjour. Est-ce qu’il serait possible de parler de l’engrais vert (c’est quoi, ça sert à quoi, quand en mettre, etc.) et aborder la récolte de semence de jardin pour l’an prochain (est-ce que ça vaut la peine, comment faire, etc.). Merci beaucoup pour toutes les informations que vous nous donnez. Ça aide énormément.

  4. Nous aimons beaucoup la Red Pontiac qui fait de magnifiques ‘frites’ au four et qui se défend aussi très bien bouillie à l’eau … et qui fait ce genre de gale. Au début (la 1ère année que j’en ai semées – et c’était aussi ma première expérience ‘patates’) j’étais rebutée et un peu inquiète car c’est vrai que ce n’est pas ragoûtant. Une jardinière d’expérience m’a alors dit que c’était sans danger. De mon point de vue, on ne saurait se priver d’une sorte de PdT qu’on aime juste pour cette raison. Et même, quand on les cueille toutes jeunes (genre grelot ou même de format moyen), la pelure s’enlève bien avec une brosse et les gales tombent en même temps.

    Nous faisons soigneusement une rotation de culture aux trois ans, mais je ne savais pas que l’ajout de compost pouvait favoriser la gale – j’en mets toujours (version compost de fumier de mouton vendu en sac dans le commerce) au fond du trou, avec un peu de fumier de poule en granules, le tout soigneusement recouvert de terre avant de planter, et je vais donc éviter de le faire à l’avenir, en privilégiant l’apport en surface une fois le plant germé sorti de terre.

    Je ne savais pas non plus pour les sols acides, mais là c’est un peu plus compliqué de corriger cela, alors je vais sans doute laisser faire  . On verra. Pour l’arrosage, par contre, c’est bien noté.

    Merci

    • J’ai partagé sur ma page FB le lien de cet article, ainsi que le commentaire que j’ai laissé plus haut dans ce fil. Un ami FB agronome m’a répondu ceci et je pense que ça pourrait en intéresser d’autres.

      Je le cite : « C’est pour ça qu’on cultive ça de préférence dans le sable (qui est toujours acide). // D’ailleurs le centre québécois pour démarrer la 1e et 2e génération de tubercule sans maladie se fait au fin fond du nord du lac saint jean, sol sableux. »

  5. Danielle Dufresne

    merci énormément pour toutes vos connaissances si bien vulgariser. Première lecture matinale avec mon café ,quelle bonheur.
    Bonne journée

  6. Bonjour et merci pour ces précieuses informations. Cette gale est arrivée dans mon potager avec des semences certifiées (!) de la sarpo mira qui offre une résistance totale au mildiou (un fléau en Bretagne qui impose la culture des tomates sous tunnel et produit des tomates sans goût). Ce qui m’a surpris c’est que la gale de la sarpo mira ne s’étend pas aux autres variétés que je cultive comme la ratte.
    Je vais cependant essayer une des variétés résistantes à la gale car ce n’est pas appétissant même is elle n’affecte pas le goût, car comment se passer dune patate entière au four sans compter que les pelures étoffent les potages veloutés.

  7. Françoise C

    J’ai une petite «éponge» de fibres de coco pour ce genre de problème, je gratte avec ça et ça délogé les galles. Ce qui n’est pas touché reste beau, j’ai des patates entières et la pelure là où elle n’a pas été abîmée. https://escaleverte.ca/produit/eponge-vegetale-entierement-naturelle-noix-de-coco-safix/

  8. Bonjour,
    Je voudrais savoir si on peut manger des pommes de terres galeuses ou c’est préférable de les jeter.
    Merci,
    Lise

Laisser un commentaire

Inscrivez-vous au blogue du Jardinier paresseux et recevez ses articles dans votre boîte de courriel à tous les matins!

%d blogueurs aiment cette page :